Saints Crépin et Crépinien

Crépin et Crépinien, venus de Rome, étaient chrétiens et cordonniers à Soissons. Ils fabriquaient des chaussures pour les pauvres, qu’ils ne faisaient pas payer, et pour les riches qui appréciaient leur production.

En 285 ou 286, voire 287, ils furent dénoncés et conduits devant l’empereur Maximien de passage dans le nord de la Gaule. L’empereur leur ordonna d’abjurer leur foi chrétienne, ce qu’ils refusèrent vivement. Maximien les fit alors torturer par Rictiovarus, un de ses plus cruels exécuteurs. Celui-ci leur fit enfoncer des roseaux pointus sous les ongles, mais les roseaux jaillirent des mains des saints et vinrent blesser les bourreaux. On les précipita ensuite dans une rivière, avec une meule attachée à leur cou mais ils flottèrent à la surface sans se noyer. Puis l’empereur les fit jeter dans une citerne remplie de plomb fondu, mais une goutte de plomb rejaillit dans l’œil de l’exécuteur qui fut éborgné, tandis que Crépin et Crépinien en sortaient indemnes. Finalement, après qu’ils eurent résisté à plusieurs autres supplices, Rictiovarus les fit jeter dans de l’huile bouillante d’où deux anges vinrent les sortir, tandis que lui-même s’y jetait de rage. Crépin et Crépinien furent finalement décapités le lendemain.

Leur foi ardente attira bientôt l’attention des autorités romaines. Refusant de renier le Christ, Crépin et Crépinien subirent le martyre vers l’an 285, selon la tradition locale. Leur « Passion » rapporte avec une précision dramatique la cruauté de leurs supplices : leurs bourreaux auraient lacéré leur peau en lanières avant de les mettre à mort.Si la France les honore comme martyrs de Soissons, l’Angleterre revendique aussi leur souvenir, affirmant qu’ils auraient vécu dans le Kent. Shakespeare lui-même évoque leur mémoire dans Henri V et Jules César, faisant du « jour de Saint Crépin » un symbole d’héroïsme et de fraternité entre soldats.La dévotion à Crépin et Crépinien s’est répandue à travers l’Europe, particulièrement parmi les artisans cordonniers et tanneurs, qui les vénèrent comme leurs saints patrons.

Leur mémoire est encore associée à celle de saint Rufin et de saint Valère, deux évangélisateurs contemporains qui, pour annoncer l’Évangile aux paysans, s’étaient faits gardiens de greniers à blé et connurent eux aussi le martyre.Dans le diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin, la fête des saints Crépin et Crépinien demeure un moment fort du calendrier liturgique. Le tableau représentant leur martyre, conservé dans l’église Saint-Martin de Chaudes-Aigues, rappelle avec force la fidélité de ces artisans devenus témoins de la foi jusqu’à l’extrême.

Un détail historique ajoute encore à leur légende : leur fête, célébrée le 25 octobre, coïncide avec la victoire d’Azincourt en 1415. Le roi Henri V d’Angleterre ordonna alors que les deux saints soient adoptés comme protecteurs du royaume, scellant ainsi leur mémoire dans la conscience chrétienne des deux nations.Aujourd’hui encore, les saints Crépin et Crépinien demeurent des modèles de vie humble, de charité fraternelle et de témoignage courageux pour le Christ.

Saints Crépin et Crépinien priez pour nous

Saints Crépin et Crépinien

Qui sont les rigides, les idéologues ?

Sermon de Mgr Schneider à Rome : mettre fin à la marginalisation des catholiques traditionnels

Après que les pèlerins traditionnels se furent vu refuser l’entrée dans la basilique Saint-Pierre, Mgr Athanasius Schneider a offert un émouvant message de consolation à Sainte-Marie-Majeure. Invoquant Notre-Dame, Reine de la Paix, il a défendu la traditionnelle messe latine, rappelé les paroles des papes d’hier et d’aujourd’hui, et plaidé pour qu’il soit mis fin à la marginalisation des fidèles qui aiment l’ancienne liturgie de l’Église.

Sainte Messe, Summorum Pontificum Pèlerinage au Siège de Pierre,

24 octobre 2026, Basilique Saint Mary Major

Loué soit Jésus-Christ ! Chers frères et sœurs en Christ ! La Sainte Eglise – le Siège de Saint Pierre – est notre Mère. Nous sommes enfants de l’Église, c’est pourquoi l’expression « Église Sainte Mère » est si chère à tous les vrais catholiques. L’Église est une mère parce qu’il existe une autre Mère, la seule et unique Mère qui est Immaculée et toujours vierge : la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et notre propre Mère. C’est notre grande joie de pouvoir célébrer, en ce moment et dans cette basilique – dans la maison de notre Mère – la Sainte Messe selon la même forme vénérable dans laquelle de nombreux Papes et d’innombrables générations de prêtres l’ont célébrée en ce lieu même.

Ici, certains saints et Papes ont célébré leur première Sainte Messe, comme Saint Ignace de Loyola et Pape Pie XII. Le pape François a consacré une dévotion particulière à l’icône de Salus Populi Romani (Salut du peuple romain), qui est conservée dans cette basilique. Il a choisi cette basilique comme son dernier lieu de repos terrestre. Pendant les douze années de son pontificat, le pape François a prié cent vingt-six fois devant l’icône de Salus Populi Romani. Sa première visite a eu lieu le 14 mars 2013 — le lendemain de son élection — et sa dernière, une semaine avant sa mort. Il effectuait ces visites avant et après chaque voyage apostolique, ainsi que pendant ses quatre hospitalisations à la Policlinique Gemelli. Sept autres Papes sont déjà enterrés dans cette Basilique.

Tout d’abord, cette basilique et la forme traditionnelle de la messe du rite romain sont liées à Saint Pie V, dont le corps sacré repose ici. C’est le pape qui est passé dans l’histoire comme le pontife du rite romain traditionnel et du Saint Rosaire ; c’est par la prière du Rosaire que les chrétiens – contre toute attente humaine – ont obtenu la victoire sur les ennemis de la chrétienté à Lépante.

Saint-Pie V n’a pas mis en œuvre une réforme du rite de messe au sens strict, car il avait un profond respect pour la tradition liturgique de l’Église de Rome. Pendant des siècles, cette Église avait possédé un rite qui, en vertu de son intégrité doctrinale, de sa beauté rituelle et de sa maturité, ne nécessitait aucune réforme ; au contraire, elle servait de sauvegarde et de référence fiable au milieu de l’anarchie liturgique généralisée du XVIe siècle, provoquée par les pseudo-réformes protestantes.

Fort de cette vénérable tradition et de sa propre sainteté personnelle, Saint Pie V – de manière particulièrement solennelle, à travers la Constitution apostolique Quo Primum – a garanti l’utilisation libre et perpétuelle de la forme traditionnelle de la messe pour tous les prêtres du rite romain. Il a expressément établi qu’aucun prêtre ne pourrait jamais être contraint de célébrer la Sainte Messe selon une autre forme que celle du Missel qu’il avait promulgué, et que sa Constitution apostolique Quo Primum ne pourrait jamais être révoquée à l’avenir. Ainsi Saint Pie V canonise-t-il en quelque sorte le rite traditionnel de la messe.

Par conséquent, aucun pontife romain n’a jamais osé révoquer ou « dé-canoniser » Quo Primum, un fait reconnu par le pape Benoît XVI, qui a affirmé que cette forme de célébration du Sacrifice de la messe n’avait jamais été abrogée (cf. la lettre apostolique Summorum Pontificum du 7 juillet 2007).

Nous sommes dans une basilique qui abrite également la statue de la Mère de Dieu sous le titre de « Reine de la Paix », placée là à la demande du pape Benoît XV. La Vierge Marie, Reine de la Paix, est assise sur un trône tenant l’Enfant Jésus, qui est sur le point de laisser tomber le rameau d’olivier. Le visage de la Vierge exprime la tristesse et la tristesse, et avec son bras levé, elle implore la fin des hostilités. Sur le piédestal, une colombe attend avec impatience que le rameau d’olivier tombe afin qu’il puisse porter le message de paix à l’humanité.

Un grand nombre de catholiques dans le monde entier – en particulier la jeune génération et les jeunes familles – ont un désir légitime de participer à la Sainte Messe sous la forme traditionnelle. Le pape Jean-Paul II a considéré comme légitime la volonté des fidèles de cette forme liturgique, exhortant les évêques à y répondre généreusement (voir Lettre apostolique Ecclesia Dei). Par cette forme liturgique, les fidèles cherchent à s’unir spirituellement aux saints et à leurs propres ancêtres ; ils désirent expérimenter – avec les yeux, les oreilles et le cœur – cette forme rituelle de la messe qui a nourri et renforcé tant de saints, de martyrs et de confesseurs dans leur vie chrétienne.

Pourtant, aujourd’hui, en raison de restrictions réglementaires rigides et de discriminations pastorales, ces fidèles – et en particulier les jeunes – se sentent traités comme des catholiques de seconde classe. Néanmoins, ils n’ont pas d’amertume ; au contraire, ils continuent d’aimer leur Mère, l’Église, même si, pour l’instant, ils ne se sentent pas compris par cette Mère même – par l’Église de Rome.

Si la Basilique du Latran est « la Mère et la Tête de toutes les Églises de la Ville et du Monde », la Basilique de Sainte Marie Majeure est « la Mère et la Tête de tous les sanctuaires mariaux du monde ».

Que les saints et les papes qui ont un lien spécial avec ce sanctuaire marial à nous implorent auprès de la Mère de Dieu — le Salus Populi Romani (Salut du Peuple romain) et Regina Pacis (Reine de la Paix) — la grâce que le rameau d’olivier, tenu dans la main de l’Enfant Jésus assis sur le genou de la Reine de la Paix, puisse tomber sur nous et nous apporter cette paix liturgique tant désirée : une paix qui rétablirait l’utilisation complète et non discriminatoire de la forme traditionnelle du rite romain.

Que ceux qui ont des responsabilités au sein de l’Église favorisent l’avènement de cette paix liturgique en se laissant toucher par la voix de la Reine de la Paix et par celle des plus jeunes enfants de l’Église, marginalisés dans la sphère liturgique. Qu’ils se souviennent aussi des paroles de Jean-Paul II :

« Dans le missel romain, connu sous le nom de Saint-Pie V… il y a de très belles prières par lesquelles le prêtre exprime le sens le plus profond de l’humilité et du respect devant les mystères sacrés : celles-ci révèlent la substance même de toute liturgie » (Message aux participants à l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 21 septembre 2001).

Rappelons-nous également les paroles du pape François, qui a loué les Églises orthodoxes pour avoir préservé leur « liturgie vierge, qui est si belle », en déclarant :

« Nous avons un peu perdu le sens de l’adoration. Ils l’ont gardé ; ils adorent Dieu, et le temps n’a pas d’importance. Dieu est au centre, et c’est une grande richesse » (Conférence de presse sur le vol retour de son voyage au Brésil, 28 juillet 2013).

Aujourd’hui, le pape François pourrait peut-être dire à son successeur et aux évêques :

« Restaurer et préserver la forme la plus pure et la plus belle du rite romain, canonisé par saint Pie V. »

Cette forme de messe était celle présente pendant la jeunesse du pape François et la messe de sa conversion. Cette forme de messe était aussi celle présente pendant l’enfance et la première Communion du Pape Léon XIV. O Marie, Mère de Dieu, Salus Populi Romani (Salut du Peuple Romain), Regina Pacis (Reine de la Paix), nous apportent le rameau d’olivier de la main de l’Enfant Jésus, afin que la paix liturgique puisse venir – une paix qui assurera l’utilisation pleine et libre du rite romain traditionnel – afin que nous puissions à nouveau expérimenter que l’Église romaine est notre Mère. Amen.

+ Athanasius Schneider, Évêque auxiliaire de Marie Très Sainte à Astana

Note de la rédaction : Ah! le bon François…le problème ne s’arrête pas à la messe, tout a été modifié, aggiornamenté, c’est une nouvelle religion, qu’il est nécessaire de dénoncer. Et d’ailleurs à Astana, il se passe de curieuses choses… Un bon père jésuite savant disait :  » L’Antéchrist ne sera pas un monstre mythologique, mais un chef politique et spirituel global qui proposera une « religion de l’homme », un humanisme sécularisé et mondialiste promettant la paix sur Terre sans Dieu. » (Léonardo Castellani)

Qui sont les rigides, les idéologues ?

Un homme de désir

Lettre aux Romains »

« Ignace, dit aussi Théophore, à l’Église qui a reçu miséricorde par la magnificence du Père très haut et de Jésus-Christ son Fils unique, l’Église bien-aimée et illuminée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l’amour pour Jésus-Christ notre Dieu ; l’Église qui préside dans la région des Romains, digne de Dieu, digne d’honneur, digne d’être appelée bienheureuse, digne de louange, digne de succès, digne de pureté, qui préside à la charité, qui porte la loi du Christ, qui porte le nom du Père ; je la salue au nom de Jésus-Christ, le fils du Père ; aux frères qui, de chair et d’esprit, sont unis à tous ses commandements, remplis inébranlablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute coloration étrangère, je leur souhaite en Jésus-Christ notre Dieu toute joie irréprochable.

Par mes prières j’ai obtenu de Dieu de voir vos saints visages, car j’avais demandé avec insistance de recevoir cette faveur ; car, enchaîné dans le Christ Jésus, j’espère vous saluer, si du moins c’est la volonté de Dieu que je sois trouvé digne d’aller jusqu’au terme. Car le commencement est facile ; si du moins j’obtiens la grâce de recevoir sans empêchement la part qui m’est réservée. Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car à vous il est facile de faire ce que vous voulez, mais à moi il est difficile d’atteindre Dieu, si vous ne m’épargnez pas.

Car je ne veux pas que vous plaisiez aux hommes, mais que vous plaisiez à Dieu, comme, en fait, vous lui plaisez. Pour moi, jamais je n’aurai une telle occasion d’atteindre Dieu, et vous, si vous gardez le silence, vous ne pouvez souscrire à une œuvre meilleure. Si vous gardez le silence à mon sujet, je serai à Dieu ; mais si vous aimez ma chair, il me faudra de nouveau courir. Ne me procurez rien de plus que d’être offert en libation à Dieu (cf. Ph 2, 17 ; 2 Tm 4, 6), tandis que l’autel est encore prêt, afin que, réunis en chœur dans la charité, vous chantiez au Père dans le Christ Jésus, parce que Dieu a daigné faire que l’évêque de Syrie fût trouvé en lui, l’ayant fait venir du levant au couchant. Il est bon de se coucher loin du monde vers Dieu, pour se lever en lui.

Jamais vous n’avez jalousé personne, vous avez enseigné les autres. Je veux, moi, que ce que vous commandez aux autres par vos leçons garde sa force. Ne demandez pour moi que la force intérieure et extérieure, pour que non seulement je parle, mais que je veuille, pour que non seulement on me dise chrétien, mais que je le sois trouvé de fait. Si je le suis de fait, je pourrai me dire tel, et être un vrai croyant, quand je ne serai plus visible au monde. Rien de ce qui est visible n’est bon. Car notre Dieu, Jésus-Christ, étant en son Père, se fait voir davantage. Car ce n’est pas une œuvre de persuasion que le christianisme, mais une œuvre de puissance, quand il est haï par le monde.

Moi, j’écris à toutes les Églises, et je mande à tous que moi c’est de bon cœur que je vais mourir pour Dieu, si du moins vous vous ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas pour moi une bienveillance inopportune. Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ. Flattez plutôt les bêtes, pour qu’elles soient mon tombeau, et qu’elles ne laissent rien de mon corps, pour que, dans mon dernier sommeil, je ne sois à charge à personne. C’est alors que je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra même plus mon corps. Implorez le Christ pour moi, pour que, par l’instrument des bêtes, je sois une victime offerte à Dieu. Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul : eux, ils étaient libres, et moi jusqu’à présent un esclave (cf. 1 Co 9, 1). Mais si je souffre, je serai un affranchi de Jésus-Christ (1 Co 7, 22) et je renaîtrai en lui, libre. Maintenant enchaîné, j’apprends à ne rien désirer.

Depuis la Syrie jusqu’à Rome, je combats contre les bêtes (cf. 1 Co 15, 32), sur terre et sur mer, nuit et jour, enchaîné à dix léopards, c’est-à-dire à un détachement de soldats ; quand on leur fait du bien, ils en deviennent pires. Mais, par leurs mauvais traitements, je deviens davantage un disciple, mais « je n’en suis pas pour autant justifié » (1 Co 4,4). Puissé-je jouir des bêtes qui me sont préparées. Je souhaite qu’elles soient promptes pour moi. Et je les flatterai, pour qu’elles me dévorent promptement, non comme certains dont elles ont eu peur, et qu’elles n’ont pas touchés. Et, si par mauvaise volonté elles refusent, moi, je les forcerai. Pardonnez-moi ; ce qu’il me faut, je le sais, moi. C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, des êtres visibles et invisibles, ne m’empêche par jalousie, de trouver le Christ. Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je trouve Jésus-Christ.

Rien ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est bon pour moi de mourir (cf. 1 Co 9, 15) pour m’unir au Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche, pardonnez-moi, frères ; ne m’empêchez pas de vivre, ne veuillez pas que je meure. Celui qui veut être à Dieu, ne le livrez pas au monde, ne le séduisez pas par la matière. Laissez-moi recevoir la pure lumière ; quand je serai arrivé là, je serai un homme. Permettez-moi d’être un imitateur de la passion de mon Dieu. Si quelqu’un a Dieu en lui, qu’il comprenne ce que je veux, et qu’il ait compassion de moi, connaissant ce qui m’étreint (cf. Ph 1, 23).

Le prince de ce monde veut m’arracher, et corrompre les sentiments que j’ai pour Dieu. Que personne donc, parmi vous qui êtes là, ne lui porte secours ; plutôt soyez pour moi, c’est-à-dire pour Dieu. N’allez pas parler de Jésus-Christ, et désirer le monde. Que la jalousie n’habite pas en vous. Et si, quand je serai près de vous, je vous implore, ne me croyez pas. Croyez plutôt à ce que je vous écris. C’est bien vivant que je vous écris, désirant de mourir. Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais en moi une « eau vive » (cf. Jn 4, 10 ; 7, 38 ; Ap 14, 25) qui murmure et qui dit au-dedans de moi : « Viens vers le Père » (cf. Jn 14, 12, etc.). Je ne me plais plus à une nourriture de corruption ni aux plaisirs de cette vie ; c’est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ, de la race de David (Jn 7, 42 ; Rm 1, 3), et pour boisson je veux son sang, qui est l’amour incorruptible.

Je ne veux plus vivre selon les hommes. Cela sera, si vous le voulez. Veuillez-le, pour que vous aussi, vous obteniez le bon vouloir de Dieu. Je vous le demande en peu de mots : croyez-moi, Jésus-Christ vous fera voir que je dis vrai, il est la bouche sans mensonge par laquelle le Père a parlé en vérité. Demandez pour moi que je l’obtienne. Ce n’est pas selon la chair que je vous écris, mais selon la pensée de Dieu. Si je souffre, vous m’aurez montré de la bienveillance ; si je suis écarté, de la haine.

Souvenez-vous dans votre prière de l’Église de Syrie, qui, en ma place, a Dieu pour pasteur. Seul Jésus Christ sera son évêque, et votre charité. Pour moi, je rougis d’être compté parmi eux, car je n’en suis pas digne, étant le dernier d’entre eux, et un avorton (cf. 1. Co 14, 8, 9). Mais j’ai reçu la miséricorde d’être quelqu’un, si j’obtiens Dieu. Mon esprit vous salue, et la charité des Églises qui m’ont reçu, au nom de Jésus-Christ (cf. Mt 18, 40, 41), non comme un simple passant. Et celles-là mêmes qui n’étaient pas sur ma route selon la chair, allaient au-devant de moi de ville en ville.

Je vous écris ceci de Smyrne par l’intermédiaire d’Éphésiens dignes d’être appelés bienheureux. Il y a aussi avec moi, en même temps que beaucoup d’autres, Crocus, dont le nom m’est si cher. Quant à ceux qui m’ont précédé de Syrie jusqu’à Rome pour la gloire de Dieu, je crois que vous les connaissez maintenant : faites-leur savoir que je suis proche. Tous sont dignes de Dieu et de vous, et il convient que vous les soulagiez en toutes choses. Je vous écris ceci le neuf d’avant les calendes de septembre. Portez-vous bien jusqu’à la fin dans l’attente de Jésus-Christ. Amen. »

Saint Ignace d’Antioche (35-107)

« La table est prête : les convives manquent : mais, ô Jésus, vous les appelez. Désirons ce pain de vie, désirons-le avec ardeur et avidité. Ceux qui ont faim et soif de la justice le désirent; car toute grâce y abonde : et le parfait exercice de l’amour, c’est de désirer sans cesse de recevoir Jésus-Christ. » Bossuet Méditations sur l’Évangile.

Il viendra un temps, dit le Seigneur, où j’enverrai la famine sur la terre ; non la famine du pain, ni la soif de l’eau, mais la famine et la soif de la parole du Seigneur. Am 8, 11

Un homme de désir

L’art et la manœuvre

Un rappel :

La manière dont les théologiens de la « Nouvelle Théologie » (les periti comme Congar, de Lubac, Rahner ou Ratzinger) ont réécrit les schémas du Concile constitue un chef-d’œuvre de stratégie rhétorique et théologique.

Dès l’ouverture de Vatican II, sous l’impulsion de Jean XXIII et de l’Alliance européenne (les évêques français, allemands et néerlandais), les schémas préparatoires traditionnels rédigés par la Curie (menée par le cardinal Ottaviani) ont été massivement rejetés. Ces textes initiaux étaient écrits en latin scolastique, précis, dogmatique et assortis de condamnations (anathèmes).

Pour les remplacer, les nouveaux experts ont mis en place une méthode de réécriture méthodique articulée autour de quatre grands procédés :

1. La substitution du langage scolastique par un style « pastoral » et biblique

La théologie scolastique utilisait des concepts métaphysiques stricts (substance, nature, cause, accidents). Les théologiens de la Nouvelle Théologie ont décrété que ce langage rationnel et défensif éloignait l’homme moderne.

Le procédé : Ils ont banni les définitions juridiques et dogmatiques au profit d’un style littéraire, poétique, historique et biblique.

L’exemple de Lumen Gentium (sur l’Église) : Le texte de la Curie définissait l’Église de manière monarchique et visible comme le «Corps mystique du Christ». Les periti ont réécrit le texte en mettant en avant les notions floues de «Peuple de Dieu» et de «Sacrement». En qualifiant l’Église de «sacrement», c’est-à-dire de signe, ils déplaçaient la définition d’une réalité divine immuable vers celle d’un instrument dynamique en dialogue avec le monde.

2. L’usage de «concepts élastiques» et d’ambiguïtés calculées

Pour faire passer des idées nouvelles sans heurter de front la minorité traditionaliste, les rédacteurs ont utilisé ce que les théologiens critiques (comme le père Romano Amerio dans son livre Iota Unum) ont appelé des ambiguïtés calculées ou des formulations bivalentes.

Le célèbre Subsistit in : Dans Lumen Gentium (paragraphe 8), la théologie traditionnelle affirmait invariablement que l’Église du Christ est (est) l’Église catholique. Les experts ont remplacé le verbe « être » par l’expression : «L’Église du Christ subsiste dans l’Église catholique». Cette modification, subtile à la lecture, a permis d’introduire l’idée que des éléments de salut et d’ecclésialité réels existent en dehors des frontières visibles de l’Église catholique, ouvrant ainsi la voie à l’œcuménisme moderne.

3. La technique des « juxtapositions contradictoires »

Lorsque la minorité traditionaliste s’apercevait d’une dérive doctrinale et protestait vigoureusement, les théologiens de la Nouvelle Théologie n’effaçaient pas leur texte novateur. Ils y juxtaposaient simplement un rappel traditionnel pour rassurer l’opposition.

Le résultat : Les textes finaux du Concile contiennent de nombreuses contradictions internes. On y trouve un paragraphe réaffirmant fermement la Tradition, immédiatement suivi d’un paragraphe ouvrant la voie à une pratique libérale ou relativiste. Cette méthode a permis après le Concile une liberté totale d’interprétation, la balance penchant systématiquement vers la nouveauté au nom de «l’esprit du Concile».

4. Le renversement des priorités dogmatiques (L’anthropocentrisme)

Le cas le plus flagrant de réécriture totale est la constitution Gaudium et Spes (sur l’Église dans le monde moderne). Ce texte, largement influencé par Karol Wojtyła (futur Jean-Paul II) et Joseph Ratzinger, opère un basculement théologique majeur :

La scolastique partait de Dieu pour descendre vers l’homme (théocentrisme). Gaudium et Spes part de la condition humaine, des aspirations du monde, des sciences profanes pour remonter vers Dieu (anthropocentrisme).

C’est dans ce texte qu’apparaît la formule selon laquelle « par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni à tout homme » (GS 22). Pour les théologiens thomistes stricts, cette phrase est une réécriture audacieuse qui floute la distinction entre la nature humaine en général et la grâce de la rédemption surnaturelle, faisant écho, de manière voilée, au fameux «Christ cosmique» de Teilhard de Chardin où la création entière est divinisée d’office.

En changeant les mots, en introduisant le doute sémantique et en privilégiant l’histoire sur la métaphysique, les experts de la Nouvelle Théologie ont réussi à neutraliser la structure dogmatique romaine sans avoir à condamner explicitement les anciens dogmes.

La technique des clauses de style inoffensives

L’exemple le plus flagrant de cette « pilule dorée » se trouve dans la déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse (le texte le plus violemment combattu par la Curie). Pour faire passer le concept libéral de la liberté civile en matière religieuse, les rédacteurs ont inséré dès le premier paragraphe une phrase monumentale :

« …elle laisse intacte la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ. »

Pour un esprit traditionaliste, cette phrase affirme la Royauté sociale du Christ. Mais dans l’économie générale du texte, elle n’est qu’une clause de style sans portée juridique. Dès le paragraphe suivant, le texte développe le droit à l’erreur publique, ce qui contredit de fait le « devoir des sociétés » envers la seule vraie religion. La correction a servi de paravent.

La réforme liturgique de 1969

La réforme liturgique de 1969, qui donne naissance au Novus Ordo Missae sous l’impulsion de Paul VI et du cardinal Annibale Bugnini, est le cas d’école absolu de cette méthode à double détente. Elle montre comment les garanties écrites dans les textes conciliaires ont servi à faire accepter la réforme, pour être ensuite balayées par des décrets d’application et par la rhétorique de « l’esprit du Concile ».

Démontage mécanique de ce cas pratique à travers trois réalités précises :

Le texte de Vatican II : Le latin et le grégorien solennellement gravés dans le marbre

La constitution conciliaire sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium (1963), a été votée par les évêques avec des garde-fous extrêmement clairs et conservateurs :

  • Sur la langue : L’article 36 § 1 stipule explicitement : « L’usage de la langue latine sera conservé dans les rites latins. »
  • Sur le chant : L’article 116 affirme : « L’Église reconnaît le chant grégorien comme le chant propre de la liturgie romaine ; c’est pourquoi, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, il doit occuper la première place. »

Ces articles ont été les « pilules » indispensables pour rassurer la majorité des pères conciliaires, qui n’auraient jamais voté un texte annonçant la suppression totale du latin et du grégorien.

Le revirement de 1969 : L’exception devient la règle universelle

Le piège sémantique résidait dans les paragraphes secondaires de Sacrosanctum Concilium, qui ouvraient une option : « Toutefois, soit la messe, soit dans l’administration des sacrements […] l’emploi de la langue vernaculaire [la langue locale] peut être souvent très utile pour le peuple » (Art. 36 § 2).

Lors de la rédaction du nouveau missel en 1969 par le Consilium (l’organisme post-conciliaire dirigé par Mgr Bugnini), cette exception pastorale a été inversée pour devenir la norme absolue :

  • Le discours de Paul VI (26 novembre 1969) : Pour imposer le nouveau missel, le pape Paul VI prononce une allocution où il reconnaît que le sacrifice de la langue latine est immense, la qualifiant de « langue angélique ». Mais il ajoute qu’il faut faire le sacrifice de ce « précieux trésor » au nom de la compréhension du peuple.
  • L’effacement juridique : Par de simples instructions romaines et des autorisations accordées de fait aux conférences épiscopales nationales, le latin et le grégorien ont été relégués aux oubliettes. En moins de deux ans, trouver une messe paroissiale en latin est devenu impossible, alors même que le Concile n’avait jamais demandé sa suppression.

La fabrication d’une liturgie œcuménique (Le Bref Examen Critique)

La réécriture ne s’est pas limitée à la langue ; elle a touché la théologie même de la Messe pour complaire aux protestants (six observateurs protestants ont d’ailleurs participé aux travaux du Consilium).

  • Le renversement de l’autel : Le prêtre, qui offrait le sacrifice face à Dieu (Ad orientem), se retourne face au peuple (Versus populum). La messe passe visuellement d’un sacrifice propitiatoire à un repas communautaire.
  • Le cri d’alarme d’Ottaviani (1969) : Face à cette mutation, les cardinaux Ottaviani et Bacci adressent à Paul VI le célèbre Bref examen critique du Nouvel Ordo Missae. Ils y écrivent une phrase terrible : « Le Nouvel Ordo Missae […] s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXIIe session du Concile de Trente. »

En conclusion

Le Novus Ordo Missae est la preuve par les faits que les garde-fous traditionalistes insérés dans Sacrosanctum Concilium n’avaient qu’une valeur tactique temporelle. Une fois le principe de l’adaptation au monde moderne accepté par le vote, la Curie modernisée a utilisé le pouvoir légal pour imposer une rupture pratique totale, tout en maintenant l’illusion d’une continuité théologique.

L’art et la manœuvre

L’infiltration spirituelle

Un exorciste révèle pourquoi des responsables influents de l’Église veulent le faire taire.
Pétition en soutien au père Ripperger : Signer la pétition

Hier, l’archevêque de Denver a demandé au père Chad Ripperger de s’abstenir de toute prise de parole publique pendant un an, malgré l’impact considérable de son ministère pour conduire les âmes au Christ.
Nous devons lui témoigner notre soutien et demander respectueusement à Mgr Golka de revenir sur sa décision de réduire au silence cet homme de Dieu.
youtube.com/watch?v=4mLJgj_JShY

1 — Révélations démoniaques

L’intervieweur : On dirait que… je ne sais pas comment le dire… l’Église, la hiérarchie, quelqu’un ne veut pas que vous fassiez cela.

L’exorciste : C’est vrai.

L’intervieweur : Et donc, lorsque vous parlez de cette connaissance occulte, ce collègue dont vous m’avez parlé m’a dit que les démons révélaient les péchés de personnes occupant des positions très élevées dans l’Église catholique.

L’exorciste : Hum, hum.

L’intervieweur : Et ils ne veulent pas que ces péchés soient divulgués. Oui. Et on dirait qu’ils veulent vous faire disparaître. Pourquoi ?

L’exorciste : Est-ce que vous parlez de cette connaissance occulte ?

L’intervieweur : Oui, cela en fait partie.

L’exorciste : Dans le rituel, il y a ce qu’on appelle le chapitre premier. C’est un ensemble de rubriques qui indiquent comment procéder et ce qui va se passer au cours d’une séance.
L’une de ces rubriques prévoit que les démons révèlent des crimes qui ont été commis.
Or, dans les cas auxquels j’ai été confronté, ils ont relativement peu parlé des crimes des personnes occupant des fonctions dans les autorités civiles. Ils ont davantage parlé des rituels très précis et des crimes commis par des personnes appartenant à la hiérarchie de l’Église.
Ils ont donné des détails très précis, des informations spécifiques.
Et je ne suis pas le seul. D’autres exorcistes reçoivent eux aussi des fragments de ces informations. Ils n’ont pas nécessairement la même compréhension globale que moi, parce que les démons ont révélé, dans mon cas, pratiquement l’ensemble de ce qui se passe dans l’Église : le fait que la structure d’autorité a été spirituellement compromise par certaines des personnes qui en font partie, des personnes qui sont manifestement impliquées dans des choses auxquelles elles ne devraient pas prendre part.
D’autres exorcistes ont également entendu les noms des personnes impliquées. Les démons nous ont effectivement désigné telle ou telle personne, et pas seulement à moi, mais aussi à d’autres exorcistes.
Nous avons donc une assez bonne compréhension de la situation.
Et, soit dit en passant, je ne suis pas le premier à qui cela arrive. Le père Amorth, qui a été exorciste en chef à Rome pendant environ quarante ans, s’est plaint de ce problème. Il disait que cela se produisait déjà à l’époque où il commençait tout juste son ministère d’exorciste.
Un autre des principaux exorcistes de Rome — je ne vais pas le nommer, car je ne veux pas que les gens l’appellent pour lui demander qui sont ces personnes — s’est également plaint exactement du même problème : certaines personnes occupant aujourd’hui des positions assez élevées sont impliquées.
Je ne sais pas dans quelle mesure elles me connaissent personnellement, mais je soupçonne qu’elles savent qui je suis et ce que je fais.
Je sais également que certaines personnes travaillant au Vatican ne sont pas satisfaites de mon travail.

L’intervieweur : Comment pourraient-elles ne pas être satisfaites du fait que vous chassiez les démons de la société ?

L’exorciste : Eh bien, si vous êtes impliqué dans certains péchés particulièrement graves, vous n’allez pas apprécier quelqu’un comme moi, qui cherche à enseigner la foi aux gens, à les aider à mener le bon combat et à mieux connaître leur foi. Vous n’allez pas vouloir cela.
C’est précisément le problème auquel nous sommes confrontés.
Nous avons également l’impression de comprendre comment ces hommes en viennent à être initiés à ce genre de pratiques.

2 — L’infiltration spirituelle

L’exorciste :
Cela finit par apparaître au cours des séances. Les démons ont parlé de la manière dont ces personnes ont été impliquées dans ces pratiques.
Et ce ne sont pas des choses que je leur ai demandées. Il arrive que les démons soient contraints par Notre-Seigneur de parler de ces sujets.
Dans un cas sur lequel je travaille actuellement, par exemple, il arrive très souvent que le démon se manifeste pendant la messe par laquelle nous commençons les séances.
Lorsqu’il se manifeste pendant la messe, cela m’indique que Dieu lui a ordonné de me communiquer quelque chose.
Au cours de la séance, certaines informations finissent donc par émerger et, très souvent, elles concernent précisément ce qui se passe dans l’Église.
J’ai eu plusieurs cas dans lesquels il a été question de la situation de l’Église, et notamment du fait que sa direction spirituelle — pas dans son ensemble, mais une partie de ses responsables — est gravement compromise sur le plan moral et que certains sont impliqués dans des choses très obscures.

L’intervieweur : Cela rejoint ce que nous évoquions tout à l’heure : comment savoir que l’on ne sera pas trompé ?
Car si des personnes occupant des positions très élevées ont elles-mêmes été trompées, ou peut-être ne l’ont-elles pas été et ont-elles simplement changé de camp, qu’en pensez-vous ?

L’exorciste : Je pense que les deux situations existent.
Il y a un livre qui vient de paraître, écrit par une femme qui a fini par être entraînée, par la tromperie, dans une situation où elle est devenue victime de sévices rituels sataniques.
Je pense que certains de ces hommes peuvent également être trompés.
Mais, comme je l’ai dit, arrive un moment où la situation leur est révélée. Ils doivent alors soit rompre avec ces pratiques, soit leur donner leur approbation : ils doivent choisir entre les deux.
Cependant, beaucoup de ces hommes sont entrés au séminaire en étant déjà dans l’autre camp.
Ils y sont entrés précisément pour acquérir le pouvoir qui leur serait conféré par le sacerdoce, puis pour pouvoir utiliser ce pouvoir contre ceux d’entre nous qui appartiennent à l’Église, et contre le monde également.

3 — L’effondrement de la moralité

L’exorciste :
L’une des choses que la plupart des gens ne semblent pas comprendre — et qui devient absolument évidente lorsqu’on exerce le ministère d’exorciste pendant un an ou deux —, c’est que les problèmes que nous observons généralement dans le monde résultent en réalité de l’effondrement de la structure d’autorité, ou plus précisément de l’effondrement de l’état spirituel des membres de l’Église catholique.
Historiquement, les théologiens ont toujours enseigné que toute grâce parvient au monde par l’intermédiaire de l’Église catholique.

Cela ne signifie évidemment pas que seuls les catholiques reçoivent la grâce. Les protestants reçoivent eux aussi la grâce de croire au Christ et de mener une vie moralement bonne, par exemple. Ce n’est pas la question.
La question est que l’Église a toujours enseigné que l’Église catholique est le Corps mystique du Christ. Par conséquent, puisque le Christ est celui par qui toute grâce se répand, cette grâce passe par l’Église catholique.
Ainsi, lorsque l’Église catholique commence à s’effondrer intérieurement, dans sa moralité et dans sa vie spirituelle, parmi ses membres, on constate un phénomène correspondant dans la société.

Il existe généralement un décalage de dix à vingt ans : l’effondrement moral et spirituel de l’Église est suivi d’un effondrement des autorités civiles et des réalités sociales.
J’ai d’ailleurs déjà donné une conférence sur ce sujet, dans laquelle j’expliquais qu’il était possible d’en suivre l’évolution.
Les problèmes précis que nous observons aujourd’hui sont liés à cette correspondance.

Prenons, par exemple, la question de la pédophilie, dont on parle beaucoup actuellement.
Selon moi, cela s’explique par le fait que des satanistes, des francs-maçons et des communistes sont entrés dans l’Église catholique au cours des années 1930, 1940 et 1950, et qu’ils se livraient à ces pratiques.
Il y avait des problèmes de pédophilie et, plus généralement, des problèmes moraux.
Ainsi, lorsque nous arrivons aux années 1950 et 1960, nous voyons des membres du clergé se livrer à ces pratiques, parce que ces personnes avaient infiltré l’Église et provoqué cette situation.

Cela signifie que la grâce nécessaire pour demeurer ferme dans ce domaine particulier de la vie morale et spirituelle a fait défaut dans l’Église catholique. Les grâces qui, normalement, auraient dû passer par l’Église pour empêcher que de tels phénomènes se produisent dans le monde n’étaient alors plus présentes de la manière attendue.
Il existe donc une période de décalage, après laquelle ces phénomènes commencent à apparaître dans la société.
Il y a ainsi une correspondance entre les deux.

On observe la même chose à propos de l’homosexualité. Selon moi, son augmentation considérable s’explique par le fait que les communistes et les francs-maçons ont favorisé l’admission d’homosexuels dans les séminaires.


En fait, en 1960, un document intitulé, selon la transcription, Institutes of Religiousorum a été envoyé par le Vatican aux supérieurs de toutes les congrégations religieuses.
Ce document disait trois choses : cesser d’ordonner des homosexuels, cesser d’ordonner des pédophiles et cesser d’ordonner des hommes décrits dans la transcription comme étant « chastes » — ce dernier terme paraît incohérent dans ce contexte et reste incertain.

C’était en 1960. Cela vous indique, selon moi, que les années 1950 ont constitué une période particulièrement problématique en matière d’infiltration.
Puis, une fois que ces personnes ont accédé à des postes d’autorité, elles ont permis à des hommes présentant ces problèmes de rester en fonction.
Nous avons donc assisté, dans les années 1950, à un effondrement moral du clergé concernant le sixième commandement.
C’est pourquoi, selon moi, on observe un phénomène correspondant dans les années 1960, avec le mouvement de la libération sexuelle.
On constate le même problème en ce qui concerne l’homosexualité : le phénomène prend de l’ampleur dans les années 1970, se développe fortement dans les années 1980 et constitue aujourd’hui un problème massif.
Tout cela s’expliquerait par le fait que les grâces ne parviennent plus au monde de la manière dont elles devraient normalement y parvenir.

L’intervieweur : Jusqu’à quel niveau de la hiérarchie ecclésiastique cela va-t-il ?

L’exorciste : Pas tout à fait au sommet, mais presque.

L’intervieweur : J’ai une autre question. Nous avons expliqué que le démon reconnaît que vous avez autorité parce qu’un évêque vous a accordé la faculté de pratiquer un exorcisme. C’est bien cela ?

L’exorciste : Oui.

4 — Devoir et responsabilité

L’intervieweur : Et si l’évêque était lui-même membre d’une organisation occulte ? Son autorité serait-elle la même ?

L’exorciste : Oui, parce que cette autorité lui vient de sa charge d’évêque.
Cependant, ils ne vous accorderont jamais ces facultés si vous êtes impliqué dans ce genre de choses.

L’intervieweur : D’accord. Nous avons une idée générale des personnes impliquées, du moins parmi celles qui occupent les plus hauts niveaux de la hiérarchie. Mais qu’en est-il des personnes qui se trouvent à des niveaux inférieurs ?

Même si un évêque n’est pas un bon évêque, les démons savent qu’il possède l’autorité et la respectent.
Son état moral ne compromet donc pas l’autorité proprement dite.

L’intervieweur : Ressentez-vous le devoir d’essayer de remédier à cette situation, de la corriger ou de la dénoncer ? Quelle responsabilité pensez-vous avoir d’agir ?

L’exorciste : Ce que je ressens comme responsabilité, c’est de défendre ma propre position.
Lorsque vous êtes sur le point d’être submergé, vous ne vous préoccupez pas de ce qui se passe dans la position de combat du voisin. Vous vous assurez d’abord que la vôtre ne soit pas submergée.
Par conséquent, je considère que mon devoir est de continuer à traiter les cas qui me sont confiés.
Si Dieu veut continuer à me révéler ces choses, pour une raison ou pour une autre, qu’il en soit ainsi.
Nous prions pour que cette situation s’améliore.

D’autres personnes sont au courant. En dehors des exorcistes, il n’y a que quatre ou cinq personnes qui savent réellement qui sont les hommes impliqués.
Je ne ressens donc pas l’obligation de résoudre ce problème.
En réalité, mon attitude personnelle est que, tant dans le gouvernement civil que dans le gouvernement de l’Église, la situation dépasse les possibilités de correction humaine.
Mon travail consiste simplement à faire ma part, dans la mesure de mes possibilités, sans chercher à entreprendre davantage que ce que je suis capable de supporter.

L’infiltration spirituelle

Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Psaume LXVII


Que Dieu Se lève, et que Ses ennemis soient dispersés ; et que fuient devant Sa face ceux qui le haïssent.
Comme se dissipe la fumée, dissipez-les ; comme la cire se fond au feu, que les pécheurs disparaissent devant Dieu.

Psaume XXIV

Seigneur, jugez ceux qui me veulent du mal, triomphez de ceux qui m’assaillent.
Qu’ils soient confondus et rougissent de honte ceux qui en veulent à ma vie,
Qu’ils reculent et soient confondus ceux qui méditent ma perte.
Qu’ils soient comme la poussière au souffle du vent, et que l’Ange du Seigneur les chasse devant lui,

Que leur voie soit ténébreuse et glissante, et que l’Ange du Seigneur les poursuive.
Car, sans cause, ils ont caché leur filet pour ma ruine, c’est sans fondement qu’ils ont porté blâme contre moi.
Que la ruine tombe sur lui à l’improviste, que le filet qu’il a caché le saisisse ; qu’il y tombe et périsse.
Et mon âme exultera dans le Seigneur, elle goûtera l’allégresse dans Son salut.
Gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit,
Comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans tous les siècles des siècles.Ainsi soit-il.

Supplique à Saint Michel Archange

Très glorieux prince de la milice céleste, saint Michel Archange, défendez-nous dans la lutte et le combat que nous devons affronter contre les principes et les puissances qui ourdissent dans ce monde de ténèbres, contre tous les esprits pervers « qui errent dans l’atmosphère». Venez en aide aux hommes que Dieu avait créés vierges de toute errance, « forgés à l’image de sa propre nature », et rachetés «à si grand prix » de la tyrannie exercée par le démon.

Maintenant encore, vous-même saint Michel et toute l’armée des Anges bienheureux, combattez le combat du Seigneur, tout comme antan, vous avez lutté contre Lucifer, le coryphée de la superbe, et contre ses anges apostats. « Et voici, ils ne purent vaincre, et leur lieu même ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, l’antique serpent, celui qui est appelé le diable ou Satan,le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui »

Or, voici que cet antique ennemi, « homicide dès le principe », s’est dressé avec véhémence, « déguisé en ange de lumière », ayant pour escorte la horde des esprits pervers, c’est en tout sens qu’il parcourt la terre, et partout s’y insère : en vue d’y abolir le nom de Dieu et de Son Christ, en vue de dérober, de faire périr et de perdre dans la damnation sans fin, les âmes que devait couronner la gloire éternelle. Le dragon maléfique transfuse, dans les hommes mentalement dépravés et corrompus par le cœur, un flot d’abjection : le virus de sa malice, l’esprit de mensonge, d’impiété et de blasphème, le souffle mortel du vice, de la luxure et de l’iniquité universalisée.

L’Église, épouse de l’Agneau Immaculé, la voici saturée d’amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu’elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. O saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l’esprit d’iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher.

La Sainte Église vous vénère comme étant son Gardien et son Protecteur ; elle vous rend gloire comme étant son Défenseur contre toutes les puissances nuisibles, sur terre et dans les enfers ; à vous le Seigneur a confié de conduire les âmes des rachetés dans le lieu de la suprême félicité. Priez le Dieu de la Paix qu’Il écrase Satan sous nos pieds, afin qu’il ne puisse plus, ni retenir les hommes captifs, ni nuire à l’Église. Offrez nos prières en présence du Très-Haut, afin que « surviennent en nous au plus vite les miséricordes du Seigneur », et que vous saisissiez le dragon, l’antique serpent qui est le diable ou Satan, et que, lié dans l’abîme, il ne séduise plus les nations »

Ainsi nous fiant à votre protection et à votre patronage, de par l’autorité sacrée de notre mère la Sainte Église, c’est en toute confiance que nous entreprenons de refouler, au nom de Jésus-Christ, notre Dieu et Seigneur, les infestations de l’astuce diabolique.

V. Voici la Croix du Seigneur, fuyez, puissances ennemies.
R. Il a vaincu le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David.

V. Que votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous.
R. Selon la mesure même où nous espérons en Vous.

V. Seigneur, exaucez ma prière.
R. Et que mon cri monte jusqu’à Vous. (Les laïcs omettent le verset et le répons suivants)

V. Le Seigneur soit avec vous.
R. Et avec votre esprit.

Oraison.

Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus Christ, nous invoquons Votre Saint Nom ; et, suppliants, nous réclamons très instamment Votre clémence,par l’intercession de la Vierge immaculée, Mère de Dieu, de saint Michel Archange, de saint Joseph, époux de Marie, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints, daignez nous octroyer secours contre Satan et tous les autres esprits impurs, qui parcourent le monde en vue de nuire au genre humain et de perdre les âmes.

Ainsi-soit-il.

Exorcisme

Nous t’exorcisons, qui que tu sois, esprit immonde, puissance satanique, horde de l’infernal ennemi, légion démoniaque, toute assemblée et secte diabolique ; au nom et par la « Vertu » de Jésus-Christ + Notre Seigneur, sois extirpé et chassé par l’Église de Dieu, des âmes créées à l’image de Dieu et rachetées par le précieux Sang du Divin Agneau +. Désormais, n’aies plus l’audace, perfide serpent, de tromper le genre humain, de persécuter l’Église de Dieu, de secouer et de « cribler comme le froment » les élus de Dieu+.

Il te le commande, le Dieu Très Haut + à qui, en ton grand orgueil, tu prétends encore être semblable, Lui qui veut que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité ».
Il te le commande, Dieu le Père + .
Il te le commande, Dieu le Fils + .
Il te le commande, Dieu le Saint Esprit + .
Il te le commande, le Christ en majesté, Verbe éternel de Dieu fait chair + , qui, pour le salut de notre race, perdue par ta jalousie, « s’est humilié lui-même et s’est fait obéissant jusqu’à la mort », qui a édifié son Église, sur le « Roc », et promis que « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle », puisqu’il demeurera avec Elle jusqu’à la consommation des siècles.
Il te le commande, le signe sacré de la Croix † , et la vertu inhérente à tous les mystères de la foi chrétienne + .
Elle te le commande, la très auguste Mère de Dieu, la Vierge Marie + qui, dès le premier instant de son Immaculée Conception, a, par son humilité, écrasé ta tête trop orgueilleuse.
Elle te le commande la Foi des saints Apôtres Pierre et Paul et des autres Apôtres + .
Il te le commande le sang des martyrs et la pieuse intercession de tous les Saints et les Saintes + . Ainsi donc, maudit dragon et toute légion diabolique, nous t’adjurons par le Dieu + vivant, par le Dieu + vrai, par le Dieu + Saint, par ce Dieu qui a tant aimé le monde au point de lui donner Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.
Cesse de tromper les humaines créatures et de leur verser le poison de la damnation éternelle. Cesse de nuire à l’Église et d’entraver sa liberté. Arrière Satan, inventeur et maître de toute tromperie, ennemi du salut des hommes. Cède ta place au Christ en qui tu n’as rien trouvé de tes œuvres. Cède la place à l’Église, une, sainte, catholique et apostolique, que le Christ a acquise au prix de Son Sang. Incline toi sous la main puissante de Dieu, tremble et fuis à l’invocation que nous faisons du saint et redoutable Nom de ce Jésus qui fait trembler les enfers, à qui sont soumises les vertus des Cieux et les Puissances et les Dominations, que les Chérubins et les Séraphins louent dans un concert sans fin, disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, Dieu des armées.

V. Seigneur, exaucez ma prière.
R. Et que mon cri s’élève jusqu’à vous. (Les laïcs omettent le verset et le répons suivants)
V. Le Seigneur soit avec vous.
R. Et avec votre esprit.

Oraison.

Dieu du ciel, Dieu de la terre, Dieu des Anges, Dieu des Archanges, Dieu des Patriarches, Dieu des Prophètes, Dieu des Apôtres, Dieu des Martyrs, Dieu des Confesseurs, Dieu des Vierges, Dieu qui avez le pouvoir de donner la vie après la mort, le repos après le travail, parce qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Vous, et qu’il ne peut y en avoir si ce n’est Vous, le Créateur de toutes choses visibles et invisibles, Vous dont le règne n’aura point de fin : nous supplions humblement Votre Glorieuse Majesté d’user de Sa Puissance pour nous délivrer de toute tyrannie des esprits infernaux, de leurs pièges, tromperies, méchancetés, et de nous conserver indemnes de tout mal.

Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

V. Des embûches du démon.
R. Délivrez-nous, Seigneur.

V. Que Votre Église Vous serve dans la liberté, l’ordre et la paix ;
R. Nous Vous en prions, écoutez-nous, Seigneur.

V. Que les ennemis de Votre Sainte Église soient humiliés et convertis ;
R. Nous Vous en supplions, Seigneur, exaucez-nous.

Seigneur, ne Vous souvenez pas de nos fautes, ni de celles de nos parents, et ne tirez point vengeance de nos péchés; ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

Notre Père…
Asperger d’eau bénite les personnes présentes et les quatre coins de la salle. Remercier aussitôt des grâces obtenues en récitant le MAGNIFICAT.

Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats

Saint Magloire

Moine, évêque (+ v. 586)

Magloire naquit dans le Clamorgan au pays de Galles. Formé à l’école monastique tenue par saint Iltud et devenu moine, il suivit saint Samson qui voulait passer en Armorique. On dit que Samson, fondateur de l’évêché de Dol, sentant sa fin prochaine, désigna Magloire pour être son successeur. Trois ans après, soupirant après la vie solitaire, il gagna un ermitage et bientôt, pour éviter l’afflux des visiteurs et des disciples, il se retira dans l’île de Serck… »
Le culte de saint Magloire reste très localisé. Dans le diocèse de Quimper, saint Magloire eut sa chapelle à Cast et à Langolen ; il est toujours le saint patron des églises de Mahalon et de Telgruc, et peut-être de Plomodiern (confusion avec un saint Mahouarn).

Reliques de saint Magloire conservées en l’abbatiale de Léhon

Saint Magloire priez pour nous

Saint Magloire

Ils ont les églises, nous avons la foi

Ce qui était prévisible au vu de la nomination de Mgr Viola :

Le pèlerinage « Summorum Pontificum » se verra refuser l’accès à la basilique Saint-Pierre demain, a déclaré Christian Marquant, président de l’association française « Paix Liturgique », lors de la manifestation qui s’est tenue aujourd’hui à l’Augustinianum, à Rome.

Il a ajouté que le pape Léon XIV avait qualifié la messe célébrée l’année dernière à Saint-Pierre d’« instrumentalisée », rapporte MessaInLatino.it.

Cette remarque papale a été formulée lors d’une audience en décembre, au cours de laquelle Mgr Athanasius Schneider avait évoqué auprès de Léon XIV le désir largement répandu de voir rétablir le rite romain. « Peut-être était-il agacé par l’affluence importante ou par la couverture médiatique considérable », a spéculé M. Marquant. « Et en effet, cette année, l’autorisation de célébrer la messe à Saint-Pierre nous a été refusée ! »

M. Marquant a ensuite annoncé une nouvelle de dernière minute : « Non seulement on nous a refusé l’autorisation de célébrer la messe, mais on nous a même interdit l’accès à la basilique, sans la moindre justification. Nous verrons bien ce qui se passera demain. »

Cette décision a été communiquée ces derniers jours dans une lettre du Secrétariat d’État du Vatican. « Votre procession n’est pas autorisée à entrer dans la basilique Saint-Pierre », indiquait la lettre.

Le programme officiel du pèlerinage prévoit toujours l’entrée dans la basilique Saint-Pierre samedi à midi, suivie de prières à 13 heures.

Le Vatican empêche les catholiques traditionnels d’entrer dans la basilique Saint-Pierre – La messe célébrée par Mgr Schneider a été reléguée au second plan.
Aujourd’hui, 1 000 catholiques ont participé au pèlerinage annuel « Summorum Pontificum ». Les services de sécurité du Vatican ont intercepté les pèlerins près de l’obélisque de la place Saint-Pierre, les empêchant ainsi de se rendre à la basilique.
Les autorités du Vatican ont également interdit la messe pontificale prévue à l’autel principal de Sainte-Marie-Majeure.
Mgr Athanasius Schneider n’est autorisé à célébrer qu’une simple messe, d’une durée maximale d’une heure. Les prises de vue officielles sont également interdites.

Note de la rédaction : Quand celui qui est censé, être le Vicaire du Christ, le successeur de Saint Pierre, profane la basilique avec l’idole de Pachamama, il faut conclure…

Quand le même, introduit la statue de Luther au Vatican, il faut avoir le courage de conclure…..

« …..L’Église, épouse de l’Agneau Immaculé, la voici saturée d’amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu’elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. O saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l’esprit d’iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher. »….Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats 1884

Ils ont les églises, nous avons la foi

Un naturalisme subtil


1. La vision utilitariste : la religion comme pilier de l’ordre

Pour Napoléon comme pour Maurras, la religion est le ciment de la société, nécessaire pour discipliner les masses et garantir la stabilité.

  • Napoléon Bonaparte : Sa célèbre formule résume parfaitement sa vision pragmatique : « Comment avoir de l’ordre dans un État sans religion ? La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes, et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. » Il ne s’intéresse pas au salut des âmes, mais à l’ordre public. La religion sert à moraliser le peuple, à lui faire accepter sa condition et à légitimer l’autorité de l’État.
  • Charles Maurras : Agnostique personnellement (il se qualifiait de « catholique de l’extérieur »), le théoricien de l’Action française rejetait les Évangiles et le message christique, qu’il jugeait trop individualistes, égalitaires et potentiellement révolutionnaires. En revanche, il vénérait l’Église catholique en tant qu’institution. À ses yeux, le génie du catholicisme romain résidait dans sa structure hiérarchique, dogmatique et disciplinaire, capable de « neutraliser » le venin individualiste du christianisme primitif pour en faire un instrument d’ordre et de tradition.

2. Le contrôle de l’institution et le nationalisme

Tous deux ont cherché à intégrer l’Église dans leur projet politique national, quitte à entrer en conflit direct avec le Vatican.

  • L’approche de Napoléon : Le Concordat (1801). Après les déchirements de la Révolution, Bonaparte signe le Concordat pour pacifier la France. Il reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français » (et non comme religion d’État). En échange, l’État nomme les évêques et rémunère le clergé, transformant les prêtres en fonctionnaires soumis au pouvoir impérial. Lorsque le pape Pie VII résiste à son autorité, Napoléon n’hésite pas à le faire arrêter et à l’emprisonner. [1]
  • L’approche de Maurras : Le « Nationalisme intégral ». Pour Maurras, l’identité française est indissociable du catholicisme. Il prône un « nationalisme intégral » où l’Église doit redevenir un rempart contre les forces morales de dissociation (qu’il regroupait sous sa thèse antisémite et xénophobe des « quatre États confédérés » : juifs, protestants, francs-maçons et métèques). Il exigeait un catholicisme rigide et traditionaliste pour servir la grandeur de la patrie et préparer le retour de la monarchie. [1, 2, 3, 4, 5]

3. La réaction de l’Église : Le rejet de l’instrumentalisation

Le point de rupture commun à ces deux tentatives d’instrumentalisation réside dans le refus du Saint-Siège de se laisser absorber par le pouvoir séculier.

  • Si Napoléon est parvenu à plier temporairement le clergé à sa démesure impériale, l’Église a fini par retrouver son autonomie après la chute de l’Empire.
  • Pour Maurras, le verdict fut doctrinal et sans appel. En 1926, le pape Pie XI condamne fermement l’Action française. Rome reprochait précisément au maurrassisme de subordonner la religion à la politique (une forme de paganisme politique) et de capter la foi des jeunes catholiques pour un projet nationaliste, antisémite et purement terrestre. Cette condamnation historique porta un coup d’arrêt majeur à l’influence de Maurras dans le monde chrétien. [1, 2, 3, 4]

Tableau comparatif de l’instrumentalisation religieuse

CritèreNapoléon BonaparteCharles Maurras
Statut personnelCroyant déiste / Pragmatique opportunisteAgnostique déclaré (« Catholique d’extérieur »)
Ce qu’il valoriseLa fonction de police morale et sociale du clergéLa structure hiérarchique, romaine et anti-individualiste
Objectif politiqueStabiliser le régime, soumettre l’Église à l’État (Césaropapisme)Restaurer la monarchie traditionnelle et l’ordre contre-révolutionnaire
Rapport au PapeSoumission forcée du Pontife (arrestation de Pie VII)Condamnation par Pie XI (1926) pour hérésie politique

Napoléon et Maurras partagent la posture du politique athée ou sceptique qui feint de défendre l’autel pour mieux consolider le trône ou l’État. L’Église catholique a toujours fini par rejeter cette réduction de son message spirituel à un simple outil de maintien de l’ordre public ou d’exaltation nationaliste

Je suis la Voie, la Vérité, la Vie

Un naturalisme subtil

In Christo

Il est habituel d’entendre dire que saint Thomas d’Aquin n’a pas fait de traité De Ecclesia, or saint Thomas dans ce domaine est un fidèle disciple de saint Paul, et considère la Sainte Église sous la raison de Corps Mystique, et en fait état dans la question de sa Somme Théologique sur la gratia capitis du Christ, ainsi que dans la Question de Veritate et dans son commentaire sur l’épître aux Colossiens. Ce point de vue fut adopté par le Magistère, notamment par Pie XII dans Mystici Corporis, mais fut alteré par les modernistes qui lui subsitèrent le concept de «peuple de Dieu».

IIIª q. 8 pr. Deinde considerandum est de gratia Christi secundum quod est caput Ecclesiae. Et circa hoc quaeruntur octo.

Articulus 1

IIIª q. 8 a. 1 arg. 1 Ad primum sic proceditur. Videtur quod Christo, secundum quod est homo, non competat esse caput Ecclesiae. Caput enim influit sensum et motum in membra. Sensus autem et motus spiritualis, qui est per gratiam, non influitur nobis a Christo homine, quia, sicut dicit Augustinus, in XV de Trin., nec etiam Christus, secundum quod est homo, dat Spiritum Sanctum, sed solum inquantum est Deus. Ergo ei, secundum quod est homo, non competit esse caput Ecclesiae.

IIIª q. 8 a. 1 arg. 2 Praeterea, capitis non videtur esse aliud caput. Sed Christi, secundum quod est homo, caput est Deus, secundum illud I Cor. XI, caput Christi Deus. Ergo ipse Christus non est caput.

IIIª q. 8 a. 1 arg. 3 Praeterea, caput in homine est quoddam particulare membrum influentiam recipiens a corde. Sed Christus est universale principium totius Ecclesiae. Ergo non est Ecclesiae caput.

IIIª q. 8 a. 1 s. c. Sed contra est quod dicitur Ep. I, ipsum dedit caput super omnem Ecclesiam.

IIIª q. 8 a. 1 co. Respondeo dicendum quod, sicut tota Ecclesia dicitur unum corpus mysticum per similitudinem ad naturale corpus hominis, quod secundum diversa membra habet diversos actus, ut apostolus docet, Rm. XII et I Cor. XII; ita Christus dicitur caput Ecclesiae secundum similitudinem humani capitis. In quo tria possumus considerare, scilicet ordinem, perfectionem et virtutem. Ordinem, quia caput est prima pars hominis, incipiendo a superiori. Et inde est quod omne principium consuevit vocari caput, secundum illud Jr. II, ad omne caput viae posuisti lupanar tibi. Perfectionem autem, quia in capite vigent omnes sensus et interiores et exteriores, cum in ceteris membris sit solus tactus. Et inde est quod dicitur Is IX, senex et honorabilis ipse est caput. Virtutem vero, quia virtus et motus ceterorum membrorum, et gubernatio eorum in suis actibus, est a capite, propter vim sensitivam et motivam ibi dominantem. Unde et rector dicitur caput populi, secundum illud I R. XV, cum esses parvulus in oculis tuis, caput in tribubus Israel factus es. Haec autem tria competunt Christo spiritualiter. Primo enim, secundum propinquitatem ad Deum gratia eius altior et prior est, etsi non tempore, quia omnes alii acceperunt gratiam per respectum ad gratiam ipsius, secundum illud Rm. VIII, quos praescivit, hos et praedestinavit conformes fieri imaginis filii sui, ut sit ipse primogenitus in multis fratribus. Secundo vero, perfectionem habet quantum ad plenitudinem omnium gratiarum, secundum illud Jn. I, vidimus eum plenum gratiae et veritatis, ut supra ostensum est. Tertio, virtutem habuit influendi gratiam in omnia membra Ecclesiae, secundum illud Jn. I, de plenitudine eius omnes accepimus. Et sic patet quod convenienter dicitur Christus caput Ecclesiae.

IIIª q. 8 a. 1 ad 1 Ad primum ergo dicendum quod dare gratiam aut Spiritum Sanctum convenit Christo secundum quod Deus, auctoritative, sed instrumentaliter ei convenit secundum quod est homo, inquantum scilicet eius humanitas fuit instrumentum divinitatis eius. Et ita actiones ipsius ex virtute divinitatis fuerunt nobis salutiferae, utpote gratiam in nobis causantes, et per meritum et per efficientiam quandam. Augustinus autem negat Christum, secundum quod est homo, dare Spiritum Sanctum per auctoritatem. Instrumentaliter autem, sive ministerialiter, etiam alii sancti dicuntur dare Spiritum Sanctum, secundum illud Ga. III, qui tribuit vobis Spiritum Sanctum, et cetera.

IIIª q. 8 a. 1 ad 2 Ad secundum dicendum quod in metaphoricis locutionibus non oportet attendi similitudinem quantum ad omnia, sic enim non esset similitudo, sed rei veritas. Capitis igitur naturalis non est caput aliud, quia corpus humanum non est pars alterius corporis. Sed corpus similitudinarie dictum, idest aliqua multitudo ordinata, est pars alterius multitudinis, sicut multitudo domestica est pars multitudinis civilis. Et ideo paterfamilias, qui est caput multitudinis domesticae, habet super se caput rectorem civitatis. Et per hunc modum nihil prohibet caput Christi esse Deum, cum tamen ipse sit caput Ecclesiae.

IIIª q. 8 a. 1 ad 3 Ad tertium dicendum quod caput habet manifestam eminentiam respectu exteriorum membrorum, sed cor habet quandam influentiam occultam. Et ideo cordi comparatur Spiritus Sanctus, qui invisibiliter Ecclesiam vivificat et unit, capiti comparatur Christus, secundum visibilem naturam, qua homo hominibus praefertur.

Articulus 2

IIIª q. 8 a. 2 arg. 1 Ad secundum sic proceditur. Videtur quod Christus non sit caput hominum quantum ad corpora. Christus enim dicitur caput Ecclesiae inquantum influit spiritualem sensum et motum gratiae in Ecclesiam. Sed huius spiritualis sensus et motus capax non est corpus. Ergo non est caput hominum secundum corpora.

IIIª q. 8 a. 2 arg. 2 Praeterea, secundum corpora communicamus cum brutis. Si ergo Christus esset caput hominum quantum ad corpora, sequeretur quod etiam esset caput brutorum animalium. Quod est inconveniens.

IIIª q. 8 a. 2 arg. 3 Praeterea, Christus corpus suum ab aliis hominibus traxit, ut patet Mt. I et Lc. III. Sed caput est primum inter cetera membra, ut dictum est. Ergo Christus non est caput Ecclesiae quantum ad corpora.

IIIª q. 8 a. 2 s. c. Sed contra est quod dicitur Ph. III, reformabit corpus humilitatis nostrae, configuratum corpori claritatis suae.

IIIª q. 8 a. 2 co. Respondeo dicendum quod corpus humanum habet naturalem ordinem ad animam rationalem, quae est propria forma eius et motor. Et inquantum quidem est forma eius, recipit ab anima vitam et ceteras proprietates convenientes humano corpori secundum suam speciem. Inquantum vero anima est motor corporis, corpus instrumentaliter servit animae. Sic ergo dicendum quod habet vim influendi Christi humanitas inquantum est coniuncta Dei verbo, cui corpus unitur per animam, ut supra dictum est. Unde tota Christi humanitas, secundum scilicet animam et corpus, influit in homines et quantum ad animam et quantum ad corpus, sed principaliter quantum ad animam; secundario quantum ad corpus. Uno modo, inquantum membra corporis exhibentur arma iustitiae in anima existenti per Christum, ut apostolus dicit, Rm. VI. Alio modo, inquantum vita gloriae ab anima derivatur ad corpus, secundum illud Rm. VIII, qui suscitavit Iesum a mortuis, vivificabit et mortalia corpora vestra, propter inhabitantem Spiritum eius in vobis.

IIIª q. 8 a. 2 ad 1 Ad primum ergo dicendum quod sensus spiritualis gratiae non pervenit quidem ad corpus primo et principaliter, sed secundario et instrumentaliter, ut dictum est.

IIIª q. 8 a. 2 ad 2 Ad secundum dicendum quod corpus animalis bruti nullam habitudinem habet ad animam rationalem, sicut habet corpus humanum. Et ideo non est simile.

IIIª q. 8 a. 2 ad 3 Ad tertium dicendum quod, licet Christus traxerit materiam corporis ab aliis hominibus, vitam tamen immortalem corporis omnes homines trahunt ab ipso, secundum illud I Cor. XV, sicut in Adam omnes moriuntur, ita in Christo omnes vivificabuntur.

Articulus 3

IIIª q. 8 a. 3 arg. 1 Ad tertium sic proceditur. Videtur quod Christus non sit caput omnium hominum. Caput enim non habet relationem nisi ad membra sui corporis. Infideles autem nullo modo sunt membra Ecclesiae, quae est corpus Christi, ut dicitur Ep. I. Ergo Christus non est caput omnium hominum.

IIIª q. 8 a. 3 arg. 2 Praeterea, apostolus dicit, Ep. V, quod Christus tradidit semetipsum pro Ecclesia, ut ipse sibi exhiberet Ecclesiam gloriosam, non habentem maculam aut rugam aut aliquid huiusmodi. Sed multi sunt, etiam fideles, in quibus invenitur macula aut ruga peccati. Ergo nec erit omnium fidelium Christus caput.

IIIª q. 8 a. 3 arg. 3 Praeterea, sacramenta veteris legis comparantur ad Christum sicut umbra ad corpus, ut dicitur Col. II. Sed patres veteris testamenti sacramentis illis suo tempore serviebant, secundum illud He. VIII, exemplari et umbrae deserviunt caelestium. Non ergo pertinebant ad corpus Christi. Et ita Christus non est caput omnium hominum.

IIIª q. 8 a. 3 s. c. Sed contra est quod dicitur I Tm. IV, salvator omnium est, et maxime fidelium. Et I Jn. II, ipse est propitiatio pro peccatis nostris, non autem pro nostris tantum, sed etiam pro totius mundi. Salvare autem homines, aut propitiatorem esse pro peccatis eorum, competit Christo secundum quod est caput. Ergo Christus est caput omnium hominum.

IIIª q. 8 a. 3 co. Respondeo dicendum quod haec est differentia inter corpus hominis naturale et corpus Ecclesiae mysticum, quod membra corporis naturalis sunt omnia simul, membra autem corporis mystici non sunt omnia simul, neque quantum ad esse naturae, quia corpus Ecclesiae constituitur ex hominibus qui fuerunt a principio mundi usque ad finem ipsius; neque etiam quantum ad esse gratiae, quia eorum etiam qui sunt in uno tempore, quidam gratia carent postmodum habituri, aliis eam iam habentibus. Sic igitur membra corporis mystici non solum accipiuntur secundum quod sunt in actu, sed etiam secundum quod sunt in potentia. Quaedam tamen sunt in potentia quae nunquam reducuntur ad actum, quaedam vero quae quandoque reducuntur ad actum, secundum hunc triplicem gradum, quorum unus est per fidem, secundus per caritatem viae, tertius per fruitionem patriae. Sic ergo dicendum est quod, accipiendo generaliter secundum totum tempus mundi, Christus est caput omnium hominum, sed secundum diversos gradus. Primo enim et principaliter est caput eorum qui actu uniuntur sibi per gloriam. Secundo, eorum qui actu uniuntur sibi per caritatem. Tertio, eorum qui actu uniuntur sibi per fidem. Quarto vero, eorum qui sibi uniuntur solum potentia nondum ad actum reducta, quae tamen est ad actum reducenda, secundum divinam praedestinationem. Quinto vero, eorum qui in potentia sibi sunt uniti quae nunquam reducetur ad actum, sicut homines in hoc mundo viventes qui non sunt praedestinati. Qui tamen, ex hoc mundo recedentes, totaliter desinunt esse membra Christi, quia iam nec sunt in potentia ut Christo uniantur.

IIIª q. 8 a. 3 ad 1 Ad primum ergo dicendum quod illi qui sunt infideles, etsi actu non sint de Ecclesia, sunt tamen in potentia. Quae quidem potentia in duobus fundatur, primo quidem et principaliter, in virtute Christi, quae sufficiens est ad salutem totius humani generis; secundario, in arbitrii libertate.

IIIª q. 8 a. 3 ad 2 Ad secundum dicendum quod esse Ecclesiam gloriosam, non habentem maculam neque rugam, est ultimus finis, ad quem perducimur per passionem Christi. Unde hoc erit in statu patriae, non autem in statu viae, in quo, si dixerimus quia peccatum non habemus, nosmetipsos seducimus, ut dicitur I Jn. I. Sunt tamen quaedam, scilicet mortalia, quibus carent illi qui sunt membra Christi per actualem unionem caritatis. Qui vero his peccatis subduntur, non sunt membra Christi actualiter, sed potentialiter, nisi forte imperfecte, per fidem informem, quae unit Christo secundum quid et non simpliciter ut scilicet per Christum homo assequatur vitam gratiae; fides enim sine operibus mortua est, ut dicitur Jc. II. Percipiunt tamen tales a Christo quendam actum vitae, qui est credere, sicut si membrum mortificatum moveatur aliqualiter ab homine.

IIIª q. 8 a. 3 ad 3 Ad tertium dicendum quod sancti patres non insistebant sacramentis legalibus tanquam quibusdam rebus, sed sicut imaginibus et umbris futurorum. Idem autem est motus in imaginem, inquantum est imago, et in rem, ut patet per philosophum, in libro de memoria et reminiscentia. Et ideo antiqui patres, servando legalia sacramenta, ferebantur in Christum per fidem et dilectionem eandem qua et nos in ipsum ferimur. Et ita patres antiqui pertinebant ad idem corpus Ecclesiae ad quod nos pertinemus.

De veritate, q. 29 a. 4 co. Respondeo. Dicendum, quod in spiritualibus caput dicitur per transumptionem a capite corporis naturalis: et ideo consideranda est habitudo capitis ad membra, ut appareat qualiter Christus sit Ecclesiae caput. Invenitur autem caput ad alia membra esse in duplici habitudine: scilicet distinctionis et conformitatis. Distinctionis quidem quantum ad dignitatem, quia caput plene possidet omnes sensus, non autem alia membra. Secundo ratione gubernationis, quia caput omnia alia membra in suis actibus gubernat et regulat tam per sensus exteriores quam per interiores, qui in capite sedem habent. Tertio ratione causalitatis: nam caput influit omnibus membris sensum et motum: unde et medici dicunt, nervos a capite originem ducere, et quidquid pertinet ad vires animales apprehensivas et motivas. Invenitur etiam triplex conformitas capitis ad membra. Prima quidem secundum naturam; nam caput et cetera membra partes sunt unius naturae. Secunda ratione ordinis; est enim quaedam unio ordinis inter caput et membra, in quantum membra subserviunt sibi invicem, secundum quod dicitur I Cor. XII, 14 sqq. Tertia est ratione continuitatis; nam caput ceteris membris in corpore naturali continuatur. Secundum has ergo conformitates et distinctiones, nomen capitis diversimode secundum metaphoram diversis attribuitur. Quaedam enim sunt inter quae est conformitas secundum naturam: et in his alicui eorum nomen capitis attribuitur ratione solius eminentiae seu dignitatis, sicut dicitur leo caput esse animalium, vel civitas aliqua caput regni, ratione suae dignitatis: Is. VII, 8: caput Syriae Damascus. Quaedam vero habent conformitatem ad invicem secundum ordinis unionem, quia scilicet ad unum finem ordinantur: et istis attribuitur nomen capitis ratione gubernationis, quae est per ordinem ad finem; et sic principes dicuntur capita populi, secundum illud Am VI, 1: optimates capita populorum. Sed ubi est continuitas, dicitur caput ratione influentiae, sicut fons dicitur caput fluminis. Et istis tribus modis Christus secundum humanam naturam dicitur Ecclesiae caput. Est enim eiusdem naturae secundum speciem cum ceteris hominibus; et sic competit ei caput ratione dignitatis, secundum quod gratia in eo abundantior invenitur. Est etiam in Ecclesia invenire ordinis unitatem, secundum quod membra Ecclesiae sibi invicem deserviunt, et ordinantur in Deum; et sic Christus dicitur Ecclesiae caput ut gubernator. Est etiam in Ecclesia continuitas quaedam ratione Spiritus Sancti, qui unus et idem numero totam Ecclesiam replet et unit; unde etiam et Christus secundum humanam naturam dicitur caput ratione influentiae. Sed ad spiritualem sensum et modum potest aliquis intelligi influere dupliciter. Uno modo sicut principale agens: et sic solius Dei est influere gratiam in membra Ecclesiae. Alio modo instrumentaliter: et sic etiam humanitas Christi causa est influentiae praedictae; quia, ut Damascenus dicit, sicut ferrum urit propter ignem sibi coniunctum, ita actiones humanitatis Christi erant propter divinitatem unitam, cuius quasi organum erat ipsa humanitas. Et hoc ad rationem capitis sufficere videtur. Nam et caput naturalis corporis non influit in membra nisi ratione latentis virtutis. Christus tamen secundum duas ultimas conditiones capitis potest dici caput Angelorum secundum humanam naturam, et caput utrorumque secundum divinam; non autem secundum primam, nisi accipiatur communitas quantum ad naturam generis, secundum quod homo et Angelus in natura rationali conveniunt, et ulterius communitas analogiae, secundum quod Filio cum omnibus creaturis commune est a Patre accipere, ut Basilius dicit, ratione cuius dicitur primogenitus omnis creaturae, Col. I, vers. 15. Ut ergo proprie loquamur, Christus totus secundum utramque naturam simul est caput totius Ecclesiae secundum tres conditiones praedictas; et per has tres conditiones apostolus probat, ad Col. I, 18-20, Christum Ecclesiae caput, sic dicens: ipse est caput corporis Ecclesiae, qui est principium, primogenitus ex mortuis, ut sit in omnibus ipse primatum tenens, quoad gubernationem; quia in ipso complacuit omnem plenitudinem habitare, quoad dignitatem; et per eum reconciliare omnia, quoad influentiam.

Super Col., cap. 1 l. 5 Postquam apostolus commendavit Christum per comparationem ad Deum et ad totam creaturam, hic commendat ipsum in comparatione ad Ecclesiam. Et primo generaliter; secundo specialiter quantum ad Colossenses, ibi et vos cum essetis; tertio quantum ad suam personam singulariter, ibi cuius factus sum. Circa primum duo facit, quia primo proponit habitudinem Christi ad totam Ecclesiam; secundo exponit, ibi qui est principium. Dicit ergo: iste, in quo habemus redemptionem, Christus, est primogenitus creaturae, sed secundum quod huiusmodi factus est caput Ecclesiae. Duo occurrunt hic exponenda. Et primo quomodo corpus sit Ecclesia, et secundo quomodo Christus est caput. Ecclesia dicitur corpus ad similitudinem unius hominis, et hoc dupliciter, scilicet et quantum ad distinctionem membrorum, Ep. IV, 1: dedit quosdam quidem apostolos, quosdam autem prophetas, etc., et quantum ad servitia, quae licet sint distincta, tamen unum servit alteri, I Cor. XII, 25: pro invicem sollicita sint membra; Ga. VI, 2: alter alterius onera portate, et cetera. Item, sicut constituitur unum corpus ex unitate animae, ita Ecclesia ex unitate Spiritus. Ep. IV, 4: unum corpus et unus spiritus. I Cor. X, 17: unus panis et unum corpus multi sumus, et cetera. Item est alia consideratio membrorum ad caput Ecclesiae, scilicet ad Christum. Ipse enim Christus est caput Ecclesiae. Ps. III, 3: tu exaltas caput meum, et cetera. Et exponit quid est esse caput, dicens qui est principium, et cetera. Caput enim respectu aliorum membrorum habet tria privilegia. Primo, quia distinguitur ab aliis ordine dignitatis, quia est principium et praesidens; secundo in plenitudine sensuum, qui sunt omnes in capite; tertio in quodam influxu sensus et motus ad membra. Et ideo primo ostendit quomodo Christus est caput ratione dignitatis; secundo ratione plenitudinis gratiarum, ibi quia in ipso complacuit; item tertio ratione influentiae, ibi et per eum. Ecclesia quidem habet duplicem statum, scilicet gratiae in praesenti et gloriae in futuro, et est eadem Ecclesia, et Christus est caput secundum utrumque statum: quia primus in gratia, et primus in gloria. Quantum ad primum dicit qui est principium, quia non solum est in gratia secundum quod homo, sed etiam omnes sunt iustificati per fidem Christi. Rm. V, 19: per obedientiam unius hominis iusti constituuntur multi. Et ideo dicit qui est principium, scilicet iustificationis et gratiae in tota Ecclesia, quia etiam in veteri testamento sunt aliqui iustificati per fidem Christi. Jn. VIII, 25: ego principium qui loquor, et cetera. Ps. CIX, 4: tecum principium, et cetera. Item est principium quantum ad statum gloriae. Ideo dicit primogenitus ex mortuis. Quia enim resurrectio mortuorum est quasi quaedam secunda generatio, quia homo in ea ad vitam aeternam reparatur, Mt. XIX, 28: in regeneratione, cum sederit Filius hominis, etc., et prae omnibus primus est Christus: ideo est primogenitus ex mortuis, id est eorum qui sunt geniti per resurrectionem. Sed contra de Lazaro Jn. XI. Respondeo. Dicitur quod iste et alii non resurrexerunt ad illam vitam immortalem, sed ad mortalem; sed Christus resurgens ex mortuis iam non moritur, ut dicitur Rm. VI, 9. Ap. I, 5: primogenitus mortuorum, et cetera. I Cor. XV, 20: nunc autem Christus resurrexit a mortuis primitiae dormientium. Et hoc, ut in omnibus sit ipse principatum tenens, quantum ad dona gratiae, quia ipse est principium; quantum ad dona gloriae, quia ipse est primogenitus. Eccli. XXIV, 9: in omni gente et in omni populo primatum habui, et cetera. Deinde cum dicit quia in ipso, etc., ostendit dignitatem capitis quantum ad plenitudinem gratiarum omnium. Alii enim sancti habuerunt divisiones gratiarum, sed Christus habuit omnes. Ideo dicit quia in ipso, et cetera. Singula verba pondus suum habent. Complacuit, designat quod dona hominis Christi non erant ex fato seu meritis, ut dicit Photinus, sed ex divinae voluntatis complacentia assumentis hunc hominem in unitatem personae. Mt. III, 17: hic est Filius meus, et cetera. Item dicit omnem, quia alii habent hoc donum, alii aliud. Jn. XIII, 3: omnia dedit in manus eius. Item dicit plenitudinem, quia aliquis aliquod habuit donum, sed non plenitudinem eius, seu virtutis, quia forte invitus in aliquo defecit. Sed Jn. I, 14 dicitur de Christo: vidimus eum plenum gratiae et veritatis. Eccli. XXIV, 16: in plenitudine sanctorum detentio mea. Item dicit habitare. Alii enim acceperunt usum gratiae ad tempus, quia spiritus prophetarum non semper adest prophetis, sed in Christo est habitualiter, quia semper ad votum in Christo est dominium huius plenitudinis. Jn. I, 33: super quem videris spiritum descendentem, et in eo manentem, et cetera. Deinde cum dicit et per eum, etc., ostendit Christum esse caput Ecclesiae ratione influxus. Et haec est tertia ratio capitis. Et primo ostendit influxum gratiae; secundo exponit quod dixerat, ibi pacificans. Dicit ergo primo: dico quod complacuit non solum quantum ad hoc quod haberet in se, sed etiam ut per eum ad nos derivaret. Unde dicit et per eum reconciliare omnia in ipsum. II Cor. V, 19: Deus erat in Christo mundum reconcilians sibi. Exponit autem qualis sit ista reconciliatio, et quomodo omnia reconciliata. In reconciliatione autem sunt duo consideranda: primo in quo conveniunt qui reconciliantur. Discordes enim diversas habent voluntates. Reconciliati autem consentiunt in aliquo uno. Et sic voluntates prius discordes concordant in Christo. Et huiusmodi voluntates sunt et hominum, et Dei, et Angelorum. Hominum, quia Christus homo est; Dei, quia Deus est. Item discordia erat inter Iudaeos qui volebant legem, et gentiles qui non volebant legem; sed utrosque Christus concordat, quia ex Iudaeis est, et quia absolvit observantias legis. Et haec concordia est facta per sanguinem, et cetera. Inter Deum enim et hominem causa discordiae fuit peccatum; inter Iudaeos et gentiles lex. Christus per crucem destruxit peccatum, et implevit legem. Et ita removit causam discordiae. He. XII, 22: accessistis ad Sion montem, et civitatem Dei viventis Ierusalem, et cetera. Et sic reconciliati sumus. Et ita sunt pacata, sive quae in caelis, ut Angeli et Deus, sive quae in terris, scilicet Iudaei et gentiles. Ideo Christo nato dicitur Lc. II, 14: gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus, et cetera. Item in resurrectione dixit: pax vobis, etc., ut habetur Jn. XX, 20. Ep. II, 14: ipse enim est pax nostra, qui fecit utraque unum, et cetera. Deinde cum dicit et vos, etc., ponitur commendatio Christi per dona eis collata. Ubi primo commemorat statum praeteritum; secundo Christi beneficium, ibi nunc autem, etc.; tertio quid exigatur ab eis, ibi si tamen, et cetera. Status enim praeteritus habuit tria mala. Quantum enim ad intellectum erant ignorantes; quantum ad effectum, inimici iustitiae; quantum ad actum, in multis peccatis. Quantum ad primum dicit alienati, et cetera. Quantum ad secundum et inimici sensus, secundum unam litteram; et ostendit defectum sapientiae quam praedicabant Iudaei de uno Deo. Jn. III, 19: dilexerunt magis tenebras quam lucem. Sed numquid tenebantur ad legem Moysi? Dicendum est quod sic, quantum ad cultum unius Dei. Vel alienati sensu, id est ex electione contradicentes ei ex malitia. Jb XXXIV, 27: qui quasi de industria recesserunt ab eo. Quantum ad tertium dicit in operibus malis. Jn. III, 19: erant enim eorum opera mala, et cetera. Deinde cum dicit nunc autem, ponit beneficia Christi. Et primum est reconciliatio in corpore eius. Et dicit in corpore carnis, non quod aliud sit corpus, et aliud caro; sed ad ostendendum quod accepit corpus in esse naturae. Jn. I, 14: et verbum caro factum est, et cetera. Et idem corpus carnis, id est, mortale. Rm. VIII, 3: Deus Filium suum mittens in similitudinem peccati, et cetera. Secundum est sanctificatio. Unde dicit ut exhiberet vos sanctos. He. XIII, 12: Iesus ut sanctificaret populum, et cetera. Tertium est ablutio a peccatis, ibi et immaculatos. He. IX, 14: sanguis Christi per Spiritum Sanctum semetipsum obtulit Deo, emundabit conscientiam nostram, et cetera. Item quantum ad futura, ibi et irreprehensibiles. II P. III, 14: satagite immaculati et inviolati ei inveniri in pace, et cetera. Et addit coram ipso. I R. XVI, 7: homo videt quae foris patent, Dominus autem intuetur cor. Exigit a nobis firmitatem fidei et spei; ideo subiungit, dicens si tamen permanetis in fide fundati. Fides est sicut fundamentum, ex cuius firmitate tota firmatur Ecclesiae structura. Item et stabiles in spe non moti a seipsis, et immobiles, quasi non excidentes a spe per alios. A spe, inquam, Evangelii, id est quam dat Evangelium de bonis regni caelorum. Mt. IV, 17: poenitentiam agite, appropinquabit enim regnum caelorum. Nec est excusatio, quia est praedicatum, videlicet per apostolos. Utitur praeterito pro futuro, propter certitudinem eius. In universa creatura, quae sub, etc., id est omni creaturae novae, id est fidelibus, quibus paratum erat.

In Christo