Les chimpanzés du futur

 

Excellente conférence bien documentée : il est clair que les suppôts de Satan et de Mammon ne lâchent rien, ce que ne feront pas les américains, les chinois le feront. La démocratie repose sur l’escroquerie ploutocratique, on ne peut se faire élire et entendre, que s’il on est millionnaire, voire milliardaire, pour exemple Donald Trump. Mitterrand en son temps avait déjà prédit qu’il était le dernier politique et qu’après lui on aurait à faire a des « gestionnaires ». Le combat est plus que jamais surnaturel, face à ceux qui ne craignent pas Dieu le Seul vrai Dieu et le Roi des rois, face à ceux qui ne veulent pas qu’il règne, face à ceux qui se font complices de ce mondialisme de l’antéchrist.

 

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Les chimpanzés du futur

Ils ne lâchent rien

Manifeste pour une mobilisation générale

Manifeste pour une mobilisation générale

Nous, opposants à la loi Taubira dite du mariage pour tous, à la destruction de la filiation naturelle et à toutes les conséquences qui en découlent logiquement, transformant notamment l’enfant et le corps de la femme en simples marchandises, appelons à une mobilisation générale.

En effet, nous constatons que le régime oligarchique d’Emmanuel Macron s’en prend directement à la dignité de la personne humaine quand il retire le droit à nos concitoyens de vivre dignement du fruit de leur travail et quand il envisage de priver délibérément un enfant de son père ou de sa mère.

Il a d’ores et déjà annoncé son intention de faire voter de nouvelles mesures anti-familiales après les européennes.

Nous considérons donc que le régime se moque ouvertement de nous et que cette forfaiture cynique nous provoque à redescendre dans la rue.

Mais, au-delà de cette première mobilisation, nous réclamons que les lois concernant la famille et la dignité de la personne humaine soient soumises systématiquement à un référendum d’initiative citoyenne (RIC).

A défaut, nous annonçons notre intention de redescendre inlassablement dans la rue jusqu’à ce que le RIC soit enfin accessible aux citoyens et jusqu’à ce que les lois anti-familles, qui figurent parmi les principales causes de la pauvreté dans notre pays soient abrogées. Nos enfants sont les premières victimes de l’individualisme consumériste érigé en système de gouvernement par M. Macron et ses amis.

Pauline Betton, membre du bureau politique du Parti Chrétien Démocrate

Guillaume Bernard, historien des institutions et politologue

Camel Béchik, Président de Fils de France

François Billot de Lochner, Président de la Fondation de Service politique

Catherine Bolze, conseillère régionale Rhone-Alpes, déléguée Parti Chrétien Démocrate Isère

Fabien Bouglé, Conseiller Municipal Versailles Familles Avenir, Porte-Parole du Collectif ONLR

Béatrice Bourges, Fondatrice du Printemps français

Charles Gave, économiste

Emmanuelle Gave, Directrice Exécutive de l’Institut des Libertés.

Jacques Hogard, colonel (er)

Thierry Mariani, ancien ministre

Agnès Marion, Conseillère région Auverge Rhone-Alpes RN

Barbara Mazières, Présidente de Cercle Anjou Conférences

Thibault Monnier, Conseillère région Auverge Rhone-Alpes RN

Xavier Moreau, membre du bureau politique du Parti Chrétien Démocrate

Pierre-Antoine Plaquevent, journaliste et écrivain

Julien Rochedy, écrivain et politologue

Fabrice Sorlin, Président de la Société Française de Démographie

Bruno Subtil, Conseiller regional RN Grand Est

Nicolas Tardy-Jourbert, conseiller régional Ile-de-France, Parti Chrétien Démocrate

Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon beige

Guillaume de Vigneral, Maire de Ri

Sabine de Villeroche

9

Note de la rédaction : L’apostasie est la source de tous nos maux. E. Macron n’est que l’ultime marionnette d’un système mis en place depuis des décennies, voire plus.
Ils ne lâchent rien

L’ultime fruit de l’aggiornamento

« L’Église demain sera LGBT » – Infiltration et subversion

Le père James Martin, jésuite homophile, ami de François et nommé par lui à la communication vaticane est aussi rédacteur en chef de la revue América. En fin d’année, il a donné une conférence à Washington lors de la « Soirée pédagogique pour la Justice » organisée pour les groupes étudiants de laIgnatian Family Teach-In for Justice. Il a expliqué que François avait fait tout son possible pour nommer des évêques et des cardinaux «amis des gays» (Gay Friendly) dans l’Église catholique. « Les choses changent dans l’Église ! » a-t-il expliqué. Il a fait un rappel de la triste litanie des faits et propos du pape visant à rapprocher l’Église des homosexuels. Le premier étant le fameux « Qui suis-je pour les juger ? »Le dernier en date étant l’utilisation du mot de « Gay » dans une homélie.

Si les contacts avec le monde homosexuel est grave, plus inquiétante est la nomination de cardinaux et évêques identifiés comme LGBT. Martin a notamment déclaré en parlant du pape : «Il a des amis gays. Il a parlé vouloir que les homosexuels se sentent les bienvenus dans l’Église. C’est un gros problème. Il a également nommé des évêques, archevêques et cardinaux gay-friendly, comme le cardinal Tobin , archevêque de Newark, qui, par exemple, a organisé une «messe de bienvenue» pour les personnes LGBT dans sa cathédrale… C’est donc une tendance ! ».

Il est évident que ce ne sont pas des déclarations en l’air. Elles sont d’autant plus significatives qu’elles rejoignent le mémorandum de l’archevêque Carlo Maria Vigano qui cite les noms des cardinaux américains « amis des gays » Mgrs Tobin à Newmark et Cupitch à Chicago, nommés avec la complicité de l’archevêque de Washington Mgr Wuerl, et à la demande de Mgr McCarryck 88 ans, organisateur du réseau pédophile et homosexuel dans l’Église. Ces deux personnages ont été obligés de démissionner face au scandale des abus sexuels.

Les déclarations de Martin sont corroborées tout récemment par la nomination aux archives du Vatican d’un prêtre portugais récemment sacré évêque pour la circonstance. Il s’agit du père Jose Tolentino Mendonça, antérieurement vice-recteur de l’Université catholique de Lisbonne. Celui-ci prétend que « Jésus n’a pas donné de règles ». Pour lui l’Église est un « lieu de recherche ! ». Refrain connu depuis le concile. Le nouveau promu devrait lire plus souvent l’Évangile. Par ailleurs il soutient une religieuse militante de l’avortement.

L’Église enseigne que les actes homosexuels sont des «actes de dépravation grave» et sont «intrinsèquement désordonnés» puisqu’ils sont «contraires à la loi naturelle» «Ils ne peuvent en aucun cas être approuvés», déclare le Catéchisme de l’Église catholique.

Il faut aussi ajouter que le Vatican a envoyé une lettre à la Conférence des évêques américains révélant que ces derniers par deux fois avaient différé le vote des décisions à prendre pour que cessent les abus sexuels. Or apparemment c’est le Vatican lui-même qui n’aurait pas pris le temps de prendre connaissance des dispositions proposées par les Américains. D’où le retard au vote final d’approbation des textes. En réalité le Vatican traîne des pieds car il estime que ce rapport en dit trop. On a su le 1er janvier que c’était Rome qui par la bande essayait de faire obstacle aux mesures à prendre face à une situation qui scandalise les catholiques américains. Le poisson pourrit par la tête.

En conclusion, les déclarations de Martin sont très inquiétantes pour le futur et notamment pour le prochain conclave. Méthodiquement le pape élimine tous les évêques qu’il considère comme « conservateurs » et met à la place des éléments radicaux qui n’ont qu’un souci ; celui de mettre l’Église à la remorque du monde. Pourtant Jésus avait bien dit : « Nous sommes dans le monde mais pas du monde » ; mais aussi « Courage, j’ai vaincu le monde ! »

Jean-Pierre Dickès

L’ultime fruit de l’aggiornamento

L’APOSTASIE SILENCIEUSE

COMME POUR L’AVORTEMENT ILS SE SONT COUCHÉS

Pour sauver l’Église et le monde entier : osez Monseigneur !
Appel de la Fondation Lépante du 5 janvier 2019

IL Y A VINGT-CINQ ANS…

Il y a vingt-cinq ans, le 8 février 1994, le Parlement Européen vot a une résolution invitant les Etats Européens à promouvoir l’homosexualité et à lui accorder une protection juridique.

Lors de l’Angelus du 20février 1994, le Saint-Père Jean-Paul II s’adressa ainsi à l’opinion publique mondiale :« l’approbation juridique de l’homosexualité n’est pas admissible (…) Par la Résolution du Parlement Européen, il a été demandé de légitimer un désordre moral. Le Parlement a indûment conféré une valeur institutionnelle à des comportements déviants, non conformes au plan de Dieu».

En mai de la même année, le Centre culturel Lepanto diffusa à Strasbourg, auprès des parlementaires européens, un manifeste intitulé “L’Europe à Strasbourg: représentée ou trahie?” par le quel il leur adressait une protestation indignée contre la promotion d’un vice condamné par la conscience chrétienne et occidentale et demandait à tous les évêques «d’unir leur voix à celle du Souverain Pontife, pour la diffuser dans leurs diocèses, en dénonçant publiquement la faute morale dont s’est entachée l’assemblée européenne et en mettant en garde le troupeau qui leur a été confié des attaques croissantes des forces anti-chrétiennes dans le monde entier».

Aujourd’hui, l’un après l’autre, les principaux États européens, y compris les États de tradition catholique plus ancienne, ont élevé la sodomie au rang de bien juridique, en reconnaissant, sous diverses formes ,ce que l’on appelle le «mariage homosexuel» et en introduisant le délit d’«homophobie». Les pasteurs de l’Église, qui auraient dû s’opposer fermement à l’homosexualité de la société promue par la classe politique et par les oligarchies médiatiques et financières, l’ont dans les faits favorisée par leur silence. Jusque dans les sphères les plus élevées de l’Église, s’est développée comme une métastase la pratique de l’homosexualité et une culture dite “gay-friendly” qui justifie et encourage le vice homosexuel.

Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, dans un message du 28 juillet 2018, a affirmé que «nous sommes témoins d’événements ahurissants au cours desquels des prêtres, évêques ou cardinaux offrent déjà des grains d’encens à l’idole de l’idéologie de l’homosexualité ou du genre, sous les applaudissements des puissants de ce monde, c’est-à-dire de la classe politique, des médias et de puissantes organisations internationales ».

L’archevêque Carlo Maria Viganò, dans son témoignage historique du 22 août 2018, a dénoncé, en citant les noms et les circonstances précises, l’existence d’un « courant pro-homosexuel favorable à la subversion de la doctrine catholique sur l’homosexualité» et la présence de «réseaux homosexuels, aujourd’hui répandus dans de nombreux diocèses, séminaires, ordres religieux, etc…», qui «couverts par le secret et le mensonge, agissent avec la puissance des tentacules d’une pieuvre et écrasent les victimes innocentes, les vocations sacerdotales et étouffent toute l’Église».

Mais, jusqu’à présent, ces voix courageuses sont restées isolées. Le climat d’indifférence et d’omerta qui règne au sein de l’Église, a de profondes racines morales et doctrinales, qui remontent à l’époque du Concile Vatican II, lorsque les hiérarchies ecclésiastiques acceptèrent le processus de sécularisation comme un phénomène irréversible. Mais quand l’Église se soumet au sécularisme, le Règne du Christ est mondanisé et réduit à une structure de pouvoir. L’esprit militant se dissout et l’Église, au lieu de convertir le monde à la loi de l’Évangile, plie l’Évangile aux exigences du monde.

Nous voudrions entendre résonner les paroles enflammées d’un saint Pierre-Damien et d’un saint Bernardin de Sienne, plutôt que d’entendre le pape François affirmer: «Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?». Si le sens de cette phrase a été déformé par les médias, il serait temps de combattre l’instrumentalisation médiatique par des documents clairs et solennels de condamnation de la sodomie, comme le fit à l’époque saint Pie V, par les deux constitutions Cumprimum du 1er avril 1566 et Horrendum illud scelus du 30 août 1568. Au contraire, l’Exhortation post-synodale Amoris laetitia du pape François, en date du 8 avril 2016, non seulement garde le silence sur ce très grave désordre moral, mais encore relativise les préceptes de la loi naturelle en ouvrant la voie au concubinage et à l’adultère.

C’est pour cela que nous vous adressons cet appel, Monseigneur.

SERVIR L’ÉGLISE

Le terme Monseigneur évoque une dignité, non un pouvoir, ni une fonction bureaucratique. Ce titre de Monseigneur est attribué à tous les évêques, successeurs des Apôtres, mais peut l’être également à de simples prêtres. Bien qu’une déclaration du Concile Vatican II lui soit consacrée, le mot dignité semble avoir aujourd’hui perdu sa signification. Dignité signifie conscience d’un rôle et d’une mission, confiée par Dieu. Du respect de sa propre dignité naît le sentiment d’honneur. Votre dignité, Monseigneur, vient de l’honneur que vous avez de servir l’Église, sans chercher ni vos intérêts propres, ni le consensus des puissants. Cette dignité de Monseigneur, vous l’avez reçue de l’Église, non des hommes d’Église, et c’est à l’Église que vous devez en rendre compte. L’Église est la société divine, fondée par Jésus-Christ, toujours parfaite et victorieuse, dans le temps et dans l’Éternité. Les hommes d’Église peuvent servir l’Église ou la trahir. Servir l’Église signifie faire passer les intérêts de l’Église, qui sont ceux de Jésus-Christ, avant ses intérêts personnels. C’est trahir l’Église que de faire prévaloir les intérêts d’une famille, d’un institut religieux, d’une autorité ecclésiastique en tant que personne privée, sur la Vérité de l’Eglise, qui est la Vérité de Jésus-Christ, unique Voie, Vérité et Vie (Jn 14,6).

Se serait faire affront à votre intelligence, Monseigneur, que de supposer que vous n’avez pas une certaine conscience de la crise de l’Église. Quelques éminents cardinaux, en diverses occasions, ont manifesté leur profond malaise et leur préoccupation quant à ce qui survient actuellement dans l’Église. C’est ce même malaise que ressent l’homme du commun, profondément désorienté par les nouveaux paradigmes religieux et moraux. Face à ce malaise, combien de fois, en privé, avez-vous cherché à tranquilliser votre interlocuteur par des phrases comme «Nous ne pouvons que nous taire et prier. Le pape n’est pas immortel. Nous pensons au prochain conclave». Tout, plutôt que de parler et d’agir. Le silence comme règle suprême de comportement. Cette attitude serait-elle dictée par le servilisme humain, l’égoïsme de qui cherche avant tout à vivre tranquille, l’opportunisme de qui est capable de s’adapter à toute situation? L’affirmer serait faire un procès d’intention, procès d’intention que ne peuvent faire les hommes, mais que fera uniquement Dieu, le jour du Jugement, quand nous serons seuls face à Lui, pour écouter de Ses lèvres la sentence sans appel qui nous mènera à la félicité ou à la damnation éternelle. Qui vit sur terre ne peut juger que les faits et les paroles, telles qu’elles résonnent objectivement. Et les mots que vous employez, Monseigneur, pour appuyer votre comportement, sont parfois plus nobles que vos sentiments «Nous devons suivre le pape même lorsque cela ne nous plaît pas, parce que c’est lui la roche sur laquelle le Christ a édifié son Église » ou bien «Nous devons éviter à tout prix un schisme, parce que ce serait la plus grave catastrophe de l’Eglise».

Nobles paroles, qui énoncent des vérités. Le pape est le fondement de l’Église, et l’Église ne peut rien craindre de pire qu’un schisme. Mais nous voulons vous faire réfléchir, Monseigneur, sur le fait que la voie du silence que vous voulez emprunter, ne fera que porter préjudice à la Papauté et hâter la venue d’un schisme dans l’Église.

Il est vrai, en effet, que le pape est le fondement de l’Église, mais avant d’être fondé sur lui, l’Église est fondée sur Jésus-Christ. Jésus-Christ est le fondement premier et divin de l’Église, Pierre en est le fondement secondaire et humain, même s’il est assisté par Dieu. L’assistance divine n’exclut pas l’erreur, ni le péché. Dans l’histoire de l’Église, de nombreux papes ont péché et se sont trompés, sans que soit jamais compromise l’institution de la Papauté. Affirmer qu’il faut toujours suivre le pape, sans jamais s’écarter de lui, en renonçant à le corriger respectueusement, dans des cas exceptionnels, revient à attribuer à L’église toutes les erreurs commises par les hommes d’Église aux cours des siècles. Ne pas faire la distinction entre l’Église et les hommes d’Église, c’est fournir aux ennemis de l’Église de quoi l’attaquer et à ses nombreux faux amis de quoi renoncer à la servir.

Il est tout aussi lourd de conséquences d’affirmer que rompre le silence, dire la vérité, dénoncer – si nécessaire – les infidélités du Souverain Pontife, mènerait à un schisme. Le schisme est division, et jamais l’Église n’est apparue aussi divisée et fragmentée que de nos jours. Au sein de chaque paroisse, chaque diocèse, chaque nation, il est devenu impossible de définir une règle commune de vie selon l’Évangile, parce que chacun fait l’expérience d’un christianisme différent, tant dans le domaine liturgique que dogmatique, en forgeant sa propre religion, si bien que de commun il ne reste que le nom, sans la substance. Quelles sont les raisons d’une telle fragmentation? L’étoile indiquant la route a disparu et les fidèles avancent dans l’obscurité de la nuit, en suivant des opinions et des sentiments personnels, sans qu’une voix ne se lève pour leur rappeler quelle est la doctrine et la praxis immuable de l’Église. Le schisme naît de l’obscurité, fille du silence. Seules des voix claires, des voix cristallines, des voix intégralement fidèles à la Tradition peuvent dissiper les ténèbres et permettre aux bons catholiques de surmonter les divisions provoquées par ce pontificat, et d’éviter à l’Église de nouvelles humiliations, après celles déjà infligées par le pape François. Pour sauver l’Église du schisme, il n’y a qu’une voie: celle de proclamer la Vérité. Se taire, c’est le favoriser.

ULTIME APPEL

Monseigneur, vous qui jouissez d’une dignité, vous qui exercez une autorité morale, vous qui êtes dépositaire d’un héritage, que craignez-vous? Le monde peut vous attaquer par des diffamations et des médisances, vos supérieurs peuvent vous priver de votre autorité et de votre dignité extérieure. Mais c’est au Seigneur que vous devrez en rendre compte, comme chacun de nous, au jour du jugement, quand tout sera pesé et jugé à sa juste valeur. Ne nous demandez pas ce qu’il faut faire concrètement. Si vous voulez oser, l’Esprit-Saint ne manquera pas de suggérer à votre conscience les moments, modes et tons à employer pour sortir de l’ombre et être «lumière du monde, ville située sur une montagne, lampe qui brille sur le lampadaire» (Mt 5, 13-16).

Ce que nous vous demandons, Monseigneur, c’est d’adopter un comportement de critique filiale, de résistance déférente, de dévote séparation morale des responsables de l’auto-démolition de l’Église. Osez encourager ouvertement ceux qui défendent l’Église en son sein et professent publiquement la Vérité catholique intégrale. Osez chercher d’autres confrères qui s’unissent à vous et à nous pour faire résonner ensemble ce cri de guerre et d’amour que saint Louis-Marie Grignon de Montfort fait entendre dans la Prière embrasée en ces termes prophétiques: «Au feu, au feu, au feu! Au feu dans la maison de Dieu, au feu dans les âmes, au feu jusque dans le sanctuaire! ».

Des langues de feu comme celles de la Pentecôte, des flambeaux comme ceux de l’enfer, semblent suspendus sur la terre. Feu destructeur, feu purificateur, feu restaurateur, destiné à embraser la terre, à la consumer et à la transformer. Que le feu divin s’allume avant celui de la colère, qui réduira notre société en cendres, comme il advint à Sodome et Gomorrhe. C’est la raison de l’appel que nous vous adressons, vingt-cinq ans après la catastrophique résolution du Parlement Européen, pour le bien des âmes, pour l’honneur de l’Église et pour le salut de la société.

Monseigneur, recevez cet appel, qui est aussi une invocation à la Madonne et aux anges pour qu’ils interviennent, au plus vite, pour sauver l’Église et le monde entier. Osez Monseigneur, prenez cette sainte résolution pour 2019 et vous nous trouverez à vos côtés, dans le bon combat!

Roberto de Mattei Président de la Fondazione Lepanto

Aux pieds de la Crèche, en ce premier Samedi du mois de janvier 2019, Vigile de l’Épiphanie

Sources : fondazionelepanto – Traduction de Marie Perrin pour LPL / La Porte Latine du 7 janvier 2019

L’APOSTASIE SILENCIEUSE

Le véritable remède

SAPIENTAE CHRISTIANAE

LETTRE ENCYCLIQUE
DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIII

SUR LES PRINCIPAUX DEVOIRS DES CHRÉTIENS

  A nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires, en paix et en communion avec le Saint Siège Apostolique.

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique

1 – Retourner aux. principes chrétiens et y conformer en tout la vie, les moeurs et les institutions des peuples, est une nécessité qui, de jour en jour, devient plus évidente. Du mépris où ces règles sont tombées sont résultés de si grands maux que nul homme raisonnable ne saurait soutenir, sans une douloureuse anxiété, les épreuves du présent, ni envisager sans crainte les perspectives de l’avenir.

2 – Il s’est fait, sans doute, un progrès considérable quant à ce qui regarde les jouissances et le bien-être du corps, mais la nature sensible tout entière, avec les ressources, les forces et les richesses qu’elle met à notre disposition, tout en multipliant les commodités et les charmes de la vie, ne suffit pas pour rassasier l’âme, créée à des fins plus hautes et plus glorieuses. Regarder vers Dieu et tendre à Lui, telle est la loi suprême de la vie de l’homme. Fait à son image et à sa ressemblance il est porté par sa nature même à jouir de son Créateur. Or, ce n’est par aucun mouvement ou effort corporel qu’on se rapproche de Dieu, mais par des actes propres à l’âme : par la connaissance et l’amour.

Dieu, en effet, est la vérité première et suprême, et la vérité n’est un aliment que pour l’intelligence. Il est la sainteté parfaite et le souverain bien, vers lequel la seule volonté peut aspirer et tendre efficacement à l’aide de la vertu.

3 – Mais ce qui est vrai de l’homme, considéré individuellement, l’est aussi de la société, tant domestique que civile. En effet, si la nature elle-même a institué la société, ce n’a pas été pour qu’elle fût la fin dernière de l’homme, mais pour qu’il trouvât en elle et par elle des secours qui le rendissent capable d’atteindre à sa perfection. Si donc une société ne poursuit autre chose que les avantages extérieurs et les biens qui assurent à la vie plus d’agréments et de jouissances, si elle fait profession de ne donner à Dieu aucune place dans l’administration de la chose publique et de ne tenir aucun compte des lois morales, elle s’écarte d’une façon très coupable de sa fin et des prescriptions de la nature. C’est moins une société qu’un simulacre et une imitation mensongère d’une véritable société et communauté humaine.

4 – Quant à ces biens de l’âme dont Nous parlons, et qui n’existent pas en dehors de la vraie religion et de la pratique persévérante des préceptes du christianisme, nous les voyons chaque jour tenir moins de place parmi les hommes, soit à cause de l’oubli dans lequel ils les tiennent, soit par le mépris qu’ils en font. On pourrait presque dire que plus le bien-être physique est en progrès, plus s’accentue la décadence des biens de l’âme. Une preuve évidente de la diminution et du grand affaiblissement de la foi chrétienne, ce sont les injures trop souvent répétées qu’on fait à la religion en plein jour et aux yeux du public, injures, en vérité, qu’un âge plus jaloux des intérêts religieux n’eut tolérées à aucun prix.

5 – Quelle multitude d’hommes se trouve, pour ces causes, exposée à la perdition éternelle, il serait impossible de le décrire, mais les sociétés elles-mêmes et les empires ne pourront rester longtemps sans en être ébranlés, car la ruine des institutions et des moeurs chrétiennes entraîne nécessairement celle des premières bases de la société humaine. La force demeure l’unique garantie de l’ordre et de la tranquillité publique. Mais rien n’est faible comme la force quand elle ne s’appuie pas sur la religion. Plus propre, dans ce cas, à engendrer la servitude que l’obéissance, elle renferme en elle-même les germes de grandes perturbations.

Déjà le présent siècle a subi de graves et mémorables catastrophes, et il n’est pas démontré qu’il n’y ait pas lieu d’en redouter de semblables. Le temps lui-même dans lequel nous vivons nous avertit donc de chercher les remèdes là où ils se trouvent, c’est-à-dire de rétablir, dans la vie privée et dans toutes les parties de l’organisme social, les principes et les pratiques du christianisme; c’est l’unique moyen de nous délivrer des maux qui nous accablent et de prévenir les dangers dont nous sommes menacés. Voilà, Vénérables Frères, à quoi nous devons nous appliquer avec tout le soin et tout le zèle dont nous pouvons être capables.

6 – C’est pourquoi, bien qu’en d’autres circonstances et toutes les fois que l’occasion s’en est présentée, Nous ayons déjà traité ces matières, nous estimons utile d’exposer avec plus de détails dans ces Lettres les devoirs des chrétiens, devoirs dont l’accomplissement exact contribuerait d’une manière admirable à sauver la société. Nous sommes engagés, sur des intérêts de premier ordre, dans une lutte violente et presque quotidienne, où il est très difficile qu’un grand nombre d’hommes ne soient pas trompés, ne s’égarent et ne se découragent. Notre devoir, Vénérables Frères, est d’avertir, d’instruire, d’exhorter chaque fidèle, d’une manière conforme aux exigences des temps, afin que personne ne déserte la voie de la vérité.

7 – On ne saurait mettre en doute que, dans la pratique de la vie, des devoirs plus nombreux et plus graves ne soient imposés aux catholiques qu’aux hommes mal instruits de notre foi ou totalement étrangers à ses enseignements. Après avoir opéré le salut du genre humain, Jésus-Christ, commandant à ses apôtres de prêcher l’Evangile à toute créature, imposa en même temps à tous les hommes l’obligation d’écouter et de croire ce qui leur serait enseigné. À l’accomplissement de ce devoir est rigoureusement attachée la conquête du salut éternel. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé; celui qui ne croira pas sera condamné. Mais l’homme qui a, comme il le doit, embrassé la foi chrétienne est, par ce fait même, soumis à l’Eglise, sa Mère, et devient membre de la société la plus haute et la plus sainte que, sous Jésus-Christ, son chef invisible, le Pontife de Rome, avec une pleine autorité, a la mission de gouverner.

8 – Or, si la loi naturelle nous ordonne d’aimer d’un amour de prédilection et de dévouement, le pays où nous sommes nés et où nous avons été élevés en sorte que le bon citoyen ne craint pas d’affronter la mort pour sa patrie, à plus forte raison, les chrétiens doivent-ils être animés de pareils sentiments à l’égard de l’Eglise. Car elle est la cité sainte du Dieu vivant et la fille de Dieu lui-même, de qui elle a reçu sa constitution. C’est sur cette terre, il est vrai, qu’elle accomplit son pèlerinage; mais, établie institutrice et guide des hommes, elle les appelle à la félicité éternelle. Il faut donc aimer la patrie terrestre qui nous a donné de jouir de cette vie mortelle; mais il est nécessaire d’aimer d’un amour plus ardent l’Eglise à qui nous sommes redevables de la vie immortelle de l’âme, parce qu’il est raisonnable de préférer les biens de l’âme aux biens du corps et que les devoirs envers Dieu ont un caractère plus sacré que les devoirs envers les hommes.

9 – Au reste, si nous voulons juger de ces choses sainement, nous comprendrons que l’amour surnaturel de l’Eglise et l’amour naturel de la patrie procèdent du même éternel principe. Tous les deux ont Dieu pour auteur et pour cause première; d’où il suit qu’il ne saurait y avoir entre les devoirs qu’ils imposent de répugnance ou de contradiction. Oui, en vérité, nous pouvons et nous devons, d’une part, nous aimer nous-mêmes, être bons pour notre prochain, aimer la chose publique et le pouvoir qui la gouverne; d’autre part, et en même temps, nous pouvons et nous devons avoir pour l’Église un culte de piété filiale et aimer Dieu du plus grand amour dont nous puissions être capables.

10 – Cependant la hiérarchie de ces devoirs se trouve quelquefois injustement bouleversée, soit par le malheur des temps, soit plus encore par la volonté perverse des hommes. Il arrive, en effet, que, parfois, les exigences de l’Etat envers le citoyen contredisent celles de la religion à l’égard du chrétien, et ces conflits viennent de ce que les chefs politiques tiennent pour nulle la puissance sacrée de l’Eglise ou bien affectent la prétention de se l’assujettir. De là, des luttes et, pour la vertu, des occasions de faire preuve de valeur. Deux pouvoirs sont en présence, donnant des ordres contraires. Impossible de leur obéir à tous les deux simultanément. Nul ne peut servir deux maîtres. Plaire à l’un, c’est mépriser l’autre. Auquel accordera-t-on la préférence ? L’hésitation n’est pas permise. Ce serait un crime, en effet, de vouloir se soustraire à l’obéissance due à Dieu pour plaire aux hommes, d’enfreindre les lois de Jésus-Christ pour obéir aux magistrats, de méconnaître les droits de l’Eglise sous prétexte de respecter les droits de l’ordre civil. Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. Cette réponse que faisaient autrefois Pierre et les apôtres aux magistrats qui leur commandaient les choses illicites, il faut, en pareille circonstance, la redire toujours et sans hésiter. Il n’est pas de meilleur citoyen, soit en paix, soit en guerre, que le chrétien fidèle à son devoir; mais ce chrétien doit être prêt à tout souffrir, même la mort, plutôt que de déserter la cause de Dieu et de l’Eglise.

11 – Aussi, c’est ne pas bien connaître la force et la nature des lois que de blâmer cette fermeté d’attitude dans le choix entre des devoirs contradictoires et de la traiter de sédition. Nous parlons ici de choses très connues et que Nous avons Nous-mêmes déjà plusieurs fois exposées. La loi n’est pas autre chose qu’un commandement de la droite raison porté par la puissance légitime, en vue du bien général. Mais il n’y a de vraie et légitime puissance que celle qui émane de Dieu, souverain Seigneur et Maître de toutes choses, lequel seul peut investir l’homme d’une autorité de commandement sur les autres hommes. On ne saurait donner le nom de droite raison à celle qui est en désaccord avec la vérité et avec la raison divine; ni, non plus, appeler bien véritable celui qui est en contradiction avec le bien suprême et immuable, et qui détourne et éloigne de Dieu les volontés humaines.

12 – Les chrétiens entourent donc d’un respect religieux la notion du pouvoir, dans lequel, même quand il réside dans un mandataire indigne, ils voient un reflet et comme une image de la divine Majesté. Ils se croient tenus de respecter les lois, non pas à cause de la sanction pénale dont elles menacent les coupables, mais parce que c’est pour eux un devoir de conscience, car Dieu ne nous a pas donné l’esprit de crainte. Mais, si les lois de l’Etat sont en contradiction ouverte avec la loi divine, si elles renferment des dispositions préjudiciables à l’Eglise ou des prescriptions contraires aux devoirs imposés par la religion, si elles violent dans le Pontife Suprême l’autorité de Jésus-Christ, dans tous ces cas, il y a obligation de résister et obéir serait un crime dont les conséquences retomberaient sur l’Etat lui-même. Car l’Etat subit le contrecoup de toute offense faite à la religion. On voit ici combien est injuste le reproche de sédition formulé contre les chrétiens. En effet, ils ne refusent, ni au prince, ni aux législateurs, l’obéissance qui leur est due ou, s’ils dénient cette obéissance, c’est uniquement au sujet de préceptes destitués d’autorité parce qu’ils sont portés contre l’honneur dû à Dieu, par conséquent en dehors de la justice, et n’ont rien de commun avec de véritables lois.

13 – Vous reconnaissez là, Vénérables Frères, la doctrine très autorisée de l’apôtre saint Paul. Dans son épître à Tite, après avoir rappelé aux chrétiens qu’ils doivent être soumis aux princes et puissances, et obéir à leurs commandements, il ajoute aussitôt: et être prêts à faire toutes sortes de bonnes oeuvres. Par là, il déclare ouvertement que, si les lois des hommes renferment des prescriptions contraires à l’éternelle loi de Dieu, la justice consiste à ne pas obéir. De même, à ceux qui voulaient lui enlever la liberté de prêcher l’Evangile, le Prince des Apôtres faisait cette courageuse et sublime réponse: Jugez vous-mêmes s’il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu’à Dieu, car nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu.

14 – Aimer les deux patries, celle de la terre et celle du ciel, mais de telle façon que l’amour de la patrie céleste l’emporte sur l’amour de la première et que jamais les lois humaines ne passent avant la loi de Dieu, tel est donc le devoir essentiel des chrétiens d’où sortent, comme de leur source, tous les autres devoirs. Le Rédempteur du genre humain n’a-t-il pas dit de lui-même: Je suis né et je suis venu au monde afin de rendre témoignage à la vérité, et encore: Je suis venu apporter le feu sur la terre et que veux-je, sinon qu’il s’allume ? C’est dans la connaissance de cette vérité qu’est la suprême perfection de l’intelligence; c’est dans la charité divine, qui perfectionne la volonté, que résident toute la vie et la liberté chrétiennes. Cette vérité et cette charité forment le glorieux patrimoine confié, par Jésus-Christ à l’Église qui le défend et le conserve avec un zèle et une vigilance infatigables.

15 – Mais, avec quel acharnement et de combien de façons on fait la guerre à l’Eglise, il est à peine nécessaire de le rappeler. De ce qu’il a été donné à la raison, armée des investigations de la science, d’arracher à la nature un grand nombre de ses secrets les plus cachés et de les faire servir aux divers usages de la vie, les hommes en sont venus à ce degré d’orgueil qu’ils croient pouvoir bannir de la vie sociale l’autorité et l’empire du Dieu suprême.

16 – Égarés par leur erreur, ils transfèrent à la nature humaine cet empire dont ils prétendent dépouiller Dieu. D’après eux, c’est à la nature qu’il faut demander le principe et la règle de toute vérité; tous les devoirs de religion découlent de l’ordre naturel et doivent lui être rapportés; par conséquent, négation de toute vérité révélée, négation de la morale chrétienne et de l’Eglise. Celle-ci, à les entendre, n’est investie ni de la puissance d’édicter des lois, ni même d’un droit quelconque; elle ne doit tenir aucune place dans les institutions civiles. Afin de pouvoir plus commodément adapter les lois à de telles doctrines et en faire la norme des moeurs publiques, ils ne négligent rien pour s’emparer de la direction des affaires et mettre la main sur le gouvernail des États. C’est ainsi qu’en beaucoup de contrées, le catholicisme est, ou bien ouvertement battu en brèche, ou secrètement attaqué. Les erreurs les plus pernicieuses sont assurées de l’impunité et de nombreuses entraves sont apportées à la profession publique de la vérité chrétienne.

17 – En présence de ces iniquités, il est tout d’abord du devoir de chacun de veiller sur soi-même et de prendre tous les moyens pour conserver intacte la foi dans son âme, en évitant ce qui la pourrait compromettre et en s’armant contre les fallacieux sophismes des incrédules. Afin de mieux sauvegarder encore l’intégrité de cette vertu, Nous jugeons très utile et très conforme aux besoins de nos temps, que chacun, dans la mesure de ses moyens et de son intelligence, fasse de la doctrine chrétienne une étude approfondie et s’efforce d’arriver à une connaissance aussi parfaite que possible des vérités religieuses accessibles à la raison humaine. Cependant, il ne suffit pas que la foi demeure intacte dans les âmes; elle doit, de plus, y prendre de continuels accroissements, et c’est pourquoi il convient de faire monter très souvent vers Dieu cette humble et suppliante prière des Apôtres : Seigneur, augmentez notre foi.

18 – Mais, en cette même matière qui regarde la foi chrétienne, il est d’autres devoirs, dont le fidèle et religieux accomplissement, nécessaire en tous les temps aux intérêts du salut, l’est plus particulièrement encore de nos jours.

19 – Dans ce déluge universel d’opinions, c’est la mission de l’Eglise de protéger la vérité et d’arracher l’erreur des âmes, et cette mission, elle la doit remplir saintement et toujours, car à sa garde ont été confiés l’honneur de Dieu et le salut des hommes. Mais, quand les circonstances en font une nécessité, ce ne sont pas seulement les prélats qui doivent veiller à l’intégrité de la foi, mais, comme le dit saint Thomas:  » Chacun est tenu de manifester publiquement sa foi, soit pour instruire et encourager les autres fidèles, soit pour repousser les attaques des adversaires « .

20 – Reculer devant l’ennemi et garder le silence, lorsque de toutes parts s’élèvent de telles clameurs contre la vérité, c’est le fait d’un homme sans caractère, ou qui doute de la vérité de sa croyance. Dans les deux cas, une telle conduite est honteuse et elle fait injure à Dieu; elle est incompatible avec le salut de chacun et avec le salut de tous; elle n’est avantageuse qu’aux seuls ennemis de la foi; car rien n’enhardit autant l’audace des méchants que la faiblesse des bons.

21 – D’ailleurs, la lâcheté des chrétiens mérite d’autant plus d’être blâmée, que souvent il faudrait bien peu de chose pour réduire à néant les accusations injustes et réfuter les opinions erronées; et, si l’on voulait s’imposer un plus sérieux labeur, on serait toujours assuré d’en avoir raison. Après tout, il n’est personne qui ne puisse déployer cette force d’âme où réside la propre vertu des chrétiens; elle suffit souvent à déconcerter les adversaires et à rompre leurs desseins. De plus, les chrétiens sont nés pour le combat. Or, plus la lutte est ardente, plus, avec l’aide de Dieu, il faut compter sur la victoire : Ayez confiance, j’ai vaincu le monde. Il n’y a point à objecter ici que Jésus-Christ, protecteur et vengeur de l’Eglise, n’a pas besoin de l’assistance des hommes. Ce n’est point parce que le pouvoir lui fait défaut, c’est à cause de sa grande bonté qu’il veut nous assigner une certaine part d’efforts et de mérites personnels, lorsqu’il s’agit de nous approprier et de nous appliquer les fruits du salut procuré par sa grâce.

22 – Les premières applications de ce devoir consistent à professer ouvertement et avec courage la doctrine catholique, et à la propager autant que chacun le peut faire. En effet, on l’a dit souvent et avec beaucoup de vérité, rien n’est plus préjudiciable à la sagesse chrétienne que de n’être pas connue. Mise en lumière, elle a par elle-même assez de force pour triompher de l’erreur. Dès qu’elle est saisie par une âme simple et libre de préjugés, elle a aussitôt pour elle l’assentiment de la saine raison. Assurément, la foi, comme vertu, est un don précieux de la grâce et de la bonté divine ; toutefois, les objets auxquels la foi doit s’appliquer ne peuvent guère être connus que par la prédication: Comment croiront-ils à celui qu’ils n’ont pas entendu ? Comment entendront-ils si personne ne leur prêche ?... La foi vient donc de l’audition, et l’audition par la prédication de la parole du Christ. Or, puisque la foi est indispensable au salut, il s’ensuit nécessairement que la parole du Christ doit être prêchée. De droit divin, la charge de prêcher, c’est-à-dire d’enseigner, appartient aux docteurs, c’est-à-dire aux évêques que l’Esprit-Saint a établis pour régir l’Église de Dieu. Elle appartient par dessus tout au Pontife Romain, Vicaire de Jésus-Christ, préposé avec une puissance souveraine à l’Eglise universelle et Maître de la foi et des moeurs. Toutefois, on doit bien se garder de croire qu’il soit interdit aux particuliers de coopérer d’une certaine manière à cet apostolat, surtout s’il s’agit des hommes à qui Dieu a départi les dons de l’intelligence avec le désir de se rendre utiles.

23 – Toutes les fois que la nécessité l’exige, ceux-là peuvent aisément, non, certes, s’arroger la mission des docteurs, mais communiquer aux autres ce qu’ils ont eux-mêmes reçu, et être, pour ainsi dire, l’écho de l’enseignement des maîtres. D’ailleurs, la coopération privée a été jugée par les Pères du Concile du Vatican tellement opportune et féconde, qu’ils n’ont pas hésité à la réclamer.  » Tous les chrétiens fidèles, disent-ils, surtout ceux qui président et qui enseignent, nous les supplions par les entrailles de Jésus-Christ et nous leur ordonnons, en vertu de l’autorité de ce même Dieu Sauveur, d’unir leur zèle et leurs efforts pour éloigner ces horreurs et les éliminer de la sainte Eglise « . – Que chacun donc se souvienne qu’il peut et qu’il doit répandre la foi catholique par l’autorité de l’exemple, et la prêcher par la profession publique et constante des obligations qu’elle impose. Ainsi, dans les devoirs qui nous lient à Dieu et à l’Eglise, une grande place revient au zèle avec lequel chacun doit travailler, dans la mesure du possible, à propager la foi chrétienne et à repousser les erreurs.

24 – Les fidèles ne satisferaient pas complètement et d’une manière utile à ces devoirs, s’ils descendaient isolément sur le champ de bataille. Jésus-Christ a nettement annoncé que l’opposition haineuse faite par les hommes à sa personne se perpétuerait contre son oeuvre, de façon à empêcher un grand nombre d’âmes de profiter du salut dont nous sommes redevables à sa grâce. C’est pour cela qu’il a voulu non seulement former les disciples de sa doctrine, mais les réunir en société et faire d’eux et de leur harmonieux assemblage un seul corps qui est l’Eglise et dont il serait le Chef. La vie de Jésus-Christ pénètre donc tout l’organisme de ce corps, entretient et nourrit chacun de ses membres, les unit entre eux et les fait tous conspirer à une même fin, bien qu’ils n’aient pas à remplir tous les mêmes fonctions. Il suit de là que l’Eglise, société parfaite, très supérieure à toute autre société, a reçu de son auteur le mandat de combattre pour le salut du genre humain comme une armée rangée en bataille.

25 – Cet organisme et cette constitution de la société chrétienne ne peuvent souffrir aucun changement. Il n’est permis à aucun de ses membres d’agir à son gré ou de choisir la manière qui lui plaît le mieux de combattre. En effet, quiconque ne recueille pas avec l’Eglise et avec Jésus-Christ dissipe, et ceux-là sont très certainement les adversaires de Dieu qui ne combattent pas en union avec lui et avec son Eglise.

26 – Pour réaliser cette union des esprits et cette uniformité dans la conduite, si justement redoutée des adversaires du catholicisme, la première condition à réaliser est de professer les mêmes sentiments. Avec quel zèle ardent et avec quelle singulière autorité de langage saint Paul, exhortant les Corinthiens, leur recommande cette concorde : « Mes Frères, je vous en conjure par le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dites tous la même chose; qu’il n’y ait pas de divisions parmi nous ; ayez entre vous le plus parfait accord de pensées et de sentiments« .

27 – La sagesse de ce précepte est d’une évidence immédiate. En effet, la pensée est le principe de l’action, d’où il suit que l’accord ne peut se trouver dans les volontés, ni l’ensemble dans la conduite, si chaque esprit pense différemment des autres. Chez ceux qui font profession de prendre la raison seule pour guide, on trouverait difficilement – si tant est qu’on la trouve jamais – l’unité de doctrine. En effet, l’art de connaître le vrai est plein de difficultés; de plus, l’intelligence de l’homme est faible par nature et tirée en sens divers par la variété des opinions; elle est souvent le jouet des impressions venues du dehors, il faut joindre à cela l’influence des passions, qui, souvent, ou enlèvent complètement, ou diminuent dans de notables proportions la capacité de saisir la vérité. Voilà pourquoi, dans le gouvernement politique, on est souvent obligé de recourir à la force, afin d’opérer une certaine union parmi ceux dont les esprits sont en désaccord.

28 – Il en est tout autrement des chrétiens : ils reçoivent de l’Eglise la règle de leur foi ; ils savent avec certitude qu’en obéissant à son autorité et en se laissant guider par elle, ils seront mis en possession de la vérité. Aussi, de même qu’il n’y a qu’une Eglise, parce qu’il n’y a qu’un Jésus-Christ, il n’y a et il ne doit y avoir entre les chrétiens du monde entier qu’une seule doctrine, un seul Seigneur, une seule foi. Ayant entre eux le même esprit de foi, ils possèdent le principe tutélaire d’où découlent, comme d’elles-mêmes, l’union des volontés et l’uniformité dans la conduite.

29 – Mais, ainsi que l’ordonne l’apôtre saint Paul, cette unanimité doit être parfaite.

30 – La foi chrétienne ne repose pas sur l’autorité de la raison humaine, mais sur celle de la raison divine; car, ce que Dieu nous a révélé,  » nous ne le croyons pas à cause de l’évidence intrinsèque de la vérité, perçue par la lumière naturelle de notre raison, mais à cause de l’autorité de Dieu, qui révèle et qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper « . Il résulte de là que, quelles que soient les choses manifestement contenues dans la révélation de Dieu, nous devons donner à chacune d’elles un égal et entier assentiment. Refuser de croire à une seule d’entre elles équivaut, en soi, à les rejeter toutes. Car ceux-là détruisent également le fondement de la foi, qui nient que Dieu ait parlé aux hommes, ou qui mettent en doute sa vérité et sa sagesse infinie.

31 – Quant à déterminer quelles doctrines sont renfermées dans cette révélation divine, c’est la mission de l’Eglise enseignante, à laquelle Dieu a confié la garde et l’interprétation de sa parole; dans l’Eglise, le docteur suprême est le Pontife Romain. L’union des esprits réclame donc, avec un parfait accord dans la même foi, une parfaite soumission et obéissance des volontés à l’Eglise et au pontife Romain, comme à Dieu lui-même.

32 – L’obéissance doit être parfaite, parce qu’elle appartient à l’essence de la foi, et elle a cela de commun avec la foi qu’elle ne peut pas être partagée. Bien plus, si elle n’est pas absolue et parfaite de tout point, elle peut porter encore le nom d’obéissance, mais elle n’a plus rien de commun avec elle. La tradition chrétienne attache un tel prix à cette perfection de l’obéissance, qu’elle en a toujours fait et en fait toujours le signe caractéristique auquel on peut reconnaître les catholiques. C’est ce que saint Thomas d’Aquin explique d’une manière admirable dans le passage suivant :

33 –  » L’objet formel de la foi est la vérité première, en tant qu’elle est manifestée dans les Saintes Ecritures et dans la doctrine de l’Eglise, qui procèdent de la vérité première. Il suit de là que quiconque n’adhère pas, comme à une règle infaillible et divine, à la doctrine de l’Eglise, qui procède de la vérité première manifestée dans les Saintes Ecritures, n’a pas la foi habituelle, mais possède autrement que par la foi les choses qui sont de son domaine… Or, il est manifeste que celui qui adhère à la doctrine de l’Eglise comme à une règle infaillible donne son assentiment à tout ce que l’Eglise enseigne; autrement, si, parmi les choses que l’Eglise enseigne, il retient ce qui lui plaît et exclut ce qui ne lui plaît pas, il adhère à sa propre volonté et non à la doctrine de l’Eglise, en tant qu’elle est une règle infaillible. La foi de toute l’Église doit être Une, selon cette parole de saint Paul aux Corinthiens (I Cor., 1) : « Ayez tous un même langage et qu’il n’y ait pas de division parmi vous« . Or, cette unité ne saurait être sauvegardée qu’à la condition que les questions qui surgissent sur la foi soient résolues par celui qui préside à l’Eglise tout entière, et que sa sentence soit acceptée par elle avec fermeté. C’est pourquoi à l’autorité du Souverain Pontife seul il appartient de publier un nouveau symbole, comme de décerner toutes les autres choses qui regardent l’Eglise universelle « .

34 – Lorsqu’on trace les limites de l’obéissance due aux pasteurs des âmes et surtout au Pontife Romain, il ne faut pas penser qu’elles renferment seulement les dogmes auxquels l’intelligence doit adhérer et dont le rejet opiniâtre constitue le crime d’hérésie. Il ne suffirait même pas de donner un sincère et ferme assentiment aux doctrines qui, sans avoir été jamais définies par aucun jugement solennel de l’Eglise, sont cependant proposées à notre foi, par son magistère ordinaire et universel, comme étant divinement révélées, et qui, d’après le Concile du Vatican, doivent être crues de foi catholique et divine. Il faut, en outre, que les chrétiens considèrent comme un devoir de se laisser régir, gouverner et guider par l’autorité des évêques, et surtout par celle du Siège Apostolique. Combien cela est raisonnable, il est facile de le démontrer. En effet, parmi les choses contenues dans les divins oracles, les unes se rapportent à Dieu, principe de la béatitude que nous espérons, et les autres à l’homme lui-même et aux moyens d’arriver à cette béatitude. Il appartient de droit divin à l’Eglise et, dans l’Eglise, au Pontife Romain, de déterminer dans ces deux ordres ce qu’il faut croire et ce qu’il faut faire. Voilà pourquoi le Pontife doit pouvoir juger avec autorité de ce que renferme la parole de Dieu, décider quelles doctrines concordent avec elle et quelles doctrines y contredisent. De même, dans la sphère de la morale, c’est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d’accomplir et d’éviter si l’on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l’interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine.

35 – Il faut encore pénétrer plus avant dans la constitution intime de l’Eglise. En effet, elle n’est pas une association fortuitement établie entre chrétiens, mais une société divinement constituée et organisée d’une manière admirable, ayant pour but direct et prochain de mettre les âmes en possession de la paix et de la sainteté. Et, comme seule elle a reçu de la grâce de Dieu les moyens nécessaires pour réaliser une telle fin, elle a ses lois fixes, ses attributions propres et une méthode déterminée et conforme à sa nature de gouverner les peuples chrétiens.

36 – Mais l’exercice de ce gouvernement est difficile et donne lieu à de nombreux conflits. Car l’Eglise régit des nations disséminées dans toutes les parties du monde, différentes de races et de moeurs, qui, vivant chacune sous l’empire des lois de son pays, doivent à la fois obéissance au pouvoir civil et religieux. Ces devoirs s’imposent aux mêmes personnes. Nous avons déjà dit qu’il n’y a entre eux ni contradiction, ni confusion; car les uns ont rapport à la prospérité de la patrie terrestre, les autres se réfèrent au bien général de l’Église; tous ont pour but de conduire les hommes à la perfection.

37 – Cette délimitation des droits et des devoirs étant nettement tracée, il est de toute évidence que les chefs d’Etat sont libres dans l’exercice de leur pouvoir de gouvernement et, non seulement l’Eglise ne répugne pas à cette liberté, mais elle la seconde de toutes ses forces, puisqu’elle recommande de pratiquer la piété, qui est la justice à l’égard de Dieu, et qu’ainsi elle prêche la justice à l’égard du prince. Cependant, la puissance spirituelle a une fin bien plus noble, puisqu’elle gouverne les hommes en défendant le royaume de Dieu et sa justice, et qu’elle dirige vers ce but toutes les ressources de son ministère. On porterait atteinte à l’intégrité de la foi si l’on mettait en doute que l’Eglise seule a été investie d’un semblable pouvoir de gouverner les âmes, à l’exclusion absolue de l’autorité civile. En effet, ce n’est pas à César, c’est à Pierre que Jésus-Christ a remis les clés du royaume des cieux. De cette doctrine sur les rapports de la politique et de la religion découlent d’importantes conséquences dont Nous voulons parler ici.

38 – Entre les gouvernements politiques, quelle que soit leur forme et le gouvernement de la société chrétienne, il y a une différence notable. Si la république chrétienne a quelque ressemblance extérieure avec les autres sociétés politiques, elle se distingue absolument d’elles par son origine, par son principe, par son essence. L’Eglise a donc le droit de vivre et de se conserver par des institutions et par des lois conformes à sa nature. Etant d’ailleurs, non seulement une société parfaite en elle-même, mais une société supérieure à toute société humaine, elle refuse résolument de droit et par devoir à s’asservir aux partis et à se plier aux exigences muables de la politique. Par une conséquence du même principe, gardienne de son droit et pleine de respect pour le droit d’autrui, elle estime un devoir de rester indifférente quant aux diverses formes de gouvernement et aux institutions civiles des Etats chrétiens, et, entre les divers systèmes de gouvernement, elle approuve tous ceux qui respectent la religion et la discipline chrétienne des moeurs.

39 – Telle est la règle à laquelle chaque catholique doit conformer ses sentiments et ses actes. Il n’est pas douteux que, dans la sphère de la politique, il ne puisse y avoir matière à de légitimes dissentiments et que, toute réserve faite des droits de la justice et de la vérité, on ne puisse chercher à introduire dans les faits les idées que l’on estime devoir contribuer plus efficacement que les autres au bien général. Mais vouloir engager l’Eglise dans ces querelles des partis, et prétendre se servir de son appui pour triompher plus aisément de ses adversaires, c’est abuser indiscrètement de la religion. Au contraire, tous les partis doivent s’entendre pour entourer la religion du même respect et la garantir contre toute atteinte. De plus, dans la politique, inséparable des lois de la morale et des devoirs religieux, l’on doit toujours et en premier chef se préoccuper de servir le plus efficacement possible les intérêts du catholicisme. Dès qu’on les voit menacés, tout dissentiment doit cesser entre catholiques, afin que, unis dans les mêmes pensées et les mêmes conseils, ils se portent au secours de la religion, bien général et suprême auquel tout le reste doit être rapporté. Nous croyons nécessaire d’insister encore davantage sur ce point.

40 – L’Eglise, sans nul doute, et la société politique ont chacune leur souveraineté propre ; par conséquent, dans la gestion des intérêts qui sont de leur compétence, aucune n’est tenue d’obéir à l’autre dans les limites où chacune d’elles est renfermée par sa constitution. De là, il ne s’ensuit pas, cependant, que naturellement elles soient désunies et encore moins ennemies l’une de l’autre. La nature, en effet, n’a pas seulement donné à l’homme l’être physique : elle l’a fait un moral. C’est pourquoi de la tranquillité de l’ordre public, but immédiat de la société civile, l’homme attend le moyen de se perfectionner physiquement, et surtout celui de travailler à sa perfection morale, qui réside exclusivement dans la connaissance et la pratique de la vertu. Il veut, en même temps, comme c’est son devoir, trouver dans l’Eglise les secours nécessaires à son perfectionnement religieux, lequel consiste dans la connaissance et la pratique de la religion véritable; de cette religion appelée la reine des vertus, parce que, les rattachant à Dieu, elle les achève toutes et les perfectionne.

41 – Dès lors, ceux qui rédigent des constitutions et font des lois doivent tenir compte de la nature morale et religieuse de l’homme et l’aider à se perfectionner, mais avec ordre et droiture, n’ordonnant ni ne prohibant rien sans avoir égard à la fin propre de chacune des sociétés civile et religieuse. L’Eglise ne saurait donc être indifférente à ce que telles ou telles lois régissent les Etats, non pas en tant que ces lois appartiennent à l’ordre civil et politique, mais en tant qu’elles sortiraient de la sphère de cet ordre et empiéteraient sur ses droits. Ce n’est pas tout. L’Eglise a encore reçu de Dieu le mandat de s’opposer aux institutions qui nuiraient à la religion, et de faire de continuels efforts pour pénétrer de la vertu de l’Evangile les lois et les institutions des peuples. Et comme le sort des Etats dépend principalement des dispositions de ceux qui sont à la tête du gouvernement, l’Eglise ne saurait accorder ni son patronage ni sa faveur aux hommes qu’elle sait lui être hostiles, qui refusent ouvertement de respecter ses droits, qui cherchent à briser l’alliance établie par la nature même des choses entre les intérêts religieux et les intérêts de l’ordre civil. Au contraire, son devoir est de favoriser ceux qui ont de saines idées sur les rapports de l’Eglise et de l’Etat et s’efforcent de les faire servir par leur accord au bien général.

42 – Ces préceptes renferment la règle à laquelle tout catholique doit conformer sa vie publique. En définitive, partout où l’Eglise ne défend pas de prendre part aux affaires publiques, l’on doit soutenir les hommes d’une probité reconnue et qui promettent de bien mériter de la cause catholique, et pour aucun motif, il ne serait permis de leur préférer des hommes hostiles à la religion.

43 – On voit encore par là combien grande est l’obligation de maintenir l’accord entre les catholiques, surtout dans un temps où le christianisme est combattu par ses ennemis avec tant d’ensemble et d’habileté. Tous ceux qui ont à coeur d’être étroitement unis à l’Eglise, colonne et fondement de la vérité, éviteront facilement ces maîtres de mensonge qui promettent la liberté tandis qu’eux-mêmes sont les esclaves de la corruption. Bien plus, rendus eux-mêmes participants de la divine vertu qui est dans l’Église, ils triompheront par la sagesse des embûches des adversaires, et de leur violence par le courage. Ce n’est pas ici le lieu de rechercher si et combien l’inertie des dissensions intestines des catholiques ont favorisé le nouvel état de choses. Mais, on peut l’affirmer, les méchants seraient moins audacieux et ils n’auraient pas accumulé tant de ruines, si la foi qui opère par la charité avait été en général dans les âmes plus énergique et plus vivante, et s’il n’y avait pas un relâchement aussi universel dans la discipline des moeurs divinement établie par le christianisme. Puissent, du moins, les leçons du passé avoir le bon résultat d’inspirer une conduite plus sage pour l’avenir !

44 – Quant à ceux qui prendront part aux affaires publiques, ils devront éviter avec le plus grand soin deux écueils: la fausse prudence et la témérité. Il en est, en effet, qui pensent qu’il n’est pas opportun de résister de front à l’iniquité puissante et dominante, de peur, disent-ils, que la lutte n’exaspère davantage les méchants. De tels hommes sont-ils pour ou contre l’Eglise ? On ne saurait le dire. Car, d’une part, ils se donnent pour professer la doctrine catholique, mais, en même temps, ils voudraient que l’Eglise laissât libre cours à certaines théories qui lui sont contraires. Ils gémissent de la perte de la foi et de la perversion des moeurs; mais, à de tels maux, ils n’ont aucun souci d’apporter aucun remède, et même il n’est pas rare qu’ils en augmentent l’intensité, soit par une indulgence excessive, soit par une pernicieuse dissimulation. Ils ne permettent à personne d’élever des doutes sur leur dévouement au Siège Apostolique, mais ils ont toujours quelques reproches à formuler contre le Pontife Romain.

45 – La prudence de ces hommes est bien celle que l’apôtre saint Paul appelle sagesse de la chair et mort de l’âme, parce qu’elle n’est pas et ne peut pas être soumise à la loi de Dieu. Rien n’est moins propre à diminuer les maux qu’une semblable prudence. En effet, le dessein arrêté des ennemis, et beaucoup d’entre eux ne craignent pas de s’en expliquer et de s’en glorifier ouvertement, c’est d’opprimer la religion catholique, la seule véritable. Pour réaliser un tel dessein, il n’est rien qu’ils n’osent tenter. Car ils savent très bien que, plus ils feront trembler leurs adversaires, et plus ils auront de facilités pour exécuter leurs perverses entreprises. Par conséquent, ceux qui aiment la prudence de la chair et qui font semblant d’ignorer que tout chrétien doit être un vaillant soldat du Christ, ceux qui prétendent obtenir les récompenses promises aux vainqueurs en vivant comme des lâches et en s’abstenant de prendre part au combat, ceux-là, non seulement ne sont pas capables d’arrêter l’invasion de l’armée des méchants, mais ils secondent ses progrès.

46 – Par contre, d’autres, et en assez grand nombre, mus par un faux zèle ou, ce qui serait encore plus répréhensible, affectant des sentiments que dément leur conduite, s’arrogent un rôle qui ne leur appartient pas. Ils prétendent subordonner la conduite de l’Eglise à leurs idées et à leur volonté, jusque-là qu’ils supportent avec peine et n’acceptent qu’avec répugnance tout ce qui s’en écarte. Ceux-là s’épuisent en vains efforts et ne sont pas moins répréhensibles que les premiers. Agir ainsi, ce n’est pas suivre l’autorité légitime, c’est la prévenir et transférer à des particuliers, par une véritable usurpation, les pouvoirs de la magistrature spirituelle, au grand détriment de l’ordre que Dieu lui-même a constitué pour toujours dans son Eglise, et qu’il ne permet à personne de violer impunément.

47 – Honneur à ceux qui, provoqués au combat, descendent dans l’arène avec la ferme persuasion que la force de l’injustice aura un terme, et qu’elle sera un jour vaincue par la sainteté du droit et de la religion ! Ils déploient un dévouement digne de l’antique vertu, en luttant pour défendre la religion, surtout contre la faction dont l’extrême audace attaque sans relâche le christianisme et poursuit de ses incessantes hostilités le Souverain Pontife, tombé en son pouvoir. Mais de tels hommes ont grand soin d’observer les règles de l’obéissance, et ils n’entreprennent rien de leur propre mouvement. Cette disposition à la docilité, unie à la constance et à un ferme courage, est nécessaire à tous les catholiques, afin que, quelles que soient les épreuves apportées par les événements, ils ne défaillent en rien. Aussi, souhaitons-nous ardemment de voir s’enraciner profondément dans les âmes de tous la prudence que saint Paul appelle la prudence de l’esprit. Dans le gouvernement des actions humaines, cette vertu nous apprend à garder un admirable tempérament entre la lâcheté, qui porte à la crainte et au désespoir, et une présomptueuse témérité.

48 – Il y a une différence entre la prudence politique relative au bien général et celle qui concerne le bien individuel de chacun. Celle-ci se montre dans les particuliers qui, sous leur propre conduite, obéissent aux conseils de la droite raison: celle-là est le propre des hommes chargés de diriger les affaires publiques, et particulièrement des princes qui ont pour mission d’exercer la puissance du commandement. Ainsi, la prudence civile des particuliers semble consister tout entière à exécuter fidèlement les préceptes de l’autorité légitime. Ces mêmes dispositions et ce même ordre doivent se retrouver au sein de la société chrétienne, et cela d’autant plus que la prudence politique du Pontife Suprême s’étend à un plus grand nombre d’objets. En effet, il n’a pas seulement à gouverner l’Église dans son ensemble, mais encore à ordonner et à diriger les actions des citoyens chrétiens en vue de la réalisation de leur salut éternel. On voit par là combien il est indispensable, qu’outre la parfaite concorde qui doit régner dans leurs pensées et dans leurs actes, les fidèles prennent toujours religieusement pour règle de leur conduite la sagesse politique de l’autorité ecclésiastique. Or, immédiatement après le Pontife Romain, et sous sa direction, le gouvernement des intérêts religieux du christianisme appartient aux évêques. S’ils ne sont pas placés au faîte de la puissance pontificale, ils sont cependant véritablement princes dans la hiérarchie ecclésiastique: et comme chacun d’eux est préposé au gouvernement d’une Eglise particulière, ils sont, dit saint Thomas,  » comme les ouvriers principaux dans la construction de l’édifice spirituel « , et ils ont les membres du clergé pour partager leurs travaux et exécuter leurs décisions. Chacun doit régler sa vie d’après cette constitution de l’Eglise qu’il n’est au pouvoir d’aucun homme de changer. Aussi, de même que, dans l’exercice de leur pouvoir épiscopal, les évêques doivent être unis au Siège Apostolique, de même les membres du clergé et les laïques doivent vivre dans une très étroite union avec leurs évêques.

49 – Quelqu’un de ceux-ci prêterait-il à la critique, ou dans sa conduite, ou par les idées qu’il soutient, il n’appartient à aucun particulier de s’arroger à son égard l’office de juge, confié par Notre-Seigneur Jésus-Christ au seul pasteur qu’il a proposé aux agneaux et brebis. Que chacun grave en sa mémoire le très sage enseignement du pape saint Grégoire le Grand.  » Les sujets doivent être avertis de ne pas juger témérairement la vie de leurs supérieurs, alors même qu’il leur arriverait de les voir agir d’une façon répréhensible, de peur que la perspicacité avec laquelle ils reprennent le mal ne devienne en eux le principe d’un orgueil qui les fera tomber dans des actions plus coupables. Ils doivent être prémunis contre le péril de se constituer dans une opposition audacieuse vis-à-vis des supérieurs dont ils ont constaté les fautes. Ceux-ci ont-ils vraiment commis des actions blâmables, leurs inférieurs, pénétrés de la crainte de Dieu, ne doivent les juger au-dedans d’eux-mêmes, qu’avec la disposition d’avoir toujours pour eux une respectueuse soumission. Les actions des supérieurs ne doivent pas être frappées par le glaive de la parole, même quand elles paraissent mériter une juste censure « .

50 – Toutefois, ces efforts demeureront stériles si la vie n’est pas réglée conformément à la discipline des moeurs chrétiennes. Rappelons-nous ce que nos saints Livres nous disent de la nation des Juifs: Tant qu’ils n’ont pas péché contre leur Dieu, leur sort a été prospère; car Dieu hait l’iniquité. Mais quand ils se sont écartés de la Voie que Dieu leur avait tracée, ils ont été vaincus dans les combats par un grand nombre de peuples. Or, la nation des Juifs était comme une ébauche du peuple chrétien, et les vicissitudes de leur ancienne histoire ont souvent été l’image prophétique de ce qui devait se réaliser plus tard, avec cette différence que la bonté divine nous a enrichis et comblés de bienfaits plus considérables, et que les péchés des chrétiens sont marqués au cachet d’une plus coupable ingratitude.

51 – Dieu n’abandonne jamais ni d’aucune manière son Eglise. Celle-ci n’a donc rien à redouter des attentats des hommes, mais les peuples qui ont dégénéré de la vertu chrétienne ne sauraient avoir la même garantie. Le péché rend les peuples misérables. Si les âges passés ont éprouvé la force expérimentale de cette vérité, de quel droit le nôtre serait-il l’objet d’une exception ? On peut reconnaître à bien des signes que nous commençons à subir les châtiments mérités par nos fautes. Que l’on examine l’état des sociétés modernes: un mal domestique en consume plusieurs ; nous n’en voyons aucune qui soit parfaitement en sûreté. Si les factions des méchants devaient poursuivre leur marche audacieuse, s’il leur réussissait de grandir en influence et en puissance, comme ils progressent en méchanceté et en inventions artificieuses, il serait à craindre qu’ils ne vinssent à démolir les fondements mêmes que la nature a donnés à l’édifice social. Les seules ressources humaines seront impuissantes à prévenir de si formidables dangers, surtout à l’heure présente, où un grand nombre d’hommes ont rejeté la foi chrétienne et subissent la juste peine de leur orgueil.

52 – Aveuglés par leurs passions, ils cherchent vainement la vérité. Elle les suit et ne leur laisse embrasser que l’erreur, et ils se croient sages lorsqu’ils appellent mal le bien et bien le mal, lorsqu’ils mettent les ténèbres à la place de la lumière et la lumière à la place des ténèbres. Il est donc de toute nécessité que Dieu intervienne, et que, se souvenant de sa miséricorde, il jette un regard compatissant sur la société humaine. C’est pourquoi Nous renouvelons ici l’instante exhortation que Nous avons déjà faite, de redoubler de zèle et de persévérance, en adressant au Dieu clément d’humbles supplications et en revenant à la pratique des vertus qui constituent la vie chrétienne. Il importe, par-dessus tout, d’exciter et d’entretenir la charité, qui est le fondement principal de la vie chrétienne et sans laquelle les autres vertus n’existent plus ou demeurent stériles. C’est pour cela que l’apôtre saint Paul, après avoir exhorté les Colossiens à fuir tous les vices et à s’approprier le mérite des diverses vertus, ajoute : « Mais, par-dessus tout, ayez la charité, qui est le lien de la perfection. Oui, en vérité, la charité est le lien de la perfection » ; car ceux qu’elle tient embrassés, elle les unit à Dieu lui-même ; par elle leur âme reçoit sa vie de Dieu, vit avec Dieu et pour Dieu. Mais l’amour de Dieu ne doit pas être séparé de l’amour du prochain, parce que les hommes ont été rendus participants de l’infinie bonté de Dieu et qu’ils portent en eux-mêmes l’empreinte de son visage et la ressemblance de son Etre. « Nous tenons de Dieu ce commandement : Que celui qui aime Dieu aime son frère, Si quelqu’un dit : J’aime Dieu et qu’en même temps il haïsse son frère, il ment« . Ce précepte sur la charité a été qualifié de nouveau par son divin Auteur, non pas en ce sens qu’une loi antérieure ou la nature elle-même n’eût pas déjà commandé aux hommes de s’entr’aimer, mais parce que le précepte chrétien de s’aimer de la sorte était véritablement nouveau et sans exemple dans le monde.

53 – En effet, le même amour dont Jésus-Christ est aimé par son Père et par lequel il aime lui-même les hommes, il en a imposé l’obligation à ses disciples et à ses sectateurs, afin qu’ils puissent n’être qu’un coeur et qu’une âme, de même que, par nature, lui et son Père sont un. Personne n’ignore quelle a été la force de ce commandement, et avec quelle profondeur, dès le commencement, il s’implanta dans le coeur des chrétiens et avec quelle abondance il a produit des fruits de concorde, de bienveillance mutuelle, de piété; de patience, de courage. Pourquoi ne nous appliquerions-nous pas à imiter ces exemples de nos pères ? Le temps même où nous vivons ne doit pas nous exciter médiocrement à pratiquer la charité. Puisque les impies se remettent à haïr Jésus-Christ, que les chrétiens redoublent de piété à son égard et se renouvellent dans la charité, qui est le principe des grandes choses ! Si donc quelques dissensions ont éclaté parmi eux, qu’elles disparaissent: Qu’elles cessent aussi, ces luttes qui dissipent les forces des combattants sans profit aucun pour la religion. Que les intelligences s’unissent dans la foi, les coeurs dans la charité, afin que, comme cela est juste, la vie tout entière s’écoule dans la pratique de l’amour de Dieu et de l’amour des hommes !

54 – Nous ne voulons pas manquer ici d’exhorter spécialement les pères de famille à régler d’après ces préceptes le gouvernement de leurs maisons et la première éducation de leurs enfants. La famille est le berceau de la société civile, et c’est en grande partie dans l’enceinte du foyer domestique que se prépare la destinée des Etats. Aussi bien, ceux qui veulent en finir avec les institutions chrétiennes s’efforcent-ils de s’attaquer aux racines mêmes de la famille et de la corrompre prématurément dans ses plus tendres rejetons. Ils ne se laissent pas détourner de cet attentat par la pensée qu’une telle entreprise ne saurait s’accomplir sans infliger aux parents le plus cruel outrage, car c’est à eux qu’il appartient, en vertu du droit naturel, d’élever ceux auxquels ils ont donné le jour, avec l’obligation d’adapter l’éducation et la formation de leurs enfants à la fin pour laquelle Dieu leur a donné de leur transmettre le don de la vie. C’est donc une étroite obligation pour les parents d’employer leurs soins et ne négliger aucun effort pour repousser énergiquement toutes les injustes violences qu’on leur veut faire en cette matière, et pour réussir à garder exclusivement l’autorité sur l’éducation de leurs enfants. Ils doivent, d’ailleurs, pénétrer celle-ci des principes de la morale chrétienne et s’opposer absolument à ce que leurs enfants fréquentent les écoles où ils sont exposés à boire le funeste poison de l’impiété. Quand il s’agit de la bonne éducation de la jeunesse, on n’a jamais le droit de fixer de limites à la peine et au labeur qui en résultent, si grands qu’ils puissent être. Aussi ces catholiques de toutes nations qui, en dépensant beaucoup d’argent et plus encore de zèle; ont créé des écoles pour l’éducation de leurs enfants, sont dignes d’être proposés à l’admiration de tous. Il convient que ce bel exemple soit imité partout où les circonstances l’exigent. Toutefois, et par dessus tout, qu’on tienne compte de l’influence considérable exercée sur les âmes des enfants par l’éducation de famille. Si la jeunesse trouve au foyer domestique les règles d’une vie vertueuse et comme l’école pratique des vertus chrétiennes, le salut de la société sera, en grande partie, garanti pour l’avenir.

55 – Nous croyons avoir indiqué aux catholiques de notre temps la conduite qu’ils doivent tenir et les périls qu’ils doivent éviter. Il reste maintenant, et c’est à Vous, Vénérables Frères, que cette obligation incombe, que Vous preniez soin de répandre partout Notre parole, et que Vous fassiez comprendre à tous combien il importe de mettre en pratique les enseignements contenus dans ces Lettres. Accomplir ces devoirs ne saurait être une obligation gênante et pénible, car le joug de Jésus-Christ est doux et son fardeau est léger. Si toutefois quelques-uns de Nos conseils paraissaient d’une pratique difficile, c’est à Vous d’user de Votre autorité et d’agir par Votre exemple, afin de décider les fidèles à faire de plus énergiques efforts et à ne pas se laisser vaincre par les difficultés. Nous avons souvent Nous-mêmes donné cet avertissement au peuple chrétien. Rappelez-le lui; les biens de l’ordre le plus élevé et les plus dignes d’estime sont en péril; pour les conserver, il n’y a pas de fatigues qu’il ne faille endurer : ces labeurs auront droit à la plus grande récompense dont puisse être couronnée la vie chrétienne. Par contre, refuser de combattre pour Jésus-Christ, c’est combattre contre lui. Il l’a nettement proclamé : il reniera aux cieux devant son Père ceux qui auront refusé de le confesser sur la terre. Quant à Nous et à Vous tous, jamais, assurément, tant que la vie Nous sera conservée, Nous ne Nous exposerons à ce que, dans ce combat, Notre autorité, Nos conseils, Nos soins puissent en quoi que ce soit faire défaut au peuple chrétien; et il n’est pas douteux que, pendant toute la durée de cette lutte, Dieu n’assiste d’un secours particulier et le troupeau et les pasteurs.

Plein de cette confiance, et comme gage des dons célestes et de Notre bienveillance, Nous Vous accordons de tout coeur, dans Notre-Seigneur, à Vous, Vénérables Frères, à Votre clergé et à tout Votre peuple, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 10 janvier de l’année 1890, de notre Pontificat la douzième.

Le véritable remède

L’utopie mortifère au service de l’Ennemi du genre humain

 

Le 1er décembre 2018, le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France a créé d’une nouvelle loge d’études et de recherche appelée « République Universelle », qui se réunira pour la première fois le 12 janvier prochain.

Cette loge « République Universelle » sera composée de 39 Maîtres fondateurs.

Le blog maçonnique Hiram rapporte quelques explications de Philippe Foussier, ancien Grand-Maître du GODF (2017-2018), et l’un des initiateurs de cette loge.

“Cette formidable utopie maçonnique qu’est la République universelle, que le Chevalier de Ramsay a si bien décrite à la fin des années 1730, continue à nous inspirer. C’est pour revivifier cette ambition que cette Loge d’études et de recherche a été créée. Dès la naissance de la franc-maçonnerie en France, la loge maçonnique apparaît comme une préfiguration en miniature de ce que pourrait être cette République universelle.”

“Cet idéal de rassemblement, d’union est en effet battu en brèche par ces idéologies qui sont nées avec la Contre-Révolution et qui ont pour obsession de toujours ramener les êtres humains à leur essence, à leurs origines, à leurs héritages, à leurs racines et qui trouvent même quelquefois écho chez certains maçons. Longtemps porté par la seule extrême-droite, le différentialisme a aujourd’hui irrigué de nombreux autres courants et il constitue une menace très concrète pour l’universalisme auquel nous sommes attachés. Tous ces idéologues portent en eux la haine du métissage et du cosmopolitisme, une obsession pour la pureté et l’identité, ils promeuvent un modèle de société séparatiste où on ne se rassemble qu’entre personnes identiques, reliées par les ancêtres et le patrimoine génétique. ”

“(…) pour la tenue inaugurale, une fois n’est pas coutume, nous aurons un invité profane dans le cadre d’une Tenue blanche fermée. C’est le biographe d’Edouard Glissant et spécialiste de Sartre et de Beckett, l’universitaire François Noudelmann qui viendra nous entretenir des problématiques liées à l’universalisme aujourd’hui.”

“(…) le Vénérable en sera le Mulhousien Christophe Devillers et l’Orateur Xavier Chabois-Chouvel, de l’Orient de Langon. Ils sont avec moi, qui serai 1er Surveillant, les pilotes du projet. “

La loge maçonnique Les enfants de Marianne, antenne du Grand Orient de France à Amiens, organise le samedi 4 novembre une ” Tenue Blanche Ouverte ” au cours de laquelle Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France traitera du thème L’Universalisme, le combat tricentenaire des francs-maçons. 

L’universalisme maçonnique auquel travaillent depuis 300 ans les frères trois points, c’est d’une part la destruction des Nations en vue de l’instauration d’un gouvernement mondial, et d’autre part la volonté manifeste de détruire le catholicisme – dont le message de salut est universel – pour le remplacer par la synagogue de Satan.

L’utopie mortifère au service de l’Ennemi du genre humain