Notre Dame Co-Rédemptrice

Angeline Tan 16 septembre 2026 The Remnant
Notre-Dame n’a pas fui la Croix, et nous ne le pouvons pas non plus, surtout dans un monde qui a perdu le sens de la souffrance. Le « Fiat » de Marie, son union au Christ au Calvaire et sa participation douloureuse à son sacrifice révèlent comment la souffrance peut devenir prière, don de soi et espérance lorsqu’elle est unie à Jésus-Christ sur la croix.

Le 15 septembre, l’Église catholique commémorait les Sept Douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie. En plaçant cette célébration immédiatement après la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix (le 14 septembre), le calendrier liturgique nous offre une profonde leçon théologique : la douleur de Marie était indissociablement liée au sacrifice de Notre‑Seigneur Jésus‑Christ sur la Croix, et le sens de la souffrance chrétienne ne peut être compris qu’à la lumière du sacrifice du Christ au Calvaire.

Notre‑Dame des Douleurs n’est pas simplement l’emblème d’une affliction passive. Elle est la Femme vaillante qui se tenait au pied de la Croix, unie par la foi à la mission rédemptrice de son divin Fils. Elle n’a ni fui la souffrance, ni cherché à la justifier par des explications, ni exigé que la Croix soit retirée. Au contraire, elle est demeurée présente jusqu’à la fin.

La Bienheureuse Vierge Marie comme Corédemptrice

Comme tous les catholiques le professent, Notre‑Seigneur Jésus‑Christ est le seul Rédempteur. Jésus‑Christ étant véritablement Dieu fait homme, Sa souffrance, Sa mort et Sa résurrection constituent l’unique Sacrifice parfait qui sauve l’humanité. Aucune créature — y compris Sa propre Mère, la Bienheureuse Vierge Marie — ne peut partager Sa condition divine ni revendiquer un rôle distinct et autonome dans l’accomplissement de notre rédemption.

Pourtant, le rôle de la Bienheureuse Vierge Marie dans l’histoire du salut ne saurait être réduit à un simple symbole poétique ou à l’expression d’un sentiment maternel. Son assentiment à Dieu lors de l’Annonciation — son « Fiat » qui a changé le cours de l’histoire — a marqué le début d’une participation, librement consentie et poursuivie tout au long de sa vie, à la mission de Jésus‑Christ. En devenant Sa Mère, Notre-Dame a donné au Sauveur la nature humaine par laquelle il allait racheter le monde ; elle a accepté, comme Siméon l’avait prophétisé, la douleur déchirante qui accompagnerait cette vocation. De Nazareth au Calvaire, elle est demeurée unie à Lui tout au long de Sa vie cachée, de Son ministère public, de Son rejet, de Sa souffrance et de Sa mort.

Par conséquent, les catholiques peuvent légitimement soutenir le titre historique de « Corédemptrice », pourvu que sa signification soit soigneusement expliquée dans l’acception catholique. Ce terme ne place pas la Bienheureuse Vierge Marie sur un pied d’égalité avec Jésus‑Christ ; il reconnaît plutôt que Notre‑Dame a été unie de manière unique à Notre‑Seigneur dans Sa mission rédemptrice, toujours par Sa grâce et dans une totale dépendance à Son égard. La Bienheureuse Vierge Marie n’a pas offert un sacrifice rival qui lui serait propre. Au contraire, sa participation douloureuse découlait de sa foi et de son union maternelle à Jésus‑Christ, et s’unissait à l’unique sacrifice salvateur qu’Il a offert sur la Croix.

À cet égard, les catholiques ne doivent pas minimiser la réalité et la portée que ce titre de « Corédemptrice » a traditionnellement exprimées. Ainsi, le document Mater Populi Fidelis, publié par le Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF) — qui exprime des réserves sur ce titre marial et met en garde contre une interprétation susceptible d’amoindrir le rôle unique de Jésus‑Christ comme Médiateur — fait malheureusement fausse route.



La souffrance et la culture de mort

Dans la présence inébranlable de la Bienheureuse Vierge Marie au pied de la Croix, l’Église trouve un défi constant lancé à une culture qui, si souvent, cherche à fuir toute forme de souffrance ou de désagrément.

Cette vérité interpelle directement une culture qui considère de plus en plus la douleur et le déclin comme des expériences dépourvues de sens. Les débats publics sur l’euthanasie et le suicide assisté présentent souvent les souffrances graves comme une indignité devant être éradiquée, la mort étant alors présentée comme la réponse la plus « compatissante ». Le Canada a déjà mis en place un cadre juridique autorisant l’aide médicale à mourir (AMM). De l’autre côté de l’Atlantique, les législateurs britanniques ont récemment rejeté un projet de loi qui aurait permis à certaines personnes en phase terminale, en Angleterre et au Pays de Galles, d’obtenir de l’aide pour mettre fin à leurs jours.

En effet, la réponse catholique face aux souffrances graves doit être imprégnée de la vertu surnaturelle de la charité. Or, la véritable « compassion » implique de traiter les malades, les personnes âgées, les personnes handicapées et les mourants avec tendresse, en assurant un soulagement adéquat de la douleur et des soins professionnels qui affirment la valeur de la vie, dans la conviction que leur existence demeure précieuse. Il convient de noter que l’Église catholique a toujours distingué le fait de provoquer intentionnellement la mort de celui d’accepter les limites de la médecine tout en dispensant des soins palliatifs proportionnés.

Une compassion authentique ne peut décréter qu’une vie humaine ne vaut plus la peine d’être vécue. De plus, elle ne saurait consister à dire à la personne qui souffre — implicitement ou explicitement — que la mort est la meilleure option parce qu’elle est devenue gênante pour la société, dépendante ou coûteuse. Une société qui offre la mort plus volontiers que la présence et l’accompagnement n’a pas résolu le problème de la souffrance ; elle a capitulé devant le culte de la mort.

À cet égard, Notre‑Dame des Douleurs propose une autre vision. Elle n’enseigne pas que la souffrance est bonne en soi. Elle enseigne que la souffrance peut être transformée lorsqu’elle est unie aux souffrances de Jésus‑Christ. Par la grâce (et non par le seul effort humain), la douleur peut devenir prière, l’impuissance peut se muer en don de soi, le lit du malade peut devenir un autel d’offrande, et l’heure ultime peut devenir une rencontre avec le Seigneur crucifié et ressuscité.

Envisager la souffrance à la lumière de l’éternité ne revient pas à prétendre que la douleur est irréelle, ni à refuser compassion et soins médicaux appropriés. C’est croire que, lorsqu’elle est unie à la Passion de Jésus‑Christ, l’angoisse elle-même peut être orientée vers un dessein divin qui dépasse la personne elle‑même. La douleur de la Bienheureuse Vierge Marie est devenue féconde parce que son Fils est entré pleinement dans la souffrance humaine. De même, les catholiques ne sont jamais abandonnés dans l’affliction, et tout sacrifice accompli par amour et dans la foi a une valeur éternelle.

La Messe traditionnelle et le Calvaire

Par ailleurs, le lien que la Messe traditionnelle en latin (MTL) établit entre la Croix et Notre‑Dame des Douleurs est particulièrement saisissant. Le Saint Sacrifice de la Messe est une représentation de l’unique sacrifice sanglant de Jésus‑Christ au Calvaire. L’autel est bien plus qu’un cadre pour un culte partagé ou une communion fraternelle ; c’est le lieu sacré où l’Église s’unit à l’offrande que Jésus‑Christ fait de lui-même au Père. De même, la MTL offre bien plus qu’une beauté esthétique ou une continuité historique. Elle constitue une véritable école du sacrifice, et le silence qui règne durant la Messe favorise l’examen de conscience, détournant le cœur humain de lui‑même pour le tourner vers Dieu.

Lors de la Messe, la Bienheureuse Vierge Marie est intimement associée au mystère célébré, tout comme elle est demeurée intimement unie au sacrifice de son Fils au Calvaire. Son exemple enseigne aux catholiques à aborder la liturgie non pas en spectateurs en quête de stimulation spirituelle, mais en humbles disciples adorant avec révérence l’Agneau de Dieu offert pour le salut du monde. Avec l’aide de Marie, Mère des Douleurs, se forment des âmes capables de résister à l’esprit du temps — cet esprit de confort, d’autonomie et de mort.

En définitive, la fête de Notre‑Dame des Douleurs est une fête de l’espérance. Les douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie n’ont pas eu le dernier mot dans le plan salvifique de Dieu. Après tout, la Croix a conduit à la Résurrection, et le Cœur transpercé de Jésus‑Christ a mené à Son triomphe sur le péché et la mort.

À une époque où l’on dit à beaucoup que la souffrance est dénuée de sens et que la mort est la réponse, les catholiques doivent retrouver l’espérance surnaturelle et le courage de proclamer l’Évangile de la Croix, sous la conduite et l’intercession de la Mère des Douleurs ; c’est elle qui apprendra à chacun de ses enfants à se tenir au pied de la Croix sans crainte, à assister au Saint Sacrifice avec révérence et à reconnaître Jésus‑Christ en toute personne qui souffre.

Marie, Notre-Dame des Douleurs, Reine des Martyrs, Corédemptrice, priez pour nous.

Notre Dame Co-Rédemptrice

L’antipalestienisme

Grand Rabbin I$r@ele : Les Palestiniens non-humains, n’ont pas de droits. B’Tselem : Projet d’élimination.

Israël démantèle la vie collective palestinienne en Cisjordanie.

Une catastrophe se déroule dans toute la Cisjordanie. Les contrôles, les expulsions, les meurtres et les présences terrestres ne sont pas des violations isolées. Ils font partie du même système. Il est temps de relier les points.

Notre nouveau rapport, The Elimination Project, montre comment ces mécanismes forment un projet politique : démanteler la vie collective palestinienne tout en étendant le contrôle israélien et la présence juive.

Depuis fin 2022, et surtout depuis octobre 2023, ce processus s’est accéléré et est devenu plus ouvertement violent. Les Palestiniens vivent sous la menace constante de soldats et de milices armées. Depuis octobre 2023, Israël a tué 1 107 Palestiniens, dont 245 enfants. Les fermes et les places de base soutenues par l’État ont occupé de vastes espaces, les communautés ont été expulsées et les mouvements ont été bloqués, divisant l’espace palestinien.

Israël étrangle également l’économie palestinienne, criminalise l’organisation politique et sociale, ferme les organisations de la société civile et arrête les journalistes et les militants.

Ensemble, ces mécanismes coupent les Palestiniens de la terre, des ressources et d’un autre, démantelant les conditions dont ils ont besoin pour exister en tant que peuple – avec des institutions, un leadership, une histoire partagée et un avenir politique.

La communauté internationale doit cesser de traiter la violence et les violations d’Israël comme des incidents isolés, de permettre aux crimes d’Israël de cesser et de mettre fin à l’impunité qui permet au Projet d’Élimination de continuer.

Lisez plus dans notre nouveau rapport. Lien en bio.

« Les discours de haine sont tout simplement inacceptables. »

Le porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, le déclare lors du briefing quotidien avec la presse, en réponse à une question sur les menaces d’Israël d’intensifier les attaques sur la bande de Gaza en réponse aux tirs de cerfs-volants attribués à des jeux infantiles et confirmés comme non armés par les forces armées israéliennes, ainsi qu’aux récentes paroles du grand rabbin d’Israël, David Yosef, qui a appelé à la destruction totale de Gaza, affirmant que l’enclave «nous appartient, nous y retournerons» et affirmant que le peuple palestinien «n’est pas fait d’êtres humains et n’a pas de droits».

« Les efforts de toutes les parties doivent converger vers une réduction des tensions et non vers une exaspération de celles-ci », souligne El Anouni, ajoutant que « les actes d’intimidation, le harcèlement et les violences des colons, que nous avons condamnés à plusieurs reprises, doivent cesser immédiatement ».

En ce qui concerne les enfants, le porte-parole de l’exécutif de l’UE réaffirme que les civils en général et les enfants en particulier « doivent être protégés en toutes circonstances, conformément au droit international humanitaire. Je rappelle également l’obligation qui incombe à Israël, en vertu du droit international, de protéger la population palestinienne dans les territoires occupés ».

Par contre, en ce qui concerne les récentes déclarations du ministre israélien Itamar Ben-Gvir, qui a demandé l’assassinat de 30 à 40 Palestiniens chaque nuit à Gaza, affirmant qu’il y a des gens qui méritent de mourir, le porte-parole souligne que l’UE a déjà condamné «avec la plus grande fermeté» ses propos sur la question. « Dans son rôle institutionnel, le gouvernement israélien a la responsabilité précise de freiner de telles déclarations. L’utilisation d’un langage aussi grave et incendiaire est inacceptable et ne peut rester impunie ».

Source Stilum Curiae Marco Tosatti

L’antipalestienisme

Lettre à un curé. Sur l’obéissance au Pape.

Carlo Maria Viganò

À Son Excellence Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque.

Je suis un prêtre de 70 ans du diocèse de… J’ai entendu votre demande sincère et angoissée au Pape. Je n’ai aucune difficulté à imaginer leurs souffrances, que je partage en partie – si « licet magna componere parvis ». Je partage vos préoccupations pour cette Église post-conciliaire où pourtant fleurissent des exemples continus de sainteté.

Permettez-moi de vous dire avec respect et franchise que le point faible de votre position, qui vous a coûté une sanction très grave que vous considérez comme illégitime, est le rejet du dernier concile — un concile dont les protagonistes sont les papes saints et l’épiscopat le plus nombreux de l’histoire des conciles — et la confusion entre le concile et l’après-concile. Il me semble que des dérives post-conciliaires vous déduisez votre rejet ou votre non-acceptation du Concile lui-même comme tel, en tant qu’événement ecclésial guidé et certifié par l’Esprit Saint dans son essence doctrinale. Au nom de la Tradition, il ne se contente pas de critiquer mais rejette l’autorité magistérielle du Concile et celle du Pape « en chair et en os ».

Je n’ai pas besoin de vous rappeler que la continuité de la Tradition, par la volonté du Seigneur, repose sur cette instance visible, sur ce rocher qui est la foi de Pierre (malgré les limitations humaines de Pierre) et de ses successeurs (malgré ses fréquentes et évidentes limitations humaines) et non sur un pape fantomatique et idéal, peut-être en référence aux papes du passé. Qui juge enfin la fidélité à la tradition ? Au nom de la Tradition, peut-on en fait refuser en matière doctrinale le garant de la Tradition ? Et qui représente cette garantie ultime et suprême si ce n’est le Pape et le Concile avec le Pape ?

Avec la prière de poursuivre le bon combat pour la fidélité et la sainteté de l’Eglise mais loin d’une position inspirée par un faux ange de lumière, que seule l’humilité peut vaincre, je vous adresse ma salutation filiale avec un désir sincère,

Son en Christ, prêtre…

+

Révérend don…,

J’ai lu avec attention et respect sincère votre lettre, en y saisissant la sincèrité de celui qui a consacré sa vie au service de l’autel et porte dans son cœur le souci du destin de l’Église. Je comprends votre appel à la communion et votre préoccupation pour une fracture qui déchire le Corps Mystique, mais précisément en vertu de nos années de ministère et de la gravité de l’heure présente, je désire vous répondre avec la même franchise et avec la lumière de la vérité objective.

Vous m’exhortez à faire la distinction entre le Concile et l’après-Concile, accusant ce dernier des dérives que nous constatons tous, alors que vous attribueriez à Vatican II une sorte d’immunité doctrinale en tant qu’événement guidé par l’Esprit Saint et ratifié par des « Papes saints ». C’est ici, Révérend le Père, que repose le nœud crucial et l’illusion dont nous devons nous protéger : je vous le rappelle ici, même si je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur ce même sujet.

Ma position — qui ne naît pas d’un caprice personnel, mais de la fidélité à la foi professée de l’Église de tous les temps — ne confond pas le Concile avec ses conséquences, mais identifie dans le Concile lui-même l’origine et la cause première de ces dérives. Le Concile Vatican II n’était pas un concile dogmatique, mais pastoral. Et pourtant, sous l’apparence d’un aggiornamento inoffensif, il a introduit des principes ambigus, voire ouvertement hétérodoxes — pensez à Dignitatis Humanæ sur la liberté religieuse, à Nostra Aetate sur le dialogue interreligieux, à Lumen Gentium sur la nouvelle ecclésiologie ou à Gaudium et Spes avec son humanisme anthropocentrique — qui ont subverti le dogme catholique. Le Concile Vatican II a été un événement révolutionnaire !

Prétendre sauver le Concile en condamnant l’après-Concile, c’est comme vouloir couper les fruits empoisonnés d’un arbre en refusant d’admettre que c’est la semence qui est empoisonnée. Un bon arbre ne peut générer de mauvais fruits ; et la crise sans précédent que nous vivons, la dissolution de la Liturgie, la sécularisation du clergé et l’apostasie non plus silencieuse mais institutionnalisée, ne sont que le développement logique et cohérent de ces prémisses conciliaires.

Vous m’interrogez sur le principe d’autorité : « Qui juge en dernier ressort de la fidélité à la tradition ? Qui représente cette garantie ultime et suprême si ce n’est le Pape et le Concile avec le Pape ? »

C’est l’objection centrale, mais elle repose sur un malentendu ecclésiologique que la crise actuelle a mis en évidence. La Tradition apostolique n’est pas un dépôt changeant qui dépend du Pape « en chair et en os » de ce moment historique. Au contraire, le Pape et toute la Hiérarchie sont liés, légitimés et jugés par la Tradition. Comme l’a enseigné saint Vincent de Lérins, le catholique est ce en quoi on a cru partout, toujours et pour tous. Lorsque ceux qui siègent sur le Trône de Pierre utilisent l’autorité reçue non pas pour confirmer leurs frères dans la Foi, mais pour la démanteler, en promouvant le relativisme doctrinal, le synodalisme destructeur, le mondialisme et son agenda infernal se placent eux-mêmes dans une condition de contradiction flagrante avec le Mandat pétrinien.

Je n’invoque pas « un pape fantôme et idéal », ni ne me retranche dans un passé abstrait ; je reconnais la réalité objective d’une autorité ecclésiastique qui, infectée par le libéralisme et par le modernisme, exerce un pouvoir tyrannique contre le but même pour lequel elle a été instituée. La résistance filiale aux commandes illicites n’est pas la rébellion, mais l’acte suprême de fidélité à l’Église et à Notre Seigneur Lui-même. Quand saint Paul affronta saint Pierre in faciem à Antioche, parce qu’il ne marchait pas droit selon la vérité de l’Évangile, n’exerçait-il pas peut-être une résistance filiale devant le chef visible de l’Église ?

Vous me mettez en garde contre la tentation de céder à un « faux ange de lumière ». Croyez-moi, cher Père… : le faux ange de lumière aujourd’hui n’est pas celui qui dénonce la trahison de la Foi au nom de la Tradition immuable, mais celui qui prétend imposer aux fidèles l’acceptation d’une « nouvelle église » conciliaire et synodale, qui a changé le Credo, la Morale, la Messe, les Sacrements, vidé les séminaires et les monastères, prétendant que tout cela se fasse sous la direction de l’Esprit Saint.

Permettez-moi de conclure cette lettre par une invitation fraternelle, que je prie et j’espère que vous entendrez. La vraie réponse aux nombreuses questions que moi aussi, comme vous et beaucoup d’autres, je me suis posées n’est pas venue d’ élucubrations abstraites, mais d’avoir célébré à nouveau le Saint Sacrifice de la Messe, la Messe Catholique, celle de toujours, dans laquelle j’ai été ordonné prêtre in æternum. C’était, pour ainsi dire, le rayon de lumière sur la route de Damas. Il n’y a pas de prêtre qui reste impassible, car c’est au Calvaire que ce sacrifice est consommé, ni au Cénacle ni à Cana…

Si seulement vous le faisiez aussi, mes arguments ne vous serviraient pas : Vous sentiriez réveiller dans vos viscères et couler dans vos veines cette Prêtrise que quelqu’un a délibérément narcotée, laissant ses restes extérieurs justement pour ne pas vous réveiller de la léthargie. Mais si porter le Saint Sacrement dans les rues de sa ville — comme il l’a fait pendant le confinement et la scandaleuse fermeture des églises imposée par l’Autorité ecclésiastique — a certainement montré son zèle pour les âmes que le Seigneur lui a confiées, revenir à la Messe que le Concile a interdite de fait pour l’Église pourra restaurer ce même zèle dans son âme, qui est sacerdotale, c’est-à-dire consacrée à l’offrande de lui-même dans l’offrande de la victime pure, sainte et immaculée. Faites « l’expérience » – comme aiment à le dire les modernistes – de la Messe tridentine, et le rite de Montini apparaîtra dans sa désolante pénurie calviniste, la marque la plus triste et grise de celui qui l’a promulguée.

Je vous demande de prier pour la mienne, non pas pour que je me retire d’une bataille qui est la seule raison d’être de nos années de sacerdoce, mais pour que Notre Seigneur nous accorde à tous deux la grâce de demeurer fermes sous la Croix, gardiens intègres de ce Sacrifice et de cette Foi que nos pères nous ont transmis et que personne n’a le droit de nous soustraire.

Avec ma bénédiction et un salut fraternel dans le Christ Roi,

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

Viterbe, 27 août 2026

Lettre à un curé. Sur l’obéissance au Pape.

Le pianiste préféré de l’U.E.

Zelensky est à la 21e place dans le classement des 50 juifs les plus influents du monde selon le Jerusalem Post. Il est « le visage juif de la résistance ukrainienne ».

*

Zelensky a reçu les représentants de la communauté juive pour Rosh Hashanah :

Salutations à la communauté juive de l’Ukraine et à tous ceux qui célèbrent Rosh Hashanah, à tous ceux qui célèbrent cette fête, protégeant la vie et défendant la liberté et la sécurité des autres. Je vous souhaite la paix, la bonté et l’harmonie. Le début d’une nouvelle année est toujours un moment de nouveaux espoirs et de foi en un avenir meilleur. Que cette nouvelle année apporte une paix fiable à chaque famille. Qu’elle apporte autant de lumière, d’humanité et de bonté que possible, qui triomphent toujours sur le mal.

Source Daoudal

Le pianiste préféré de l’U.E.

L’unité sur le dos de la Vérité

Le pape Léon se félicite de « l’unité dans la diversité ». Alors pourquoi la FSSPX est-elle l’exception ?

The Remnant Robert Morrison 14 septembre 2026

Rome appelle à « l’unité dans la diversité » entre toutes les religions et condamne l’intolérance religieuse. Mais lorsqu’il s’agit des catholiques qui défendent la foi pré-Vatican II, il y a soudainement une exception. Pourquoi la FSSPX est-elle le seul groupe que Rome ne peut pas tolérer ?« Chiara, une grande figure charismatique de notre époque, est bien connue pour son travail inlassable visant à accroître la communion, la fraternité et la paix entre les personnes de différentes Églises, avec les adeptes de diverses religions du monde et avec les personnes qui n’ont aucune croyance religieuse. » (Éloge du Mouvement Focolari pour son fondateur)

Dans son discours d’acceptation du prestigieux Templeton Prize en 1977, Chiara Lubich a évoqué le Mouvement des Focolari qu’elle avait fondé :

Chiara Lubich

« Nous sommes en contact avec les hindous mais aussi avec les shintoïstes. Le dialogue que les membres du Mouvement ont établi avec ces frères d’autres religions n’est pas fait de mots. Nous les aimons tels qu’ils sont, nous préoccupant de tout ce qui a à voir avec eux et donc aussi de leur vie religieuse. Notre amour est rendu, et des réunions se tiennent, souvent grandes, dans lesquelles le souci de chacun est de chercher ensemble les vérités qui nous unissent le plus afin de les vivre ensemble et de se raconter les expériences qui montrent notre souci de Dieu et de nos frères, et ce souci s’est répandu de plus en plus largement. Les fidèles des grandes religions, lorsqu’ils entrent en contact avec le Mouvement, sentent qu’un nouveau courant d’amour parcourt le monde, et ils aiment s’appeler eux-mêmes, selon ce qu’ils ressentent profondément en eux : Gen musulman, ou Volontaires bouddhistes ou Gen, etc. »

Comme elle l’a dit, le Mouvement des Focolari aime les membres des religions non chrétiennes tels qu’ils sont, y compris leur vie religieuse. Lors de ses rencontres avec des musulmans et des bouddhistes, le but était de rechercher ensemble les vérités qui les unissent plutôt que de les amener à la vraie religion que Dieu nous a donnée.

Le cardinal John Willebrands a également prononcé un discours en l’honneur du prix de Chiara Lubich, dans lequel il a mis l’accent sur la manière dont son mouvement a servi les efforts du mouvement œcuménique pour unir tous les chrétiens :

« Réchauffement du cœur : un bon mot pour Focolari, et une description d’un besoin toujours indispensable à l’oecuménisme. À moins que notre baptême commun, notre engagement commun envers le Christ réchauffe nos cœurs de sorte que la chaleur communique par-delà les barrières avec lesquelles nous avons grandi, le dialogue théologique ne nous attirera jamais vers cette « focalisation » qui fera de nous une seule famille en Christ. « Ainsi, » comme le dit Saint Paul, « s’il y a quelque encouragement en Christ, quelque incitation d’amour, quelque participation à l’Esprit, quelque affection et sympathie, complète ma joie en étant du même esprit, ayant le même amour, étant en plein accord et d’un seul esprit. » (Ph. ii, 1–2). »

Au lieu de se concentrer sur les désaccords théologiques avec les non-catholiques, le Mouvement des Focolari cherche à diffuser l’amour et la compréhension basés sur le baptême commun et un engagement général envers le Christ. Ceux qui ont suivi le mouvement œcuménique post-Vatican II reconnaîtront probablement que c’est l’état d’esprit qui a remplacé l’orientation pré-Vatican II visant à amener les non-catholiques à embrasser la foi catholique et à rejoindre l’Église.

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que François ait honoré Chiara Lubich et son Mouvement Focolari dans un discours du 25 septembre 2021 à « l’évêque ami du Mouvement Focolari » :

« L’Opéra de Marie, ou Mouvement Focolari, a toujours cultivé, par le charisme reçu de sa fondatrice Chiara Lubich, le sens et le service de l’unité : unité dans l’Église, unité entre tous les croyants et unité dans le monde entier, « dans des cercles concentriques ». Cela nous fait penser à la définition de l’Église donnée par le Concile Vatican II : « un sacrement ou … un signe et un instrument à la fois d’une union très tissée avec Dieu et de l’unité de toute la race humaine » (Constitution Lumen Gentium, 1). Au milieu des lacérations et des destructions de la guerre, l’Esprit a placé dans le jeune cœur de Chiara une semence de fraternité, une semence de communion. Une semence qui s’est développée et a grandi à partir de ce groupe d’amis à Trente, attirant des hommes et des femmes de toutes les langues et de tous les pays avec la puissance de l’amour de Dieu, qui crée l’unité sans annuler la diversité, en fait, l’améliorer et l’harmoniser. Les mots de Basile (de Césarée), sur l’Esprit, viennent à l’esprit : « Ipse unitas est, ipse est harmonia. » »

Nous voyons ici comment le Mouvement des Focolari soutient l’un des thèmes clés de la papauté de François : l’unité dans la diversité, y compris la diversité des croyances religieuses. La citation de François à partir de Lumen Gentium est importante – comme discuté dans un article précédent sur la catéchèse de Léon sur le même passage de Lumen Gentium, l’idée est que « l’unité de toute la race humaine » devient un objectif principal de la révolution Vatican II, qui serait en fait entravé en insistant pour que les non-catholiques se convertissent et rejoignent l’Église.

Léon XIV et les Focolari

Que pense Léon XIV du Mouvement des Focolari ? Il a répondu à cette question pour nous avec son discours du 9 septembre 2026 au même groupe d’évêques que François a adressé en 2021 :

« Je vous salue chaleureusement, amis du Mouvement Focolari, qui vous avez réunis pour votre rencontre spirituelle. Je vous suis reconnaissant de votre visite d’aujourd’hui, qui exprime votre affection collégiale, et je vous remercie de vos prières continues. Cela me fait plaisir de voir tant d’entre vous, de pays, de milieux et de situations sociales divers, réunis dans un esprit unique sous l’Œuvre de Marie. Ces paroles rassurantes de notre Seigneur me viennent à l’esprit : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18:20). En effet, le thème choisi pour votre congrès, « témoigner de l’unité », est un des éléments essentiels du mouvement fondé par Chiara Lubich, et qui me tient à cœur. À une époque tristement marquée par une polarisation croissante, notre Seigneur lui a permis de témoigner à la fois du sens et du service de l’unité, devenant ainsi un signe pour elle-même et pour les générations futures (cf. Pape François, Allocution aux évêques amis du mouvement des Focolari, 25 septembre 2021). »

Comme François, Léon apprécie et admire le travail des Focolari pour unir des hommes et des femmes de différentes croyances religieuses.

La religion de l’indifférentisme dans la ligne d’Assise promue par Jean-Paul II et pratiquée par tous ses successeurs

Léon a continué en déplorant l’intolérance religieuse :

« Si c’était la tâche de Chiara il y a quarante ans, c’est la nôtre encore plus urgente aujourd’hui. Je pense aux situations sociales difficiles, aux circonstances, aux divisions que certains d’entre vous, mes frères, endurent dans vos pays, aux situations telles que les préjugés, le racisme, l’intolérance religieuse, voire la violence. »

Bien sûr, le Mouvement des Focolari s’efforce de surmonter cette intolérance religieuse par ses réunions qui se concentrent sur ce qui unit les âmes plutôt que sur ce qui divise. Selon Chiara — ainsi que François et Léon — les différentes religions sont chéries telles qu’elles sont, et non simplement tolérées. En tant que telle, l’intolérance religieuse est un véritable anathème. Sauf dans le cas décrit ci-dessous.

Léon a également fait écho à l’éloge de François pour la diversité :

« Malgré l’importance accordée à la liberté individuelle, les gens se sentent souvent moins libres aujourd’hui d’être eux-mêmes authentiques ou de suivre leurs idéaux les plus élevés, par crainte cachée d’être jugés ou de ne pas s’y intégrer. En tant que partageurs de l’héritage spirituel de Chiara Lubich, et en tant que ministres de l’Église du Christ dans un monde fragmenté, vous êtes appelés à témoigner de cette unité tant désirée de la famille humaine. La réponse aux tristes divisions qui affligent notre monde ne réside pas dans la formation de plus de comités ou le lancement de plus de projets, mais dans le retour à la source de notre unité dans la Sainte Trinité. En effet, nous devons devenir contemplatifs ! »

Il est triste, a partagé Léon, que les gens soient « moins libres d’être eux-mêmes ». Heureusement, le Mouvement des Focolari encourage presque tout le monde à être soi-même, permettant l’unité dans la diversité. Certes, cela ne contribue pas vraiment à conduire les âmes à l’unique Arche du Salut (l’Église catholique), mais Léo et le Mouvement des Focolari espèrent qu’elle peut conduire à « l’unité tant attendue de la famille humaine ».

L’exception FSSPX

Quand on pense à l’unité dans la diversité et à la tolérance religieuse, il est naturel d’imaginer que ces concepts tendraient à promouvoir l’acceptation de toutes les croyances religieuses. Ainsi, par exemple, on pourrait penser que la promotion par Léo du Mouvement des Focolari signifierait qu’il soutiendrait et chérirait sans réserve la Société de Saint-Pie X (FSSPX). Nous savons toutefois qu’il ne l’est pas. Comment expliquer cette apparente contradiction ?

La raison en est facile à comprendre lorsque l’on sait que la FSSPX fait obstacle à l’objectif de la révolution Vatican II consistant à unir l’humanité dans le cadre d’une session d’écoute agnostique parrainée par l’Église synodale sous le couvert de l’Église catholique. Si la FSSPX a raison sur la vraie nature de l’Église, alors Léon a absolument tort de poursuivre une unité impie de la famille humaine. Donc, de façon assez ironique, la FSSPX doit être rejetée pour s’assurer que personne n’est rejeté.

Lady Lynn Forester de Rothschild et ses amis au Vatican

On peut soutenir que l’aspect le plus stupéfiant de cette injustice ridicule n’est pas que les révolutionnaires du Vatican aient (à juste titre) compris qu’ils devaient chasser la FSSPX, mais que certains « gentils » l’accompagnent. C’est devenu l’un des grands mystères de l’histoire du salut que, pour rester en faveur de Rome, de nombreux catholiques par ailleurs fidèles approuvent tacitement l’idée que tout type de croyance religieuse est acceptable, autre que ce que les catholiques avaient été tenus de croire avant le Concile. Une telle croyance est une parodie absolue de Dieu et de Sa justice.

Peut-être ne savons-nous pas avec une réelle certitude pourquoi Dieu permet au Vatican de perpétuer cette farce impie, mais il semble qu’Il nous permette de voir très clairement les erreurs de la révolution du Vatican II. Le Mouvement des Focolari nous aide à voir cela parce qu’il avait été tenu en suspecte par le Vatican avant 1962, mais est maintenant loué par les papes comme faisant progresser l’objectif d’unir toute la famille humaine. Évidemment, cela reflète un changement profond contre lequel les papes d’avant Vatican II avaient mis en garde. Face à cela et à la grande crise qui frappe l’Église, les catholiques sérieux ne peuvent rester indifférents. Sommes-nous du côté de ce que l’Église a toujours enseigné (tel que défendu par la FSSPX et attaqué par le Vatican), ou sommes-nous du côté de ce que l’Église a toujours condamné (tel que promu par le Vatican et opposé par la FSSPX) ? Quand nous comparaîtrons devant Dieu en jugement, pourrons-nous prétendre que nous n’avons pas eu la réponse ? Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

Note de la rédaction : C’est le slogan des mondialistes, contre l’Église catholique, seul moyen de salut, prêchant la seule vraie religion fondée par la Vérité Incarnée.

L’unité ne peut venir que de la charité, or point de charité sans la foi.

Je suis la Voie, la Vérité et la Vie : personne ne vient au Père que par Moi. Jn 14, 6

Allez donc, et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées.  Et assurez-vous que je serai toujours avec vous jusqu’à la consommation des siècles. Mt 28; 18-20

L’unité sur le dos de la Vérité

Primatiale saint Jean de Lyon

Depuis 1079, la cathédrale de Lyon porte le titre de primatiale des Gaules, en mémoire de l’ancienneté de la présence de chrétiens, les premiers identifiés en Gaule. . La cathédrale (1160-1481) est placée sous le patronage de saint Jean-Baptiste et de saint Étienne, car elle a été construite sur une église primitive Saint-Étienne, dont l’église Saint-Jean-Baptiste était le baptistère.

Saint Pothin et les martyrs de Lyon

La cathédrale de Lyon porte le titre de primatiale des Gaules, en raison de l’ancienneté de la présence de chrétiens à Lyon. Le titre de primat des Gaules, désormais honorifique, a été décerné en 1079 par le pape Grégoire VII à l’évêque de Lyon, lui donnant ainsi la prééminence sur plusieurs archevêchés et évêchés.

L’histoire de l’Évangile du Christ s’ouvre en Gaule avec les 48 martyrs de Lyon, avant même la fin du IIe siècle. Nous disposons d’une Lettre circulaire des Églises de Lyon et de Vienne, envoyée aux Églises d’Asie mineure. Ce document relate le martyre de toute une communauté emprisonnée, jetée aux bêtes et torturée jusqu’au dernier souffle. Une communauté d’une extrême diversité d’âge, d’origine et de condition sociale. Le vieil évêque Pothin avait quatre-vingt-dix ans et un jeune Ponticus, seulement quinze. Dans ce groupe rayonne Blandine, vive flamme d’amour du Christ. Son doux prénom signifie en latin « caressant ». On a d’elle ce témoignage oculaire : « Faible et petite, elle s’avançait dans le théâtre, pleine de joie comme si elle était invitée à un festin de noces. Lancée en l’air par un taureau, elle répétait qu’elle ne ressentait rien, à cause de l’espérance qui était en elle et parce qu’elle conversait avec le Christ ».

Après le martyre de la première Église chrétienne de Gaule, Saint Irénée succèdera à saint Pothin comme évêque. Irénée fut sans doute le rédacteur de la Lettre qu’on vient de citer. Elle était destinée aux chrétiens d’Asie mineure, pour leur affirmer : l’Évangile que nous avons reçu de chez vous, nous lui sommes fidèles comme vous jusqu’au martyre pour le Christ. Il faut se souvenir qu’Irénée était originaire de Smyrne (Izmir en Turquie). Il y avait été disciple de l’illustre martyr Polycarpe, lequel se glorifiait d’avoir eu pour maître Jean l’Évangéliste à Éphèse.

Cathédrale de Lyon.

Les premiers chrétiens arrivent à Lyon vers l’an 150 avec saint Pothin, né en Asie Mineure (la Turquie actuelle). Saint Pothin devient le premier évêque de Lyon. En 177, sous l’empereur Marc-Aurèle, plus de quarante chrétiens sont martyrisés, dont saint Pothin alors très âgé et sainte Blandine, une jeune esclave. Ce sera ensuite le tour de saint Irénée. C’est le sang de ces martyrs chrétiens qui donne à la primatiale son enracinement spirituel.

Deux conciles, un Pape et un mariage

La cathédrale en chantier accueille le concile œcuménique de 1245. Le maître-autel est consacré durant ce concile par le pape Innocent IV. En 1274, un second concile se tient encore dans la primatiale inachevée. Il traite de la reconquête de la Terre sainte, du financement des croisades et de l’élection des papes en conclave. Le pape Grégoire X tente de réconcilier les Églises latine et grecque. Saint Bonaventure meurt pendant ce concile, où il a joué un rôle majeur. En 1316, le pape d’Avignon Jean XXII est élu à Lyon. Enfin, un légat du pape célèbre le mariage du roi de France Henri IV avec Marie de Médicis le 17 décembre 1600, après avoir obtenu l’annulation du premier mariage du roi.

Saint Pothin priez pour nous

Primatiale saint Jean de Lyon

SIMON CONTRE PIERRE

Le vrai schisme est dans la Papauté – Mons. Viganò intervient sur le canal Stella Maris

Je suis profondément reconnaissant au professeur Girlanda d’avoir décidé de consacrer une série spéciale d’émissions sur sa chaîne « Stella Maris » à mon dernier écrit : Le Schisme capital. Quand le Pape est le premier ennemi de la Papauté. En vous remerciant de tout cœur, Monsieur le Professeur, ainsi que vos invités, je me permets de vous offrir une clé de lecture qui mérite, je crois, votre attention.

Schisme capital représente une nouvelle étape dans mon parcours de maturation dans la compréhension de la crise dramatique dans l’Église et de la crise de la Papauté. Il constitue la réponse à une situation tout à fait exceptionnelle, jamais survenue dans l’Histoire de l’Église, à laquelle nous sommes confrontés ; une réponse qui a eu naturellement besoin de trouver une formulation progressive même après mon « J’accuse », les accusations sommaires de sédévastantisme, l’usage instrumental de l’excommunication qui m’a été infligée afin de m’isoler ; mais aussi à la lumière de la période qui a suivi l’élection de Prévost, son refus de m’accorder une audience et ma lettre restée sans réponse.

Je ne crois pas avoir fait un pas en arrière : au contraire, j’ai cherché à aller plus en profondeur, non seulement pour déchiffrer, à la lumière du Mysterium iniquitatis, le mal qui frappe l’Église et les souffrances de nous Catholiques que nous voulons lui rester fidèles ; mais aussi pour inscrire mon action, notre action de résistance, de garde et de transmission — la pars construens — à l’intérieur de l’Église et en fidélité à la Papauté Romaine, malgré notre exclusion et notre annulation institutionnelle et canonique du Corps ecclésial.

Mon intention ne naît pas d’un élan polémique ni d’un ressentiment pour les persécutions subies, mais du devoir apostolique de dire la vérité sur l’heure dramatique que traverse l’Église et d’inscrire mon action dans cet état d’extrême nécessité dans l’Église et pour l’Église.

Je vous invite à vous approcher de cette réflexion avec un regard sapientiel et eschatologique. Nous ne pouvons pas croire que la crise actuelle n’a pas de responsabilités précises, et que l’apostasie des dirigeants de l’Église peut être lue et résolue par des moyens ordinaires. Soixante ans d’échecs sont là pour nous le rappeler. Nous ne devons pas nous bercer d’illusions en niant le caractère exceptionnel de cette situation, simplement parce qu’elle ne fait pas partie des cas des manuels. Nous ne pouvons pas nous diviser sur la manière dont chacun d’entre nous répond à la crise, alors que nous reconnaissons tous au moins que cette crise existe. Alimenter les divisions dans un front déjà trop fragmenté finit par nuire à tous et à chacun.

La juste raison, illuminée par la Foi, nous montre avec évidence le « schisme capital » en cours ; c’est-à-dire la séparation dramatique entre la Papauté — institution divine et roche inébranlable voulue par Notre Seigneur — et la personne du Pape qui, se plaçant en opposition ouverte avec le Mandat pétrinien et avec le Magistère pérenne, se fait adversaire de l’autorité qu’il devrait revêtir.

Nous l’avons tous compris, désormais : celui qui occupe les sommets de l’Autorité est là pour détruire l’institution qui préside et accomplir — dans l’abomination de la désolation le plan infernal de l’Ennemi : démettre définitivement Notre Seigneur de toute puissance terrestre qui Lui appartient, pour l’usurper et la livrer à l’Antéchrist. Que l’église bergoglienne et post-bergoglienne puisse se rendre complice et promotrice de ce plan, il suffit d’en qualifier les membres de la Hiérarchie pour ce qu’ils sont : des loups rapaces déguisés en agneaux, ou plutôt déguisés en bergers.

Nous sommes appelés à résister à l’opération de l’erreur avec une fidélité qui soit à la fois filiale et ferme : jusqu’au martyre. Le moment est venu de rassembler les forces et de défendre la Papauté du Pape ; l’Épouse du Christ d’une Hiérarchie déviée et corrompue ; unis sous la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ et autour dans l’unique Profession de Foi Catholique.

Il nous est demandé, à nous prêtres, en tant que dispensatores mysteriorum Dei, de nous organiser afin que les fidèles confus et égarés ne manquent pas des aliments de la Foi et du réconfort surnaturel des Sacrements. Pour cela, il faut des prêtres, formés et ordonnés dans la Tradition. C’est une mission très exigeante parce qu’elle doit être accomplie en ayant contre nous ceux qui, dans la Hiérarchie, devraient au contraire nous soutenir et nous encourager. Si nous sommes obligés de désobéir au vicaire de Notre Seigneur pour ne pas désobéir à Notre Seigneur, nous devons cependant exercer obéissance et discipline envers ceux qui nous guident dans la fidélité au Christ pour avancer unis et unis sicut acies ordonnée.

Je confie au Prof. Girlanda et à ses invités la tâche d’approfondir « Schisme Capitale », pour confirmer les âmes dans la Vérité. Je vous bénis de tout cœur.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

2 septembre 2026

Source Exsurge Domine

Note de la rédaction : Il serait plus juste de dire : Arius contre Pierre. Le problème commence avec Jean XXIII et Paul VI, l’étude de Don Curzio Nitoglia sur le Père Morlion et la CIA est fort éclairante et pertinente.

En 1976 un prélat se posait déjà la question : « D’autre part, s’il nous apparaît certain que la foi enseignée par l’Église pendant vingt siècles ne peut contenir d’erreur, nous avons beaucoup moins l’absolue certitude que le pape soit vraiment pape. L’hérésie, le schisme, l’excommunication ipso facto, l’invalidité de l’élection sont des causes qui éventuellement peuvent faire qu’un pape ne l’ait jamais été ou ne le soit plus. Dans ce cas, évidemment très exceptionnel, l’Église se trouverait dans une situation semblable à celle qu’elle connaît après le décès d’un souverain pontife.

« Car enfin un problème grave se pose à la conscience et à la foi de tous les catholiques depuis le début du pontificat de Paul VI. Comment un pape vrai successeur de Pierre, assuré de l’assistance de l’Esprit-Saint, peut-il présider à la destruction de l’Église, la plus profonde et la plus étendue de son histoire en l’espace de si peu de temps, ce qu’aucun hérésiarque n’a jamais réussi à faire ?

« À cette question il faudra bien répondre un jour, mais laissant ce problème aux théologiens et aux historiens…….. »Mgr Lefebvre – Le Figaro – 4 août 1976

SIMON CONTRE PIERRE

La Vierge qui ne se laisse pas déplacer

Quasi terebinthus extendi ramos meos,

et rami mei honoris et gratiæ.

Eccli 24, 22

Ecce lapis iste erit vobis in testimonium,

quod audierit omnia verba Domini.

Jos 24, 27

Mes frères et sœurs,

très chers Claudio, Mauro et Antonio,

chers Silvio et Francesco,

Lorsque Josué, arrivé à la fin de ses jours, rassembla les tribus d’Israël à Sichem pour renouveler l’Alliance, il ne les conduisit pas dans un palais, ni dans les murs d’une forteresse. Il les conduisit sous un chêne. Et là, après que le peuple eut crié Domino notro serviemus, et obedientes erimus præceptis ejus, il prit une grande pierre et la posa sur le chêne, telle qu’elle était dans le sanctuaire du Seigneur, et dit : «Voici, cette pierre sera pour vous témoin, parce qu’il a entendu toutes les paroles du Seigneur».

Un pacte, un peuple, un chêne. L’Écriture nous le montre trois mille ans avant qu’il ne se produise ici à Viterbe, sur le Campo Graziano, en septembre 1467. Car Viterbe, libérée de la peste après une semaine de prière et de pénitence, s’est aussi liée à sa Dame par une alliance d’amour — ainsi l’appelèrent nos pères, et c’est ainsi que nous l’appelons encore — et Viterbe l’a également serré sous un chêne. Ce n’était pas la pierre qui était le témoin, mais un pauvre bonhomme en terre cuite, peint par un peintre nommé Monetto et accroché à une branche par un artisan nommé Baptiste. Ce groupe a entendu le voeu de la Ville ; ce groupe, depuis cinq siècles et demi, en est le témoin.

Et c’est de ce pacte qu’aujourd’hui, fête patronale, nous devons parler : parce qu’un pacte a deux parties contractantes, et on peut se demander si les deux l’ont tenu.

La Providence a voulu que cette fête soit aussi, pour cinq jeunes, le jour où ils souscrivent personnellement ce pacte. Hier soir, aux premiers Vêpres de la veille, Silvio et François ont revêtu la chape et ont officiellement commencé l’année préparatoire qui les prépare au Séminaire ; dans quelques instants, Mauro et Antonio recevront l’Ostiariat, et Claudio le Lectorat. Cinq noms de plus, donc, sous le chêne. Je parlerai d’eux plus tard ; mais gardez à l’esprit dès maintenant que tout ce que je dirai de Notre-Dame du Chêne vaut, de manière éminente, pour ceux qui aujourd’hui se consacrent à Son service.

I. La Vierge qui ne se laisse pas déplacer

Permettez-moi tout d’abord de rappeler un détail de l’histoire du chêne qui se tait trop souvent et qui me semble être celui qui nous concerne le plus en cette heure.

Avant les prodiges de 1467, il y en avait d’autres, plus silencieux, et d’un genre singulier. Vers 1450, un ermite, tel Pier Domenico Alberti, estimait que cette image était trop exposée, trop pauvre, trop abandonnée : il la détacha de l’arbre pour l’emmener dans son oratoire, où il lui assurerait un culte plus digne. Le lendemain matin, la statue était de nouveau sur le chêne. Quelques années plus tard, une pieuse femme, Bartholomée, fit de même, avec la même bonne intention, et plus d’une fois : et plus d’une fois l’image revint de lui-même à la branche dont elle avait été retirée.

Réfléchissez, très chers. Aucun des deux ne voulait profaner l’image sacrée ; tous deux voulaient en améliorer la position. C’étaient des gens dévoués, et ils croyaient qu’ils se comportaient très bien. Pourquoi laisser l’effigie de la Mère de Dieu dans un champ, entre le vent et la pluie, quand on peut lui donner un toit et une lampe votive ? Et la Vierge, doucement et fermement, répondit en revenant là où elle était. Pas là où ça vous semblait le plus confortable, mais là où Dieu l’avait mise.

Il y a ici un enseignement que j’ose dire prophétique. Depuis soixante ans, on a tenté de déplacer l’Église du lieu où Notre Seigneur l’a placée : de sa doctrine immuable, de son Sacrifice, de sa discipline, de sa constitution hiérarchique. Et on l’a fait, presque toujours, avec les raisons de l’ermite et de Bartholomée : rendre la Foi plus accessible, plus proche de l’homme, plus adaptée aux temps. On l’appelle la mise à jour de ce qui était un déménagement. Mais l’Église, comme l’image du Chêne, n’appartient pas à ceux qui voudraient l’installer ailleurs ; et chaque fois qu’on la détache de son arbre, c’est-à-dire de la Tradition, elle revient là où elle a été placée, entre les mains de pauvres fidèles qui n’ont pas changé d’un iota ce qu’ils ont reçu. Regardez où fleurissent aujourd’hui les vocations, les familles nombreuses, les jeunes à genoux : non pas dans les salles de conférence où l’on discute de synodalité, mais sous le vieux chêne.

La statue qui retourne à la branche est le signe que Dieu ne ratifie pas les déplacements des hommes, même s’ils se croient. Ne transgrediaris terminos antiquos, quos posuerunt patres tui (Pr 22, 28) — ne pas franchir les anciennes frontières que vos pères ont posées. Ceux qui ont conservé omnia verba hæc ne pouvaient pas nous donner une leçon plus claire.

II. Gédéon sous le chêne

Il y a dans la Sainte Écriture un autre chêne, et en dessous il y a un homme qui nous ressemble. Venit Angelus Domini, et sedit sub quercus quæ était à Ephra ; tandis que Gédéon, le plus petit de la plus petite famille de Manassé, battait le grain en cachette, à la torche, pour le soustraire aux Madianites qui avaient envahi et dévasté Israël. Et l’Ange lui dit : Dominus tecum, virorum fortissime. Le Seigneur est avec toi, l’homme très fort.

Ce sont les mêmes paroles que l’Ange dira, treize siècles plus tard, à une Vierge de Nazareth : Dominus tecum. L’Église ne les a pas unies par hasard dans sa liturgie. Sous le chêne d’Ophra, Dieu salue sa force dans l’homme le plus faible ; à Nazareth, il salue sa force dans la créature la plus humble. Et dans les deux cas la force ne réside pas dans le salut, mais dans Celui qui le prononce : Dominus tecum.

Pourquoi Gédéon a été salué ainsi ? Trois choses, qui sont le programme de chaque catholique en temps d’occupation. La première : la nuit, avec dix serviteurs, Gédéon abattit l’autel de Baal que son père avait élevé, et il coupa le poteau sacré. Il n’a pas dialogué avec Baal, il n’a pas mis en valeur les éléments positifs, il n’a pas cherché avec lui un chemin commun : il l’a abattu, et il a offert au Seigneur un holocauste sur sa ruine. La seconde : Gédéon demanda à Dieu un signe, et Dieu le lui donna dans la toison — la toison sèche pendant que toute la terre était mouillée, et puis la toison mouillée pendant que toute la terre était sèche. Les Pères de l’Église ont vu dans cette toison la Vierge, sur laquelle descendit la rosée du Verbe alors que le monde restait aride. La troisième : Gédéon se présenta à la bataille avec trente-deux mille hommes, et l’Éternel lui en laissa trois cents. Ne glorietur contra me Israël, et dicat : Meis viribus liberatus sum (Jd 7, 2) — pour qu’Israël ne se vante pas en disant : je me suis libéré par mes forces.

Mes très chers frères, les Madianites de cette heure n’arrivent pas sur les chameaux. Ils occupent les chaires, les dicastères, les rédactions, les parlements ; ils occupent le Vatican, les universités, les séminaires et les curies évêques. Et le peuple de Dieu bat le grain en cachette, à la torche : il célèbre la Messe de toujours dans des chapelles de fortune, enseigne le Catéchisme dans la maison, baptise les enfants dans une Foi que les pasteurs officiels déclarent dépassée. Ce n’est pas la première fois ; ce ne sera peut-être pas la dernière. Mais à qui, dans cette condition, se sent le plus petit de la plus petite famille, le chêne d’Ofra répond : Dominus tecum. Et quant aux nombres, Dieu a déjà dit à Gédéon ce qu’il pense de la prépondérance numérique.

III. Le maître-arbre de Lépante

Ceux qui entrent dans la Basilique du Chêne et lèvent les yeux, voient parmi ses reliques les plus singulières une poutre de navire : la poutre maîtresse d’une galère turque, capturée à Lépante le 7 octobre 1571, et donnée à notre Sanctuaire par Saint Pie V. Un pape saint voulut que le trophée de la victoire chrétienne se tienne ici, près de la Vierge du Chêne, et il n’est pas difficile d’en deviner la raison : ce bois brisé à côté du bois qui tient l’image de la Vierge dit, sans voix, quel arbre gagne et quel arbre coule.

Saint Pie V n’a pas gagné Lépante par la diplomatie ; il l’a gagné par le Rosaire. Alors que les galères se heurtaient dans le golfe de Patras, Rome priait, et le Pape — nous le racontent ses biographes — se leva de la table de travail, ouvrit la fenêtre et dit aux personnes présentes : « Ce n’est pas l’heure des affaires ; allez remercier Dieu, parce que notre flotte a gagné ». Il institua la fête de Sainte Marie de la Victoire, ajouta aux Litanies l’invocation Auxilium Christianorum. Et c’est Saint Pie V lui-même qui, un an plus tôt, avec la Bulle Quo Primum, avait fixé à perpétuité le Rite de la Messe qui aujourd’hui se célèbre à cet autel, et qu’aucun de ses Successeurs n’avait le droit de proscrire.

Voici donc, très chers amis, que cette fête unit ce que les hommes voudraient séparer : la Vierge, le Rosaire, la Messe de toujours, et la victoire sur les ennemis du christianisme. Saint Pie V les gardait ensemble, et c’est pourquoi il fut saint et vainquit. Celui qui les sépare aujourd’hui — celui qui récite le Rosaire mais tolère que l’on abolisse la Messe, celui qui veut la Messe mais qui a honte de parler d’ennemis de la Foi, celui qui parle des ennemis mais ne prie pas — ne gagnera rien. La poutre maîtresse turc nous rappelle que la Chrétienté a été sauvée, un jour d’octobre, par un Pape qui savait encore qui était l’ennemi et qui était l’Aide.

J’ai dit un pape. Parce que la Papauté a été pendant des siècles le katéchon, ce qui retient le mystère d’iniquité. Et nous vivons à une époque celui qui devrait retenir le mystère d’iniquité a choisi de le suivre ; où le Siège de Pierre dialogue avec celui qui détruit la Foi et la profane, et se tait avec celui qui lui demande d’être confirmé dans la Foi. Je ne le dis pas avec complaisance, mais avec la douleur d’un évêque. En attendant, nous faisons ce que Rome a fait en 1571 : prions le Rosaire, offrons le Saint Sacrifice et n’abandonnons pas le navire.

IV. Les Dix Serviteurs de Gédéon

J’en viens maintenant à vous, chers Claudio, Mauro, Antonio, et à vous, Silvio et Francesco.

Lorsque Gédéon abattit l’autel de Baal la nuit, l’Écriture note un détail qui semble secondaire : assumptis decem viris de servis suis. Il prit avec lui dix de ses serviteurs. Pas les notables d’Ophra, ni les prêtres, ni les chefs des tribus : dix serviteurs, dont nous ne connaissons pas le nom, qui dans l’obscurité apportèrent la noirceur, la corde, le bois pour l’holocauste. Sans eux, Gédéon n’aurait rien pu faire ; et sans Gédéon, ils n’auraient pas su quoi faire. C’est le ministère que la Sainte Église vous confère aujourd’hui : être les serviteurs du Sacrifice de l’autel, ceux qui portent les instruments du culte sous le chêne, à l’heure où le culte du vrai Dieu se célèbre presque en cachette et où à sa place on adore les idoles.

A vous, Mauro et Antonio, je remettrai bientôt les clés, vous disant : Sic agite, quasi reddituri Deo rationem pro iis rebus quae his clavibus recluduntur . Comportez-vous comme celui qui devra rendre compte à Dieu de ce que ces clés ouvrent et ferment. Josué posa la pierre de l’alliance subter quercum, (Jos 24, 26) : sous le chêne qui était dans le sanctuaire du Seigneur. Un sanctuaire a un seuil, et le seuil a un gardien. Vous serez les gardiens du seuil de cette Église, qui est le seuil de l’alliance : vous ouvrirez à quiconque viendra pour le renouveler, pour se repentir, pour adorer — et il n’y a pas de pécheur au monde pour qui cette porte est trop étroite — mais vous n’ouvrirez pas à celui qui vient pour en réécrire les clauses. Le portier, dit l’ancienne discipline, percutit cymbalum et campanam, sonne les cloches : faites que vos cloches soient celles qu’appelèrent les trente mille de 1467 qui se rassemblèrent à Viterbe pour implorer la fin de la peste, et non celles qui se taisent pour ne pas perturber le monde. Et rappelez-vous l’ermite et Bartholomée : la Vierge ne se laisse pas déplacer, ni même l’Église. Votre office est le plus humble et pour cela le plus exposé : le concierge est le premier que l’ennemi rencontre, et le premier qu’il peut trahir. Mais vous ne trahirez pas.

À toi, Claudio, je vais vous remettre le livre : Accipe, et texte verbes des rapporteurs. Et je te dirai de proclamer les lectures divines distinctes et ouvertes, quoique tous les mensonges faussés — clairement, ouvertement, sans aucun mensonge de mensonge. Considérez ce que Josué a dit de la pierre : audivit omnia verba Domini — la pierre a entendu toutes les paroles du Seigneur. Toutes : pas celles qui sont agréables, pas celles qui sont pastoralement correctes, pas celles que l’auditoire est prêt à accueillir. Le lecteur est une pierre qui a entendu tous les mots et les rend tous, entiers, sans les enlever et sans les ajouter. Aujourd’hui, on a fait de la Parole de Dieu un chemin, un idéal, un discernement : tu en feras ce qu’en fit la Vierge, qui conserva omnia verba hæc et en vécut jusqu’au Calvaire. Avec la Parole, on ne négocie pas ; on proclame, et on obéit. Quod ore legis, cordes credas, ces œuvres complexes. Et puisque l’Église confie au lecteur de bénir panem et fructus novos, rappelez-vous que le premier fruit de la terre que vous bénirez est celui qui pend d’un arbre du Champ Grazien.

Et à vous, Silvius et François, qui hier soir, aux premiers Vêpres, vous avez revêtu la chape, je ne dis qu’une seule parole, parce qu’au début du chemin les paroles doivent être peu nombreuses. La chape que vous portez n’est pas une robe de cérémonie : c’est un manteau, et c’est le premier signe que vous vous placez sub tuum præsidium, sous la protection de celui que nous vénérons ici. Hier, le monde vous a vu entrer dans l’église vêtus comme tout le monde ; aujourd’hui, il vous voit vêtus différemment, et il vous juge déjà. Très bien : commencez à vous y habituer. L’année préparatoire ne sert pas à apprendre le latin — celui-ci viendra — mais à apprendre à être des cotps de terre cuite, c’est-à-dire à vous laisser peindre le visage du Christ sans prétendre choisir le pinceau. Gédéon demanda un signe, et Dieu le lui donna dans la toison : demandez-vous aussi le vôtre, avec humilité, et la Vierge vous le donnera ; mais ne demandez pas d’être nombreux. Trois cents ont suffi, et vous êtes deux.

Cinq serviteurs de plus sous le chêne. Ce n’est pas rien : c’est précisément ce par quoi Dieu a toujours commencé.

V. Le pacte : qui l’a cassé ?

Revenons donc au pacte d’amour, et à la question que j’ai posée au début : les contractants l’ont-ils maintenu ?

La Madone, bien sûr. De 1467 à aujourd’hui, il n’y a pas de génération de Viterbes qui n’ait pu témoigner de Sa protection : le cavalier Spiriti qui en 1506, poursuivi par ses ennemis, passa à cheval un précipice qu’aucun cheval ne peut passer ; la jeune Barbara Moscaroli, qui en 1625 resta une heure à flot dans le puits profond où elle était tombée ; les mille grâces qui couvrent les parois du Sanctuaire du Chêne. La Dame du Chêne a tenu son engagement avec une ponctualité qui devrait nous faire rougir.

Et nous ? Je ne parle pas seulement de Viterbe, mais de toute la chrétienté, dont Viterbe est un fragment et un miroir. Une alliance avec la Mère de Dieu est une alliance avec Son Fils, et une alliance avec Son Fils a des clauses que l’on ne peut pas réécrire : Domino nostro serviemus, et obédientes erimus præceptis ejus (Jos 24, 24). Nous servirons le Seigneur ; nous obéirons à ses commandements. Pas aux commandements de tel ou tel agenda, pas à la morale réécrite des synodes, pas à la religion universelle de la fraternité sans Christ : à Ses Commandements, tous, et toujours.

Maintenant, amusez-vous bien, regardons honnêtement ce qui s’est passé. Le pacte d’amour a été brisé non par le peuple, qui a continué à monter au Chêne, mais par les Pasteurs qui auraient dû le garder au nom du peuple. On a enseigné que les commandements sont un idéal, que le péché est une fragilité, que la Vérité est un chemin ; on a livré la Cité de Dieu à la ville de l’homme, et on a appelé cette ouverture rendue. Celui qui a rompu le pacte n’est pas celui qui a résisté à cette trahison : c’est celui qui l’a accompli et celui qui, par quiétude, l’a subi. Et aujourd’hui, ceux qui restent fidèles sont frappés par des censures qui ne s’appliquent pas à ceux qui nient ouvertement la foi. Mais la pierre sous le chêne de Sichem a entendu les paroles du Seigneur ; et le corps sous le chêne de Viterbe a entendu les paroles de Viterbe. Témoins tous les deux : et le jour du jugement, ils parleront.

VI. Nisi Dominus custodiit civitatem

Depuis quelques années, cette Ville a voulu proclamer officiellement la Vierge du Chêne sa Gardienne. C’est un titre qui mérite d’être pris au sérieux, parce que le Psaume nous avertit : Nisi Dominus custodiit civitatem, frustra vigilat qui cudit eam (Ps 126, 1) — si le Seigneur ne garde pas la ville, en vain il veille à celui qui la garde. En vain ils surveillent les systèmes de sécurité, les assurances, les plans de santé, les réseaux numériques de surveillance que le pouvoir mondial déploie sur nos vies au nom de notre protection. En vain : parce que la ville qui s’est confiée à elle-même a déjà perdu ce qu’elle voulait garder.

Viterbe, en 1467, ne demanda pas de secours à une agence et ne se précipita pas pour se faire vacciner : il monta à genoux à un chêne. Et la peste cessa. Il y a dans la simplicité de ce geste une sagesse politique que nos gouvernants, et malheureusement aussi nos pasteurs, ont perdue : le salut public s’obtient par la pénitence publique. Ce n’est pas moi qui le dis : c’est l’histoire de ce diocèse. Une Ville qui a une Gardienne au Ciel peut se permettre de ne pas craindre les hommes ; une Ville qui a honte de sa Gardienne sera la proie du premier Madianite qui passe.

VII. Nous renouvelons le pacte

Renouvelons donc aujourd’hui le pacte d’amour, mais renouvelons-le entier, avec toutes ses clauses, et non comme une cérémonie civique. Renouvelons-le comme l’image qui revient à la branche : en promettant de ne pas nous laisser déplacer, avec toutes les bonnes raisons du monde, par la Foi de nos pères. Renouvelons-le comme Gédéon sous le chêne d’Ophra : en abattant de nuit, s’il le faut, les autels de Baal que nos Diocèses et nos Paroisses ont laissé se lever. Renouvelons-le en demandant le signe de la toison, c’est-à-dire la Vierge ; acceptons d’être trois cents. Renouvelons-le comme Saint Pie V : avec le Rosaire à la main, la Messe de toujours à l’autel, et sans aucune honte de savoir qui est l’ennemi et qui est l’Auxilium Christianorum. Renouvelons-le comme les dix serviteurs de Gédéon : vous, Mauro et Antonio, au seuil avec les clés ; vous, Claudio, avec le livre qui a entendu toutes les paroles ; vous, Silvius et François, sous le manteau de la chape ; et chacun de nous, dans la place que la Providence lui a assignée, sans demander une meilleure place.

Et renouvelons-le, enfin, comme les trente mille de 1467 : à genoux. Parce que nous n’écrivons pas l’alliance ; c’est ce qu’écrit la Vierge Mère dans Son Cœur Immaculé, qui a promis de triompher, et qui triomphera aussi sur cette peste, comme sur l’autre, quand les enfants de cette Ville et de cette Église auront de nouveau appris le chemin du Camp Graziano.

Sicut terebinthus extendi ramos meos, et ramos mei honoris et gratiæ. Sous ces branches, il y a refuge ; sous ces branches, il y a le témoin de votre vœu ; sous ces branches, très amicales, se trouve toujours la Vierge du Chêne, Gardien de Viterbe et Reine du Très Saint Rosaire. Et ainsi soit-il.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

Viterbe, 13 Septembre MMMXXVI

Beatæ Mariæ Virginis a Quercu, Diocèse Viterbii Patronæ, et Viterbii Custodis

La Vierge qui ne se laisse pas déplacer

Saint Criard


Près de Saumur. À Argentay, on prie saint Criard pour calmer les enfants pleurnichards



« Saint Criard » désigne généralement une déformation populaire ou une variante locale de saint Cyriaque (ou Cyriaque de Rome),

Cyriaque est connu pour avoir guéri de l’épilepsie Arthémie, la fille de l’empereur Dioclétien. Il est classé parmi les saint auxiliateurs. Il est invoqué contre l’épilepsie.

L’empereur Maximien le fait arrêter et supplicier vers 304. Cyriaque est couvert de poix en fusion, écartelé et a la tête tranchée. Il est enterré à Rome avec ses compagnons sur la via Ostiensis.

Saint Cyriaque priez pour nous

Saint Criard