Dignité de l’homme

Créé à l’image de Dieu par son intelligence et sa volonté. Capax Dei, capable de participer à la béatitude de Dieu Trinité.

Membre du Christ, Tête de tous les hommes, Nouvel Adam. Racheté, in potentia, par le Sang du Christ.

Capax d’adoption divine, capax d’intégration dans le Corps Mystique.

Iª q. 93 a. 6 co. Respondeo dicendum quod, cum in omnibus creaturis sit aliqualis Dei similitudo, in sola creatura rationali invenitur similitudo Dei per modum imaginis, ut supra dictum est, in aliis autem creaturis per modum vestigii
. Id autem in quo creatura rationalis excedit alias creaturas, est intellectus sive mens. Unde relinquitur quod nec in ipsa rationali creatura invenitur Dei imago, nisi secundum mentem . In aliis vero partibus, si quas habet rationalis creatura, invenitur similitudo vestigii; sicut et in ceteris rebus quibus secundum partes huiusmodi assimilatur. Cuius ratio manifeste cognosci potest, si attendatur modus quo repraesentat vestigium, et quo repraesentat imago. Imago enim repraesentat secundum similitudinem speciei, ut dictum est. Vestigium autem repraesentat per modum effectus qui sic repraesentat suam causam, quod tamen ad speciei similitudinem non pertingit, impressiones enim quae ex motu animalium relinquuntur, dicuntur vestigia; et similiter cinis dicitur vestigium ignis; et desolatio terrae, vestigium hostilis exercitus. Potest ergo huiusmodi differentia attendi inter creaturas rationales et alias creaturas, et quantum ad hoc quod in creaturis repraesentatur similitudo divinae naturae, et quantum ad hoc quod in eis repraesentatur similitudo Trinitatis increatae . Nam quantum ad similitudinem divinae naturae pertinet, creaturae rationales videntur quodammodo ad repraesentationem speciei pertingere, inquantum imitantur Deum non solum in hoc quod est et vivit, sed etiam in hoc quod intelligit, ut supra dictum est. Aliae vero creaturae non intelligunt; sed apparet in eis quoddam vestigium intellectus producentis, si earum dispositio consideretur. Similiter, cum increata Trinitas distinguatur secundum processionem Verbi a dicente, et Amoris ab utroque, ut supra habitum est; in creatura rationali, in qua invenitur processio Verbi secundum intellectum, et processio Amoris secundum voluntatem, potest dici imago Trinitatis increatae per quandam repraesentationem speciei. In aliis autem creaturis non invenitur principium verbi, et verbum, et amor; sed apparet in eis quoddam vestigium quod haec inveniantur in causa producente. Nam hoc ipsum quod creatura habet substantiam modificatam et finitam, demonstrat quod sit a quodam principio; species vero eius demonstrat verbum facientis, sicut forma domus demonstrat conceptionem artificis; ordo vero demonstrat amorem producentis, quo effectus ordinatur ad bonum, sicut usus aedificii demonstrat artificis voluntatem. Sic igitur in homine invenitur Dei similitudo per modum imaginis secundum mentem ; sed secundum alias partes eius, per modum vestigii.

Respondeo dicendum quod haec est differentia inter corpus hominis naturale et corpus Ecclesiae mysticum, quod membra corporis naturalis sunt omnia simul, membra autem corporis mystici non sunt omnia simul, neque quantum ad esse naturae, quia corpus Ecclesiae constituitur ex hominibus qui fuerunt a principio mundi usque ad finem ipsius; neque etiam quantum ad esse gratiae, quia eorum etiam qui sunt in uno tempore, quidam gratia carent postmodum habituri, aliis eam iam habentibus.
Sic igitur membra corporis mystici non solum accipiuntur secundum quod sunt in actu, sed etiam secundum quod sunt in potentia. Quaedam tamen sunt in potentia quae nunquam reducuntur ad actum, quaedam vero quae quandoque reducuntur ad actum, secundum hunc triplicem gradum, quorum unus est per fidem, secundus per caritatem viae, tertius per fruitionem patriae. Sic ergo dicendum est quod, accipiendo generaliter secundum totum tempus mundi,

Christus est caput omnium hominum, sed secundum diversos gradus

Primo enim et principaliter est caput eorum qui actu uniuntur sibi per gloriam.

Secundo, eorum qui actu uniuntur sibi per caritatem.

Tertio, eorum qui actu uniuntur sibi per fidem.

Quarto vero, eorum qui sibi uniuntur solum potentia nondum ad actum reducta, quae tamen est ad actum reducenda, secundum divinam praedestinationem.

Quinto vero, eorum qui in potentia sibi sunt uniti quae nunquam reducetur ad actum, sicut homines in hoc mundo viventes qui non sunt praedestinati. Qui tamen, ex hoc mundo recedentes, totaliter desinunt esse membra Christi, quia iam nec sunt in potentia ut Christo uniantur. IIIª q. 8 a. 3 co.

La perfection de cette dignité consiste à se soumettre aux commandements de son Créateur et Rédempteur, et à l’aimer par dessus toutes choses.

Car il dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui il me plaira de faire miséricorde ; et j’aurai pitié de qui il me plaira d’avoir pitié. Cela ne dépend donc ni de celui qui veut, ni de celui qui court ; mais de Dieu qui fait miséricorde. Rm 9, 15-16

Dignité de l’homme

NON EXPEDIT

Le conservatisme de mode face à l’apostasie synodale

Cher Dr. Valli,

J’ai lu le commentaire de Mons. Vigano sur les paroles du Saint-Père à Paris qu’elle a publiées.

En somme, selon les champions de la tradition, le pape aurait dû aller dire dans la capitale française qu’il n’y a pas de liberté de conscience, que l’État ne devrait pas « ouvrir à tout culte » mais seulement à la vraie religion, que la déclaration des droits de l’homme de 1948 est un papier sur lequel on se moque, que la liberté, l’égalité, la fraternité sont des paroles maçonniques et qu’elles ne peuvent trouver leur inspiration ultime dans l’Évangile.

Il n’a pas suffi au monde traditionaliste de voir dans le cœur révolutionnaire de Paris 800 000 personnes participer dévouées à la Messe, au stade Saint Denis 80 000 jeunes chanter en latin la Salve Reine, des foules de prêtres confesser dans la rue (comme on ne l’avait pas vu depuis longtemps), au Palais de l’Élysée d’entendre du Saint-Père la défense du droit à la vie comme fondement de tout autre droit humain et la condamnation à la gestation pour autrui, tout cela en face d’un président malheureux qui a voulu inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution.

Je ne possède certainement pas la culture de Mons. Viganò mais je crois que c’est une chose de défendre la tradition, c’en est une autre de s’accrocher à des positions préconçues, de prétendre à des prises de position autoréférentielles qui nous mettent hors de la réalité et contre le bon sens, de nier le juste effort – qui est le devoir de l’Église de tous les temps – de trouver des points de convergence entre la foi et l’histoire d’un peuple, ce qui ne signifie pas renier l’Évangile du Christ et se compromettre avec l’esprit du temps.

Le Saint-Père doit annoncer le Christ à l’homme moderne, en respectant sa sensibilité et sa capacité de compréhension, sans se mettre nécessairement en défense par des paroles de condamnation lapidaire qui auraient pour seul effet de rester incomprises et de disperser le troupeau.

J’invite de tout mon cœur ceux qui aiment vraiment l’Église à travailler pour son unité, en évitant tout ce qui peut déchirer la tunique sans couture du Seigneur ; et nous prions avec cohésion pour les fruits durables de ce voyage apostolique extraordinaire en France où nous avons touché du doigt la grâce de Dieu qui convertit le cœur de l’homme, malgré nos insuffisances.

C’est notre responsabilité précise devant Dieu, et elle l’est – a fortiori – pour ceux qui croient que la tradition est une source perpétuelle de la vie de l’Église dans une dynamique toujours nouvelle.

Avec estime,

Pietro Piciocchi

Dieu leur enverra des illusions si efficaces, qu’ils croiront au mensonge ; afin que tous ceux qui n’ont point cru la vérité, mais qui ont consenti à l’iniquité, soient condamnés.

2 Th 2, 11-12

Cher Avocat Piciocchi,

j’ai lu avec attention la lettre qu’elle a adressée au docteur Aldo Maria Valli et qu’elle m’a transmise, à propos de mon commentaire sur le discours de Léon XIV à l’Élysée. Je sais qu’Aldo Maria a déjà publié sur son blog une réponse exemplaire ; pour ma part, je ne veux pas m’empêcher d’aborder sa lettre : sans suivre la caricature, sans nous laisser entraîner sur le terrain émotionnel des foules, et sans céder le principe en échange d’un applaudissement pour quelques phrases partagées.

Votre lettre s’ouvre par une paraphrase : selon les « champions de la tradition », le Pape « aurait dû aller dire » à Paris qu’il n’y a pas de liberté de conscience, que l’État ne doit pas ouvrir à tout culte, que la Déclaration de 1948 est un chiffon, que la liberté, l’égalité et la fraternité sont des paroles maçonniques et ne peuvent s’inspirer de l’Évangile. Je vous réponds que personne n’a demandé à Léon de se rendre à l’Élysée pour jouer le Syllabe à voix haute devant Macron. On a demandé — et c’est une chose différente — qu’un souverain pontife romain ne contredise pas, dans la capitale de la Révolution, l’enseignement constant de ses prédécesseurs sur ce que cette Révolution a été et sur ce que cette devise signifie. Ce n’est pas le même acte. Le premier est un scénario qu’elle nous attribue pour nous rendre ridicules ; le second est le minimum dû à celui qui siège sur la Chaire de Pierre.

La formule est simple : nous n’exigeons pas du Pape un anathème diplomatiquement inopportun ; nous exigeons qu’il ne ratifie et ne loue pas ce que les Papes ont appelé la peste. Une fois que vous avez rétabli cela, votre lettre perd son pivot.

Le deuxième sujet est celui de la foule : 800.000 personnes sur la place de la Concorde, 80.000 jeunes à Saint-Denis chantant le Salve Regina, des prêtres qui confessent dans la rue. C’est l’argument le plus efficace sur le plan émotionnel-sentimental, et le plus faible sur le plan de la Foi.

Personne ne méprise ces gestes, au contraire : ils prouvent que la Grâce œuvre encore dans le peuple, malgré les discours, pas grâce à eux. Un jeune qui chante le Salut Regina en latin ne valide pas la thèse selon laquelle Liberté, Égalité, Fraternité trouvent dans l’Évangile « une source inépuisable d’inspiration ». Confondre la pitié des fidèles avec l’orthodoxie d’un discours aux autorités est un sophisme. Si la quantité des présents suffisait à juger un pontificat, nous aurions dû canoniser chaque Journée mondiale de la jeunesse, même quand on y a passé sous silence ce qu’on ne peut pas taire.

J’ajoute que ces jeunes méritaient justement d’entendre du Pape non pas la bénédiction d’une devise née pour détrôner le Christ, mais la distinction — élémentaire et paternelle — entre la liberté des enfants de Dieu et la liberté révolutionnaire, entre l’égalité des âmes rachetées et l’égalitarisme collectiviste, entre la fraternité dans le Christ et la fraternité sans Dieu le Père. Leur ôter cette distinction n’est pas « respecter leur capacité de compréhension » : c’est leur ôter la clé pour comprendre le temps où ils vivent. En fait, c’est une fausse lecture des événements que de prétendre être bonne et vraie.

Elle énumère, pour défendre le discours de Léon, la protection du droit à la vie comme fondement de tout autre droit et la condamnation de la gestation pour autrui, prononcées «en face» à un Président qui a inscrit l’avortement dans la Constitution. Ici, il faut être précis, parce que c’est là que les conservateurs se sentent obligés d’applaudir.

Je ne nie pas le fait qu’elle en tire les conséquences. Une condamnation de la gestation pour autrui et une allusion à la vie, insérées dans un cadre qui prend les « droits de l’homme » des Lumières et la Déclaration de 1948 comme « pierre angulaire du progrès moral », restent des concepts abstraits. Ou plutôt, ils restent dans cet hyperuranium où les fonctionnaires de l’Église synodale veulent confiner la doctrine, tout en adaptant la pastorale à la mentalité du monde. Cette même matrice révolutionnaire des « droits » — détachée de la loi de Dieu et de la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ — est précisément ce qui a permis de déclarer l’avortement comme « droit », puis de le constitutionnaliser. Celui qui loue le commencement et désapprouve l’un de ses fruits ne redresse pas l’arbre : il en récolte les fruits empoisonnés tout en feignant de ne pas voir les ronces.

La réponse utile est donc : il ne suffit pas de dire la vérité sur un effet, si vous bénissez la cause. Pie XI, dans Quas Primas, enseigna que la paix et la dignité ne naissent pas de la rébellion de la Déclaration des Droits de l’Homme, mais du Royaume social du Christ. Tant que cette leçon reste silencieuse, les phrases « pro life » prononcées à l’Élysée sont un correctif cosmétique sur un bâtiment construit sans la pierre angulaire. Et personne mieux que le Vicaire du Christ ne devrait savoir à quel point les paroles du Sauveur sont vraies : Sine me nihil potestis (Jn 15, 5).

Elle oppose à la Tradition « l’effort juste — qui est le devoir de l’Église de tous les temps — de trouver des points de convergence entre la foi et l’histoire d’un peuple ». C’est la formule la plus insidieuse de Sa lettre, car elle sonne pastorale et raisonnable. Il doit être pris à la poitrine.

Les actes magistériels jusqu’à Pie XII qui condamnent sans appel la Révolution et ses principes infernaux ne vous sont pas inconnus. Ces textes ne sont pas des « positions préconçues » : ils sont le Magistère. Et celui qui les rappelle ne s’arrête pas : rappelle à un Pape qu’il est gardien de la Vérité révélée, et non maître. Si aujourd’hui cet appel «sort de la réalité», tant pis pour la réalité qui s’est construite contre eux. Ce n’est pas le Magistère qui doit s’excuser auprès de l’Élysée, ni l’héritier de Pie VI qui doit s’humilier face à l’héritier de Jules Grévy, qui accompagne un homme en perruque dans la fiction la plus grotesque de la normalité.

Je vous cite, mot pour mot, le passage incriminé. Léon a dit que les Lumières apportaient de « véritables conquêtes » ; que parmi celles-ci se trouvait « la reconnaissance des droits de l’homme inhérents à la nature de la personne humaine, en particulier la liberté religieuse » ; que la liberté, l’égalité et la fraternité « renvoient à des exigences éthiques universelles, qui trouvent aussi dans le message évangélique une source inépuisable d’inspiration et de réalisation » ; et que la Déclaration de 1948 est, avec Jean-Paul II, « un jalon sur la voie du progrès moral de l’humanité ». Sur ces phrases, on discute. Pas sur le fait qu’à Saint-Denis on ait chanté en latin.

Elle termine en invoquant l’unité et la tunique sans couture, en rejetant la responsabilité de la déchirer sur ceux qui critiquent le discours papal. C’est l’argument que les conservateurs utilisent depuis soixante ans chaque fois qu’on touche au nerf du Concile, de la messe de montagne, de la synodalité : il faut le renverser.

La tunique est déchirée par celui qui introduit dans l’Église un Évangile différent de celui reçu, et non celui qui refuse de le ratifier. Saint Paul n’invite pas les Thessaloniciens à « travailler pour l’unité » au prix de la Tradition : il les exhorte à rester fermes et à maintenir les traditions apprises (2 Th 2, 15). L’unité catholique est communion dans la Foi ; ce n’est pas la trêve entre ceux qui bénissent la Révolution et ceux qui l’appellent par son nom.

Je vous rappelle ici la distinction que j’ai faite dans « Schisme Capital ». Quand celui qui siège sur la Chaire accepte et promeut une notion de son bureau — et, avec elle, une notion de la société et de la liberté — incompatible avec celle définie par le Magistère pérenne, il n’est plus simplement un Pape qui se trompe dans un discours de circonstance : il pose un obex, un obstacle à l’exercice même de la Papauté. Celui qui résiste à ce qui est illicite ne déchire pas l’Église : il la sert. Celui qui, pour ne pas « disperser le troupeau », permet à l’équivoque, se trouve dans la position de ceux dont saint Paul dit εὐδοκήσαντες τῇ ἀδικίᾳ : qui ont reconnu l’injustice et lui ont donné la citoyenneté (2 Th, 11-12).

Je vous réponds donc que l’unité ne se construit pas sur le silence autour du point décisif : elle se construit sur la roche de Pierre. Toute tentative de « réinitialiser » la réalité repose sur le sable d’un dialogue qui utilise le lexique de celui qui a guillotiné ses enfants. Invoquer la tunique sans couture pour couvrir la contradiction est, à la lettre, coudre une nouvelle tunique sur une vieille robe.

Elle craint des «paroles de condamnation lapidaire» qui resteraient incomprises. Il est admis et non permis que les Catholiques pousseraient de temps en temps un soupir de soulagement s’ils entendaient non pas un médiateur, un conciliateur, un diplomate, un œcuménique, un philanthrope, un mondialiste, un immigrationniste, un franc-maçon ou un païen, mais un Pape qui parle enfin en Pape. Mais même en vous donnant l’exigence de la pédagogie, je ne peux pas vous permettre que la pédagogie oblige à dire le faux.

Un souverain pontife pouvait, à l’Élysée, rappeler l’héritage chrétien de la France — Clovis, Saint Louis, Sainte Jeanne d’Arc, les Carmélites de Compiègne — et ajouter, avec douceur, que la liberté chrétienne n’est pas la liberté de 1789 ; que l’égalité des âmes devant Dieu n’est pas l’égalitarisme qui a nivelé autels et trônes ; que la fraternité évangélique a un Père céleste, et que sans ce Père devient la fraternité des Loges. Il pouvait dire que la « juste laïcité » ne consiste pas à mettre la vraie Religion au même rang que les fausses, et que Notre Seigneur est Roi aussi des nations où règne un régime républicain qui se professe laïque. Il pouvait, en vénérant la Couronne d’Épines à Notre-Dame, se rappeler que cette Couronne est celle d’un Roi, et que ce Roi ne s’accorde pas avec la devise qu’il a inventée pour le déposer.

Rien de tout cela n’est « auto-référentiel ». C’est le catéchisme. Si cela semble inouï aujourd’hui, c’est parce que, depuis des décennies, on a préféré les applaudissements de l’Élysée à la voix de Pie VI.

Cher Avocat, je ne vous traite pas d’adversaire. Votre lettre est sincère par la crainte d’une Église qui « se place hors de la réalité », même si cela fait des décennies que les tentatives embarrassantes de plaire au monde rendent pathétiques ses partisans. Cette crainte doit être respectée mais corrigée : la réalité de l’Église n’est pas le miroir du monde, c’est le jugement du Christ sur le monde. Celui qui aime vraiment l’Église ne lui demande pas de devenir crédible aux yeux d’un président qui a fait de l’avortement une norme constitutionnelle ; il lui demande de rester crédible devant Dieu. Car le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur (Pr 9,10).

Je conclurai en vous rappelant que la Tradition n’est pas « une source perpétuelle dans une dynamique toujours nouvelle », si l’on entend par dynamique la réconciliation avec le libéralisme que le Syllabus a déclaré impossible. La Tradition est la transmission intégrale du Depositum fidei, sans coupures et sans greffe. Celui qui la garde ne déchire pas la tunique : il empêche qu’on la remplace par la livrée tricolore.

Les martyrs de Vendée, les prêtres de septembre, les paysannes d’Angers n’ont pas besoin que nous les utilisions comme des râles. Ils ont besoin qu’un Pape, en passant sur les pierres mouillées de leur sang, ne loue pas la devise au nom de laquelle ils furent martyrisés. Si cet appel « disperse le troupeau », alors ce troupeau avait déjà été dispersé par celui qui lui a enseigné que obéir à l’erreur est vertu et que résister au mensonge est schisme.

Je vous ai écrit parce que Votre lettre ne représente pas un cas isolé : elle constitue le manuel, pour ainsi dire, par lequel, après chaque geste « positif » de ce pontificat, on demandera aux Catholiques de se laisser convaincre par l’émotion de la place sans regarder les principes qui sont entre-temps subvertis. C’est exactement le mécanisme décrit dans « Schisme Capital ». Il convient de le démonter maintenant, avec calme et avec doctrine, avant qu’il ne devienne le sens commun même de ceux qui se disent amis de la Tradition.

Avec gratitude pour la franchise avec laquelle vous avez écrit,

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

Viterbe, Le 1er Octobre 2026

Saint Rémi Évêque et Confesseur

NON EXPEDIT

« Saint Michel contre Lucifer : le combat de l’archange pour l’Église »

Angeline Tan The Remnant 29 septembre 2026 sur le site The Remnant
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Le cri de guerre de saint Michel, « Qui est semblable à Dieu ? », s’oppose au « Non serviam » de Lucifer. En cette époque marquée par l’apostasie, les attaques contre le sacerdoce, l’avortement, l’euthanasie et la rébellion contre l’ordre établi par Dieu, le « Serviam » de l’Archange appelle les catholiques à défendre la foi sans compromis.

Chaque année, le 29 septembre, l’Église catholique honore saint Michel Archange. Son nom, « Mi‑cha‑el », pose le défi : « Qui est semblable à Dieu ? » Pourtant, derrière cette interrogation se trouve un engagement profond : saint Michel incarne le Serviam (« Je servirai »), l’antithèse directe du Non Serviam (« Je ne servirai pas ») par lequel Lucifer a manifesté sa révolte. À une époque où l’Église subit de violentes attaques visant son sacerdoce, son témoignage en faveur de la vie dès la conception et le piété due à Dieu seul, l’exemple de saint Michel représente bien plus qu’une simple dévotion pieuse. Il constitue un étendard de ralliement pour les fidèles qui refusent tout compromis.

Le combat primordial : « Serviam » contre « Non Serviam »

L’histoire du salut ne commence pas sur terre, mais au ciel, par une révolte. Lucifer, le plus resplendissant des anges, fut précipité en bas à cause de son orgueil et du choix délibéré de refuser de servir Dieu.

« Non Serviam » — « Je ne servirai pas » — devint le cri de ralliement de tout ange rebelle et de toute âme ayant suivi le diable.

À l’inverse, saint Michel ne se contenta pas d’obéir : il proclama la suprématie de Dieu avec une ferveur guerrière.



« Qui est semblable à Dieu ? » : tel est le cri de guerre lancé contre tout être qui s’élève au-dessus du Créateur. Lorsque saint Michel précipita Lucifer hors du ciel, il n’agit pas de sa propre autorité. Il servit d’instrument à Dieu — ce serviteur du Très-Haut dont le « Serviam » triompha du « Non Serviam » du diable.

Tel est le modèle de tout combat spirituel. L’orgueil proclame : « Je ne servirai pas. » L’humilité affirme : « Je servirai. » En effet, l’orgueil du diable se manifeste dans chaque attaque portée à la loi divine. À l’inverse, l’humilité de saint Michel peut être imitée dans chaque défense de l’honneur de Dieu.

Saint Michel, défenseur de l’Église et de ses prêtres

L’Église catholique n’est pas une institution humaine. En tant que Corps mystique du Christ, elle est la cible privilégiée de la fureur du diable. Saint Michel est son gardien, son défenseur et son avocat au ciel. On l’invoque dans le Confiteor, dans les prières pour les mourants et lors du rite de l’exorcisme, car l’Église sait qu’elle ne peut subsister sans l’aide de Dieu.

Aujourd’hui, l’aide de saint Michel est plus que jamais nécessaire. Les prêtres font face à des agressions, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi sur le plan physique. Par exemple, au Nigeria, plus de 200 prêtres ont été pris en otage lors d’enlèvements depuis 2015. En Pologne, un prêtre a succombé à ses blessures après avoir été poignardé dans un couvent bénédictin en septembre 2026. Aux États-Unis, des centaines d’attaques contre des églises catholiques ont été recensées depuis 2020, incluant des incendies criminels, des actes de vandalisme et même des fusillades.

De telles atrocités ne sont pas le fruit d’une violence insensée, mais la manifestation d’un combat spirituel. Le diable s’oppose au sacerdoce catholique car celui-ci est le canal de la présence du Christ dans l’Eucharistie et les sacrements. Lorsque les prêtres sont réduits au silence, intimidés ou assassinés, le Corps mystique du Christ est lui aussi blessé.

C’est pourquoi l’intercession de saint Michel est essentielle : pour protéger les prêtres, les affermir dans leur vocation et susciter de nouvelles vocations parmi les fidèles. En tant que patron de ceux qui servent à l’autel, sa déclaration — « Je servirai » — constitue un modèle pour tout prêtre qui embrasse ce même engagement, quel qu’en soit le prix.

L’intégrité de la foi : la vie, de la conception à la mort naturelle

Le « Non serviam » du diable s’étend bien au-delà des attaques contre le sacerdoce ; il imprègne la culture de mort même qui nous enveloppe. Dès l’instant de la conception, la vie humaine est sacrée, car elle est voulue par Dieu et porte son image et sa ressemblance.



Par ailleurs, le Catéchisme de l’Église catholique ne laisse place à aucune ambiguïté : « L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est une pratique “criminelle”, gravement contraire à la loi morale. » En réponse, l’Église prescrit l’excommunication pour l’offense abominable qu’est l’avortement.

Pourtant, l’avortement demeure légal dans de nombreuses nations, y compris en Irlande et en Irlande du Nord, autrefois bastions de la défense de la vie. De plus en plus, les catholiques subissent des pressions pour accepter ou tolérer l’avortement au nom de la « compassion » ou de la « nécessité ».

Certes, la tromperie du diable consiste à présenter le meurtre d’un innocent comme un acte de miséricorde. La vérité de saint Michel s’y oppose directement : toute vie humaine, dès la conception, doit être préservée avec la plus grande vigilance et le plus grand soin.

Ce même esprit malveillant de mort alimente les campagnes en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté à travers le monde. Comme l’affirme le Catéchisme : « L’euthanasie intentionnelle, quelles qu’en soient les formes ou les motifs, est un meurtre. Elle est gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect dû au Dieu vivant, son Créateur. » Pourtant, des nations — y compris celles de tradition catholique — légalisent l’euthanasie, et même certaines personnalités catholiques semblent hésiter sur ce sujet.

À l’inverse, le « Serviam » de saint Michel exige que les catholiques rejettent ces mensonges promus par le culte de la mort. Sans équivoque, servir Dieu, c’est défendre la vie à tous les stades. À l’inverse, refuser de protéger la vie revient à se faire l’écho du « Non serviam » de Lucifer.

L’idéologie du genre, le militantisme LGBTQ+ et l’assaut contre l’ordre établi par Dieu

Il convient de noter que la rébellion du diable s’attaque au tissu même de la création divine. Dieu a façonné l’humanité en homme et femme à son image, les destinant au mariage et à la famille. L’idéologie du genre, qui bafoue cet ordre établi, tout comme le militantisme LGBTQ+ qui cherche à redéfinir le sens de la sexualité et du mariage, ne sont pas des actes d’amour. Il s’agit plutôt de manifestations d’orgueil, d’une tentative de renverser ce que Dieu a institué ; c’est, en réalité, un « Non Serviam » : « Je ne servirai pas le dessein du Créateur. Je créerai ma propre vérité. »



Les conséquences de ce « Non Serviam » sont d’ordre spirituel, psychologique et social. Les enfants sont désorientés, les familles sont déchirées et les âmes sont détournées du chemin de la sainteté.

Le « Serviam » de saint Michel appelle les catholiques à défendre le dessein de Dieu, même lorsque celui-ci va à contre-courant de la culture. Cela exige un enseignement clair, un témoignage courageux et une approche empreinte de compassion envers ceux qui sont prisonniers de l’erreur. Toutefois, cela n’autorise aucun compromis. Servir Dieu, c’est proclamer sa vérité et non se plier aux mensonges du monde.

L’appel au « Serviam » pour les catholiques fidèles

À toutes les époques, Dieu préserve un reste : ceux qui proclament « Serviam » (« Je servirai ») tandis que d’autres crient « Non Serviam » (« Je ne servirai pas »). Élie croyait être seul, mais Dieu lui révéla que sept mille personnes n’avaient pas fléchi le genou devant Baal. Aujourd’hui, les catholiques qui défendent la vie, soutiennent le sacerdoce, rejettent l’idéologie du genre et proclament l’honneur de Dieu appartiennent à ce reste fidèle, ayant saint Michel pour l’un de leurs patrons. Ainsi, la fête de saint Michel est un appel au combat : prier, étudier, vivre la foi avec courage et renoncer à toute forme de « Non Serviam ».

En cette fête de saint Michel, que tous les catholiques fidèles renouvellent leur « Serviam » et rejettent le « Non Serviam » du diable sous toutes ses formes : orgueil, rébellion, compromission et apostasie. Unissons-nous à ce glorieux archange qui terrasse le serpent orgueilleux et défend l’honneur de Dieu.

Maria, Regina Angelorum, ora pro nobis.

Sancte Michael Archangele, ora pro nobis.

Note de la rédaction : Ne pas oublier l’avortement spirituel…..

La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable, et Jésus-Christ que vous avez envoyé. Jn 17, 3

« Saint Michel contre Lucifer : le combat de l’archange pour l’Église »

LES PAÏENS REMPLACERONT-ILS ISRAËL ?

par Don Curzio Nitoglia

Première partie

« SODOMA SERA MIEUX TRAITÉE QUE BETHSAÏDA !  (Mt XI, 16-24 ; Lc X, 12-16)

LA CONDAMNATION DES VILLES QUI REFUSÈRENT LE MESSIE (MT. XI, V. 20-24)

Le Rédempteur, par le péché d’incrédulité du Judaïsme post-biblique, adresse quelques reproches forts aux villes de Galilée : d’abord à Corozaim (Corazim ou Corazin) et à Bethsaïde réunis, puis, à la seule Capharnaüm prise séparément (Mt XI, 21 et 23a), parce que toutes les trois ne l’ont pas accueilli comme Messie et Sauveur (20-24). Dans cet article, nous étudions le texte de Saint Matthieu (XI, 20-24) – à la Lumière de la Tradition patristique, scolaire et exégétique – afin qu’elle nous aide de manière plus approfondie à comprendre sa signification Jésus a) non seulement du Judaïsme incrédule (Mt, XI, 16-19), mais b) aussi des villes de Galilée qui l’ont rejeté, malgré les miracles qu’elles ont pu constater, pour pouvoir en tirer une leçon moralement utile aussi pour nous-mêmes. Le texte de Matthieu (XI, 20-24)« Alors Il commença à reprocher aux villes, dans lesquelles il avait fait beaucoup de miracles, qu’elles n’avaient pas fait pénitence : «Malheur à toi, ou Corozaïm ; Malheur à toi, ou Bethsaïda ; car si en Tyr et Sidon, il y a longtemps qu’elles auraient fait pénitence sous le sac et dans la cendre. C’est pourquoi je vous dis : « Tyr et Sidon, au jour du Jugement, seront traitées moins sévèrement que vous. Et toi Capharnaüm, te lèveras-tu jusqu’au ciel ? Non, toi, tu seras abaissée jusqu’en enfer ! En effet, si les miracles qui ont été accomplis auprès de toi avaient été faits à Sodome ; peut-être existerait-elle encore aujourd’hui». C’est pourquoi je vous dis : « La terre de Sodome sera traitée moins rigoureusement que toi, ou Capharnaüm, le jour du Jugement ».

– LES EXÉGÈTES APPROUVÉS

Le Père Marc Sales Père Dominicain, Marco Sales, écrit : « Saint Luc (X, 13-16), rapporte ce reproche de Jésus aux trois villes infidèles et incrédules de Galilée où Il avait opéré de très nombreux miracles, beaucoup plus tard, c’est-à-dire vers la fin de Son ministère en Galilée, juste après la mission des 72 Disciples. Tout porte à croire que l’ordre suivi par Saint-Luc est chronologique ; tandis que celui de Saint-Matthieu est assez logique. Cependant, Saint Augustin pense que Jésus l’a répété à deux reprises, dans deux circonstances différentes » (Commentaire de l’Évangile selon Saint Matthieu, Proceno – Viterbe, Effedieffe, II éd., 2015, p. 72, note n° 20). Corozaim, Corazim ou Corazin (qui signifie « Four de fumée ») était une petite ville dont on ne parle jamais dans tout l’Ancien Testament ; par les historiens elle est identifiée avec les ruines de Keraze à environ 3 kilomètres au nord de la plus célèbre Capharnaüm (de Kefar Nahum, c’est-à-dire « Village de Galéa ») près du lac de Genezareth, également appelé mer de Tibériade ou lac de Galilée. En revanche, Bethsaïde, aussi appelée Bethséda (qui signifie « Maison de la pêche ») est une petite ville galiléenne, située sur la rive ouest du lac de Genezareth, très proche de la bien plus grande Capharnaüm. Elle était la patrie des Apôtres Saint-Pierre, de son frère Saint-André et de Philippe ainsi que de Jean et de son frère Jacques le Majeur.Tyr et Sidon ont été, l’une après l’autre, les Capitales de Phénicie (l’actuel Liban), elles étaient situées sur les rives de la mer Méditerranée au nord de la Galilée (non loin de l’actuel Beyrouth) et elles étaient très riches en raison du commerce qui s’y tenait, donnant sur l’Italie, la Grèce et l’Afrique blanche, pouvant arriver de là, facilement, jusqu’à l’Espagne ; mais elles étaient tristement célèbres pour la mollesse de leurs coutumes et la corruption morale de leurs habitants. sac, en toile grossière, qui était porté les jours de deuil. En outre, les Orientaux, en signe de pénitence et de tristesse, avaient l’habitude de s’asseoir à terre et de saupoudrer la tête de cendres (Jr. VI, 23 ; Jon, III, 16). En somme, la rebuffade de Jésus, en termes simples, signifie que « au Jugement universel sera plus tolérable la condition des habitants païens de Tyr et de Sidon en Phénicie, qui ne jouissaient pourtant pas d’une bonne réputation, que celle du peuple « une fois élu » des Juifs de Corozaïm et de Bethsaïda, parce que les deux premières villes païennes ont méprisé les plus petites grâces et les plus petites lumières des deux dernières villes israéliennes. SALES, précité, p. 72, note no 21 et no 22).

Maintenant, le reproche revient à la plus célèbre Capharnaüm. La condamnation de cette ville est encore plus sévère, car « ayant reçu plus de bienfaits que toutes les autres, elle n’en a fait aucun cas et, par conséquent, elle est comparée même à Sodome (Gn. XIII, 13 ; XVIII, 20), c’est-à-dire le non plus ultra de la corruption morale, la ville pécheresse par excellence » (M. SALES, précité, p. 73, note n. 23). L’invective de Jésus est très âpre et forte ; en effet, il dit à Capharnaüm qu’au lieu de s’élever (comme l’avaient prétendu Lucifer, Adam et Ève, les « bâtisseurs » de la Tour de Babel – jusqu’au sommet même) elle pensait pouvoir monter avec ses arts et ses forces – elle sera enfoncée jusqu’au plus profond de l’enfer ; là où « ciel » et « enfer », ils ne doivent pas être entendus exclusivement dans le sens strict : « Vision béatifique » et « Damnation éternelle », mais ils représentent deux « extrêmes » par excès et par défaut ; en effet, « Capharnaüm oublie les miracles et la prédication de Jésus, ne pense pas qu’à accumuler plus de richesses, plus de gloire et plus de plaisirs ; par conséquent, non seulement elle n’aura pas ce qu’elle désire, mais elle sera précipitée dans l’enfer, c’est-à-dire, au minimum, elle sera condamnée à l’oubli et à être une ville cumul de décombres ; alors qu’il ne reste que la mémoire de Corozaïm et de Bétasaïde, ainsi que de Sodome et de Gomorrhe, qui furent totalement rasées au sol ; donc, la prédiction du Rédempteur s’est produite à la lettre » (M. SALES, précité, p. 73, note n° 23), ainsi que pour le Temple de Jérusalem (Mt., XXIV, 15). Cette invective contre le Peuple élu de l’Ancien Testament, c’est-à-dire les Juifs mais aussi, de manière spécifique, contre les villes de Galilée, nous devons la considérer comme s’adressant aussi à chacun de nous-mêmes ; en effet, si nous ne nous ne nous ne nous nous sommes pas sincèrement, nous-mêmes « humiliés » ou « abaissés » (au sens large) sur cette terre, mais – très probablement – aussi « damnés » ou « prostrés » (au sens strict) pour toute l’éternité.Enfin, Saint Matthieu (XI, 25) continue, ici, à raconter le discours de Jésus, en reprenant ce qu’Il a dit aux Scribes et aux Pharisiens, mais peut-être chronologiquement à une autre occasion (comme le rapporte justement Saint Luc, X, 21) ; mais, logiquement, il y a un lien très fort entre ce que le Messie venait de dire aux trois villes de Galilée et ce que Matthieu lui fait dire maintenant comme explication et conclusion logique de ce qu’il a affirmé maintenant : « Je te remercie, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux prudents de ce monde et tu les as révélées aux simples et aux petits ». En somme, le Père Sales, en commentant Saint Matthieu, le Père doctrine évangélique – c’est-à-dire, l’Incarnation, la Rédemption, la Trinité … – restaient cachés aux prudents et aux savants du siècle, c’est-à-dire aux pharisiens et aux scribes de son temps, superbes et fiers ; alors qu’ils ont été manifestés et acceptés par les simples, par les humbles qui sont appelés « enfants » pour indiquer l’humilité, la simplicité et la facilité avec lesquelles ils se laissaient conduire par le Rédempteur comme les petits enfants par leurs parents, sans présumer d’eux-mêmes. Ainsi, les grands et les sages selon ce monde ont rejeté l’Évangile du Christ ; tandis que les petits et les humbles l’ont accueilli. La leçon morale, qui en tire le divin Maître, est que la sagesse fièrement mondaine ne suffit pas à faire connaître les mystères divins et, donc, Jésus en remercie son Père » (M. SALES, précité, p. 73, note n° 25), qui exalte les humbles et humilie les superbes.II – Père Sévérien du Paramo Le père jésuite écrit : « Ces menaces contre les villes impénitentes de Bethsaïde, Corozaim et Capharnaüm sont également rapportées par le païen Saint-Luc (X, 13-16), mais maintenant dans un contexte chronologiquement différent, Jésus peut quitter définitivement la Galilée. » prononcez deux fois, comme l’écrit aussi Saint Augustin. Cependant, on peut également supposer que la chronologie exacte des faits est celle présentée par Saint-Luc. Au contraire, Saint Matthieu préfère poser ces menaces à cette occasion en raison de la connexion logique et non chronologique qu’elles ont avec la condamnation de l’incrédulité des Juifs, qui les précède immédiatement » (SEVERIANO DEL PARAMO, Commentaire à l’Évangile selon Matthieu, Rome, Ville Nouvelle Éditrice, 1970, p. 187, note n° 20).

Le docte exégète de l’Université de Grenade en Espagne, fait également remarquer que si l’Évangéliste écrit que dans ces villes Jésus avait fait de très nombreux miracles et avait prêché souvent ; en outre, il souligne aussi que dans les Évangiles il n’y a qu’une allusion d’échappée à Béthsaïde et à la prédication ils ne parlent que de Capharnaüm ; c’est pourquoi il conclut à juste titre que « le récit évangélique omet de nombreux faits qui étaient sans doute connus des premiers chrétiens, grâce à la Tradition orale, qui remonte aux Apôtres et à leurs Disciples, qui avaient assisté à eux et qui en étaient témoins » (précité, p. 188, note n° 20) ; voici, dans l’Évangile lui-même, l’un des nombreux exemples de la vérité de la doctrine catholique des deux sources de la Révélation divine : la Tradition et la Sainte Écriture,explicitement opposée à l’hérésie luthérienne de la « seule Écriture » comme seule source de la Révélation. En outre, le père du Paramo observe que « Les menaces de Jésus se réalisèrent pleinement sur Corozaim et Bethsaïde, dont nous ne savons plus avec certitude le lieu où elles se levaient. Cependant, considérant que l’Évangéliste affirme que ces deux villes avaient vu de très nombreux miracles du Messie ; elles peuvent se situer raisonnablement sur la rive ouest du Lac de Génézareth, tournée vers la mer Méditerranée et où Jésus a accompli la plus grande partie de son ministère en Galilée. Les archéologues modernes estiment que Corozaim est la ville de Hirbeth Kerazeh, désormais en ruine totale et dont il ne reste que les ruines, qui se trouve à environ 4 km de Tell-Hum ; au contraire, Bethsaïde semblerait être située non loin de Capharnaüm, mais toujours sur la rive occidentale du Lac de Génézareth » (précitée, p. 188, note n° 21). Ce qui nous intéresse le plus est la comparaison faite par Jésus entre ces deux villes de Galilée avec les villes idolâtriques et phéniques de Tyr et de Sidon, lesquelles étaient appelées les « Reines des mers 0 km », et n’étaient plus éloignées d’entre elles Beyrouth, d’où elles étaient séparées de 30 km au maximum ; elles se dressaient sur la côte méditerranéenne et étaient célèbres pour leurs commerces, leurs richesses et leurs vices, qui nous avaient été racontés déjà par Isaïe (XXIII, 1-18) et Ézéchiel (XXVI, 1-28), qui environ six à sept cents ans avant le Christ, avaient prophétisé leur ruine, survenue réellement trois à quatre cents ans plus tard, c’est-à-dire en 333 avant le Christ, sous l’Empire d’Alexandre le Grand. La citation de Tyr et de Sidon détruite d’une part et d’autre ) de l’autre côté, elle est utilisée par la Sainte Écriture, typiquement, pour décrire les châtiments de la Justice divine, qui s’abattent immanquablement sur les hommes et les villes impénitentes, plongées dans le mal moral. En somme, Jésus veut faire comprendre que « les habitants de Corozaim et Bethsaïda méritent plus de châtiment que ceux de Tyr et de Sidon, car, contrairement à ces derniers, ils ont reçu la grâce extraordinaire d’écouter la prédication constante et copieusement abondante du Sauveur et d’assister à ses nombreux miracles ; au contraire – ajoute le Rédempteur – si les habitants de ces villes païennes ont eu les grâces qui m’avaient reçu païens, depuis longtemps déjà, auraient fait pénitence pour leurs péchés, même de manière extérieure et publique « in cinere et cilicio » (précité, p. 189, note no 22). C’est pourquoi, on ne peut pas ne pas noter l’absolue catégorisation de l’affirmation de Jésus-Christ, selon laquelle, les corrompues et païennes Tyr et Sidon, auraient certainement fait une grande pénitence, si elles avaient eu la grâce d’écouter le Messie et de voir ses miracles, comme au contraire cette grâce l’ont été les trois villes galilées (Corozaim, Bethsaïde et Capharnaüm), qui au contraire l’ont refusé.Cependant, cela ne signifie pas que « les habitants de Tyr et de Sidon manquaient de toutes sortes de grâce pour se convertir, même de celle suffisante, qu’ils avaient certainement reçu de Dieu comme tout homme, mais qu’ils ne voulaient pas librement y correspondre ; Bethsaïde et Corozaïm – c’est-à-dire des Galiléens en particulier et des Juifs en général – qui furent témoins des miracles et de la prédication de Jésus ; ils se seraient certainement convertis » (S. DEL PARAMO, précité, p. 189, note n° 22), mais ici on entre dans le mystère terrible de la prédestination… , dont Saint Augustin, à juste titre, disait : « On ne se méprend pas, noli velle scruter » (De dono perseverantiae, 14, n° 35, PL tomo 45, col. 1014 ; repris par le Concile II d’Orange, le Concile de Quiercy, le Concile Tridentino, DB 198 ss. ; 316 ss. ; DB 826-827).

Ensuite, Jésus s’adresse à Capharnaüm (séparément de Bethsaïde et Corozaim, qui avaient été rassemblées auparavant), contre laquelle s’élève l’invective la plus forte et la plus sévère, car « cette ville avait été particulièrement privilégiée parmi toutes celles de la Galilée, encore plus que les deux premières ; en effet, Jésus l’avait élue au centre de ses activités apostoliques, où son plus grand domicile et où il y avait opéré des miracles la plupart de son temps. Cependant, elle ne répondit pas non plus à l’appel de Jésus. Il ne faut donc pas s’étonner si la prédiction du Rédempteur s’est réalisée littéralement pour Capharnaüm. Les archéologues, en effet, n’ont pu trouver que des ruines de cette ville riche et prospère. En outre, même ces décombres, il n’est absolument pas certain qu’ils soient ceux de la Capharnaüm contemporaine de Jésus » (S. DEL PARAMO, précité, p. 189, note n° 22). Jésus compare directement et exclusivement Capharnaüm à Sodome, laquelle a été totalement effacée de la face de la terre ; cependant, l’Évangile nous révèle que Sodome « serait encore debout, si Jésus avait opéré en elle les miracles qu’il a accomplis à Capharnaüm, puisque Sodome se serait convertie. Au contraire, la condamnation, qui frappera les habitants de Capharnaüm le jour du Jugement Universel, sera plus sévère que celle qui s’abattra sur les habitants de Sodome, car le péché des Capharnaïtes a été plus grave, car ils ont reçu plus de grâces que les Sodomites » (S. DEL PARAMO, précité, p. 190, note n° 24). B –

LES PÈRES ECCLÉSIASTIQUES GRECS ET LATINS

– Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome, évêque d’Antioche et aussi l’un des principaux Pères de l’Église d’Orient, écrit : «Jésus, pour prouver que les populations de Galilée n’étaient pas tombées dans l’incrédulité sans leur faute et presque par nécessité, mais plutôt avec leur grave méchanceté ; il cite le nom de cette ville où Il avait fait les plus grands miracles et de laquelle étaient venus à Lui cinq Apôtres : Philippe, Pierre avec son frère André, Jean et son frère Jacques (le Majeur), qui étaient tous nés de Bethsaïde. […]. Le Sauveur montre que surtout Capharnaüm, mais aussi Corozaïm et Bethsaïde étaient pires que les villes les plus corrompues, tant du peuple d’Israël (Sodome) que des Gens (Tyr et Sidon en Phénicie), du présent que du passé.Ailleurs (Mt., XII, 41 ; Lc., XI, 32) Jésus compare les Juifs aux Ninivites (3), et même à la Reine de Saba (4), en disant : « Les Ninivites, au jour du Jugement, se lèveront contre cette génération et la condamneront. En effet, ils firent pénitence, lorsque le prophète Jonas prêcha dans la païenne Ninive (aujourd’hui Égypte, ndlr), tandis que, maintenant et ici, il y a quelqu’un qui est bien supérieur à Jonas. […]. La Reine de Saba [en Éthiopie, ndlr] se lèvera dans le Jugement contre cette génération et la condamnera ; en effet, elle vint des confins de la terre [de Saba en Afrique, ndlr] pour écouter la sagesse de Salomon et il y a ici quelqu’un de bien supérieur à Salomon ». Cependant, dans cette circonstance, Jésus les comparait à un peuple dont la conduite avait été correcte, alors qu’ici il les compare à des hommes corrompus, ce qui est une façon très forte de condamner » (Saint JEAN CHRYSOSTOME, Commentaire à l’Évangile selon Saint Matthieu, Discours XXXVII, 7-24, no 4 (6)).II

– Saint Jérôme

Saint Jérôme observe : « La condamnation des villes de Corazin, de Bethsaïde et de Capharnaüm est prononcée par Jésus parce qu’elles ont refusé de faire pénitence et de l’accueillir, bien qu’Il ait fait beaucoup de miracles en elles. […]. Le Sauveur pleure Corazin et Bethsaïde, ville de Galilée, parce que, bien qu’ayant reçu tant de miracles, elles ne se sont pas converties, si bien qu’elles doivent même passer avant Tyr et Sidon, ville païenne, dévouée à l’idolâtrie et au vice ; parce que Tyr et Sidon ont violé la loi naturelle, tandis que les villes galiléennes ont non seulement foulé aux pieds la loi de nature, mais aussi celle qui a été révélée par Dieu et ont, en outre, méprisé les miracles et la prédication de l’Évangile de Jésus-Christ en personne » (SAINT JÉRÔME, Commentaire sur l’Évangile de Matthieu, XI, 16, livre II (7)). En outre, en ce qui concerne Capharnaüm, encore plus prisée par le Rédempteur, l’Évangile de Saint Matthieu nous raconte qu’elle sera enfoncée jusqu’en enfer, car elle aurait voulu monter jusqu’au ciel avec ses seules forces naturelles.

Voici décrit et préannoncé le péché du monde moderne et actuel, qui prétendrait « transhumaniser » tout le monde et se passer de Dieu, de Jésus unique Rédempteur du genre humain et de Sa grâce. » Nihil sub sole novi », en effet, font « aujourd’hui le trans » artificielle » – firent aussi (dans l’Histoire Sacrée de l’Ancien Testament) : Lucifer, Adam et Ève à Eden, les « bâtisseurs » de la Tour de Babel, les hommes qui vivaient à l’époque de Noé (qui, eux, furent emportés par le Déluge Universel), les habitants de Sodome ; ou (dans la mythologie païenne) : les Titans, Icare, Prométhée, Capanée, Narcisse… L’exemple de ces villes de l’Ancien Testament doit nous servir d’avertissement, tout comme l’avertissement que Jésus leur a donné il y a environ 2000 ans ; en effet, comme elles ont été incinérées par un « déluge de feu », nous risquons de l’être aussi en ce moment terrible de l’histoire humaine, dont on n’en a peut-être pas vu un plus sombre.

Enfin, Saint Jérôme explique de deux manières la phrase susmentionnée : « Tu précipiteras en enfer, toi ou Capharnaüm, parce que tu as, avec une infinie superbe, opposé une résistance à la prédication du Verbe incarné ; ou, toi – ou Capharnaüm – tu tu seras punie avec une certaine plus grande rigueur jusqu’à ce qu’elle a été reçue Sauveur, qui a fait en toi les miracles les plus extravagants et a prêché la plupart du temps ; néanmoins tu n’as pas voulu croire et tu as volontairement fermé tes yeux et tes oreilles devant eux » (ci). En outre, saint Jérôme note que, selon saint Matthieu (XI, 21), alors que Tyr et Sidon – ville païenne, polythéiste et vicieuse – se seraient converties et auraient été justifiées par le Seigneur « au contraire, la Galilée Capharnaüm, est condamnée pour son incrédulité volontaire et obstinée, ainsi que l’incrédule Jérusalem, qui aurait même crucifié le Messie aujourd’hui » (là) et, enfin, l’incrédulité refuser le Messie Jésus de Nazareth.C

– LES DOCTEURS SCOLASTIQUES

Saint Thomas d’Aquin

Le « Docteur Commun » de l’Église du Christ, distingue, précise et enseigne : « Le reproche de Jésus est double : 1°) par rapport aux bénéfices que les villes incrédules ont reçus ; 2°) par rapport à ceux qui avaient donné les bénéfices. Quant aux bienfaits : Jésus avait éclairé les habitants de Corozaim et Bethsaïde par sa présence, ses miracles et sa doctrine ; par conséquent, ils étaient ingrats et méritaient d’être châtiés. Il les reproche négativement pour leur négligence et leurs omissions, parce qu’ils n’avaient pas fait pénitence, parce qu’ils ne s’étaient pas convertis et qu’il ne les réprimande pas positivement pour leurs vices ou leurs actes maléfiques qui auraient pourtant été commis par eux » (S. THOMAS D’AQUINO, Commentaire à l’Évangile selon Matthieu, (Leçon 3, Cap. XI, v. 20-24, n° 942 – 943 (8).

Les villes païennes de Tyr et de Sidon seront traitées moins sévèrement que les citadines de Galilée le jour du Jugement Universel, car ces dernières n’ont pas mis en pratique ce qu’elles ont vu et entendu de Jésus ; elles l’ont nié et combattu ; c’est pourquoi ce qui est dit dans l’Évangile de Saint Jean (XV, 22) s’applique à elles : « Si je n’étais pas venu et si je n’avais pas parlé, elles n’auraient aucune faute ».Jésus nous révèle explicitement, dans ce trait de Saint Matthieu, que tous les péchés ne sont pas aussi graves ; en effet, le péché « prélève une fois » (Le péché des Galiléens – la Révélation vétérotestamentaire – il est plus grave que celui des Gentils de Phénicie (les habitants des villes de Tyr et Sidon), qui ne connaissaient que la loi naturelle et suivaient la juste raison, non encore éclairée par la Foi et renforcée par la Charité surnaturelle.Enfin, Jésus passe à réprimander la métropole de Capharnaüm et son ton se fait encore plus menaçant : « En premier lieu, il reproche son orgueil ; en effet, les grands s’en surpassent facilement et davantage ; en second lieu, il reproche son incrédulité, car il y fit la plupart de ses miracles et menace même une peine sévère pour elle. Troisièmement, l’apostrophe contre Capharnaüm peut être interprétée comme une interrogation ou comme une affirmation, à savoir, dans le premier cas : « Seras-tu peut-être élevée jusqu’au ciel ? », car elle fut réellement élevée, mais par la présence de Jésus, qui a habité longtemps en elle ; dans le second cas, elle supposa s’être élevée d’elle-même par ses propres forces naturelles ; elle fut donc élevée non pas par la grâce de Dieu, mais par son orgueil. Dans ce sens, la phrase peut être lue comme s’il s’agissait d’une question ou d’une question que se pose Jésus ; à laquelle, cependant, il répond tout de suite, avec des références de citations de l’Écriture : « Jusqu’à l’enfer, tu seras précipité ! » (Jb. XX, 28) ; « Toi qui sembles toucher le ciel, tu seras précipité en enfer ! En effet, la peine du superbe est la réprobation » (Is., XIV, 14) » (Ibid., n° 953). Quant à l’incrédulité et à l’impénitence finale de Capharnaüm, Jésus parle de sa faute, puis de la peine due à la faute ; en effet, Il s’exclame : « Si les miracles que J’ai faits en toi avaient été faits à Sodome […] ; maintenant, personne ne fit de miracles à Sodome, où vivait pourtant le juste Lot ; au contraire, les Capharnaïtes ont vu les miracles et ont écouté les prêches de Jésus ; donc, à juste titre, le jour du Jugement de Sodome, qui a pourtant été totalement incinérée…» (Ibid., no 954).



Source don Curzio Nitoglia

LES PAÏENS REMPLACERONT-ILS ISRAËL ?

Après l’accord de Metz, l’appel de Metz, ou la nouvelle religion d’Assise

Ou les catholiques roulés dans la farine : Léon ne prêche pas la religion catholique

L’accord de Metz est un accord secret conclu en septembre 1962 entre le Saint-Siège (représenté par le cardinal Eugène Tisserant) et l’Église orthodoxe russe (représentée par Mgr Nicodème), avec l’aval des autorités de l’URSS, afin que le communisme ne soit pas condamné par le concile. De fait, la pétition de 400 pères qui réclamait cette condamnation fut égarée….

L’« Appel de Metz », dans l’esprit d’Assise

Au Centre des congrès Robert Schuman, Léon XIV a rencontré les membres de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), qui réunit depuis 2010 des responsables catholique, protestant, orthodoxe, juif, musulman et bouddhiste.

Sept représentants ont lu l’« Appel de Metz », préparé par ces responsables religieux. Le texte a ensuite été signé, en présence du pape, par le cardinal Jean-Marc Aveline ; le pasteur Christian Krieger ; Mgr Dimitrios ; Haïm Korsia, grand rabbin de France ; Antony Boussemart, coprésident de l’Union bouddhiste de France ; et Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris. Le cardinal Aveline l’a remis à deux jeunes.

Le document se réclame explicitement de la rencontre organisée par Jean-Paul II à Assise, le 27 octobre 1986. À l’invitation du pape, des représentants des différentes religions du monde s’y étaient réunis pour une journée de jeûne et de prière pour la paix. Les fausses religions prièrent selon leurs propres rites, plusieurs disposant pour cela d’églises catholiques ou de locaux ecclésiastiques. Tous se retrouvèrent ensuite devant la basilique Saint-François, où leurs représentants firent successivement entendre leurs prières en présence des autres. Cette journée sans précédent donna naissance à ce qui allait être appelé l’« esprit d’Assise ».

Mgr Marcel Lefebvre et Mgr Antonio de Castro Mayer avaient dénoncé bien davantage qu’une ambiguïté. Dans leur déclaration du 2 décembre 1986, ils qualifiaient Assise de « comble de cette rupture avec le magistère antérieur de l’Église » et condamnaient un péché public contre l’unicité de Dieu, le Verbe incarné et son Église : « Jean-Paul II encourageant les fausses religions à prier leurs faux dieux : scandale sans mesure et sans précédent. » Ils réclamaient le renouveau de l’Église par la « fidélité intégrale à la Tradition ».

Face aux guerres, aux inégalités et aux bouleversements écologiques et technologiques, les signataires veulent aujourd’hui « servir ensemble toute la famille humaine ». Cette fraternité universelle, aux accents maçonniques, envisage l’humanité comme un tout dans lequel les nations et leurs biens propres tendent à s’effacer. Les signataires condamnent les discriminations, les attaques contre les personnes et les lieux de culte, les discours de haine et le totalitarisme. Justice, dignité humaine, solidarité, accueil, fraternité et préservation de la « maison commune » dessinent ainsi leur programme de paix.

Surtout, ils attribuent une valeur positive aux fausses religions elles-mêmes : « Nous attestons que la recherche de la paix, la non-violence et le souci de l’autre sont profondément inscrits, selon des voies qui leur sont propres, dans chacune de nos traditions religieuses. » Cette appréciation s’étend à leurs pratiques : « Nous savons d’expérience que le dialogue, la prière, la méditation et les différentes formes de pratique spirituelle ouvrent des chemins de paix. » Les fausses religions seraient ainsi « une voie privilégiée » vers la « paix désarmée et désarmante » souhaitée par Léon XIV.

L’appel propose encore une culture de l’accueil et une éducation à la paix mobilisant familles, écoles, loisirs et sport. Trois engagements le concluent : poursuivre le dialogue, former les jeunes à la connaissance mutuelle des religions et agir ensemble pour la justice et la paix………

Source FSSPX Acualités

Note de la rédaction : Avec en prime la référence à Paul Ricoeur philosophe protestant qui a cherché toute sa vie le compromis, c’est-à-dire le dialogue et la nuance, mais peut-être au prix de certaines compromissions.

La seule solution Le Prince de la Paix, la Vérité incarnée

Si quelqu’un n’aime point notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il soit anathème ! Maran-Atha (c’est-à-dire, le Seigneur vient). 1Cor 16, 22

Après l’accord de Metz, l’appel de Metz, ou la nouvelle religion d’Assise

Nouvelle religion : un parfum de Luther

Léon XIV rend hommage à un texte fondateur du luthéranisme : la Confession d’Augsbourg de Melanchthon.

Aujourd’hui, Léon XIV a reçu une délégation de la Fédération luthérienne mondiale. Il a déclaré : « Une communion renouvelée dans la foi apostolique, dans les sacrements [!], et dans les ministères est le but de notre chemin œcuménique de grâce. »

Léon XIV a particulièrement mis l’accent sur l’année 2030, qui marquera le 500e anniversaire de la Confession d’Augsbourg, la présentant comme une occasion de faire progresser l’œcuménisme catholique-luthérien et la recherche d’une « unité pleine et visible ».

Il a affirmé : « La Confession d’Augsbourg était à l’origine conçue comme un document de réconciliation au sein de l’Église. Ce n’est que plus tard qu’elle a été interprétée comme un texte de confessionnalisation source de division. »

Il souhaite « parvenir à affirmer ensemble le potentiel œcuménique pré-confessionnel de la Confessio Augustana ».

Principales objections à la Confessio Augustana

La Confession d’Augsbourg (Confessio Augustana) fut présentée à l’empereur Charles Quint lors de la Diète d’Augsbourg, le 25 juin 1530. Son auteur principal était Philipp Melanchthon, le plus proche collaborateur théologique de Luther.

Le camp catholique n’a pas accepté la Confession d’Augsbourg. Les théologiens catholiques ont reconnu les articles qu’ils jugeaient conformes à la foi catholique, ont rejeté les doctrines luthériennes contestées et y ont répondu dans la Confutatio Augustana.

Plus grave encore, l’article XXIV rejette la conception de la messe en tant que sacrifice.

L’article IV de la Confession d’Augsbourg enseigne la justification par la foi seule.

L’article XII réduit la repentance principalement à la contrition et à la foi, et rejette la nécessité d’une satisfaction pour la rémission de la peine.

Les articles XXI, XXVI et XXVII attaquent ou sapent des éléments importants de la vie sacramentelle et de dévotion : l’invocation des saints, l’autorité de l’Église en matière de jeûne, ainsi que la théologie des vœux religieux et de la chasteté consacrée.

L’article XXIII s’en prend au célibat des clercs et défend le mariage des prêtres.

Avanti

Nouvelle religion : un parfum de Luther

Les subversifs

Le penseur qui a influencé plus que tout autre, même s’il est moins connu, non seulement sur la société civile mais aussi, directement et volontairement, sur et contre l’Église est Wilhelm Reich (1897-1957) auquel Michael Jones consacre une large place. Reich s’est surtout inspiré de Marx, Freud et Nietzsche. Selon lui, après Freud, la révolution a deux alternatives : soit intégrer Marx avec le pan-sexualisme freudien, soit dégénérer vers un tournant autoritaire et moraliste, une sorte de « fascisme rouge » qui serait la mort de la révolution marxiste (aujourd’hui, après « l’effondrement » de l’URSS, les néo-américains parlent d’« islamo-fascisme », car le monde arabe n’est pas disposé à se faire envahir physiquement et corrompre intellectuellement et moralement). C’est pourquoi, dans les années 30-40, les fascismes européens devaient être abattus pour faire triompher la révolution culturelle d’aujourd’hui ; tout comme aujourd’hui, après l’Irak, la Syrie, la Palestine, l’Iran devraient être bombardés de démocratie et de pornographie américano-occidentale.

Reich, avec Freud, est convaincu que l’homme depuis son enfance « est de haut en bas et surtout sexuel ». Au freudo-marxisme, Reich ajoute Nietzsche, qu’il considère beaucoup plus avancé que Freud lui-même en tant que destructeur de la morale traditionnelle et concepteur du super-homme du futur, mais auquel, selon Reich, on arrivera par la révolution sexuelle et non par la seule volonté de puissance, comme le voulait Nietzsche.

Un autre penseur qui a influencé Reich est Henri Bergson (+1941), à qui il a enlevé tout élément spirituel pour ne maintenir que l’« élan vital » comme force créatrice en devenir totalement matérielle. On notera l’analogie avec Teilhard de Chardin (+1955), le chef de file de la théologie de Vatican II, qui, dans son livre L’énergie humaine (Paris, Seuil, 1962, pp. 91-92) parle de « sens sexuel » dans le sillage de la théorie néoplatonique sur l’éros, lue dans une perspective d’évolution scientifique et matérialiste. Reich arrive à Giordano Bruno (+1600) en partant de Bergson, lu dans une clé matérialiste-panthéiste.

Henri Bergson

La « dynamite » de la sexualité déviée

Les pages de Jones sur Reich nous aident à comprendre comment on est arrivé aussi bas, de la « nouvelle théologie » à Vatican II, aux USA 2000/Belgique 2010. Nous allons essayer de les résumer et d’y apporter quelques considérations complémentaires. Nous avons déjà traité du Soixante-huit, de l’école de Francfort et du structuralisme français (voir oui non, août 2010, p. 1ss.). Nous verrons maintenant comment Reich a intentionnellement programmé la révolution dans l’Église par la corruption morale, en particulier du clergé et ensuite des fidèles.

Wilhelm Reich

Jones écrit : « l’étude de la révolution des années 60 et 68 est fondamentale pour comprendre ce qui s’est passé après, y compris la pédophilie, et pour trouver des remèdes concrets » (http://www.effedieffe.com 19 juillet 2010, « La crise des violences sexuelles du clergé en Irlande », 1re partie). Jones comprend très bien que la révolution culturelle a coïncidé avec la révolution spirituelle ou religieuse de la nouvelle théologie et de Vatican II ; note que les cas d’abus sexuels les plus connus (aux États-Unis et en Irlande) se sont produits à partir des années 70, soit cinq ans après la fermeture de Vatican II (1962-1965). Il s’agit d’une subversion morale et spirituelle qui touche à l’intériorité de l’homme et « aux profondeurs de l’âme humaine », elle est même plus grave que la Révolution protestante, que la Révolution française et la Révolution communiste. Pour s’en sortir, il faut restaurer l’âme humaine, blessée par le péché originel et subvertie par les idéologies pan-sexualistes de Reich, qui a inventé le terme « révolution sexuelle » et qui, plus encore que Marcuse et Adorno, unit la psychanalyse freudienne au marxisme trotskiste « créant ainsi une arme qui fut spécifiquement pointée contre l’Église catholique, et encore plus promue la corruption sexuelle du clergé ». Comme Jones l’a bien compris, la révolution de la société civile avait pour but ultime la révolution de la société religieuse.

L’actualité de Reich réside dans le fait qu‘il avait planifié dès 1927 la « sexualité infantile » et la corruption morale du clergé par le biais de la pédophilie. Pour Reich, il était inutile de discuter avec les clercs sur l’existence de Dieu, pour leur faire perdre la Foi ; au contraire, il était beaucoup plus profitable de corrompre leur morale par la sexualité désordonnée et déviée, qui les conduirait ensuite inévitablement à nier Dieu et sa Loi (The Mass Psychology of Fascism 1933, p. 28 ; tr it., Psychologie de masse du fascisme, Milan, Mondadori, 1974, 2e éd.).

Reich insistait beaucoup sur la corruption (qu’il appelait « libération ») sexuelle de la jeunesse dès le plus jeune âge, étant bien conscient de sa force de rupture non seulement individuellement, mais aussi socialement. En effet, si l’individu est désordonné ou même dévié moralement, la famille le sera aussi, et donc la Société civile, qui est un ensemble de familles, lesquelles composent aussi la Société religieuse surnaturelle qu’est l’Église. La « dynamite sociale » (ainsi l’appelait Reich) de la sexualité désordonnée, déviée et surtout infantile aurait entraîné des pannes aussi et surtout dans l’Église, qui plus encore que l’État s’occupe des âmes. Il faut surtout gâcher les âmes des Pasteurs, qui disperseront le troupeau, au lieu de le conduire au pâturage et à la Fin ultime.

Reich bat et rétorque sur la « sexualité infantile » ou pédophilie, laquelle – rappelons-le – outre qu’un péché est un crime, dans la mesure où l’on utilise de la violence à un sans-défense qui ne peut être « consentant » (comme le théorisait Reich), n’ayant pas encore le plein usage de la raison et de la libre volonté, et encore moins les forces physiques pour se défendre et qui restera traumatisé toute sa vie, torturé et en quelque sorte « tué » ou détruit psychologiquement.

Par la pédophilie, on détruit les âmes des innocents et on parvient à criminaliser le clergé, en faisant apparaître toute l’Église comme une société à malfaiteurs (par le sophisme « ex uno disce multos seu omnes »). C’est exactement ce qui s’est passé après la mise à jour et l’ouverture au monde moderne de Vatican II, avec la nouvelle morale de la situation temporaire, déjà condamnée par Pie XII mais enseignée et propagandée par le père rédemptoriste et « expert conciliaire » Bernard Haering par la chaire de théologie morale de l’Alphonsianum de Rome et par les colonnes de « Famille chrétienne ». C’est le renversement dogmatique et moral au sens anthropocentrique, de sorte que tout ce qui semble et plaît à l’homme (blessé par le péché originel) devient vrai et licite et non ce qui est conforme à la réalité et à la loi naturelle et objective, posée par Dieu dans l’âme de tout être humain. Jones écrit : « Selon Reich, pour réaliser la révolution, le vrai révolutionnaire doit promouvoir le sexe chez les enfants. Elle doit aussi promouvoir la sexualisation du clergé catholique, car l’Église catholique est l’obstacle principal [le « kathecon » de saint Paul n.d.r.] à l’emprise révolutionnaire sur la Société. […]. Cette campagne [programmée entre les années 20 et 30] a commencé à la veille du Concile Vatican II, mais a atteint son point culminant dans la première décennie du XXIe siècle avec la crise des abus sexuels de la part du clergé infidèle » (ivi).

La « psychiatrie démocratique » de Basaglia

Claude Lévy-Strauss

Pour Claude Lévy-Strauss (+janvier 2010), la logique et le raisonnement sont une dénaturation de l’humanité, la seule véritable humanité véritable est celle du « sauvage » dépourvu de toute intention rationnelle (La pensée sauvage) et fourni seulement d’instincts et de sentiments ou de l’inconscient profond et obscur. C’est de là qu’est née l’idée de la « psychiatrie démocratique » selon laquelle les fous n’existent pas, mais sont seulement marginalisés par les sociétés rationnelles, lesquelles enferment abusivement dans des asiles ceux qui ne veulent pas s’en tenir à la logique rationnelle.

Franco Basaglia

Franco Basaglia (Franco Basaglia – Franca Ongaro, La majorité déviante, Turin, Einaudi, 1970) en Italie a été le porte-étendard de ces théories structuralistes, qui ont conduit à la fermeture des hôpitaux psychiatriques, pour faire du monde entier un énorme asile psychiatrique, et à la « minimisation » de la prison, qui est devenue de facto une passoire à partir de laquelle on entre et on sort, faisant de l’orbe une énorme « prison ». C’est le « retour de Dionysos », le dieu de l’ivresse folie, prophétisé par Nietzsche comme alternative radicale au Christ, le Dieu de la Croix (du verbe latin « cruciaires » = être tourmenté). Désormais, des sauvages, des fous, des criminels, des drogués et des déviants marchent à la tête de notre (dis-)Société, qui court vers l’abîme du chaos et du néant.

La subversion par le satanisme, la musique disharmonique, la drogue et l’éros

Deux jeunes philosophes maoïstes, déçus par le marxisme, Guy Lardreau et Christian Jambet (L’Ange, Paris, Grasset, 1976) à l’école du psychanalyste freudien-structuraliste Jacques Lacan (+1981) se réclament de Lin Piao comme modèle de la vraie révolution culturelle, trahie pour eux aussi par Mao. Cette déception les conduit à théoriser la révolte totale, métaphysique et préternaturelle contre le Maître par excellence (Dieu), révolte qui a dans l’Ange déchu (Lucifer) son héraut. Ils critiquent toutes les révolutions humaines, y compris celle sexuelle de de Sade et Freud, comme des « révolutions partielles », car seulement humaines et non métaphysiques ou préternaturelles-gnostiques anti-ésotériques et ils se poussent, sur les traces de Lacan, vers un Anarchisme métaphysique radical et préternaturel, fait de haine contre la pensée, le langage (puisque parler signifie déjà céder ou dialoguer avec le maître) et surtout contre l’être par participation (la création) qui renvoie à l’Être lui-même par essence (Dieu), le vrai Maître à abattre. Ces auteurs, pour combattre les « maîtres », finissent par se faire esclaves du « Maître de ce monde », le « Singe de Dieu » ou Lucifer. Ils se réfèrent à la Gnose antique, au Manichéisme, et non par hasard à l’apocalypse d’Origène (cf. L’Ange, précité, p. 83) qui sauve aussi le diable (comme l’ont fait, ces derniers temps, Hans Urs von Balthasar et Jean Daniélou), et dépassent la modernité d’Hegel en opposant le Rebelle par excellence (Lucifer ou l’Ange Rebelle) au Maître par essence (Dieu) dans un délire autodestructeur et ensemble de toute-puissance typiquement post-moderne ou nihiliste.

Pour Lardreau et Jambet (cf. L’Ange, précité, p. 5), l’Ange Rebelle ne peut être atteint que par un pari qui est un risque, par des évocations ésotériques et satanistes, pour arriver au Nouveau Monde formé par l’Ange Rebelle contre le Vieux Monde créé par le Dieu Maître. C’est la conclusion la plus cohérente tirée des prémisses de la philosophie contemporaine ou post-moderne.

Outre la subversion de l’homme par le déchaînement des passions spécialement sexuelles par la psychanalyse freudienne, la musique syncopée rock, la mode immodeste, la presse rose ou « gossip », l’École de Francfort et le Structuralisme se servent aussi de l’usage, d’abord théorisé puis fait mettre en pratique, de la drogue pour annihiler définitivement l’homme dans ce qui le rend : raison et volonté libre (S. Th., I-II, q. 18, a. 5 « bonum hominis est se esse secundum rationem »). Allen Ginzeberg (Acide lysergique), le poète de la « drogue-manie », écrit : « Je déteste Dieu. Dieu merci, je ne suis pas un Dieu. »

Allen Ginzeberg

L’homme est défini par Aristote comme « un individu rationnel et libre ». Désormais individu signifie « indivisé en lui-même et distinct de tout autre », tandis que le drogué est défini par G. Anders comme « divisé en deux », c’est-à-dire scindé ou mort. La raison et la volonté sont les facultés nobles ou reines de l’âme humaine. Donc, pour le vrai révolutionnaire, il faut après avoir tué le roi (même matériellement dans la Révolution anglaise, française et soviétique) tuer aussi la reine de l’être humain : la raison et la libre volonté. L’un des plus grands représentants de la philosophie nihiliste à travers l’eros est Georges Bataille (1897-1962), qui part du panthéisme pour arriver au culte du Néant concrétisé dans la satan-latrie. Auguste Del Noce a écrit que « l’héros de Bataille comme culte de la mort révèle une connexion nécessaire avec la démono-latrie ». Bataille, en effet, célèbre le diable comme « le dieu de la transgression », un dieu rédempteur ou « ce dieu qui est le revers de Dieu. En outre, Bataille, en vrai gnostique, voit dans le péché le chemin du salut et écrit : « le mal apparaît comme une source de vie ! En ruinant en moi-même et chez les autres l’intégrité de l’être, je m’ouvre à la communion, je peux atteindre le sommet moral. Et le point culminant n’est pas de subir, mais de vouloir et de faire le mal. Le Mal est un accord volontaire avec le péché, avec le crime.

Le pansexualisme de Teilhard « fumée de Satan dans le Temple de Dieu

Nous avons vu que la pensée de Teilhard de Chardin est le principe et le fondement de la nouvelle théologie et de Vatican II (voir si si no no, 30 novembre 2009, pp. 1 ss.).

Teilhard de Chardin

Le Gazzettino du 15 février 1995 écrivait : « Teilhard de Chardin, un amour pour Swan », et citait un échange épistolaire, qui a duré 26 ans, entre Teilhard et Lucille Swan, publié par la « Georgetown University » (USA). Avvenire, le quotidien de la CEI, en a également fait la nouvelle le jour de la Saint-Valentin (Patron des amoureux !) le 14 février de la même année (voir si si no no, 31 mars 1995).

La première réaction au teilhardisme est venue de Mgr. Antonino Romeo (L’encyclique Divin Afflante Spiritu, in Divinitas, Cité du Vatican, décembre 1960). Il y en a eu 45 autres.

Examinons à présent les conséquences morales de la théorie teilhardienne. Il a été écrit : « Dans ce cadre, l’ascétique chrétienne apparaît complètement renouvelée : non plus ascétique que l’abstention du monde, mais une proposition de sanctification de la matière ». Monseigneur Pier Carlo Landucci commente : « L’abbé évangélique réaliste (Mt., XVI, 24), essentiel pour la suite du Christ, le salut de l’âme et la sanctification personnelle, sort fondamentalement du climat spirituel de Teilhard. […]. Teilhard est irrécupérable, comme n’est plus récupérable un dessert désormais avarié ». En ce qui concerne la vertu de chasteté, « Teilhard continua à parler largement de sexualité […], en insérant dans son tableau cosmique de timbre moniste, une sorte de pan-sexualisme. […]. Selon Teilhard, aucun homme ne peut se passer du féminin, pas même le consacré ». Marcel De Corte écrivait : «Il faut aujourd’hui un beau courage pour critiquer Teilhard et surtout pour dénoncer son caractère démoniaque», qui est dans le sillage de Sade-Bataille. Augusto Del Noce a remarqué à juste titre que « c’est le christianisme qui a séparé la religion de l’érotisme qui, ce n’est pas un hasard, revient ponctuellement dans toutes les formes hérétiques et aujourd’hui est le moment où toutes les hérésies semblent se donner congrès ». En effet, les religions mystérieuses païennes avaient une essence pan-sexualiste et orgiastique, absente de la vraie religion. Malheureusement, avec la nouvelle théologie teilhardienne, l’érotisme est entré comme « fumée de Satan dans le Temple de Dieu ». Pour le faire sortir, il est nécessaire d’abattre les « bastions », qui, sous le nom d’« experts », ont pollué le milieu catholique par une fausse théologie dogmatique et morale, anthropocentrique et pan-sexualiste. Les fruits amers, nous les récoltons aujourd’hui. Espérons que les Pasteurs ouvriront les yeux devant tant de délabrement.

« Personne à Rome ne s’est réveillé ! »

Michael Jones dans la « deuxième partie » de l’article précité (La crise des violences sexuelles du clergé en Irlande du 23 juillet 2010 http://www.effedieffe.com) écrit lucidement que « Gaudium et spes se trompait lorsqu’il soutenait que l’Église n’avait rien à craindre du monde moderne [compris comme une catégorie philosophique]. La modernité [c’est-à-dire le subjectivisme relativiste] a toujours été l’ennemi de l’Église et l’est aussi aujourd’hui ». Cependant, la réaction ecclésiale à partir du Concile a été une « reddition continue », le renversement de la « milice est vita hominis super terram » du livre de Job, reprise de l’Imitation du Christ comprise comme « lutte continue contre le diable, le monde et soi-même » par toute la spiritualité chrétienne. Jones voit clairement que, dans le Concile, « l’Église [c’est-à-dire les hommes d’Église], au nom du dialogue, en s’infligeant des dommages pires que ceux provoqués par les complots de ses ennemis, adoptait les catégories de ses opposants, empêchant à elle-même de comprendre ce qui se passait réellement en cette période cruciale de son histoire ».

Jones constate amèrement que « l’Église [à toujours comprendre les hommes d’Église] ne peut, aujourd’hui comme aujourd’hui, gagner cette guerre, parce qu’elle joue le match avec un jeu de cartes non complet. […]. L’ère du dialogue avec le monde moderne, commencée par le Concile Vatican II, s’est terminée par le bruit des bottes dans les escaliers et la Police qui frappe bruyamment la porte de l’Église, épisode qui rend le Kulturkampf et l’oppression communiste des événements bénins à la confrontation ».

Ces événements devraient, selon le Nôtre, « fournir la possibilité de donner une nouvelle interprétation de la Gaudium et spes, mais personne à Rome ne s’est réveillé pour le défi de cette nouvelle herméneutique nécessaire »

Nouvelle herméneutique : « Gaudium et spes = luctus et hangor »

La Constitution conciliaire «Gaudium et spes» se poursuit avec les mots cités dans le sous-titre : «deuil et angoisse». Je pense, avec Jones, que c’est précisément l’herméneutique correcte de Vatican II : pour l’utopie super-optimiste de plaisir au monde, au lieu de la « Joie et espérance » invoquées par le Concile, on se retrouve aujourd’hui en plein « deuil et angoisse ». La pastorale conciliaire, pratiquement, n’a pas été productive, n’a pas porté de fruits, n’a pas récolté ce que l’on espérait. Loin de là. Il faut donc revenir à la Tradition dogmatique de l’Église, d’où découlent la morale et la pratique ou la prédication pastorale. D’une fausse doctrine anthropocentrique, elle résulte nécessairement d’une pastorale anthropolatricienne, ce « culte de l’homme », qui pour S. Pie X (Encyclique « E supremo apostolatus », 1903) « est le caractère distinctif de l’Antichrist ».

L’herméneutique de la continuité entre Vatican II et Tradition de l’Église est une chimère, démentie non seulement par de solides études (R. Amerio, Iota unum, 1985 [2010] ; B. Gherardini, Le Concile œcuménique Vatican II. Un discours à faire, 2009 ; Id., Tradidi quod et accepi. La Tradition Vie et Jeunesse de l’Église, 2010 ; G. Siri, Gethsémani, 1980 ; A. X. Vidigal Da Silveira, La Nouvelle Messe de Paul VI : qu’en penser ?, [1970] 1975), mais aussi des faits récents, et « contra factum non valet argumentum ».

Vatican II espérait se faire accepter par le monde moderne, qui va de Descartes et de Hegel, mais il faut constater le fait (même s’il ne plaît pas) que le monde moderne et contemporain déteste l’Église, malgré ses ouvertures, ses modernisations, ses mises à jour, et même ne la craint plus, car elle, ou plutôt ses hommes ont baissé la garde (« le sel est devenu insipide ») et l’ennemi en a profité. Ainsi, il faut revoir l’interprétation herméneutique des rapports de l’Église avec le monde moderne (Gaudium et spes) et revenir au sain esprit réaliste et thomiste, pour lequel Elle connaît l’ennemi, le combat, défend ses enfants, et n’est prête à accueillir ses ennemis que s’ils se convertissent et abandonnent la modernité subjectiviste cartésienne-hégélienne. Il n’y a pas de continuité entre l’Église et la modernité ; entre Vatican II et la Tradition non plus. Retour à la Tradition, « vie et jeunesse de l’Église » : Mirari vos de 1832, Syllabus et Quanta cura de 1864, Humanum genus de 1884, Pascendi de 1907, Humani generis de 1950. C’est la Tradition récente qui plonge ses racines lointaines dans l’enseignement du Christ, des Apôtres, des Pères, des Docteurs ecclésiastiques, des Scolastiques jusqu’aux néo-Scolastiques. Tradition dogmatico-morale qui a des conséquences dans le domaine ascétique et mystique, avec une spiritualité théocentrique, de renoncement et de mortification, que l’anthropo-centrisme a effacé de la vie des prêtres modernisés en les rendant proies faciles « du monde, du démon et de la chair », avec les résultats tristes que tout le monde constate, sauf qui veut s’aveugler et voir continuité là où elle est rompue.

Une erreur ne se corrige pas par une autre erreur

Le monde a d’abord poussé les Pasteurs à se séculariser, à s’embourgeoiser, à faire sien « l’esprit du monde », puis il s’est jeté avec colère et colère contre le mode de vie des hommes d’Église dans lesquels est pénétré « la fumée de Satan ». Après cette attaque préparée depuis les années 1920 et qui a éclaté en 1962-1965 dans toute sa laideur théorique et morale, peut-on encore parler de « continuité » entre Vatican II (le Concile de l’accord entre le Christ et la modernité) et Tradition divine-apostolique ? Visiblement non ! (« Quel accord est possible entre Dieu et Bélial ? »). Cependant, veillez à « ne pas jeter l’enfant avec  l’eau du bain ». C’est-à-dire, pour refuser les nouveautés conciliaires, il ne faut pas aller contre la Papauté et l’Église, « en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ». Une erreur (le néo-modernisme) ne se corrige pas par une autre erreur (le gallicanisme anti-papiste), mais par la vérité, qui est la Tradition de l’Église romaine. Le gallicanisme et le maurrassisme ne sauveraient pas l’Église, mais n’aggraveraient que les rides dans l’élément humain.

Jones cite S. Hilaire de Poitiers : « Nous devons rester dans la barque de l’Église en tempête, même si elle est en danger, jusqu’à ce que la nuit soit presque terminée. […]. Quand le Christ reviendra, à la fin du monde, il trouvera son Église fatiguée, et frappée par l’esprit de l’Antichrist. Et à cause des longues persécutions qu’il a subies, il aura peur, comme les Apôtres le soir de Pâques au Cénacle, de s’approcher du Seigneur. Mais le bon Jésus chassera la peur en disant : « Nolite timere, Ego sum ». Il nous semble que Jésus s’est endormi, mais ce n’est pas le cas. Dieu est toujours « tous les jours avec son Église, jusqu’à la fin du monde ». Sortir de la barque de Pierre, comme de l’Arche de Noé, signifierait la mort par noyade. Nous essayons de faire et de croire ce que l’Église a toujours fait et enseigné (Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, III) et ensuite seul Dieu pourra restaurer le monde et l’Église contemporains, tellement défigurés par l’inimicus homo. « Domine salva nos, perimus ! » « Veni, Domine Jesu ! Et voilà, je vais le citer. » « Le vrai problème n’est pas la grandeur de la tempête, mais la force de notre Foi [vivifiée par la charité] » (Jones).

p. von Melchior Gaspar

Les subversifs

Saint Rémi

évêque de Reims (+ 530)

Au propre de France, Rémi est fêté le 15 janvier (dies natalis).
Au propre du diocèse de Reims, il est fêté le 1er octobre, jour de la « translation » des reliques pour y être vénéré par les rémois à l’emplacement où s’élèvera l’actuelle basilique (attesté dès 585 – installation d’un monastère vers 750-760).


Issu d’une grande famille gallo-romaine de la région de Laon, il avait pour mère sainte Céline. A 22 ans, il est choisi comme évêque de Reims et son activité missionnaire s’étend jusqu’à la Belgique. Il fonde les diocèses de Thérouanne, Laon et Arras, crée tout un réseau d’assistance pour les pauvres et joue un rôle de médiateur auprès des Barbares. Quand le chef franc Clovis prend le pouvoir, saint Rémi lui envoie un message « Soulage tes concitoyens, secours les affligés, protège les veuves, nourris les orphelins« .


La reine sainte Clotilde, tout naturellement, se tournera vers saint Rémi et vers un autre évêque contemporain, saint Vaast, pour acheminer le roi vers la foi. Après le baptême de Reims, saint Rémi restera, jusqu’à sa mort, l’un des conseillers écoutés du roi et sera l’un des artisans, en Gaule, du retour à la vérité catholique des Burgondes après la bataille de Dijon et des Wisigoths à Vouillé, deux populations contaminées par l’arianisme.

Saint Rémi priez pour nous

Saint Rémi

Víctor Manuel Fernández « Defensor Fidei »…Oui, tout comme Henri VIII

Víctor Manuel Fernández « Defensor fidei »

Le titre Defensor fidei a été décerné en 1521 par Léon X à Henri VIII d’Angleterre, en reconnaissance du traité contre Luther Assertio septem sacramentorum ; cependant, par la suite, le roi a exigé du pape suivant que son mariage avec Catherine soit déclaré nul, mais Clément VII ne l’a pas exaucé et nous savons bien comment cela s’est terminé. En ces temps-ci, il est nécessaire de mentionner un autre grand Défenseur fidei choisi par François pour sauvegarder la foi catholique, et dont le sort ne semble pas très différent de celui choisi par le Roi anglais.

Víctor Manuel Fernández a été nommé évêque par Bergoglio en 2013, puis préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, président de la Commission biblique pontificale et de la Commission théologique internationale en 2023. Pour ses mérites incontestables, la même année, l’Antipape argentin créait Fernández cardinal. Il est important de connaître l’épaisseur spirituelle de Fernández – en Argentine, dit le Tucho besame mucho – parce qu’il nous informe sur les intentions de Bergoglio de le nommer «défenseur de la foi», vu qu’on lui a confié des tâches d’une extrême délicatesse doctrinale ; de même, ces nominations nous font comprendre qui est Robert Francis Prévost, qui l’a confirmé dans ses fonctions.

Le 1er juillet 2023, François écrivait à Tucho avec ce vœu :

Le département que vous présiderez dans d’autres temps est allé jusqu’à utiliser des méthodes immorales. C’était une époque où, plutôt que de promouvoir la connaissance théologique, on poursuivait d’éventuelles erreurs doctrinales. Ce que j’attends de toi est sans aucun doute quelque chose de très différent.

Bien sûr, Bergoglio ne faisait pas référence à la Sainte Inquisition espagnole, mais au préfet de la Congrégation de la Foi, J. Ratzinger.

J’espère qu’elle n’apparaîtra pas comme une répétition opaque, si dans ces lignes je citerai des extraits de mon livre Un franc-maçon sur la Chaire de Pierre.

En 1995, Fernández publia son livre Sáname avec tu boca. El arte de besar, réimprimé par Lumen en 2013. Dans la préface du livre Tucho, il écrit : « Dans ces pages, je veux synthétiser le sentiment populaire, ce que les gens ressentent quand ils pensent à un baiser, ce que les mortels ressentent quand ils s’embrassent. Pour ce faire, j’ai parlé longuement avec beaucoup de gens qui ont une grande expérience en la matière, et aussi avec beaucoup de jeunes qui apprennent à embrasser à leur façon ». En 1998, le même prêtre publia La Pasión Mística. Espiritualidad y sensualidad, où il approfondit la relation entre les organes génitaux, l’orgasme et l’extase. En lisant ce manuel d’érotisme mystique, on pourrait penser que le prêtre en question n’est qu’une personne qui s’est trompée de métier, mais ce serait une conclusion trop hâtive et superficielle. Le deuxième chapitre décrit la jouissance érotique de la Samaritaine au puits, qui dans les bras de Jésus se sent comme « une adolescente amoureuse […] Et je te permets d’inonder ce lieu le plus profond de mon être et, dans un moment sublime, incroyable et surnaturel, de toucher la partie la plus délicate de mon intimité ». Après avoir traité de l’orgasme de quelques saintes nymphomanes dont Angela da Foligno et Marie-Madeleine de’ Pazzi, dans le sixième chapitre Fernández commence à raconter l’histoire érotique entre une adolescente de 16 ans et Jésus, avec la complaisance de Marie (la mère de Jésus), qui est « la femme la plus libre de l’histoire ». La jeune femme commence à décrire le beau corps de Jésus en le caressant, puis l’embrasse sur la bouche, tandis que Marie l’invite à continuer. Le septième chapitre s’intitule « Orgasme masculin et féminin », mais nous nous arrêtons là, notamment parce que Tucho a écrit d’autres essais sur l’érotisme mystique, un en 2002 et deux en 2004.

Je sais que nous traitons de sujets hallucinants, avec des accents de pur blasphème qui crient contre le ciel, mais ce sont là les précédents inquiétants de notre héroïque Fidei defensor. Très probablement, un psychiatre dirait que seule une personne atteinte de troubles sexuels maniaco-religieux, accompagnés d’hallucinations érotiques à fond mystique, pourrait écrire des choses de ce genre, mais ce n’était pas le jugement de François, qui a choisi Tucho avec beaucoup de sagesse, pour lui confier la charge d’anéantir l’Église catholique.Dans une interview accordée en 2020 à la Famille chrétienne, Fernández a dit : « Mais mes livres les plus connus sont des réflexions spirituelles qui remontent pour la plupart à l’époque où j’étais curé et beaucoup de gens me cherchaient pour me demander conseil. Peu de gens savent qu’un livre de spiritualité fait avec sérieux a un langage simple et existentiel, mais cela ne signifie pas qu’il est quelque chose de léger : parce qu’au contraire, il suppose beaucoup de réflexion, de prière et la capacité d’évaluer des expériences, de comprendre ce que vivent les gens, d’entrer en dialogue avec les sciences humaines… ».

L’évêque de Buenos Aires, Bergoglio, estimait à tel point la pornographie de Fernández qu’il le recommandait chaudement à la récalcitrante CDF pour la nomination au poste de recteur de l’Université catholique argentine, comme l’a avoué Tucho dans la même interview : « comme il s’agit d’une université pontificale, ma désignation nécessitait la ratification de Rome. Elle est arrivée 17 mois plus tard, parce que des gens avaient déposé des accusations sur mes prétendues erreurs doctrinales. À l’époque, Bergoglio, qui était archevêque de Buenos Aires, m’a toujours soutenu ».

Fernández est le rédacteur d‘Amoris laetitia qui abolit de fait le sixième commandement, mais que nous ne pouvons pas traiter dans ce contexte ; nous en reparlerons après l’importante rencontre que Léon a fixée du 7 au 14 octobre au Vatican. La collaboration du duo argentin Bergoglio-Fernández ne pouvait que donner lieu à des documents sacrilèges, et le 18 décembre 2023, la Déclaration Fiducia supplicans, qui permet la bénédiction des couples homosexuels, a été mise au jour. Après qu’un demi-monde catholique s’est révolté contre ce document exquisément hérétique, Tucho rédigeait un « Communiqué de presse sur la réception de « Fiducia supplicans », dans le but de faire la clarté pour les évêques imprudents qui n’en avaient pas compris la profondeur théologique. Le cardinal écrit : « Ce n’est que dans ce contexte (le mariage) que les rapports sexuels trouvent leur sens naturel, adéquat et pleinement humain. La doctrine de l’Eglise sur ce point reste ferme ». Après avoir condamné le péché de sodomie, le Communiqué déclare exactement le contraire et souhaite qu’à travers la bénédiction : « on demande qu’ils puissent vivre l’Evangile du Christ en pleine fidélité ». Question à poser au Défenseur fidèle : comment peuvent-ils être fidèles à l’Évangile s’ils vivent dans le péché de sodomie ?

M. Fernández tente néanmoins de rassurer les contestataires furieux : « La vraie nouveauté de cette Déclaration, celle qui nécessite un effort généreux de réception et dont personne ne devrait se déclarer exclu, n’est pas la possibilité de bénir des couples irréguliers ». Il est spécifié qu’il s’agit de bénédictions de quelques secondes : « Il s’agit de 10 ou 15 secondes… Et il conclut (le prêtre) par le signe de la croix sur chacun des deux ». Quel besoin y avait-il de cette Déclaration si la prière sur l’individu existe depuis toujours ? Récapitulons la logique doctrinale et pastorale du préfet du DDF :

On peut bénir les couples irréguliers,

mais ce n’est pas une bénédiction pour les couples sans papiers,

à la fin de la prière, les célibataires se bénissent.

Le 4 novembre 2025 a été publiée la Note doctrinale Mater Populi fidelis, où nous lisons : « Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, il est toujours inapproprié d’utiliser le titre de Corédemptrice pour définir la coopération de Marie ». Cette déclaration suscitait elle aussi un tollé, mais la réponse de Tucho était prête et convaincante. Dans une interview accordée à la journaliste Diane Montagna, Fernández a expliqué qu’il n’avait pas l’intention de juger ce qui a été dit dans le passé, et a spécifié la signification de « toujours inapproprié » : « À partir de maintenant, certainement. Il ne veut pas juger du passé. Cela signifie « à partir de maintenant ». Puis Tucho faisait une généreuse concession aux défenseurs du Titre marial, et disait à la journaliste qu’après avoir lu Mater Populi fidelis, on pouvait utiliser le mot Corédemptrice, mais seulement « entre amis ». En d’autres termes : si vous prenez un café au bar, entre amis, le mot « Corédemptrice » s’enfuit, ce n’est pas un péché.

Récemment, d’autres documents signés par l’hérétique Víctor Manuel Fernández ont été publiés, que j’ai commentés de manière synthétique sur ce blog. Face à cette désolante réalité doctrinale, dans cette dégradation spirituelle dans laquelle se sont enfoncés les responsables de ce que plusieurs Pères de l’Église appelaient «la barque de Pierre», avec quel courage peut-on dire que le Vatican est encore le siège de l’Église catholique et que la Chaire de Pierre est légitimement occupée ? Comme il l’a dit le 25 septembre à John-Henry Westen de LSNTV, le célèbre prédicateur franciscain le père Mary-Isaac Relyea : « Le silence des bergers n’est pas neutre ; c’est de la complicité ». Je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises : les cardinaux et les évêques qui soutiennent par leurs silences bruyants cet état d’apostasie devront rendre des comptes à Dieu, et je ne voudrais pas être à leur place.

Depuis qu’il a été élu pape, Léon parle de paix… paix et encore Paix, mais ce « Prince de la paix » (Is 9,5) est-il vraiment sincère ? Depuis de nombreuses années, les fausses enquêtes du Vatican sur l’ex-jésuite Marko Rupnik sont en cours, et ces derniers jours (23 septembre), les victimes de l’abuseur en série ont écrit une lettre ouverte à Léon XIV – elles avaient déjà écrit une lettre ouverte en 2023 à François, le principal protecteur de Rupnik –, où elles écrivent entre autres : « notre défenseur, Me Laura Sgrò, bien qu’il ait sollicité à plusieurs reprises et par tous les moyens le Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour avoir un minimum de clarté, dans le respect et dans l’intérêt de tous, sur le processus qui nous voit impliquées comme victimes, elles sont en train de le subir », et n’ont jamais eu de réponse père Lute. En confirmant Fernández dans ses fonctions, non seulement Prévost a déclaré la guerre au christianisme, mais il exerce une violence honteuse sur ces femmes ; et tandis que les traditionalistes dirigés par Viganò déversent leurs frustrations sur Vatican II, salué par les journaux télévisés de notre pays, Léon XIV est devenu une sorte de « calamité de la paix », attirant à lui de grandes foules – fascinées et emmitouflées par le néant – même en France… et la propagande antichristique continue.

Les prophéties de Prévost que j’ai citées sur ce blog, se réalisent littéralement.

Dernières nouvelles :

Après le message envoyé aux évêques français au mois de mars, où Léon exhortait à la persévérance dans « continuer à manifester l’attention de l’Eglise envers les victimes » d’abus, il renouvelait avec la même fermeté l’invitation aux mêmes évêques réunis à Lourdes le 27 septembre. Après avoir évoqué à deux reprises l’esprit du « Pape François », Prévost a déclaré :

« Ayez toujours le courage de reconnaître les erreurs avec amour de la Vérité et détermination en pansant les blessures avec la charité du Bon Pasteur, qui connaît ses brebis et les appelle chacune par leur nom. Levez-vous donc avec espérance et ne vous lassez jamais d’annoncer l’Évangile !… Ces dernières années, vous avez affronté avec détermination le douloureux fléau des abus sur les mineurs commis par des membres du clergé ou dans le contexte ecclésial. Vous avez pris des mesures courageuses pour y faire face, par l’écoute, la recherche de la vérité, la justice, le pardon, la réparation et un engagement résolu en faveur d’une culture de la prévention et de la protection contre ces crimes. Je vous remercie pour ce que vous avez fait et je sais que certains moments ont été très difficiles pour votre conférence. Il est nécessaire de poursuivre dans la voie empruntée, tout en maintenant la plus grande vigilance ».

Pour confirmer cet amour de la Vérité et cette détermination, Léon a rencontré quelques victimes d’abus, et maintenant le monde entier connaît son sérieux engagement pour éradiquer ce fléau. Comme on dit, « au-delà des dégâts, la moquerie », les victimes de Rupnik et de Lute dorment à présent sur leurs deux oreilles.

Antoine de Rome

Source Stilum Curiae Marco Tosatti

Víctor Manuel Fernández « Defensor Fidei »…Oui, tout comme Henri VIII

Le principe de pastoralité

VÉRITÉS ÉTERNELLES ET CHANGEMENTS « PASTORAUX »

Par The Catholic Thing 29 septembre, 2018

Le ressourcement (« un retour aux sources ») est une récupération créative des fondements de la foi chrétienne dans l’Ecriture et la Tradition qui font autorité, dans le but de revitaliser le présent. Cette récupération était au cœur de Vatican II. Dans la ligne de la pensée de Vincent de Lérins.

Le Concile a fait la distinction entre la vérité, et ses formulations conditionnées historiquement, véracité du contenu et du contexte, en résumé, propositions et phrases. Jean XXIII a fait allusion à ces distinctions dans son adresse d’ouverture à Vatican II, Gaudet Mater Ecclesia : « Car le dépôt de la foi (2 Tm I, 14) les vérités contenues dans notre enseignement sacré sont une chose ; la façon dont elles sont exprimées, mais avec le même sens et le même jugement (eodem sensu eademque sententia) en sont une autre ».

La clause subordonnée ici – eodem sensu eadem sententia – est une partie d’un passage plus long du Dei filius de Vatican I (4, 14), et ce passage, à son tour, est tiré de Commonitorium primum (23,3) de Vincent de Lérins : « C’est pourquoi, qu’il y ait de la croissance et un progrès abondant dans la compréhension, la connaissance et la sagesse, chez tous et chacun, dans les individus et dans l’Eglise entière, en tous temps et dans l’avancée des âges, mais seulement en gardant les bonnes limites, c’est-à-dire à l’intérieur du même dogme, du même sens, du même jugement. »

Yves Congar, un des grands théologiens de la nouvelle théologie, argumente que cette distinction résume le sens de Vatican II. Bien que les vérités de la foi puissent être exprimées de façons diverses, nous devons toujours déterminer, même quand nous approfondissons notre compréhension de ces vérités, que ces nouvelles re-formulations préservent le même sens et jugement (eodem sensu, eademque sententia), et de ce fait, la continuité matérielle, l’identité et l’universalité de ces vérités.

Par contraste, nous entendons aujourd’hui beaucoup de choses au sujet d’une orientation pastorale de la doctrine. « Pastoral » ici a un sens historiciste, déniant explicitement ou implicitement la validité constante d’une vérité logique : La vérité elle-même et pas seulement ses formulations, est sujette à être réformée et perpétuellement réinterprétée. C’est précisément ainsi que certains interprètent la distinction de Jean XXIII entre la vérité et ses formulations. Par exemple Richard Gaillardetz et Christophe Théobald, S.J. avancent cette interprétation que Théobald appelle « principe de pastoralité ».

Ce principe est historiciste car il fait s’effondrer la distinction d’une vérité immuable et ses formulations dans un contexte historique, signifiant alors, comme l’exprime Théobald, « sujet à une continuelle réinterprétation (et re-contextualisation) selon la situation de ceux à qui elle est transmise ».

Théobald déclare que l’expression « substance du dépôt de la foi », devrait être « prise dans son ensemble et sans faire référence à une pluralité interne (c’est-à-dire immuable vérité et ses formulations) qui fait déjà partie d’une telle expression ».

Comme le dit Gaillardetz, « la doctrine change quand les contextes pastoraux changent et de nouveaux aperçus émergent (car) des formulations doctrinales particulières n’assurent plus la médiation avec le message salvifique de l’amour de Dieu qui transforme ». En un mot, cette approche soulève la question du sens des doctrines comme vérités absolues, ou comme des affirmations objectivement vraies.

Mais ce principe particulier de pastoralité est peu plausible en tant qu’interprétation de Vatican II, étant donné que Jean XIII a marqué un point de contact clair avec la nouvelle théologie, mouvement de renouveau qui exerçait une influence significative sur le Concile.[condamnée par Pie XII ndlr]

Il est évident que ceux qui soutiennent ce principe ne semblent pas saisir la distinction entre les propositions et le phrases, entre la vérité et ses formulations. Par exemple : ils ont suggéré que puisqu’il y a eu un processus de révision d’Humanae Vitae qui a conduit à ses formulations théologiques finales, alors, la vérité elle-même qu’affirme cette encyclique peut changer.

Certains, maintenant, affirment aussi que Joseph Ratzinger a eu des difficultés avec les prétentions à la vérité d’Humanae Vitae. Pourtant, pendant les entretiens cités dans Le dernier testament : Selon ses propres paroles, le pape Benoit a clairement établi que ce n’étaient pas les conclusions d’Humanae Vitae qui lui posaient des questions, mais plutôt son argumentation : « Il était certainement clair que ce que l’encyclique disait était essentiellement valide, mais le raisonnement n’en était pas satisfaisant. »

Il ajoute :  « Je cherchais un point de vue anthropologique compréhensif », qu’il a trouvé dans « Jean Paul II qui devait compléter, (et non rejeter) le point de vue de la loi naturelle de l’encyclique avec une vision personnaliste » Jean Paul II a synthétisé avec succès dans son œuvre philosophique et théologique, dans un tout cohérent, le personnalisme, la phénoménologie existentielle/herméneutique, et le Thomisme.

Jean Paul II a fait des interprétations dans le style de Lérins. Cette synthèse se montre dans ses travaux sur l’anthropologie chrétienne la métaphysique, et l’éthique sexuelle (par exemple Amour et responsabilité ; Homme et femme il les créa : la théologie du corps ; La personne en action ; Personne et communauté. En effet, dans sa grande encyclique maintenant souvent ignorée, de 1993, Veritatis Splendor, il s’aligne explicitement sur l’herméneutique Lérinienne :

Il y a certainement un besoin de rechercher et de découvrir la formulation la plus adaptée pour les normes universelles et permanentes, à la lumière des différents contextes culturels, une formulation très capable d’exprimer sans cesse sa pertinence historique, de permettre qu’on les comprenne et interprète leur vérité de façon authentique. Cette vérité de la loi morale – comme celle du « dépôt de la foi » – se déploie au cours des siècles : les normes qui expriment cette vérité demeurent valides dans leur substance, mais doivent être spécifiées et déterminées « eodem sensu eadem sententia » à la lumière des circonstances historiques du magistère de l’Eglise, dont les décisions sont précédées et accompagnées par le travail d’interprétation et de formulation caractéristique de la raison d’individus croyants et de la réflexion théologique. (*53)

En se servant de la distinction entre la vérité et sa formulation, entre les propositions morales et leur expression linguistique, Jean Paul explique que les normes morales qui expriment des vérités morales, bien qu’elles tiennent compte des conditions variées de la vie selon les lieux, les époques, et les circonstances, « demeurent valides dans leur substance » et de ce fait, « doivent être précisées et déterminées eodem sensu, eadem sententia (selon le même sens et le même jugement).

Aussi y a-t-il une croissance dans la compréhension de la vérité morale, qui cherche et découvre « la formulation la plus adaptée aux normes morales universelles et permanentes » sans changer la substance et la détermination de la vérité de la moralité.

Saint Vincent de Lérins

Pour revitaliser le présent par une récupération créative des sources de la foi qui font autorité, l’Église a besoin de l’herméneutique Lérinienne, et non d’un principe historiciste de pastoralité.

18 juillet 2018

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/07/18/eternal-truths-and-pastoral-changes/

Le principe de pastoralité