Un évêque diocésain a vécu une « conversion » personnelle en faveur de la messe traditionnelle en latin.
Mgr Donald Lippert, évêque de Mendi, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a personnellement pris conscience de la beauté et de la puissance du rite romain traditionnel.
Il a déclaré à AdVaticanum.com le 29 septembre qu’il avait « au cours de l’année écoulée, opéré une sorte de conversion personnelle vers la messe traditionnelle en latin ».
« Je suis, comme beaucoup d’entre nous, un “amphibien”. J’évolue principalement dans le Novus Ordo, car c’est la réalité dans laquelle je vis, et l’Église que je suis appelé à servir pour l’instant. »
Il n’a « aucun problème avec le Novus Ordo », mais perçoit la force de la messe traditionnelle notamment dans la révérence qu’elle inspire : « La messe traditionnelle en latin revêt un caractère mystique et une dimension de révérence qui peuvent toucher le cœur des gens et les rapprocher de Dieu dans un monde où tant de distractions les éloignent de Lui. »
Il apprend encore à célébrer la messe.
La messe n’est pas destinée en premier lieu aux Occidentaux cultivés
Lorsqu’on lui a dit que la messe s’adressait à des personnes très cultivées en Occident, il a répondu : « Elle serait absolument encore plus accessible et plus puissante pour nos gens simples, qui comprennent les symboles et qui saisissent mieux le monde mystique que ne le font de nombreux Occidentaux. »
Il estime que les gens l’adopteraient « si l’Église leur en donnait l’occasion ».
« J’ai le sentiment que nos fidèles comprennent immédiatement de quoi il s’agit, sans qu’il soit nécessaire de leur donner beaucoup d’explications — même si la catéchèse restera toujours très importante. »
La messe en latin devrait devenir une option dans le diocèse
Il n’y a pas de messe traditionnelle en latin célébrée régulièrement dans le diocèse de Mendi. « Il s’agit d’un projet à long terme. »
Mgr Lippert souhaiterait en faire « une option au sein du diocèse » : « J’espère et je prie pour que l’Église ouvre cette possibilité. »
Cependant : « Je ne souhaite provoquer aucun conflit. »
« Il n’y aurait aucun problème dans le diocèse. Je pense que nos fidèles y seraient certainement ouverts. Je ne sais pas si tous nos prêtres le seraient, mais cela devrait se faire de manière naturelle et respectueuse. »
Mgr Lippert a ajouté : « D’après ma propre expérience, et compte tenu de ce que cela a représenté pour moi, j’aimerais pouvoir partager cela plus largement avec le diocèse. »
Mais voici le « mais » : « Il semble que ce ne soit pas, pour l’instant, une possibilité, mais j’espère et je prie pour qu’à un moment donné, cela devienne davantage une possibilité. »
Mgr Lippert a également souligné que c’est la messe traditionnelle en latin qui a évangélisé la Papouasie-Nouvelle-Guinée au milieu des années 1950 :
« C’était encore la messe en latin à cette époque. Certains de nos aînés s’en souvenaient d’ailleurs. Lors de la messe, ils s’en sont souvenus. Ils sont venus me voir après et m’ont récité certaines des réponses dont ils se souvenaient de leur enfance. »
Note de la rédaction : Réponse du pape Paul VI à Jean Guitton concernant le maintien de la messe ancienne (rite de saint Pie V) : « Non, si nous accordons la messe de saint Pie V (…), tout ce que nous avons acquis par le concile du Vatican sera ruiné »« Cela jamais ! »
Gaetano Masciullo 30 septembre 2026 The Remnant Le voyage apostolique du pape Léon XIV en France apparaît comme un appel à éveiller l’espérance et à retrouver les racines chrétiennes de l’Europe, mais il révèle, au fond, l’adoption d’un humanisme horizontal et multilatéral, dans lequel la foi catholique est réduite à une force éthique et sociale au service d’une coexistence mondiale pacifiée et désacralisée.
Le voyage du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre, a été perçu par les médias et l’opinion publique mondiale comme un succès pastoral majeur. La presse, tant française qu’internationale, a particulièrement souligné la ferveur populaire à Paris et à Lourdes : une affluence exceptionnelle pour un pays fortement sécularisé et comptant une très importante présence musulmane.
Bien que le record absolu d’affluence pour une célébration papale en France n’ait pas été battu (le précédent sommet ayant probablement été atteint lors des Journées Mondiales de la Jeunesse de 1997), l’accueil a été très chaleureux et a dépassé les attentes initiales : à Paris, environ 300 000 personnes ont suivi le parcours du pape depuis l’UNESCO jusqu’à Notre-Dame ; la messe du 26 septembre, célébrée place de la Concorde, a rassemblé près de 800 000 personnes sur les Champs-Élysées et dans les zones adjacentes, ; enfin, à Lourdes, environ 150 000 fidèles ont assisté à la messe du 27 septembre. La veillée avec les jeunes au Stade de France a également suscité un immense engouement : l’événement affichait complet et les attentes étaient jugées exceptionnelles bien avant même l’arrivée du pape.
Au-delà de la réception médiatique, il convient toutefois de chercher à comprendre ce qui importe davantage dans une analyse du Vatican : quel était l’objectif du voyage apostolique du pape Léon XIV en France, quel message a été transmis et comment ce message s’inscrit-il dans l’agenda plus large des voyages apostoliques de Prévost ainsi que dans le cadre théologique de référence de ce pontificat ?
Un fil conducteur dans les voyages apostoliques
Le voyage apostolique du pape Léon XIV en France ne constitue pas, en réalité, un épisode isolé (les voyages apostoliques ne doivent jamais être interprétés ainsi), mais s’inscrit dans une trajectoire géopolitique et pastorale précise et systématique, déjà tracée par les étapes internationales précédentes du pontificat, notamment en Turquie et au Liban (27 novembre‑2 décembre 2025), en Algérie (13‑15 avril 2026) et en Espagne (6‑12 juin 2026).
Rappelons comment, lors de la conférence de presse dans l’avion reliant Istanbul à Beyrouth (30 novembre 2025), le Souverain Pontife a décrit la Turquie, pays à majorité musulmane, comme un modèle de coexistence et un exemple d’harmonie interreligieuse pour le monde entier. Ce discours contrastait avec la réalité : comme l’ont souligné les rapports de l’European Centre for Law & Justice (ECLJ), la Turquie a pratiquement éradiqué sa présence chrétienne, pratique une discrimination institutionnelle à l’encontre des Églises, privilégie l’islam sunnite et restreint les activités chrétiennes. Il est donc surprenant qu’elle ait été présentée comme un modèle plutôt que le Liban, historiquement fondé sur un authentique équilibre multiconfessionnel.
Ce même décalage entre le discours et les faits s’est reproduit au printemps 2026 lors du voyage en Algérie. Durant sa visite à la Grande Mosquée d’Alger – qualifiée par Léon XIV d’« espace propre à Dieu » –, le Souverain pontife a évoqué sur les réseaux sociaux une prétendue « communion » entre chrétiens et musulmans, vécue « sous le manteau de Notre‑Dame d’Afrique ». Or, l’Algérie figure parmi les nations où la persécution des chrétiens est la plus forte : la conversion au christianisme y est pénalement sanctionnée, et les lois de 2006 et 2012 rendent l’ouverture de nouvelles églises pratiquement impossible tout en interdisant le prosélytisme (au grand bonheur de François et de Léon XIV). Lors du voyage en Espagne de juin 2026, le thème dominant fut, cela va sans dire, la défense intransigeante de l’accueil des flux migratoires, érigé en critère suprême d’authenticité évangélique : un véritable dogme de l’Église synodale, au mépris de l’asymétrie morale vis-à-vis des communautés d’accueil et des impératifs de prudence, de sécurité, de cohésion sociale, de continuité ethno-démographique et de préservation du bien commun.
Un peu plus d’un mois après le voyage de Léon XIV en Espagne, les 30 et 31 juillet, l’enclave espagnole de Ceuta, au Maroc, fut envahie par une horde de migrants, parmi lesquels figuraient d’anciens détenus ayant bénéficié d’une amnistie à l’occasion de l’anniversaire du roi du Maroc, Mohammed VI.
Au cours du voyage apostolique en France, trois thèmes majeurs sont revenus de manière récurrente : la priorité accordée à l’accueil des migrants, une Église au service du multilatéralisme et la « politique de deux poids, deux mesures » en matière de parrêsia (franc‑parler) vis-à-vis des puissants de ce monde.
S’agissant du dogme de l’accueil des migrants, la visite de Léon XIV au centre d’intégration ‘‘Maison Bakhita’’ à Paris, ainsi que les références répétées dans ses discours à l’Élysée, à l’UNESCO et à Metz, ont réaffirmé que ladite « intégration du migrant » — quelle qu’en soit la signification — doit s’opérer « comme s’il faisait partie de sa propre famille ».
À l’opposé de la diplomatie d’extrême prudence, voire de silence, adoptée — comme nous l’avons vu — envers les régimes autoritaires ou les contextes à dominante islamo-socialiste (tels que la Turquie, l’Algérie ou la Chine, où le Saint-Siège observe une discrétion diplomatique totale concernant les violations de la liberté religieuse et des droits de l’homme), le Pape fait preuve d’une parrêsia directe à l’égard des démocraties occidentales et des institutions laïques. En France, en effet, Léon XIV a fermement condamné les évolutions législatives relatives à l’euthanasie, à la gestation pour autrui (GPA), à l’avortement et aux manipulations génétiques, soulignant une fois de plus la disparité marquée dans l’exercice de la dénonciation morale selon l’interlocuteur géopolitique.
L’aboutissement de cette continuité s’est finalement manifesté à Metz (le 28 septembre), à l’occasion de la rencontre interreligieuse et de la signature de l’« Appel de Metz ». En définissant les religions — toutes sans exception — comme une « voie privilégiée » vers la paix et en invitant les différentes confessions à s’unir au service de l’humanité, le Saint‑Siège n’a fait que transposer la théorie géopolitique du multilatéralisme dans la sphère théologico-spirituelle.
Dans cette perspective, la paix entre les nations (comme cela a déjà été souligné dans d’autres analyses) devient la finalité première des religions, et tout particulièrement de la religion « catholique », ce qui conduit à les réduire à de simples forces éthiques au service de la stabilité et de l’ordre mondial.
Le triple cadre théologique
Le cadre rhétorique des discours prononcés par le pape Léon XIV lors de son voyage en France — incluant les appels à un réveil spirituel de l’Europe et à la protection de la vie naissante et finissante — repose sur une structure doctrinale et morale claire, élaborée dans la période post-conciliaire et consolidée sous le pontificat de Bergoglio. Ses lignes directrices se retrouvent dans la déclaration Dignitas infinita (pour la dimension anthropologique), l’encyclique Magnifica Humanitas (pour la dimension doctrinale) et l’« éthique de vie cohérente » (Consistent Life Ethic) développée par le cardinal Bernardin, à laquelle adhère Prévost — de son propre aveu —.
L’anthropologie invoquée par Léon XIV se fonde sur la notion de dignité infinie de l’homme. Ce concept contredit manifestement la Tradition catholique, puisqu’il attribue à la créature un attribut propre à Dieu — une dignité ontologiquement infinie —, atténuant voire niant la réalité du péché originel et, par conséquent, niant ou amoindrissant la nécessité de la Rédemption. En outre, en supprimant la distinction entre dignité naturelle et dignité surnaturelle, ce concept — d’origine maçonnique — favorise une vision anthropocentrée qui ne peut que relativiser le rôle de la Grâce et des sacrements, plaçant l’homme au centre plutôt que Dieu. Il ne faut pas oublier que Dignitas infinita est le document le plus important — car fondateur — du magistère bergoglien.
D’un point de vue plus doctrinal, l’encyclique Magnifica Humanitas a marqué un déplacement décisif de l’accent, passant de la Rédemption surnaturelle à la réalisation historique de l’homme. Le Christ y apparaît avant tout comme un modèle accompli d’humanité, la grâce est réduite à une aide extérieure accompagnant l’homme dans son cheminement, l’humanité en tant que collectif est désignée comme « le chemin, la vérité et la vie », tandis que la mission de l’Église tend à s’identifier à la construction d’un ordre terrestre plus juste et plus pacifique.
Sur le plan politique, l’encyclique a élevé le multipolarisme (ou multilatéralisme) et la culture de la négociation au rang de principes fondamentaux de l’action ecclésiale. Ainsi, Magnifica Humanitas reprend et consacre la ligne de l’Ostpolitik vaticane inaugurée par Casaroli : le dialogue et la coopération avec les pouvoirs politiques deviennent l’horizon privilégié de l’action de l’Église, avec pour conséquence de subordonner progressivement sa mission surnaturelle à une fonction éthique et diplomatique au service de l’ordre international promu par les institutions mondialistes.
Une coïncidence intéressante mérite d’être soulignée : alors que Léon XIV se trouvait en France, le secrétaire d’État Pietro Parolin — véritable architecte de cette « consécration » de l’Ostpolitik — s’est rendu, le 26 septembre, à la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York ; il y a pris la parole en citant abondamment Magnifica Humanitas et en présentant le multilatéralisme et la négociation à tout prix comme étant la vision même de Léon XIV.
Les positions de Léon XIV sur les questions de bioéthique et de société s’inscrivent dans le cadre de Consistent Life Ethic, selon laquelle toutes les questions relatives à la vie humaine relèvent d’un horizon moral unique. Cette approche tend toutefois à dissoudre la hiérarchie traditionnelle des questions éthiques, en plaçant sur le même plan des maux intrinsèques tels que l’avortement et l’euthanasie — qui n’admettent aucune exception — et des questions relevant de la prudence, comme l’immigration, la guerre ou les politiques sociales, qui dépendent au contraire d’évaluations contingentes.
En appliquant Consistent Life Ethic, Léon XIV condamne l’euthanasie et l’avortement (comme il l’a exprimé, par exemple, à l’Élysée et à Lourdes), mais il les intègre systématiquement dans le même ensemble que ce qu’il appelle les « guerres que l’humanité mène contre elle-même ». Cette uniformisation a également pour effet d’affaiblir la spécificité de la bataille bioéthique à laquelle nous assistons concrètement ces derniers mois et ces dernières années.
Les contradictions du voyage : retour aux racines chrétiennes, mais aussi aux « valeurs » de la Révolution française
Le point culminant du voyage apostolique en France a eu lieu le 28 septembre à Metz, lors d’un double événement illustrant parfaitement cette profonde contradiction : d’une part, la rencontre interreligieuse ; d’autre part, la conférence intitulée « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité », à laquelle a également assisté le président français Emmanuel Macron.
Déjà lors de sa visite à l’Élysée et de son discours au siège de l’UNESCO à Paris, le pape avait manifesté une tendance à concilier le Magistère catholique avec rien de moins que l’héritage des Lumières et, en particulier, la Révolution de 1789.
Dans son allocution devant les autorités civiles, le pape a défini la devise de la République française — Liberté, Égalité, Fraternité — comme une combinaison d’« impératifs éthiques universels qui trouvent aussi dans le message évangélique une source inépuisable d’inspiration et d’accomplissement ». En pratique, ces principes ont été élevés au rang de valeurs et de droits naturels. Comme si cela ne suffisait pas, il a cité la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 comme une « étape marquante sur le chemin du progrès moral de l’humanité », reprenant les mots de Jean‑Paul II.
Cette opération conceptuelle soulève des problèmes critiques manifestes : non seulement parce que présenter les principes de 1789 presque comme une conséquence naturelle de l’Évangile revient à faire preuve d’une grave amnésie historique quant à la matrice idéologique, laïciste et violemment persécutrice de la Révolution française à l’égard de l’Église catholique, mais aussi parce qu’élever au rang de critère moral suprême des pseudo-droits élaborés par des organisations laïques bouleverse l’approche classique ; les chartes internationales des droits finissent ainsi par devenir un Décalogue sécularisé dont l’Église attend sa légitimité, au lieu d’évaluer les lois civiles à la lumière de la loi divine.
La contradiction a atteint son paroxysme à Metz. Dans son discours sur les racines de l’Europe, le Pape a évoqué les figures de ceux que l’on appelle les Pères fondateurs de l’Union Européenne — à savoir les démocrates‑chrétiens Robert Schuman et Alcide De Gasperi, et même le pauvre saint Benoît de Nursie —, reconnaissant que la civilisation européenne est incompréhensible sans le christianisme.
Toutefois, il est légitime de se demander à quelle conception du christianisme il faisait référence, étant donné que, quelques heures plus tôt, dans ce même centre de congrès « Robert Schuman », le Souverain Pontife a assisté à la signature de l’Appel de Metz et l’a cautionnée.
Ce document — signé par le cardinal Jean-Marc Aveline (président de la Conférence des Évêques de France) ainsi que par des responsables musulmans, juifs, bouddhistes, protestants et orthodoxes — affirme textuellement que « les religions sont une voie privilégiée vers cette paix désarmée et désarmante à laquelle nous appelle Sa Sainteté le pape Léon XIV ».
Si toutes les religions constituent indistinctement une « voie privilégiée » vers la paix et le salut (purement terrestre) de l’humanité, la référence aux « racines chrétiennes » de l’Europe se trouve vidée de toute valeur normative et sotériologique, réduite à un simple souvenir historique ou à une touche de folklore. Pourquoi ne pas la remplacer par l’islam ou le judaïsme ? Après tout, toutes les religions sont au service de l’homme !
La doctrine catholique traditionnelle enseigne que la véritable paix — la tranquillité de l’ordre — ne résulte pas d’un compromis pluraliste ou d’une convergence éthique entre des religions coexistant les unes avec les autres, mais qu’elle est le fruit de la conversion authentique des nations au Christ‑Roi. Affirmer que le dialogue interreligieux est une voie vers la paix revient à faire de la stabilité géopolitique la finalité ultime des religions, en subordonnant la Vérité révélée à l’utilité sociologique.
Il ressort d’une analyse globale de ces discours que, lorsque Léon XIV parle du christianisme, il ne fait pas référence au catholicisme dogmatique et traditionnel — ce catholicisme qui a façonné la France en tant que ‘‘Fille aînée de l’Église’’, fondé sur la royauté sociale du Christ, sur le combat spirituel contre le péché et sur la centralité des sacrements, et qui, le cas échéant, a repoussé par l’épée des hordes d’envahisseurs cherchant à transformer l’Europe en une poudrière. Au contraire, la rhétorique du Vatican propose un christianisme désacralisé, immanent et synodal, réduit à un soft power aux mains des Nations Unies et de l’Union Européenne, et dont la mission première n’est plus la conversion ni le salut éternel des âmes.
Un paradoxe inattendu
Alors que l’on célébrait à Metz le dialogue interreligieux et la fraternité universelle, un paradoxe sociologique et théologique d’une portée considérable a néanmoins fait surface, et ce, depuis un point de vue tout à fait inattendu.
Le 25 septembre, un important groupe français d’apologétique islamique nommé Miséricorde pour l’Humanité — qui vise tout particulièrement la conversion des catholiques traditionalistes — a publié sur X une série de messages exprimant une profonde inquiétude face au succès du voyage du pape en France. Cette inquiétude faisait suite à l’affluence massive et à l’enthousiasme suscités par les événements papaux à Paris, où des milliers de jeunes fidèles chantant le Salve Regina en latin ont témoigné de la vitalité d’un catholicisme loin d’être éteint.
L’apologiste musulman a formulé une prédiction explicite : « D’ici 45 ans, la France sera redevenue catholique, et il ne nous restera que des larmes. » Ce qui rend cette analyse extrêmement révélatrice, c’est le diagnostic posé par cet apologiste musulman quant aux facteurs à l’origine de cette re‑christianisation annoncée de la France.
En observateur totalement extérieur, il constate que la dynamique religieuse française montre que le progressisme ecclésial — qui a tant contribué à favoriser l’islamisation de la France — appartient désormais à une époque en déclin.
À l’inverse, les forces vives de l’Église se concentrent dans les secteurs les plus fidèles à la Tradition ; ceux-ci attirent un nombre croissant de jeunes, de vocations sacerdotales et de conversions d’adultes — ces catéchumènes et néophytes que le Souverain Pontife a lui-même rencontrés à l’Institut catholique.
Dans un autre passage, plus intéressant encore, cet apologiste musulman reconnaît même que le principal obstacle conceptuel empêchant de nombreux musulmans français d’embrasser la foi catholique réside dans la contradiction entre l’enseignement du concile Vatican II sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae) et l’enseignement pérenne et traditionnel qui le précédait. Soulignons‑le : ce n’est pas un catholique traditionaliste ou « passéiste » qui fait ce constat, mais l’un des intellectuels musulmans les plus fins de France ! Cet épisode révèle l’ironie de la situation ecclésiale actuelle : alors que la hiérarchie vaticane consacre ses énergies à promouvoir un agenda multilatéral et interreligieux servant les intérêts des puissances de ce monde, les adversaires théologiques du catholicisme les plus influents en Europe à l’heure actuelle — à savoir les musulmans — ne voient pas dans le « christianisme du dialogue », mais bien dans la résurgence d’un catholicisme identitaire, dogmatique et traditionnel, le véritable point de force et la seule menace réelle pour leur conquête et leur hégémonie.
Note de la rédaction : La haine des frères qui refuse, de les convertir, de les libérer du joug de Satan, de la haine et de l’erreur, cette fausse miséricorde infernale incapable de procurer la vraie paix ne peut que s’accompagner d’un refus du réel……Ajoutons qu’il y a cinquante ans, il y eut d’autres accords à Metz pour ne pas condamner le communisme au concile, et la pétition de plus de 400 pères s’égara dans un tiroir.
Martyrs, saints patrons de Soleure, fêtés le 30 septembre. Ours et Victor sont représentés en armes, souvent la tête sous le bras. Ils sont considérés comme des soldats de la Légion thébaine, décimée vers 300 près d’Agaune (Saint-Maurice) pour avoir professé la foi chrétienne.
Soldat chrétien de la légion thébaine décimée vers 300 près de l’actuelle abbaye de Saint-Maurice d’Agaune. Victor et son compagnon Ours auraient réussi à fuir mais ils auraient finalement été tués à Soleure; ils deviennent au Moyen Age les saints patrons de cette ville. La chronique de Frédégaire (vers 660) relate que la princesse burgonde Sédeleube fit construire à proximité de Genève (quartier des Tranchées actuel) une église dédiée à saint Victor (vers 500, démolie en 1534); ses reliques furent redécouvertes à Genève en 602, sous Thierry II.
L’évêque Eucher de Lyon est le premier à avoir consigné les récits oraux de leur martyre; il rapporte une tradition selon laquelle Ours et Victor auraient été tués à Soleure.
La présence, en ce temps-là, d’une communauté chrétienne y vénérant les martyrs est concevable; une tombe ou un monument commémoratif daté du Ve s. a été retrouvé sous l’église Saint-Pierre. Jusqu’au VIIe s., il n’est plus fait mention d’Ours et de Victor.
Une première Passio du VIIe s. évoque la translation des os de Victor de Soleure à Genève. Le traité de Mersen sur le partage de la Lotharingie (870) mentionne un couvent de saint Ours à Soleure. A cette époque, les noms d’Ours et de Victor apparaissent dans des martyrologes. Il semble purement légendaire que la reine Berthe ait encouragé le culte de saint Ours à Soleure; la visite de la tombe de saint Victor en 999 à Genève par sa fille l’impératrice Adélaïde est en revanche attestée.
Une seconde Passio, probablement du Xe s. et augmentée à plusieurs reprises par la suite, fut copiée du martyre de Félix et Regula. Dès le XIe s., date de la construction de l’église romane Saint-Ours à Soleure, de nombreuses reliques d’Ours et de Victor furent distribuées à des églises et des couvents. La découverte d’autres martyrs thébains à Soleure, en 1473, conféra un nouvel élan au culte de saint Ours, la ville rivalisant politiquement avec Berne, qui vénérait les Dix Mille Martyrs. En 1519, le cercueil de saint Ours abritant deux squelettes fut découvert sous l’autel du chœur de Saint-Ours. La Réforme ne freina que temporairement le culte de ce saint.
150 000 pèlerins à Lourdes, la troisième journée de Léon XIV en France
Source: FSSPX Actualités 29 septembre 2026
Léon XIV à la procession aux flambeaux à Lourdes, le 27 septembre 2026.
Dimanche 27 septembre, Léon XIV a passé sa journée au sanctuaire de Lourdes. Il a d’abord confié aux évêques de France une « feuille de route » pour l’Église, avant de célébrer la messe sur la prairie devant 150 000 pèlerins. Son appel à la conversion s’est prolongé auprès des malades et des soignants par une ferme condamnation de l’euthanasie. Après une rencontre privée avec sept victimes d’abus, le pape a terminé la journée un cierge à la main, au milieu de la procession aux flambeaux.
Aux évêques : faire entendre la voix de l’Église
Dans l’hémicycle Sainte-Bernadette, où les évêques de France tiennent habituellement leurs assemblées plénières, le cardinal Jean-Marc Aveline a accueilli le pape en présentant les joies et les difficultés de l’Église dans le pays. Il a évoqué l’afflux des nouveaux baptisés et les foules venues à la rencontre de Léon XIV, mais aussi la transmission de la foi, les familles, les vocations, les ressources déclinantes de certains diocèses et la poursuite du travail entrepris après les révélations d’abus.
Léon XIV a commencé par rappeler le lien ancien de la France avec la Vierge Marie. Il a évoqué le « Royaume de Marie », le vœu de Louis XIII consacrant la France à Notre-Dame en 1638 et la proclamation de Notre-Dame de l’Assomption comme patronne du pays. Cette histoire, a-t-il dit aux évêques, doit les encourager à construire l’avenir de leurs communautés. L’Église a contribué à former la nation française ; elle appartient toujours à sa culture et à son identité.
De là, le pape a tiré une conséquence pour le présent : « La parole de l’Église a toute sa place dans le débat public en France. » Il a remercié les évêques pour leur prise de position dans les récents débats sur la fin de vie et les a invités à persévérer, même lorsqu’ils ne sont pas entendus. La laïcité française doit laisser à l’Église la liberté d’évangéliser, d’éduquer et de pratiquer publiquement le culte. Devant les tentatives de remettre en cause cet équilibre, Léon XIV leur a demandé de ne pas se résigner. Mais il s’en est tenu à la défense de la liberté de l’Église dans le cadre de la laïcité, sans rappeler le devoir des États de reconnaître le règne social de Jésus-Christ.
Son appel missionnaire partait aussi d’un constat sur la société française : la polarisation, la violence, la pauvreté et la désorientation grandissent là où Dieu est relégué à la vie privée. Le pape a demandé de proposer aux jeunes la voie de l’Évangile et d’offrir aux nombreux catéchumènes, particulièrement aux jeunes adultes, des communautés vivantes ainsi qu’un enseignement doctrinal solide. Il a condensé sa demande en une formule : « Il n’y a qu’une “feuille de route”, toujours la même : faire connaître et aimer Jésus-Christ, authentiquement, avec passion, encore et encore… »
École catholique, familles et vocations
Léon XIV a ensuite abordé plusieurs responsabilités concrètes des évêques. La première concerne l’enseignement catholique, dont le « caractère propre » est remis en question. Les établissements accueillent largement des élèves qui ne partagent pas la foi catholique, mais cette ouverture ne doit pas leur faire abandonner leur projet éducatif « centré sur le Christ ». Le pape a rappelé qu’une école catholique doit pouvoir offrir aux jeunes l’occasion de rencontrer Jésus-Christ et d’entendre sa parole. Il a ajouté qu’aucun élève ne devrait être marginalisé dans sa classe parce qu’il croit en lui.
Le pape a aussi parlé de la diminution des vocations religieuses, en particulier contemplatives. La fermeture de communautés monastiques anciennes lui cause, a-t-il confié, une véritable douleur. Une vocation, a-t-il expliqué, suppose la grâce, une foi profondément enracinée, une vie intérieure soutenue et la générosité du don de soi. Ces dispositions trouvent souvent leur premier terreau dans les familles chrétiennes. C’est pourquoi leur soutien ne relève pas, pour lui, d’un sujet secondaire : « Que Jésus vive pleinement dans les familles catholiques de France et les illumine de sa présence ! »
Évoquant les abus sur des mineurs commis par des membres du clergé ou dans un cadre ecclésial, Léon XIV a appelé à poursuivre l’écoute des victimes, la recherche de la vérité, la justice, la réparation et la prévention, en maintenant « la plus grande vigilance ». Il a demandé, dans le même temps, de soutenir les prêtres et de faire comprendre leur identité, « configurée au Christ », afin que de nouvelles vocations puissent naître.
Enfin, Léon XIV a exhorté les évêques à préserver l’unité de l’Église en France face aux « divisions idéologiques ». Cette unité, a-t-il dit, permet aux sensibilités catholiques de converger dans une même profession de foi et dans l’obéissance aux pasteurs légitimes. Il a ajouté : « Il s’agit d’une unité dynamique qui se nourrit de la Tradition de l’Église – des Pères jusqu’au Concile Vatican II –, et du Magistère postconciliaire. »
C’est précisément la continuité ainsi affirmée que conteste la Fraternité Saint-Pie X. Le magistère vivant ne se réduit pas à celui des pasteurs actuellement en charge : il comprend aussi les enseignements antérieurs, et sa mission est de garder et d’expliciter le dépôt de la foi, sans en changer le sens. La Tradition peut être dite « vivante » si la même vérité est transmise avec une clarté croissante, non si un enseignement nouveau contredit celui qui le précède. Pour la Fraternité, les difficultés soulevées par la liberté religieuse, l’œcuménisme, la collégialité et la réforme liturgique demandent donc des réponses sur le fond. Les qualifier de simples « divisions idéologiques » laisse entier le problème doctrinal dont dépend une véritable unité dans la foi.[sans oublier Nostra Aetate ndlr]
Sur la prairie : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! »
Vers 10 heures, la papamobile est entrée sur la prairie au milieu des pèlerins. La messe a commencé à 11 heures devant environ 150 000 fidèles. Quelque 150 évêques, un millier de prêtres, une centaine de diacres et 1 500 bénévoles participaient à la célébration ; près de 7 000 personnes malades se trouvaient parmi les pèlerins. La statue de Notre-Dame de Lourdes avait été installée auprès de l’autel. Les chants, portés notamment par de jeunes choristes, faisaient une place au grégorien et à la Messe des Anges.
L’homélie prononcée en français ne s’est pas limitée à une parole de réconfort. Léon XIV a choisi de développer l’appel central de Notre-Dame à Lourdes : la conversion. Partant des lectures du dimanche, il a rappelé que Dieu ne veut pas la perte de ses enfants, mais leur retour à la vie. Le Christ regarde avec tristesse les cœurs fermés ; l’Écriture presse l’homme de se détourner du péché. Cette urgence donne tout son poids à la formule du pape : « C’est aujourd’hui – pas demain – qu’il faut se convertir. »
Il a ensuite replacé cet appel devant la fin ultime de l’homme. Le bonheur terrestre est fragile et parfois inaccessible ; le bonheur véritable est promis dans la vie éternelle. Léon XIV a rappelé la parole de la Vierge à Bernadette : « Je ne te promets pas d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre. » Dans une société occupée par le progrès et le bien-être matériel, cette promesse, a-t-il dit, « bouscule nos mentalités contemporaines ». La vie éternelle a été obtenue par la mort et la résurrection du Christ ; elle est offerte par la grâce, mais l’homme doit librement l’accueillir. Le péché et le refus de Dieu constituent l’obstacle à cette vie.
Le pape est alors revenu aux paroles répétées trois fois par Notre-Dame : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! » Sommes-nous, a-t-il demandé, trop prompts à nous croire sans péché ? Pratiquons-nous assez la pénitence ? Marie ne l’a pas demandée seulement pour chacun, mais aussi « pour les pécheurs ». Devant les guerres qui détruisent des vies innocentes, Léon XIV a refusé d’imputer le mal à Dieu : « C’est donc le cœur des hommes qu’il faut changer, à commencer par le nôtre. » Il a présenté la pénitence comme une œuvre suscitée par un double amour : l’amour de Dieu, dont nos péchés blessent le Cœur et auquel nous voulons offrir réparation ; et l’amour de nos frères, qui restent sourds à l’appel à la conversion et que leurs fautes entraînent vers la mort.
Cette exigence, a poursuivi Léon XIV, vaut aussi pour l’Église. Elle doit reconnaître les « blessures profondes », les infidélités et les égarements commis en son sein et accepter d’être purifiée. L’appel du matin à écouter les victimes d’abus trouvait ici un prolongement spirituel : on ne peut prêcher la conversion en refusant de reconnaître ses propres fautes. Une distinction s’impose toutefois : ce sont les hommes qui doivent se repentir et faire pénitence pour leurs péchés. L’Église elle-même, sainte par son origine divine, sa doctrine et ses sacrements, ne saurait être tenue pour coupable des fautes de ses membres.
Le pape s’est enfin tourné vers les personnes malades. À Lourdes, leurs béquilles, leurs fauteuils et leurs larmes ne sont pas tenus à l’écart. Face aux idées qui mesurent la valeur de la vie à la santé ou à l’autonomie, il a affirmé qu’« aucune fragilité n’est rejetée » à Massabielle. Il a dit aux malades que leurs douleurs pouvaient être offertes en union avec la Passion du Christ et que leur rôle dans l’Église était irremplaçable. Aux pèlerins, il a confié une mission pour leur retour : « Portez le réconfort de Lourdes à vos voisins, à vos proches et à tout le peuple français. »
Avant l’Angélus, Léon XIV a invité tous les fidèles à prier le Rosaire pendant le mois d’octobre, avec une intention particulière : que cessent les guerres et que la paix s’établisse entre les peuples en conflit. Il a demandé que cette prière s’accompagne d’actes de pénitence et de miséricorde.
« Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral »
Dans l’après-midi, le pape s’est rendu à l’Accueil Notre-Dame. Ouvert en 1997 pour recevoir les pèlerins malades et les personnes handicapées, ce bâtiment a accueilli depuis lors des centaines de milliers de personnes avec leurs accompagnateurs. Léon XIV y a écouté un médecin parler de la relation qui unit celui qui soigne et celui qui est soigné. Marguerite Hourt lui a raconté comment une chute à vélo l’avait rendue paraplégique après des années passées au service des malades, et comment elle avait retrouvé à Lourdes la force de reprendre ce service.
Dans son discours, Léon XIV est parti du regard de la Vierge sur Bernadette : chaque personne est unique, personne n’est invisible aux yeux de Dieu. La dignité humaine, a-t-il affirmé, ne dépend ni des capacités ni de l’état de santé : elle appartient à la personne « par le simple fait qu’elle existe et a pour fin l’éternité ». Il a reconnu que certaines douleurs peuvent rendre l’avenir sombre et apparemment sans issue. C’est précisément dans ces situations, a-t-il ajouté, qu’il faut refuser « la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion ». Il a conclu cette mise en garde contre l’euthanasie par une distinction nette : « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »
Puis, s’adressant directement à tous les soignants, il leur a demandé de se souvenir du sens de leur vocation : « Veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer. » Il a rejeté une médecine mise au service de la « mort programmée » et appelé à développer les soins palliatifs, la recherche et l’accompagnement des malades. Il a remercié les médecins, infirmiers, brancardiers, aumôniers et hospitaliers de Lourdes : en soignant les corps, leur a-t-il dit, ils pansent aussi les âmes.
Les dernières paroles du discours s’adressaient aux personnes malades elles-mêmes : « Vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. » Le pape a ensuite salué les personnes accueillies et les associations présentes. Il a reçu de celles-ci un Livre de vie, réunissant des paroles de personnes accompagnées dans leur précarité, et les a encouragées à transmettre aux jeunes la joie du service. Il s’est rendu ensuite au Carmel de Lourdes pour une rencontre privée avec les religieuses contemplatives.
Sept victimes d’abus reçues individuellement
En fin d’après-midi, Léon XIV a reçu à la résidence épiscopale sept personnes victimes d’abus commis dans des milieux ecclésiaux en France : quatre hommes et trois femmes. En présence de Mgr Gérard Le Stang, évêque d’Amiens chargé de la prévention de ces violences au sein de la Conférence des évêques de France, il s’est entretenu personnellement avec chacun des participants avant de les retrouver ensemble. La rencontre a duré près de deux heures, de 17 h 30 à 19 h 30.
Le pape a écouté les faits et leurs conséquences, parfois aggravées par le silence ou la complicité de personnes qui auraient pu aider les victimes. Certaines lui ont présenté des propositions pour prévenir de nouvelles violences. Léon XIV a exprimé sa solidarité avec elles et réaffirmé son engagement pour que ce mal ne se reproduise pas.
Après l’entretien, plusieurs participants ont dit avoir trouvé le pape attentif et bien informé, mais ils ont également précisé qu’ils attendaient des réponses à leurs demandes.
Pèlerin parmi les pèlerins, un cierge à la main
Le soir, des dizaines de milliers de cierges ont éclairé le sanctuaire. Léon XIV a pris part au Rosaire et à la procession aux flambeaux derrière la statue de la Vierge, marchant avec les fidèles plutôt que de suivre la prière depuis une tribune. Les Ave Maria ont accompagné la procession depuis la grotte, à travers l’esplanade, jusqu’au parvis de la basilique du Rosaire.
Dans son discours, le pape a rappelé la demande transmise par Notre-Dame à Bernadette : « Que l’on vienne ici en procession. » Il a rendu grâce de pouvoir y répondre à son tour comme « pèlerin parmi les pèlerins ». La lumière portée dans la nuit, a-t-il expliqué, figure l’espérance chrétienne au milieu des épreuves. Il a repris à l’intention des malades la parole de saint Paul : « Il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui sera révélée en nous. »
Léon XIV a ensuite médité sur le nom donné par la Vierge à Lourdes : « Je suis l’Immaculée Conception. » Préservée du péché originel par les mérites du Christ, Marie est, a-t-il dit, la nouvelle Ève auprès de laquelle les chrétiens trouvent un secours pour accueillir la grâce de la Rédemption et lutter contre le mal. Son intercession, a-t-il insisté, n’est pas accessoire à la vie chrétienne.
Cette insistance sur la place de Notre-Dame dans notre salut rend d’autant plus regrettables les restrictions de Mater Populi fidelis. Préparée sous François et portée par le cardinal Fernández, cette note écarte le titre de « Corédemptrice » et remet en question la médiation universelle de Marie. Sans que sa part exacte dans l’élaboration du document soit connue, Léon XIV en a tout de même personnellement approuvé le texte et ordonné la publication le 7 octobre 2025. Ses paroles à Lourdes ne reviennent pas sur ces restrictions offensantes envers Notre-Dame.
Au terme de cette journée, le pape a invité les pèlerins à présenter à Notre-Dame leurs intentions les plus pressantes. La dernière image de Lourdes était celle d’une foule avançant dans la prière, à la lumière des cierges. De l’appel à la pénitence prononcé le matin à la défense des personnes malades, puis à la procession du soir, Léon XIV a constamment ramené les regards vers la même espérance : la vie éternelle promise par le Christ.
Péché, conversion, pénitence, réparation, offrande des souffrances, vie éternelle, grâce de la Rédemption, intercession de Notre-Dame : ces réalités surnaturelles retrouvent une place explicite dans la prédication pontificale, après avoir été largement reléguées au second plan dans la pastorale française depuis plusieurs décennies.
À Lourdes, le jargon conciliaire de la synodalité et de la fraternité universelle s’est effacé, le temps du pèlerinage, devant un vocabulaire qui parle aux âmes de leur salut et demeure nécessaire bien au-delà du passage du pape en France.
Note de la rédaction : « …À les entendre, à les lire, on serait tenté de croire qu’ils tombent en contradiction avec eux-mêmes, qu’ils sont oscillants et incertains. Loin de là : tout est pesé, tout est voulu chez eux, mais à la lumière de ce principe que la foi et la science sont l’une à l’autre étrangères. Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique: tournez la page, vous croyez lire un rationaliste. Écrivent-ils histoire : nulle mention de la divinité de Jésus-Christ: montent-ils dans la chaire sacrée, ils la proclament hautement« …Saint Pie X Pascendi . On ne peut que se réjouir de ce rappel des vérités éternelles, mais on attend que le pape corrige les erreurs, réprime les abus, cesse de nommer des personnes douteuses…..Une loi mauvaise, contre la loi divine ne saurait être une loi véritable, et n’oblige en rien. On ne peut pas, en même temps, vanter les « Lumières » « les Droits de l’homme » minorer les mérites de la Mère de Dieu, refuser de rencontrer des catholiques fidèles, et tenir ces beaux discours en vantant le dialogue.
Notre Dame du Rosaire priez pour nous
Si quelqu’un n’aime point notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il soit anathème ! Maran-Atha (c’est-à-dire, le Seigneur vient). I Cor 16, 22
Le 16 septembre, le Vatican a publié le document Un chemin d’espérance : soixante ans de dialogue interreligieux et de fraternité à la lumière de la déclaration conciliaire Nostra Aetate. Ce document, fruit de la sagesse de trois dicastères pontificaux, est très important, car il confirme le projet de l’Église synodale visant à neutraliser la véritable Église de Jésus-Christ au profit du Dialogue, élevé au rang de divinité.
Au n° 24 de la Note, on peut lire :
« La persévérance dans le dialogue interreligieux veut être la démonstration que le fondamentalisme est une falsification des religions, qui s’oppose à leur vocation profonde. Dans un discours célèbre, reprenant les paroles d’un empereur byzantin, il [Benoît XVI] affirma que “la diffusion de la foi par la violence est une chose déraisonnable. La violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme”. »
Ce paragraphe reprend le discours prononcé par le Pape à Ratisbonne, lequel se référait pourtant aux musulmans. Mais cela n’intéresse pas l’Église synodale : l’annonce de l’Évangile est soupçonnée de violence et d’un fondamentalisme inacceptable, dont le dieu Dialogue serait appelé à nous sauver.
Puisque, débordant de rhétorique, Léon XIV a lui aussi stigmatisé, dans Magnifica Humanitas (25), l’annonce de l’Évangile par la violence, je voudrais demander à l’artisan principal de cette Note, le cardinal Fernández : au cours des derniers siècles, dans quel pays du monde l’Église catholique a-t-elle imposé l’Évangile par la force ?
La Note reprend le style synodal caractéristique : tout dire et son contraire, avec une attention particulière portée à la tromperie. Après avoir relativisé Jésus-Christ et l’avoir remplacé par le dieu Dialogue, la Note cherche à rassurer les catholiques :
« Il ne s’agit pas, en vérité, de fonder une grande religion mondiale dans laquelle toutes les croyances seraient nivelées. Cette possibilité doit être exclue par respect de soi-même et des autres » (53).
Le paragraphe suivant est particulièrement révélateur. Notre cher cardinal Tucho invite à renoncer aux dogmes, parce qu’ils feraient souffrir les plus faibles :
« Pour parvenir à cet objectif, il est nécessaire d’opérer une véritable transformation des mentalités : abandonner les logiques de défense, d’hostilité ou de conquête, afin d’adopter une attitude ouverte, bienveillante et courageuse. Les modèles monolithiques et isolés, qui encouragent une vision fermée de la réalité, se révèlent de plus en plus inadéquats et, en définitive, sources de violence et de souffrance pour les plus faibles. »
Pour enfoncer le clou, il ajoute :
« La défense intransigeante de sa propre position et le prosélytisme, comme unique mode de rencontre avec “l’autre”, n’ont désormais plus de sens dans un monde qui ressemble de plus en plus à un village global interconnecté et en perpétuel mouvement. »
Soulignons la tromperie : auparavant, il aurait eu un sens d’annoncer l’Évangile et de faire du prosélytisme ; mais désormais, dans le village global interconnecté, cela n’aurait plus de sens.
Toute la Note souligne que l’annonce de l’Évangile doit être remplacée par le dialogue :
« À ceux qui seraient tentés d’insister exclusivement sur l’obligation d’annoncer le Christ, on rappelle que la déclaration Nostra Aetate inclut la nécessité du dialogue avec les autres traditions religieuses, étant donné que celui-ci “fait désormais partie de la mission évangélisatrice de l’Église” » (22).
Dans le document du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Le dialogue dans la vérité et la charité. Orientations pastorales pour le dialogue interreligieux (2014), on trouve exactement le contraire :
« Tant le dialogue que l’annonce constituent “des éléments authentiques de la mission évangélisatrice de l’Église… intimement liés, mais non interchangeables” » (39).
Il est clair que l’esprit directeur de Robert Francis Prévost, autrement dit le « pape François », est le véritable inspirateur de ce document. Celui-ci cite également un de ses discours de 2019, dans lequel il est affirmé que le christianisme a beaucoup à apprendre des autres religions :
« Je crois que, dans ce domaine, les religions, tout comme les universités, sans avoir besoin de renoncer à leurs caractéristiques propres et à leurs dons particuliers, ont beaucoup à apporter et à offrir. Tout ce que nous faisons en ce sens constitue un pas important pour garantir aux jeunes générations leur droit à l’avenir et sera également un service rendu à la justice et à la paix. »
Dans l’Église synodale, tout doit être « nivelé », exactement comme dans le magnifique poème de Totò. Même ce que nous lisons au n° 22 de Dominus Iesus se transforme en une pièce archéologique incapable de créer le dialogue et la fraternité universelle :
« Avec la venue de Jésus-Christ Sauveur, Dieu a voulu que l’Église fondée par lui soit l’instrument du salut de toute l’humanité (cf. Ac 17, 30-31). Cette vérité de foi n’enlève rien au fait que l’Église considère les religions du monde avec un respect sincère, mais elle exclut en même temps radicalement cette mentalité indifférentiste, caractérisée par un relativisme religieux qui conduit à considérer qu’“une religion vaut l’autre”. S’il est vrai que les membres des autres religions peuvent recevoir la grâce divine, il est également certain qu’objectivement, ils se trouvent dans une situation gravement déficitaire par rapport à celle de ceux qui, dans l’Église, possèdent la plénitude des moyens du salut. »
À vrai dire, la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi est citée, mais uniquement pour l’empêcher de dire la « vérité ». Selon le style désormais bien établi de Léon XIV, que j’ai déjà souligné à plusieurs reprises, la « vérité » est brandie partout, mais uniquement pour être méprisée.
Dans le document de 2014 déjà cité, on peut lire :
« Pour les catholiques, le dialogue exige une connaissance suffisamment approfondie de la doctrine de l’Église, une “foi solide et une maturité spirituelle et humaine […] dans la mesure où ils approfondissent leur foi, les catholiques seront mieux à même de comprendre le sens, la nécessité et l’importance de la rencontre avec les croyants d’autres religions” » (31).
La Note reprend le même concept au n° 22, mais, au lieu de révéler une connaissance approfondie de la doctrine de l’Église, elle manifeste en réalité une ignorance crasse qui fait frémir les vrais catholiques.
Cette Note « parle d’elle-même », instrumentalisant le véritable Magistère et l’utilisant à ses propres fins. Sous le signe du « tout et de son contraire », on cite également, à l’intention des naïfs, Redemptoris missio de Jean-Paul II, « qui réaffirme la valeur permanente du mandat missionnaire », suivie de Dialogue et annonce (21).
Dans un article précédent publié sur ce blog, j’ai écrit que nombre de cardinaux et d’évêques « vivent comme Alice au pays des merveilles, plongés dans un monde magique et absurde ». On pourrait également dire qu’ils ressemblent à des extraterrestres qui, au cours de leurs voyages spatiaux, s’arrêtent à Rome pour visiter Saint-Pierre et lisent peut-être quelques pages du journal du cardinal Zuppi, Avvenire.
Le 27 juillet, un journaliste de katholisch.de a interrogé l’un de ces extraterrestres en lui demandant son opinion sur Léon XIV. L’extraterrestre a répondu :
« C’est un homme prudent et sage. Le choix de son nom a envoyé un signal clair. Il accorde davantage d’importance à la collaboration directe de la Curie romaine et exprime sa confiance en elle. En même temps, il reconnaît qu’il existe des tensions et des difficultés au sein de l’Église qui doivent être surmontées. Il reconnaît cette réalité et cherche à guérir les blessures existantes avec sagesse. Une ligne de raisonnement claire apparaît. Cela se reflète dans ses décisions en matière de personnel, ainsi que dans ses écrits magistériels et ses déclarations publiques…
La tâche la plus importante d’un pape est d’être le premier témoin de Jésus-Christ. C’est le point essentiel. Il doit apporter des réponses convaincantes, fondées sur la foi, aux questions du présent. Les critiques seront inévitables, même si, jusqu’à présent, il n’a reçu presque que des réactions positives. »
Le journaliste, intrigué, demanda à l’extraterrestre s’il avait un nom. La mystérieuse créature répondit :
Léon XIV nomme un évêque qui célèbre la Pâque juive avec ses séminaristes.
Le pape Léon XIV a nommé aujourd’hui Mgr Ramón Salazar Estrada, 63 ans, jusqu’à présent évêque auxiliaire de Guadalajara, au poste de nouvel évêque de Mazatlán, au Mexique.
M. Salazar a été ordonné prêtre en 1993 pour l’archidiocèse de Guadalajara. Il est titulaire d’un doctorat en théologie morale de l’Académie Alphonsienne de Rome.
Allégations d’activités homosexuelles au séminaire
Au sein de l’archidiocèse de Guadalajara, il existe un blog anonyme consacré à la surveillance de l’Église, GdlSantaIPecadora.blogspot.com. Selon cette source, le séminaire était confronté en 2012 à des « cas délicats d’homosexualité », ainsi qu’à des problèmes d’alcoolisme. En mai 2014, le blog a dénoncé l’existence d’un réseau interne de séminaristes organisant des rencontres homosexuelles par téléphone, des liens avec des prêtres extérieurs au séminaire, ainsi qu’une protection ou une tolérance de la part de certains formateurs. Il a également affirmé qu’au moins sept séminaristes avaient été renvoyés à la suite d’accusations liées à l’homosexualité.
M. Salazar était déjà étroitement impliqué dans la formation au séminaire lorsque ces allégations ont fait surface. Il travaillait comme directeur spirituel et formateur depuis les années 1990. De 2006 à 2015, il a été directeur spirituel de l’Institut pour les vocations adultes et a également enseigné au séminaire. De 2015 à 2021, il a occupé le poste de directeur spirituel du séminaire. En 2021, il a été consacré évêque auxiliaire.
Le blog GdlSantaIPecadora.blogspot.com avait publié en 2014 un portrait de M. Salazar, car son nom circulait déjà parmi les rumeurs concernant un éventuel futur évêque. Le blog le décrivait comme un séminariste calme, patient, studieux et travailleur, qui devint par la suite un formateur respecté mais exigeant.
Toutefois, il ajoutait que ses années passées aux côtés des séminaristes l’avaient aidé à « gagner en souplesse ». Et : ceux qui le connaissaient affirmaient que le Ramón de l’époque avait changé par rapport au « Ramón d’il y a quatorze ans ».
Déjà, un article de 2013 faisait remarquer de la même manière que, bien qu’il fût théologien moraliste, Salazar n’était « pas du tout rigide ».
Célébration de la Pâque juive
L’épisode le plus marquant de la vie récente de Salazar a été relaté par Salazar lui-même sur Facebook le 8 avril 2022.
Mgr Salazar, évêque auxiliaire, a pris un repas de Pâques juive avec des séminaristes au Grand Séminaire de Guadalajara. On peut voir les séminaristes portant des kippas autour de tables dressées pour l’occasion.
Salazar a lui-même légendé les photos : « Souper juif au Grand Séminaire. Une journée de prière et de louange à l’occasion de la célébration juive de la Pâque. »
Il est interdit aux catholiques de célébrer la Pâque juive en tant que rite religieux de l’Ancienne Alliance, car ses cérémonies annonçaient le Messie qui est déjà venu en Jésus-Christ et a accompli la rédemption qu’elles préfiguraient.
Ils préfèrent les ténèbres à la Lumière, les figures à la Réalité
ILS NE LA HAÏSSENT QUE LORSQU’ELLE CONTRARIE LEURS PASSIONS.
Tous les hommes ne veulent donc pas être heureux, car il en est qui, refusant de se réjouir en vous, seule vie bienheureuse, refusent leur félicité. Serait-ce plutôt que, malgré leur désir, les révoltes de la chair contre l’esprit, et de l’esprit contre la chair, les réduisent à l’impuissance de leur vouloir ( Ga. V, 17), les précipitent dans la faiblesse de leur force, dont ils se contentent, faute d’une volonté qui prête la force à leur faiblesse?
Je leur demande à tous s’ils ne préfèrent pas la joie de la vérité à celle du mensonge. Et ils n’hésitent pas plus ici que pour la réponse à la question du bonheur. Car la vie heureuse c’est la joie de la vérité; c’est la joie en vous, qui êtes la vérité ( Jn, XIV, 6), ô Dieu! ma lumière, mon salut ( Ps. XXVI, 1), mon Dieu. Nous voulons tous cette vie bienheureuse, nous voulons tous cette vie, seule bienheureuse; nous voulons tous la joie de la vérité.
J’en ai vu plusieurs qui voulaient tromper, nul qui voulût l’être. Où donc les hommes ont-ils pris cette connaissance du bonheur, si ce n’est où ils ont pris celle de la vérité? car ils aiment la vérité, puisqu’ils ne veulent pas être trompés. Et ils ne peuvent aimer la vie heureuse, qui n’est que la joie de la vérité, sans aimer la vérité. Et ils ne sauraient l’aimer, si la mémoire n’en avait aucune idée.
Pourquoi donc n’y cherchent-ils pas leur joie, pour y trouver leur félicité? C’est qu’ils sont fortement préoccupés de ces vanités qui leur créent plus de misères que ce faible souvenir ne leur laisse de bonheur. Il est encore une faible lumière dans l’âme de l’homme. Qu’il marche, qu’il marche, tant qu’elle luit, de peur d’être surpris par les ténèbres (Jn, XII, 31).
Mais d’où vient que la vérité engendre la haine? D’où vient que l’on voit, un ennemi dans l’homme qui l’annonce en votre nom, si l’on aime la vie heureuse qui n’est que la joie de la vérité? C’est qu’elle est tant aimée, que ceux même qui ont un autre amour veulent que l’objet de cet amour soit la vérité; et refusant d’être trompés, ils ne veulent pas être convaincus d’erreur. Et de l’amour de ce qu’ils prennent pour la vérité vient leur haine de la vérité même. Ils aiment sa lumière et haïssent son regard. Voulant tromper sans l’être, ils l’aiment quand elle se manifeste, et la haïssent quand elle les découvre; mais par une juste rémunération, les dévoilant malgré eux, elle leur reste voilée.
C’est ainsi, oui c’est ainsi que l’esprit, humain, dans cet état de cécité, de langueur, de honte et d’infirmité, prétend se cacher et que tout lui soit découvert; et il arrive, au contraire, qu’il n’échappe pas à la vérité qui lui échappe. Et néanmoins dans cet état de misère, il préfère ses joies à celles du mensonge. Il sera donc heureux lorsque, sans crainte d’aucun trouble, il jouira de la seule Vérité, mère de toutes les autres. Saint Augustin Confessions
Lu sur le site de l’Union des journalistes orthodoxes ukrainiens :
L’initiative de créer et d’aménager un sanctuaire païen dans la région de Kharkov revient au commandant du 96e bataillon indépendant du 3e corps d’armée.
Dans la région de Kharkov, des soldats ukrainiens du 96e bataillon de soutien indépendant du 3e corps d’armée — une unité formée par des membres issus du régiment nazi Azov — ont inauguré un sanctuaire païen dédié à Svarog.
Un représentant de l’organisation néopaïenne Rodnaïa Vera (Foi ancestrale) a pris part à la cérémonie d’inauguration et de consécration, accomplissant un rite d’invocation de la divinité païenne Svarog, surnommé le « Forgeron céleste ».
Les représentants de l’organisation ont tenu à remercier tout particulièrement le commandant du 96e bataillon de soutien, Sergueï Tichtchenko ; c’est en effet grâce à son initiative et à son soutien direct que l’aménagement de ce sanctuaire païen a pu être réalisé.
Selon les païens, ce sanctuaire est destiné à devenir un « lieu de force » pour les militaires, leur permettant d’invoquer les divinités païennes avant de partir en mission.
Historiquement, le culte de Svarog et de son fils Svarojitch dans les tribus slaves occidentales était associé à des sacrifices païens. Le chroniqueur médiéval Thietmar de Mersebourg a notamment consigné que, dans le cadre du culte slave occidental de Svarojitch, des prisonniers chrétiens étaient offerts en sacrifice aux idoles durant les guerres contre les Allemands.
Et ceci est le symbole (moderne, et apparenté au « soleil noir » nazi) de la « Foi ancestrale » au dieu Svarog, le kolovrat (« roue qui tourne »), double svastika :