Dictature verte

Le pape François a félicité Greta Thunberg pour son engagement en défense du climat

Le Pape François                     rencontre la jeune militante écologiste Greta                     Thunberg, au Vatican le 17 avril 2019.
VATICAN MEDIA HANDOUT / EPA-EFE

La militante Greta Thunberg a rencontré mercredi 17 avril le Pape François, au Vatican. Le souverain pontife a encouragé la jeune suédoise à poursuivre sa mobilisation.

La jeune militante suédoise pour le climat Greta Thunberg et le pape François se sont brièvement rencontrés mercredi 17 avril au Vatican, à l’issue de l’audience générale du souverain pontife, a constaté l’AFP.

« Le Saint Père a remercié et encouragé Greta Thunberg pour son engagement en faveur de la défense de l’environnement », a déclaré le porte-parole du Vatican Alessandro Gisotti. Tous deux se sont serrés la main et la jeune Suédoise de 16 ans a elle aussi remercié le pape « pour ses efforts en faveur de la défense » de la planète avec son encyclique « Laudato si » consacrée à ce thème.

« Il m’a dit de poursuivre mon engagement »

« J’ai rencontré aujourd’hui le pape François. Je l’ai remercié car il parle clairement de la crise climatique. Il m’a dit de poursuivre » mon engagement, a écrit Greta Thunberg sur Facebook. Traditionnellement après chaque audience générale, le pape rencontre quelques dizaines de personnes avec lesquelles il échange quelques mots, comme il l’a fait mercredi avec Greta Thunberg.

La jeune Suédoise doit être reçue jeudi par des responsables politiques italiens et participer vendredi à Rome à une manifestation en faveur de la protection de l’environnement organisée par de jeunes Italiens qui suivent son exemple.

« Agir maintenant » face à l’urgence

Greta Thunberg a servi d’inspiration à des milliers de jeunes en Europe qui ont battu le pavé ces dernières semaines pour alerter sur l’urgence de lutter contre les dérèglements climatiques.

Les politiciens européens doivent « agir maintenant, car il n’y a pas beaucoup de temps », a ainsi déclaré mardi 16 avril devant le Parlement européen la lycéenne, fondatrice de la « grève de l’école pour le climat », qu’elle avait commencée seule devant le Parlement suédois.

Laurent Alexandre: «Greta Thunberg est instrumentalisée par des militants extrémistes»

L’écolo-catastrophisme et son cortège de peurs est l’instrument idéal pour proposer une nouvelle utopie qui est un substitut à la dictature marxiste. En instrumentalisant la jeunesse, on impose un agenda liberticide au nom des bons sentiments.
Lénine qualifiait les bourgeois de gauche d’idiots utiles de la révolution ; les jeunes qui suivent Greta Thunberg sont les idiots utiles de la dictature verte. Ressuscitant les peurs des chrétiens de l’an mil, on persuade les jeunes qu’on brûlera bientôt dans l’enfer du réchauffement climatique sauf s’ils acceptent une réduction massive de leurs libertés.

Greta Thunberg favorise également les intérêts de la Chine et de la Russie. Les énergies renouvelables intermittentes nous rendent fortement dépendants des métaux rares qui fourmillent dans les installations éoliennes, solaires et de stockage et dont la Chine a un quasi-monopole….Les officines qui ont fabriqué Greta Thunberg ont visé juste: son âge et son handicap la rendent inattaquable. Greta Thunberg est une victime honteusement manipulée.

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Dictature verte

Une interprétation pertinente

L’interprétation de Mgr Schneider sur l’incendie de Notre-Dame de Paris
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La véhémence fulgurante avec laquelle l’incendie a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris a laissé l’impression qu’un événement inattendu s’était produit comme un éclair. Et pourtant, considérée comme un phénomène, cette tragédie est survenue après une série de centaines d’attaques d’incendies systématiques visant divers objets sacrés appartenant à l’Église catholique en France au cours de l’année écoulée.

Il est également intéressant de noter que l’incendie à Notre-Dame s’est produit au début de la semaine sainte, qui est le cœur de l’année liturgique pour tous les catholiques. Comme les faits en l’espèce sont encore inconnus, nous ne disposons d’aucune preuve permettant de fonder des allégations de complot visant à détruire la cathédrale. Pourtant, il reste un sentiment intime de nausée, en particulier lorsque l’on considère la chaîne d’événements anticatholiques systématiques, de marginalisation, de discrimination et de ridicule subie par la foi catholique aux mains de l’establishment politique français et du paysage médiatique français, qui sont fermement entre les mains des puissances antichrétiennes et maçonniques en France.

Notre-Dame n’est pas seulement le signe culturel et religieux le plus symbolique de l’Église catholique de France. Étant donné que la France porte le titre de «fille aînée de l’Église», sa cathédrale principale revêt également une profonde signification culturelle et religieuse pour l’ensemble du monde catholique.

La destruction d’un signe visible d’une aussi grande étendue que la cathédrale Notre-Dame de Paris contient également un message spirituel indéniable. Le feu de Notre-Dame est sans aucun doute un signe puissant et émouvant que Dieu donne à son Église de nos jours. C’est un cri de cœur pour une conversion authentique, en premier lieu parmi les bergers de l’Église. L’incendie a en grande partie détruit Notre Dame, chef-d’œuvre séculaire de la foi catholique. C’est une représentation symbolique et hautement évocatrice de ce qui s’est passé dans la vie de l’Église au cours des cinquante dernières années, alors que les gens ont assisté à une conflagration des plus précieux chefs-d’œuvre spirituels de l’Église, c’est-à-dire l’intégrité et la beauté de la foi catholique, liturgie catholique et vie morale catholique, en particulier chez les prêtres.

L’apogée de cette conflagration spirituelle qui dure depuis plusieurs décennies s’est manifestée dans les scandales cléricaux d’abus sexuels qui ont profondément ébranlé toute l’Église. Malheureusement, force est de constater que le traitement du scandale des sévices sexuels commis par des clercs en est resté plus ou moins à la consternation émotionnelle. Les véritables racines de cette crise n’ont pas été révélées de manière transparente, pas plus qu’un remède spirituel efficace et des normes canoniques impératives n’ont été appliqués.

Dans un essai récent et détaillé, l’ancien pape Benoît XVI a identifié l’une des causes les plus importantes de la crise des abus, à savoir la perte de la vraie foi, la prédominance du relativisme moral et la formation hétérodoxe et non spirituelle de séminaristes. En réaction à la déclaration de l’ancien pape Benoît XVI, on pouvait observer un silence gêné – et même quelques critiques indignées – dans les rangs de l’establishment des théologiens libéraux et du clergé libéral, qui sont les véritables incendiaires spirituels dans l’Église aujourd’hui. Ils considèrent désormais que l’ancien pape Benoît XVI est un fauteur de troubles dont les observations franches entravent leur travail d’incendiaires.

Si les pasteurs de l’Église ne reconnaissent pas dans la conflagration de Notre-Dame un avertissement divin, ils se comporteront comme les gens de l’Histoire du Salut qui ne reconnaissaient pas les avertissements que Dieu leur avait souvent donnés à travers les paroles inconfortables et irréprochables des prophètes, catastrophes naturelles et événements divers.

La tragédie de Notre-Dame m’a spontanément fait penser aux paroles suivantes de Notre Seigneur: «Ces dix-huit personnes sur qui la tour de Siloé est tombée et les a tués, croyez-vous qu’ils ont été plus pervers que tous les autres habitants de Jérusalem? Je vous le dis, non; mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de la même manière. ”(Lc 13: 4-5)

La conflagration tragique de la cathédrale Notre-Dame à Paris est également une occasion propice pour tous les membres de l’Église de faire pénitence pour les actes de trahison commis contre le Christ et ses enseignements divins dans la vie de l’Église au cours des cinquante dernières années. La pénitence et la réparation doivent être faites, en particulier pour avoir trahi le commandement de Dieu le Père selon lequel toute l’humanité devrait croire en son Fils divin, le seul Sauveur de l’humanité. Car Dieu ne veut positivement que l’unique et unique religion qui croit que son Fils incarné est Dieu et le seul Sauveur de l’humanité. Il faut aussi faire pénitence et réparation pour avoir trahi le commandement explicite du Christ d’évangéliser toutes les nations sans exception, au premier rang desquelles le peuple juif. Car c’est à eux que Christ a envoyé pour la première fois ses apôtres, afin de les amener à croire en lui et en la nouvelle et éternelle alliance pour laquelle l’ancienne et temporaire alliance a été établie.

Si les pasteurs de l’Église refusent de faire pénitence pour la conflagration spirituelle des cinquante dernières années et pour la trahison du commandement universel du Christ d’évangéliser, nous ne devrions pas craindre que Dieu n’envoie un autre et un signe plus choquant, comme une conflagration dévastatrice ou un tremblement de terre qui détruirait la basilique Saint-Pierre à Rome ? Tant de bergers de l’Église de notre époque ne se moqueront pas indéfiniment et sans vergogne de Dieu, par leur trahison de la Foi, leur service sycophantique du monde et leur culte néo-païen des réalités temporelles et terrestres. Ces paroles du Christ sont également adressées à eux: «Je vous le dis, si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de la même manière» (Lc 13, 5).

Puisse le feu de la cathédrale Notre-Dame de Paris, si triste et si déplorable qu’il soit, raviver, surtout chez les bergers de l’Église, un amour et un zèle pour la vraie Foi catholique et pour la fervente évangélisation de tous ceux qui ne l’ont pas encoret. Et qu’ils soient attentifs à ne pas marginaliser et lâcher le peuple juif et musulman de cette forme exceptionnelle de charité. Puisse le feu de Notre-Dame servir également à enflammer les Bergers de l’Église d’un esprit de véritable repentir, afin que Dieu puisse accorder à tous la grâce d’un renouveau dans la vraie Foi et dans le véritable amour du Christ, Notre Seigneur, Notre Dieu et notre sauveur.

Lorsque la cathédrale Notre-Dame de Paris a commencé à brûler, un groupe de fidèles, composé d’enfants et de jeunes, s’est agenouillé à terre et a chanté le Je vous salue, Marie Ce fut l’un des signes les plus touchants et les plus puissants sur le plan spirituel au milieu d’une grande tragédie. Que la Madone, Auxiliatrice, intercède pour nous afin que les Bergers de l’Église puissent commencer, avec l’aide des fidèles laïcs, à reconstruire les ruines spirituelles de la vie de l’Église de nos jours. Dans l’Église, comme à Paris, un processus de réparation et de reconstruction est un signe d’espoir.

17 avril 2019

Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte Marie d’Astana

(source lifesitenews)

Une interprétation pertinente

Lundi saint de cendres

Jour de deuil. Ce lundi 15 avril, après le dimanche des Rameaux, en ce premier jour de la Semaine sainte qui doit conduire le Christ à la Croix Vendredi saint, à la vigile pascale Samedi Saint, et à la résurrection du Seigneur dimanche de Pâques, la cathédrale Notre-Dame de Paris, premier monument touristique d’Europe et un des premiers au monde avec Notre-Dame de Guadalupe (Mexique), a été incendiée :

L’incendie soulève des questions. Le feu a pris dans la charpente à 18h50 dans la flèche de la cathédrale. Une « forêt d’arbres » (les poutres auraient été coupées il y a mille ans) dont de telles poutres, et d’une telle dimension, se consument et ne brûlent pas (pas de flammes) sans un carburant ou une substance étalée sur ces mêmes poutres.

Les chaînes d’info ont montré un feu avec flammes qui au fil des minutes se propageait très vite de poutres en poutres comme s’il y avait eu une substance pour accélérer le feu.

 

Autre question : sur les images diffusées en direct sur les chaînes d’info, on ne voit aucun pompier avant de longues minutes. À 19h29 le feu se propage à la toiture, qui cède au bout d’une demi heure. Une heure se passe avant que les pompiers mettent en place deux nacelles et des canons à eau ridicules qui apparaissent à l’écran au bout d’une heure. Où sont les moyens mis en oeuvre, pourquoi une attente si longue ?

En mettant de côté les premières questions sur les raisons des flammes sur des poutres vieilles de mille ans, comment un tel « accident » a-t-il pu se produire quand on sait le sérieux des mesures de protection prises dans n’importe quel établissement accueillant du public pour la réalisation de travaux ? Il y a décidément beaucoup d’éléments qui clochent.

Cet article n’a pas pour objet de dire qu’il s’agit d’un « complot » contre Notre-Dame, il s’agit simplement de réfléchir, de douter – le fameux doute cartésien, signe de bonne santé mentale et non l’inverse… – et de se poser des questions.

S’il s’agit réellement d’un accident, il n’y a pas de hasard dans le calendrier, tout indique un signe surnaturel majeur de mise en garde pour les innombrables atteintes aux Commandements divins dont se rend coupable notre pays avec de multiples « lois » allant directement contre la Loi naturelle, dont le mariage « gay », l’éducation sexuelle et le genre à l’école sont les dernières abominations.

Un des premiers à s’interroger sur l’origine criminelle de l’incendie, Christophe Cros Houplon vient de réaliser une video « Notre Dame et la chrétienté dans la mire des élites ». Pour lui :

« Cet incendie est tout à fait programmé et volontaire après six mois exactement de travaux rénovation du toit » :

Incendie à Notre-Dame de Paris. La « forêt », un joyau de l’architecture médiévale parti en fumée

Des ouvriers au travail dans la charpente de Notre-Dame de Paris, le 26 juin 2018.
LUDOVIC MARIN, ARCHIVES AFP

Non visible par les visiteurs, la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris, surnommée la « forêt », a été dévorée par les flammes de l’incendie qui s’est déclaré lundi 16 avril dans l’édifice parisien. Elle était constituée de poutres vieilles de huit siècles pour les plus anciennes.

Elle était surnommée la « forêt ». Une référence à son enchevêtrement de poutres en bois de chêne, chacune taillée dans un arbre différent. La charpente de la cathédrale de Notre-Dame était l’une des plus anciennes de la ville avant d’être ravagée par le terrible incendie qui s’est déclaré, dans la soirée de lundi, au sein du monument parisien.

Elle était constituée de poutres vieilles de huit siècles pour les plus anciennes. Selon le site de la cathédrale, la charpente d’origine, datant de 1160-1170, a disparu mais certains de ses éléments ont été réutilisés lorsqu’elle a été remplacée par une nouvelle structure en 1220, à la suite d’un incendie ou de travaux d’agrandissement. Dans la nef, elle a été installée entre 1220 et 1240.

Des dimensions impressionnantes

« Si les charpentes du chœur et de la nef ont traversé les siècles, celles des transepts et de la flèche furent refaites au milieu du XIXe siècle lors de la grande campagne de restauration de la cathédrale sous la direction de Viollet-le-Duc », ajoute le site. Elles s’en distinguent par leurs dimensions plus imposantes et plus espacées que celles du Moyen-Âge.

Inaccessible pour les visiteurs, la « forêt » présentait des dimensions impressionnantes : plus de 100 m de longueur, 13 m de largeur dans la nef, 40 m dans le transept et 10 m de hauteur. « N’importe quel compagnon, n’importe quel architecte rêve de venir la voir », témoignait Philippe Villeneuve, architecte en chef chargé des travaux à la cathédrale Notre-Dame, dans un numéro de l’émission « 13 h 15 le dimanche », diffusé sur France 2 en septembre 2018 et consacré à l’édifice.

Les propriétaires forestiers appelés à donner chacun un chêne

En voyant les dégâts du sinistre, la fondation Fransylva, qui assure la promotion des forêts privées de France, a lancé un appel pour que chaque propriétaire forestier français donne un chêne. « 3,5 millions (de propriétaires) c’est colossal ! Il y a beaucoup de petites propriétés […] nous mobilisons tous ces gens-là », a déclaré Jean-Etienne Rime, président de cette fondation abritée par la Fondation du patrimoine.

Il explique que pour rebâtir, il faut « des chênes anciens, plantés au XIXe siècle », de 150 à 200 ans et de 2 mètres à 2,50 mètres de diamètre. « La quantité ne sera pas colossale et nous avons largement ce qu’il faut », assure-t-il. Les dons peuvent également être faits sous forme d’argent, a-t-il ajouté, en insistant sur le souhait de la fondation que « la charpente de Notre-Dame soit reconstruite avec du chêne français ».

« Comme nous sommes dans une logique de pérennité, parallèlement, ils doivent s’engager à planter un chêne », a insisté Jean-Étienne Rime en expliquant que « la forêt est le seul univers où on travaille pour les générations futures ». « C’est le parallèle avec Notre-Dame : l’homme qui a posé la première pierre de la cathédrale savait qu’il ne verrait pas celle-ci construite. C’est une tradition vivante », a-t-il assuré.

« La filière française du bois va s’organiser pour fournir du chêne français, et va participer y compris financièrement à la reconstruction de la cathédrale » a précisé, pour sa part, Michel Druilhe, président de l’interprofession France Bois Forêt qui réunit les forestiers privés, l’Office National des Forêts, les communes forestières, toutes les scieries et entreprises du bois. Source Ouest-France avec AFP

 

 

Pour interpréter les signes des temps :

Le coq situé au sommet de la flèche contenait trois reliques :

  • une parcelle de la Sainte Couronne d’épines,
  • une relique de saint Denis
  • une de sainte Geneviève.

Il constituait ainsi un véritable « paratonnerre spirituel » protégeant tous ceux et toutes celles qui œuvrent pour la louange de Dieu, à l‘intérieur de la cathédrale, icône de la Jérusalem céleste. C’est le cardinal Verdier, archevêque de Paris, qui les replaça en présence du chapitre des chanoines le 25 octobre 1935.

Message l’abbé de Bodard (fssp) :

En tout événement, Dieu se révèle. À chacun d’entre nous en particulier. Cet événement tragique nous atteint au cœur, dans notre cœur catholique et français. Nous devons voir ici un appel à la conversion.

À se convertir en profondeur : c’est-à-dire à changer de vie.

Dieu nous envoie un choc en début de semaine sainte. Ce doit être l’occasion de s’interroger sur sa vie spirituelle : suis-je sur le chemin le plus direct pour être saint ?

La flèche de Notre-Dame qui protégeait la France est tombée. À nous de prendre le relais en montant sur la brèche. Il parlait de les supprimer, si ce n’est que Moïse son élu se tint sur la brèche devant lui pour détourner son courroux de détruire. (Ps 106, 23)

Soyons les dix justes qui devaient protéger la ville de Sodome. Abraham demeura encore devant le Seigneur. Et s’approchant, il lui dit : Perdrez-vous le juste avec l’impie ? (32) Et si vous trouvez dix justes dans cette ville ? Je ne la perdrai point, dit le Seigneur, s’il y a dix justes. (Gen 18, 22-23)

Convertissons-nous.

Décidons-nous enfin à accomplir ce que nous demande la Vierge Marie : chapelet tous les jours, prière matin et soir, repos le dimanche, pas de jurons, etc. Décidons-nous à profiter au maximum des moyens que nous donne Notre Seigneur, les sacrements : messe en semaine en plus du dimanche, confession fréquente, communion fervente, etc.

Convertissons-nous.
Ce n’est pas une idée en l’air, ce sont des décisions fermes et définitives, c’est de la détermination, c’est de la persévérance.

Dieu ne permet un mal qu’en vue d’un plus grand bien.

Puissions-nous, chacun en particulier, profiter de cette catastrophe pour faire un véritable bon en avant dans notre vie spirituelle.

Pour Son règne, Dieu nous garde !

Lundi saint de cendres

L’apostasie à la source des turpitudes morales

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Le soutien du cardina Müller :

Kath.net : Éminence, que pensez-vous du texte publié par le Pape émérite sur les abus sexuels dans l’Église ?

Cardinal Müller : C’est l’analyse la plus approfondie qui soit de la genèse de la crise de crédibilité de l’Église en matière de morale sexuelle, et plus intelligente que toutes les contributions que l’on a pu entendre lors du sommet de la Conférence des évêques prises ensemble. Il y a abus de l’autorité spirituelle lorsque des supérieurs justifient leur style autoritaire ou manipulateur par des raisons pseudo religieuses et le font passer pour la volonté divine. Mais les péchés contre le 6e commandement du Décalogue ont pour cause l’usage abusif de la sexualité masculine ou féminine que nous avons reçue de Dieu. Mélanger ces deux sortes de péchés dans le seul but de masquer de mauvaises pratiques sexuelles, est la marque d’un échec patent de l’autorité dans l’Église.

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Nous ne sortirons pas de cette crise en usant de termes creux comme « cléricalisme », ou par la recherche d’une morale sexuelle guidée par le principe égoïste de plaisir, mais en nommant le mal par son nom. L’effondrement de la morale bourgeoise, déjà poreuse depuis longtemps, due à une « révolution sexuelle globale » (titre d’un livre de Gabriele Kuby), et l’essai infructueux de mettre au point une morale catholique déconnectée de la loi naturelle et de la révélation ont déjà conduit chez de nombreuses personnes à l’ébranlement de la conscience morale.

La responsabilité en revient également à ceux qui ont reçu du Christ la mission d’enseigner aux hommes tout ce que le Seigneur lui-même a enseigné aux Apôtres et par là à leurs successeurs dans le ministère épiscopal et sacerdotal.

Kath.net : A peine quelques heures après la parution du texte de Benoît XVI, les indéracinables antis-ratzingériens étalaient déjà leurs critiques dans les médias. Qu’en pensez-vous ?

On ne peut pas parler ici de critiques, car le mot critique signifie distinguer entre des notions pointues dans le but de faciliter la compréhension de questions importantes. Mais, ces gens, non seulement ne sont pas croyants, mais en plus ne réfléchissent pas. Et avant tout, il leur manque la plus élémentaire des politesses. L’histoire se répète. Pensons à Saint Étienne qui avait été le témoin de la vérité du Christ : « Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. » (cf. Ac 7, 54).

Ils parlent de renouveau et de réforme de l’Église, mais n’ont en tête que l’adaptation à leur propre état de décadence. Il est impensable que ceux qui possèdent ne serait-ce qu’une étincelle d’amour chrétien, se laissent entraîner par ce genre de pamphlet grossier. En effet, comment l’amour peut-il encore structurer la foi dans un contexte où la foi au Dieu de la Révélation en Jésus-Christ a été abandonnée ou bien lorsque ne subsistent que quelques éléments de cette foi pour tenter de justifier une vision du monde autoréférentielle.

Il est scandaleux de voir que des évêques catholiques financent, en détournant les fonds propres de l’Église, des organismes qui soutiennent ouvertement des positions incompatibles avec l’enseignement catholique sur la foi et la morale. Je sais, bien sûr, que les évêques concernés voient les choses autrement, parce qu’ils définissent selon leur bon plaisir ce qui est catholique et ce qui ne l’est pas. Leur vision du monde repose sur la distinction un peu primitive entre progressisme et conservatisme. Ce qui relève de la foi catholique telle qu’elle a été formulée jusqu’ici est ainsi qualifié de « conservatisme » et seule leur vision « progressiste » serait l’avenir de l’Église, comme dans ces autres contrées anciennement catholiques et dévastées par de semblables idéologies.

En conséquence, il s’agit pour eux de mettre hors-jeu, ou du moins de museler, ces catholiques catalogués « conservateurs » qui restent fidèles à la Sainte Écriture, à la Tradition Apostolique et au Magistère. Et dans ce but, tous les moyens sont bons, jusqu’à la calomnie et le déshonneur. Car est permis tout ce qui sert son intérêt propre qui est, bien sûr, identifié au bien commun. C’est de cette façon qu’a été traité aussi mon « Manifeste pour la foi » : comme un ensemble de demi-vérités, un choix d’idées subjectives, éloignées de la Sainte Ecriture, des propos sortis de leur contexte… comme si la Trinité, l’Incarnation, la sainteté de L’Église, la divine Liturgie, l’unité de la foi et de la morale, le jugement dernier et la vie éternelle, n’étaient pas, dans la « hiérarchie des vérités » (d’après le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II au n°11), le « fondement de la foi ».

L’infâme refus de Dieu qui s’expose ainsi est à son comble lorsqu’on se sert du crime et du péché mortel constitués par l’abus sexuel de jeunes mineurs pour couvrir la bénédiction des actes homosexuels entre adultes, pour ridiculiser le célibat des prêtres et les vœux des religieux et banaliser les péchés contre l’indissolubilité du mariage.

Source : Kathnet (Trad. MH/APL) publié sur Pro Liturgia

Le texte de Benoit XVI

 Du 21 au 24 février, à l’invitation du pape François, les présidents des conférences épiscopales du monde entier se sont réunis au Vatican pour évoquer la crise actuelle de la Foi et de l’Église ; une crise qui s’est fait ressentir dans le monde entier à la suite des révélations fracassantes d’abus cléricaux à l’égard de mineurs.

L’étendue et la gravité des incidents signalés ont très profondément troublé prêtres et laïcs, et elles en ont conduit plus d’un à remettre en question la Foi même de l’Église. Il était nécessaire de diffuser un message fort, et de chercher à prendre un nouveau départ, de manière à rendre l’Église de nouveau crédible en tant que lumière parmi les peuples, et force au service de la lutte contre les puissances de la destruction.

Comme j’ai moi-même eu à servir dans une position de responsabilité en tant que Pasteur de l’Église au moment de la manifestation publique de la crise, et pendant qu’elle se préparait, je me devais de me demander – bien qu’en tant qu’émérite, je ne porte plus directement cette responsabilité – ce que je peux apporter par ce regard en arrière en vue de ce nouveau départ.

Ainsi, après l’annonce de la rencontre des présidents des  conférences épiscopales, j’ai compilé quelques notes qui pourraient me permettre de contribuer quelques remarques utiles en ces heures graves.

Ayant pris contact avec le secrétaire d’État, le cardinal Parolin et le Saint-Père lui-même, il m’a semblé opportun de publier ce texte dans le Klerusblatt [un mensuel destiné au clergé des diocèses, pour la plupart de la région de Bavière].

Mon travail est divisé en trois parties.

Dans la première partie, je vise à présenter brièvement le contexte social plus étendu de la question, sans lequel il est impossible de comprendre le problème. Je cherche à montrer qu’au cours des années 1960 il s’est produit un événement monstrueux, à une échelle sans précédent au cours de l’histoire. On peut dire qu’au cours des vingt années entre 1960 et 1980, les critères normatifs de la sexualité se sont entièrement effondrés ; une nouvelle absence de normes est née qu’entre-temps on s’est employé à redresser.

Dans une deuxième partie, je tente d’indiquer les effets qu’a eus cette situation sur la formation et la vie des prêtres.

Pour conclure, dans la troisième partie, je voudrais développer quelques perspectives en vue d’une réponse droite de la part de l’Église.

I.

Tout commence avec l’introduction, prescrite par l’État et soutenu par lui, des enfants et des jeunes aux réalités de la sexualité. En Allemagne, celle qui était alors ministre de la Santé, Mme [Käte] Strobel, fit réaliser un film où tout ce qui jusqu’alors était interdit de présentation publique, y compris les rapports sexuels, était désormais montré à des fins d’éducation. Ce qui au départ visait seulement l’information des jeunes devait bien entendu par la suite être accepté comme une possibilité généralisée.

Des résultats similaires furent atteints à travers la publication du Sexkoffer par le gouvernement autrichien [une « valisette » controversée de matériaux d’éducation sexuelle utilisée dans les écoles autrichiennes à la fin des années 1980]. Des films de sexe et pornographiques se répandirent entre-temps, à tel point qu’on les montrait dans des cinémas de gare [Bahnhofskinos]. Je me rappelle encore avoir vu, alors que je me déplaçais un jour à pied dans Ratisbonne, une masse de gens faisant la queue devant un grand cinéma – comportement qu’auparavant nous ne voyions qu’en temps de guerre, alors  qu’on pouvait espérer quelque distribution spéciale. Je me rappelle également être arrivé dans cette ville le Vendredi Saint de l’année 1970 et d’avoir vu tous les panneaux publicitaires recouverts de posters montrant deux personnes totalement nues, grandeur nature, étroitement enlacées.

Parmi les libertés que la Révolution de 1968 s’est battue pour conquérir, il y avait aussi cette liberté sexuelle absolue, qui ne tolérait plus aucune norme.

Cet effondrement moral caractéristique de ces années-là était également étroitement lié à une propension à la violence. C’est pour cette raison que les films de sexe n’ont plus été autorisés dans les avions car la violence éclatait alors parmi la petite communauté de passagers. Et puisque les excès dans le domaine de l’habillement portaient également à l’agression, des directeurs d’école ont également tenté de mettre en place des uniformes scolaires pour rendre possible un environnement propice à l’étude.

Faisait partie de la physionomie de la révolution de 1968, le fait que la pédophilie fut alors jugée acceptable et raisonnable.

Pour les jeunes dans l’Église au moins, mais pas seulement pour eux, ce fut à bien des égards une époque très difficile, et de plus d’une manière. Je me suis toujours demandé comment des jeunes dans cette situation pouvaient se diriger vers le sacerdoce et l’accepter, avec toutes ses conséquences. L’effondrement important qui a frappé la nouvelle génération de prêtres dans ces années-là, et le nombre très élevé de réductions à l’état laïc, furent la conséquence de tout ce processus.

2.  Dans le même temps, et indépendamment de cette évolution, la théologie morale catholique s’est effondrée, laissant l’Église sans défense face à ces changements sociétaux. Je vais essayer d’esquisser brièvement la trajectoire de cette évolution.

Jusqu’au concile Vatican II, la théologie morale catholique était dans une large mesure fondée sur la loi naturelle, tandis que l’Écriture sainte n’était citée que pour fournir un contexte ou une confirmation. Dans les efforts du Concile en vue d’une nouvelle compréhension de la Révélation, l’option de la loi naturelle fut largement abandonnée, et on exigea une théologie morale fondée entièrement sur la Bible.

Je me rappelle encore que la faculté jésuite de Francfort permit à un jeune père extrêmement doué (Bruno Schüller) de développer une morale entièrement fondée sur l’Écriture sainte. La belle dissertation du P. Schüller constitue un premier pas vers la construction d’une morale fondée sur l’Écriture. Le P. Schüller fut alors envoyé en Amérique pour faire des études supplémentaires ; il en revint en reconnaissant qu’en partant de la seule Bible, la morale ne pouvait être présentée de manière systématique. Il tenta alors d’établir une théologie morale plus pragmatique, sans pour autant parvenir à apporter une réponse à la crise de la morale.

Finalement, c’est dans une large mesure l’hypothèse selon laquelle la morale devait être exclusivement déterminée en vue des fins de l’action humaine qui devait prévaloir. La vieille expression « la fin justifie les moyens » n’était certes pas affirmée sous cette forme grossière, mais la manière de penser qui y correspond était devenue déterminante. Par voie de conséquence, plus rien ne pouvait désormais constituer un bien absolu, pas plus qu’il ne pouvait y avoir quelque chose de fondamentalement mauvais,  mais seulement des jugements de valeur relatifs. Le bien n’existait plus, mais seulement le mieux relatif, dépendant du moment et des circonstances.

La crise du fondement et de la présentation de la morale catholique atteignit des proportions dramatiques à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Le 5 janvier 1989, la « Déclaration de Cologne » signée par 15 professeurs catholiques de théologie était publiée. Elle avait pour objet les différents points de crise dans la relation entre le magistère épiscopal et le travail de la théologie. Ce texte, qui dans un premier temps ne dépassa pas le niveau habituel de contestation, se transforma rapidement en tollé contre le magistère de l’Église, rassemblant de manière audible et visible tout le potentiel de protestation contre les textes doctrinaux de Jean-Paul II qui étaient alors attendus (cf. D. Mieth,  Kölner Erklärung, LThK, VI3, p. 196) [LTHK désigne le Lexikon für Theologie und Kirche, un « Lexique de la théologie et de l’Église » de langue allemande, qui comptait parmi ses rédacteurs en chef Karl Rahner et le cardinal Walter Kasper, note du traducteur d’EWTN.]

Le pape Jean-Paul II, qui connaissait très bien la situation de la théologie morale et qui la suivait avec vigilance, commanda des travaux en vue d’une encyclique qui remettrait ces choses à l’endroit. Elle fut publiée sous le titre Veritatis splendor le 6 août 1993, et provoqua de vives contre-réactions de la part de théologiens moraux. Auparavant, le Catéchisme de l’Église catholique avait déjà présenté de manière convaincante et systématique la morale proclamée par l’Église.

Je n’oublierai jamais comment le théologien moral allemand le plus reconnu à l’époque, Franz Böcke, qui était retourné dans sa Suisse natale pour sa retraite, déclara au vu des choix possibles de l’encyclique Veritatis splendor, que si cette encyclique devait affirmer que certaines actions doivent toujours et en toutes circonstances être qualifiées de mauvaise, il élèverait la voix contre elle avec toute la force dont il disposait.

C’est Dieu qui dans sa bienveillance lui épargna la mise en œuvre de cette résolution ; Böcke mourut le 8 juillet 1991. L’encyclique fut publiée le 6 août 1993, et elle comporta en effet l’affirmation selon laquelle il existe des actions qui ne peuvent jamais devenir bonnes.

Le pape était alors pleinement conscient de l’importance de cette décision, et pour cette partie de son texte, il avait de nouveau consulté des spécialistes de premier plan qui ne participaient pas à la rédaction de l’encyclique. Il savait qu’il ne pouvait et ne devait laisser subsister aucun doute quant au fait que la morale de la pondération des intérêts doit respecter une limite ultime. Il y a des biens qui ne sont jamais sujets à une mise en balance.

Il y a des valeurs qui ne doivent jamais être abandonnées en vue d’une plus grande valeur, et qui surpassent même la préservation de la vie physique. Il y a le martyre. Dieu est davantage, davantage même que la survie physique. Une vie achetée par la négation de Dieu, une vie fondée sur un mensonge ultime, est une non-vie.

Le martyre est une catégorie fondamentale de l’existence chrétienne. Le fait que le martyre n’est plus moralement nécessaire dans la théorie avancée par Böckle et tant d’autres montre que c’est l’essence même du christianisme qui est ici en jeu.

En théologie morale, cependant, une autre question était entre-temps devenue pressante : la thèse selon laquelle le magistère de l’Église devait avoir la compétence finale (« infaillibilité ») seulement dans des matières concernant la foi elle-même avait obtenu une adhésion très large ; les questions relatives à la morale ne devaient pas faire partie du champ des décisions infaillibles du magistère de l’Église. Il y a probablement quelque chose de vrai dans cette hypothèse qui mérite d’en discuter plus avant. Mais il existe un ensemble minimum de principes moraux qui est indissolublement liée au principe fondateurs de la Foi et qui doit être défendu si la Foi ne doit pas être réduite à une théorie mais au contraire reconnue dans ses droits par rapport à la vie concrète.

Tout cela rend visible  à quel point fondamental l’autorité de l’Église en matière de morale est remise en question. Ceux qui nient à l’Église une compétence d’enseignement ultime dans ce domaine l’obligent à rester silencieuse précisément là où la frontière entre la vérité et les mensonges est en jeu.

Indépendamment de cette question, on a développé dans de nombreux cercles de théologie morale, la thèse selon laquelle l’Église n’a pas, et ne peut avoir sa morale en propre. On soutenait cela en faisant remarquer que toutes les thèses morales connaîtraient également des parallèles dans d’autres religions et que par conséquent, une morale proprement chrétienne ne pouvait exister. Mais la question du caractère propre d’une morale biblique n’est pas réglée par le fait que pour chaque phrase apparaissant ici ou là, on peut aussi trouver un parallèle dans d’autres religions. Il s’agit plutôt de la totalité de la morale biblique, qui en tant que telle est nouvelle et différente de ses éléments individuels.

La doctrine morale de la Sainte Ecriture trouve en dernière analyse le fondement de son caractère unique dans son ancrage dans l’image de Dieu, dans la foi au Dieu unique qui s’est montré en Jésus-Christ et qui a vécu comme être humain. Le Décalogue est une application de la foi biblique en Dieu à la vie humaine. L’image de Dieu et la morale sont indissociables et sont ainsi cause de l’extraordinaire nouveauté de l’attitude chrétienne à l’égard du monde et de la vie humaine. En outre, le christianisme a été désigné depuis le début par le mot « hodós » [le mot grec signifiant voie, souvent utilisée dans le nouveau testament dans le sens de chemin de progrès].

La foi est un voyage et une façon de vivre. Dans l’Eglise ancienne, le catéchuménat fut créé comme un lieu de vie face à une culture de plus en plus démoralisée, où les aspects particuliers et nouveaux de la manière de vivre chrétienne étaient mis en pratique, et en même temps protégés de la manière de vivre ordinaire. Je pense qu’encore aujourd’hui il faut quelque chose qui ressemble à des communautés catéchumènes, de telle sorte que la vie chrétienne puisse s’affirmer à sa propre façon.

II.

 Les réactions ecclésiales initiales.

Le processus, préparé de longue date et toujours en cours de réalisation, de la liquidation de la conception chrétienne de la morale a été, comme j’ai essayé de le montrer, marquée par un radicalisme sans précédent au cours des années 1960. Cette liquidation de l’autorité d’enseignement moral de l’Église devait nécessairement produire des effets dans divers domaines de l’Église. Dans le contexte de la rencontre des présidents des  conférences épiscopales du monde entier avec le pape François, la question de la vie sacerdotale comme celle des séminaires est d’un intérêt primordial. Pour ce qui est du problème de la préparation au ministère sacerdotal dans les séminaires, il existe dans les faits un vaste effondrement de la forme antérieure de cette préparation.

Dans divers séminaires des clubs homosexuels furent établis, qui agissaient plus ou moins ouvertement et qui ont significativement modifié le climat des séminaires. Dans un séminaire en Allemagne du Sud, les candidats à la prêtrise et les candidats au ministère laïc du référent pastoral [Pastoralreferent] vivaient ensemble. Lors des repas pris en commun, les séminaristes et les référents pastoraux mangeaient ensemble, et ceux des laïcs qui étaient mariés étaient parfois accompagnés de leurs femme et enfants, et même à l’occasion par leur petite amie. Le climat de ce séminaire ne pouvait apporter un soutien à la préparation à la vocation sacerdotale. Le Saint-Siège avait connaissance de tels problèmes, sans en être informé précisément. Comme première étape, une visite apostolique des séminaires des États-Unis fut organisée.

Comme les critères de sélection et de nomination des évêques avaient également été modifiés après le concile Vatican II, la relation des évêques vis-à-vis de leurs séminaristes était également très variable. Par-dessus tout, le critère pour la nomination des nouveaux évêques était désormais leur « conciliarité », ce qui peut évidemment être compris de façons assez différentes.

Dans les faits, dans de nombreuses parties de l’Eglise, les attitudes conciliaires étaient comprises comme le fait d’avoir une attitude critique négative à l’égard de la tradition existant jusqu’alors, et qui devait  désormais être remplacée par une nouvelle relation, radicalement ouverte, au monde. Un évêque, qui avait précédemment été recteur de séminaire, avait organisé la projection de films pornographiques pour les séminaristes, prétendument dans l’intention de les rendre ainsi résistants aux comportements contraires à la foi.

Certains évêques – et pas seulement aux États-Unis d’Amérique – rejetèrent la tradition catholique dans son ensemble,[ce sont donc des apostats] cherchant à faire advenir une nouvelle forme moderne de « catholicité » dans leurs diocèses. Cela vaut peut-être la peine de mentionner que dans un nombre non négligeable de séminaires, des étudiants pris sur le fait d’avoir lu mes livres furent jugés inaptes au sacerdoce. On cachait mes livres comme de la mauvaise littérature, et ils n’étaient lus que sous le manteau.

La visite qui eut lieu alors n’apporta pas de nouvelles perspectives, apparemment parce que diverses forces s’étaient réunies afin de dissimuler la situation réelle. Une deuxième visite fut ordonnée, qui permit d’obtenir bien plus d’informations, mais dans son ensemble elle n’eut pas de retombées. Cependant, depuis les années 1970 la situation dans les séminaires s’est améliorée de manière générale. Et pourtant, il n’y eut que des cas rares d’un nouveau renforcement des vocations sacerdotales parce que la situation dans son ensemble avait pris un chemin différent.

2.  La question de la pédophilie, telle que je m’en souviens, n’est devenue aiguë qu’au cours de la seconde moitié des années 1980. Entre-temps, elle était déjà devenu une affaire publique aux États-Unis, de telle sorte que les évêques recherchèrent l’aide de Rome, puisque le droit canonique, tel qu’il est écrit dans le nouveau code [de 1983], ne semblait pas suffire pour prendre les mesures nécessaires.

Rome et les canonistes romains eurent dans un premier temps des difficultés à prendre en compte ces préoccupations ; dans leur opinion, la suspension temporaire de l’office sacerdotal devait suffire à produire la purification et la clarification. Cela, les évêques américains ne purent l’accepter, puisque les prêtres restaient ainsi au service de l’évêque et pouvaient donc être supposés rester en association directe avec lui. Ce n’est que lentement qu’un renouveau et un approfondissement de la loi pénale du nouveau code, construite délibérément de manière souple, commencèrent à prendre forme.

Outre cela, cependant, il y avait un problème fondamental de perception de la loi pénale. Seul ce qu’on appelait le garantisme était encore considéré comme « conciliaire ». Cela signifie que par-dessus tout, les droits de l’accusé devaient être garantis, à tel point que de fait, toute condamnation était exclue. Comme contrepoids aux options de défense souvent inadéquates offerte aux théologiens accusés, leur droit à la défense par le biais du garantisme s’étendit à tel point que les condamnations n’étaient guère possibles.

Permettez-moi ici de faire une brève digression. A la lumière de l’étendue des transgressions pédophiles, une parole de Jésus est de nouveau présente dans les esprits, qui affirme : « Mais si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît autour du cou une de ces meules que les ânes tournent, et qu’on le jetât dans la mer » (Mc, 9, 41).

L’expression « ces petits » dans le langage de Jésus signifie les fidèles ordinaires qui peuvent être amenés à chuter par l’arrogance intellectuelle de ceux qui se pensent intelligents dans leur foi. Donc ici, Jésus protège le dépôt de la foi avec une menace insistante de punition adressée à ceux qui lui portent atteinte.

L’utilisation moderne de la phrase n’est pas en elle-même erronée, mais elle ne doit pas obscurcir la signification originale. Selon cette signification il devient clair, contrairement à tous garantisme, que ce n’est pas seulement le droit de l’accusé qui est important et qui a besoin d’une garantie. De grands biens, telle la Foi, sont également importants.

Un droit canonique équilibré, qui corresponde à l’intégralité du message de Jésus, ne doit donc pas seulement  fournir une garantie aux accusés, dont le respect est un bien légal. Il doit également protéger la Foi, qui est elle aussi un bien légal important. Un droit canonique correctement constitué doit donc contenir une double garantie – une protection légale des accusés, une protection légale du bien qui est en jeu. On fait généralement la sourde oreille à celui qui aujourd’hui propose cette conception intrinsèquement claire, dès lors qu’il s’agit de la question de la protection de la foi en tant que bien légal. Dans la conscience générale qu’on a de la loi, la Foi ne semble plus avoir le rang d’un bien qui doit être protégé. Il s’agit là d’une situation alarmante qui doit être sérieusement prise en considération par les pasteurs de l’Église.

J’aimerais ici ajouter aux brèves notes sur la situation de la formation sacerdotale au moment où la crise a éclaté de manière publique, quelques remarques concernant l’évolution du droit canonique en cette matière.

En principe, la Congrégation pour le clergé est responsable du traitement des crimes commis par des prêtres. Mais puisque le garantisme dominait à ce point la situation à l’époque, je me suis accordé avec le pape Jean-Paul II pour dire qu’il était opportun d’assigner la compétence de ces infractions à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et sous l’intitulé : « Delicta maiora contra fidem. »

Cette assignation donnait également la possibilité d’imposer la peine maximale,  à savoir l’expulsion du clergé, qui n’aurait pas pu être imposé selon d’autres dispositions juridiques. Ce n’était pas un tour de passe-passe permettant d’imposer la peine maximale, mais une conséquence de l’importance de la Foi pour l’Église. Il est en réalité important de comprendre que de telles transgressions de la part de clercs nuisent en dernier ressort à la Foi.

C’est seulement là où la Foi ne détermine plus les actions de l’homme que de tels crimes sont possibles.

La sévérité de la punition présuppose cependant aussi une preuve claire de la réalité de l’infraction : cet aspect du garantisme reste en vigueur.

Pour le dire autrement: pour pouvoir imposer la peine maximale de manière légale, il faut une authentique procédure criminelle. Mais à la fois les diocèses et le Saint-Siège étaient dépassés par une telle exigence. Nous avons mis en place une forme minimale des procédures criminelles, laissant ouverte la possibilité pour le Saint-Siège de prendre en main le procès dès lors que le diocèse ou l’administration métropolitaine n’est pas en mesure de le mener. Dans tous les cas, le procès doit être revu par la Congrégation de la Doctrine de la foi de manière à garantir les droits de l’accusé. Pour finir, à la Feria IV (c’est-à-dire l’assemblée des membres de la Congrégation), nous avons établi une instance d’appel de manière à offrir une possibilité d’appel.

Dans la mesure où tout cela allait en réalité au-delà des capacités de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et parce que des retards se sont faits jour qu’il fallait empêcher en raison de la nature du sujet, le pape François a entrepris des reformes supplémentaires.

III

Que devons-nous faire ? Faudrait-il que nous créions une autre Église pour tout remettre à l’endroit ? Eh bien, cette expérience-là a déjà été faite et elle a déjà échoué. Seuls l’obéissance et l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ peuvent indiquer le droit chemin. Essayons donc d’abord de comprendre de nouveau et de l’intérieur [en nous-mêmes] ce que veut Notre Seigneur, et ce qu’Il a voulu de nous.

Je voudrais suggérer d’abord ceci : si nous voulons vraiment résumer très brièvement le contenu de la Foi tel qu’il est exposé dans la Bible, nous pourrions le faire en disant que Notre Seigneur a entamé avec nous une histoire d’amour dans laquelle Il veut récapituler toute la création. La force antagoniste face au mal qui nous menace et qui menace le monde entier, ne peut au bout du compte consister que dans notre entrée dans cet amour. Il est la vraie force antagoniste face au mal. Le pouvoir du mal dérive de notre refus de l’amour de Dieu. Celui qui se confie à l’amour de Dieu est racheté. Le fait que nous ne soyons pas rachetés est une conséquence de notre incapacité à aimer Dieu. Apprendre à aimer Dieu est par conséquent la voie de la rédemption des hommes.[Et celui qui aime c’est celui qui garde les commandements]

Essayons maintenant d’exposer un peu plus ce contenu essentiel de la Révélation de Dieu. Nous pourrions dire alors que le premier don fondamental que nous offre la Foi est la certitude que Dieu existe.

Un monde sans Dieu ne peut être qu’un monde sans signification. Car alors, d’où vient tout ce qui est ? En tout cas, il n’a pas de fondement spirituel. Il est tout simplement là, on ne sait trop comment, et n’a ni but ni sens. Dès lors, il n’y a pas de normes du bien ou du mal. Alors, seul ce qui est plus fort que l’autre peut s’auto-affirmer. Alors, la puissance est le seul principe. La vérité ne compte pas – en fait, elle n’existe même pas. Ce n’est que si les choses ont une raison d’être spirituelle, ayant été voulues et conçues – c’est seulement s’il y a un Dieu créateur qui est bon et qui veut le bien – que la vie de l’homme peut aussi avoir un sens.

Qu’il existe un Dieu créateur, mesure de toutes choses, est tout d’abord un besoin primordial [une réalité]. Mais un Dieu qui ne s’exprimerait pas du tout, qui ne se ferait pas connaître, resterait à l’état d’intuition et ne pourrait ainsi déterminer la forme de notre vie.

Pour que Dieu soit réellement Dieu dans cette création délibérée, nous devons nous tourner vers lui afin qu’Il s’exprime d’une façon ou d’une autre. Il l’a fait de multiples façons, mais ce fut de manière décisive dans cet appel fait à Abraham qui donna aux personnes à la recherche de Dieu l’orientation qui mène au-delà de tout ce qu’on pouvait attendre : Dieu lui-même devient créature, et parle comme un homme avec nous autres êtres humains.

Ainsi la phrase « Dieu est » se transforme en dernière analyse véritablement en Bonne Nouvelle, tant Il est plus qu’une idée, parce qu’Il créé l’amour et qu’Il est l’amour. Rendre de nouveau conscient de cela est la tâche première et fondamentale que nous confie le Seigneur.

Une société sans Dieu – une société qui ne le connaît pas et qui le considère comme n’existant pas – est une société qui perd sa mesure. C’est à notre époque que le slogan «  Dieu est mort » a été forgé. Lorsque Dieu meurt effectivement au sein d’une société, elle devient libre, nous assurait-on. En réalité, la mort de Dieu dans une  société signifie aussi la fin de la liberté, parce que ce qui meurt est la finalité qui permet l’orientation. Et aussi parce que disparaît le compas qui nous indique la bonne direction en nous apprenant à distinguer le bien du mal. La société occidentale est une société dont Dieu est absent de la sphère publique et qui n’a plus rien à lui dire.[Apostate] Et c’est pourquoi il s’agit d’une société où la mesure de l’humanité se perd de plus en plus. Sur des points précis, il devient soudain visible que ce qui est mal et détruit l’homme est devenu la norme acceptée.

Il en va ainsi de la pédophilie. Théorisée il n’y a pas très longtemps comme étant tout à fait légitime, elle s’est étendue de plus en plus loin. Et nous nous rendons compte aujourd’hui avec effroi qu’il advient des choses à nos enfants et à nos jeunes qui menacent de les détruire. Le fait que cela ait pu aussi s’étendre dans l’Église et parmi les prêtres devrait nous troubler tout particulièrement.

Pourquoi la pédophilie a-t-elle atteint de telles proportions ? En dernière analyse, la raison en est l’absence de Dieu. Nous autres chrétiens et prêtres préférons aussi ne pas parler de Dieu, parce que ce discours ne semble pas pratique. Après le bouleversement de la Seconde Guerre mondiale, nous avons continué en Allemagne de placer expressément notre constitution sous le signe de la responsabilité vis-à-vis Dieu en tant que principe conducteur. Un demi-siècle plus tard, il ne fut plus possible d’inclure la responsabilité vis-à-vis de Dieu comme critère de référence de la constitution européenne. Dieu est considéré comme la préoccupation partisane d’un petit groupe et ne peut plus constituer le critère de référence de la communauté dans son ensemble. Cette décision est le reflet de la situation en Occident, où Dieu est devenu l’affaire privée d’une minorité. .[Apostasie]

Une tâche essentielle, qui doit résulter des bouleversements moraux de notre temps, est de commencer nous-mêmes de nouveau à vivre par Dieu et pour Lui. Par-dessus tout, nous devons apprendre de nouveau à reconnaître Dieu comme fondement de notre vie au lieu de le laisser de côté comme une phrase  d’une certaine manière inopérante. Je n’oublierai jamais la mise en garde que m’adressa un jour  dans une de ses lettres le grand théologien Hans Urs von Balthazar. « Ne présupposez pas le Dieu trine, Père, Fils et Saint Esprit – présentez-les ! »

De fait, dans la théologie Dieu est souvent tenu pour acquis, comme si cela allait de soi, mais concrètement on n’en traite pas. Le thème de Dieu semble si irréel, si éloigné des choses qui nous préoccupent.[Mais Jésus-Christ est le Verbe incarné] Et pourtant tout change si l’on ne présuppose pas Dieu, mais qu’on le présente. En ne le laissant pas d’une certaine manière à l’arrière-plan, mais en le reconnaissant comme le centre de nos pensées, de nos paroles et de nos actions.

 Dieu est devenu homme pour nous.[Non, il a assumé une nature humaine tout en restant Dieu] L’homme, sa créature, est si près de son Cœur qu’Il s’est uni à lui,[Si pécheur qu’il ne pouvait se libérer lui-même, fils de colère par nature] entrant ainsi dans l’histoire humaine d’une manière très pratique. Il parle avec nous, Il vit avec nous, Il souffre avec nous et Il a pris la mort sur lui pour nous.[Il a vaincu la mort, fruit du péché] Nous parlons de cela dans le détail en théologie, avec des pensées et des mots savants. Mais c’est précisément de cette manière que nous courons le risque de devenir maîtres de la Foi au lieu d’être renouvelés et gouvernés par la Foi.

Considérons cela par rapport à une question centrale, la célébration de la Sainte Eucharistie. La manière dont nous traitons l’Eucharistie ne peut que provoquer de la préoccupation [Comme ceux qui refusent obstinément de s’agenouiller devant l’hostie]. Le concile Vatican II était à juste titre centré sur la volonté de remettre ce sacrement de la présence du Corps et du Sang du Christ, de la présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l’existence même de l’Église. En partie, cela a effectivement été réalisé, et nous devons en être reconnaissants au Seigneur du fond du cœur.[ ???!]

Et pourtant, c’est une attitude assez différente qui prévaut. Ce qui prédomine n’est pas une nouvelle révérence envers la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de Le traiter qui détruit la grandeur du mystère.[Donc, c’est un échec et il faut être reconnaissant pour cela ?] Le déclin de la participation à la célébration dominicale de l’Eucharistie montre combien nous autres chrétiens d’aujourd’hui sommes devenus peu capables d’apprécier la grandeur du don que constitue sa Présence Réelle [Et même l’on peut douter que cette présence soit présente étant donné la nouvelle façon de célébrer]. L’Eucharistie a été dévaluée pour devenir un simple geste cérémoniel, lorsqu’on prend pour acquis que la courtoisie exige qu’elle soit offerte lors des célébrations familiales ou des occasions comme les mariages et les enterrements à tous les invités, pour des raisons familiales.

La manière dont les personnes présentes reçoivent facilement en maints endroits le Saint-Sacrement ; comme si cela allait de soi, montre que beaucoup ne voient plus dans la communion qu’un geste purement cérémoniel.[A qui la faute ?] Donc, lorsque nous pensons à l’action qui serait nécessaire avant tout, il devient évident que nous n’avons pas besoin d’une nouvelle Église de notre invention. Au contraire, ce qui faut d’abord et avant tout, c’est bien davantage le renouveau de la foi en la présence de Jésus-Christ qui nous est donnée dans le Saint-Sacrement.[Et pour cela il faut revenir à la vraie messe et à la saine doctrine et laisser tomber le culte de l’homme]

Lors  de conversations avec des victimes de pédophilie, j’ai été amené à une conscience toujours plus aiguë de cette exigence. Une jeune femme qui avait été servante d’autel me dit que l’aumônier, qui était son supérieur en tant que servante d’autel, commençait toujours les abus sexuels commis à son encontre par les paroles : « Ceci est mon corps qui sera livré pour vous. »

Il est évident que cette femme ne peut plus entendre les paroles mêmes de la consécration sans ressentir à nouveau de manière terrifiante toute la torture des abus qu’elle a subis. Oui, nous devons d’urgence implorer le pardon du Seigneur ; et d’abord et avant tout nous devons l’invoquer et lui demander de nous enseigner de nouveau à tous la dimension de sa souffrance, de son sacrifice [De qui se moque-t-on ?]. Et nous devons tout faire pour protéger le don de la Sainte Eucharistie de tout abus.[Il faut donc éradiquer la synaxe montinienne]

Pour finir, il y a le mystère de l’Église. La phrase par laquelle Romano Guardini, il y a près de 100 ans, exprimait l’espérance joyeuse qui avait été instillée en lui et en beaucoup d’autres, demeure inoubliée : « Un événement d’une importance incalculable a commencé : l’Église se réveille dans les âmes. »

Il voulait dire que l’Église n’était plus vécue et perçue simplement comme un système externe qui entre dans nos vies, comme une sorte d’autorité, mais qu’elle commençait plutôt à être perçue comme étant présente dans les cœurs – non comme quelque chose de simplement extérieur, mais comme nous touchant de l’intérieur. Environ un demi-siècle plus tard, reconsidérant ce processus et en regardant ce qui s’était produit, je fus tenté d’inverser la phrase : « L’Église meurt dans les âmes. » [les âmes quittent l’Église, abandonnent la foi ; et qui en sont les responsables ?]

De fait, l’Église aujourd’hui est largement considérée comme une simple sorte d’appareil politique [du genre péroniste]. On en parle quasi exclusivement en catégories politiques, et cela concerne même les évêques, qui formulent leur conception de l’Eglise de demain en termes quasi exclusivement politiques [Tout comme Arius]. La crise causée par les nombreux cas d’abus commis par des prêtres nous pousse à considérer l’Église comme quelque chose de misérable : une chose que nous devons désormais reprendre en mains et restructurer. Mais une Église fabriquée par nous ne peut constituer l’espérance.[Donc l’église conciliaire est une voie sans issue]

Jésus lui-même a comparé l’Église à un filet de pêche où à la fin, les bons poissons sont séparés des mauvais par Dieu lui-même. Il y a aussi la parabole de l’Église, figurée par un champ où pousse le bon grain semé par Dieu lui-même, mais aussi l’ivraie qu’« un ennemi » y a secrètement semé. Il est vrai que l’ivraie dans le champ de Dieu, l’Église, n’est que trop visible, et que les mauvais poissons dans le filet montrent également leur force. Néanmoins, le champ est toujours le champ de Dieu et le filet est toujours le filet de pêche de Dieu. Et dans tous les temps, il n’y a pas seulement l’ivraie et les mauvais poissons, mais également les moissons de Dieu et les bons poissons. Proclamer les deux choses avec insistance ne relève pas d’une fausse apologétique : c’est un service qu’il est nécessaire de rendre à la vérité.[le vrai service est d’appeler les choses par leur nom, l’apostasie, apostasie ; l’hérésie, hérésie…]

Dans ce contexte il est nécessaire de se référer à un texte important de l’Apocalypse de saint Jean. Le diable est identifié comme l’accusateur qui accuse nos frères devant Dieu jour et nuit (Ap. 12, 10) [une référence à François]. L’Apocalypse de saint Jean reprend ainsi une réflexion qui est au centre du cadre narratif du livre de Job (Jb 1 et 2, 10 ; 42, 7-15). Dans ce livre, le diable cherche à rabaisser la droiture de Job devant Dieu, en disant qu’elle n’est qu’extérieure. Il s’agit exactement de ce que dit l’Apocalypse : le diable cherche à prouver qu’il n’y a pas de justes ; que toute la droiture des hommes ne se manifeste qu’à l’extérieur. Si on pouvait s’approcher davantage d’une personne, alors les apparences de droiture s’évanouiraient bien vite.

L’histoire de Job commence par une dispute entre Dieu et le diable, où Dieu avait désigné Job comme un homme vraiment juste. Celui-ci sera utilisé comme exemple, pour vérifier qui a raison. Enlevez-lui ce qu’il possède et vous verrez qu’il ne restera rien de sa piété, soutient le diable. Dieu lui permet de faire cette tentative, dont Job sort victorieux. Alors le diable va plus loin, disant : « L’homme donnera peau pour peau, et tout ce qu’il a pour sauver sa vie ; mais étendez votre main, et frappez ses os et sa chair, et vous verrez s’il ne vous maudira pas en face » (Jb, 2, 4).

Dieu concède au diable un deuxième round. Il lui sera également permis de toucher la peau de Job. Il ne lui est interdit que de tuer Job. Pour les chrétiens, il est clair que ce Job, qui se dresse devant Dieu comme un exemple pour l’humanité tout entière, est Jésus-Christ.[Nego, c’est le type de l’homme juste, pas du Verbe incarné] Dans l’Apocalypse de saint Jean, le drame de l’humanité nous est présenté dans toute son étendue.

Le Dieu créateur est face au diable qui médit de toute l’humanité et de toute la création. Il dit, non seulement à Dieu mais par-dessus tout aux êtres humains : Regardez ce qu’a fait ce Dieu. Cette création prétendument bonne, est en réalité pleine de misère et de répugnance.

Ce dénigrement de la création est en réalité un dénigrement de Dieu. Il cherche à prouver que Dieu n’est pas bon lui-même, et ainsi à nous détourner de lui.

L’actualité de ce que l’Apocalypse nous dit ici est évidente. Aujourd’hui, l’accusation adressée à Dieu vise par dessus tout à présenter son Église comme entièrement mauvaise, et ainsi, à nous en détourner. L’idée d’une Église meilleure, que nous créerions nous même, est en réalité une suggestion du diable, par laquelle il cherche à nous éloigner du Dieu vivant, au moyen d’une logique trompeuse par laquelle nous nous laissons trop facilement duper. Non, même aujourd’hui l’Église n’est pas composée seulement de mauvais poissons et d’ivraie. L’Église de Dieu continue d’exister aujourd’hui, et aujourd’hui, elle est l’instrument même par lequel Dieu nous sauve.

Il est très important de contrer les mensonges et demi-vérités du diable au moyen de la vérité tout entière : oui, il y a des péchés dans l’Église, il y a du mal. Mais aujourd’hui encore il y a la sainte Église, qui est indestructible. Aujourd’hui il y a beaucoup de gens qui croient, souffrent et aiment humblement, dans lesquels le vrai Dieu, le Dieu d’amour, se montre à nous. Aujourd’hui encore Dieu a ses témoins (ses « martyrs ») dans le monde. Nous devons simplement veiller, pour les voir et pour les entendre. [Et ne pas les livrer aux communistes]

Le mot « martyr »  nous vient du droit procédural. Dans le procès contre le diable, Jésus-Christ est le premier et le véritable témoin de Dieu, Il est le premier martyr, suivi depuis lors par d’innombrables autres martyrs.

Aujourd’hui l’Église est plus que jamais une Église des martyrs,[et des victimes d’abus des prédateurs] et elle est ainsi témoin du Dieu vivant. Si nous regardons autour de nous et que nous écoutons d’un cœur attentif, nous pouvons trouver des témoins partout aujourd’hui, spécialement parmi les gens ordinaires, mais aussi dans les plus hautes rangs de l’Église, qui par leur vie et leur souffrance, se lèvent pour Dieu. C’est une inertie du cœur qui nous conduit à ne pas vouloir les reconnaître.[mais peut-on s’aveugler sur les turpitudes non sanctionnées] L’une des tâches les plus grandes et des plus essentielles de notre évangélisation est d’établir, autant que nous le pouvons, des lieux de vie de Foi, et par-dessus tout, de les trouver et de les reconnaître.[Mais il n’y a qu’un lieu de foi : la Sainte Église catholique apostolique]

Je vis dans une maison, une petite communauté de personnes qui découvrent de tels témoins du Dieu vivant, encore et toujours, dans la vie quotidienne,[et ferment chastement les yeux sur les turpitudes] et qui me le font remarquer à moi aussi avec joie. Voir et trouver l’Église vivante est une tâche merveilleuse qui nous rend plus forts et qui nous donne de nous réjouir de nouveau dans notre foi, toujours.

A la fin de mes réflexions je voudrais remercier le pape François pour tout ce qu’il fait pour nous montrer, encore et encore, la lumière de Dieu, qui n’a pas disparu, même aujourd’hui. Merci, Saint-Père !

Benoît XVI

© pour cette traduction, non officielle : Jeanne Smits.

L’apostasie à la source des turpitudes morales

Le Christ Chef mystique de l’Église

« Dieu, dit saint Paul, a constitué le Christ la Tête de toute l’Église, l’Église est le Corps du Christ et sa pléni­tude. [Ep. 1, 22-23]  » Dans ces paroles de l’apôtre se trouve conden­sée toute la doctrine du Corps mystique de Jésus-Christ. Cette doctrine si profonde a depuis lors occupé la pensée des Pères, fixé l’attention des grands théologiens et nourri la piété des fidèles. Aujourd’hui plus que jamais l’Esprit de Dieu invite l’Épouse du Christ à contempler et à vivre intensément ce beau mystère.

L’importance de ce dogme central du christianisme n’a pas échappé à saint Thomas. On peut dire que la Somme théologique en est comme pétrie. Il n’en pouvait être autrement pour un génie si clairvoyant, pour un esprit si pénétré de la doctrine de saint Paul et de saint Augus­tin. Comme l’Apôtre des nations et le Docteur d’Hippone, saint Thomas ramène tout au Christ pour ramener tout à Dieu : Vos estis Christi, Christus autem Dei[1] [I Cor., III, 23] . Lui, qui nous a laissé un commentaire si substantiel de l’Évangile de saint Jean et des Épîtres de saint Paul, ne pouvait reléguer au second plan cet enseignement du Christ plé­nier. A Jésus, Chef mystique de l’Église, il rattache tout le mystère de la prédestination et de la distribution des grâces, selon le mot de saint Paul : Praedestinavit nos in adoptionem filiorum per Jesum Christum [Ep. 1, 5, et III, q. 24, a. 3 et 4].

En effet, toute grâce donnée aux hommes, toute vie surnaturelle, dans l’ordre actuel de la Providence, est un fruit de la Rédemption. Or la Rédemption, saint Thomas ne la conçoit qu’en relation avec la divine solidarité du Corps mystique, qui fait de Jésus notre Chef et notre répondant. « C’est comme Chef, dit saint Thomas, et non pas à titre privé et personnel, que Jésus a reçu la grâce, pour la répandre sur tous les hommes. Aussi par ses œuvres le Christ a-t-il mérité pour Lui et pour tous ses membres, autant qu’un autre homme pour lui seul [III, q. 48, a. I.]. »

On objecte parfois que Notre-Seigneur ne pouvait pas souffrir pour nous, ni expier des fautes qu’il n’avait pas; commises, puisque la réparation doit venir de celui qui a commis l’offense. Saint Thomas a connu cette objection, et c’est la doctrine du Corps mystique qui lui fournit la réponse : « Le Chef et les membres, dit-il, ne forment ensemble qu’une seule personne mystique; et c’est pour­quoi la satisfaction du Christ appartient à tous les fidèles comme aux membres de Jésus-Christ [III, q. 48, a. 2, ad 1um]. » Ainsi, grâce à cette mystérieuse et divine solidarité, toutes les riches­ses du Sauveur, les mérites infinis de sa Passion nous appartiennent, et nous pouvons les présenter comme une rançon surabondante à Dieu le Père pour tous les péchés des hommes.

La Passion du Christ, dit encore saint Thomas, cause la rémission des péchés par mode de rédemption. Car, puis­qu’il est notre Chef, il nous a délivrés du péché comme étant ses membres, au prix de sa Passion qu’il endura par charité et par obéissance… C’est que toute l’Église, Corps mystique du Christ, est considérée comme une seule per­sonne avec le Christ, son Chef [III, q. 49, a. I.].

L’importance de pareils textes, qu’on le remarque bien, vient surtout de ce qu’ils éclairent toute la doctrine de saint Thomas sur la grâce et la Rédemption, à la manière des principes premiers qui baignent de leur lumière toutes les conclusions d’une science.

De cet énoncé général de l’unité du Corps notre saint Docteur descend aux applications particulières. Tantôt il étudie le rôle de Chef qui revient à Jésus-Christ, et, avec sa précision coutumière, il en énumère les fonctions et les prérogatives; tantôt il considère la diversité des membres, et nous dit en quoi consiste leur unité surna­turelle.

Toute la VIIIe question, dans la IIIe Partie de la Somme théologique, est consacrée à la grâce capitale du Christ, et met en lumière sa qualité de Chef mystique des hommes et des anges. Contentons-nous de rapporter ici la partie essentielle du premier article.

Toute l’Église, dit saint Thomas, est un seul Corps mys­tique… et le Christ en est la Tète. Or dans la tête nous pouvons considérer trois choses : la place qu’elle occupe, sa perfection et son influence; sa place : elle est la partie la plus éminente de l’homme… ; sa perfection : elle ren­ferme tous les sens intérieurs et extérieurs… ; son in­fluence : d’elle procèdent la force et le mouvement des autres membres et le gouvernement de leur activité. Cette triple prééminence appartient au Christ d’une façon spi­rituelle.

D’abord, par sa proximité de Dieu, il a reçu une grâce qui prime celle de toute créature…, car tous les autres ont reçu le don de la grâce en vue de la grâce du Christ, selon cette parole de l’Apôtre aux Romains (VIII, 29) : Ceux qu’il a connus d’avance, Dieu les a prédestinés à devenir conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit le premier-né parmi beaucoup de frères. En second lieu, le Christ l’emporte en perfection, parce qu’il possède la plénitude de toutes les grâces d’après ce que dit saint Jean (Jn. 1, 14) : Nous l’avons vu plein de grâce et de vérité. En troisième lieu, il a le pouvoir d’influer et de produire la grâce dans tous les mem­bres de l’Église, selon ce mot de saint Jean (Jn. I, 16) Nous avons tous reçu de sa plénitude. C’est donc à bon droit que le Christ est appelé la Tête de l’Église [Ill,q.8.a.1.].

Chaque ligne, pour ne pas dire chaque mot, de cet article incomparable demanderait son commentaire. La triple prééminence que le saint Docteur attribue au Christ à l’égard de l’Église renferme en substance presque toute la doctrine du Corps mystique. Saint Thomas lui-même nous a d’ailleurs fourni une ample exposition de cet arti­cle important, dans toute la suite de son traité du Verbe Incarné et des Sacrements. Ce qu’il nous dit plus bas des perfections Ineffables du Fils de Dieu fait homme nous montre sa primauté de perfection. La question qu’il a consacrée à la prédestination du Christ, cause et exem­plaire de la nôtre, met surtout en relief sa primauté d’ordre. Quant à sa primauté d’influence, saint Thomas nous la révèle dans tous les mystères de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ : « Omnes actiones et passiones Christi, instrumentaliter operantur, in virtute divinitatis, ad salutem humanam. Toutes les actions et les souffrances du Christ, écrit-il, agissent instrumentale­ment, par la vertu de la divinité, pour opérer le salut de l’homme (1). »

Dans une longue série d’articles et de questions, dont on méconnaît souvent la richesse dogmatique et la portée pratique pour la vie chrétienne, saint Thomas fait l’appli­cation de ce principe universel, et nous montre dans toutes les actions de notre adorable Sauveur, dans les faits principaux de son passage sur terre, des mystères de vie et de sanctification. Sa naissance à Bethléem[2] [8], sa circoncision si pleine d’humilité[3] [9], son baptême au Jourdain[4] [10], sa tentation au désert[5] [11], sa divine prédi­cation[6] [12], sa manière de vivre simple et familière[7] [13], sa glorieuse transfiguration[8] [14], sont pour nous source de grées, exemple de sainteté et principe de vie divine. Par la vertu de sa Passion et de sa mort nous mourons au péché[9] [15] ; par le mystère de sa divine sépulture nous sommes, au saint baptême, ensevelis avec le Christ et cachés en Dieu[10] [16] ; par sa triomphante résurrection d’en­tre les morts nous retrouvons nous aussi une nouvelle vie, toute céleste et surnaturelle[11] [17] ; par son ascension enfin nous entrons au ciel à la suite de Jésus, comme des membres unis à leur Chef[12] [18].

Sur tous ces mystères saint Thomas s’étend avec une complaisance d’autant plus digne de remarque que de nos jours la plupart des manuels de théologie les passent entièrement sous silence, si l’on excepte le mystère de la Passion et de la mort de Notre-Seigneur. C’est que notre saint Docteur comprenait à quel point ces mystères du Christ intéressent, chacun à sa manière et selon une grâce propre à chacun, l’œuvre de notre salut et de notre sanctification.

Cette influence vitale et cette vertu sanctifiante de la sainte Humanité de Jésus sur tout le Corps mystique, saint Thomas la met encore en plus grande lumière dans son traité des Sacrements. Ces admirables instruments de la grâce ne sont à ses yeux que des moyens dont se sert la divine Bonté pour établir et fortifier toujours plus, entre Jésus et nos âmes, ces liens organiques et cette union spirituelle qui nous soumettent à l’action bienfaisante de notre Chef mystique. Car il est manifeste, écrit saint Thomas, que par les sacrements de la nou­velle Loi l’homme est incorporé au Christ, comme le dit saint Paul à propos du baptême (Ga. III, 27): Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ. Or l’homme ne devient membre du Christ que par la grâce… (et par là il reste prouvé que les sacrements sont cause de la grâce)[13] [19]. »

Toute la doctrine des Sacrements est donc tributaire du dogme de notre incorporation à Jésus-Christ. Le bap­tême ne nous sanctifie que parce qu’il établit entre Jésus et nous ce lien vital, grâce auquel la sainteté de notre Chef divin s’écoule en nous, ses membres. Si la confirma­tion nous confère le Saint-Esprit, c’est parce qu’elle fait de nous le mystique prolongement du Christ, sur qui repose et en qui réside la plénitude de l’Esprit-Saint. Mais saint Thomas insiste particulièrement sur cette union vivifiante à Jésus-Christ, quand il traite du sacrement par excellence, de la divine Eucharistie. Pour lui, en effet, « la grâce propre de ce sacrement, la res sacrameni, c’est l’unité du Corps mystique[14] [20] ».

A cette doctrine si nette de saint Thomas sur le rôle de Chef qui revient au Christ, il faut ajouter ce qu’il ensei­gne sur la diversité des membres qui constituent le Corps mystique de Jésus-Christ. L’unité dans la multiplicité, c’est la loi qui préside à l’harmonie du monde; elle appa­raît non moins belle en cet organisme surnaturel qu’est le Corps mystique.

Car, nous dit le saint Docteur, comme dans l’ordre na­turel, la perfection qui se trouve en Dieu d’une manière simple et uniforme ne peut se rencontrer dans l’univers créé qu’en se divisant et en se multipliant, ainsi la plénitude de grâce qui est toute réunie dans le Christ, comme dans la Tête se répand diversement dans les membres pour que le corps de l’Église soit parfait. Tel est l’enseignement de saint Paul aux Éphésiens (IV, 11 12) : Le Christ a constitué les uns apôtres, d’autres prophètes, d’autres évangélistes, d’autres encore pasteurs et docteurs, pour la consommation ou l’achè­vement des saints[15] [21] .

L’unité de l’Église se trouve-t-elle compromise par cette diversité des fonctions? Bien au contraire. La mul­tiplicité des organes fait ressortir davantage la cohésion vitale du corps humain et l’interdépendance de toutes ses parties; ainsi en va-t-il du Corps mystique : « La diversité des états et des offices, dit saint Thomas, ne détruit pas l’unité de l’Église, qui est garantie par l’unité de foi et de charité; et par les services mutuels, selon la doctrine de saint Paul aux Éphésiens (IV, 16)[16] [22] . »

Cependant la foi et la charité, et cette subordination hiérarchique par laquelle « les uns sont appliqués au service des autres[17] [23] », ne constituent pas les principes ultimes de l’unité du Christ plénier; la source première de cette unité surnaturelle, pour saint Thomas, c’est le Saint-Esprit, âme du Corps mystique, selon la doctrine de l’apôtre : Unum Corpus, unus Spiritus[18] [24 .

Tout comme dans le corps naturel, écrit notre saint Doc­teur, les membres divers sont maintenus d’ans l’unité par la vertu de l’esprit vivifiant, et se désagrègent dès que l’âme s’en éloigne, ainsi, dans le Corps de l’Église, la paix est assurée entre ses divers membres par la vertu du Saint ­Esprit qui vivifie le Corps de l’Église, comme l’enseigne saint Paul aux Éphésiens (IV, 3) : Tâchez de garder l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix[19] [25] .

Saint Thomas, on le voit, nous fournit une doctrine précise et très étendue sur le beau mystère du Christ plénier; nous n’avons fait qu’en indiquer les lignes direc­trices. A ce qu’il vient de nous dire sur le rôle de la foi et de la charité, et sur l’influence du Saint-Esprit, pour maintenir l’unité du Corps mystique, il faut rattacher ce qu’il enseigne ailleurs plus au long sur la nature de la grâce et des vertus théologales, et sur l’habitation du Saint-Esprit dans l’âme des justes. On trouvera de la sorte, dans la Somme théologique, et dans les autres œuvres du Docteur angélique, non plus une simple esquisse, mais une théologie complète sur la nature et la vie du Corps mystique de Jésus-Christ.

Cet ensemble doctrinal est certainement de nature à faire du bien aux âmes qui voudront s’en pénétrer. Le dogme et la morale, la théologie spéculative et pratique, la science ascétique et mystique, s’y fondent dans cette unité d’un même objet formel qui appartient en propre à la science sacrée. Dans cette doctrine du Corps mysti­que la théologie se révèle vraiment une science de vie et de sainteté, qui met à la portée de toutes les âmes la plus pure substance de l’Évangile et des Épîtres apostoliques.

Nulle part n’apparaît avec plus de relief le rôle de Médiateur qui revient au Christ, Roi, Prêtre et Docteur de vérité. Comme Roi, Jésus régit notre activité, dirige nos pas vers Dieu, suprême béatitude; car la fonction propre de la royauté c’est de diriger par les sentiers du bien, au terme où ils tendent, tous les membres d’une société. Docteur infaillible de la vérité surnaturelle, le Christ nourrit nos intelligences du pain de la divine parole. Prêtre éternel enfin, Jésus nous communique cette vie divine qu’il nous a acquise par le sacrifice du Calvaire, et qu’il nous transmet chaque jour, à l’autel, par « l’admirable sacrement de la Passion[20] [26] ».

Ces vérités si salutaires apprendront spécialement aux âmes généreuses à mieux comprendre le sacrifice de la messe, qui, d’après la doctrine de saint Thomas, est substantiellement le même que celui de la Croix : Non est aliud a sacrificio quod ipse Christus obtulit. Oui, le même, parce que l’Eucharistie est le sacrement de la Passion, comme le répète saint Thomas après saint Augustin : Sacramentum perfectum Passionis[21] [27]. La sainte messe ainsi comprise, avec la sainte commu­nion, faite dans le même esprit, portera les fidèles à unir à l’immolation de Jésus le sacrifice de toute leur vie, à s’incorporer vraiment au Christ immolé, et à vivre en plénitude la grâce de leur baptême. Par là ils achèveront en eux-mêmes « ce qui manque aux souffrances du Christ », et ils réaliseront pour leur compte ce que sainte Catherine de Sienne demandait à Dieu dans cette belle prière : « Ô Dieu éternel, recevez le sacrifice de ma vie pour le Corps mystique de la sainte Église. Je ne puis vous donner que ce que vous-même m’avez donné. Pre­nez le cœur (mon cœur), et pressurez-le sur la face de l’Épouse![22] [28] »

Rome, Angelico.

  1. RÉGINALD GARRIGOU-LAGRANGE, O. P.

[1] [2] I Cor., III, 23

[2] [8] Ill, q. 48, a.6.

[3] [9] Ibid., q. 35.

[4] [10] Ibid., q. 37

[5] [11] Ibid., q. 37

[6] [12] Ibid., q. 42.

[7] [13] Ibid., q. 40

[8] [14] Ibid., q. 45

[9] [15] Ibid., qq. 48-50

[10] [16] III, q.51

[11] [17] Ibid., q. 56

[12] [18] Ibid., q.57.

[13] [19] Ibid., q. 62, a. I

[14] [20] III, q.93, a.3

[15] [21] IIa IIae, q. 183

[16] [22] II II, q. 183, a. 2, ad 1um

[17] [23] Eph., IV, 16

[18] [24] Eph., IV, 4.

[19] [25] II II, q. 183, a. a, ad 3

[20] [26] Oraison liturgique du Saint-Sacrement.

[21] [27] Ill, q. 73, a. 5, ad 2m; De Civ. Dei, 1. X, c. XX

[22] [28] Lettre au Bx Raymond de Capoue, 16 février 13 80, écrite peu de jours avant sa mort.

R.P. R. Garrigou-Lagrange La Vie Spirituelle, 1er Novembre1934, N°182

Le Christ Chef mystique de l’Église

La Nouvelle religion de la « Paix »

NÉGATIONNISME CONCILIAIRE : RÉHABILITATION DES PHARISIENS AU VATICAN !

On se demande parfois jusqu’où, quand s’arrêtera, la déconstruction du catholicisme entreprise depuis maintenant plus d’un demi-siècle par l’Église conciliaire et les autorités qui la gouvernent.

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La dernière lubie en cours au sein des palais vaticans, plus apostats à l’heure d’aujourd’hui qu’apostoliques, est la réhabilitation, à travers une arrogante négation et révision des Évangiles, des pharisiens, ce parti politico-religieux et « charnel » qui défigura, enseigne le théologien thomiste argentin l’abbé Julio Meinvielle, le « Messie, Celui qu’on attendait pour apporter au monde la grâce et la vérité (…)” en “un dominateur politique, terrestre, qui devait assurer et perpétuer la grandeur d’Israël sur toutes les nations ». Suivant le chemin ouvert par l’omnipotent décret conciliaire Nostra Aetate, expression de cette volonté moderniste et progressiste qui veut nier le rôle de la Synagogue dans la mort du Christ-Messie, se poursuit ainsi la disculpation des Juifs, ces « frères aînés » chers à Jean-Paul II, devenus « pères dans la foi » sous Benoît XVI.

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Dans ce but, un congrès sur le thème Jésus et les pharisiens, un révision interdisciplinaire est organisé à Rome, à l’Université pontificale Grégorienne, en mai prochain par l’Institut Biblique pontifical, sponsorisé par la Conférence Épiscopale Italienne et l’American Jewish Committee. Le dernier jour du colloque, les participants catholiques, protestants et juifs, seront reçus par le pape François en audience privée. Parmi eux, des figures importantes du monde juif actuel, les rabbins David Rosen, Riccardo Di Segni et Abrhama Skorka, ce dernier ami de longue date d’El papa argentin.

Présentés dans les Évangiles comme les ennemis du Christ, « exemples de légalisme, d’hypocrisie et d’avidité », les pharisiens seront donc au centre des conférences, les intervenants ayant comme mission de réexaminer les sources afin de dépasser les “préjugés” autour des pharisiens. Préjugés qui, selon les organisateurs, peuvent être associés à des pulsions antisémites. L’objectif du colloque est double : « un réexamen des sources pour fournir un cadre plus clair sur les pharisiens ‘littéraires’ et ‘historiques’ de l’Antiquité » pour, par la suite, « réévaluer les facteurs responsables des préjugés qui ont corrompu la perception commune des pharisiens et suggérer des moyens pour les dépasser ».

« Le thème de la relation entre Jésus et les pharisiens est un autre moyen de décrire la relation entre les chrétiens et les juifs à travers deux millénaires (…) ce qui a des conséquences significatives pour notre relation actuelle» a expliqué au cours d’une conférence de presse le jésuite Michael Kolarcik, recteur de l’Institut. Le père Étienne Veto, directeur du Centre Cardinal Bea pour les Études Juives de l’Université Pontificale Grégorienne, affirme de son côté que depuis longtemps, grâce aux études menées, la représentation communément admise des pharisiens « n’est pas correcte » et qu’« il y a une relation entre l‘antisémitisme et la conception des pharisiens ». « Nous voulons identifier les racines de cette représentation inadéquate des pharisiens et dépasser les préjugés » a déclaré un des principaux organisateurs de l’événement, le professeur Joseph Sievers.

Un des intellectuels juifs ayant une large part dans ce colloque, le professeur Amy Jill Levine, qui enseigne le Nouveau Testament à l’Institut Biblique Pontifical, avance un autre argument dans ce même but de réhabilitation des pharisiens :

« Il n’y a pas besoin de mal présenter les pharisiens en particulier et le judaïsme en général pour bien présenter Jésus : Jésus se présente bien tout seul (…) »

«  Mais nous avons les Évangiles qui décrivent les pharisiens comme hypocrites et ennemis de Jésus » a-t-elle conclu en souhaitant que « les homélies sur les pharisiens ne propagent pas l’antisémitisme mais présentent correctement l’Évangile de la paix ». Dorénavant, si l’on comprend bien madame Levine, il y aura donc, d’un côté, l’Évangile de la paix, évidemment politiquement et religieusement correct, l’Évangile de Nostra Aetate, qui aura été préalablement expurgé des connotations anti-pharisiennes, et de l’autre, les Évangiles des Apôtres politiquement incorrects, voire antisémites.

Ce sont donc bien les Saints Évangiles et les Actes des Apôtres qui posent un problème aux juifs actuels, comme à leurs ancêtres… Ce sont les anathèmes sévères, vigoureux et rudes, du Christ lui-même envers les pharisiens incrédules et endurcis qui doivent être passés à la moulinette conciliaire sous la supervision doctrinale des pharisiens actuels. Pour que se dissipent, par le souffle du dialogue inter-religieux avec les Juifs, ces condamnations divines ainsi que la mise au ban de la Synagogue au profit des Gentils :

« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » (Mt, 5:20).

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ! Vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui y viennent.

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que, sous le semblant de vos longues prières, vous dévorez les maisons des veuves ! C’est pourquoi vous subirez une plus forte condamnation.

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous courez les mers et la terre pour faire un prosélyte, et, quand il l’est devenu, vous faites de lui un fils de la géhenne, deux fois plus que vous !

” Malheur à vous, guides aveugles, qui dites : Si un homme jure par le temple, ce n’est rien ; mais s’il jure par l’or du temple, il est lié. Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or ?

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et qui négligez les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi ! Ce sont ces choses qu’il fallait pratiquer, sans omettre les autres. Guides aveugles, qui filtrez le moucheron, et avalez le chameau !

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, tandis que le dedans est rempli de rapine et d’intempérance. Pharisien aveugle, nettoie d’abord le dedans de la coupe et du plat, afin que le dehors aussi soit pur.

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui au dehors paraissent beaux, mais au dedans sont pleins d’ossements de morts et de toute sorte de pourriture.

Ainsi vous, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.

” Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les monuments des justes, et qui dites : Si nous avions vécu aux jours de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.

Ainsi vous rendez contre vous-mêmes ce témoignage, que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères !

Serpents, race de vipères, comment éviterez-vous d’être condamnés à la géhenne ?
C’est pourquoi voici que je vous envoie des prophètes, des sages et des docteurs. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les poursuivrez de ville en ville :

afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel.
En vérité, je vous le dis, tout cela viendra sur cette génération.

” Jérusalem, Jérusalem, qui tue les prophètes et lapides ceux qui lui sont envoyés ! Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu !

Voici que votre maison vous est laissée solitaire.

Car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mt 23:13-39).

« Des lèvres de cet Agneau, rappelle cet éminent juif converti au catholicisme, l’abbé Augustin Lémann, il n’était sorti que des paroles de miséricorde et d’onction. Seuls, les pharisiens orgueilleux avaient eu à supporter les tonnerres de Ses reproches. » Des reproches que 2000 après leurs descendants, avec la bénédiction de l’Église conciliaire, veulent étouffer ! Source MPI 8 avril Francesca de Villasmundo

Françoiscasher

La Nouvelle religion de la « Paix »

Cynique sinisation

Ou le martyre des catholiques chinois livrés implicitement par François au pouvoir communiste

En Chine

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Les autorités ont entièrement détruit hier les locaux de la paroisse de Qianyang (Shaanxi, diocèse de Fengxiang). Le bâtiment abritait une église à l’étage, et au rez-de-chaussée des religieuses infirmières. C’était le lieu de culte et de services médicaux de 2.000 paysans catholiques, construit grâce à des dons de fidèles d’autres paroisses du diocèse.

Aucune raison n’a été donnée pour cette destruction. Mais le diocèse de Fengxiang a la particularité d’être le seul où il n’y a aucun membre de l’église officielle (l’Association patriotique), bien qu’il y ait un Bureau des Affaires religieuses… Selon certains, la destruction aurait donc pour but de faire pression sur le clergé et les fidèles pour qu’ils rejoignent l’église officielle. Selon d’autres, ce serait parce que les autorités de la province sont des maoïstes fanatiques qui veulent éradiquer toute religion ; ils s’en seraient pris particulièrement à cette église parce qu’elle est connue pour son eau bénite miraculeuse.

Mgr Guo Xijin, évêque clandestin de Mindong, a accepté par obéissance au pape de devenir évêque auxiliaire de l’évêque officiel Vincent Zhan Silu (vice-président de l’Association patriotique). Lequel est donc désormais reconnu par le Saint-Siège. Mais la réciproque n’est pas vraie : Mgr Guo Xijin n’est toujours pas reconnu par le gouvernement communiste, et on lui a signifié que tout ministère de sa part est illégal tant qu’il ne s’inscrira pas à l’Association patriotique. En application de l’accord secret, Mgr Guo Xijin avait accepté d’être en communion avec l’évêque officiel, mais l’évêque officiel, quoique reconnu par Rome, n’est pas en communion avec son évêque auxiliaire, comme cela se verra particulièrement le jeudi saint où celui-ci ne pourra pas concélébrer.

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Décidément l’accord secret entre la Rome bergoglienne et la Chine communiste fonctionne à plein régime.Quelque 200 fidèles se sont réunis hier soir devant le sanctuaire marial de Mujiaping, dans le diocèse de Fengxiang (Shaanxi), ayant appris que les autorités allaient venir le détruire.

Ce matin, 600 fonctionnaires dont de nombreux policiers sont arrivés pour procéder à la démolition du portail, du sanctuaire de la Vierge et de l’église du Sacré-Cœur.

C’est dans ce diocèse qu’a été détruite une église le 4 avril. D’autres démolitions sont prévues.

Le diocèse de Fengxiang est le seul où L’église officielle (l’Association patriotique) n’a aucun prêtre, aucun fidèle. Les autorités communistes ont décidé de persécuter les catholiques de ce diocèse jusqu’à ce qu’ils acceptent de rejoindre l’église officielle.

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Source Daoudal

Cynique sinisation