Pour ceux qui savent voir

Bien sûr cela n’a rien à voir avec l’idéologie LGTB…….

Cela ne relève pas du hasard, mais c’est au troisième degré.

Au second degré, le choix des couleurs n’est pas dicté par l’idéologie LGBT mais par l’idéologie indigéniste indienne, qui revendique le drapeau arc-en-ciel conformément aux « prophéties de l’arc-en-ciel » et aux « guerriers de l’arc-en-ciel » qui vont apporter la paix.

Il va de soi que le lobby LGBT appuie le lobby indigéniste et fait tout ce qu’il peut pour étendre la confusion. Il en est de même dans les hautes sphères de l’Église en Amérique latine.

Publicités
Pour ceux qui savent voir

Le concile canonisé

Ils sont arrivés à ce qu’ils voulaient, ils ont canonisé le concile, le fondement de la nouvelle religion…..Paul VI de par la destruction/remplacement de la Sainte Messe par une synaxe luthérienne et la modifications de tous les sacrements est clairement schismatique.. « Il ne faut pas avoir peur d’affirmer que les autorités romaines actuelles depuis Jean XXIII et Paul VI se sont faites collaboratrices actives de la Franc-Maçonnerie juive internationale et du socialisme mondial. »
« L’Église qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le Pape, les évêques, prêtres et fidèles, adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique. L’Église d’aujourd’hui n’est la véritable Église que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Église d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c’est la Tradition. La demande de S. Exc. Mgr Benelli est donc éclairante : soumission à l’Église conciliaire, à l’Église de Vatican Il, à l’Église schismatique. » Mgr Lefebvre l’avait bien vu sans en tirer toutes les conséquences.

Le concile canonisé

La conversion fulgurante d’Alphonse Ratisbonne

1884

La conversion fulgurante d’Alphonse Ratisbonne
Rome, jeudi 20 janvier 1842. Un jeune avocat juif, athée, libre penseur et dilettante, entre dans l’église Sant’Andrea delle Fratte (Saint-André des Buissons) à Rome pour en sortir quelques minutes plus tard, chrétien, prêt à mourir pour défendre la foi en Jésus-Christ. « Si quelqu’un m’avait dit dans la matinée de ce jour : « Tu t’es levé juif, tu te coucheras chrétien », je l’aurai regardé comme le plus fou des hommes », écrira Alphonse Ratisbonne (1814-1884). Et pourtant…
Une enfance aisée. Comme saint Paul, Alphonse Ratisbonne est fils d’Abraham. Et comme lui, il va vivre une conversion fulgurante ! À sa naissance, le 1er mai 1814 à Strasbourg (Bas-Rhin), il reçoit, avec celui d’Alphonse, le nom de Tobie. Sa famille, d’origine juive, est nombreuse, aisée, connue. Son père est banquier, adjoint au maire de Strasbourg et président du consistoire israélite du Bas-Rhin. Alphonse reçoit une instruction religieuse mais abandonne la foi à l’adolescence. « J’étais juif de nom, mais je ne croyais même pas en Dieu », écrit-il plus tard. Inscrit au collège royal de Strasbourg, il y reçoit une solide formation littéraire et scientifique.

Une haine des chrétiens.
En 1825 – il a alors 11 ans – un évènement important bouscule toute la famille. Théodore, son frère aîné, se convertit au catholicisme. Pire encore, il entre au séminaire et est ordonné prêtre en 1830. Alphonse, tout comme ses proches, s’indigne. « Tout jeune que j’étais, cette conduite de mon frère me révolta, et je pris en haine son habit et son caractère […] La conversion de mon frère, que je regardais comme une inexplicable folie, me fit croire au fanatisme des catholiques, et j’en eus horreur », raconte-t-il. C’est le début pour lui d’un fort sentiment anti-chrétien. Alphonse refuse de revoir son frère et coupe toute relation avec lui. En 1840, Théodore quitte Strasbourg : il est nommé vicaire à la paroisse Notre-Dame des Victoires, à Paris. Il y rejoint le curé, l’Abbé Desgenettes, fondateur de l’Archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs. L’association de prière, dont il devient le sous-directeur, en est à ses débuts, mais porte déjà des fruits de conversions miraculeuses en abondance. Si Alphonse a enterré son frère, Théodore, lui, prie et fait prier Notre Dame des Victoires pour sa conversion. Alphonse aussi est à Paris pour ses études. Il y fait son droit puis revêt la robe d’avocat. Devenu orphelin de mère, puis de père, il hérite d’une fortune importante qu’il dépense abondamment en plaisirs et frivolités. En 1841, le jeune avocat se fiance à Flore, une de ses nièces. L’âge tendre de la jeune femme, qui a alors 16 ans, retarde le mariage.

image

L’ange envoyé de Dieu.

En attendant l’heure de l’union, Alphonse part en voyage. C’est ainsi qu’il quitte Paris en novembre pour un périple de plusieurs mois. L’époque romantique a mis au goût du jour les voyages vers l’Orient : l’Italie, la Sicile, Malte, Constantinople et le Levant l’attendent ! Ratisbonne arrive à Rome le 6 janvier 1842. Parmi les édifices et quartiers romains visités, le Ghetto, quartier des Juifs, lui fait une très vive impression. Devant tant de misère, pitié et indignation le submergent. « Je dois dire, sans crainte d’exagérer, que jamais de ma vie je n’avais été plus aigri contre le christianisme que depuis la vue du Ghetto. Je ne tarissais point en moqueries et en blasphèmes. » Au cours d’une de ses visites de la ville éternelle, il rencontre un ami de collège, Gustave de Bussières, dont le frère, le baron Théodore de Bussières, fervent catholique, s’est fait connaître par ses voyages en Sicile et en Orient, dont il a publié les récits. Alphonse lui raconte ses projets de voyage. Gustave l’invite alors à rencontrer son frère pour lui demander conseil. Alphonse accepte par politesse. Le 15 janvier, avant de partir pour Naples, il se rend donc, bon gré, mal gré chez Théodore de Bussières pour la visite promise. Alphonse ne le sait pas encore : comme Raphaël pour Tobie, il est l’ange que Dieu lui donne. La conversation est légère, mais prend vite des tournures passionnées quand Alphonse partage ses impressions de Rome. Puis, le dialogue glisse sur le terrain religieux… Ratisbonne en profite pour égratigner un peu plus la foi catholique. Son hôte plein d’audace lui lance alors un défi. « Enfin, me dit M. de Bussières, puisque vous détestez la superstition et que vous professez des doctrines si libérales, puisque vous êtes un esprit fort si éclairé, auriez-vous le courage de vous soumettre à une épreuve bien innocente ? – Quelle épreuve ? – Ce serait de porter sur vous un objet que je vais vous donner… Voici ! C’est une médaille de la Sainte Vierge. Cela vous paraît bien ridicule, n’est-ce pas ? Mais quant à moi, j’attache une grande valeur à cette médaille. »

Un jeu sans conséquence ?
Ce défi, qualifié de puéril par Alphonse, est relevé avec humour. Même pas peur ! Et voilà que Monsieur de Bussières lui passe la médaille au cou, puis complète l’épreuve : « Il s’agit de réciter matin et soir le Memorare [Souvenez-vous], prière très courte et très efficace, que saint Bernard adressa à la Vierge Marie. – Qu’est-ce que votre Memorare ? m’écriai-je ; laissons ces sottises ! […] Cependant mon interlocuteur insista : il me dit qu’en refusant de réciter cette courte prière, je rendais l’épreuve nulle, et que je prouvais par cela même la réalité de l’obstination volontaire qu’on reproche aux Juifs. Je ne voulus point attacher trop d’importance à la chose, et je dis : Soit ! Je vous promets de réciter cette prière ; si elle ne me fait pas de bien, du moins ne me fera-t-elle pas de mal ! » Alphonse relève le défi, et la Sainte Vierge le prend au sérieux… La médaille qu’il porte est celle dont Marie avait dit à sainte Catherine Labouré, le 27 novembre 1830 : « Faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes sur les personnes qui auront confiance. » La confiance en Marie ne fait pas défaut à M. de Bussières, ni à l’un de ses amis, le comte de Lafferonnays, qui prient ensemble pour ce jeune Juif. Ratisbonne, lui, à force de lire et relire la prière imposée dans le but d’y découvrir sa valeur finit par la savoir par cœur, et se surprend à la réciter plusieurs fois malgré lui.

image
Une apparition
et une conversion. Le 20 janvier 1842, Alphonse se rend dans un café de Rome pour y lire les journaux. En sortant, il rencontre la voiture de Monsieur de Bussières qui l’invite pour une promenade. Sur le chemin, il lui faut s’arrêter à l’église Saint-André des Buissons, près de la Trinité des Monts, régler les derniers préparatifs des funérailles de son ami, Monsieur de Laferronnays, mort brutalement, et devant être enterré le lendemain. Théodore de Bussières propose à Alphonse de l’attendre dans la voiture, mais ce dernier préfère sortir voir l’église. Il entre alors avec lui. Dix minutes plus tard, Monsieur de Bussières le retrouve en larmes, prosterné devant l’autel de saint Michel. Un véritable miracle a eu lieu. « Ratisbonne tire sa médaille, l’embrasse, nous la montre et s’écrie : Je l’ai vue, je l’ai vue ! », raconte M. de Bussières. Alphonse explique : « J’étais depuis un instant dans l’église, lorsque tout d’un coup je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable. J’ai levé les yeux ; tout l’édifice avait disparu à mes regards ; une seule chapelle avait, pour ainsi dire, concentré toute la lumière et au milieu de ce rayonnement a paru debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille. Une force irrésistible m’a poussée vers elle, la Vierge m’a fait signe de la main de m’agenouiller, elle a semblé me dire : C’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris. » Les écailles tombent de ses yeux : Alphonse voit désormais la lumière ! Il acquiert la foi et la connaissance. « J’ai tout compris », dit Alphonse : le poids de son péché, l’amour de la Vierge pour les pécheurs, la toute-puissance de la miséricorde de Dieu. Comme dans l’Évangile, Marie est restée silencieuse. Mais Alphonse a été éclairé sur tous les mystères de la vie du Christ que Marie méditait dans son cœur. Le fruit de cette apparition est sa conversion totale. Il demande aussitôt le baptême, veut entrer à la Trappe, mourir martyr et convertir ses frères…

Frère Marie.
Après sa conversion, naît dans son cœur une véritable dette de reconnaissance. D’abord pour Monsieur de Laferronnays. « Ô, comme ce monsieur a prié pour moi », s’est écrié Alphonse dans l’église Saint-André. Un proche de la famille témoigne en effet que le comte a prié avec ardeur pour la conversion du jeune homme. Ensuite, pour son frère Théodore et l’Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires. Le 12 avril 1842, quelques mois après le miracle, il écrit une longue lettre à l’Abbé Desgenettes en action de grâces. « C’est à vous, Monsieur le Curé, à vous qui avez fondé l’Archiconfrérie pour la conversion des pécheurs, c’est à vous que les pécheurs doivent compte des grâces qu’ils ont obtenues. » Il résume ainsi l’événement qui a bouleversé sa vie : « Si je ne devais vous raconter que le fait de ma conversion, un seul mot suffirait : le nom de Marie ! » Le 31 janvier 1842, onze jours après son illumination, il reçoit les trois sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie). Théodore de Bussières est son parrain. Le 20 juin, il devient Frère Marie, de la Compagnie de Jésus, dans laquelle il sera ordonné prêtre en 1848, avant de rejoindre son frère dans la Congrégation Notre-Dame de Sion que celui-ci a fondée en 1843. Il s’installe alors en Palestine, y fonde successivement deux monastères et consacre le reste de sa vie au catéchuménat des convertis d’origine juive, pendant plus de trente-cinq ans. Il meurt le 6 mai 1884 au monastère Saint-Pierre de Sion (dit monastère Ratisbonne, aujourd’hui Centre d’études salésien) dans un faubourg de Jérusalem.

Alphonse Ratisbonne a goûté à la communion des saints. Le Ciel et la Terre se sont unis pour demander sa conversion, qui aura été double : retournement de son cœur vers Dieu en même temps qu’accomplissement de sa foi juive. Grâce obtenue par Marie, fille d’Israël, dont le Cœur Immaculé est le refuge des pécheurs. Il écrit à l’Abbé Théodore le 4 février 1842 : « Un frère de sauvé ! Et une victoire de plus pour Notre Dame des Victoires ! » Et ce ne fut ni la première, ni la dernière !

La conversion fulgurante d’Alphonse Ratisbonne

« Saint » Paul VI

Quelle joie d’avoir une nouvelle église où il existe tant de saints papes, pour sûr les prophètes de malheur se fourvoyaient (antiphrase):

APRÈS L’AUTODESTRUCTION BIENTÔT L’AUTOCANONISATION ?

A l’occasion du Synode des évêques sur les jeunes, le dimanche 14 octobre 2018, le pape François procèdera à la canonisation du pape Paul VI.

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X réitère les sérieuses réserves qu’elle avait exprimées lors de la béatification de Paul VI, le 19 octobre 2014 :

– Ces béatifications et canonisations des papes récents, selon une procédure accélérée, s’affranchissent de la sagesse des règles séculaires de l’Église. Ne visent-elles pas davantage à canoniser les papes du concile Vatican II, plutôt qu’à constater l’héroïcité de leurs vertus théologales ? Lorsque l’on sait que le premier devoir d’un pape – successeur de Pierre – est de confirmer ses frères dans la foi (Lc 22, 32), il y a de quoi être perplexe.

– Certes Paul VI est le pape de l’Encyclique Humanae vitae (25 juillet 1968) qui apporta lumière et réconfort aux familles catholiques [Mensonge deux ans et demi pour répondre et pendant ce temps-là la pilule était diffusée], alors que les principes fondamentaux du mariage étaient fortement attaqués. Il est également l’auteur du Credo du peuple de Dieu (30 juin 1968) par lequel il voulut rappeler les articles de foi catholique contestés par le progressisme ambiant, notamment, dans le scandaleux Catéchisme hollandais (1966).

– Mais Paul VI est aussi le pape qui mena le concile Vatican II à son terme, introduisant dans l’Église un libéralisme doctrinal qui s’exprime par des erreurs comme la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme. Il s’en est suivi un trouble que lui-même a reconnu, le 7 décembre 1968 : « L’Église se trouve dans une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. Comme si l’Église se frappait elle-même. [Blasphème]» L’année suivante, il avouait : « Dans de nombreux domaines, le Concile ne nous a pas donné jusqu’à présent la tranquillité, mais il a plutôt suscité des troubles et des problèmes non utiles au renforcement du Royaume de Dieu dans l’Église et dans les âmes. » Jusqu’à ce cri d’alarme du 29 juin 1972 : « La fumée de Satan est entrée par quelque fissure dans le temple de Dieu : le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement se font jour… » – Mais il ne fit qu’un constat, sans prendre de mesures propres à arrêter cette autodestruction.

– Paul VI est le pape qui, dans un but œcuméniste, imposa la réforme liturgique de la messe et de tous les rites des sacrements [Ce qui la vicie dans fondement et la rend probablement invalide]. Les cardinaux Ottaviani et Bacci dénoncèrent cette nouvelle messe comme s’éloignant « de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXIIe session du Concile de Trente ». 1 A leur suite, Mgr Lefebvre déclara la nouvelle messe « imprégnée d’esprit protestant », portant en elle « un poison préjudiciable à la foi » [Ergo ? Comment la Sainte Église pourrait-elle s’autodétruire ? Donner aux fidèles une mauvaise messe, de mauvais sacrements réformés avec une intention vicieuse ?]. 2

– Sous son pontificat nombreux furent les prêtres et les religieux persécutés et même condamnés pour leur fidélité à la messe tridentine. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X se souvient avec douleur de la condamnation de 1976 infligée à Mgr Marcel Lefebvre, déclaré suspens a divinis pour son attachement à cette messe et pour son refus catégorique des réformes.[Et ses successeurs se félicitent d’avoir obtenus la juridiction de l’église officielle sur les mariages, les confessions…] Ce n’est qu’en 2007 que, par le Motu Proprio de Benoît XVI, fut reconnu le fait que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée.[Mais telle n’était pas l’intention de Paul VI, c’est un des deux mensonges de Benoit XVI avec celui de dire que le rit romain possède deux formes équivalentes une ordinaire et une extraordinaire]

Aujourd’hui plus que jamais, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X renouvelle son attachement à la Tradition bimillénaire de l’Église, convaincue que cette fidélité, loin d’être une crispation passéiste, apporte le remède salutaire à l’autodestruction de l’Église. Comme l’a déclaré récemment son Supérieur général, l’abbé Davide Pagliarani : « Notre vœu le plus cher est que l’Église officielle ne considère plus (le trésor de la Tradition) comme un fardeau ou un ensemble de vieilleries dépassées, mais bien comme l’unique voie possible pour se régénérer elle-même. 3

Menzingen, le 13 octobre 2018

1 in Bref examen critique de la nouvelle messe, lettre préface des cardinaux Ottaviani et Bacci, 3 septembre 1969, §1.

2 Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Albin Michel, 1985, p. 43.

3 Entretien de l’abbé Pagliarani dans FSSPX.Actualités du 12 octobre 2018.

Pour mémoire

« ……

Tout d’abord fixons un principe. Il n’est pas question, ni ici ni ailleurs, de juger l’âme du pape ; on se contentera de rappeler quelques exemples, entre mille, propres à asseoir l’appréciation suivante : les actions de Paul VI n’ont pas été celles d’un pape à proposer comme modèle de vie chrétienne.

Ne nions pas en outre que ce pape a montré certaines qualités fort au-dessus de la moyenne. Car comment comprendre, sans cela, qu’il soit parvenu au souverain pontificat ? Pour l’expliquer, il n’est pas raisonnable de s’en tenir à souligner que les idées de Jean-Baptiste Montini étaient dans l’air du temps. Son adhésion aux idées progressistes ne fut pas son seul atout. Car, à son époque, il était loin d’être le seul à être imprégné de cette atmosphère. Le cardinal Lercaro par exemple, archevêque de Bologne, en était au moins autant la victime.

Les biographes de Paul VI, qu’ils soient ses thuriféraires (Huber, Guitton, Macchi…), ou ses critiques (Yves Chiron), n’ont pas manqué de relever les qualités de Jean-Baptiste Montini. Travailleur, organisé, intelligent, orateur de talent, il enthousiasma les étudiants italiens lorsqu’il était leur aumônier à Rome. Plutôt effacé et digne de tenue, respectueux, fidèle à l’amitié, il posa des gestes de générosité signalés, à l’une ou l’autre occasion. Si l’on n’est pas sûr de grand chose sur le degré de sa piété, il fut si désireux d’une vie consacrée qu’il songea au monastère et, ordonné prêtre, se retira souvent pour de courts séjours auprès de bénédictins.

Nous ne contesterons pas non plus que Paul VI affirma plusieurs fois son souhait d’être au service de la vérité et de la foi catholique, car il voulait qu’on sût la conscience qu’il avait de son devoir de défendre l’une et l’autre. Comme par exception dans une époque d’hérésie, il tenait comme sûre la satisfaction par substitution dans le mystère de la Passion ; il lui arriva de vanter les mérites du thomisme sans pourtant, hélas, avoir été imprégné des enseignements du Docteur angélique. On se souvient de sa profession de foi de 1968, et de l’encyclique Humanæ vitæ, qui sont tout à son honneur.

C’est pourtant dans le domaine de la foi, et plus largement de la doctrine, que le bât a d’abord blessé. Les tendances novatrices dans la théologie, portées par des noms comme Rahner, Schillebeeckx ou Chenu, ne datent pas du Concile ; or l’intérêt de Jean-Baptiste Montini pour ces audaces malheureuses sont elles aussi bien antérieures à Vatican II. Alors même qu’il était au service de Pie XII, à la curie romaine, il fut le principal soutien des théologiens « en difficulté » avec le Vatican et le Saint-Office. Il considérait la philosophie de Blondel « valable » ; il défendit plusieurs fois Congar, de Lubac, Guitton, Mazzolari contre des sévérités ou des menaces de sanctions. Lorsque les livres de Karl Adam furent près d’être dénoncés à l’Index, Mgr Montini, l’un des hommes de confiance du pape, les cacha chez lui, pour ensuite les diffuser sous le manteau. Est-ce là vertu héroïque ?

C’est quand Jean-Baptiste Montini était archevêque à Milan, que Jean XXIII convoqua Vatican II. Entre la première et la deuxième session, le souverain pontife succomba de maladie. Fut élu celui qui prit le nom de Paul. Il avait mis de grands espoirs dans ce Concile ; il en confirma la direction. Paul VI appuya indiscutablement de son autorité la prise de pouvoir, au sein de Vatican II, par l’aile libérale des cardinaux Döpfner, Lercaro, Koenig, Liénart, Suenens, Alfrink, Frings et Léger, au détriment de la ligne traditionnelle que représentaient les cardinaux Ottaviani, Siri, Agagianian et Mgr Carli, qui n’avaient pas oublié l’héritage multiséculaire dont Pie XII s’était montré, en son temps, le vrai dépositaire. Session après session, déclaration après déclaration, Paul VI, tout en jouant d’une certaine modération, appuya la « révolution en tiare et en chape » qui se déroulait sous les yeux effarés des évêques restés clairvoyants. Pour l’histoire, la signature de documents désastreux comme Lumen Gentium, Gaudium et Spes, Nostra Ætate, Unitatis Redintegratio restera sienne. Surtout, Paul VI, acquis avant même le concile au principe de la liberté religieuse, promulgua la déclaration Dignitatis humanæ qui affirmait, sans ambigüité, ce que les prédécesseurs de Paul VI avaient stigmatisé comme opposé à la doctrine catholique. Comment concevoir que la proclamation du droit civil aux cultes erronés, et les pressions faites ensuite sur les gouvernants catholiques du monde entier pour qu’ils adoptent la laïcité, relèvent de la vertu et de la sainteté de vie ? Qu’on songe à tant d’âmes qui, portées par le courant de la laïcité nouvelle et de l’apostasie des lois, ont perdu la religion de leurs pères. Est-ce que nul n’en porte quelque part de responsabilité ?

Si Paul VI aima tant ce Concile, c’est que la démarche générale de l’assemblée épiscopale correspondait aux  intimes aspirations de son esprit. Le concile fut un élan des hommes d’Église vers le monde. Or Paul VI aimait le monde même moderne, il souhaitait s’immerger en lui et sentir avec lui. Intéressé à toutes les réalités humaines, il corrigeait un pessimisme de tempérament par un optimisme de résolution, entretenant une vision bienveillante de la pensée même moderne, des pays et des cultures lointaines ; il prisa l’art contemporain, au point même d’aménager dans ce sens ses appartements au Vatican !

Ce qu’il aimait, dans le monde, c’était l’homme. L’humanité fut au centre de sa réflexion, bien qu’il lui arrivât de dénoncer l’anthropocentrisme. L’intéressaient surtout, par motif de compassion, l’homme pauvre, l’ouvrier, l’homme éloigné de la foi, celui de la périphérie. « Nous, nous plus que quiconque » disait-il, « nous avons le culte de l’homme ! » Pour se rapprocher de l’homme, il fallait, pensait Paul VI, faire repentance de tant de comportements caractéristiques du passé de l’Église, propres à éloigner les âmes, comme les condamnations (d’où la suppression de l’Index), ou les affirmations dogmatiques trop exclusives. Il préférait la suggestion au gouvernement, l’exhortation à la sanction. Son règne fut de dialogue.

Se rapprocher de l’homme, c’était d’abord se rapprocher des protestants ; Paul VI fut l’initiateur pontifical de l’œcuménisme. Bien qu’il le conçût théoriquement comme un retour au catholicisme, et par manière de contradiction, il exaltait les valeurs des protestants, multipliait les relations avec Taizé. Le scandale fut à son comble lorsqu’il invita « l’archevêque » anglican de Cantorbéry [qui n’est qu’un simple laïc] à bénir la foule à sa place, lors d’une assemblée œcuménique à Saint-Paul-Hors-les-Murs, en lui passant au doigt son anneau pastoral. Nous est-il demandé de croire que les saints se comportent de la sorte ? Quel vrai bienheureux ne sursauterait, du plus profond de sa vision béatifique, au spectacle d’une pareille confusion ? Cependant, selon Paul VI, il fallait transformer nos attitudes catholiques. « L’Église est entrée dans le mouvement de l’histoire qui évolue et change », expliquait-il. Tel était le programme : évolution, changement, aggiornamento.

C’est d’ailleurs pourquoi il procéda à une réforme liturgique qui, avec le temps, s’étendit à tous les domaines de la prière. La messe, si l’on en croyait les textes fondateurs de cette réforme, n’était plus sacrifice, mais « synaxe ». Son rite, dénoncèrent les cardinaux Ottaviani et Bacci, s’éloignait « dans l’ensemble comme dans le détail de la théologie catholique de la sainte messe ». Mais rien n’y fit ; les liturgies à la guitare électrique, les communions dans la main, les jeunes filles en jupe courte lisant l’épître, les paroles de la consécration soumises à l’humeur du célébrant, tout cela se propagea avec le blanc-seing des évêques. Il serait injuste, certes, de faire porter la responsabilité de chaque désordre local à celui qui a la charge de l’Église universelle. Le pape d’ailleurs, déplorait parfois la belle pagaille liturgique du Nouvel Ordo Missæ. Mais que fit-il d’efficace pour l’empêcher ? Et même n’en fut-il pas la première cause? On nous propose Paul VI comme archétype de perfection. Or la vertu n’est-elle pas dans le devoir, et le devoir du chef n’est-il pas d’encourager ceux qui font le bien et de sanctionner les contrevenants à la loi ? Mgr Marcel Lefebvre fut jugé sans être écouté, châtié avant d’être reçu,  et Paul VI trouva qu’il « relevait de l’hôpital psychiatrique ». Mais les prêtres qui célébraient la messe avec du riz ou qui manifestaient aux côtés du Parti communiste jouissaient sans inquiétude de leur confortable presbytère.

Et pourtant Paul VI n’aimait pas le communisme ; il mit toujours en garde contre la perniciosité du marxisme. Par quel paradoxe soutint-il alors une politique de bienveillance envers les pays communistes (Ostpolitik), dont les fruits furent si amers aux catholiques des pays concernés, pénétrés du sentiment d’être abandonnés de Rome ? Paul VI considérait, dans le même ordre d’idées, qu’on pouvait être catholique et s’engager au service des idéaux socialistes, contrairement aux paroles expresses de Léon XIII. Fort hostile au fascisme, il le fut aussi ; ses préférences allaient à la démocratie chrétienne.

Toutes ces prises de position ont tôt fait naître, au sein même de la Curie, une opposition à Montini. Pie XII connaissait ses atouts, mais se méfiait de son goût pour la modernité. Pendant le Concile, Paul VI rencontra l’opposition de certains évêques, qui auguraient alors de la crise qu’allait traverser l’Église. Ils ne se trompaient point. Cette crise fut terrible et le demeure. Paul VI a su le reconnaître : « l’ouverture au monde fut une véritable invasion de l’Église par l’esprit du monde ». Cela l’a poussé au découragement, teintant d’une tristesse marquée les dernières années de son pontificat : « Nous avons peut-être été trop faibles et imprudents », avoua-t-il un jour.

Cet aveu est le sien ; gageons que s’il avait pu s’exprimer, Paul VI aurait dissuadé son successeur de le proclamer bienheureux. En cela suivons ses traces. Qu’aucune animosité contre sa personne ne nous tente ; que seule la conscience aiguë de l’objectivité et de la permanence de la vertu chrétienne soit notre moteur. N’ayons rien contre lui, tout pour la conception droite de ce qu’est vraiment un bienheureux.

Si Paul VI est bienheureux, il est vertueux qu’un pape contredise ses prédécesseurs sur les fondamentaux de la doctrine ; il est louable d’abandonner le cardinal Mindszenty au triste sort que lui réserve la persécution ; il n’est pas répréhensible de couvrir du manteau du silence des abus effroyables dans la liturgie du sacrifice. Si Paul VI est bienheureux, l’injustice est une vertu ; l’imprudence, une voie de sainteté ; la révolution, le fruit de l’Évangile.

Abbé Philippe Toulza, Directeur des Éditions Clovis de la FSSPX – 18 octobre 2014, en la fête de St Luc, Évangéliste

« Saint » Paul VI

Manipulation climatique

Saint “Sans-CO2”

Titre d’un article d’Atlantico :

EDF a compris que le boom du véhicule électrique allait sauver sa place de leader mondial dans le nucléaire

Ce titre est excellent en ce qu’il résume parfaitement un long article, d’où l’on sortira aussi ceci :

EDF annonce qu’il deviendra le premier fournisseur pour véhicules électriques en 2022, soit 600.000 voitures et 30 % du marché. Et l’avantage commercial qu’EDF va mettre en tête de gondole, c’est que plus de 80 % de l’énergie fournie le sera sans CO2 à partir de son parc nucléaire.

Ce qui importe est que ce soit « sans CO2 ». Et bien sûr, cocorico, que EDF conforte sa place de numéro 1 mondial du nucléaire. Tout le reste on s’en fout. La preuve : dans le grand article d’Atlantico, comme dans tous les articles sur l’énergie, il n’y a pas un mot sur les déchets. Pourtant, plus on consommera d’électricité nucléaire, plus on produira de déchets pour nos descendants, sans pouvoir préciser le nombre de générations puisque des déchets sont radioactifs pendant des centaines d’années et d’autres pendant des milliers d’années. Et non, ce n’est pas « bon pour la planète », quoique « sans CO2 ». (A tout hasard on rappellera, même si ce n’est pas exactement le même sujet, que sans CO2 il n’y aurait plus de vie sur la planète.)

Dans le même temps, Engie (ex GDF-Suez, troisième groupe mondial de l’énergie) s’inquiète de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui va être publiée incessamment et dont on dit que les scénarios sont « tout électrique », « tout nucléaire », « à très forte proportion de nucléaire »… alors que l’ancien Gaz de France a toujours du gaz à vendre… mais du gaz bio !

Pour ce qui concerne la voiture, ce qu’on voit se profiler est que l’on va faire monter le prix de l’essence au point que l’on sera obligé d’acheter une voiture électrique. Comme dans de plus en plus de domaines , on est dans une société de liberté où l’on n’a pas le choix.

Addendum.

Ce « sans CO2 » est devenu véritablement pathologique. Je cherche sur le site de La Poste le tarif d’une lettre recommandée pour l’étranger. Après le prix on me signale diverses choses, la dernière étant que l’envoi est « neutre en CO2 ». C’est en effet essentiel. Si ce n’était pas le cas j’irais la porter moi-même à pied, bien sûr…Source Daoudal

Manipulation climatique

Sous le signe du mondialisme

Le 6e congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles se tient ces 10 et 11 octobre à Astana au Kazakhstan, sous le signe du mondialisme

6e congrès responsables religions mondiales traditionnelles Astana Kazakhstan mondialisme

Mondialisme, symbolique franc-maçonne, relativisme religieux et discours du cardinal Francesco Coccopalmerio en point d’orgue : voilà le menu à peine voilé du sixième Congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles qui se tient ces 10 et 11 octobre à Astana au Kazakhstan. Plus de 82 pays sont représentés, 46 Etats ont envoyé des délégations officielles, s’y côtoient les leaders de l’islam, des confessions chrétiennes, du judaïsme, de l’hindouisme, du taoïsme et des zoroastriens. L’ONU est également représentée à travers l’Alliance des civilisations et l’UNESCO, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est présente. Depuis le lancement de ces rencontres à l’initiative du président kazakh, l’idée est la même : prévenir les guerres, les confrontations et le terrorisme qui serait le fruit de l’opposition des religions entre elles. Discours vieux comme l’ONU, cette théorie impose de mettre toutes les religions au même plan afin qu’aucune ne se considère supérieure aux autres et encore moins, horresco referens, vraie !

On notera parmi les thèmes des deux sessions plénières et les quatre séances de groupes l’insistance sur le thème de la globalisation. Du « Concept de la sécurité globale » au « Défi de la mondialisation » pour les religions, il y en a pour tous les goûts. Mais retenez celui-ci : « Les religions au sein d’une géopolitique qui change : nouvelles opportunités pour la consolidation de l’humanité. » On ne saurait être plus clair.

Cette rencontre mondiale, qui marque le 15e anniversaire de la fondation du Congrès des responsables des religion mondiale et traditionnelle, a été ouvert officiellement par le président de la République de Serbie, Aleksandar Vučić et par l’initiateur des rencontres, le président kazakh Noursoultan Nazarbeïev (ou Nursultan Nazarbeyev pour reprendre la graphie internationale), qui s’est exprimé en russe.

Le 6e congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles dans la Pyramide de la Paix

Le cas de Nazarbeïev mérite quelques précisions. Lui qui rejoignit le parti communiste en 1962 à l’âge de 22 ans, alors que le Kazakhstan était une République soviétique, allait se forger une carrière politique au contact des « travailleurs ». Propulsé au poste de Premier ministre en 1984, il fit les frais de rivalités internes au parti, réglées à Moscou, et se vit remplacé par un Russe un an plus tard. Eclipse de courte durée : en 1989 il devint chef du PC kazakh, puis président du Soviet suprême de son pays en 1990, en attendant de devenir premier président du Kazakhstan, place à laquelle il est restée solidement accrochée depuis lors au moyen d’élections-plébiscites. Belle continuité.

La rencontre irreligieuse de 2018 a comporté en son premier jour, paradoxalement si l’on veut bien croire l’étonnement du média européiste Euractiv, quelques plaidoyers pro domo pas forcément compatibles avec le parti pris de « paix, respect mutuel et tolérance » de rigueur sous la pyramide très louvresque du Palais de la paix et de la réconciliation qui abrite la réunion.

On a ainsi entendu un moine bouddhiste, Chun Yi, faire l’article de l’initiative chinoise de la Nouvelle route de la Soie, qui servira selon lui de vecteur pour la promotion d’un bouddhisme à la chinoise. Cela surprend peut-être Euractiv mais c’est bien le discours chinois qui s’exprime là et dans la pertinence se perçoit dans l’essor en Occident de la méditation pleine conscience.

Autre voix un peu discordante, selon Euractiv : le représentant de l’Eglise russe orthodoxe, le métropolitain Hilarion, président au patriarcat de Moscou pour les relations externes de l’Eglise, qui s’est à la fois présenté comme porte-parole de l’ensemble des orthodoxes – tant pis pour les Ukrainiens ou les Bulgares – et qui a indirectement accusé l’Occident d’avoir fomenté le terrorisme à travers la destruction de l’Irak et de la Libye. « La même chose aurait pu se produire en Syrie, si la Russie n’était pas intervenue », a-t-il affirmé, accusant l’ingérence occidentale d’être à l’origine du terrorisme tel que nous le connaissons aujourd’hui. Même son de cloche – si l’on peut dire – chez un imam iranien, le cheikh Mohsen Araghi, pour qui le terrorisme « est causé par les puissances hégémoniques qui veulent imposer leur culture et leur économie sur d’autres pays ». Les Etats-Unis n’étaient pas nommés, mais on y pensait très fort, d’autant que ce musulman dénonçait aussi le « terrorisme économique » des sanctions imposées sur certains pays.

Astana au Kazakhstan, construite sous le signe du mondialisme et de la symbolique maçonne

Le discours officiel kazakh est tout autre. Dans un éditorial publié par l’Astana Times mardi, on s’interrogeait sur la manière dont les grandes religions qui regroupent 60 % de l’humanité peuvent aider à résoudre les défis mondiaux et promouvoir la « bienveillance et la coexistence pacifique ». « Les fois de toutes dénominations nous ont appris les valeurs qui permettent de promouvoir l’unité parmi les hommes – y compris la bienveillance, le respect et la compassion… L’objectif des leaders religieux et politique devrait être de répandre ce message à travers le globe. » C’est sans doute pour cela qu’il y a pléthore de responsables musulmans, depuis les représentants de la Ligue arabe et Ahmed el Tayeb, grand imam d’al-Azhar à Abdulrahman Abdullah Al-Zaid de la Ligue musulmane mondiale et Rawil Gaynetdin, grand mufti de Russie.

On ne s’étonnera donc pas de trouver dans le document final, adopté ce jeudi par l’ensemble des responsables présents, des références aux droits du « genre », un appel à « faciliter le rapprochement des différentes civilisations et religions comme pierre d’angle de la coexistence humaine », et une invocation à s’appuyer sur « l’expérience historique significative de la coexistence et de l’interaction pacifiques des sociétés multiconfessionnelles, représentant les piliers universels de la civilisation mondiale ».

Noursoultan Nazarbaïev, maître d’œuvre d’Astana, ancien haut responsable soviétique

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana, a été tirée du néant il y a une vingtaine d’années par Noursoultan Nazarbaïev. Surgie au milieu de nulle part dans le désert d’Asie centrale, la ville futuriste a mobilisé les architectes les plus en vue pour réaliser le rêve de l’ancien chef soviétique. Pour ce qui est des moyens, les considérables ressources en hydrocarbures que recèle le sous-sol kazakh ont fait le nécessaire. Mais ce ne sont pas des faucilles et des marteaux qui ornent la ville : dans cette capitale où personne ne vit véritablement à demeure, le palais présidentiel est un pur exemple d’architecture stalinienne mais la symbolique, partout, est franc-maçonne. Elle transparaît de toute façon dans le discours et les objectifs des événements qui se déroulent dans la capitale du Kazakhstan. Astana, ne l’oublions pas non plus, est en train de se transformer en plate-forme financière de l’Eurasie et forme une étape de la Nouvelle route de la soie. C’est là aussi que se sont tenus d’autres sommets internationaux sur la sécurité, le désarmement nucléaire ou encore le règlement de la crise syrienne.

Nazarbaïev a d’ailleurs insisté mercredi sur le fait qu’Astana a été construite pour être « une ville eurasienne de l’avenir, ouverte à toutes les cultures ».

Nul besoin de se torturer les méninges pour le voir : le grand ensemble architectural constitué par le palais présidentiel précédé par deux édifices ressemblant à des piliers de bronze ont reçu les noms de Boaz et Jachin et le tout reprend l’organisation de la loge maçonnique, avec le président à la place du Maître et les tours ou colonnes gardant l’entrée… comme au Temple de Salomon, central dans la pensée et les rituels maçonniques. L’un représente la terre, l’autre la lune.

Le « soleil », dans ce dispositif, surgit derrière le palais présidentiel puisque Nazarbaïev a fait construire au fond de l’enfilade sa « Pyramide de la Paix ». Non sans ressemblance avec celle du Louvre, plus haute et le sommet translucide et décoré d’or, elle abrite une salle d’opéra et de spectacle au sous-sol, une salle de réunion avec une immense table ronde au centre représentant le soleil, tandis que la pointe de la pyramide s’ouvre vers la lumière solaire. On y trouve un triangle en or massif portant l’empreinte de la main de Nazarbaïev – grand-prêtre du dieu soleil ou dieu lui-même, les paris sont ouverts.

Au 6e congrès des responsables des religions mondiales et traditionnelles, le cardinal Coccopalmerio représente le Vatican

C’est cet édifice qui sert d’écrin aux Congrès des leaders des religions du monde et traditionnelles, une initiative du président kazakh qui veut à travers ces réunions promouvoir la paix mondiale, le dialogue inter-religieux et l’entente des croyants. Toutes les hautes personnalités qui font le déplacement d’Astana se retrouvent alors, en formation égalitaire, autour de la table ronde et de l’» œil » ou du « soleil » qui orne son centre. D’aucuns ont voulu y voir des symboles religieux du style Illuminati. On peut se référer à un blog très sceptique à cet égard pour voir exactement de quoi il est question… La symbolique y est parfaitement décrite.

C’est donc dans cet environnement qu’un haut responsable catholique – ni le seul, ni le premier à a voir fait le voyage d’Astana (mais celui-ci est par ailleurs accusé d’avoir participé à une orgie homosexuelle au Vatican) – a pris la parole. Le cardinal Francesco Coccopalmerio faisait partie des premiers à s’exprimer. Il a chaleureusement remercié le président kazakh pour la création de ce site de dialogue.

« Nous sommes à un moment très important de l’histoire humaine. C’est le moment où nous nous penchons sur les paroles de sagesse qui fournissent des clés face aux importants défis auxquels le monde est confronté », a-t-il déclaré, rappelant l’importance de la « séparation de la religion et de la politique, à côté de la coopération ». La sagesse en général, pas la Bonne Nouvelle du Christ…

Coccopalmerio a fait l’éloge de la laïcité : « Le Kazakhstan est béni en ce qu’il est un état laïque, riche de diversité ethnique, religieuse et culturelle, respectueux à l’égard de toutes les composantes de sa riche mosaïque. Il peut se donner en exemple au pays où les tensions et les conflits existent en raison de la diversité ethnique ou religieuse », a-t-il déclaré. Et d’insister encore : » Ainsi, peut-on observer cette glorieuse mosaïque des visions diverses des religions, qui est la base pour l’évitement des conflits lorsque divers groupes religieux et ethniques de gens ayant des principes différents vivent dans la paix et la coopération. »

Dans cette optique, ce n’est pas la conversion de tous à la vérité qui peut être envisagé, on l’aura compris. Bien au contraire… La diversité fait la force ? Sans doute. La vraie question est de savoir… contre qui.

Jeanne Smits
Sous le signe du mondialisme