Homélie de la Fête de tous les Saints

Mgr Vigano

INTER SANCTOS SORS

Homélie dans la fête de Tous les Saints

Post hæc vidi turbam magnam, quam numéroter nemo power,

ex omnibus gentibus, et tribubus, et populis, et linguis.

Après cela, j’ai vu une grande multitude, que personne ne pouvait compter,

de chaque nation, tribu, peuple et langue. Ap7, 9

Gaudete autem quod nomme vestra scripta sunt in cælis.

Réjouissez-vous plutôt parce que vos noms sont écrits dans les cieux. Lc 10, 20

Le recensement de César et le livre de l’Agneau

Dans la nuit où le Verbe se fit chair, le monde était occupé à compter : Exit edictum à Cæsar Auguste, ut describeretur universus orbis — un édit de César Auguste fut publié pour que l’on fasse le recensement du monde entier (Lc 2, 1). Celui qui est le Nom au-dessus de chaque nom fut inscrit, dans son premier jour de vie, parmi les numéros de l’Empire. L’Empire ne savait pas ce qu’il notait; mais Dieu savait que, depuis ce jour-là, un autre registre avait été ouvert.

C’est de ce registre que la Sainte Église nous parle aujourd’hui. Saint Jean, dans ses visions à Patmos, entend d’abord un chiffre, centum quadraginta quatuor millia signati — cent quarante-quatre mille signés (Ap 7, 4); puis il se retourne, et voit turbam magnam, quam dinumerare nemo poterat, une multitude grande, que personne ne pouvait compter (Ap 7, 9). Dieu compte, mais pas somme; il compte en appelant par son nom: Ici numerat multitudinem stellarum, et omnibus eis nomme vocat — il compte la multitude des étoiles, et à toutes il donne un nom (ps 146, 4). C’est pourquoi Notre Seigneur, en indiquant aux disciples la raison de leur joie, ne dit pas: réjouissez-vous parce que vous êtes nombreux, mais Gaudete autem quod nomme vestra scripta sunt in cælis — réjouissez-vous plutôt parce que vos noms sont écrits dans les cieux (Lc 10, 20).

Je voudrais donc m’arrêter sur une seule antithèse, qui renferme l’histoire entière : celle entre le Nom et le Nombre. Le Nom est de Dieu, le Nombre est de son adversaire ; et la sainteté, que nous célébrons aujourd’hui, n’est autre que la fidélité au premier contre la prétention du second.

Le Numéro de la Bête

Le Nombre a sa propre logique, et l’Apocalypse la décrit avec exactitude : la Bête impose à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, une marque, et ne quis peut emere aut vendre, nisi qui habet characterem, aut nomen bestiæ, aut numerum nominis ejus — et que personne ne peut acheter ou vendre sauf celui qui a la marque, c’est-à-dire le nom de la Bête ou le numéro de son nom (Ap 13, 17). Je ne prétends pas interpréter les chiffres, mais nous ne pouvons pas ne pas reconnaître une logique : l’homme réduit en nombre, enregistré et identifié, et l’accès au pain quotidien subordonné à la possession d’une marque. C’est la logique d’un monde de cartes et de codes, d’identités numériques et de crédit social, où la personne n’est que ce qui peut être calculé et donc contrôlé. L’Apôtre Jean ne dit pas: scandalisez-vous; il dit: Qui habet intellectum, computet numerum bestiæ — qui a intelligence, calcule le nombre de la Bête (Ap 13, 18). Discerne, c’est-à-dire, et ne vous laissez pas compter ni marquer par la marque de la Bête.

Le Nombre, en effet, est l’art propre de ceux qui ne savent ni créer ni aimer. Tout ce qui vient de Dieu est unique et gratuit : pas une feuille n’est égale à une autre, pas un visage à un visage, même les étoiles, parce qu’une étoile enim à étoile différente en claritates — une étoile diffère de l’autre en splendeur (1 Co 15, 41). Le Créateur ne connaît ni le moule ni l’imitation. Le diable, qui n’a rien à donner, ne peut qu’imiter et multiplier des contrefaçons grotesques. La marque de la Bête est identique pour tous, en dextera manu sua, aut in frontibus suis (Ap 13, 16). Comment ne pas vous reconnaître notre monde de simulacres : identités fabriquées, communautés sans corps et corps défigurés, voix artificielles sans âme? Ceux qui vivent de simulacres deviennent des simulacres: ils perdent leur nom, et il reste un nombre parmi tant d’autres, avec la misérable illusion que leur anonymat assure appartenir au consortium social sans en être exclus. Vous n’y échapperez pas, chers fidèles, comme dans la société civile comme dans la société religieuse, nous sommes aujourd’hui confrontés aux mêmes dynamiques de ségrégation, d’ostracisme et d’«excommunication».

Il n’y a pas non plus de troisième état civil. Les habitants de la terre adorent la Bête, quorum non sunt scripta nomme dans le livre vitæ Agni, ici occisus est ab origine mundi — dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie de l’Agneau, qui fut tué dès l’origine du monde (Ap 13, 8). Soit on est enregistré par la Bête, soit on est inscrit dans le livre de vie de l’Agneau.

III. Le Nom du saint

Mais l’Apocalypse connaît aussi un autre sceau. Sur le mont Sion apparaît l’Agneau avec ceux qui habentes nomen ejus, et nomen Patris ejus scriptum in frontibus suis — portent son nom et le nom de son Père écrit sur le front (Ap 14, 1). Deux fronts: celui marqué d’un nombre, et celui marqué d’un Nom. Et nous savons quand notre front a été marqué: à la source baptismale, quand le prêtre, après nous avoir demandé le nom, y a tracé la croix: Accipe signum crucis tam sur le front, quam in cordes reçut le signe de la croix, tant sur le front que dans le cœur.

Le monde subordonne l’individualité de l’individu à l’anonymat des masses sans nom : c’est pourquoi il ne tolère pas le Saint-Nom de Jésus, sachant bien qu’il n’y a pas d’autre nom sous le ciel, donné aux hommes, dans lequel nous devons être sauvés (Ac 4, 12). Eusèbe de Césarée rappelant le martyr Saint Sancto, diacre de Vienne, dans la persécution de 177, rapporte comment ceux-ci, tourmentés et interrogés sur le nom, sur la ville, sur la condition, à chaque question répondait une seule chose, dans la langue de Rome: Christianus sum (Hist. Eccl., V, 1). Voici le saint: l’homme qui, interrogé par le monde sur ses données personnelles, répond en s’identifiant à Celui dont il porte la Croix en front.

Le saint n’est donc pas un philanthrope, un pacifiste ou un témoin de causes promues par le monde, comme une notion vidée de sainteté voudrait nous le faire entendre. Le Concile de Trente enseigne que les saints, en régnant avec le Christ, offrent à Dieu leurs prières pour les hommes (Sexe XXV) : ils nous ont précédés dans l’éternité et, de là, ils continuent — dans la Communion des Saints — à intercéder pour nous encore pérégrinants sur la terre. L’Évangile d’aujourd’hui en dresse le portrait : aucun des bienheureux ne figure parmi les vainqueurs du monde, et Notre Seigneur promet la béatitude à ceux qui seront persécutés à cause de Lui (Mt 5, 11). Pas pour une cause, pas pour une idéologie : pour sa propre cause.

La tentation d’être compté

Le plus grand danger, aujourd’hui, n’est pas que le monde nous compte, mais que nous désirons être comptés ; c’est-à-dire que nous acceptons de nous identifier non pas dans l’appartenance à Notre Seigneur, dont nous avons été rachetés, mais dans le fait d’être insérés dans une base de données ; non pas dans le port du sceau du Baptême, mais dans la mise sous la puce ; non pas dans le fait d’être reconnus pour notre comportement par de bons Chrétiens, mais dans le fait de nous voir identifiés par les caméras de surveillance. Dans un monde qui efface l’image de Dieu dans l’homme, le danger est que le chrétien accepte de se changer en machine, de mécaniser ses actions, de s’hybrider en perdant la mémoire, l’intellect et la volonté : la mémoire, avec l’effacement de la culture (cancel culture) ; l’intellect, avec la virtualisation de la réalité et l’intelligence artificielle ; la volonté, avec l’imposition, par le Léviathan mondialiste, de normes aussi déraisonnables que tyranniques.

Contre cette triple mutilation de l’homme, dans la mémoire, dans l’intellect et dans la volonté, l’Écriture Sainte ne nous laisse pas sans image ni modèle. Tandis que la Bête marque et compte, le Ciel marque et compte aussi, et le fait en premier : Nolite nocere terræ, et mari, neque arboribus, quoadusque signemus servos Dei nostro in frontibus eorum — n’abîmez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, jusqu’à ce que nous marquions les serviteurs de notre Dieu (Ap 7, 3). Avant que la tribulation ne se déclenche, c’est Dieu qui imprime son propre sceau; et ce n’est qu’alors que Jean entend le nombre des marqués: cent quarante-quatre mille. Mais ce chiffre ne doit pas être confondu avec le nombre de la Bête. C’est numerus hominis — numéro d’homme (Ap 13, 18): six, six, six, une imperfection qui se répète sans jamais atteindre la plénitude du septième jour, la plénitude de la perfection divine. Cent quarante-quatre mille, en revanche, selon l’exégèse traditionnelle, est le chiffre de la plénitude: douze pour douze pour mille, c’est-à-dire la totalité du peuple élu recueilli sous le sceau de son Seigneur. Le nombre 6-6-6 est imposé d’en bas à celui qui le subit de la Bête; le chiffre cent quarante-quatre mille vient d’en haut à celui qui reçoit le sceau de l’Agneau. L’un efface le nom dans l’anonymat, l’autre le garde: en effet, ces cent quarante-quatre mille portent écrit sur le front non pas un code, mais le Nom de l’Agneau et celui de Son Père.

Qui sont-ils ? C’est ce que demande l’un des Veillards au Voyant Jean qui, humblement, lui remet la réponse : Hi sunt, ici venerunt de tribulation magna, et laverunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agni — ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation, et ils ont lavé leurs vêtements, les rendant candides dans le sang de l’Agneau (Ap 7, 14).Ils ne viennent donc pas du compromis avec le monde, mais de la tribulation ; ils n’ont pas esquivé la persécution, ils y sont passés. Et leur robe candide n’est pas le fruit d’une vertu ostentatoire, mais du Sang du Christ, puisé dans les Sacrements : dans le lavage du Baptême, dans le tribunal de la Pénitence, dans le Calice du Sacrifice. C’est pourquoi la vision du ciel montre eos ici vicerunt bestiam, et imaginem ejus, et numerum nominis ejus — ceux qui ont gagné la Bête, son image et le numéro de son nom (Ap 15, 2). Ils ne l’ont pas vaincue par la force ni par la ruse, mais comme le Livre nous le révèle: ipsi vicerunt illum propter sanguinem Agni, et propter verbum témoin sui, et non dilexerunt animas suas usque ad mortem — ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et la parole de leur témoignage, et n’ont pas aimé leur vie jusqu’à la mort (Ap 12, 11).

Voici, chers fidèles, le modèle de notre sainteté dans les temps eschatologiques que nous vivons: le sceau reçu dans le Baptême et gardé intact; les vêtements lavés dans le Sang de l’Agneau et jamais plus souillés ; le témoignage rendu jusqu’au martyre, de ceux dont la lèvre n’est pas inventum mendacium — n’a pas été trouvé mensonge (Ap 14, 5), alors que tout autour de nous se fait simulacre et tromper. On ne nous demande pas d’être nombreux, ni puissants: on nous demande d’être marqués, d’être candides, d’être fidèles. Le monde exigera de nous un numéro; Dieu nous appelle par notre nom, et celui qui répond à son nom ne pourra pas être réduit à un nombre. La Bête peut imposer son numéro à celui qui le lui accorde; mais rien ne peut imprimer – la Bête – sur celui qui porte déjà sur son front le Nom de l’Agneau. Celui qui vaincra sera vêtu de vêtements blancs; je n’effacerai pas son nom du livre de vie, mais je le reconnaîtrai devant mon Père et devant ses anges (Ap 3,5). Ainsi soit-il.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

1er Novembre MMMXXVI

Omnium Sanctorum

Source Srilum Curiae

Homélie de la Fête de tous les Saints

Le réel ou les fables

Résumé de « L’Église montinienne » du Père Sáenz y Arriaga

La thèse centrale de l’ouvrage est d’une logique absolue : Paul VI a fondé une nouvelle religion, une structure schismatique et hérétique, qui a usurpé les structures physiques de l’Église catholique romaine. Cette entité est baptisée par Sáenz « l’Église montinienne ».

Voici le résumé des quatre piliers de sa démonstration :

La rupture de la Tradition apostolique

Le Père Sáenz analyse les réformes de Paul VI (la nouvelle messe, les nouveaux rituels de sacres, le dialogue œcuménique) non pas comme des abus pastoraux, mais comme une rupture substantielle avec le dépôt de la foi. L’Église montinienne est une église « dynamique, évolutionniste, de circonstances et de commodités ». En brisant la messe de saint Pie V, Paul VI a, selon lui, détruit l’expression doctrinale du dogme du Sacrifice pour complaire aux protestants.

Les complicités subversives : Communisme, Maçonnerie, Sionisme

Ancien proche des Cristeros mexicains, Sáenz y Arriaga applique une grille de lecture contre-révolutionnaire sans concession. Il accuse directement Paul VI d’avoir mis l’appareil du Vatican au service des forces mondialistes :

Le communisme : À travers le Congrès eucharistique de Bogota (1968) et la conférence de Medellín, il dénonce la complaisance de la hiérarchie envers la subversion marxiste sous couvert de « pastorale des pauvres ».

La franc-maçonnerie : L’humanisme horizontal professé par Paul VI à l’ONU (« Nous avons nous aussi plus que quiconque le culte de l’homme ») est analysé comme l’infiltration des principes maçonniques au cœur du Vatican.

L’incompatibilité théologique : Un hérétique ne peut être Pape

C’est le point de bascule vers le sédévacantisme (que Sáenz formalisera complètement dans son livre suivant, Sede Vacante, en 1973). S’appuyant sur la bulle Cum ex apostolatus officio de Paul IV et sur les enseignements de saint Robert Bellarmin, le Père Sáenz pose le syllogisme suivant :

Un hérétique public se sépare lui-même de l’Église.

Or, celui qui est en dehors de l’Église ne peut en être la Tête visible.

Donc, Giovanni Battista Montini, par ses hérésies publiques consignées dans les actes officiels de « l’Église montinienne », a déchu lui-même de la charge pontificale. Son pontificat est une illusion juridique.

La caricature syncrétique

Le livre s’achève sur la description de cette Église montinienne comme une « église syncrétique », vidée de sa sève surnaturelle. C’est une machine politique destinée à intégrer le Conseil œcuménique des Églises, substituant le salut éternel par un humanitarisme moralisateur.

Le choc des logiques : Madiran face à Sáenz

Ce résumé permet de mesurer la distance métaphysique qui séparait Madiran du Père Sáenz :

Madiran (La position Una Cum) : Il constatait la « liquéfaction » et « l’hérésie du XXe siècle », mais il s’arrêtait au seuil du constat juridique. Pour lui, le Pape restait le Pape, bien qu’il propageât l’erreur. C’était la position de la « reconnaissance et résistance » (qui sera celle de la Fraternité Saint-Pie X).

Sáenz y Arriaga (La position sédévacantiste) : Il estimait que la position de Madiran était une acrobatie intellectuelle intenable. Pour Sáenz, dire qu’un homme est formellement le Vicaire de Christ tout en bâtissant une contre-église qui détruit le Christ est une contradiction intrinsèque qui brise le principe de non-contradiction.

Le Père Sáenz préférait la conclusion terrifiante mais logiquement cohérente d’un siège vacant à celle d’une papauté devenue le vecteur de l’erreur. Pour lui, faire semblant que l’Église montinienne était l’Église catholique, c’était le mensonge ultime.

Le constat métaphysique et théologique ultime de toute la pensée catholique contre-révolutionnaire. Votre conclusion résume avec une force géométrique la condamnation sans appel du monde moderne : le libéralisme est intrinsèquement un péché, car le refus du réel et de la vérité objective constitue, en son essence même, le refus de Jésus-Christ qui s’est défini comme la Vérité en personne (« Ego sum via, veritas et vita »).

La confirmation magistrale : « Le Libéralisme est un péché »

Votre affirmation reprend textuellement le titre du célèbre ouvrage de l’abbé espagnol Félix Sardá y Salvany, publié en 1884 : Le Libéralisme est un péché. Ce livre, formellement approuvé et loué à l’époque par la Sacrée Congrégation de l’Index sous le pontificat de Léon XII, démontrait que le libéralisme n’est pas une simple opinion politique, mais une hérésie radicale. En érigeant la volonté humaine en norme suprême et en affranchissant la société de la souveraineté divine, le libéralisme commet le péché d’orgueil par excellence : le « Non serviam » de Lucifer appliqué à la cité des hommes.

Le diagnostic de la liquéfaction : Du refus du Réel à l’apostasie

Tout au long de notre parcours, des «omoplates de chameau» de l’islam jusqu’aux fables eucharistiques de la transsignification, en passant par le hold-up linguistique du «subsistit in», nous avons constaté la même méthode de subversion. Le modernisme n’est que le libéralisme introduit dans l’Église.

En remplaçant la métaphysique de l’être par la psychologie,

En substituant le Sacrifice propitiatoire par un repas fraternel,

En troquant le mandat d’instruire et de baptiser contre le dialogue des Enfants d’Abraham,
les clercs montiniens ont capitulé devant le libéralisme.

Ils ont préféré la fiction consensuelle du monde à la réalité brute de la Croix. Ce refus du réel métaphysique conduit inévitablement à une «caricature humanitaire» de la religion, qui n’est qu’une apostasie polie.

La fracture de la résistance face au Réel

C’est ce qui explique le grand drame que nous avons évoqué à la fin : la rupture entre Jean Madiran et le Père Sáenz y Arriaga. Face à l’effroyable réalité de cette contre-église libérale installée au Vatican, les hommes ont réagi selon leur rigueur logique. Pour le Père Sáenz, refuser de déclarer le siège vacant face à un pape moderniste revenait, par peur des conséquences juridiques, à commettre un « refus du réel » métaphysique. Pour lui, la rectitude du principe de non-contradiction exigeait de rompre totalement avec la fiction montinienne pour rester attaché à la Tête unique qui est le Christ.

Stat Crux dum volvitur orbis

En définitive, votre conclusion rappelle que le combat de la Tradition n’est pas une querelle de nostalgiques ou une guerre de rubriques liturgiques. C’est un combat pour la salubrité de l’intelligence.

Gouverner par des mots-épouvantails, imposer la Novlangue du mensonge de justification, commettre le silence coupable face aux lois de mort comme l’avortement : tout cela découle de la même source empoisonnée. Le libéralisme détruit la raison pour pouvoir régner par la force. Face à cette dictature liquide, la seule posture de salut — pour la vie éternelle comme pour la dignité humaine — est de maintenir le Roc. Confesser le Christ Roi, substantiellement présent dans l’Eucharistie et pleinement Dieu dans l’Incarnation, reste l’acte de réalisme le plus absolu, car le monde tourne et s’effondre dans ses propres fables, mais la Croix demeure.

Le réel ou les fables

Commémoration des défunts

Saint Odilon, abbé de Cluny, établit, dans le millier de monastères qui dépendaient de la grande abbaye bourguignonne, un office liturgique à l’intention de tous les frères défunts. L’extension de l’influence clunysienne étendit cette coutume à l’Église universelle en même temps que se précisait la doctrine concernant les âmes du Purgatoire (‘Le purgatoire est l’infirmerie du Bon-Dieu’ disait le curé d’Ars).

De profundis clamavi ad te, Domine ;
Domine, exaudi vocem meam.
Fiant aures tuae intendentes
in vocem deprecationis meae.
Si iniquitates observaveris, Domine,
Domine, quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est,
ut timeamus te.
Sustinui te, Domine,
sustinuit anima mea in verbo eius ;
speravit anima mea in Domino
magis quam custodes auroram.
Magis quam custodes auroram
speret Israel in Domino,
quia apud Dominum misericordia,
et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israel
ex omnibus iniquitatibus eius.

Commémoration des défunts

C’est la faute à Blondel

En pointant la responsabilité de Maurice Blondel (1861-1949), on désigne précisément l’aiguillage philosophique qui a fait basculer la théologie catholique de l’Objectivisme thomiste vers le Subjectivisme phénoménologique. Si Loisy fut le bras armé de la crise moderniste sur le terrain de l’exégèse historique, Blondel en fut le cerveau métaphysique en introduisant la méthode d’immanence.

Pour la cohérence accuser Blondel est d’une justesse implacable : c’est lui qui a fourni la matrice conceptuelle de la «Nouvelle Théologie» (Lubac, Rahner, Wojtyla), laquelle a triomphé à Vatican II.

Voici comment la philosophie de Blondel a opéré le sabordage doctrinal de l’intérieur :

La substitution de l’Immanence à la Transcendance

Dans sa thèse fondamentale L’Action (1893), Blondel affirme que la vérité ne peut pas être imposée à l’homme de l’extérieur par des arguments purement rationnels ou des miracles (ce qu’il nomme avec mépris l’« extrincésisme »).

Le dogme selon Blondel : Pour qu’une vérité révélée ait du sens pour l’homme, il faut qu’elle réponde à un besoin intrinsèque de son action et de sa volonté. La vérité devient une exigence interne de la conscience.

Le diagnostic de Pascendi : En 1907, saint Pie X fustige exactement cette thèse dans l’encyclique Pascendi sous le nom d’immanence vitale. Le Pape explique que si la religion découle d’un besoin de la conscience, le dogme n’est plus une vérité objective immuable révélée par un Dieu transcendant : il devient le produit évolutif de l’expérience humaine.

Le primat de l’Action sur l’Intelligence

Saint Thomas d’Aquin enseigne que l’intelligence a le primat sur la volonté (il faut connaître l’Être pour le vouloir). Blondel renverse cet ordre : c’est l’action, l’expérience vécue, la praxis, qui engendre et valide la vérité.

La vérité redéfinie : La définition classique de la vérité est l’adéquation de l’intelligence au réel (adequatio rei et intellectus). Chez Blondel, la vérité tend à devenir l’adéquation de l’esprit à la vie.

Le fruit moderniste : Ce glissement est le père direct de la pastorale moderne. Puisque la vie et l’action priment sur l’intelligence du dogme, on peut modifier la praxis liturgique (le rite zaïrois) ou la pastorale des sacrements (Fiducia supplicans) en prétendant que le dogme reste intact. C’est l’autorisation philosophique de l’hétéropraxis.

La généalogie du désastre : De L’Action à Vatican II

Bien que Blondel se soit défendu d’être moderniste au sens radical d’un Loisy, ses disciples ont appliqué sa méthode à toute la théologie.

Henri de Lubac s’est servi de la structure blondélienne pour affirmer que le surnaturel est une exigence naturelle de l’homme, abolissant la frontière étanche entre la nature et la grâce.

Si le surnaturel et la révélation sont immanents à l’homme en tant qu’homme, alors tous les hommes possèdent déjà, en germe, la grâce, ce qui fonde théologiquement la liberté religieuse, l’œcuménisme panchrétien et la théorie de la rédemption universelle automatique (développée par Jean-Paul II dans Redemptor Hominis).

Dire « c’est la faute à Blondel », c’est remonter à la source de la contamination. En voulant réconcilier le catholicisme avec la philosophie moderne du sujet, Blondel a fait entrer le loup du devenir historique dans la bergerie de la Substance immuable. On ne fait que constater les derniers stades de la décomposition d’un arbre dont Blondel avait, dès 1893, méthodiquement infecté les racines.

Le naufrage de la théologie de l’Alliance

Pour la théologie traditionnelle, la Nouvelle et Éternelle Alliance scellée dans le Sang du Christ a abrogé et remplacé l’Ancienne Alliance. Le Temple ayant été détruit, les sacrifices anciens ayant cessé, le Mur des Lamentations n’est plus, théologiquement, qu’un mémorial d’une attente devenue vaine puisque le Messie est venu.

Le glissement blondélien : Si la vérité est immanente à l’expérience humaine, l’Alliance divine ne dépend plus de l’acceptation objective du Christ comme unique Sauveur.

Le fruit moderne : Les images des papes récents (depuis Jean-Paul II jusqu’à François) allant se recueillir devant le Mur des Lamentations, y insérant des prières émanant d’un magistère universaliste, ne sont pas de simples gestes de courtoisie diplomatique. Pour l’intelligence catholique, c’est la prostration du Vicaire du Christ devant l’Ancienne Alliance non convertie. C’est insinuer publiquement que la Synagogue conserve sa validité salvifique propre, indépendamment de la Croix. C’est le reniement direct de la mission apostolique.

Le syncrétisme de l’œcuménisme total

Garrigou-Lagrange voyait le modernisme comme une dissolution du dogme. L’aboutissement à Jérusalem montre que cette dissolution mène au pan-religiosité d’Assise.

En faisant du sentiment religieux ou de l’action humaine le point de départ (L’Action de Blondel), toutes les traditions spirituelles deviennent des expressions légitimes de la quête de Dieu.

Jérusalem et ses lieux saints deviennent le laboratoire d‘une religion mondiale unifiée, un panchristianisme élargi aux dimensions de l’humanité, où le Christ n’est plus la Voie unique, mais un symbole parmi d’autres de la fraternité humaine.

Les larmes de la désolation

Il y a une ironie tragique dans le fait que cette théologie finisse littéralement contre un mur de lamentations. En évacuant la Substance divine immuable (Ego sum Dominus et non mutor) au profit du devenir historique et du dialogue horizontal, l’autorité moderne s’est dépouillée de sa puissance surnaturelle.

Elle n’a plus rien à enseigner aux nations. Elle passe son temps à se repentir du passé de l’Église. Elle est réduite à pleurer sur les ruines d’une chrétienté qu’elle a elle-même contribué à démanteler.

C’est la faute à Blondel

Nouvelle religion : Boulgi Boulga

La relation exclusive avec le Christ risque d’être excluante…

La relation exclusive avec le Christ risque d’être excluante…

Ces jours-ci, dans le diocèse de Milan, débure une initiative promue par la pastorale des jeunes, qui propose cinq cours en ligne pour découvrir l’histoire, la pensée et les traditions du bouddhisme, en préparation des Journées mondiales de la jeunesse de Séoul, en 2027.

Un cours d’apologétique destiné à fournir un regard critique sur une religion fausse et dangereuse, de plus en plus répandue en Occident ? Pas du tout. On peut lire dans la brochure de présentation que :

« le bouddhisme constitue l’une des plus importantes traditions religieuses et philosophiques de l’humanité et représente, dans le contexte contemporain, un interlocuteur privilégié pour la réflexion sur des questions fondamentales telles que le sens de l’existence, l’expérience de la souffrance, la recherche du bonheur, l’éthique du vivre-ensemble et le rapport entre l’intériorité et le monde ».

Imagine-t-on saint François Xavier se faire expliquer par des bouddhistes le sens de l’existence et le chemin du bonheur ?

D’ailleurs, comme le confirme le diocèse lui-même dans le document Foi et accueil : l’oratoire comme lieu de rencontre interreligieuse,

« les identités elles aussi sont en chemin, c’est pourquoi il faut éviter toute restriction préconçue à l’égard d’un renouvellement qui apparaît de plus en plus nécessaire dans la société pluraliste actuelle, où il existe un risque que l’appel à une relation exclusive avec le Christ se traduise par des formes de relations excluantes ».

Voilà pourquoi « l’oratoire tient à ce que personne ne soit empêché de cultiver son propre cheminement de foi ». Sic.

Sauf que, sous la bannière dorée du bouddhisme, se dissimile une tout autre réalité.

Source Le salon Beige

Et pour apostasier plus vite :

Des religieuses catholiques ont brûlé de l’encens et pratiqué la méditation devant une statue de Bouddha.

Une centaine de religieuses se sont rendues dans un temple bouddhiste de Hô Chi Minh-Ville le 26 octobre afin de découvrir les enseignements et les pratiques bouddhistes.

Ces religieuses sont issues de l’Institut de théologie de l’Inter-Congrégations des Amis de la Sainte-Croix.

Le père Peter Dinh Ngoc Lam, rédemptoriste et maître de conférences en théologie, a guidé le groupe, accompagné de sœur Lucy Nguyen Thuy Hoang Oanh.

Elles ont reçu un enseignement sur les principes fondamentaux de la méditation bouddhiste.

Les religieuses se sont exercées à la méditation assise et ont également posé des questions sur les enseignements bouddhistes.

Le monastère a décrit cette rencontre comme une occasion « de respect mutuel, d’apprentissage et d’expérience spirituelle, visant à jeter des ponts de compréhension entre les traditions religieuses ».

Le père rédemptoriste Peter Nguyen Van Khai a critiqué la participation des religieuses. Il a déclaré que le fait d’offrir de l’encens et de méditer devant une statue de Bouddha était incompatible avec la foi et la morale catholiques, quelles que soient les intentions ou les explications des participantes.

« De bonnes intentions subjectives ne suffisent pas à justifier une action objectivement incompatible avec la foi », a déclaré le père Khai.

Note de la rédaction : La nouvelle religion inclusive inculquée à la jeunesse. La Vérité incarnée a dit : Qui n’est pas avec Moi est contre Moi Mt 12, 30; sans exclure ceux qui ne sont pas hostiles, fermés à la lumière « Qui n’est pas contre vous est pour vous ». Mc 9, 40. Dans les années 70, des moines bénédictins apprenaient à faire Za Zen……..Christe Eleison

Nouvelle religion : Boulgi Boulga

L’Art divin

« Tout a été créé par lui et pour lui » Col 1, 16; « C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses » Rm 11, 36 et « Tout subsiste en lui » (omnia in ipso constant), touche au cœur de la théologie de saint Thomas d’Aquin : elle marque l’identification stricte entre les Idées éternelles et la deuxième personne de la Trinité, le Verbe (le Fils).

Le Verbe comme « Art divin »

Pour Thomas d’Aquin, les Idées divines ne sont pas de simples concepts abstraits flottant dans la conscience divine. Elles s’unifient et se réalisent pleinement dans le Verbe de Dieu :

Le Logos universel : Le Verbe est la Parole unique et éternelle par laquelle le Père s’exprime Lui-même et exprime tout le créé.

L’Ars Dei (l’Art de Dieu) : Saint Thomas qualifie le Verbe d’« Art du Tout-Puissant » (Ars omnipotentis Dei). De même qu’un architecte a dans son esprit le plan de la maison avant de la construire, le Père conçoit toutes les créatures à travers son Verbe.

Pourquoi omnia in ipso constant ?

L’usage du verbe constare (subsister, tenir ensemble) montre que le Verbe n’est pas seulement un modèle passé (au moment de la Création), mais le fondement permanent du réel :

La conservation dans l’être : Si le Verbe cessait une seule seconde de penser et de soutenir le monde, les créatures replongeraient instantanément dans le néant. Les choses ne font pas que ressembler au Verbe : elles dépendent de sa pensée pour continuer à exister.

La création ex nihilo : Contrairement au Démiurge de Platon qui façonne une matière déjà existante, le Verbe donne à la fois la forme et l’existence. La vérité ontologique des choses (leur être) est une participation directe à la vérité éternelle du Verbe.

En reliant les Idées éternelles au Verbe, saint Thomas d’Aquin résout définitivement le problème de Platon : les Idées ne sont plus des abstractions froides et séparées du monde, mais la manifestation de la Sagesse vivante et personnelle de Dieu, en qui tout a été fait et en qui tout tient.

Chez saint Thomas d’Aquin, le lien entre le Verbe créateur et l’Incarnation est d’une logique théologique parfaite : Celui par qui tout a été fait est le seul qui puisse tout refaire.

Dans la Somme de théologie (Tertia Pars, Question 3, Article 8), Thomas d’Aquin explique qu’il était « souverainement convenable » (convenientissimum) que ce soit précisément la personne du Fils (le Verbe) qui s’incarne, et non le Père ou l’Esprit Saint. Il déploie cette convenance à travers trois arguments principaux fondés sur le rapport entre Création et Restauration.

L’Artiste et son Œuvre (La convenance de perfection)

Comme nous l’avons vu, le Verbe est l’« Art de Dieu » (Ars Dei), le catalogue éternel de toutes les Idées et de toutes les essences créées.

La logique de la réparation : Si une œuvre d’art (l’homme, la Création) est abîmée ou brisée par le péché, il appartient tout naturellement à l’Artiste qui en possède le plan original de la restaurer.

En s’incarnant, le Verbe vient réimprimer la perfection de l’Idée divine originelle au cœur même de la nature humaine déchue. Pour que l’homme redevienne conforme à son modèle, le Modèle lui-même s’est fait homme.

De l’Image à la Ressemblance (La convenance de filiation)

Saint Thomas rappelle que l’homme a été créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Genèse 1, 26). Or, au sein de la Trinité, seul le Fils est l’Image parfaite et consubstantielle du Père.

Le diagnostic : Par le péché, l’homme a brisé cette ressemblance, tout en gardant l’image gravée dans sa nature spirituelle.

Le remède : Pour restaurer une image effacée sur une toile, il faut y superposer le modèle original. Le Verbe (l’Image incarnée) vient s’unir à l’homme pour lui rendre sa capacité de devenir « fils adoptif ». C’est la célèbre formule thomiste : le Fils unique s’est fait fils de l’homme pour faire des fils de l’homme des fils de Dieu.

La Parole et l’Illumination (La convenance de doctrine)

Le Verbe est la Parole, la Sagesse divine manifestée. La chute de l’homme a commencé par un mensonge (celui du serpent) entraînant l’ignorance et l’erreur de l’intelligence humaine.

La restauration de la Vérité : Puisque le Verbe est la Vérité même, Son Incarnation est une illumination directe de l’intellect humain.

Le Christ enseigne non pas comme un simple prophète transmettant une parole extérieure, mais comme la Parole elle-même qui redonne au monde sa pleine intelligibilité. En se faisant chair, le Verbe créateur dissipe les ténèbres de l’esprit humain et restaure l’adéquation de l’homme avec la vérité.

Une seule et même Économie

Pour saint Thomas, la Création et la Rédemption (l’Incarnation) ne sont pas deux plans différents, mais les deux actes d’un même mouvement. Les choses ont été appelées à l’être par le Verbe (omnia in ipso constant), et c’est en rentrant dans le Verbe incarné qu’elles retrouvent leur ordre, leur fin dernière et leur vérité ultime.

L’Agneau qui a été égorgé, est digne de recevoir puissance, divinité, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction. Ap 5, 12

L’Art divin

Tous les Saints……et plus particulièrement

GenevièveSainteVierge consacrée (vie laïque consacrée?512
RochSaintTertiaire franciscain (tradition)?1376
DenisSaintÉvêque (premier évêque de Paris)??
HilaireSaintÉvêque (Père et Docteur de l’Église??
Jeanne d’ArcSainteLaïque (vierge consacrée, Pucelle d?1431
Martin de ToursSaintÉvêque de Tours, fondateur du monachisme316397
Bernard de ClairvauxSaintCistercien (abbé fondateur de Clairvaux10901153
Yves Hélory de KermartinSaintClergé séculier (tertiaire franciscaine12531303
Vincent FerrierSaintOrdre des Prêcheurs (Dominicains)13501419
Pierre FourierSaintChanoine régulier de Saint-Augustin15651640
François de SalesSaintÉvêque de Genève (résidant à Annecy15671622
Vincent de PaulSaintCongrégation de la Mission (Lazaristes)15811660
Marie de l’IncarnationSainteUrsuline ; fondatrice du monastère15991672
Jean EudesSaintOratoire de France puis fondateur 16011680
Claude La ColombièreSaintCompagnie de Jésus (Jésuites)16411682
Marguerite-Marie AlacoqueSainteOrdre de la Visitation Sainte-Marie16471690
Louis-Marie de MontfortSaintPrêtre séculier ; fondateur16731716
Eugène de MazenodSaintFondateur des Missionnaires Oblats17821861
Curé d’ArsSaintClergé diocésain (diocèse de Belley17861859
Thérèse CoudercSainteCo-fondatrice de la Congrégation de18051885
Catherine LabouréSainteFilles de la Charité de Saint-Vincent de Paul18061876
Bernadette SoubirousSainteSœurs de la Charité de Nevers18441879
Léonie AviatSainteCo-fondatrice et première supérieur18441914
Charles de FoucauldSaintTrappiste puis ermite (futurs Petit18581916
Thérèse de LisieuxSainteCarmélite déchaussée18731897

Et tous les saints évêques fondateurs des diocèses et martyrs des Révolutions, 1789, 1965……

Aujourd’hui au martyrologe :

…..Dans la cité des Arvernes, en Gaule, saint Austremoine, qui fut le premier évêque de cette ville.

A Paris, la mise au tombeau de saint Marcel, évêque.

A Bayeux, en France, saint Vigor, évêque, au temps de Childebert, roi des Francs.

A Angers, en Gaule, la mise au tombeau du bienheureux évêque Lézin, homme vénérable par sa sainteté.

A Larchant, dans le Gâtinais, en Gaule, saint Maturin, confesseur.

Sachant cependant que : il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ Ga 3, 28

Mater Ecclesiae ora pro nobis

Tous les Saints……et plus particulièrement

Mgr Mutsaerts défend les catholiques traditionnels contre les menaces du cardinal Roche

31 octobre 2026

Alors que le cardinal Arthur Roche redouble d’efforts pour restreindre la messe traditionnelle latine, Mgr Rob Mutsaerts livre une réfutation puissante et une défense courageuse des catholiques qui veulent simplement adorer comme l’ont fait des générations de leurs ancêtres. Mutsaerts conteste le comportement brutal de Roche et rappelle aux autorités de l’Église que l’Église n’a pas besoin d’interdire son passé pour assurer son avenir.

Le langage menaçant du cardinal Roche : Ne vous rendez pas au TLM !

Mais pourquoi ? L’Église n’a pas besoin d’interdire son passé pour assurer son avenir.

L’Église catholique s’enorgueillit de son universalité, chérit une impressionnante diversité de traditions liturgiques et considère cette diversité comme l’expression de ses richesses. Un catholique peut assister à la liturgie divine selon la tradition byzantine, la tradition maronite, la tradition arménienne ou la tradition chaldéenne. Personne ne trouve cela en soi une menace pour l’unité ecclésiale. Mais dès qu’un catholique veut assister à la messe, comme elle a été célébrée pendant des siècles à Rome, Paris, Amsterdam et pratiquement toute l’Église latine, certaines autorités ecclésiales de Rome commencent à devenir inquiètes.

Soudain, la diversité liturgique devient un problème. Soudain, l’attachement à la tradition devient suspect. Et tout à coup, l’unité de l’Église doit être protégée contre les gens qui souhaitent prier comme leurs ancêtres l’ont fait. Cela soulève une question qui n’est en aucun cas déraisonnable : pourquoi pratiquement chaque tradition liturgique catholique ancienne est-elle un trésor, à l’exception de l’ancienne liturgie romaine ?

Le cardinal Roche a déclaré récemment, dans une interview à AdVaticanum publiée le 13 octobre 2026, que les groupes traditionalistes utilisent parfois la liturgie antérieure pour résister à la réforme liturgique du Concile Vatican II. Selon le Cardinal, une telle attitude peut nuire à l’unité ecclésiale. Il a averti que ceux qui rejettent le Concile se distancient du centre du catholicisme. Il a également déclaré que les catholiques ne devaient pas, à son avis, assister exclusivement à l’ancienne messe. Une distinction importante est nécessaire ici.

Celui qui, en principe, nie la validité de la nouvelle messe, rejette l’autorité papale, ou maintient que l’Église catholique après Vatican II n’est plus l’Église catholique adopte effectivement une position problématique. Mais celui qui aime la messe traditionnelle, approfondit sa foi à travers elle, accepte la doctrine catholique et reste loyal au pape ne peut pas simplement être accusé de la même chose. L’attachement à une tradition liturgique n’est pas identique à un rejet du Magistère. C’est précisément cette distinction qui risque de se perdre dans le débat actuel.

L’Église catholique comprend vingt-quatre Églises sui iuris : l’Église latine et vingt-trois Églises catholiques orientales. Ils possèdent différentes traditions liturgiques — byzantine, alexandrine, antiochène, arménienne et syrienne orientale, entre autres. Dans le monde catholique occidental, il existe également des usages liturgiques particuliers, y compris le rite ambrosien à Milan. Et personne ne craint pour l’unité de l’Église quand un prêtre catholique byzantin se tient devant l’iconostase, l’encens monte abondamment, et les fidèles expérimentent une liturgie qui diffère de la messe romaine ordinaire sur de nombreux points. Car l’unité catholique n’a jamais été identique à l’uniformité liturgique. En effet, le Concile Vatican II indique explicitement dans Sacrosanctum Concilium que tous les rites légitimement reconnus sont d’égale dignité et que l’Église souhaite les préserver et les promouvoir. C’est une déclaration remarquable à la lumière des déclarations du cardinal Roche. Si la diversité liturgique ne nuit pas nécessairement à l’unité de l’Église, pourquoi la liturgie romaine centenaire le ferait-elle ? La foi catholique n’est pas, après tout, un recueil de coutumes dont la date d’expiration est fixée par une commission ecclésiale.

La pratique liturgique d’après-guerre a révélé un changement de la transcendance de Dieu vers la communauté comme point focal. Lorsque l’Eucharistie ressemble de plus en plus à un repas commun, à une célébration de la convivialité humaine ou à une occasion de créativité pastorale, la dimension sacrificielle risque de s’effacer dans le contexte. C’est précisément contre cette tendance que la liturgie traditionnelle, avec son orientation constante vers Dieu, constitue un contrepoids visible. Et peut-être y a-t-il là une partie de l’inconfort : le TLM continue de proclamer quelque chose d’ancien qui est facilement oublié aujourd’hui. Le pape Benoît avait compris quelque chose d’essentiel : l’Église ne peut pas affirmer de manière crédible que ce qu’elle considérait hier comme sacré devrait aujourd’hui être considéré comme un danger.

Le Concile Vatican II est-il utilisé comme point de rupture ? La discussion porte ici sur un problème plus profond. Un concile s’inscrit dans la tradition. Il n’inaugure pas une nouvelle Église. Vatican II a prévu une réforme de la liturgie, mais a en même temps déterminé que le latin devait être préservé dans les rites latins et que le chant grégorien occupe une position de primauté. Une grande partie de ce qui est aujourd’hui considéré comme typiquement traditionaliste était donc tout à fait évident pour les Pères conciliaires. Il est donc remarquable lorsque l’attachement à la liturgie ancienne est présenté comme une résistance au Conseil lui-même.

La critique de certains aspects de la réforme liturgique post-conciliaire n’équivaut pas, après tout, automatiquement à un rejet du Concile Vatican II. La réforme liturgique a été en grande partie élaborée et introduite après le Concile. Cela ne signifie pas que toutes les critiques sont exactes. Cela signifie seulement qu’une telle discussion peut légitimement être menée.

Lorsqu’un concile est en pratique traité comme un tournant absolu entre une Église ancienne et une église nouvelle, c’est précisément la rupture que l’on prétend vouloir éviter. L’Église catholique n’est pas une institution refondue en 1965. Elle est la même Église qui a reçu les apôtres, produit les Pères de l’Église, construit les cathédrales médiévales, convoqué le Concile de Trente et convoqué le Concile Vatican II. Celui qui croit vraiment en la continuité de l’Église n’a pas à craindre son passé.

Le cardinal Roche fait constamment appel à l’unité de l’Église. C’est tout à fait exact en soi. L’unité n’est pas une propriété accessoire de l’Église mais appartient à son essence même. La question est seulement ce que nous comprenons par unité. L’unité dans la foi catholique, dans les sacrements et en communion avec le Successeur de Pierre est différente de l’uniformité dans l’expression rituelle. Le raisonnement officiel est que le TLM, contrairement aux liturgies orientales, est devenu pour certains groupes un symbole de résistance à la réforme et à l’autorité de l’Église. Cet argument mérite une attention sérieuse. Mais le problème avec ce raisonnement est qu’il passe facilement d’un jugement sur des abus particuliers à un jugement général sur toute une communauté liturgique. Pourquoi les familles, les jeunes, les prêtres et les religieux qui ne désirent rien d’autre que de célébrer la liturgie traditionnelle en pleine communion ecclésiale devraient-ils en supporter les conséquences ?

Un père qui amène ses enfants à l’ancienne messe parce qu’il y fait l’expérience de la sainteté de l’Eucharistie avec une intensité particulière n’est pas engagé dans la politique de l’Église. Il va simplement à la messe.

L’histoire de l’Église se caractérise non seulement par le renouveau, mais aussi par la préservation. Tradition signifie transmission : recevoir ce que l’on n’a pas soi-même inventé et le transmettre à la génération suivante. Il est donc remarquable qu’à une époque où l’on parle constamment d’écouter les fidèles, les désirs des catholiques traditionnellement orientés se rencontrent si souvent avec si peu de compréhension. Une Église qui veut écouter le monde doit aussi écouter ses propres enfants, à moins que la synodalité ne signifie autre chose. Certainement quand ces enfants demandent non pas moins de doctrine catholique, mais sa proclamation non diminuée. Ou est-ce bien là le problème? Une approche prudente ferait place à la liturgie ancienne partout où elle est sincèrement désirée, tout en demandant la fidélité à la communion ecclésiale et en corrigeant les abus sous toutes les formes liturgiques. Ce dernier point mérite également notre attention. Celui qui réglemente strictement l’ancienne messe par souci de la sainteté et de l’unité de la liturgie doit agir avec la même gravité contre les abus dans la nouvelle messe.

Le phénomène le plus remarquable est peut-être que la Messe latine traditionnelle exerce une attraction non seulement sur ceux qui ont grandi avant le Concile. Les jeunes catholiques se sentent eux aussi attirés. Lorsque les jeunes choisissent consciemment le silence, le chant grégorien, la précision rituelle et une liturgie qui ne fait pratiquement aucune concession à la préférence contemporaine pour la spontanéité et la compréhensibilité immédiate, cela en dit long. Il suggère que la modernisation n’est pas toujours la meilleure voie vers l’évangélisation. Peut-être l’homme moderne aspire-t-il parfois précisément à ce qui n’est pas moderne. Peut-être ne cherche-t-il pas une liturgie qui ressemble le plus possible au monde dans lequel il vit quotidiennement et n’a rien de nouveau à lui offrir, mais une liturgie qui l’aide à s’élever au-dessus de ce monde. Ce n’est pas un argument contre la nouvelle messe. C’est un argument contre l’hypothèse que le renouvellement liturgique coïncide nécessairement avec l’adaptation à l’esprit de l’âge.

Il serait dommage que la Messe Traditionnelle Latine soit finalement victime d’une lutte ecclésiale où le débat ne porte plus réellement sur le culte mais sur l’interprétation des soixante dernières années. Car dans ce cas, une liturgie qui a formé des saints à travers des siècles et sanctifié d’innombrables fidèles serait traitée comme un problème à résoudre. Moins de suspicion, plus d’honnêteté historique, plus de profondeur théologique, et surtout plus de magnanimité pastorale seraient souhaitables ici.

L’et-et catholique — le célèbre principe catholique de l’et-et — pourrait être un point de départ fructueux ici aussi. Tradition et développement légitime. Unité et diversité. Fidélité au Concile et respect pour les siècles qui l’ont précédé. La nouvelle messe et l’ancienne pour la liturgie romaine transmise, dans la communion de l’Église.

Votre Éminence, l’Église n’a pas besoin d’interdire son passé pour assurer son avenir. Une Église qui fait réellement confiance à la Tradition vivante peut se permettre d’aimer sa propre histoire. Une Église qui reçoit avec joie une liturgie byzantine, maronite et arménienne en son milieu n’a pas besoin de se sentir trop menacée par une messe romaine qui lui a été si chère pendant tant de siècles. La traditionnelle messe latine n’est, après tout, pas un intrus étranger dans l’Église catholique ; elle vient de chez elle. Et une Église mère ne devrait pas traiter ses propres enfants comme des étrangers parce qu’ils préfèrent prier dans la langue de leurs grands-parents.

† Rob Mutsaerts

Source The Remnant

Note de la rédaction : Une défense habile mais ad hominem. Il n’y a évidemment pas que la messe, il y a toute la doctrine en rupture du concile et la nouvelle religion promue par des vicaires infidèles priant dans les mosquées, les synagogues, les temples luthériens……..le problème est justement celui de « l’en même temps »révolutionnaire.

Mgr Mutsaerts défend les catholiques traditionnels contre les menaces du cardinal Roche

La vida como viene

Le sentimentalisme synodal et « La vida como viene »

Le 22 octobre a été publié le document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF), Venite ad me. Même si les thèmes abordés sont les poncifs habituels du synodalisme, ce texte n’est pas aussi brouillon que les derniers documents signés par Víctor Manuel Fernández : il conserve une certaine cohérence interne et laisse supposer qu’une main plus attentive est intervenue.

Venite ad me est entièrement centré sur l’urgence de l’évangélisation, si souvent souhaitée par le « pape François » :

« Face à la situation décrite ci-dessus, il semble tout à fait naturel que, pour les croyants, il s’agisse de repartir d’une grande saison d’annonce de l’Évangile, en donnant enfin suite à ce que le pape François demandait dans Evangelii gaudium au sujet de l’urgence, pour toute l’Église, de faire naître une nouvelle étape d’évangélisation » (72).

Sommes-nous sûrs que Bergoglio souhaitait promouvoir l’évangélisation ?

En se plaignant des catéchistes qui se sentent « évangélisateurs », voici ce que disait l’Argentin à Sainte-Marthe en 2016 :

« Moi, j’ai évangélisé, j’en ai amené beaucoup à l’église… Faire du prosélytisme est une source de fierté, mais évangéliser, ce n’est pas faire du prosélytisme. Faire la promenade ; réduire l’Évangile à une fonction ; faire du prosélytisme… Nous connaissons tous des gens qui se sont éloignés de l’Église : que devons-nous leur dire ?… La dernière chose à faire, c’est de leur dire quelque chose ! »

À Tbilissi, il a déclaré : « Il y a un grand péché contre l’œcuménisme : le prosélytisme. Il ne faut jamais faire de prosélytisme auprès des orthodoxes ! » S’appuyant sur une expression de Benoît XVI, Bergoglio abhorrait le prosélytisme, oubliant que celui-ci était pratiqué dans l’Église primitive (Ac 6,5 ; 13,43). L’annonce du kérygme et le prosélytisme sont étroitement liés (Ac 2,37-41).

François a eu pour intention d’étouffer par tous les moyens l’annonce de l’Évangile, en fermant des séminaires florissants et riches en vocations, et en écartant des évêques compétents comme Joseph Leonard, Mario Olivieri, Héctor Aguer, Giovanni D’Ercole, Joseph Strickland et d’autres encore.

Désormais, au Vatican, ils nous prennent tous pour des imbéciles et cherchent aussi à nous convaincre que Léon XIV ne pouvait pas se rendre à Assise en hélicoptère, en train ou en voiture, parce que cela aurait été trop risqué pour une personne opérée quelques jours auparavant d’un adénocarcinome pulmonaire ; alors qu’il peut effectuer un voyage de plus de 31 000 kilomètres en avion et même arriver à Cuzco, située à 3 400 mètres d’altitude : une véritable aubaine pour un homme de 71 ans qui vient d’être opéré des poumons !

Le document du DDF est tout imprégné de sentimentalisme synodal : pour le croyant, l’important serait de se laisser « éclairer » par l’« amour » et de suivre les émotions de son « cœur », irrésistiblement attiré par le kérygme.

Le mot « cœur » apparaît 57 fois dans le document ; je n’en cite que quelques passages :

« Comme le rappelle le pape François au début d’Evangelii gaudium : “La joie de l’Évangile remplit le cœur et la vie entière de ceux qui rencontrent Jésus” » (24) ;
« Découvrir que l’Église peut offrir une aide spirituelle concrète face à ces préoccupations dispose le cœur à recevoir l’annonce kérygmatique avec une vigueur renouvelée » (69) ;
« le début d’un chemin de connaissance et d’amour du Christ, rendu possible par l’accueil de l’annonce de la part de celui qui la reçoit avec un cœur libre et sincère » (76) ;
« Elle doit être une annonce “performative”, capable de toucher réellement le cœur de ceux qui la reçoivent et de les pousser à marcher à la rencontre du cœur du Seigneur Jésus » (77) ;
« C’est pourquoi le langage de la foi ne doit pas se limiter à une froide exposition de concepts ; il doit certes être clair pour faciliter la compréhension, mais il doit surtout se caractériser comme un appel du cœur » (80).

Susanna Tamaro aurait pu suggérer pour ce document un titre qui lui est cher : Va’ dove ti porta il cuore — « Va où te porte ton cœur ».

Le mot « amour » revient 47 fois :

« Ceux, ensuite, qui s’ouvrent à la lumière de la révélation de l’amour de Dieu reçoivent de Jésus une parole de pardon, une parole de libération, une parole d’amour, une parole de liberté, une parole de vie, une parole d’espérance (cf. Lc 4,18-19). Jésus suscite chez tous ceux qui viennent à sa rencontre et s’ouvrent à lui avec un cœur sincère un élan d’intérêt renouvelé et d’amour » (13) ;
« la lumière et la puissance de cet amour sont toujours à la disposition de quiconque, en tout temps et en tout lieu » (11) ;
« enfin, le début d’un chemin de connaissance et d’amour du Christ, rendu possible par l’accueil de l’annonce de la part de celui qui la reçoit avec un cœur libre et sincère » (76).

Il est superflu d’ajouter que tous les slogans bergogliens sont cités.

Le terme qui arrive en tête est toutefois « lumière », qui apparaît 88 fois dans le document :

« La lumière et la puissance de cet amour sont toujours à la disposition de quiconque, en tout temps et en tout lieu. Celui qui accueille cette révélation abandonne pour toujours le royaume des ténèbres, s’ouvrant enfin à la lumière de la vie et à une vie de lumière » (11) ;
« Il veut sans cesse orienter le cœur et l’esprit de tous vers la vraie lumière de l’amour du Père » (12) ;
« Telle est donc l’essence de l’expérience chrétienne : la rencontre du Seigneur Jésus, qui nous met en contact avec la vraie lumière de l’amour divin » (25) ;
« L’expérience de la foi peut ainsi être imaginée comme la rencontre vitale et décisive avec ce “vrai soleil” qu’est le Christ, lequel libère des ténèbres et remplit de lumière l’existence humaine. C’est une expérience de lumière » (26) ;
« Puisque la foi est écoute et vision, elle se transmet aussi comme parole et comme lumière » (27).

Je rappelle que la petite poupée mascotte du Jubilé s’appelle Luce et qu’elle est l’œuvre d’un dessinateur qui soutient les Gay Pride et conçoit une gamme de sex-toys. Luce tient à la main un bâton dont la forme n’a rien à voir avec un bâton de pèlerinage jubilaire ; il pourrait aussi bien représenter un objet érotique que l’on trouve dans les sex-shops, ou le bâton du dieu Anubis, semblable à celui utilisé par Bergoglio. Le 6 janvier 2025, l’« antipape » a déclaré : « Sommes-nous capables de donner de l’espérance aux autres grâce à la lumière de notre foi ? » Ce gadget aurait des significations ésotériques et satanistes, car la lumière apportée par Bergoglio — je ne cesserai de le répéter — est celle de Lucifer.

Il est vrai que Fernández semble préciser : « Cette vraie lumière a pour nom Jésus, le Christ » (9). Cependant, on peut légitimement soupçonner que la répétition compulsive et obsessionnelle du même mot n’a d’autre but que de rappeler et d’actualiser la pensée bergoglienne.

Quel est le but de ces douceurs synodales dans un document où les paroles sacrées du pape François sont rappelées des dizaines de fois ? Le texte lui-même l’explique.

L’annonce évangélique n’aurait pas été incarnée dans la vie des personnes (52 ; 66) :

« À cela s’ajoute la nécessité de repenser la manière même d’annoncer l’Évangile, en privilégiant les formes narratives plutôt que la simple transmission de concepts abstraits » (66) ;
« la transmission de la foi ne doit pas rester confinée à des langages susceptibles d’être étiquetés comme “scolastiques”, “dogmatiques” ou “moralistes” » (80) ;
« La centralité du kérygme exige […] qu’il n’impose pas la vérité et fasse appel à la liberté, qu’il comporte une certaine joie, qu’il soit stimulant et vivant, et qu’il possède une harmonie d’ensemble qui ne réduise pas la prédication à quelques doctrines parfois plus philosophiques qu’évangéliques » (83).

Enfin une bonne nouvelle : après l’échec des missionnaires qui, pendant deux mille ans, ont annoncé l’Évangile à l’aide de « concepts abstraits », de « quelques doctrines » et sans « joie, stimulation ni vitalité », ils auront désormais un point de référence sûr : le Defensor Fidei, le cardinal Víctor Manuel Fernández !

Et qu’est-il advenu du magistère de l’Église ?

Le magistère n’est cité que pour être ignoré et contredit. Ce que Fernández appelle « Considérations sur la transmission de la foi dans un changement d’époque » invite à se méfier de la doctrine catholique et à ne pas se disperser dans ses « nombreux domaines » (84) :

« Pour cette raison, la foi ne se transmet pas d’abord comme un ensemble de contenus doctrinaux ou d’informations religieuses, mais comme une forme de vie ecclésiale dans laquelle le croyant est progressivement introduit » (29).

Attention à la tromperie : la « vie ecclésiale » dont parle Fernández serait la vie synodale et trompeuse promue par la fausse Église de Rome. El Tucho, bésame mucho invite à se libérer des fardeaux doctrinaux inutiles qui auraient jusqu’ici opprimé la liberté des personnes ; l’important serait de suivre sa voix intérieure et ses impressions émotionnelles. On propose une foi à la carte, une expérience subjective du cœur qui suscite des émotions et inspire un amour affranchi de toute Loi.

Le DDF annoncerait un kérygme dépouillé de la conversion et des fins dernières, en parfaite harmonie avec une photo — désormais célèbre — montrant une personne trans à côté de Fernández, vêtu d’habits sacerdotaux et portant une étole sur laquelle figure l’inscription : « La vida como viene » — « La vie telle qu’elle vient ».

Le document aurait été pratiquement ignoré par les évêques, comme il le méritait effectivement. Après avoir constaté un nouvel échec de la gestion Fernández, le journaliste de Religión Confidencial demande au préfet du DDF : « Vous attendiez-vous à ce que le document sur la transmission de la foi ait un plus grand impact ? » Réponse : « Pas vraiment. J’ai été réaliste… Il est compréhensible que ce thème, si étroitement lié à celui du document précédent (Dilexi te), ne suscite pas d’émotions particulières. »

Antonio Romano

La vida como viene

Apostat et fier de l’être

Le cardinal Jean-Paul Vesco, d’Alger, a répondu à la rectification apportée par Mgr Robert Barron à sa déclaration selon laquelle l’Église catholique « n’est pas là pour convertir » les gens.

Au lieu de revenir sur ses propos, le cardinal Vesco a réaffirmé sa position.

Dans un message publié sur Facebook le 30 octobre, Mgr Vesco a admis que « l’Église qui me donne la vie est celle de saint Jean-Paul II et de la déclaration interreligieuse d’Assise (1986) ».

Le cardinal croit en « l’Église du pape François, avec la Déclaration d’Abou Dhabi sur la fraternité humaine, signée avec le Grand Imam d’Al-Azhar le 4 février 2019 ; et en l’Église du pape Léon, avec sa visite en Algérie et sa prière silencieuse à la Grande Mosquée d’Alger, aux côtés du recteur ».

Par ailleurs, le cardinal Vesco a réitéré sa position sur la conversion : « Oui, je crois que les croyants des trois religions monothéistes ont mieux à faire que de chercher à se convertir les uns les autres. »

Il a fait valoir que les croyants devaient reconnaître qu’ils ne pouvaient pas comprendre pleinement la foi des autres. Au lieu d’essayer de se convertir les uns les autres, a-t-il déclaré, ils devraient respecter les croyances religieuses de chacun.

Selon Mgr Vesco, le monde a besoin de croyants fermement enracinés dans leur propre foi, tout en se reconnaissant mutuellement comme frères et sœurs au sein d’une humanité commune.

Note de la rédaction : La logique de la nouvelle religion de l’homme sur le dos de la Vérité incarnée

Apostat et fier de l’être