Un laboratoire d’expérimentation

1. L’avant-garde des aumôniers scouts

Dès les années 1930 et 1940, plusieurs aumôniers de renom (tels que le Père Doncœur ou le Père Duployé chez les Éclaireurs ou la Route) ont cherché à adapter la messe à la vie de camp en plein air et à la psychologie des adolescents.

Père Doncoeur ad orientem

Pour les milieux traditionalistes, ces adaptations sont perçues comme une subversion, car elles s’éloignaient des rubriques strictes du missel de l’époque.

2. Les pratiques qualifiées de « dérives » ou « subversions »

Les critiques pointent du doigt plusieurs changements introduits lors des messes de camp :

La « messe des routiers » (1943) : Initiée en partie sous l’impulsion du Centre de pastorale liturgique, elle modifiait la structure participative de l’assemblée. Le dialogue communautaire y remplaçait parfois les prières codifiées.

Le déplacement du sens du sacrifice : Les détracteurs affirment que ces innovations ont glissé d’une théologie du « sacrifice propitiatoire » (centrée sur Dieu) vers une célébration communautaire horizontale (centrée sur la fraternité et le groupe).

L’autel portatif et la messe face au peuple : Célébrer sur une table de camp en pleine nature, face aux scouts, rompait avec l’orientation traditionnelle ad orientem (le prêtre tourné vers l’autel et le tabernacle).

L’usage du français et des chants profanes : L’introduction précoce de la langue vernaculaire et de chants rythmés à la guitare à la place du grégorien ou du latin liturgique classique.

3. Un laboratoire de la réforme de Vatican II

Pour les historiens de la liturgie, le scoutisme catholique français a agi comme un véritable laboratoire pastoral. Bien que ces initiatives n’aient pas été le fait de l’ensemble du mouvement scout mais d’aumôniers jugés « progressistes », elles ont largement préparé les mentalités cléricales et laïques à accueillir le Novus Ordo Missae (la nouvelle messe) de 1969.

Cependant :

Fondation du Scoutisme Catholique en France par Jacques Sevin

Père Sevin

Devenu le Père Sevin, il commence à réaliser un projet original : adapter à la jeunesse catholique le mouvement des “boy-scouts” (garçons-éclaireurs) fondé en 1907 en Angleterre par Robert Baden-Powell. Dès 1913, il avait obtenu l’autorisation d’aller étudier les réalisations du scoutisme anglais au camp de Roehampton. Conquis, il souhaitait dès lors importer ce mouvement en Belgique, mais il avait dû tenir compte des fortes réserves de nombreux prêtres, qui critiquaient la neutralité religieuse du scoutisme anglais. Protestant, Baden-Powell avait, en effet, donné à son mouvement des “boy-scouts” un caractère interconfessionnel. Une œuvre d’éducation catholique ne semblait pas pouvoir suivre ce modèle. Le Père Sevin rédige alors un livre où il répond à ces objections en développant ses idées sur le scoutisme, non sans demander l’avis de ses supérieurs : il veut, en effet, « éviter tout faux pas et avoir pleinement la grâce de l’obéissance ». Le 8 février 1918, son supérieur approuve le projet et lui précise qu’il doit s’efforcer « de former un groupe profondément catholique ».

De fait, l’intention du Père Sevin est d’utiliser les méthodes éducatives foncièrement saines de Baden-Powell et de les compléter en vue d’une profonde formation catholique des jeunes.

Le 13, se tient à Mouscron la réunion initiale des responsables ; les premières promesses scoutes sont émises. Après la libération de la Belgique, en 1919, le mouvement prend son essor et passe la frontière désormais rouverte : les “Scouts de France” naissent à Lille, avec plusieurs troupes de garçons.Bientôt, ses supérieurs envoient le Père Sevin à Paris pour travailler à plein temps à l’œuvre du scoutisme. Il s’associe avec le chanoine Cornette, un prêtre de la paroisse Saint-Honoré-d’Eylau paralysé des deux bras, mais plein de flamme, et Édouard de Macedo, un laïc au charisme d’éducateur. Au cours d’un “jamboree” (réunion mondiale de scouts) en Angleterre, le Père noue des liens avec d’autres organisations scoutes catholiques existant dans différents pays européens ; de là naîtra l’Office international du scoutisme catholique. En 1921, le cardinal Dubois, archevêque de Paris, approuve la Fédération catholique des Scouts de France dont le Père Sevin est secrétaire général. En ces premières années, 90% des scouts proviennent des milieux populaires, que les patronages paroissiaux arrivaient très difficilement à atteindre. Par la suite, le mouvement comptera une majorité d’enfants de milieux plus favorisés, ce que regrettera toujours le Père Sevin qui souhaitait aller en priorité aux “périphéries” : « Les enfants que nous revendiquons comme plus spécialement nôtres, ce sont ceux dont les œuvres existantes ne veulent pas, ou ne veulent plus. »En novembre 1921, le Père Sevin est nommé à la résidence des Jésuites de Lille. L’opposition de certains prêtres hostiles au scoutisme n’est pas étrangère à cette mesure qui complique sa tâche en l’éloignant de Paris. Les statuts du mouvement donnent, en effet, un rôle primordial aux chefs de troupes, qui sont des laïcs, alors qu’ils demandent aux aumôniers de s’en tenir ordinairement à leurs fonctions spirituelles. Cette juste indépendance des laïcs dans les choses temporelles (comme l’organisation d’un camp) relève d’une conception peu fréquente au début du XXe siècle. Cependant, le Père Sevin ne perd jamais de vue le but final du scoutisme catholique : conduire les jeunes à une fervente vie d’union à Jésus-Christ, en vue du salut de leurs âmes. En 1922, au cours des Exercices de saint Ignace qu’il prêche à trente-deux responsables scouts, il leur donne cette consigne : « Par la prière et la générosité, allez jusqu’au contact intime avec Notre-Seigneur. » La même année, paraît le premier numéro de la revue “Le Chef”, destinée à tous les chefs et cheftaines scouts (une branche féminine a, en effet, été fondée : les Guides de France).‍

Le chanoine Cornette le ‘Vieux Loup »

L’Évangile étudié à fond

En 1923, les propriétaires du château de Chamarande, à 40 km au sud de Paris, mettent de manière permanente à la disposition des Scouts de France le vaste parc boisé de leur propriété. ‍À “Cham”, le Père Sevin – qui a reçu de Baden-Powell éloge et encouragements – dirigera personnellement pendant dix ans d’innombrables camps de formation de chefs et de cheftaines scouts ; il touchera ainsi en profondeur un millier de chefs. Il donne à tous comme objectif la sainteté, et cette sainteté doit s’appuyer sur « l’Évangile, lu, relu, étudié à fond ». Dès le début est lancée la construction d’une vaste chapelle où, à partir de 1929, chacun peut venir adorer Jésus présent au tabernacle. Le Père célèbre chaque jour la Messe en plein air, sous un abri ouvert. Assister à la Messe en semaine n’est pas strictement obligatoire, mais personne n’aurait voulu y manquer, tant la manière de célébrer du Père Sevin impressionne et édifie. Les thèmes qu’il aborde le plus volontiers au cours des camps de formation sont : l’esprit scout, scoutisme et religion, l’état de grâce, la pureté, la fidélité au devoir d’état, la prudence, le sens et les leçons de la Croix, la vie d’équipe, la confiance, la vérité, l’autorité, le désintéressement et surtout l’exemple, l’ouverture à la beauté de la création, œuvre de Dieu. Très marqué par l’idéal de la chevalerie, il s’écrie :

« La plus fière épopée est de conquérir son âme et de devenir un saint. »

Le Père Sevin traduit en français et adapte la loi scoute de Baden-Powell en la faisant précéder de trois principes : 1) Le scout est fier de sa foi, et lui soumet toute sa vie. 2) Le scout est fils de France, et bon citoyen. 3) Le devoir du scout commence à la maison. S’inspirant de l’Office divin, par lequel l’Église sanctifie les différentes heures du jour, le Père Sevin compose également des prières pour les différents moments de la journée du scout. On lui doit aussi de nombreux cantiques devenus classiques : le Chant de la Promesse, Notre-Dame des Éclaireurs… Il se sert d’une image fréquente dans la Bible (cf. Gn 12, 8), en disant que chaque homme devra un jour « replier sa tente » : ce moment précieux de la mort qui fait entrer dans l’éternité, le Père Sevin veut qu’il soit préparé par les multiples petits renoncements dont est tissée la journée du scout : chaque sacrifice, chaque “b.a.” (bonne action) est une petite mort à soi-même qui nous achemine vers la vie éternelle.S’adressant à 4 000 scouts d’Italie, le 4 septembre 1946, le Pape Pie XII disait : « Votre association a pour devise : Estote parati, soyez prêts (cf. Mt 24, 44), c’est-à-dire soyez toujours prêts à faire votre devoir. Nous voudrions donner à ces mots une signification encore plus large et plus profonde : soyez prêts à tout instant à accomplir consciencieusement la volonté de Dieu et à observer ses commandements. Soyez prêts surtout pour le moment, connu de Dieu seul, où le Seigneur vous appellera à rendre compte des talents qui vous ont été confiés. » Dans la même perspective, le concile Vatican II enseigne : « Le but que poursuit la véritable éducation est de former la personne humaine dans la perspective de sa fin suprême, en même temps que du bien des sociétés dont l’homme est membre et dont, une fois devenu adulte, il aura à partager les obligations » (Déclaration sur l’éducation chrétienne).‍

Marcher à contre-courant

Le drapeau des scouts reproduit la Croix de Jérusalem, croix grecque potencée. Les quatre “Tau” orientés vers les quatre points cardinaux symbolisent l’universalité de la Rédemption. Cette croix est chargée de la fleur de lys, symbole de la boussole qui indique la bonne direction. Jean-Paul II, s’adressant à un rassemblement de scouts d’Europe à Viterbe, le 3 août 1994, précisait quelle est la bonne direction : « Dans un monde qui propose des plaisirs faciles et des illusions trompeuses, il faut savoir marcher à contre-courant, en s’inspirant des valeurs morales essentielles, les seules en mesure de réaliser une vie heureuse, prospère et sereine. »

La force d’entraînement du Père Sevin vient de la conformité de tous ses actes avec ses paroles. Il enseigne d’ailleurs qu’il ne faut rien demander aux autres qu’on n’ait soi-même déjà donné à Dieu.

‍Il transmet le feu intérieur qui l’habite : la prière, l’adoration, le silence deviennent pour ces jeunes chefs les pierres angulaires indispensables d’un édifice exposé, sans cela, à l’érosion de l’activisme et du naturalisme. Outre de nombreux autres bienfaits, les camps de Chamarande deviennent des pépinières de vocations religieuses et sacerdotales (plus de quatre cents au cours des dix premières années de la fondation). Pourtant, le Mestre de Camp ne veut pas trop de sérieux dans les attitudes : le scoutisme demeure un jeu, et les jeunes se sanctifieront tout en s’adonnant au jeu. La joie règne aux camps, même les jours de pluie ou de grisaille. Le sport y tient une place importante, comme il se doit. « Le sport est une compétition, une course pour obtenir une couronne, une coupe, un record. Mais, par la foi chrétienne, nous savons que ce qui a le plus de valeur, c’est la “couronne qui ne se fane pas”, la “vie éternelle” que l’on reçoit de Dieu comme un don, mais qui est aussi l’aboutissement d’une conquête de chaque jour dans l’exercice des vertus » (Jean-Paul II, 12 avril 1984). Aumônier de la IXe troupe de Lille, le Père emmène souvent ses garçons au centre héliomarin de Berck-Plage où sont soignés de nombreux jeunes gravement malades. En 1927, il y fonde un groupe scout comprenant soixante jeunes malades ou handicapés. C’est le “scoutisme d’extension”, qui se développera partout au profit des jeunes dont la santé ne permet pas le scoutisme classique avec ses rudes activités de plein air.

Une « très petite œuvre dans la France catholique »

Mais, au sein des dirigeants laïcs des Scouts de France, tous n’apprécient pas la personnalité du Père Sevin. On lui reproche d’outrepasser son rôle de prêtre et d’entraîner le mouvement vers le mysticisme. Dans un autre sens, on l’accuse d’indifférentisme religieux en raison de ses relations avec le protestant Baden-Powell. Dénoncé au Saint-Office, le Père est convoqué à Rome en 1925. Il se justifie sans peine, et le Pape Pie XI lui exprime sa confiance et ses encouragements pour son mouvement. De retour, le Père tire de cette alerte une leçon d’humilité : « Nous sommes une très petite œuvre dans la France catholique, et encore plus petite dans la Sainte Église. » Et il corrige dans ses écrits certaines expressions insuffisamment cohérentes avec la doctrine et la foi catholiques. Malgré cela, oppositions et contradictions continuent. Le 15 mars 1933, le Père Sevin se voit retirer ses charges de commissaire à la formation des chefs, de directeur de la revue “Le Chef” et de commissaire international, au motif qu’il occupe indûment des fonctions réservées aux laïcs. Par la suite, il sera écarté de toutes ses responsabilités aux Scouts de France, et finalement même de celle d’aumônier de la IXe troupe de Lille. En réalité, ces décisions ont pour origine des inimitiés et des jalousies suscitées par le rayonnement personnel du Père. Celui-ci ressent profondément l’amertume de cet éloignement définitif, à cinquante et un ans, de l’œuvre qu’il avait fondée. Jusqu’en 1939, il poursuivra à Lille un ministère très effacé puis sera envoyé à Troyes pour remplir, de 1940 à 1946, la charge honorable de supérieur de la résidence jésuite, qu’il sauvera de la disparition aux temps difficiles de l’occupation allemande.Affecté par ces inimitiés qu’il ne comprend pas, et blessé par les procédés de personnes sur lesquelles il pensait pouvoir compter, le Père Sevin épanche en privé sa souffrance, mais s’abstient de toute récrimination publique. Il applique la consigne qu’il donnait à tous les chefs pendant les camps de Chamarande :

« Il faut accepter ce qui nous arrive, même si l’on a l’impression d’une déchéance vis-à-vis des autres. »

Il pardonne à ceux qui l’ont traité injustement et parviendra même à renouer avec eux des contacts amicaux, souvent à l’occasion d’une maladie ou à la fin de leur vie.En 1935, au cours d’une retraite qu’il prêche, le Père Sevin rencontre Jacqueline Brière, une cheftaine de louveteaux avec laquelle il fonde un cercle spirituel de jeunes filles. De ce groupe naîtra, neuf ans plus tard, une congrégation contemplative et missionnaire, la “Sainte-Croix de Jérusalem”. Rédacteur des statuts et Père spirituel, le Père Sevin doit offrir à Dieu en 1950 un ultime détachement : son Provincial lui demande, de la part du Père Général, de laisser à un autre ses fonctions de directeur et de confesseur de la Sainte-Croix de Jérusalem. Le jour même, il répond : « Le T.R.P. Général peut compter sur mon obéissance absolue, sans marchander. J’ai trop voulu inculquer cet esprit à mes filles pour ne pas essayer d’en donner l’exemple. » La congrégation de la Sainte-Croix de Jérusalem compte aujourd’hui sept maisons en divers pays. À l’occasion de l’ouverture du procès de béatification du Père Sevin, le Père Kolvenbach, alors Général des Jésuites, dira de lui : « Mis en demeure assez inopinément de céder la place, le Père acceptera de rentrer dans l’ombre. Meurtri, certes, mais sans amertume ni ressentiment, il fera sienne l’attitude de saint Jean-Baptiste : Il faut qu’il grandisse et que je diminue (Jn 3, 30). Et c’est là ce qui fait sa vraie grandeur. »‍

À tout prix, prières de Jacques Sevin

Aux jeunes, le Père Sevin enseigne les promesses confiées par le Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie : « Les âmes tièdes (qui pratiqueront cette dévotion) deviendront ferventes… elles réussiront dans toutes leurs entreprises. ».Le 16 juin 1950, il compose un ultime acte de consécration qui commence ainsi : « Ô Jésus bien-aimé, puisque je veux être vôtre, prenez-moi et faites-moi saint à tout prix, même malgré moi ; c’est impossible à ma misère, ce n’est qu’un jeu à votre miséricorde ; car si je puis justement désespérer de moi-même, je sais que je n’espérerai jamais trop de votre puissance et de votre bonté. »Chantre de Notre-Dame, le Père Sevin a composé de nombreux poèmes, cantiques et méditations en l’honneur de Marie. C’est à la protection de la Vierge Immaculée qu’il confie la pureté des scouts dont la Loi a pour dixième article : « Le scout est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes. » Et il prie en ces termes Celle à qui les Chrétiens demandent sans cesse la grâce d’une bonne mort :« Ave Maria !Quand viendra mon heure Prenez en pitié qui tant vous pria,Et dans votre amour faites que je meure En disant encore Ave Maria ! »À sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus qui marqua si profondément sa spiritualité, le Père Sevin s’adressait ainsi, dans un poème de 1913 :« Donnez-nous, quand lassés de la route gravie,Nous ne sentirons plus que le poids de l’effort,“Petite Sainte”, avec si grand amour suivie,La générosité du sourire à la vie Pour avoir la douceur de sourire à la mort. »‍

Mort du Père Sevin

Atteint d’une bronchite en février 1951, le Père Sevin passe ses derniers mois sur terre à Boran-sur-Oise dans un prieuré des Sœurs de la Sainte-Croix. Il s’affaiblit progressivement et décède le 19 juillet après une longue agonie au cours de laquelle il édifie son entourage par sa paix et son abandon à la Providence. En ses derniers moments, il serre dans ses mains son grand crucifix de profession en murmurant : « Mon compagnon ! C’est mon compagnon ! » ‍Le 10 mai 2012, le Pape Benoît XVI a reconnu l’héroïcité de ses vertus, première étape vers la béatification. Il est donc fêté le 19 juillet. Le Père Sevin avait donné aux scouts et guides la “Prière scoute” attribuée à saint Ignace de Loyola, que chacun peut s’approprier :« Seigneur Jésus,Apprenez-nous à être généreux, À Vous servir comme Vous le méritez,À donner sans compter, À combattre sans souci des blessures,À travailler sans chercher le repos, À nous dépenser, sans attendre d’autre récompense,Que celle de savoir que nous faisons votre Sainte Volonté. »

Note de la rédaction : Les expériences furent fort diverses, selon les chefs, les aumôniers, les paroisses.

Tombe du World Chief

Un laboratoire d’expérimentation

Saint Venant

Abbé de Saint Martin de Tours (Ve siècle)

Un grand thaumaturge dont les historiens retiennent surtout sa sainteté. « Chargé d’années et de mérites, il laissa cette vie mortelle pour aller jouir de l’immortalité dans le ciel. » Il est encore honoré de nos jours: 62350 Saint Venant.
« Il avait une grande affection pour les frères et une humilité profonde; les moines s’attachèrent à lui; chacun le considérait comme un proche parent selon la chair, tant l’affection pour lui était vive; lorsque mourut l’abbé Silvinus, ce fut Venant que l’on choisit comme abbé. »

Venant est né au Ve siècle dans le Berry. Sa biographie nous est connue par la chronique de Grégoire de Tours. Sa famille est de souche gallo-romaine, ses parents sont des chrétiens ayant le statut « d’hommes libres ». Adolescent, le jeune homme tombe amoureux d’une jeune fille à qui il offre régulièrement des friandises. Ses parents le fiancent avec la jeune fille, ce qui semble le satisfaire. Mais avant le mariage, il se rend en pèlerinage sur le tombeau de saint Martin. Il en revient « bouleversé ». Il demande l’accord à sa fiancée de pouvoir rompre leurs fiançailles, et il retourne à la basilique Saint Martin, qui héberge un monastère, pour y devenir moine.

À la mort de l’abbé Silvinus, il est nommé abbé par ses frères. Des guérisons miraculeuses auraient été obtenues par sa prière. Grégoire de Tour affirme qu’à la fin de sa vie, Venant « bénéficia de grâces mystiques, comme saint Martin naguère, et eut le don des miracles. La contrepartie de ce don fut une lutte ouverte contre les démons qui lui apparaissaient sous une forme visible ». Le chroniqueur affirme que Venant « était un homme d’une sainteté magnifique et que les miracles furent nombreux sur son tombeau après sa mort ».

Saint Venant priez pour nous

Saint Venant

De la conciliaire à la synodale…

1. Le Sensus Fidei : Le « Flair » du Peuple de Dieu

L’ecclésiologie conciliaire (Vatican II) a redécouvert la notion de sensus fidelium (le sens de la foi des fidèles).

  • L’infaillibilité in credendo : Le Concile (notamment dans Lumen Gentium) rappelle que l’ensemble des baptisés ne peut se tromper dans la foi lorsque, des évêques aux derniers des fidèles laïcs, ils manifestent un accord universel en matière de foi et de mœurs.
  • Le « flair » des brebis : Le Pape François utilise souvent cette métaphore pastorale du « flair » (olfato). Le Peuple de Dieu possède une capacité intuitive pour discerner les voies authentiques de l’Évangile et reconnaître la voix du Bon Pasteur.

2. De la Collégialité Conciliaire à la Synodalité

Le passage de « l’Église conciliaire » à « l’Église synodale » représente une maturation historique :

  • La méthode : La synodalité ne se limite pas à des réunions de la hiérarchie (collégialité épiscopale), elle engage tout le peuple dans un processus d’écoute mutuelle, de dialogue et de discernement communautaire.
  • L’Église en marche : Le mot synode signifie littéralement « cheminer ensemble ». L’Église n’est plus vue comme une institution statique, mais comme le Peuple nomade de Dieu, en mouvement dans l’histoire.

3. La Caution de l’Esprit de Teilhard de Chardin

L’insertion de la vision de Pierre Teilhard de Chardin apporte une dimension cosmique et évolutive à cette marche ecclésiale :

  • L’évolution convergente : Pour Teilhard, l’univers est en état de « christogénèse ». L’évolution ne se fait pas au hasard, elle converge vers une conscience collective de plus en plus unifiée.
  • La Noosphère et l’Église : La synodalité peut être lue, dans un sens teilhardien, comme une intensification de la « noosphère » (la sphère de la pensée humaine), où l’écoute spirituelle connecte les consciences des croyants pour en faire un organe de discernement planétaire.

4. Vers le Point Oméga du Christ Total

Le point d’arrivée de cette marche synodale et cosmique est mystique :

  • Le Point Oméga : C’est le pôle ultime de convergence de l’évolution, que Teilhard identifie au Christ ressuscité.
  • Le Christ Total : Ce concept augustinien, cher à Teilhard, rappelle que le Christ n’est pas seulement une figure historique, mais un Corps mystique qui intègre l’humanité entière et le cosmos. L’Église en marche, par son flair et sa synodalité, travaille à la récapitulation de toutes choses dans le Christ, progressant pas à pas vers cette unité finale.

Quel est cet esprit animateur ?

Le Renouveau charismatique catholique est l’un des mouvements les plus importants de l’Église contemporaine. Il compte aujourd’hui plus de 120 millions de membres à travers le monde.

Voici les grandes étapes de son histoire, depuis ses origines surprenantes jusqu’à sa pleine reconnaissance par le Vatican.

1. Le « Week-end de Duquesne » : La naissance (1967)

Le mouvement naît en février 1967 à l’université catholique de Duquesne (Pittsburgh, États-Unis).

Le déclencheur : Un groupe de professeurs et d’étudiants catholiques se réunit pour un week-end de prière. Ils ressentent une profonde sécheresse spirituelle et lisent les Actes des Apôtres ainsi que le livre La Croix et le Poignard (écrit par un pasteur pentecôtiste).

L’expérience : Pendant qu’ils prient devant le Saint-Sacrement, ils font une expérience mystique intense, caractérisée par une joie débordante, des pleurs de libération et le don des langues (glossolalie). Ils appellent cela le « Baptême dans l’Esprit Saint ».

2. Une expansion fulgurante (Années 1970)

Le mouvement se répand comme une traînée de poudre dans les universités américaines (Notre Dame, Michigan), puis traverse l’Atlantique.

L’arrivée en France (1971-1973) : Le Renouveau arrive en Europe, porté par des figures qui fondent les premières « Communautés de l’Emmanuel » et du « Chemin Neuf ».

Le style charismatique : Les réunions de prière rompent avec le formalisme traditionnel. On y trouve des chants rythmés, les mains levées, des prophéties, des prières de guérison et une grande spontanéité.

3. La vigilance, puis l’adoption par les Papes

Face à ce phénomène qui ressemble beaucoup au pentecôtisme protestant, la hiérarchie catholique se montre d’abord méfiante. Le tournant s’opère grâce au soutien des papes successifs :

Paul VI (1975) : Il accueille 10 000 charismatiques à Rome et qualifie le mouvement de « chance pour l’Église », tout en demandant aux évêques de bien l’encadrer pour éviter les dérives sectaires.

Jean-Paul II : Il nomme en 1980 le père Raniero Cantalamessa comme Prédicateur de la Maison pontificale. Ce dernier, ayant lui-même reçu le baptême dans l’Esprit, devient le visage théologique du Renouveau au Vatican. Jean-Paul II favorise aussi les « Communautés nouvelles ».

Benoît XVI : Il salue la capacité du Renouveau à susciter des vocations et à réveiller la foi chez les jeunes.

4. L’ère François et la création de CHARIS (2019)

Le pape François, bien qu’initialement sceptique lorsqu’il était en Argentine, est devenu un fervent défenseur du mouvement.

L’unification : En 2019, le pape dissout les anciens organismes de coordination pour créer CHARIS (Catholic Charismatic Renewal International Service). Ce service unique, directement sous l’autorité du Vatican, a pour mission de diffuser le « Baptême dans l’Esprit » à toute l’Église et de renforcer l’œcuménisme.

Les piliers de la spiritualité charismatique

Le Baptême dans l’Esprit Saint : Une effusion de grâce qui rend la présence de Dieu et de la Bible vivante et personnelle.

Les charismes : L’exercice des dons spirituels décrits par saint Paul (guérison, prophétie, parler en langues).

La louange : Une prière joyeuse, spontanée et communautaire.

La dimension œcuménique : Un lien fraternel fort et naturel avec les chrétiens évangéliques et pentecôtistes qui partagent la même culture de prière.

Contra : Le Saint-Esprit qui assiste le Souverain Pontife pour la conservation du dépôt de la foi :

Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi. Concile Vatican I Pastor Aeternus c. 4

De la conciliaire à la synodale…

Que c’est-il passé à Antioche ?

Du respect humain et du risque de judaïser. Quand l’apôtre des Gentils reprend Pierre.

Or Céphas étant venu à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible.

Car avant que quelques-uns qui venaient de la part de Jacques fussent arrivés, il mangeait avec les gentils ; mais après leur arrivée, il se retira, et se sépara d’avec les gentils, craignant de blesser les circoncis. Les autres Juifs usèrent comme lui de cette dissimulation, et Barnabé même s’y laissa aussi emporter.

Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas devant tout le monde : Si vous qui êtes Juif, vivez comme les gentils, et non pas comme les Juifs, pourquoi contraignez-vous les gentils de judaïser ?

Nous sommes Juifs par notre naissance, et non du nombre des gentils, qui sont des pécheurs.

Et cependant, sachant que l’homme n’est point justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ, nous avons nous-mêmes cru en Jésus-Christ, pour être justifiés par la foi que nous aurions en lui, et non par les œuvres de la loi ; parce que nul homme ne sera justifié par les œuvres de la loi.

Mais si, cherchant à être justifiés par Jésus-Christ, nous sommes aussi nous-mêmes trouvés pécheurs, Jésus-Christ sera-t-il donc ministre du péché ? Dieu nous garde de le penser !

Car si je rétablissais de nouveau ce que j’ai détruit, je me ferais voir moi-même prévaricateur.

Mais je suis mort à la loi par la loi même, afin de ne vivre plus que pour Dieu. J’ai été crucifié avec Jésus-Christ ; et je vis, ou plutôt ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus-Christ qui vit en moi ; et si je vis maintenant dans ce corps mortel, j’y vis en la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé, et qui s’est livré lui-même à la mort pour moi.

Je ne veux point rendre la grâce de Dieu inutile. Car si la justice s’acquiert par la loi, Jésus-Christ sera donc mort en vain. Ga 2, 11-21

Saint Paul priez pour nous

Que c’est-il passé à Antioche ?

Dieu est lumière, et, en Lui, il n’y a point de ténèbres

DEPUIS CES PAROLES DE JEAN : « CE QUI A ÉTÉ DÈS LE COMMENCEMENT, CE QUE NOUS AVONS ENTENDU, ET CE QUE NOUS AVONS VU DE NOS YEUX », JUSQU’A CES AUTRES : « PARCE QUE LES TÉNÈBRES L’ONT AVEUGLÉ ». (Chap. I, et Chap. 11, 1-11.)

LUMIÈRE ET TÉNÈBRES

Comme Verbe, le Christ est invisible pour des yeux de chair.; mais, afin de se rendre visible, il s’est incarné : nous eu avons pour témoins ses Apôtres, qui ont vu et touché son corps : leur témoignage doit suffire à confirmer notre foi, et à nous unir à eux par les liens de la charité. Or, le Christ est venu en ce monde pour nous apprendre que Dieu est lumière, c’est-à-dire sainteté, et que nous sommes ténèbres, c’est-à-dire esclaves du péché ; il ne peut donc y avoir société entre lui et nous que si nous confessons nos fautes, et, en ce cas, nous avons en Jésus un avocat qui nous en obtiendra le pardon. Mais nous méconnaissons notre Sauveur, si nous n’observons pas ses commandements, ou, en d’autres termes, si nous n’aimons pas Dieu, nos frères et même nos ennemis. Hors de la pratique de la charité, nous n’avons à espérer ni propitiation ni ressemblance avec Dieu : nous serons toujours plongés dans les ténèbres du péché et sujets au scandale.

1. « Ce qui a été dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ». Comment un homme peut-il, de ses mains, toucher le Verbe, si ce n’est parce que « le Verbe s’est fait chair, et qu’il a habité parmi nous? » Afin de pouvoir être touché de nos mains, le Verbe qui s’est fait chair a commencé par prendre un corps dans le sein de la Vierge Marie ; mais alors n’a point commencé le Verbe ; car, dit Jean, « il a été dès le commencement ». Remarquez, je vous prie, comme l’Épître de cet Apôtre confirme son Évangile, où nous avons lu tout à l’heure ces paroles : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu ». Ces paroles: « Le Verbe de vie », quelqu’un les regarde peut-être comme une manière de désigner le Christ, et non point le corps même du Christ que les Apôtres ont touché de leurs mains. Vois ce qui suit : « La vie même s’est manifestée ». Le Christ était donc le Verbe de vie. Mais comment la vie s’est-elle manifestée ? Elle était dès le commencement; toutefois elle ne s’était point encore fait connaître aux hommes; pour les anges, elle s’était montrée à eux, ils la voyaient et s’en nourrissaient comme d’un pain approprié à leur nature. Néanmoins, que dit l’Écriture? « L’homme a mangé le pain des Anges ». La vie s’est donc manifestée en s’incarnant; de la sorte, ce que le cœur seul pouvait apercevoir, des yeux de chair étaient à même de le contempler, et le cœur pouvait, par là, parvenir à sa guérison. Le cœur seul est capable de voir le Verbe, mais des yeux de chair peuvent apercevoir un corps. Il nous était donc possible d’apercevoir le corps du Christ, mais contempler le Verbe cela nous était impossible; si donc le Verbe s’est fait chair, c’était pour apparaître à nos regards et guérir ce qui pouvait, en nous, considérer le Verbe.

2. « Et nous l’avons vu, et nous en sommes témoins ». Plusieurs de nos frères qui ne connaissent point le grec, ignorent peut-être ce que le mot « témoins » veut dire en cette langue: c’est un mot qui se trouve sur les lèvres de tout le monde, et qui, en religion, a son sens propre; ceux que, en latin, nous appelons témoins, les Grecs leur donnent le nom de martyrs. Puisse ce nom des martyrs être si bien gravé dans notre cœur, que nous les imitions dans leurs souffrances au lieu de les poursuivre de nos mépris. « Nous l’avons vu et nous en sommes témoins » s’exprimer ainsi, c’était donc dire: Nous l’avons vu, et nous sommes martyrs. En rendant témoignage de ce qu’ils ont vu eux-mêmes, ou de ce qu’ils ont entendu dire aux témoins mêmes des événements, les martyrs ont déplu aux hommes contre lesquels ils déposaient; voilà pourquoi ils ont souffert ce qu’ils ont souffert. Les martyrs sont donc les témoins de Dieu. Le Seigneur a voulu avoir des hommes pour témoins, afin de leur servir de témoin à son tour. « Nous l’avons vu », dit Jean, « et nous en sommes témoins ». Où les Apôtres l’ont-ils vu? Dans son apparition. Qu’est-ce à dire, dans son apparition? Dans le soleil, ou, en d’autres termes, dans la lumière de ce monde. Et comment a-t-on pu voir dans le soleil celui qui l’a créé? Évidemment parce qu’« il a placé son pavillon dans le soleil ; il semblable à un époux qui sort de son lit nuptial, pareil à un géant, il s’est élancé ci pour fournir sa course ». Antérieur au soleil qu’il a tiré du néant, à l’aurore, à tous les astres, à tous les anges, ce vrai Créateur de toutes choses « car toutes choses ont été faites par lui, et sans lui rien n’a été fait »), a voulu se faire voir par les yeux de chair qui contemplent le soleil; aussi a-t-il placé son pavillon dans le soleil, c’est-à-dire qu’il a montré son humanité au grand jour de ce monde; le sein d’une Vierge a servi de lit nuptial à cet époux, car dans ces virginales entrailles se sont unis un époux et une épouse: l’époux était le Verbe ; l’épouse, notre humanité; en effet, il est écrit : « Et ils seront deux dans une seule chair». Et le Sauveur a ajouté dans l’Évangile : « C’est pourquoi ils ne sont plus deux, mais une seule chair». Isaïe lui-même nous rappelle d’une manière bien juste que ces deux ne font qu’un; car, en parlant de la personne du Christ, il s’exprime en ces termes : « Il a paré ma tête d’une couronne, comme celle d’un époux, et il m’a orné de pierreries comme une épouse ». On croirait n’entendre parler qu’un seul et même personnage, puisqu’il parle. de lui-même comme étant, tout à la fois, époux et épouse, parce qu’« ils ne sont pas deux, mais une seule chair », parce que « le Verbe s’est fait chair » et qu’« il a habité parmi nous » . A cette chair s’unit l’Eglise, et alors se parfait le Christ ; alors il devient tête et corps.

3. « Et nous en sommes témoins », dit l’Apôtre, « et nous vous annonçons cette vie éternelle qui était dans le Père, et qui est apparue en nous »; c’est-à-dire, qui est apparue parmi nous, ou, pour parler plus clairement, qui nous est apparue. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons ». Que votre charité y fasse attention. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous  l’annonçons ». Les Apôtres ont vu le Seigneur en personne, présent dans la chair, ils ont entendu les paroles qui sont tombées de ses lèvres, et ils nous l’ont annoncé. Nous l’avons donc entendu, mais nous ne l’avons pas vu ; en sommes-nous moins heureux que ceux qui ont vu et entendu ? Pourquoi, alors, Jean ajoute-t-il : « Afin que vous entriez en société avec nous? » Les Apôtres ont vu, et nous nous n’avons rien vu, et cependant nous sommes en société avec eux, parce qu’avec eux nous avons une seule et même foi. Un d’entre eux a eu beau voir, il n’a pas cru ; pour croire, il a voulu toucher de ses mains, et il a dit : « Je ne croirai pas avant d’avoir mis a mes doigts dans la plaie des clous, et ma « main dans son côté ». Celui qui se présente sans interruption aux regards des Esprits célestes, s’est, pour un temps, laissé toucher par des mains d’hommes; le disciple précité le toucha donc et s’écria : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Pour nous consoler de ce qu’il nous est impossible de le toucher nous-mêmes autrement. que par la foi, puisqu’il est déjà assis à la droite de son Père, le Sauveur lui répondit: «Thomas, parce que tu as vu, tu as cru ; bienheureux, ceux qui ne, voient pas et qui croient ». C’est de nous qu’il a voulu parler; c’est nous qu’il a désignés. Puisse donc s’établir en nos âmes cette béatitude que le Christ nous a annoncée comme notre partage futur; croyons fermement ce que nous ne voyons pas, parce que ceux qui nous l’annoncent l’ont vu de leurs propres yeux. « Afin que vous entriez en société avec nous ». Quel avantage peut-il y avoir pour nous d’entrer en société avec des hommes? N’aie pas de cela une pauvre idée; écoute ce qu’ajoute l’Apôtre : « Et que notre société soit avec le Père et avec Jésus-Christ son Fils. Et nous vous écrivons ceci, afin que votre joie soit complète ». Cette joie complète est, suivant lui, le fruit de l’union, de la charité, de l’unité.

4 « Or, ce que nous vous disons, nous l’avons appris de la bouche de Jésus-Christ avant de vous l’annoncer ». Que signifient ces paroles ? Les Apôtres ont vu et touché de leurs mains le Verbe de vie. Car le Fils unique de Dieu, qui était dès le commencement, s’est rendu visible et palpable dans le temps. A quoi s’est-il réduit? Que nous a-t-il annoncé de nouveau ? Qu’a-t-il voulu nous enseigner? Pourquoi le Verbe a-t-il fait ce qu’il a fait? Pourquoi s’est-il incarné? Pourquoi, étant Dieu, supérieur à tous les êtres, a-t-il souffert, de la part des hommes, des traitements indignes de lui? Pourquoi a-t-il enduré que des mains créées par lui, lui donnassent des soufflets? Qu’a-t-il voulu nous enseigner, nous montrer et nous annoncer par là ? Écoutons : car entendre le récit des événements qui ont eu lieu de la naissance et de la mort du Christ, sans tirer profit des enseignements qui en découlent, c’est occuper son esprit de pensées oiseuses, et ne pas le fixer par des réflexions dignes de lui. De quelle importante chose est-il question ? Quel profit s’agit-il de faire ? Fais-y attention. Qu’a-t-il voulu enseigner? Qu’a-t-il prétendu annoncer? Écoute bien, le voici : « Que Dieu « est la lumière même, et qu’il n’y a point en, lui, de ténèbres ». Jean nous a parlé de lumière, et pourtant son langage n’est pas clair : il serait bon pour nous que la lumière dont il nous a parlé, projetât ses rayons sur nos cœurs pour nous faire voir ce qu’il a voulu nous dire. Voici, ce que nous vous annonçons, c’est « que Dieu est la lumière même, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres ». Où est l’audacieux capable de dire qu’il y a des ténèbres en Dieu? Qu’est-ce que la lumière? Qu’est-ce que les ténèbres? Que personne ne tienne à cet égard un langage conforme à la nature des yeux de notre corps. « Dieu est lumière ». Quelqu’un me dira peut-être : Le soleil est aussi lumière, et la lune pareillement, et un flambeau également. Mais la lumière divine doit être bien autrement vive, bien autrement éclatante et infiniment supérieure à toutes les autres. Autant Dieu diffère des choses de ce monde, le Créateur des créatures, la sagesse de ce qu’elle a fait; autant et bien plus encore cette lumière diffère de toute autre. Peut-être en serons-nous voisins, si nous parvenons à savoir ce qu’elle est et si nous nous en approchons afin d’être éclairés : car, en nous-mêmes, nous sommes ténèbres; mais si elle nous éclaire de ses rayons, nous pouvons devenir lumière et n’être point confondus par elle; nous sommes en effet, pour nous, un sujet de confusion. Qui est-ce qui est confus de lui-même ? Celui qui se reconnaît pécheur. Qui est-ce qui n’est pas confondu par la lumière divine? Celui qui en est éclairé. Qu’est-ce qu’être éclairé par elle? Celui qui s’aperçoit que le péché l’a précipité dans les ténèbres, qui désire être éclairé des rayons de la lumière, celui-là s’approche d’elle : voilà pourquoi le Psalmiste a dit : « Approchez-vous de lui, et vous serez éclairés, et la honte ne  sera plus sur votre visage ». Elle ne te fera point rougir, si, au moment où elle te fera voir tes souillures, tu en conçois du déplaisir et si tu cherches à te revêtir de son éclatante beauté. Voilà ce que le Sauveur veut t’enseigner.

5. Notre manière devoir ne serait-elle pas hasardée? Non; l’Apôtre va lui-même nous en donner la preuve dans les versets suivants. Souvenez-vous qu’au commencement de notre discours nous avons dit que cette épître recommande particulièrement la charité. « Dieu est lumière; il n’y a point en lui de ténèbres » : ainsi s’exprime le disciple bien-aimé. Mais qu’avait-il dit auparavant? « Afin que vous entriez en société avec nous, et que notre société soit avec le Père et avec Jésus-Christ, son Fils ». Or, si Dieu est lumière, s’il n’y a point en lui de ténèbres, et que nous devions entrer en société avec lui, nous devons éloigner de nous toutes ténèbres, afin que la lumière se fasse dans notre âme, car les ténèbres ne peuvent entrer en société avec la lumière ; aussi dois-tu remarquer ce qui suit : « Si nous disons que nous sommes en société avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons ». L’apôtre Paul a dit, de son côté : « Quelle union peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres ? » Tu dis que tu es en union avec Dieu, et tu marches dans les ténèbres, et « Dieu est lumière, et il n’y a point en lui de ténèbres». Comment donc y a-t-il union entre la lumière et les ténèbres ? C’est donc pour l’homme un devoir de se dire : Que faire? Comment devenir lumière? Je vis dans le péché et l’iniquité ! De là résulte pour lui une sorte de désespoir et de tristesse : pour lui, il n’y a d’issue favorable possible que dans son union avec Dieu. « Dieu est lumière, et en lui il n’y a point de ténèbres ». Le péché est ténèbres, car l’Apôtre donne au diable et à ses anges le nom de maîtres de ces ténèbres. Certes, il ne les appellerait pas les maîtres des ténèbres, s’ils n’étaient les maîtres des pécheurs, s’ils ne dirigeaient point certains hommes dans les voies de l’iniquité. Que faisons-nous donc, mes frères? Il nous faut vivre en union avec Dieu: c’est notre seule ressource pour arriver à la vie éternelle ; mais « Dieu est lumière et, en lui, il n’y a point de ténèbres » : l’iniquité est ténèbres, le péché nous accable et nous empêche d’entrer en société avec Dieu : quelle espérance avons-nous donc encore ? Ne vous avais-je point promis de vous adresser, en ces jours de joie, des paroles pleines de consolation ? Si je ne me hâte de le faire, ne trouverons-nous pas un sujet de tristesse dans ce passage de l’Écriture : « Dieu est lumière, et, en lui, il n’y a point de ténèbres?» Le péché est ténèbres; que deviendrons-nous donc? Écoutons l’Apôtre ; peut-être nous consolera-t-il pour nous relever de notre abattement, nous donner de l’espoir et nous empêcher de tomber en défaillance le long du chemin. Car nous courons, nous marchons en hâte vers notre patrie, et si nous désespérons d’y parvenir, le désespoir nous ôtera toutes nos forces. Mais celui qui veut nous y faire arriver, afin de nous y conserver, nous soutient pendant la durée de notre course en ce monde. Écoutons donc : « Si nous disons que nous sommes en société avec lui, et que a nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne disons pas la vérité ». Ne disons pas que nous vivons en union avec lui, si nous marchons dans les ténèbres. « Mais si. nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes ensemble dans une union complète ». Marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, afin de pouvoir entrer en société avec lui. Et nos péchés, qu’en ferons-nous ? Écoute ce qui suit : « Et le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifiera de tout péché » . Dieu nous a ménagé un grand sujet de tranquillité. Nous célébrons avec juste raison le temps de Pâques, où le Sauveur a répandu son sang pour nous purifier de tout péché. Soyons tranquilles : le démon possédait contre nous un titre d’esclavage ; mais ce titre a été détruit dans le sang du Christ : « Le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifiera de tout péché ». Qu’est-ce à dire : « De tout péché ? » Attention ! Tous les péchés de ceux qu’on appelle des enfants et qui viennent de confesser le sang du Sauveur ont été effacés au nom de Jésus-Christ et par la vertu de ce sang. Ils étaient dans la vétusté du péché, lorsqu’ils sont entrés en ce bain salutaire; ils en sont sortis des hommes nouveaux. Ils étaient des vieillards, quand on les y a plongés ; ils étaient des petits enfants quand on les en a retirés. Leur vieillesse décrépite, c’était leur ancienne vie; la jeunesse, qu’ils ont puisée dans le sacrement de la régénération, c’est leur vie nouvelle. Mais que faisons-nous? Ils n’ont pas été seuls à obtenir la rémission de leurs péchés passés; nous avons été favorisés comme eux; mais depuis que tous nos péchés nous ont été pardonnés et que nous en avons été purifiés, nous avons vécu dans le monde, nous avons éprouvé une foule de tentations et commis, peut-être, de nouvelles fautes. Ce que l’homme peut faire, qu’il le fasse donc : qu’il avoue ce qu’il est afin d’être guéri par Celui qui est toujours ce qu’il est: Jésus-Christ a toujours été et il est encore ; pour nous, il fut un temps où nous n’étions pas, et nous sommes…..

9. « Or», dit Jean, «nous sommes assurés que nous le connaissons, si nous observons ses commandements ». Quels commandements ? « Celui qui prétend le connaître, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui ». Mais peut-être insisteras-tu à me demander quels sont ces commandements? « Si quelqu’un garde sa parole, l’amour de Dieu est vraiment parfait en lui ». Voyons si ce commandement ne porte pas le nom de charité. Nous cherchions à connaître le commandement du Seigneur, et l’Apôtre nous répond : « Si quelqu’un garde sa parole, l’amour de Dieu est vraiment parfait en lui ». Lis l’Évangile, et tu verras que c’est bien là le commandement du Seigneur. « Je vous donne un commandement nouveau, c’est que vous vous aimiez les uns les autres. Nous reconnaissons que nous sommes en lui, si nous sommes arrivés à la perfection qu’il nous recommande ». Jean entend, par là, la perfection dans la charité. Mais en quoi consiste la charité parfaite? A aimer même nos ennemis, à les aimer au point de les regarder comme des frères. Car notre charité pour le prochain ne doit pas être charnelle. Souhaiter à quelqu’un la vie du corps, c’est très bien; mais si elle vient à lui manquer, que son âme soit, du moins, en sûreté. Tu désires que ton ami vive : en cela, tu agis bien ; mais te réjouir de la mort d’un ennemi, c’est très mal. Pourtant, il peut se faire que la vie, que tu souhaites à ton ami, lui soit inutile, comme la mort de ton ennemi, dont tu conçois une joie si vive, peut lui être de quelque avantage. Que cette vie soit utile ou non à tel ou tel homme, nous l’ignorons ; mais nous ne saurions mettre en doute l’utilité de la vie que l’on puise en Dieu. Chéris donc tes ennemis jusqu’à désirer les avoir pour frères; aime-les au point de vouloir former avec eux une société étroite. Ainsi les a aimés Jésus en croix, au moment de mourir, car il a dit : « Père, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu’ils font ». Il ne s’est pas exprimé de cette manière : Père, accordez-leur de vivre longtemps : ils me font mourir, mais puissent-ils vivre eux-mêmes ! Voici ses propres paroles : « Pardonnez-leur, ils ne savent ce qu’ils font ». Il écartait de leur personne la mort éternelle : par une prière toute miséricordieuse et en vertu de sa puissance souveraine. Beaucoup d’entre ses bourreaux crurent en lui, et obtinrent ainsi le pardon du crime qu’ils avaient commis en répandant son sang. Ils l’avaient d’abord répandu en faisant mourir le Christ; ils l’ont bu ensuite, lorsqu’ils se sont soumis à la foi. « Nous savons que nous sommes en lui, si nous sommes arrivés à la perfection qu’il nous commande ». En parlant de cette perfection qui consiste à aimer nos ennemis, le Sauveur s’exprime en ces termes : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait ». Aussi, « celui qui dit qu’il demeure en Jésus-Christ, doit marcher lui-même comme Jésus-Christ a marché ». Eh quoi ! mes frères, que nous enseigne l’Apôtre? « Celui qui dit qu’il demeure en lui », c’est-à-dire en Jésus-Christ, « doit  marcher lui-même comme Jésus-Christ a  marché ». Nous recommande-t-il par hasard de marcher sur les flots de la mer ? Non, évidemment. Par là, Jean nous avertit donc de marcher dans le chemin de la justice. Quel est ce chemin? Je l’ai déjà dit. Le Christ était attaché à la croix, et néanmoins il marchait dans ce chemin, qui n’est autre que celui de la charité : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Par conséquent, si tu as appris à prier pour ton ennemi, tu marches sur les traces du Sauveur.

10. « Mes bien-aimés, ce que je vous écris n’est pas un commandement nouveau c’est le commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement ». Qu’est-ce que l’Apôtre entend par le commandement ancien? « Celui que vous avez reçu dès le commencement ». Il est donc ancien, parce que vous l’avez déjà entendu : autrement, Jean serait en contradiction avec le Christ, car Jésus a dit : « Je vous donne un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres ». Mais pourquoi est-ce un commandement ancien ? Ce n’est point parce qu’il aurait été donné au vieil homme. Pourquoi donc ? «C’est celui que vous avez reçu dès le commencement. Ce commandement ancien, c’est la parole que vous avez entendue ». Il est donc ancien, parce que vous l’avez déjà entendu. Et ce même commandement, Jean nous le montre comme nouveau : « Et, néanmoins », dit-il, « le commandement, dont je vous parle est nouveau». Je ne parle pas d’un autre, c’est bien à celui qu’il avait appelé ancien, qu’il donne le nom de nouveau. Pourquoi cela? «Ce qui est vrai en Jésus-Christ et en vous ». Vous venez d’entendre le motif pour lequel ce commandement est ancien: c’est que vous le connaissiez déjà. Mais pourquoi est-il nouveau? «Parce que les ténèbres sont passées, et que la vraie lumière luit maintenant ». Voici donc la raison de sa nouveauté. Le vieil homme était plongé dans les ténèbres, mais la lumière s’est faite pour l’homme nouveau. Que dit l’apôtre Paul ? «Dépouillez-vous du vieil homme, et revêtez-vous de l’homme nouveau ». Que dit-il encore ailleurs ? : «Vous étiez autrefois ténèbres, mais vous êtes devenus lumière dans le Seigneur »

11. « Celui qui prétend être dans la lumière » (ici, Jean met sa pensée dans tout son jour), « Celui qui prétend être dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres ». Donc, mes frères, jusques à quand serons-nous forcé de vous dire : «Aimez vos ennemis? » Prenez bien garde, car ce serait pour vous le comble du malheur, de haïr vos frères mêmes. Si vous vous borniez à aimer vos frères, vous ne seriez pas encore parfaits; mais si vous les détestez, qu’êtes-vous ? Où en êtes-vous ? Que chacun d’entre nous s’examine à fond; ne conservons nulle rancune contre notre frère, parce qu’il aurait prononcé contre nous quelque dure parole; pour une revendication de terrain, ne devenons pas terreux. Si quelqu’un hait son frère, il ne doit pas prétendre qu’il marche dans la lumière. Que dis-je ? Il ne doit pas prétendre qu’il marche dans le Christ. « Celui qui dit qu’il est dans la lumière et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres ». Un païen, n’importe lequel, est devenu chrétien ; soyez attentifs : quand il était dans le paganisme, il était dans les ténèbres; il est maintenant chrétien, Dieu en soit loué; nous l’en félicitons tous, et nous répétons ces paroles de congratulation prononcées par l’Apôtre : « Vous étiez autrefois ténèbres, mais vous êtes devenus lumière dans le Seigneur ». Il adorait des idoles, et il adore Dieu ; il se prosternait devant l’ouvrage de ses propres mains, et il fléchit le genou devant sors Créateur. Il est devenu tout autre : que Dieu soit loué; tous les chrétiens le félicitent. Pourquoi ? Parce qu’il adore le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et qu’il déteste les démons et les idoles. Jean éprouve encore des inquiétudes au sujet de cet homme ; et tandis que les autres se livrent à la joie, il ressent encore de secrètes appréhensions. Mes frères, partageons largement la sollicitude de notre mère; car, malgré l’allégresse des autres, elle se tourmente avec raison à notre endroit; cette mère est, selon moi, la charité, qui remplit le cœur de Jean et lui dicte ces paroles. Pourquoi? sinon parce qu’il redoute de nous trouver en un certain état, lors même que nos semblables nous félicitent? Quel est cet état où il craint de nous voir ? «Celui qui dit qu’il est dans la lumière ». Quel est le sens de ces paroles? Celui qui dit qu’il est chrétien, « et qui déteste son frère, est encore maintenant plongé dans les ténèbres ». Inutile d’expliquer la pensée de l’Apôtre ; réjouissons-nous, si elle ne se réalise pas en notre personne, mais pleurons, si elle s’y vérifie.

12. « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et le scandale n’est point en lui ». Je vous en conjure par le Christ; puisque Dieu pourvoit à notre nourriture; puisque nous réparerons nos forces corporelles au nom du Sauveur ; qu’elles sont déjà réparées, et qu’elles le seront encore bientôt davantage : n’oublions point d’alimenter aussi notre âme. Si je m’exprime ainsi, ce n’est pas que je veuille vous entretenir longtemps encore, parce que nous sommes arrivés à la fin de la leçon ; mais je crains que la fatigue nous ennuie et nous empêche d’écouter avec attention, car il nous est indispensable de rester attentifs. «Celui qui aime son frère, demeure dans la lumière, et le scandale n’est point en lui». Qui sont ceux qui deviennent victimes ou causes de scandale ? ceux pour qui le Christ et l’Église sont un sujet de scandale. Ceux qui se scandalisent du Christ, sont comme brûlés par le soleil ; et ceux qui se scandalisent de l’Église, sont comme brûlés par la lune. Le Psalmiste s’est exprimé ainsi : « Tu ne redouteras point, durant le jour, les ardeurs du soleil, ni, pendant la nuit, celles de la lune ». C’est-à-dire : si tu conserves la charité, tu ne trouveras de sujet de scandale, ni dans le Christ, ni dans l’Église, et tu ne te sépareras ni de l’un, ni de l’autre. Celui qui se sépare de l’Église , qui n’est plus membre du Christ, peut-il lui appartenir ? Comment serait-il dans le Christ, s’il ne fait plus partie de son corps? Ceux-là donc sont des victimes de scandale qui rompent avec le Christ ou avec l’Église. Par là, il nous est facile de comprendre que si le Psalmiste a dit : «Tu ne redouteras point, durant le jour, les ardeurs du soleil », c’est que ces ardeurs marquent le scandale. Remarque d’abord leurs points de ressemblance. Celui qui brûle, s’écrie : Je n’y tiens plus, je ne puis endurer ce supplice; et il s’efforce de s’y soustraire. Ainsi en est-il de ceux à qui déplaisent certaines choses ecclésiastiques, et qui renoncent, en conséquence, soit à Jésus, soit à l’Église ; ils souffrent du scandale. De fait, voyez s’ils n’ont pas enduré un supplice pareil à Celui que produisent les ardeurs du soleil, ces hommes charnels auxquels le Christ parlait de sa chair, et disait : «Celui qui ne mangera pas la chair du Fils de l’homme, et ne boira pas son sang, n’aura point la vie en lui ». Près de soixante-dix hommes répondirent : «Ces paroles sont dures », et ils s’éloignèrent de lui; il n’y en eut que douze pour lui rester fidèles; le soleil consuma tous les autres ; aussi s’éloignèrent-ils, ne pouvant supporter la force des paroles du Sauveur. Les disciples qui lui demeurèrent fidèles, furent donc au nombre de douze seulement. Le monde aurait pu croire qu’en ajoutant foi aux paroles du Christ, ils l’honoraient beaucoup plus qu’ils n’en retiraient eux-mêmes d’avantage ; pour lui ôter cette fausse idée, le Sauveur leur dit, lorsqu’il se vit seul avec eux : «Vous aussi, voulez-vous me quitter ? » Apprenez que je vous suis indispensable, et que vous ne m’êtes pas nécessaires. Comme le soleil ne les avait pas brûlés de ses feux, ils lui répondirent par l’organe de Pierre : « Seigneur, vous avez la parole de la vie éternelle où irions-nous ? » Quels sont ceux que l’Église consume, comme la lune pendant la nuit? Ceux qui ont fait schisme. Écoute ces paroles contenues dans les Épitres de Paul : « Qui est faible, sans que je sois faible avec lui? Qui est scandalisé sans que je brûle ? » Pourquoi n’y a-t-il pas de scandale en celui qui aime son frère? Parce que le chrétien, qui aime son frère, supporte tout pour conserver l’unité ; car, dans les liens de la charité se trouve l’amour de nos frères. Tu es offensé par je ne sais qui, par un méchant, par un homme que tu supposes mal disposé ou que tu accuses indûment d’être tel, et, pour lui, tu te sépares d’un si grand nombre de bonnes gens ? Est-ce aimer ses frères, que les aimer à la manière des Donatistes? Les Africains leur ont semblé coupables : à cause de cela, fallait-il se séparer du reste de l’univers? N’y avait-il donc plus de saints dans le monde ? Pouviez-vous, d’ailleurs, condamner leurs adversaires sans les entendre ? Ah, si vous aimiez vos frères, il n’y aurait point de scandale en vous. Écoute ce que dit le Psalmiste : « Paix abondante à ceux qui aiment votre loi ; ils n’ont aucun sujet de scandale » . Il promet à ceux qui aiment la loi de Dieu, de jouir d’une grande paix et de n’avoir aucune occasion de se scandaliser. Ceux-là donc qui se scandalisent, perdent la paix. Et quels sont, à son avis, ceux qui ne deviennent ni victimes ni causes de scandale? Ceux qui aiment la loi de Dieu : ils se trouvent donc au sein de la paix. Mais, remarquera quelqu’un, le Psalmiste parle, non de ceux qui aiment leurs frères, mais de ceux qui aiment la loi de Dieu. Ecoute ce que dit le Seigneur : « Je vous donne un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres » . Qu’est-ce qu’une loi, sinon un commandement ? Comment donc se fait-il qu’il faille se supporter les uns les autres,, pour ne pas être scandalisé ? Le voici : « Supportez-vous mutuellement dans le sentiment de la charité », dit l’apôtre Paul : « Efforcez –vous de conserver l’union des esprits dans les liens de la paix». Et comme telle est la loi du Christ, le même Apôtre va te recommander cette loi elle-même ; écoute-le bien : « Portez les fardeaux les uns des autres, et ainsi accomplirez vous la loi du Christ ».

13. « Mais celui qui hait son frère, est dans les ténèbres ; il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va ». Importante réflexion, mes frères : remarquez-la bien, je vous en prie. « Celui qui hait son frère, marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres l’ont aveuglé ». Y a-t-il des gens aussi aveugles que ceux qui détestent leurs frères ? La preuve de leur cécité, c’est qu’ils se sont buttés contre la montagne. Je vous répète les mêmes choses, pour que vous n’en perdiez pas le souvenir. Est-ce que cette pierre, qui s’est détachée de la montagne sans le secours de mains d’homme, est-ce que le Christ n’est point sorti du peuple juif sans la coopération d’un père charnel? Cette pierre n’a-t-elle pas écrasé tous les royaumes du monde, c’est-à-dire toute la puissance des idoles et des démons ? N’est-elle pas devenue grande ? N’est-elle pas devenue une immense montagne qui a rempli toute la terre ? Montrons-nous du doigt cette montagne, comme on essaierait de montrer à des hommes la pleine lune? Par exemple, quand des hommes veulent voir la nouvelle lune, ils disent : Voilà la lune, voilà où elle se trouve. Et s’il en est là qui ne puissent apercevoir son faible croissant, et qui disent : Où donc ? On dirige le doigt du côté où elle se montre pour la leur faire voir : il arrive, parfois, qu’ils n’aperçoivent rien, mais dans la crainte de passer pour des aveugles, ils affirment qu’ils l’ont vue distinctement. Mes fières, montrons-nous l’Église de la même façon ? Ne s’étale-t-elle pas au grand jour ? N’apparaît-elle pas à tous les yeux ? N’a-t-elle pas réuni, dans son giron, toutes les nations de l’univers ? Ne voyons-nous point en elle l’accomplissement de la promesse faite à Abraham tant d’années auparavant , à savoir que tous les peuples seraient bénis en. celui qui sortirait de lui’? Cette promesse n’a été faite qu’à un seul fidèle : et le monde s’est rempli de milliers de fidèles. Voilà cette montagne qui occupe toute la surface de l’univers, voilà cette ville dont il a été dit : « Une ville, placée sur une montagne, ne peut être cachée ». Pour les Donatistes, ils se buttent contre la montagne. Quand on leur dit : Montez, ils répondent Il n’y a pas de montagne ; ils aiment mieux se heurter contre la montagne, que chercher une place dans l’Église. Hier, on vous a lu Isaïe ; ceux d’entre vous qui tenaient ouverts non seulement leurs yeux, mais aussi leurs oreilles, les oreilles de leur esprit surtout, ont remarqué ce passage : « Dans les derniers jours, la montagne où habite le. Seigneur sera élevée au-dessus des collines, sur le sommet des montagnes ». Est-il rien d’aussi visible qu’une montagne ? Il y a, néanmoins, des montagnes inconnues , parce qu’elles n’occupent qu’un seul endroit du monde. Quelqu’un, parmi vous, connaît-il le mont Olympe ? Ses habitants ne connaissent pas mieux notre Giddabam. Ces montagnes n’occupent donc que des parties isolées de l’univers ; mais il n’en est pas de même de celle-ci, car elle s’étend d’un bout du monde à l’autre, et il est dit d’elle : « Elle sera élevée sur le sommet des montagnes ». C’est une montagne qui surpasse en hauteur toutes les autres : « C’est pourquoi », ajoute Isaïe, « tous les peuples s’y réuniront en foule ». Qui est-ce qui s’égare sur cette montagne ? Qui est-ce qui se brise la tête en se buttant contre elle ? Quelqu’un ignore-t-il que la cité est assise sur les monts ? Ceux qui détestent leurs frères, l’ignorent ; mais ne vous en étonnez point, car ils marchent dans les ténèbres et ne savent où ils vont : les ténèbres les ont aveuglés. Ils n’aperçoivent pas la montagne n’en sois nullement surpris, ils n’ont pas d’yeux. Et pourquoi n’en ont-ils point ? Parce que les ténèbres les ont aveuglés ? Où en est la preuve ? C’est qu’ils haïssent leurs frères : c’est qu’ayant à se plaindre des Africains, ils se séparent du reste du monde, parce que, pour conserver la paix du Christ, ils ne peuvent se résoudre à supporter des hommes qu’ils calomnient, tandis que, pour soutenir le parti de Donat, ils supportent des gens qu’ils condamnent..Saint Augustin TRAITÉS SUR L’ÉPÎTRE DE SAINT JEAN AUX PARTHES.

Dieu est lumière, et, en Lui, il n’y a point de ténèbres

Le naufrage du NOM

Le révérend Juan Antonio Plaza Oña et ses concélébrants ont célébré la « messe » autour d’une table, vêtus de tenues civiles et portant des étoles, lors d’une assemblée paroissiale à la paroisse San Pablo d’Almería, en Espagne, le 17 mai 2026. Les photographies ont été publiées sur la page Facebook de la paroisse. M. Plaza Oña a été nommé vicaire diocésain chargé de la pastorale et de l’évangélisation en juillet. Le 8 octobre, El Confidencial Digital a rapporté que des plaintes concernant cet abus liturgique avaient été adressées au Dicastère pour le culte divin du Vatican.

Le naufrage du NOM

Saint Firmin d’Uzès

évêque, disciple, ami et biographe de saint Césaire d’Arles (+ 553)

Originaire de Narbonne, il est disciple et ami de saint Césaire d’Arles. A 22 ans, il est l’un des premiers évêques de l’ancien diocèse d’Uzès dans le Gard. Nous le trouvons parmi les signataires du concile d’Orléans en 541. Sa réputation d’orateur et de théologien s’étendit jusqu’en Italie. Il meurt à l’âge de 37 ans.


Firmin, né à Narbonne, vient à Uzès auprès de son parent Roricius, évêque de cette ville. Un prêtre s’y fait son précepteur et l’instruit longuement des sciences divines et humaines. Il devient cher au vieil évêque à cause de sa science et de sa sainteté. Roricius l’élève au sacerdoce et finalement le prend pour coadjuteur. L’activité de Saint Firmin s’exerce dans les limites du diocèse et au-delà, chez les Gabales en particulier. A son tour, il fait élever Ferréol, son neveu, qu’il désignera pour successeur et qui sera mis au rang des saints, comme lui. (source: Les Saints du diocèse de Nîmes)

Saint Firmin priez pour nous

Saint Firmin d’Uzès

La Maternité Divine

Celebramos hoy la Fiesta de la Maternidad Divina de María Santísima.

Cuando la Virgen María dio su consentimiento al Arcángel Gabriel y pronunció el Fiat redentor y santificador del mundo, se consumó en Ella el misterio de la Encarnación; Dios se hizo hombre sin dejar de ser Dios; el Creador de María se convirtió en el Hijo de María; y en Ella el Cielo se unió a la tierra.

Postrados en espíritu ante este tabernáculo vivo e inmaculado de la Divinidad, contemplemos con amor religioso este Misterio de misterios, el centro de toda la obra de Dios ad extra (al exterior), la razón de la existencia de toda la creación.

En primer lugar, debemos contemplar y adorar al Padre, al Hijo y al Espíritu Santo elevando a proporciones inconmensurables la ya inconmensurable gracia con la que habían estado llenando a la Virgen Bendita desde el momento de su Inmaculada Concepción hasta el de la Anunciación; de modo que la dispusieron para el inmenso misterio de la Encarnación.

El Padre, por medio del Hijo, en el Espíritu Santo, como dicen los antiguos Doctores, comienza derramando en el alma de la Santísima Virgen María una abundancia de dones y gracias que ninguna criatura jamás podrá concebir.

En el nombre del Padre y del Hijo y en su propio nombre, el Espíritu Santo derramó en Ella una plenitud de gracia digna de la Esposa de Dios, de la Madre de Dios, del Tabernáculo y Obra maestra de Dios; una plenitud que la hace lo más digna posible de convertirse en la Madre de un Hijo que es Santidad sustancial e infinita, de un Hijo que mora desde toda la eternidad en el Santo de los Santos, es decir, en el adorable seno del Padre eterno.

Por ello, el Espíritu Santo formó en el seno de la Virgen una morada que, si bien no es igual, sí es similar al seno de Dios Padre, una morada que estaba de acuerdo con la incomparable dignidad del Hijo único de Dios.

Esta belleza de la Virgen María en el momento en que se convierte en Madre de Dios es un mundo de tesoros que superan todo pensamiento; es una obra que sólo Dios puede comprender, porque sólo Él pudo realizarla.

En ese instante, se cumplió la promesa que el santo Arcángel acababa de hacer a María: La virtud del Altísimo te cubrirá con su sombra.

La «Virtud del Altísimo» es la omnipotencia, la sabiduría y el amor de Dios que invade el alma y el cuerpo de la Santísima Virgen, la penetra, la llena por completo y crea en Ella este nuevo mundo, incomparablemente mayor que el mundo de la naturaleza, para alojar al Verbo Encarnado.

¿Qué significa este dicho? —exclamó San Bernardo. Que entiendan quienes puedan comprender. Sólo a Ella se le ha concedido comprenderlo; sólo a Ella, a quien se le ha concedido experimentarlo.

Y es sin duda por eso que el Evangelio habla aquí de una sombra misteriosa: todo lo que iba a suceder en María sucedería, en efecto, a la sombra del misterio; y lo que la adorable Trinidad quería hacer únicamente en María y con María, tenía que permanecer como un secreto impenetrable para todos, excepto para María.

Al mismo tiempo que el Espíritu de vida, de santidad y de amor santificaba y preparaba a la Santísima Virgen, tomó parte de la purísima sangre de esta criatura inmaculada para formar la sustancia del cuerpo del eterno Hijo de Dios. Al mismo tiempo, santificó, con una santidad absolutamente divina, la sustancia que así tomó de Ella, y suplió, sustituyó, mediante su omnipotencia creativa, las leyes ordinarias de la naturaleza.

Simultáneamente, el Espíritu creador, siempre en la unidad del Padre y del Hijo, creó y unió al cuerpo que formó a partir de la sustancia de la Virgen, un alma humana, la obra maestra de toda la creación.

Y en ese mismo instante, el Espíritu de Dios, inflamando el alma de la Santísima María con las purísimas llamas de su amor, la llevó a la unión perfecta a la que el Padre celestial la atrajo; y este Padre divino, presente en Ella, engendró en Ella, por medio de Ella y con Ella, ese mismo Verbo eterno, que engendra eternamente en sí mismo.

Él lo aplicó, por así decirlo, a esta alma y a este cuerpo, en el mismo momento en que los creó en el vientre purísimo de María.

Mediante un acto de su omnipotencia y de su amor, que todo lo abarca, la hizo participar de su fertilidad divina.

Así como Él mismo es, en la eternidad, Padre de su único Hijo, la convirtió, en el tiempo, en Madre de ese mismo Hijo.

Finalmente, en ese mismo momento indivisible de la creación y unión de esta alma y este cuerpo, Dios Hijo sustituyó a la persona humana que debería haber nacido de esta unión por su Persona divina. La Persona divina, al ocupar su lugar, precedió y previno así a la persona humana e impidió que existiera.

El Hijo de María posee una verdadera y perfecta naturaleza humana, sin ser, sin embargo, una persona humana, pues su naturaleza humana subsiste, como dicen los teólogos, solo en la Persona divina y eterna del Verbo, que es el único que la lleva y opera todo en ella.

Y así, por el consentimiento expreso de la Virgen María, el Verbo se hizo carne y, por medio de Ella, habitó entre nosotros, lleno de gracia y de verdad.

Todas estas maravillas acumuladas en María, en el misterio de la Encarnación, ocurrieron en el mismo instante; porque, como tan acertadamente lo expresó San Juan Damasceno, la carne de este Niño nunca estuvo sin estar animada por un alma humana, y nunca estuvo animada por un alma humana sin estar unida a la Persona del Verbo divino.

Su concepción, animación y unión se realizaron conjuntamente, de modo que la naturaleza humana que se formó nunca perteneció a nadie más que al Verbo, y no tuvo otra persona que la Persona divina y eterna del Verbo. Sabiduría secreta e inescrutable de Dios en la formación de su Verbo hecho carne…

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La humanidad del Hijo de Dios debe su existencia y su unión con la Persona divina al consentimiento, la sumisión y la humildad de María. El Dios-Hombre, Emmanuel, nos es dado por Ella, tan verdaderamente como por el Padre eterno.

Y no olvidemos que María no es la Madre de un niño cualquiera, sino de un hombre perfecto; y no sólo en cuanto a la apariencia externa de su humanidad, sino también en cuanto a lo que constituye la verdadera vida del hombre: la plenitud de todas las facultades del alma, la plenitud de la inteligencia, el juicio y la voluntad, la plenitud del amor, la santidad y todas las afecciones y sentimientos del corazón.

Este pequeño Niño es Hombre perfecto, Hombre por excelencia, del cual Adán, creado perfecto, fue sólo el símbolo profético. El Niño de la Virgen Madre es Dios mismo; es la imagen esencial y la esencia misma de Dios.

Sí, el Niño que fue concebido en ese momento en el santísimo vientre de María, y que desde entonces ha sido llamado Jesús y el Cristo, es verdaderamente el único Hijo de Dios, el Verbo eterno, la segunda Persona de la Santísima Trinidad.

Este mismo Niño, verdadero Hijo de María, es el verdadero Dios, el único Dios vivo y verdadero, en la unidad del Padre y del Espíritu Santo.

Él es el mismo Dios que el Padre y el Espíritu Santo, de quienes es absolutamente inseparable, poseyendo con ellos la misma naturaleza, que es la sustancia divina, eterna, infinita, todopoderosa y singularmente adorable.

Y así, la plenitud de la divinidad reside corporalmente, como dice San Pablo, en este pequeño Niño de María.

El Niño de la Santísima Virgen tiene dos naturalezas perfectas, unidas indivisiblemente en una sola Persona: la naturaleza divina, que recibe de su Padre y por la cual es Dios; y la naturaleza humana, que recibe de su Madre y por la cual es hombre.

Sin embargo, existe esta diferencia: la naturaleza divina pertenece esencial y eternamente a su Persona, mientras que la naturaleza humana, ahora inseparable de su Persona, sólo está unida a Él en el tiempo y podría no haber estado unida a Él, si Dios no hubiese decretado la Encarnación.

En el Niño de María, debido a la unidad de la Persona, lo que es de Dios pertenece al hombre, y lo que es del hombre pertenece a Dios; siendo la Persona divina del Verbo la misma que opera por la naturaleza divina y por la naturaleza humana.

Así pues, el pequeño Niño de la Santísima Virgen es el Dios Todopoderoso, el Creador del Cielo y de la tierra; es Él quien preserva y gobierna el mundo por su Providencia; Él es el Eterno, el Infinito. Y Él lo es en su humanidad, aunque sólo lo es a través de su divinidad.

Y en conjunto, este adorable Dios, verdadero hombre, fue concebido en el vientre de su Madre, nació, sufrió frío y hambre, creció, trabajó con sus manos, fue pobre, fue perseguido por los hombres y verdaderamente murió en la Cruz.

Verdaderamente muerto, verdaderamente resucitó y ascendió corporalmente al Cielo, donde participa la omnipotencia y la bienaventuranza de la gloria de Dios, no sólo en su naturaleza divina y eterna, sino también en su naturaleza humana y creada.

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Por todo esto, la fe católica sostiene que la Santísima Virgen María es verdadera y realmente la Madre de Dios.

La razón es que Jesucristo es Dios, no por la unión accidental de una persona humana con una persona divina, como dijo el impío Nestorio, sino por la excelencia y el derecho de su única Persona, que es la del Verbo de Dios.

Puesto que la Santísima Virgen es la verdadera Madre de Jesucristo, es, por lo tanto, necesariamente la verdadera Madre de Dios.

La Santísima Virgen es la Madre de Jesucristo: Ella lo concibió en su vientre por obra del Espíritu Santo; lo engendró de su sustancia; Ella sola le dio su adorable humanidad.

Jesucristo es Dios.

Por lo tanto, María Santísima es verdadera y genuinamente la Madre de Dios.

Quienes, en el pasado, con Nestorio, y aún hoy, como casi todos los protestantes, no quieren reconocerle esta dignidad suprema, no creen verdadera y genuinamente en la divinidad de Jesucristo.

Ahí radica su error fundamental: rehúyen esta verdad revelada, «la Virgen María es la Madre de Dios», porque ya han rehuido esta otra verdad, «Jesucristo es Dios hecho hombre».

Al considerar a Cristo únicamente como un hombre deificado, resulta muy sencillo que vean en su Madre sólo a la Madre de un hombre, deificado y divino en la medida en que se desee, pero un hombre al fin y al cabo, y no Dios.

La Santa Iglesia, por el contrario, si bien distingue perfectamente la humanidad de Jesucristo de su divinidad, no lo divide; lo adora como el único Dios verdadero, vivo y eterno, porque su Persona es la misma Persona del Verbo, que es Dios, en la unidad del Padre y del Espíritu Santo.

Por consiguiente, siempre ha venerado a la santísima y admirable Virgen María como la verdadera Madre de Dios.

La Santa Iglesia le otorga con alegría este título incomparable en sus oraciones más solemnes, y en particular en esa ingenua y sublime Salutación Angélica, que pone tantas veces al día en los labios de todos sus fieles: Santa María, Madre de Dios, ruega por nosotros, pecadores…

Ella ha reiterado esto especialmente desde la famosa definición de fe del Concilio de Éfeso, que decretó, con motivo de las blasfemias de Nestorio, que María debía ser proclamada no solo «Madre de Cristo», sino también «Madre de Dios».

Este gran Concilio rindió homenaje a la Virgen Madre de Dios, por boca de San Cirilo, Patriarca de Alejandría y Legado del Papa San Celestino.

Repito: es porque no se cree suficientemente en la divinidad de Jesús, que horroriza el misterio de la Maternidad Divina de María.

Nosotros, hijos de la fe, veneramos y celebramos a la Madre tanto como adoramos y bendecimos al Hijo.

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Por lo tanto, la grandeza de la Virgen Santísima se resume en esta frase del Evangelio: María, de quien nació Jesús…

Es el ilustre Santo Tomás de Villanueva, Arzobispo de Valencia, en España, quien nos lo dice:

“¿Quieres saber qué es la Virgen María? Aquí lo tienes, resumido en una palabra: María, de quien nació Jesús. ¿Qué más podrías desear? ¿Y qué otro título de gloria buscarías en la Santísima Virgen? Ella es la Madre de Dios; eso es suficiente. Os pregunto, ¿qué belleza, qué virtud, qué perfección, qué gracia o qué gloria podría faltarle a la Madre de Dios? Imaginad todo lo que podáis; suponed que la Virgen es la más pura, la más sabia, la más consumada, la más santa, la más humilde, la más dulce; dadle todas las gracias, toda la santidad, todas las virtudes, todos los dones del Cielo; suponed que es lo más querido posible para el Señor; a estas grandezas añadid, añadid de nuevo, añadid siempre… María siempre será mayor, María siempre prevalecerá, María siempre estará por encima. El Espíritu Santo no quiso describírnosla con palabras; dejó esta tarea a nuestra mente, para que comprendiéramos que todo lo que la mente puede concebir de gracia, perfección y gloria en una criatura pura, María lo poseía en sí misma. Por eso, todo lo que uno pueda querer saber o comprender sobre la grandeza de la Santísima Virgen está contenido enteramente en esta breve frase: María, de quien nació Jesús«.

Es de ahí, de esa Maternidad Divina, de donde emanan toda la grandeza, todas las gracias, todas las glorias de la Virgen María.

Su Maternidad Divina es una gracia tan inmensa que ni los hombres ni los Ángeles pueden comprenderla; es una excelencia que roza lo infinito, debido a la infinita grandeza y perfección de Dios mismo, con quien se relaciona directamente.

Todos los Santos Doctores de la Iglesia comparten esta misma visión de fe y de caridad por Jesús y María, por el Hijo de Dios y la Madre de Dios.

Testigos de ello son San Anselmo y San Juan Damasceno, quienes, llenos de admiración a los pies de la Virgen Madre, exclamaron: “Proclamar a la Santísima Virgen Madre de Dios, ¿acaso no es decir algo tan sublime que, después de la infinita sublimidad de Dios, nada más sublime puede imaginarse? ¿Y no cae en vértigo el intelecto más elevado cuando desea cantar tus alabanzas, oh Santísima Madre de Dios?”.

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Los Santos Doctores nos hacen contemplar a Jesús en el vientre purísimo de María como el Sumo Sacerdote de Dios en su templo más magnífico, donde se deleita en ofrecer el sacrificio de adoración, alabanza, acción de gracias y la expiación más perfecta.

En efecto, San Bernardino de Siena nos dice que, desde el primer momento de su concepción en el vientre de su Madre, Jesucristo se ofreció a su Padre, mediante un acto perfecto, como víctima de la adoración y satisfacción universales, dispuesto a sufrir todas las expiaciones e incluso la muerte misma, para borrar el pecado y restaurar la gloria de Dios en la creación.

En el santuario, en el tabernáculo que Él mismo había erigido, es decir, en el vientre purísimo de María Madre de Dios, Cristo nuestra Cabeza, Cristo Rey de gracia y gloria, se convirtió en Pontífice y Sumo Sacerdote de Dios, comenzando desde entonces su augusto sacrificio de adoración y acción de gracias, de oración y alabanza, de propiciación y penitencia.

¡Oh bendito seno de la Virgen Madre, donde Jesucristo obró todas estas cosas, ofreciendo así secretamente su misteriosa oblación para la salvación del mundo!

Tales son los pensamientos de San Dionisio de Alejandría, San Efrén y San Germán.

En el vientre purísimo de María, como en el primer Templo de su santa Religión, el Verbo Encarnado cumplió así con Dios su Padre los deberes que su divina y eterna igualdad con Él aún no le había permitido cumplir.

Fue allí donde, por primera vez, el Verbo eterno, igual en todo a su Padre, adoró a Dios, admirándolo y alabándolo en toda la extensión de su gloria.

Es allí donde, por primera vez, el Padre es adorado tanto como es digno de ser adorado.

Allí, en el santuario materno, Jesús ofrece de antemano a su Padre celestial el sacrificio de toda su vida y la de todos sus miembros.

Allí consagra la Iglesia, para que sea inmolada con Él como sacrificio de expiación en la Cruz.

Así, María es el Templo viviente donde Jesucristo, soberano Pontífice de toda la creación, ofrece las primicias de su divino sacrificio, que es el sacrificio del tiempo y de la eternidad.

Ella es el Cáliz viviente, es el Copón de oro de Jesucristo, quien, oculto en ella a los ojos del mundo, eleva incesantemente al trono de la majestad divina el puro incienso de su oración, sus súplicas, sus inefables adoraciones.

En ella, los Ángeles adoraban a su Señor, esperando el homenaje que nosotros también debíamos rendirle con ellos en el doble misterio de su Encarnación y su Eucaristía.

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¡Adorable misterio de la Encarnación de Jesús y de la Divina Maternidad de María…, cuán desconocido eres, y cuántas pocas almas te contemplan y veneran!

Nosotros, que a pesar de nuestras miserias sentimos al menos cierta atracción por estas bellezas divinas, y que hemos recibido el instinto de la Fe para ellas, nos unimos a la voz del Cielo, al Arcángel Gabriel, y, postrados en espíritu, adoramos a Jesús en María, adoramos al Rey del Cielo en su Cielo de Gracia, adoremos al Verbo encarnado en el Seno purísimo de la Madre de Dios.

¡Oh, inconcebible grandeza de María! ¡Oh, inefable santidad!

Te veneramos y lamentamos no poder hacer nada más…

Santa María, Madre de Dios, ruega por nosotros, pecadores…

Padre Ceriani

Source Radio Christiandad

La Maternité Divine

Ils appellent çà : »restructuration »

« L’Église n’est pas un navire en train de couler, elle est simplement en pleine restructuration », a déclaré le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich, devant le Conseil diocésain le 9 octobre. Il a ajouté : « Nous continuerons à naviguer ensemble en haute mer. »
Selon le cardinal, la société, et avec elle l’Église, traverse une période troublée, tant au niveau mondial qu’au niveau diocésain.

Note de la rédaction : SI c’est Marx qui le dit……

Ils appellent çà : »restructuration »