Qui gouverne la France ?

Dîner du CriJf sous la pyramide

Le 33e dîner du Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crijf) aura lieu le 7 mars prochain au Carrousel du Louvre.

Il s’agira du premier dîner du Crif d’Emmanuel Macron en tant que président de la République. Le chef de l’État y prononcera un discours qui sera très écouté. Parmi les sujets qui seront évoqués, la montée de l’antisémitisme et la politique de la France au Proche-Orient.

 

Puisque l’on vous dit qu’il n’y a plus de complot…..seulement des fakes news

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Qui gouverne la France ?

L’ÉTRANGE OMISSION DE MGR SCHNEIDER

« Saint Pie X le grand » par Mgr Schneider

publié dans nouvelles de chrétienté le 27 janvier 2015

Saint Pie X le Grand Un éminent promoteur de la foi catholique et apostolique

(catholicae et apostolicae fidei cultor egregius)

 Mgr Schneider a visité le séminaire Saint Vincent de Paul le 8 décembre dernier. Nous avons été honoré de le recevoir. Il nous a donné une conférence sur Saint Pie X que je suis heureux de publier sur ;mon site. Vous la trouverez aussi sur le site du séminaire Saint Vincent de Paul.

Le saint pape Pie X, dont nous fêtons en cette année 2014 le centième anniversaire de sa mort, a été et reste aujourd’hui encore une grande lumière pour l’Église et pour les hommes des temps modernes. Depuis la Révolution française, cette grande révolte contre Dieu et le Christ, contre « Dieu et Son Oint » (Ps. 2,2) le rejet de Jésus et de Sa Vérité n’a fait que s’amplifier dans la société civile jusqu’à nos jours. Ce rejet montre de façon terrifiante ce qu’est une vie sans Dieu et sans Vérité, à savoir la destruction matérielle, morale et spirituelle de la vie humaine. La société civile se détruit elle-même en mettant à la place de Dieu et du Christ l’homme tombé dans le péché et en en faisant un objet de vénération et l’arbitre de la Vérité. La véritable maladie de notre temps est l’anthropocentrisme qui ne fait rien d’autre que de conduire à l’une des plus cruelles dictatures : la dictature du relativisme théorique et pratique. Vu à la lumière de l’histoire des religions un tel anthropocentrisme constitue avec sa fille qu’est le relativisme une forme d’idolâtrie, un nouveau paganisme. Depuis la Révolution française l’esprit de l’anthropocentrisme et du relativisme s’efforce sous les notions séduisantes de droits de l’homme et de liberté de pénétrer de plus en plus dans l’espace de la vie ecclésiale en exigeant de l’Église de se réconcilier avec l’esprit de la modernité et du monde d’aujourd’hui, et cela signifie ni plus ni moins que l’Église se doit d’accepter les principes de l’anthropocentrisme et du relativisme.[Le cardinal Joseph Ratzinger affirme que l’intention fondamentale du concile Vatican II est contenue dans la constitution pastorale Gaudium et spes (15). Le préfet de la foi y affirme : « Ce texte joue le rôle d’un contre- Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Église avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789. » En 1984, le même cardinal Ratzinger déclare encore que le Concile a été réuni pour faire entrer dans l’Église des doctrines qui sont nées en dehors d’elle, doctrines qui viennent du monde (16). Le Discours du 22 décembre 2005 affirme de même que le concile Vatican II s’est proposé de définir d’une manière nouvelle « la relation entre la foi de l’Église et certains éléments essentiels de la pensée moderne ».]

Ceux qui ont critiqué saint Pie X – jusque dans les rangs de l’Église – l’ont accusé de s’être fermé au monde moderne. Pourtant rien n’est plus faux qu’une telle affirmation. Pie X a toujours été ouvert à la lumière et à la vérité, c’est-à-dire au Christ et a ouvert en grand les portes de la Vérité du Christ tant à l’Église qu’au monde égaré dans l’esclavage de l’adoration de l’homme. Par là-même il s’est révélé non seulement comme un fidèle pasteur de l’Église, mais aussi comme un authentique bienfaiteur des hommes, comme un apôtre moderne et un évangélisateur fécond. En attendant, les fruits de son action sont empêchés par la crise postconciliaire qui dure depuis 50 ans. Sa devise « Tout restaurer dans le Christ » (Instaurare omnia in Christo : Eph. 1, 10) commence à se réaliser au sein de l’Église, tout d’abord au niveau des « petits », dans de nombreuses initiatives et communautés qui ne font pas partie de l’establishment ou de la nomenklatura.

Pour Giuseppe Sarto (Pie X) la foi dans le Christ était synonyme de courage de la confesser sans aucune crainte du monde. Dans sa première lettre pastorale en tant qu’évêque de Mantoue Giuseppe Sarto se fixe à lui-même comme un programme pour son action épiscopale. On pourrait la résumer ainsi : une absence de crainte  à dénoncer les erreurs du monde moderne, un zèle à catéchiser les hommes et une confiance inébranlable en Dieu. Dans cette lettre pastorale il est dit entre autre :

« De nos jours on voit des gens sans vergogne déclarer la guerre au ciel lui-même, nier mystères et miracles, aller jusqu’à attaquer Dieu sur son trône. Ils le mettent à égalité avec les créatures comme en faisant partie, puis ils Le condamnent à un destin aveugle ou se font de Lui une représentation totalement folle et fantaisiste pour finalement nier totalement son existence. Mais à ce moment-là est-ce que je dois pour autant perdre courage ?… La dignité de la fonction épiscopale est terrifiante, son fardeau a de quoi remplir de crainte les anges eux-mêmes. Il faut bien avoir ces vérités devant nos yeux : les évêques se doivent d’être des anges, non seulement par une vie exemplaire et la sainteté de leurs mœurs, mais aussi par une plénitude d’inspiration avec laquelle ils peuvent remplir l’esprit de ceux qui leur sont confiés de sorte que leurs admonitions fassent revenir ceux qui sont dans l’erreur sur le chemin du salut, que les tièdes soient enflammés au feu du ciel et que les bons deviennent toujours meilleurs. Face à ma grande faiblesse cette tâche extrêmement délicate ne m’effraie en aucune mesure. Plus elle sera difficile, plus l’espérance chrétienne me fortifiera, évoquant la présence de Dieu qui me dira les paroles jadis adressées à Gédéon :  Je serai avec toi  ou qui me répètera les paroles adressées à Abraham : N’aie pas peur. Je suis ton bouclier et ta récompense  sera très grande » (Lettre pastorale du 18 mars 1885).

La devise « Tout restaurer dans le Christ » (Instaurare omnia in Christo) a été depuis son épiscopat le phare de son action. Le progrès spirituel et la vraie paix dans l’Église seront garantis dans la mesure où le Christ lui-même et la foi catholique immuable transmise à l’Église par Lui auront la première place. Lors de sa première visite pastorale dans le diocèse de Mantoue il écrivait à ses prêtres :

« Je désire vous voir pour éveiller en vous les principes les plus sublimes de la foi. Je viendrai chez vous pour vous rappeler que Jésus Christ est l’auteur parfait de notre foi, car Il est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. Je viendrai chez vous pour vous dire que de même qu’il n’y a qu’une vérité et qu’une foi, de même il n’y a qu’une Église, l’épouse du Christ, qui est la gardienne du trésor de la foi. Je viendrai vous voir pour vous assurer que nous ne pouvons trouver le repos et la paix que dans la foi » (Gianpaolo Romanato, Pio X., op. ci., p. 266).

Le mal véritable des temps modernes réside dans le bannissement du Christ hors de la vie sociale des peuples. La tentative de reléguer à l’écart Jésus, Sa vérité et Sa visibilité a commencé à pénétrer à l’intérieur de l’Église de diverses manières dès la fin du XIXème siècle. Dans sa lettre pastorale de 1887 le jeune évêque Giuseppe Sarto analysait clairement ces erreurs modernes. Ça ressemblait à un petit Syllabus et à une anticipation de son encyclique la plus importante sur le plan de catéchétique, à savoir l’encyclique Pascendi. Il déclarait dans cette lettre pastorale :

« Beaucoup de chrétiens qui n’ont qu’une connaissance superficielle des choses de la foi et qui pratiquent peu revendiquent le droit d’être des maîtres à penser en déclarant que l’Église doit enfin s’adapter aux exigences de l’époque, prétendant qu’il serait impossible de maintenir ses règles dans leur intégralité d’origine et que dorénavant les personnes les plus sages et les plus pratiques seront les plus miséricordieuses, c’est-à-dire qu’elles seront à même de sacrifier une partie de l’ancien trésor pour sauver le reste. Dans un tel christianisme moderne, dans lequel la folie de la Croix est passée sous silence, les dogmes de la foi doivent s’adapter humblement aux exigences de la nouvelle philosophie. Le droit public de l’ère chrétienne doit faire timidement face aux grands principes des temps modernes. Même s’il ne renie pas ses origines et son passé il doit néanmoins reconnaître la légitimité de sa défaite face à son vainqueur. La norme morale trop stricte de l’évangile doit céder le pas devant les joies et les ajustements,  et la discipline doit finalement reprendre toutes les prescriptions qui ne font qu’importuner la nature, afin de participer elle-même à l’heureux progrès de la loi de liberté et d’amour. Ces principes ne seront plus diffusés exclusivement par les ennemis déclarés de l’Église, mais aussi par ceux qui se disent eux-mêmes enfants de cette Église ; et après que ceux-là même auront combattu et bafoué les lois de l’Église, ils se sentiront outragés si l’Église  les désigne comme étant des déserteurs de ses rangs et les fils de ses douleurs… C’est un manque de foi et d’égards pour l’Église que de vouloir la soutenir avec nos jugements à courte vue. Tenons-nous-en fermement à cette vérité que l’Église est d’origine divine et nous verrons alors que cette façon de juger et d’agir est non seulement vile et lâche, mais aussi impudente et peccamineuse… J’espère que ces germes mortels ne figurent pas parmi vous. Mais comme l’erreur ressemble à une plante qui doit être arrachée avec la racine et que l’évêque a reçu pour mission non seulement d’exhorter, d’assaillir, de rappeler à l’ordre, mais aussi de mettre en garde, il vous répète à nouveau : Faites attention et éloignez-vous de ceux qui s’arrogent la mission de conseiller et de décider des concessions que l’Église doit faire aux soi-disant besoins des temps nouveaux ».

La véritable maladie de l’époque moderne tient au manque de respect de Dieu et de Sa Volonté, et cela conduit alors à l’oubli de Dieu Lui-même (cf. E supremo apostolatu, n. 4). Saint Pie X décrit plus en détail cette situation dans la même encyclique :

« La dévotion religieuse est attaquée de toute part avec un extrême aplomb et avec hargne, les dogmes de la foi révélée sont niés, on essaye obstinément de réprimer et d’anéantir toute relation entre l’homme et Dieu ! En effet, par une attitude propre à l’antéchrist d’après l’apôtre, l’homme a pris la place de Dieu avec une audace inouïe ; et bien que l’homme ne parvienne pas à gommer totalement  en lui la connaissance de Dieu, il récuse cependant Sa majesté, consacre pour lui-même ce monde visible dont il fait un temple et se fait adorer par les autres » (n. 5).

La description de cet état du monde moderne d’il y a 100 ans est encore plus valable au début de notre 21ème siècle.

Saint Pie X voyait que la tâche particulière de l’Église dans le monde moderne était de « restituer au Christ le genre humain » (E supremo apostolatu, n. 8). Dans la réalisation de cette tâche l’Église ne peut occulter les vérités divines, mais doit au contraire proclamer clairement et sans ambages les droits de Dieu dans tous les domaines de la vie humaine :

« Il est nécessaire, avec tous les moyens possibles, d’éradiquer totalement ce crime terrible et abominable (typique pour notre époque) par lequel l’homme a pris la place de Dieu. C’est pourquoi nous devons ramener à leur ancienne dignité les lois les plus sacrées et les enseignements de l’Évangile. Nous devons proclamer haut et fort les vérités transmises par l’Église, tous ses documents sur la sainteté du mariage, sur l’éducation et la formation des enfants, sur la possession et l’usage des biens (matériels), sur les devoirs de l’administration publique » (E supremo apostolatu, n. 9).

Le soi-disant modernisme de l’Église, que Pie X a magistralement analysé et solennellement condamné dans son encyclique Pascendi, est à vrai dire une trahison de Jésus Lui-même, une trahison des vœux du baptême, puisqu’on place l’esprit du néopaganisme, du naturalisme et de l’anthropocentrisme à la place de l’honneur dû au Christ. Il s’agit là d’après Pie X d’une guerre civile dangereuse au sein de l’Église, car elle s’attaque à sa racine et à son âme. Dans l’encyclique Communium rerum de 1909 Pie X décrit sans l’enjoliver l’état véritable de cette guerre civile :

«  C’est avec une gravité et une consternation non moindres que nous avons dû dénoncer et réprimer une autre forme de guerre, à savoir une guerre intestine et domestique qui est d’autant plus dangereuse qu’elle est peu visible. Cette guerre a été déclenchée par des fils pervers qui se sont infiltrés dans le sein même de l’Église pour la déchirer en catimini. Cette guerre vise directement la racine et l’âme de l’Église.  Elle vise à troubler toutes les sources de la dévotion et de la vie chrétiennes, à empoisonner les sources de l’enseignement, à dilapider le trésor sacré de la foi, à ébranler les fondements de la constitution divine, à donner à l’Église une nouvelle forme, de nouvelles lois, de nouveaux droits conformément aux idées de systèmes monstrueux ; bref de défigurer l’épouse du Christ en la parant du vain éclat d’une nouvelle culture appelée à tort science et dont l’apôtre a mis souvent en garde : Prenez garde que personne ne vous séduise par sa philosophie et de faux enseignements qui ne s’appuient que sur une tradition humaine et se réfèrent aux principes du monde et non au Christ (1 Co  2, 8) » (N. 15).

Dans la même encyclique Communium rerum Pie X démasque les vraies racines du système pseudoscientifique du modernisme clérical à l’aide d’une logique imparable ; ces racines ont pour noms : orgueil intellectuel, incrédulité et rébellion contre Dieu :

« Certains furent séduits par cette fausse philosophie et cette exhibition d’une science vile et trompeuse, alliée à un aplomb démesuré dans la critique, et ils se retrouvèrent dans leur raisonnement sous l’emprise de la nullité (Rm 1, 21), et, la bonne conscience mise de côté, ils ont fait naufrage dans la foi ( 1 Tm 1, 19)… Ce nid d’erreurs et de perdition reçut le nom populaire de modernisme en raison de sa soif de nouveauté malsaine. Il s’enfouit secrètement dans les entrailles de la société moderne qui s’est éloignée de Dieu et de Son Église et s’insinue tel un cancer au sein des jeunes générations. Ce n’est pas le résultat d’une étude solide ni d’une véritable science, d’autant plus qu’il n’y a pas de contradiction entre la raison et la foi (Concile Vatican II, Consitution Dei Filius, chap. 4), mais il est le résultat de l’orgueil intellectuel et de l’atmosphère pestilentielle que l’on respire, de l’ignorance ou de la connaissance confuse des choses de la religion. Et cette infection abjecte est encore nourrie par un esprit d’incrédulité et de rébellion contre Dieu, où chacun s’imagine, pris par cette soif aveugle de nouveauté, se suffire à soi-même, se débarrassant ostensiblement et de manière hypocrite du joug de l’autorité divine, se fabriquant au gré de ses humeurs une religiosité floue, naturaliste et individuelle qui n’a plus de chrétien que le nom et l’apparence, sans en posséder la vérité et la vie. Dans tout cela il n’est pas difficile d’entrevoir l’une des nombreuses formes de la guerre éternelle qui est menée contre la vérité divine et qui est d’autant plus dangereuse que ses armes sont habilement dissimulées au nom d’une nouvelle religiosité, d’un sentiment religieux, de la sincérité, de la conscience, où des bonimenteurs s’efforcent de concilier des choses inconciliables, comme par exemple les extravagances de la science humaine et la foi en Dieu, la vaine frivolité du monde et la digne constance de l’Église » (N. 16-17).

Dans l’encyclique Communium rerum saint Pie X réfute avec une simplicité évangélique et en même temps avec une grande acuité les pseudo-motifs du modernisme qui pour des raisons soi-disant pastorales exige une réconciliation du nouveau monde païen et de son esprit avec l’esprit du Christ et de Son Église. En effet une telle exigence signifie qu’il y a une crainte du monde et de ses grands, qu’on veut être en paix, une pseudo-paix, et qu’on a un complexe d’infériorité par rapport au monde. Pie X nous dit :

«  Ils se trompent grandement ceux qui pendant la tempête perdent la foi, parce qu’ils désirent pour eux-mêmes et pour l’Eglise un état permanent de tranquillité, de bien-être général, de la reconnaissance pratique et unanime de l’autorité sacrée de l’Église sans opposition. Et ils se trompent d’autant plus lourdement et honteusement ceux qui s’imaginent gagner cette paix éphémère en taisant les droits et les intérêts de l’Église en les abandonnant pour des intérêts particuliers, en les affaiblissant de façon injuste, en voulant plaire au monde sous le prétexte  d’amadouer les partisans de la nouveauté et de les rapprocher de l’Église. Comme si l’on pouvait concilier la lumière et les ténèbres, le Christ et Bélial. C’est une illusion aussi vieille que le monde, mais qui reste toujours actuelle et qui restera aussi longtemps qu’il y aura des soldats faiblards ou des traitres qui déposent les armes à la première attaque ou qui se retirent du combat pour traiter avec l’ennemi qui pour l’heure est l’adversaire irréductible de Dieu et de l’homme » (N. 30)

La grande tentation des évêques de l’époque moderne consiste selon Pie X dans l’inaction, la neutralité, les compromis avec la société moderne. Une telle attitude des évêques ne serait point un amour pastoral et paternel étant donné qu’ils sacrifient les droits du Christ et de Sa Vérité. Pourtant les évêques devraient sacrifier leurs droits individuels dans la mesure où cela est nécessaire au salut des âmes. Dans l’encyclique Communium rerum Saint Pie X déclare à ce propos : « Vénérables frères, vous avez le devoir de résister de toutes vos forces à cette tendance funeste de la société moderne à sommeiller dans une honteuse indolence, cherchant au milieu d’une guerre qui fait rage contre la religion une infâme neutralité qui consiste en échappatoires et en compromis, tout cela au détriment de la justice et de la respectabilité, oubliant le message sans ambiguïté du Christ : Celui qui n’est pas avec moi est contre moi (Mt 12, 30) » (N. 31).

Dans la société moderne les catholiques sont appelés plus que jamais à confesser leur foi dans la mesure où l’erreur et la décadence des mœurs sont en augmentation : « Courage, chers enfants ! Plus l’Église est attaquée de toutes parts, plus les faux principes de l’erreur et de la perversion morale empoisonnent l’air d’une haleine pestilentielle,  plus vos mérites seront grands devant Dieu lorsque vous entreprendrez le moindre effort pour éviter la contamination, que vous ne vous laisserez pas détourner de vos convictions  et que vous resterez fidèles à l’Église. »

Les droits à la liberté et à l’égalité, à la liberté de parole et à la liberté de presse, qui sont fondamentaux et soi-disant intangibles dans notre société moderne, sont en fait trompeurs, car dans cette société moderne ils ne s’appliquent pas à l’Église, au Christ et à Sa Vérité. C’est à cette injustice criante que saint Pie X a attiré l’attention en disant : « En fait la liberté ou plutôt l’absence de contrainte est valable pour tous, mais pas pour l’Église ; liberté pour chacun de confesser son culte à lui, de diffuser ses propres façons de penser, mais pas pour le catholique » (Allocution aux fidèles du 23.02.1913).

Saint Pie X est un promoteur et un défenseur extraordinaire et brillant de la foi catholique et apostolique (catholicae et apostolicae fidei cultor egregius) dans le monde moderne et se révèle de ce fait comme un modèle à imiter pour les papes et les évêques de notre temps. Les qualités typiques d’un pasteur de l’Église s’expriment dans sa configuration avec l’esprit du Christ, dans son comportement intrépide vis-à-vis du monde, dans sa défense des droits de Dieu.

Après avoir sacré le 25.02.1906 dans la basilique Saint-Pierre quatorze évêques français qui étaient appelés à vivre dans une ambiance de politique anticatholique agressive, Pie X les avait reçus dans sa bibliothèque privée et leur avait donné l’instruction suivante qui mérite réflexion et qui témoigne d’un zèle apostolique ardent :

« 1. Ajustez-vous à l’esprit du Christ en mettant de côté toute passion humaine.

  1. Vous devez réaliser que nous sommes nés pour le combat. Je ne suis pas venu pour apporter la paix, mais le glaive.
  2. Dans vos jugements vous devez prendre en compte l’esprit des vrais catholiques de votre pays.
  3. Vous devez sauver les principes absolus de la justice et défendre les droits de l’Église qui sont les droits de Dieu.
  4. Vous devez avoir en vue non seulement la justice de Dieu, mais aussi celle du monde qui vous regarde afin de ne pas aller contre votre dignité et vos devoirs qui vous sont imposés.

Et ici je vous dis encore pour finir que j’envie votre destinée, que j’aimerais vous accompagner pour participer à vos souffrances et à vos peines, pour pouvoir être toujours à vos côtés et vous consoler. Je serai toujours proche par la pensée et nous nous retrouverons quotidiennement dans le divin sacrifice de la messe et devant le tabernacle où nous trouvons la force dans le combat et les moyens sûrs de la victoire » (Card. Rafael Merry del Val, San Pio X. Un santo che ho conosciuto da vicino, Vérone 2012, p. 29).

La racine du véritable mal de la société moderne et en particulier du modernisme de l’Église réside dans la négation du péché originel, ce qui a conduit finalement au naturalisme et au rejet du Christ. Saint Pie X déclarait cela dans l’encyclique  Ad diem laetissimum de 1908 :

« En effet, sur quels principes s’appuient les ennemis de la religion ? Ils commencent tout d’abord par nier la chute originelle de l’homme ainsi que sa dépravation. Ils prétendent que le péché originel et les dommages  qui s’en sont suivis sont un conte de fée. En conséquence la naissance du mal pour les hommes et la nécessité implicite d’un sauveur sont également un conte de fée. Partant de ces principes on comprend facilement qu’il ne reste plus aucune place pour le Christ, pas plus que pour la grâce et pour toute chose qui se trouve au-delà de la nature. En un mot : tout l’édifice de la foi est renversé » N. 22).

Le pape Pie XII, qui lui-même avait été un étroit collaborateur du saint pape, disait dans son discours lors de la canonisation de Pie X en 1951 :

« Avec son regard d’aigle qui était plus pénétrant et plus sûr que la vue des penseurs  à courte vue, il voyait le monde tel qu’il était ; il voyait la mission de l’Église dans le monde, il voyait avec les yeux d’un saint pasteur le devoir de l’Église au sein d’une société déchristianisée, d’une société qui était contaminée ou pour le moins assiégée par les erreurs de l’époque et la perversion du monde. … Par nature personne ne le surpassait en douceur, personne n’était plus pacifique, plus paternel. Mais quand en lui s’élevait la voix de sa conscience pastorale, seul prévalait le sentiment du devoir. Celui-ci faisait taire toutes les considérations de la faiblesse humaine, mettait un terme à toutes les tergiversations, mettait en œuvre les mesures les plus énergiques, même si elles lui faisaient mal au cœur. L’humble « curé de campagne », comme il voulait parfois qu’on l’appelât, savait s’élever dans toute la majesté de sa sublime autorité tel un géant face aux attaques contre les droits imprescriptibles de la liberté et de la dignité humaines et contre les droits sacrés de Dieu et de l’Église. Alors son « non possumus » faisait trembler les puissants de la terre, les faisant parfois reculer, et procurait en même temps aux hésitants la certitude et aux pusillanimes l’enthousiasme ».

Dans son engagement courageux pour la centralité du Christ et de Sa Vérité au sein d’un monde hostile saint Pie X occupe une place de choix dans la liste des grands papes confesseurs au cours de l’histoire bimillénaire de l’Église parmi lesquels on trouve saint Léon le Grand, saint Gélase Ier, saint Grégoire le Grand, saint Nicolas le Grand, saint Grégoire VII, saint Pie V et le Bienheureux Pie IX. Sans aucun doute saint Pie X mérite le titre de « Grand », lui qui de son vivant se considérait comme un curé de campagne et qui avait une grande préférence pour les petits, autorisant la sainte communion aux petits enfants, renforçant la foi des petits dans l’Église avec son célèbre catéchisme et la défendant énergiquement face aux ergoteries et à l’apostasie du modernisme à l’intérieur de l’Église. Par là il s’est montré comme étant un promoteur extraordinaire et suréminent de la foi catholique et apostolique (catholicae apostolicae fidei cultoribus), prenant très au sérieux ces paroles du canon de la messe, ce que devrait faire tout prêtre, évêque et pape pour la plus grande gloire du Christ et le salut des âmes immortelles.

 

L’ÉTRANGE OMISSION DE MGR SCHNEIDER

Notre Dame de Lourdes


les 18 apparitions de Notre-Dame-de-Lourdes

1ère Apparition Jeudi 11 février 1858 : La rencontre
Accompagnée de sa sœur et d’une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le canal de Savy, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte: « J’aperçus une Demoiselle vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » Elle fait le signe de la Croix et récite le chapelet avec la Demoiselle. La prière terminée, la Demoiselle disparaît brusquement.

2éme Apparition Dimanche 14 février : L’eau bénite
Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l’interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l’y autorise; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Demoiselle. Elle lui jette de l’eau bénite. La Demoiselle sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.

3èmeApparition Jeudi 18 février : La Demoiselle parle
Pour la première fois, la Demoiselle parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d’écrire son nom. Elle lui dit: « Ce n’est pas nécessaire », et elle ajoute: « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »

4èmeApparition Vendredi 19 février : Apparition brève et silencieuse
Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé. C’est de ce geste qu’est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte.

5èmeApparition Samedi 20 février : Dans le silence
La Demoiselle lui a appris une prière personnelle. A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette.

6èmeApparition Dimanche 21 février : « Aquero »
La Demoiselle se présente à Bernadette le matin de bonne heure. Une centaine de personnes l’accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu’elle a vu. Bernadette ne lui parle que d’ « Aquero » (« cela », en langue bigourdane)

7èmeApparition Mardi 23 février : Le secret
Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. L’apparition lui révèle un secret « rien que pour elle ».

8èmeApparition Mercredi 24 février : Pénitence !
Message de la Demoiselle: « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! »

9èmeApparition Jeudi 25 février : La source
Trois cents personnes sont présentes. Bernadette raconte: « Elle me dit d’aller boire à la source (…) Je ne trouvais qu’un peu d’eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. Elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m’en allais. » Devant la foule qui lui demande: « Sais-tu qu’on te croit folle de faire des choses pareilles ? », elle répond seulement: « C’est pour les pécheurs. »

10ème Apparition Samedi 27 février : Silence
Huit cents personnes sont présentes. L’apparition est silencieuse. Bernadette boit l’eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

11ème Apparition Dimanche 28 février : Pénitence
Plus de mille personnes assistent à l’extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.

12ème Apparition Lundi 1er mars : Premier miracle
Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie Lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.

13èmeApparition Mardi 2 mars : Message aux prêtres
La foule grossit de plus en plus. La Demoiselle lui demande: « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle. » Bernadette en parle à l’abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu’une chose : le nom de la Demoiselle. Il exige en plus une preuve : voir fleurir le rosier (ou églantier) de la Grotte en plein hiver.

14èmeApparition Mercredi 3 mars : Un sourire
Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n’apparaît pas ! Après l’école, elle entend l’invitation intérieure de la Demoiselle. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : « Si la Demoiselle désire vraiment une chapelle, qu’elle dise son nom et qu’elle fasse fleurir le rosier de la Grotte. »

15èmeApparition Jeudi 4 mars : le jour le plus attendu!
La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant 20 jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n’en ressent plus l’irrésistible invitation.

16èmeApparition Jeudi 25 mars : Le nom que l’on attendait !
La vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses apparitions ne fleurit pas. Bernadette raconte: « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit: Que soy era Immaculada Councepciou » (Je suis l’Immaculée Conception). La jeune voyante part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, les mots qu’elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne la Sainte Vierge. Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité de la foi catholique (dogme).

17ème Apparition : Mercredi 7 Avril : le miracle du cierge
Pendant cette apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoura longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

18èmeApparition Jeudi 16 juillet : dernière apparition.
Bernadette ressent le mystérieux appel de la grotte, mais son accès est interdit et fermé par une palissade. Elle se rend donc en face, de l’autre côté du Gave. « Il me semblait que j’étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l’ai vue aussi belle ! »

Notre Dame de Lourdes

Notre Dame de la Merci libérez les pauvres musulmans du joug satanique de l’islam

L’islam est remis en question à l’intérieur de ses terres

Mohammed Christophe Bilek, ancien musulman converti au christianisme en 1970, fondateur de l’association Notre-Dame de Kabylie consacrée à l’évangélisation des musulmans et à leur accueil dans l’Église catholique, fondateur du Forum Yeshua el Messiah (Jésus le Messie), répond à Olivier Bault sur Reinformation.Tv. Extraits :

Unknown-18« La loi musulmane est le gros problème pour ceux qui veulent se débarrasser de l’islam, car il y a justement un grand mouvement de remise en question de l’islam. Mais il faut faire ici la distinction entre les pays de tradition chrétienne et les pays musulmans où l’islam domine. C’est là où l’islam domine qu’il y a une remise en question de l’islam. Le fait le plus incroyable qui s’est passé l’année dernière, c’est la suppression en Tunisie de la loi qui interdisait aux musulmanes de se marier à un non-musulman. Il y a même eu une réaction de l’université [égyptienne] d’Al-Azhar et aussi de l’université Zitouna en Tunisie. C’est la preuve que les choses sont en train de bouger, mais dans les pays musulmans. On a encore, dans une moindre mesure, ce qui vient de se passer en Arabie saoudite : l’autorisation donnée aux femmes de conduire et surtout, semble-t-il, la détermination du prince héritier à mettre de l’ordre dans les hadiths afin de moderniser la loi musulmane. La première chose à laquelle il va certainement s’atteler, c’est la loi sur l’apostasie, qui fait que celui qui quitte l’islam est d’office condamné à mort s’il ne se rétracte pas dans les trois jours. Il y a donc ce mouvement de fond.

En Égypte, il semblerait qu’il y ait quatre millions de personnes – ce sont des chiffres donnés par des Égyptiens – qui ont apostasié l’islam, et certains le déclarent ouvertement, par exemples chez les intellectuels. Je ne parle pas ici de conversions au christianisme, mais de personnes qui ont rejeté l’islam. Cela, on le voit bien en Algérie, et même au Maroc. En Tunisie, cela fait longtemps qu’il y a des personnalités qui remettent en cause des choses dans l’islam. Ce mouvement de fond vient du début du XIXe siècle, il est dû à l’Europe et à la confrontation avec les civilisations chrétiennes qui a amené cela. Progressivement, il y a eu une réaction musulmane qualifiée de renaissance, à la fin du XIXe siècle, qui a abouti à la naissance des nationalismes locaux un peu partout, puis à un repli sur les positions pures et dures de l’islam, avec le salafisme, le wahhabisme. Mais ces tendances pures et dures sont en train de s’essouffler après la défaite d’Al-Qaïda puis de l’État islamique. Quelque chose est en train de changer mais l’Occident ne le voit pas : l’islam est remis en question à l’intérieur de ses terres.

Qu’en est-il de la France pour les gens qui veulent abandonner l’islam au profit du christianisme ? Constatez-vous une évolution ?

En France, il se passe quelque chose d’assez curieux, que je pense vrai aussi pour l’Angleterre et pour l’Allemagne. On y constate au contraire un repli des Algériens, des Tunisiens, des Marocains et des autres musulmans. La France est marquée par le relativisme ambiant, militant, des médias et des hommes politiques favorisant l’islam, avec une conjonction de trois éléments qui contestent le christianisme. Pour parler de façon générale, il s’agit d’une part de la franc-maçonnerie et de la tendance anticléricale, mais il y a aussi, qu’on le veuille ou non, un travail contre le catholicisme de la part de ceux qui se réclament du judaïsme. Dans mon chemin de conversion, les juifs que je rencontrais étaient toujours surpris de m’entendre dire que je quittais l’islam. C’est anachronique, mais pour eux, l’islam vaut beaucoup mieux que le christianisme. Il y a donc aussi une tradition judaïque militante à l’égard du catholicisme. Enfin, depuis en gros Mai 68, il y a dans la société française cette idée que c’est le catholicisme qu’il faut abattre. Même l’islam vaut mieux pour certains – pour une grande partie de la gauche. Aujourd’hui, dans tous les pays occidentaux importants, y compris aux États-Unis, mais à l’exception des pays de l’Est, on constate un phénomène de remise en question de la tradition chrétienne la plus ancienne, et c’est ce qui est dangereux. […]

Mais le phénomène qui m’étonne le plus, indépendamment de ces trois courants qui militent contre le catholicisme, c’est que même au sein de l’Église catholique en France et dans d’autres pays, notamment en Allemagne et en Espagne, certains sont presque favorables à l’islam. C’est assez incroyable. Pour moi, ce n’est pas l’islam en tant que tel qui est en train de se battre contre le catholicisme : ce sont plutôt des éléments issus de la tradition chrétienne ancienne. […] Le problème rencontré en France aujourd’hui par les musulmans qui se convertissent, ou qui sont en voie de conversion, est celui d’un aspect identitaire de l’islam, très nouveau. Depuis la Marche des Beurs, sous Mitterrand, il y a eu un retournement. Ce n’est plus le nationalisme algérien, tunisien ou marocain, mais l’identité musulmane qui est désormais la référence – une identité beaucoup plus difficile à remettre en question que celle des origines. C’est pour cela que les conversions se font dans le silence, car il y en a, même si les médias n’en parlent pas. Elles se font aussi dans la peur, d’autant plus que cette identité est devenue visible avec le voile, le port d’une tunique pour les hommes, la barbe, le halal, la prière manifestée publiquement, etc. C’est pour cela que ceux qui veulent quitter l’islam le font avec beaucoup plus de discrétion. […]

Notre Dame de la Merci libérez les pauvres musulmans du joug satanique de l’islam

Un radicalisé

 

Entretien exclusif de Don Buzzi de la F.S.S.PX sur le quotidien Il Giornale au sujet de la crise de l’Église, du pape François, des rapports entre la F.S.S.P.X et le Vatican…

Don Fausto Buzzi est un prêtre de la F.S.S.P.X. Militant dans sa jeunesse au mouvement Alleanza Cattolica, après une rencontre avec Mgr Lefebvre en 1972, il entre dans son séminaire à Ecône. Aujourd’hui il est l’assistant du supérieur du District d’Italie de cette congrégation sacerdotale, monsieur l’abbé Marc Nély.
Don Buzzi a bien voulu répondre aux questions du quotidien italien
Il Giornale dans un long entretien paru aujourd’hui 9 février. Parmi les points abordés, il évoque la crise qui secoue l’Église catholique, « la réunification » doctrinale avec le Vatican, la personnalité du pape François, les rapports entre la Fraternité Saint Pie-X et le pape argentin, Amoris Laetitia

« Il Giornale : Qu’est-ce-qui sépare encore la communauté Saint-Pie-X de l’Église catholique ?

Don Fausto Buzzi : Il est bon de préciser que la Fraternité Saint-Pie-X n’a rien qui la sépare de l’Église catholique. Nous sommes unis à l’Église catholique et nous ne nous sommes jamais séparés d’elle malgré les divergences avec les autorités de l’Église. Nous ne sommes pas responsables de ces divergences. Mgr Lefebvre disait tout le temps qu’il était condamné pour ce qu’avant les papes louaient en lui, particulièrement Pie XII. C’est Rome qui a changé et avec le concile Vatican II elle s’est éloignée de la Tradition pluriséculaire de l’Église. Pour être synthétique on peut dire que ce qui nous divise avec Rome sont des graves et fondamentaux problèmes doctrinaux.

IG : Un curé catholique m’a dit une fois : « Beaucoup parlent de schisme, mais ceux-ci n’ont pas la compétence théologique d’un Marcel Lefebvre. » Est-ce ainsi ?

FB : Beaucoup critiquent ou condamnent la Fraternité Saint-Pie-X sans la connaître et sans comprendre les graves motifs qui la mettent dans une situation d’hostilité avec les autorités ecclésiastiques. Aujourd’hui beaucoup de personnes, prêtres ou laïcs, commencent à se demander qu’est ce qui est en train d’arriver dans l’Église et ouvrent les yeux sur le fait que ceux qui ont été classés pendant de nombreuses années comme schismatiques sont peut-être ceux qui sont restés les plus fidèles à l’Église catholique et, paradoxalement, les plus fidèles à la papauté. Dans nos séminaires Mgr Lefebvre a voulu que l’on étudie la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin et les autres textes classiques de la théologie. Je vous assure que pour nous cela a été une grande grâce de recevoir une aussi profonde et solide formation.

IG : Quelle est votre opinion sur le pape François ?

FB : Pour nous le pape François n’est pas pire ou mieux que les autres papes du Concile et du post-Concile [Un peu plus grossier et sud-américain quand même]. Il travaille dans le même chantier inauguré par Jean XXIII, celui de l’auto-démolition de l’Église catholique [La Sainte Église ne s’auto-démolit pas….] pour en construire une autre qui soit conforme à l’esprit libéral du monde. Je dirai même plus : l’actuel pape n’est pas aussi responsable comme le fut Paul VI. Ce dernier a fait le Concile, l’a conclu, et il a fait toutes les réformes.[Et c’est pour cela que François va le canoniser] Et tout ceci est maintenant la cause de la très grave crise que nous voyons dans l’Église. Bien sûr les gestes et les paroles du pape François semblent plus graves que ceux de ses prédécesseurs. Mais ce n’est pas ainsi. C’est l’effet médiatique qui fait beaucoup plus caisse de résonance qu’autrefois. En substance cependant les actes de Paul VI sont bien plus graves que ceux de François.[Mais il reste le pape démolisseur ? Surnommé « auto »]

IG : Cependant Bergoglio semble avoir fait des pas en avant avec vous ?

FB : Il n’a certainement pas fait de pas doctrinaux envers nous. Cependant il nous considère une réalité de la « périphérie ». Comme tels nous sommes l’objet de sa bienveillance. Quand il était cardinal à Buenos-Aires un de nos prêtres lui offrit comme lecture la vie de notre fondateur. Il la lut et il en resta sérieusement impressionné. Peut-être cela aussi a permis qu’il ait un œil bienveillant à notre égard. Beaucoup se demandent pourquoi il n’a pas été aussi bienveillant avec les Franciscains de l’Immaculé qui étaient décidément en train d’embrasser la tradition catholique. Bien au contraire, dans ce cas, au mépris de la miséricorde, il les a traités durement et avec une extrême sévérité. »

Don Fausto Buzzi : La foi est une vertu théologale, et une vertu théologale peut croître à l’infini parce que l’objet est Dieu même. Il n’y a donc pas de limites dans la foi. Dans ce sens ce serait vertueux d’être extrémiste [Pas très équilibré, pas tout à fait dans  la ligne]. Ceci dit je pourrais vous citer les paroles de Notre Seigneur quand il dit par exemple : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. » Ou les paroles de saint Pierre « il n’y a pas d‘autre nom [Jésus-Christ] sous le Ciel qui puisse nous sauver ». Dîtes-moi si ce sont des paroles « extrémistes ». Si on considère ensuite les martyrs qui sont morts plutôt que de trahir leur foi, comment les jugeons-nous ? Extrémistes ? Il me semble que l’on est en train de perdre le sens de la foi.

IG : Que pensez-vous du débat doctrinal autour d’Amoris laetitia ?

FB : Avec cette question vous me poussez à me répéter. Si d’un côté toutes les initiatives destinées à corriger ce document et à défendre la famille chrétienne indissoluble et sacralisée par un sacrement ont été louables, le vrai problème cependant est en amont. Savez-vous où s’enfoncent les racines d’Amoris laetitia ? Nous les trouvons dans un document du Concile Gaudium et Spes. Comme je vous le disais, l’épouvantable crise dans l’Église s’explique par Vatican II, c’est son ADN. Pensez-vous vraiment que si à la place de Gaudium et Spes avait été publiée l’encyclique de Pie XI Casti Connubii, nous aurions la catastrophique Amoris laetitia ? Je ne crois pas.

IG : Et sur la réhabilitation de Luther ?

FB : Que voulez-vous que je vous dise ? Réhabiliter le plus grand hérésiarque de l’histoire, celui qui a laïcisé toute la religion chrétienne, qui a fait perdre à l’Église des peuples entiers, c’est un suicide doctrinal et une invention historique. La réhabilitation de Luther fait partie de l’utopie œcuménique de ces dernières 50 années. Une utopie qui conduit les catholiques à une apostasie qui n’est désormais plus silencieuse mais assourdissante. Je conseille de lire un nouveau livre sur Luther sorti il y a peu, Le vrai visage de Luther, édition Piane, écrit par un prêtre professeur d’ecclésiologie au séminaire d’Ecône. En lisant se livre, on comprendra l’absurdité de cette prétendue réhabilitation.

IG : Entrevoyez-vous comme possible, dans le futur, une union doctrinale entre vous et le Vatican ?

FB : Je ne suis pas prophète. Nous souhaitons que cela arrive surtout pour le salut de tant d’âmes qui risquent de se perdre pour l’éternité. Mais si vous me permettez, je voudrais vous dire ce que nous pouvons faire pour contribuer au triomphe de la tradition dans l’Église. Nous devons nous-mêmes, chaque catholique, évêque, prêtre fidèle, revenir à la tradition catholique de toujours. Et personne ne doit craindre de se sentir contre les autorités de l’Église [Pas de pape, pas d’autorités, sans la foi. Il ne suffit pas d’occuper les lieux, tels des coucous, il faut conserver et défendre le dépôt de la foi, confirmer ses frères, avec l’assistance de l’Esprit de Vérité, qui ne change pas et ne se contredit pas]. Parce que de fait ce n’est pas aller contre mais au contraire c’est le moyen le plus efficace pour les aider à comprendre qu’il faut revenir à la tradition qui est l’unique et seul futur de la Sainte Église. »

Francesco Boezi

Un radicalisé

«Regnum Galliae, Regnum Mariae, Le Royaume de France est le royaume de Marie »

  • le 10 févier 1638 : consécration de la France par le Roi Louis XIII.

«Regnum Galliae, Regnum Mariae, Le Royaume de France est le royaume de Marie », s’exclamait déjà Urbain II au XIè siècle.

C’est en 1636, que la Sainte Vierge apparaît et demande à Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié, religieuse stigmatisée que le Cardinal de Richelieu tenait en grande estime, que la France lui soit consacrée. L’année suivante, le Roi Louis XIII consacre sa personne et son Royaume à Marie, et avec la Reine, Anne d’Autriche ; par ailleurs le couple royal multiplie prières et pèlerinages pour obtenir un héritier.

La Mère de Dieu répond en apparaissant à un religieux de Notre-Dame des Victoires, tout juste fondée par le Roi, reconnaissant pour ses premiers succès. Elle demande trois neuvaines à Notre-Dame de Cotignac en Provence, Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires. Le caractère surnaturel des faits est rapidement reconnu et la Reine est prévenue. Le religieux, frère Fiacre, achève les trois neuvaines le 5 décembre et c’est neuf mois après, jour pour jour, que naît Louis Dieudonné futur XIV.

Le Frère Fiacre, religieux du couvent des Augustins de Montmartre, à Paris, alors qu’il priait à cette intention reçoit la révélation de la naissance future de Louis XIV, si 3 neuvaines sont célébrées à cet effet : « la première adressée à Notre Dame de Grâces, en Provence, la seconde à Notre Dame de Paris, la troisième à Notre Dame des Victoires. » Entre cette révélation et la possibilité pour le frère Fiacre de convaincre ses supérieurs 6 ans se passent. Le 3 novembre 1637, la Sainte Vierge lui apparaît en tenant un enfant :

«  N’ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu, et l’enfant que vous voyez est le dauphin que Dieu veut donner à la France. » Le 05 décembre 1637 le frère Fiacre termine les neuvaines qu’il n’a pu transmettre à la famille royale. Ce même jour Anne d’Autriche est déclarée enceinte.

Philippe de Champaigne (1602-1674)
Le vœu de Louis XIII à la Vierge
1638 ; Caen, musée des Beaux-Arts.

La confiance du Roi en Notre Dame est telle qu’il consacre immédiatement la France à Marie, à l’annonce de l’attente de l’enfant, sans savoir si c’est un fils ou une fille. Le 10 février 1638, Louis XIII publie l’Édit officiel qui consacre solennellement la France à Marie. En voici le texte :

Consécration de la France à la Sainte Vierge

« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l’esprit qu’il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre État, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d’effets merveilleux de sa bonté que d’accidents qui pouvaient nous perdre.

Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d’en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l’on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l’artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

La rébellion de l’hérésie ayant aussi formé un parti dans l’État, qui n’avait d’autre but que de partager notre autorité, il s’est servi de nous pour en abattre l’orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes qu’à la vue de toute l’Europe, contre l’espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs États dont ils avaient été dépouillés.

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme sa Providence a fondé cet État, sa bonté le conserve, et sa puissance le défend.

Tant de grâces si évidentes font que pour n’en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligé, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l’accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de  » nous consacrer à la grandeur de Dieu  » par son Fils rabaissé jusqu’à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu’à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c’est chose bien raisonnable qu’ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, que, soit qu’il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre (1).

Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand’messe qui se dira en son Église cathédrale, et qu’après les Vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s’observe aux processions générales plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les Archevêques et Évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu’à ladite cérémonie les Cours de Parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d’autant qu’il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d’y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d’admonester tous nos peuples d’avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième. »

Louis (*)

 

Louis XIII meurt sans avoir pu mettre la main au monument qu’il avait projeté; mais Louis XIV se charge d’acquitter la dette de son père. La décoration du chœur de Notre-Dame, entreprise par ce prince, n’est terminée qu’en 1714. Marie est représentée assise au pied de la croix, tenant le Christ mort sur ses genoux ; à droite Louis XIII, et à gauche Louis XIV, qui a voulu se réunir à son père dans cet acte solennel, offrent leur couronne à la Vierge. A la suite de la révolution de 1830, les statues des deux Rois, œuvre de Nicolas Coustou, de Guillaume, son frère, et de Coysevox, sont déposées, par mesure de précaution, dans les musées de l’Etat ; elles ont repris depuis leur place, dans le chœur de Notre-Dame.

 

(*)Tiré de Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l’escalade, page 258 à 263)

Autre lien possible:

http://www.spiritualite-chretienne.com/marie/louis.html

Qu’attendons-nous pour demander à nos évêques d’accomplir l’ordre que le Roi donna aux évêques de France et à leurs successeurs ?

Quelques années plus tard, en 1643, Champaigne peignit Louis XIV, Anne d’Autriche et Philippe d’Orléans (alors duc d’Anjou) commémorant le vœu de Louis XIII :

Philippe de Champaigne (1602-1674)
Louis XIV offrant sa couronne à une Vierge à l’Enfant
1643, Hambourg, Kunsthalle.

Source Le Salon beige

«Regnum Galliae, Regnum Mariae, Le Royaume de France est le royaume de Marie »

Refonder un vrai contrat mondial

Dans cette video postée sur son compte youtube Tatiana Ventôse aborde le discours d’une heure d’Émmanuel Macron à Davos le 24 janvier lors de ce forum économique mondial annuel qui réunit en Suisse les élites économiques mondiales qui se fixent l’objectif et les perspectives des années à venir. Ce n’est pas le chômage qui préoccupe Macron, c’est de « sauver le système ».

Extrait:

« Pour capter l’attention de l’auditoire, Emmanuel Macron a compris que c’était mieux de commencer par une blague sur les climato-sceptiques : cela fait toujours bien de se payer la tête de Donald Trump en bonne société.

Le premier tiers de l’heure du discours de Macron est en anglais. [Comme l’avait aussitôt relevé le site américain Quartz: « Emmanuel Macron est un président différent quand il parle anglais et pas français ». En France quelques rares médias ont relevé que son discours en français n’était pas le même qu’en anglais. [1] Social en français, Emmanuel Macron devient libéral en anglais… [2] NdCR.]

Après cette blague, il commence son discours en disant que la mondialisation est en crise : ‘La mondialisation aujourd’hui est en crise.‘ » Et il poursuit tout de suite avec le gros sabot du danger des nationalistes : ‘Et j’ai dû me battre contre un parti nationaliste (aux présidentielles). Pourquoi ? Parce qu’il y avait de profondes craintes, un manque de compréhension de ce qu’est la mondialisation.’ Au bout de deux minutes de discours on sait immédiatement où il va. C’est assez clair : la menace du nationalisme est très importante. Et il va pointer les différentes responsabilités dans la crise de mondialisation : ‘D’abord, on n’a pas réussi à régler des problèmes : le chômage, le déficit public, la mauvaise croissance. Et cela n’est toujours pas réglé.‘ Donc, il le dit : ils ont mal géré. On se dit qu’il est en train de prendre en compte les véritables responsables des problèmes dans le monde actuel, politiques, économiques, sociaux, etc. On se demande s’il va annoncer qu’il va changer le modèle économique et social. Eh bien en fait non, puisque après il y a cela : ‘Et parce que des gens proposaient de sortir de la mondialisation’. La mondialisation est ‘en crise‘ (le chômage, la dette), mais c’est surtout la faute à ceux qui proposent de sortir de la mondialisation telle qu’elle est actuellement. La menace des méchants est latente dans tout le discours (manichéen et volontairement clivant. NdCR.) d’Emmanuel Macron. Et juste après, il va dire : ‘Il faut qu’on montre que c’est plus juste pour les classes moyennes et laborieuses‘ que la mondialisation est bonne pour elles. Il ne s’agit pas de réellement changer les choses, de changer la manière dont le système fonctionne, mais plutôt de convaincre, voire de persuader les classes moyennes, les classes laborieuses, ces gens qui n’ont rien compris à la mondialisation, qui n’ont pas compris qu’elle était bonne pour eux. Parce que sinon, la menace des extrêmes, et tout ça… : ‘Rendre la France plus innovante, plus compétitive, en vue de financer un système juste‘. Il faut rendre la France plus compétitive pour la rendre plus juste. Là il y a une énorme contradiction. Cela n’est pas de la pensée complexe, c’est de la pensée contradictoire. Et on est bien obligé de noter une certaine ressemblance avec un certain livre de science-fiction 1984, où il y a tout le système de la double pensée et où les gens sont convaincus que ‘La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, et l’ignorance c’est la force‘. On ne voit pas la justice dans le fait de dz donner de l’argent à des gens qui en ont déjà beaucoup et d’en enlever à des gens qui n’en ont pas (Cf. Toute l’escroquerie du discours sur l’augmentation du pouvoir d’achat quand l’argent donné en plus d’un côté dans une désocialisation des heures sup est repris par une augmentation plus fortes des taxes sur le gaz, l’essence, le diesel et autres d’un autre côté.)

Et tous les discours  d’Emmanuel Macron en sont pleins de ces contradictions. La théorie du ‘en même temps‘, dont lui-même se revendique dans ce discours, où en gros il dit tout et son contraire, et il met ‘en même temps‘ au milieu et du coup, ça prend. Par magie, cela fait un truc qui relève de la pensée complexe et pas juste de dire tout et son contraire. (Ce qui dans l’Antiquité était déjà le propre des sophistes démocrates et amoraux dénoncés par Socrate.)

La suite est dans la même veine : il faut plus de protections, mais il faut enlever des lois parce que cela protège trop, il faut moins de lois et plus de consensus qui vienne des entreprises, donc cela veut dire que cela va être les gens les plus hauts placés dans les entreprises qui vont décider par ‘consensus‘ quelle va être la loi dans leur entreprise. Il conclut tout cela en disant : ‘France is back‘, ‘la France est de retour‘. De retour de quoi, ou de retour dans quoi d’ailleurs ? On ne sait pas, mais peu importe !

[…] Puis il poursuit son discours en français et ce qu’il dit ne semblerait pas déplacé dans la bouche d’un alter-mondialiste, d’un anticapitaliste, de quelqu’un qui voudrait sortir de l’Union européenne.Exemple: ‘La croissance économique, ce n’est pas une finalité en soi‘. Et (où il s’adresse aux élites) ‘Cette recherche de croissance économique nous a parfois fait oublier ce que les peuples sont prêts à accepter pour l’obtenir.’ On se demande alors est-ce qu’il va le dire : ‘Nous les élites, nous les gens du système, on se plante depuis des décennies’ ? ‘On a fait croire que la croissance, cela concernait tout le monde. On disait que plus on aura de croissance et plus les problèmes allaient s’arranger. Cela n’est pas vrai, cette croissance est structurellement de moins en moins juste: il y a une concentration sur le 1% le plus riche qui se fait à chaque fois’, a déclaré E. Macron. Les journalistes ont dû se dire : on ne comprend pas tout là, parce que c’est complètement contradictoire avec ce qu’il vient de dire en anglais ! Mais, en prenant la phrase isolée, on peut la prendre comme l’aveu de la part d’un des grands dirigeants mondiaux que la mondialisation telle qu’on la connaît s’est plantée, que les dirigeants que l’on connaît depuis quarante ans se sont plantés, le système s’est complètement planté. Mais en fait pour Emmanuel Macron, le problème n’est pas tant que la mondialisation soit injuste, ce n’est pas tant que le système ne profite pas à tout le monde, le problème est que cela emmerde le peuple et qu’il commence à le dire et que cela les menace… Macron dit tout simplement à ses collègues: les gars, cela commence à se voir, il va falloir que l’on fasse un tout petit peu mieux semblant parce que sinon cela va grave nous retomber sur le nez : ‘Nous, on réfléchit ici de ces enjeux, mais à quelques dizaines de kilomètres d’ici, on a des gens qui croient fermement que la solution c’est la sortie de la globalisation‘, déclare Emmanuel Macron. Autrement dit, la menace c’est l’effondrement du système. ‘Qu’il s’agisse de l’O.N.U., du F.M.I, de l’O.M.C., on a eu de plus en plus de gens qui ont attaqué des institutions en disant nous, nous reprenons en quelque sorte nos droits, on a notre propre approche, on crée des systèmes alternatifs.’ Donc ici, le problème pour Emmanuel Macron, ce n’est pas que le F.M.I. ne fonctionne pas et laisse les marchés complètement dérégulés, le problème est que les gens attaquent et critiquent ce F.M.I. !

Si je ne donne pas un sens à cette mondialisation, si je n’arrive pas à expliquer à ces gens qu’elle est bonne pour eux, ce seront les nationalistes, les extrêmes, ceux qui proposent de sortir de ce système qui gagneront‘. Et voilà. Ceux qui veulent sortir de ce système sont des méchants et il faut les combattre. Lui-même est là pour sauver le système. Rien d’autre. Et il est là pour expliquer à ses collègues maîtres du monde qu’il va falloir faire un meilleur job parce que sinon le système s’effondre, et que, eux, vont s’effondrer avec le système. ‘Et donc on ne peut pas être là simplement à trembler en disant c’est affreux quand des nationalistes, des extrêmes, ou des gens qui même parfois portent des messages terroristes, ou de repli sur soi dans certains autres pays, gagnent. Non.’ Le but, pour empêcher ces méchants : il va falloir refonder un vrai contrat mondial. Si la part de ce contrat n’est pas intégrée dans le modèle des investisseurs, dans le modèle des banques, dans le modèle des entreprises, cela ne marchera pas.

Macron a compris mieux que quiconque que c’est la possible fin d’un système qui se joue là. Mais cela ne veut pas dire qu’il pense qu’il faut qu’on change. Il veut simplement que le système survive. Les gens, là-dedans ne sont pris en compte que si cela représente un facteur de risque pour le système.

Dans son discours, Emmanuel Macron utilise le brouillard, la confusion (rappelons que l’ambiguïté, la confusion – le trouble dans le genre – n’est plus seulement un objectif, c’est un moyen, une méthode). Emmanuel Macron vend le même modèle qu’avant, juste d’une manière un peu plus intelligente que les politiques ne l’ont fait jusqu’à présent. »

Notes

[1] http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/25/a-davos-macron-ne-tient-pas-le-meme-discours-en-francais-quen-anglais-et-meme-les-americains-ne-sont-pas-dupes_a_23343098/

[2] https://francais.rt.com/france/47588-double-discours-davos-social-francais-devient-liberal-anglais

Refonder un vrai contrat mondial