Le bon sens chrétien Hongrois

« S’aimer soi-même signifie aussi aimer notre pays, notre nation, notre famille, notre culture et notre civilisation. »

Orban_viktorExtrait du message de Noël de Viktor Orban :

« Le christianisme est une culture et une civilisation. Nous vivons dedans. Il ne s’agit pas de savoir combien de personnes vont à l’église ou combien prient honnêtement. La culture est la réalité de notre vie quotidienne … La culture chrétienne définit notre morale quotidienne ».

Orbán a visé les ennemis de sa politique, qui prétendent qu’il n’est pas chrétien s’il ne permet pas «à des millions d’extra-européenne à s’installer en Europe» selon le commandement «aime ton prochain comme toi-même» .

« Ils oublient la deuxième partie du commandement ». « S’aimer soi-même signifie aussi protéger tout ce que nous sommes et qui nous sommes. Nous aimer signifie que nous aimons notre pays, notre nation, notre famille, la culture hongroise et la civilisation européenne. »

« Les bases de la vie européenne sont maintenant attaquées ».« Nous ne voulons pas que nos marchés de Noël soient renommés, et nous ne voulons absolument pas nous retrancher derrière des blocs de béton. Nous ne voulons pas que nos rassemblements de Noël soient entourées de peur et de détresse. Nous ne voulons pas que nos femmes, nos filles soient agressées le soir du Nouvel An « 

« Ils veulent que nous arrêtions d’être ce que nous sommes. Ils veulent que nous devenions ceux que nous ne voulons pas être. Ils veulent que nous nous mélangions à des gens d’un autre monde ».

« Les nations libres d’Europe, les gouvernements nationaux élus par des citoyens libres, ont une nouvelle tâche: protéger notre culture chrétienne. »

« Pas pour les autres, mais pour nous-mêmes; pour nos familles, pour notre nation, pour nos pays et pour la «patrie de notre patrie» – pour la défense de l’Europe ».

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Le bon sens chrétien Hongrois

La voix des convertis

Des ex-musulmans devenus catholiques, et leurs amis, à Sa Sainteté le pape François, au sujet de son attitude vis-à-vis de l’islam.

Très Saint Père,

Plusieurs d’entre nous, à maintes reprises, et depuis plusieurs années, avons cherché à vous contacter, et nous n’avons jamais reçu le moindre accusé de réception de nos lettres ou demandes de rencontre. Vous n’aimez pas les mondanités, et nous non plus, aussi permettez-nous de vous dire très franchement que nous ne comprenons pas votre enseignement au sujet de l’islam, tel que nous le lisons par exemple dans les paragraphes 252 et 253 de Evangelii gaudium, parce qu’il ne rend pas compte du fait que l’islam venant APRÈS le Christ, est, et ne peut être qu’un Antichrist (Cf. 1 Jn 2.22), et l’un des plus dangereux qui soient du fait qu’il se présente comme l’accomplissement de la Révélation (dont Jésus n’aurait été qu’un prophète). Si l’islam est en lui-même une bonne religion, comme vous semblez l’enseigner, pourquoi sommes-nous devenus catholiques ? Vos propos ne remettent-ils pas en cause le bienfondé du choix que nous avons fait… au péril de notre vie ? L’islam prescrit le meurtre des apostats (Coran 4.89 ; 8.7-11), l’ignorez-vous ? Comment est-il possible de comparer la violence islamique et la prétendue violence chrétienne ?! « Quel rapport entre le Christ et Satan ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? (2 Co 6.14-17) » Conformément à Son enseignement (Lc 14.26), nous L’avons préféré, Lui, le Christ, à notre propre vie. Ne sommes-nous pas bien placés pour vous parler de l’islam ?

En réalité, du moment que l’islam veut que nous soyons son ennemi, nous le sommes, et toutes nos protestations d’amitié n’y pourront rien changer. En bon Antichrist, l’islam n’existe qu’en étant l’ennemi de tous : « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul ! (Coran 60.4) ». Pour le Coran, les chrétiens « ne sont qu’impureté (Coran 9.28) », « les pires de la Création (Coran 98.6) », tous condamnés à l’Enfer (Coran 4.48), aussi Allah doit-il les exterminer (Coran 9.30). Il ne faut pas se laisser abuser par les versets coraniques réputés tolérants, car ils ont tous été abrogés par le verset du Sabre (Coran 9.5). Alors que l’Évangile annonce la bonne nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour le salut de tous, accomplissement de l’Alliance initiée dans le peuple hébreu, Allah n’a rien d’autre à proposer que la guerre et le meurtre des « infidèles » en échange de son paradis : « Ils combattent dans le chemin d’Allah, ils tuent et se font tuer. (Coran 9.111) ». Nous ne faisons pas d’amalgame entre islam et musulmans, mais si pour vous le « dialogue » est la voie de la paix, pour l’islam il est une autre façon de faire la guerre. Aussi, comme il l’a été face au nazisme et au communisme, l’angélisme face à l’islam est suicidaire et très dangereux. Comment parler de paix et cautionner l’islam, ainsi que vous semblez le faire : « Arracher de nos cœurs la maladie qui empoisonne nos vies (…) Que ceux qui sont chrétiens le fassent avec la Bible et que ceux qui sont musulmans le fassent avec le Coran. (Rome, 20 janvier 2014) » ? Que le Pape semble proposer le Coran comme voie de salut, n’est-ce pas inquiétant ? Devrions-nous retourner à l’islam ?

Nous vous supplions de ne pas chercher en l’islam un allié dans le combat que vous menez contre les puissances qui qui veulent dominer et asservir le monde, car ils sont tous en réalité dans une même logique totalitaire, fondée sur le rejet de la royauté du Christ (Lc 4.7). Nous savons que la Bête de l’Apocalypse cherchant à dévorer la Femme et son Enfant, a plusieurs têtes… Allah défend d’ailleurs de telles alliances (Coran 5.51) ! Et surtout, les prophètes ont toujours reproché à Israël sa volonté d’alliance avec les puissances étrangères, au détriment de la confiance absolue qu’il faut avoir en Dieu. Certes, la tentation est forte de penser que tenir un discours islamophile épargnera un surcroît de souffrances aux chrétiens en pays devenus musulmans, mais outre que Jésus ne nous a jamais indiqué d’autre chemin que celui de la Croix, en sorte que nous devons y trouver notre joie, et non la fuir avec tous les damnés, nous ne doutons pas que seule la proclamation de la Vérité apporte avec le salut, la liberté (Jn 8.32). Notre devoir est de rendre témoignage à la vérité « à temps et à contretemps (2 Tm 4.2) », et notre gloire est de pouvoir dire avec saint Paul : « Je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. (1 Co 2.2) ».

Corrélativement au discours de Votre Sainteté sur l’islam, et alors même que le Président Erdogan, entre autres, demande à ses compatriotes de ne pas s’intégrer dans leurs pays hôtes, que l’Arabie Saoudite et toutes les pétromonarchies n’accueillent aucun réfugié, expressions parmi d’autres du projet de conquête et d’islamisation de l’Europe, officiellement proclamé par l’OCI et d’autres organisations islamiques depuis des décennies, Très saint Père, vous prêchez l’accueil des migrants sans tenir compte du fait qu’ils sont musulmans, alors que le commandement apostolique l’interdit : « Si quelqu’un vient à vous en refusant l’Évangile, ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 10-11) » ; « Si quelqu’un vous annonce un évangile différent, qu’il soit maudit ! (Ga 1.8-9) ».

De même que « J’ai eu faim et vous ne M’avez pas donné à manger. (Mt 25.42) » ne peut pas signifier que Jésus aurait aimé avoir été un parasite, de même « J’étais un étranger et vous M’avez accueilli. » ne peut pas signifier « J’étais un envahisseur et vous M’avez accueilli. », mais « J’ai eu besoin de votre hospitalité, pour un temps, et vous Me l’avez accordée ». Le mot ξένος (Xénos) dans le Nouveau Testament ne renvoie pas seulement au sens d’étranger mais à celui d’hôte (Rm 16.23 ; 1 Co 16.5-6 ; Col 4.10 ; 3 Jn 1.5). Et lorsque YHWH dans l’Ancien Testament commande de bien traiter les étrangers parce que les Hébreux ont eux-mêmes été étrangers en Égypte, c’est à la condition que l’étranger s’assimile si bien au peuple élu qu’il en prenne la religion et en pratique le culte… Jamais il n’est question d’accueillir un étranger qui garderait sa religion et ses coutumes ! Aussi, nous ne comprenons pas que vous plaidiez pour que les musulmans pratiquent leur culte en Europe. Le sens de l’Écriture ne doit pas être donné par les tenants du mondialisme, mais dans la fidélité à la Tradition. Le Bon Berger chasse le loup, il ne le fait pas entrer dans la bergerie.

Le discours pro-islam de Votre Sainteté nous conduit à déplorer que les musulmans ne soient pas invités à quitter l’islam, que nombre d’ex-musulmans, tel Magdi Allam, quittent l’Église [conciliaire], écœurés par sa lâcheté, blessés par des gestes équivoques, confondus du manque d’évangélisation, scandalisés par l’éloge fait à l’islamAinsi les âmes ignorantes sont-elles égarées, et les chrétiens ne se préparent pas à la confrontation avec l’islam, à laquelle les a appelés saint Jean Paul II (Ecclesia in Europa, n°57). N’avez-vous jamais entendu votre confrère Mgr Emile Nona, archevêque catholique chaldéen, exilé, de Mossoul, nous crier : « Nos souffrances actuelles sont le prélude de celles que vous, Européens et chrétiens occidentaux, allez souffrir dans un proche avenir. J’ai perdu mon diocèse. Le siège de mon archevêché et de mon apostolat a été occupé par des islamistes radicaux qui veulent que nous nous convertissions ou que nous mourrions. (…) Vous accueillez dans votre pays un nombre toujours croissant de musulmans. Vous êtes aussi en danger. Vous devez prendre des décisions fortes et courageuses (…). Vous pensez que tous les hommes sont égaux, mais l’Islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. (…) Si vous ne comprenez pas ceci très vite, vous allez devenir les victimes de l’ennemi que vous avez accueilli chez vous. (9 août 2014) ». C’est une question de vie ou de mort, et toute complaisance face à l’islam est une trahison. Nous ne voulons pas que l’Occident continue à s’islamiser, ni que votre action y contribue. Où irions-nous à nouveau chercher refuge ?

Permettez-nous de demander à Votre Sainteté de convoquer rapidement un synode sur les dangers de l’islam. Que reste-t-il en effet de l’Église là où l’islam s’est installé ? Si elle y a encore droit de cité, c’est en dhimmitude, à condition qu’elle n’évangélise pas, qu’elle doive donc se renier elle-même… Dans un souci de justice et de vérité, l’Église doit montrer au grand jour pourquoi les arguments avancés par l’islam pour blasphémer la foi chrétienne sont faux. Si l’Église a le courage de faire cela, nous ne doutons pas que par millions, des musulmans, et d’autres hommes et femmes cherchant le vrai Dieu, se convertiront. Comme vous l’avez rappelé : « Celui qui ne prie pas le Christ, prie le Diable. (14.03.13) ». Si les gens savaient qu’ils vont en Enfer, ils donneraient leur vie au Christ (Cf. Coran 3.55).

Avec le plus profond amour pour le Christ qui, par vous, conduit Son Église, nous, chrétiens venus de l’islam, soutenus par nombre de nos frères dans la foi, notamment les chrétiens d’Orient, et par nos amis, nous demandons à Votre Sainteté de confirmer notre conversion à Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, seul Sauveur, par un discours franc et droit sur l’islam, et, Vous assurant de nos prières dans le cœur de l’Immaculée, nous sollicitons votre bénédiction apostolique.

 

La voix des convertis

« Saint » Jean XXIII et le secret

JEAN XXIII OCCULTE LE TROISIÈME SECRET

L’enveloppe cachetée contenant le 3° Secret fut remise au pape Jean XXIII à Castelgandolfo, le 17 août 1959. Le Pape l’ouvrit quelques jours plus tard.

Citons le témoignage de Mgr Capovilla, son secrétaire privé : «Jean XXIII me dit : “Écrivez.” Et j’écrivis sous sa dictée : “Le Saint-Père a reçu ce document des mains de Mgr Philippe. Il a décidé de le lire vendredi, en présence de son confesseur. Ayant constaté l’existence de locutions peu claires, il a appelé Mgr Tavares, qui traduisit. Il l’a fait lire à ses collaborateurs les plus proches. Finalement, il a décidé de refermer l’enveloppe en disant : “Je ne porte pas de jugement. Silence face à ce qui peut être une manifestation du divin ou peut ne pas l’être.” »

Le 8 février 1960, le simple communiqué d’une agence de presse portugaise, l’Agencia Nacional de Informaçao, annonçait que le 3° Secret ne serait pas divulgué.

« La décision des autorités vaticanes, précise-t-il, se fonde sur les raisons suivantes :

« 1. La sœur Lucie est encore vivante.

« 2. Le Vatican connaît déjà le contenu de la lettre.

« 3. Bien que l’Église reconnaisse les apparitions de Fatima, elle ne désire pas prendre la responsabilité de garantir la véracité des paroles que les trois pastoureaux dirent que la Vierge Marie leur avait adressées.
«Dans ces circonstances, il est très probable que le “Secret de Fatima” sera maintenu, pour toujours, sous le plus absolu secret.»

Non seulement Jean XXIII ne parla jamais publiquement du 3° Secret, mais il se montrait contrarié lorsqu’on l’évoquait devant lui, ou si on le questionnait sur ce sujet. Un jour, il répondit au futur cardinal Oddi : «Ne me parlez pas de cela !» Le prélat insista néanmoins : « Si vous voulez, je ne vous en parle plus, mais je ne peux pas empêcher les gens d’en parler. J’ai dû moi-même faire une centaine de prêches pour annoncer sa révélation.» Le Pape répliqua : «Je vous ai dit de ne pas m’en parler !»

John Haffert, le fondateur de l’Armée bleue, constata les effets néfastes de la décision et des procédés de Jean XXIII : «L’année 1960 se passa sans que le Pape ait dévoilé le Secret qui lui avait été confié. Il ne fit même pas savoir s’il l’avait ouvert. Le silence de Rome pesa lourdement sur nous; les gens commencèrent à murmurer que Fatima était une histoire montée, qu’il n’y avait pas de Secret, que “le Secret de 1960 ” était une mystification… En 1964, l’effet du long silence concernant le Secret semblait toujours nous envelopper comme un drap mortuaire.»

L’UTOPIE DE LA COEXISTENCE PACIFIQUE

Comment expliquer cette attitude de Jean XXIII ? Selon le Père Alonso, il aurait même déclaré, après avoir lu le troisième Secret : «Cela ne concerne pas les années de mon pontificat.»

L’explication, aujourd’hui bien connue, tient dans le fait que Jean XXIII minimisait l’ampleur et la violence des attaques subies par l’Église catholique. Il demeurait donc fermé à la compréhension du Secret et entendait poursuivre une utopique politique de conciliation avec les dirigeants soviétiques. (…)

Par ses déclarations, il accréditait la prétendue politique internationale de “coexistence pacifique” et de détente, menée par les bolcheviques pour endormir et duper les Occidentaux. Cette Ostpolitik culmina, en avril 1963, avec la publication de son encyclique sur la paix dans le monde, « Pacem In Terris« , dont il adressa un exemplaire traduit en russe à Khrouchtchev.

Le quotidien soviétique, les Izvestia, s’empressa d’en tirer parti en observant qu’en «intervenant dans la sphère politique, le Pape faisait preuve d’une certaine tolérance envers les communistes athées».

On comprend leur satisfaction puisque, dans « Pacem In Terris », le Souverain Pontife ne considérait pas la Chrétienté, il n’examinait pas les périls qui la menaçaient. (…) En revanche, il reconnaissait officiellement la “Charte des Droits de l’Homme” des Nations unies, et il prônait une communauté mondiale libre, égale et fraternelle, fondée sur la bonne volonté de tous les hommes. Tant et si bien que cette longue encyclique sur “la paix entre les hommes et entre toutes les nations” ne contenait pas même une allusion à l’Immaculée Vierge Marie, laquelle est pourtant, selon les révélations de Fatima, la seule Dispensatrice du Don divin de la Paix.

VATICAN II ET FATIMA : DEUX ESPRITS CONTRADICTOIRES

Croyant donner corps à son utopie en invitant des “observateurs” russes au concile Vatican II, Jean XXIII conclut un accord en bonne et due forme avec Moscou, aux termes duquel leur présence au Concile aurait pour contrepartie le silence des Pères sur le communisme. (…)

«De fait, et même par une fraude patente, cent fois dénoncée, non pas sanctionnée mais couverte et assumée par l’autorité suprême, il n’y eut au Concile, malgré la pétition de nombreux Pères, aucune condamnation du communisme athée, aucune fulmination d’anathème contre ses séides et ses complices chrétiens, aucune dénonciation de son impérialisme, esclavagiste et persécuteur. Le plus grand Concile de tous les temps (soi-disant) demeura sourd et aveugle au plus grand phénomène d’inhumanité de tous les temps : l’expansion mondiale du bolchevisme. Ainsi lui prêta-t-il sourdement une aide décisive.»

Le 11 octobre 1962, dès son discours d’ouverture du concile Vatican II, Jean XXIII appliquait les clauses du pacte conclu avec le diable en prenant le contre-pied de la vision prophétique du 3° Secret, bravant ainsi l’Autorité de l’Immaculée Mère de Dieu.

«Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin.» (…)

Dès lors, toutes les grandes orientations de Vatican II seront en contradiction avec le Message de Notre-Dame de Fatima. À chacun des éléments de la Demande de la Vierge concernant l’Acte de Réparation et de Consécration de la Russie, s’oppose radicalement l’une ou l’autre des nouveautés doctrinales de Vatican II. Le Concile ne pouvait pas en même temps louer “les valeurs spirituelles (sic !) présentes en toute religion et même dans l’athéisme”, et poser un acte solennel et public de réparation pour les impiétés commises en Russie par les bolcheviques !

MARIE MÉDIATRICE MÉPRISÉE

De plus, l’œcuménisme congarien, imposé à Vatican II par la minorité progressiste, conduisit le Concile à bafouer les Prérogatives de l’Immaculée médiatrice, et à mépriser l’essentiel du Message de Fatima selon lequel «Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie».

Lors de la préparation du Concile, trois cents évêques avaient demandé expressément la définition dogmatique de la Médiation Universelle de la Très Sainte Vierge. Ce fut en vain ! Devant la commission centrale préparatoire, le cardinal Montini, futur pape Paul VI, osa affirmer, le 20 juin 1962 : «La proposition d’un nouveau titre, surtout celui de Médiatrice, à accorder à Marie très Sainte, me paraîtrait inopportune et même damnable (damnosa)» !

Le Concile n’allait donc traiter de la Très Sainte Vierge que dans le dernier chapitre de la constitution sur l’Église. Le Père Congar, satisfait, notait dans son journal intime : «La mariologie, du moins celle qui veut toujours ajouter, est un vrai cancer.»

À Marie Médiatrice, on préféra un nouveau titre marial : Marie, Mère de l’Église. L’abbé Laurentin remarque que «Jean XXIII a employé plusieurs fois le titre de “Mère de l’Église”, à la suite de Léon XIII, mais n’a jamais employé ceux de co-Rédemptrice et de Médiatrice». (…)

Il y eut toutefois plusieurs évêques pour s’alarmer de ce mépris du Culte de la Sainte Vierge. Le cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne, au nom de cent treize évêques, réclama que soit recommandée explicitement la Dévotion au saint Rosaire. La commission qui préparait le chapitre sur la Vierge Marie, rejeta la demande ! Le Rosaire et le Chapelet ne seront donc pas mentionnés dans les Actes de Vatican II ! (…)

«Sœur Lucie, écrit le Père Alonso, a sans doute beaucoup souffert intimement de la réforme liturgique. On n’y a pas respecté une tradition vénérable qui s’était constituée peu à peu au cours des siècles autour de la signification liturgique spécifique de la fête du Cœur de Marie. Et on n’a ni respecté ni suivi une Révélation du Ciel qui se manifestait avec toutes les garanties de l’Église, à savoir que la Dévotion à ce Cœur Immaculé est une nécessité pour l’Église de notre temps. Ce Cœur se présente avec toute sa Valeur d’espérance eschatologique et, du moins dans la nouvelle réforme de la liturgie, cette espérance a été occultée.»

(Extraits de « Fatima, Salut du monde » par Frère François de Marie des Anges. 2007, p. 283-308)

« Saint » Jean XXIII et le secret

L’apôtre de la nouvelle religion

Teilhard de Chardin : L’architecte de Vatican II que vous devez connaître

Rédigé par : H. Reed Armstrong  Sur One Peter Five Le 27 novembre 2017

Au milieu du quatrième siècle, Saint Jérôme a remarqué que le monde « se réveillait avec un gémissement pour se retrouver Arien ». L’Arianisme a divisé l’Église et l’Empire des quatrième et cinquième siècles et davantage en affirmant que le Logos Divin, Jésus-Christ, n’était pas de la même substance (homoousios) que le Père et non co-éternel avec le Père tel que défini au Concile de Nicée (325). Certains ont cherché à remplacer le terme précédent par homoiousios, « de même nature » afin de trouver une solution pacifique. Cependant, comme l’Église Catholique l’a toujours enseigné, la vérité doit être présentée entière et complète, sans subterfuge ni compromis.

Au milieu du vingtième siècle, on aurait pu paraphraser Saint Jérôme : « Le monde s’éveilla, sans trop de gémissement, pour se retrouver Teilhardien ».

Toujours troublée par l’affaire Galilée, l’Église regarda en arrière pour essayer d’incorporer la Foi et la science en fonction du bon sens de l’enseignement Catholique. Suite au Procès du Singe ( Au Tennessee en 1925 — voir détails en fin d’article ), la théorie de l’évolution de Darwin était de plus en plus présentée comme un dogme par la communauté scientifique et le Père Pierre Teilhard de Chardin, SJ (1881-1955) a pris sur lui de réconcilier l’évolution Darwinienne et la théologie Catholique [i] .

En fait, Teilhard a été censuré et exilé par ses Supérieurs Jésuites en 1923 pour avoir remis en question la Doctrine du péché originel et de la damnation éternelle. En 1947, à son retour de son bannissement en Chine, il fut une nouvelle fois censuré par le Saint-Office, le Pape Pie XII lui-même ayant qualifié son travail de « fosse d’erreurs ». Cependant, Teilhard commença à insinuer ses idées parmi ses collègues Jésuites à la théologate [ Le Watergate de la théologie ] La Fourvière à Lyon au moyen de monographies non signées et ronéotypées. Vers le milieu des années 1950, ses théories ont été vantées par de nombreux Jésuites, notamment Karl Rahner, Hans Urs von Balthasar, le Cardinal Carlo Maria Martini et surtout Henri de Lubac, qui écrivait de Teilhard : « Nous n’avons pas besoin de nous préoccuper d’un certain nombre de détracteurs de Teilhard chez qui l’émotion a émoussé l’intelligence » [ii] . Au moment de l’ouverture du Concile Vatican II en octobre 1962, la Compagnie de Jésus avait presque abandonné la théologie néo-scolastique de Francisco Suarez en faveur de la « cosmogénèse » évolutive Teilhardienne.

La raison de la popularité de Teilhard, comme indiquée ci-dessus, était sa résolution apparente des différences entre la vérité religieuse telle que proposée par l’Église Catholique et le « fait » scientifique proposé par l’évolution Darwinienne. Le problème était que sa solution n’était ni particulièrement scientifique ni particulièrement Catholique, un fait qu’il a admis en privé à sa cousine Léontine Zanta en 1936 :

« Ce qui domine de plus en plus mes intérêts, c’est l’effort d’établir en moi et de définir autour de moi une nouvelle religion (appelez cela un meilleur Christianisme, si vous voulez) où le Dieu personnel cesse d’être le grand propriétaire monolithique du passé pour devenir l’Âme du Monde qui est l’étape que nous avons atteinte et que le monde appelle religieusement et culturellement ». [iii]

Cette synthèse proposée n’est pas un « nouveau et meilleur Christianisme » , mais plutôt une négation de la Foi Catholique, telle que présentée dans la Constitution Dogmatique définitive de Vatican I : Dei Filius (24 Avril, 1870) :

Deus … est re et essentia a mundo distinctus, en se et ex se beatissimus, et super omnia quae praeter ipsum sunt et concipi possunt, ineffabiliter excelsus. (Dieu … doit être proclamé comme réellement et par essence distinct du monde, très-heureux en soi et de soi, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de lui).
Le « Dieu » de Teilhard, « l’âme du monde », est identique à la nature et par conséquent sujet à changement. Comme Teilhard explique dans son livre l’énergie humaine :

« En conséquence directe du processus unitif par lequel Dieu nous est révélé, il se « transforme » en quelque sorte en nous incorporant. … Je vois dans le monde un produit mystérieux d’achèvement et d’accomplissement pour l’Être Absolu Lui-Même ». [iv]

Et encore :

« [Dieu] évolue, via une « complexification » et une « convergence » vers sa propre perfection, immergé dans la matière. ... L’un est inséparable de l’autre ; on n’est jamais sans l’autre […] … Aucun esprit ( pas même Dieu dans les limites de notre expérience ) n’existe, ni ne peut exister structurellement sans un multiple associé, pas plus qu’un centre peut exister sans son cercle ou sa circonférence […] … [ Dans ] un sens concret, il n’y a pas de matière et d’esprit, tout ce qui existe est la matière devenant l’esprit [ Dieu ] ». [v]

Il faut noter que, nulle part dans l’ériture de Teilhard, on ne trouve de mention d’êtres ou d’entités purement spirituels dans le cosmos existant. Il n’y a aucune mention d’anges ou de démons, ni de Satan, ni de Saint Michel, ni d’anges gardiens, ni de mention d’un jugement particulier ou de l’existence de l’Enfer.

Le « Dieu » de Teilhard est ni plus ni moins que le « dieu » du Panthéisme tel qu’Il est décrit ( et rejeté ) par Saint Pie IX dans son allocution Maxima quidem du 9 juin 1862 :

« Il n’existe pas d’Être Suprême, parfait dans Sa sagesse et dans Sa Providence et distinct, toutes choses sont Dieu et ont la substance même de Dieu. Dieu est donc la même chose que le monde et par conséquent l’esprit s’identifie à la matière, la nécessité à la liberté, la vérité au mensonge, le bien au mal et la justice à l’injustice ».

Teilhard, à travers son déni du péché originel et du besoin conséquent de rédemption, a essayé d’injecter le Christ dans son panthéisme en le nommant « Christ Cosmique » ou l’« Alpha » et l’« Oméga » de la Révélation. Le Christ est une émanation de Dieu infusée dans la matière depuis le commencement, évoluant, né dans ce monde, mort et ressuscité des morts, et monté — non pas au Ciel, mais dans la « noosphère », un niveau spirituel entourant la terre, où tous les esprits contenus dans la matière convergeront finalement vers le « Point Omega » où le Christ nous attend, nous guidant avec un « amour inconditionnel ». Au « Point Oméga », nous, et le cosmos entier, jusqu’à l’atome le plus petit, serons divinisés, et « Dieu » sera « Tout en tous » [vi] . La citation a été sélectivement choisie dans la Première Lettre de Saint Paul à Corinthiens 15 :28. Si ce « Tout en tous » sera totalement spirituel, comme dans le Bouddhisme et les autres religions Orientales avec lesquelles il partage des similitudes, ou si, comme d’autres l’affirment, les humains, vivant à la fin des temps, le « Point Oméga » deviendra « transhumaniste » remplie de la connaissance transformatrice de la « noosphère » ( certains même en citant l’Internet ), n’est pas clair dans les écrits de Teilhard.

Quant à Teilhard, le problème du mal n’est pas dû à la malice angélique ou humaine, mais est un effet secondaire inévitable du processus évolutif : « Dans notre perspective moderne d’un Univers en processus de cosmogenèse, le problème du mal n’existe plus ». Le « Multiple » est « essentiellement soumis au jeu des probabilités du hasard dans ses arrangements ». Il est « absolument incapable de progresser vers l’unité sans engendrer [ le mal ] ici ou là par la nécessité statistique » [vii] . Il apparaît donc qu’il n’y a pas de place pour l’erreur ou le péché, car tout évolue inévitablement vers le « Point Oméga » attiré par l’amour infini du Christ.

En effet, pour Teilhard, le Corps Mystique du Christ « forme un centre cosmique pour l’humanité et tout l’univers matériel » [viii] . Cette idée, il prétend l’avoir trouvée dans Saint Paul. Le passage — « Or, vous êtes le Corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce Corps ». (I Cor 12 :27) — révèle l’humanité dans ses diverses fonctions pour être le Corps Mystique. Ceci est une lecture erronée de Saint Paul, qui parle clairement de la communauté Chrétienne baptisée.

« Dieu est juste : il rendra détresse pour détresse à ceux qui vous font souffrir, et il vous donnera l’apaisement, à vous qui souffrez, [les disciples du Christ] et à nous aussi. Cela se passera quand le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec ses anges puissants ; Il viendra dans un feu flamboyant,. Ceux-ci [qui vous affligent maintenant] seront punis d’avoir refusé de connaître Dieu et qui n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus ». (2 Th1 : 6-8)

Cela contredit aussi les paroles de Notre Seigneur Lui-Même :

« Je te prie pour eux. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as confiés, car ils t’appartiennent. Tout ce que j’ai est à toi et tout ce que tu as est à moi ; et ma gloire se manifeste en eux. Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; moi je vais à toi. Père saint, garde-les par ton divin pouvoir, celui que tu m’as accordé, afin qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un. Pendant que j’étais avec eux, je les gardais par ton divin pouvoir, celui que tu m’as accordé. Je les ai protégés et aucun d’eux ne s’est perdu, à part celui qui devait se perdre, pour que l’Écriture se réalise. Et maintenant je vais à toi. Je parle ainsi pendant que je suis encore dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie, une joie complète. Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, comme moi je n’appartiens pas au monde. Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, comme moi je n’appartiens pas au monde ». (Jn 17 : 9-16)

Pour Teilhard, toutes les religions sont une tentative de réaliser cette transformation ultime, menée par le Christ Cosmique, qui anime, aime et attend tout le monde au Point Oméga.

Teilhard ne nie pas le rôle de l’Église dans la réalisation de sa vision de la cosmogenèse. Dans une lettre à son ami Auguste Valensin, SJ, il écrit :

« Je crois en l’Église, médiatrice entre Dieu et le monde […] … L’Église, la partie du monde christifiée par réflexion, l’Église, foyer principal des affinités interhumaines à travers la super-charité, l’Église, axe central de la convergence universelle et le point de contact précis entre l’univers et le point Omega. … L’Église Catholique, cependant, ne doit pas simplement chercher à affirmer sa primauté et son autorité, mais tout simplement à présenter au monde le Christ universel, le Christ dans la dimension humaine-cosmique, comme animateur de l’évolution »

Teilhard donc dit :

« Nous devons travailler vers un œcuménisme ouvert non seulement au Christianisme, mais aussi aux autres religions, car toutes les religions de nécessité intérieure convergent dans le Christ cosmique et sont destinées à trouver leur achèvement dans l’unique Église du Christ ».

Ayant supprimé un ordre surnaturel éternel, il n’y a pas de place pour la « grâce sanctifiante » accordée gratuitement par Dieu, en particulier à travers les Sacrements ( prérequis Catholiques historiques pour le salut éternel ). Tout ce qui existe est le mouvement avant du cosmos vers l’unité dans le Christ Cosmique, qui nous anime et nous attend au Point Oméga.

Quant à l’Eucharistie, selon Teilhard, c’est par l’Eucharistie que l’Église divinise peu à peu le monde : « L’adhésion au Christ dans l’Eucharistie doit inévitablement, ipso facto, nous incorporer un peu plus pleinement à chaque occasion dans une christogénèse qui elle-même … n’est autre que l’âme de la cosmogenèse universelle ».

Voici un extrait de la Messe sur l’(Autel du) monde de Teilhard de Chardin :

« Puisqu’une fois encore, Seigneur … Je n’ai ni pain, ni vin, ni autel, je m’élèverai au-delà de ces symboles, jusqu’à la pure majesté du réel lui-même ; moi, votre prêtre, je ferai de mon autel le monde entier et je vous offrirai tous les travaux et les souffrances du monde […] … Je mettrai sur ma patène, ô Dieu, la moisson à gagner par ce renouvellement du travail. Dans mon calice, je verserai toute la sève qui doit être pressée aujourd’hui des fruits de la terre […] … Mon calice et ma patène sont les profondeurs d’une âme largement ouverte à toutes les forces qui, en un instant, se lèveront de tous les coins de la terre et convergeront vers l’Esprit. Accordez-moi le souvenir et la présence mystique de tous ceux que la lumière réveille à un jour nouveau […] … J’appelle devant moi toute la vaste armée anonyme de l’humanité vivante ; ceux … qui, à travers leur vision de la vérité ou malgré leur erreur, croient vraiment au progrès de la réalité terrestre et qui aujourd’hui reprennent leur poursuite passionnée de la lumière […] … C’est la matière de mon sacrifice, le seul matériel que vous désirez [.] … Recevez, Seigneur, cette hostie universelle que toute votre création, mue par votre magnétisme, vous offre à l’aube d’un nouveau jour ».

Dans la « Messe » de Teilhard, il n’y a aucune mention de la mort propitiatoire du Christ sur la Croix pour le salut des âmes, ni de la transsubstantiation [ix], des Espèces Eucharistiques dans le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. Il s’agit plutôt d’une offrande de toutes les épreuves et de toutes les œuvres de l’humanité pour construire une future réalité terrestre commune divinisée.

Compte tenu de ce bref résumé, il devrait être clair que le « nouveau et meilleur Christianisme » de Teilhard est un hymne à l’évolution Darwinienne élevée au niveau de la théorie universelle et a peu ou rien en commun avec la Christologie Catholique traditionnelle.

Il n’est donc pas surprenant que, lors de l’ouverture du Concile Vatican II, le Saint-Office, sous le Pontificat du Pape Jean XXIII, a publié le « monitum suivant ( i.e. l’avertissement ) » :

« Avertissement. – Certaines oeuvres, mêmes posthumes, du Père P. Teilhard de Chardin se répandent et connaissent un succès qui n’est pas mince. « Sans juger ce qui concerne les sciences positives, il est suffisamment manifeste qu’en matière philosophique et théologique lesdites œuvres fourmillent d’ambiguïtés ou plutôt d’erreurs graves qui portent atteinte à la Doctrine catholique.

« C’est pourquoi les Éminences et Révérends Pères de la Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office invitent tous les Ordinaires, et aussi les Supérieurs d’Instituts religieux, les Supérieurs de Séminaires et les Recteurs d’Universités, à défendre efficacement les esprits, surtout des jeunes, contre les dangers des œuvres du P. Teilhard de Chardin et de ses acolytes. »

« Rome, Saint-Office, le 30 juin 1962 » »

Il semblerait que l’affaire était close ; cependant, ça ne l’a pas été. Sous l’influence des Jésuites periti ( conseillers ), en particulier Henri de Lubac et Hans Urs von Balthasar, la vision Teilhardienne est réapparue [x] . Le Pape Paul VI a écrit provisoirement dans une adresse de 1966 contenue dans Insegnimenti di Paulo VI, la compilation officielle de sa pensée : « Teilhard de Chardin, qui a donné une explication de l’univers qui, parmi beaucoup de choses fantastiques et imprudentes, a néanmoins compris comment trouver le principe intelligent que l’on devrait appeler Dieu à l’intérieur de tout. La science elle-même nous oblige donc à être religieux. Celui qui est intelligent doit s’agenouiller et dire : « Dieu est présent ici » » [xi] .

La véritable révolution, selon l’Archevêque Vincenzo Paglia, actuel président de l’Académie Pontificale pour la Vie, a commencé avec le Pape Jean-Paul II et sa lettre à l’Académie Pontificale des Sciences le 22 octobre 1996, lorsqu’il a affirmé :

« De nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse. Il est en effet remarquable que cette théorie se soit progressivement imposée à l’esprit des chercheurs, à la suite d’une série de découvertes faites dans diverses disciplines du savoir. La convergence, nullement recherchée ou provoquée, des résultats de travaux menés indépendamment les uns des autres, constitue par elle même un argument significatif en faveur de cette théorie ».

Le 12 mai 1981, à l’occasion du centenaire de la naissance de Teilhard, le Cardinal Secrétaire d’État Agostino Casaroli écrit au Cardinal Poupard, Recteur de l’Institut Catholique de Paris :

« La communauté scientifique internationale et, plus largement, l’ensemble du monde intellectuel, s’apprêtent à célébrer le centenaire de la naissance du Père Pierre Teilhard de Chardin. … Je suis heureux, Monsieur le Président, de vous communiquer ce message au nom du Saint-Père [ Pape Jean-Paul II ] à tous les participants à la conférence que vous présidez à l’Institut Catholique de Paris en hommage au Père Teilhard de Chardin, et je vous assure de mon dévouement fidèle ».

Cependant, deux mois plus tard, le Bureau de Presse du Vatican, a réaffirmé le monitum, qui reste en vigueur.

Communiqué du Bureau de Presse du Saint-Siège ( imprimé dans L’Osservatore Romano, édition anglaise, 20 juillet 1981 ) :

« La lettre envoyée par le Cardinal Secrétaire d’État à Son Excellence Mgr Poupard à l’occasion du centenaire de la naissance du Père Teilhard de Chardin a été interprétée dans une certaine partie de la presse comme une révision des positions précédentes prises par le Saint-Siège à l’égard de cet auteur, et en particulier du Monitum du Saint-Office du 30 juin 1962 qui a souligné que le travail de l’auteur contenait des ambiguïtés et de graves erreurs doctrinales. La question a été posée de savoir si une telle interprétation est bien fondée ».

« Après avoir consulté le Cardinal Secrétaire d’État et le Cardinal Préfet de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui, par ordre du Saint-Père, avaient été dûment consultés à propos de la lettre en question, nous sommes en mesure de répondre par la négative ».

SS Jean-Paul II, faisant écho à la « Messe sur l’autel du monde » de Teilhard, continua dans son éloge de Teilhard :

« L’Eucharistie est aussi célébrée pour offrir « sur l’autel de toute la terre l’œuvre et la souffrance du monde » dans les belles paroles de Teilhard de Chardin ». [xii]

L’éloge a été poursuivi par le Cardinal Ratzinger, qui a dit dans Les principes de la théologie Catholique :

« L’impulsion donnée par Teilhard de Chardin a exercé une grande influence [ sur le Concile ]. Avec une vision audacieuse, il intégra les mouvements historiques du Christianisme dans le grand processus cosmique d’évolution de l’Alpha en Oméga. … » La Constitution Pastorale sur l’Église dans le Monde Moderne » (Gaudium et Spes) du Concile s’en est inspiré ; le slogan de Teilhard « Le Christianisme signifie plus de progrès, plus de technologie » est devenu un stimulant dans lequel les Pères Conciliaires des pays riches comme des pays pauvres ont trouvé un espoir concret ». [xiii]

Et encore une fois, dans son Esprit de la liturgie ( nous soulignons ) :

« Dans le contexte de la vision moderne du monde évolutionnaire, Teilhard a dépeint le cosmos comme un processus d’ascension, une série d’unions… De là, Teilhard a continué à donner un nouveau sens au culte Chrétien : L’hostie transsubstantiée est l’anticipation de la transformation et la divinisation de la matière dans la « Plénitude » Christologique. Selon lui, l’Eucharistie donnait le mouvement du cosmos avec sa direction ; elle anticipe son objectif et en même temps se presse vers lui ». [xiv]

Le Pape Benoît XVI a également réaffirmé son éloge de Teilhard le 24 Juillet, 2009, pendant le service des vêpres à la Cathédrale d’Aoste en Italie du Nord, tel que rapporté par John Allen (soulignement ajouté) :

« Vers la fin d’une réflexion sur la Lettre aux Romains où Saint Paul écrit que le monde lui-même un jour deviendra une forme de culte vivant, le Pape Benoît XVI a dit : « C’est la grande vision que plus tard Teilhard de Chardin a eu aussi : À la fin, nous aurons une véritable liturgie cosmique, où le cosmos devient une hostie vivante. Prions le Seigneur pour qu’il nous aide à être des prêtres dans ce sens », a déclaré le Pape, « pour aider à la transformation du monde en adoration de Dieu, en commençant par nous-mêmes ».

Pour confirmer le passage de la théologie Catholique traditionnelle au « nouveau et meilleur Christianisme » de Teilhard en juillet 2009, le porte-parole du Vatican Federico Lombardi, SJ a dit : « Maintenant, personne ne songerait à dire que [Teilhard] est un auteur hétérodoxe qui ne devrait pas être étudié ».

Le Saint-Père actuel, le Pape François, en tant que produit de l’éducation Jésuite, fait référence à la contribution eschatologique de Teilhard dans son encyclique Laudato Si au paragraphe 83 ( note 53 ) :

83. « L’aboutissement de la marche de l’univers se trouve dans la plénitude de Dieu, qui a été atteinte par le Christ ressuscité, axe de la maturation universelle.[53] Nous ajoutons ainsi un argument de plus pour rejeter toute domination despotique et irresponsable de l’être humain sur les autres créatures. La fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous. Mais elles avancent toutes, avec nous et par nous, jusqu’au terme commun qui est Dieu, dans une plénitude transcendante où le Christ ressuscité embrasse et illumine tout ».

Dans la note de bas de page 53 de l’encyclique, le Pape fait clairement référence aux déclarations des précédents Papes conciliaires cités plus haut :

« L’apport de P. Teilhard de Chardin se situe dans cette perspective ; cf. Paul VI, Discours dans un établissement de chimie pharmaceutique (24 février 1966) : Insegnamenti 4 (1966), 992-993 ; Jean-Paul II, Lettre au Révérend P. George V. Coyne (1er juin 1988) : Insegnamenti 11/2 (1988), 1715 ; Benoît XVI, Homélie pour la célébration des Vêpres à Aoste (24 juillet 2009) : Insegnamenti 5/2 (2009), 60 ».

Nous voyons ici la confiance du Pape François dans Teilhard et sa vision du « Christ cosmique » qui attire tout, indépendamment de l’appartenance religieuse, de la nationalité — en fait, de toutes les créatures vivantes, et même de la matière inerte, qui contient un « Esprit » rudimentaire. La fin des temps, ou le « Point Oméga » de l’évolution. Cela explique sa fascination pour l’écologie et l’effondrement de tous les murs, politiques ( y compris la fin du nationalisme et de l’amalgame par l’immigration de masse ) et religieux ( via l’œcuménisme ) : « Le prosélytisme est un non-sens solennel ». L’intention de Luther était de renouveler l’Église, pas de la diviser ». Comme dans l’exposé « Énergie humaine » de Teilhard, « l’âge des nations est passé. Maintenant, à moins que nous ne voulions périr, nous devons nous débarrasser de nos vieux préjugés et construire la terre » [xv] .

Les théories évolutionnistes de Teilhard aident à expliquer certaines des déclarations les plus déroutantes du Saint-Père actuel. Dans une interview du 15 mars 2015, Eugenio Scalfari, le célèbre reporter athée, cite ( de mémoire ) : « Qu’arrive-t-il à cette âme perdue ? Sera-t-elle punie ? Et comment ? » La réponse de François est claire et nette : « Il n’y a pas de punition, mais l’anéantissement de cette âme. Tous les autres participeront à la béatitude de la vie en présence du Père. Les âmes anéanties ne prendront pas part à ce banquet ; avec la mort du corps, leur voyage est terminé ». Cette interview a d’abord été publiée sur le site web du Vatican, mais ensuite retirée. Interrogé, le porte-parole du Vatican Thomas Rosica ne nie pas la conversation, mais a dit : « Ce sont des discussions privées qui ont eu lieu et qui n’ont jamais été enregistrées par le journaliste ».

Ces sentiments ont été réitérés le 9 octobre de cette année 2017, dans un article publié par le journal Italien La Repubblica, citant une nouvelle fois Eugenio Scalfari :

« Le Pape François a aboli les lieux où les âmes devaient aller après la mort : l’enfer, le purgatoire, le paradis. L’idée qu’il défend est que les âmes dominées par le mal et les impénitents cessent d’exister tandis que celles qui ont été rachetées du mal seront prises dans la béatitude, contemplant Dieu. … Le jugement universel qui est dans la Tradition de l’Église devient donc vide de sens. Il reste un simple prétexte qui a donné lieu à de magnifiques peintures dans l’histoire de l’art. Rien d’autre que cela ».

Pour comprendre, peut-être, certains des réticences du Pape François à clarifier les passages de Amoris Laetitia, il faut rappeler que ni le péché originel , ni les péchés mortels traditionnels existent dans la vision du monde de Teilhard — il n’y a que des mutations infinies ou des variantes dans le processus évolutif mû par l’amour inconditionnel du « Christ cosmique ». Certaines des déclarations du Pape incluent ce qui suit, soulignant que tous ceux qui vivent dans des relations d’amour partagent, dans une certaine mesure, l’amour universel du Christ :

— Les personnes non mariées. « J’ai vu beaucoup de fidélité dans ces cohabitations, et je suis sûr que c’est un vrai mariage, ils ont la grâce d’un vrai mariage à cause de leur fidélité ».

— Les sacramentellement mariés. « « Une grande majorité » des mariages Catholiques sont « nuls ».

— Les soi-disant « remariés ». Les prêtres peuvent — dans certains cas — offrir « l’aide des Sacrements » aux Catholiques vivant dans des « situations familiales irrégulières » dans le cadre d’un effort plus large pour soutenir et intégrer les Catholiques divorcés dans d’autres relations dans la vie de l’église.

— Les Homosexuels. « Qui suis-je pour juger ? »

Une preuve supplémentaire de l’influence sous-jacente Teilhardienne sur Amoris Laetitia se trouvent dans les paroles du Cardinal Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne, en Autriche, que le Pape François a nommé interprète officiel de Amoris Laetitia:

« Quasiment personne n’a essayé de rassembler les connaissances du Christ et l’idée de l’évolution comme le scientifique ( paléontologue ) et théologien. Pierre Teilhard de Chardin, SJ, l’a fait. … Sa vision fascinante est restée controversée et, pourtant pour beaucoup, elle a représenté un grand espoir, l’espoir que la Foi dans le Christ et une approche scientifique du monde peuvent être rassemblées. … Ces brèves références à Teilhard ne peuvent rendre justice à ses efforts. La fascination exercée par Teilhard de Chardin sur toute une génération découle de sa manière radicale de considérer ensemble la science et la Foi Chrétienne ».

Il faut se rappeler que, le 11 octobre, 2016, le bulletin hebdomadaire de la Cathédrale du Cardinal Schönborn à Vienne a publié, avec des images, un profil lumineux d’un couple de même sexe et leur fils adoptif, intitulé : « nous sommes les papas. »

Tandis que toute la confusion existant dans l’Église moderne ne peut pas être entièrement déposée à ses pieds [xvi] , le Père Pierre Teilhard de Chardin, SJ et ses confrères Jésuites, avec leur « nouveau et meilleur Christianisme », ont malheureusement déraciné l’Église Sainte-Mère, remplaçant le culte du Dieu éternel par le culte de l’homme et de la création.

Enfin, il vaut la peine de mentionner : bien qu’il n’y ait pas de preuve directe liant le Père Teilhard à la Franc-Maçonnerie, leur but est le même : la divinisation de l’homme. Pour reprendre les mots du Père Manly P. Hall dans ses « Clés perdues de la Franc-Maçonnerie » :

« L’homme est un Dieu en devenir. … Le vrai Franc-Maçon n’est pas lié à une croyance. Il réalise grâce à l’illumination divine de sa loge qu’en tant que Franc-Maçon sa religion doit être universelle : Christ, Bouddha ou Mahomet, le nom signifie peu, car il ne reconnaît que la lumière et non le porteur. Il adore à chaque sanctuaire, s’incline devant chaque autel, que ce soit dans le Temple, la Mosquée ou la Cathédrale, réalisant avec sa plus juste compréhension l’unité de toute la vérité spirituelle. Il est pertinent que les œuvres de Teilhard soient lues et citées dans les loges ». [xvii]

Le procès Scopes, plus connu sous le nom de procès du singe (Scopes Monkey Trial), est un procès qui eut lieu à Dayton (Tennessee) aux États-Unis du 10 au 21 juillet 1925 et qui opposa les fondamentalistes chrétiens, défendus par le procureur et homme politique William Jennings Bryan, aux libéraux défendus par Clarence Darrow.

Le jugement a vu la condamnation de John Thomas Scopes, professeur de l’école publique de Dayton soutenu par l’Union américaine pour les libertés civiles au versement d’une amende de cent dollars pour avoir enseigné la théorie de l’évolution à ses élèves en dépit d’une loi de l’État du Tennessee, le Butler Act, interdisant aux enseignants de nier « l’histoire de la création divine de l’homme, telle qu’elle est enseignée dans la Bible ».

Le procès, qui était un stratagème des libéraux pour faire abolir le Butler Act, a connu une résonance dans tout le pays et, bien que Scopes fût condamné, la victoire médiatique est généralement attribuée aux évolutionnistes. Le Butler Act restera quant à lui en vigueur jusqu’en 1967.

NOTES :

[i] Il convient de mentionner ici qu’un contemporain de Teilhard, le Père Georges Lemaître, physicien de renom et postulateur de la théorie du « Big Bang », a conseillé le Pape Pie XII de ne pas parler de sa découverte comme d’une preuve de la Doctrine de la Création « ex nihilo » [ i.e. à partir de rien ] ni comme une connaissance scientifique qui s’est raffinée et qui serait toujours en croissance et en évolution et ne devrait pas être utilisée pour défendre la Foi qui est immuable.

[ii] Henri Cardinal de Lubac, SJ, La religion de Teilhard de Chardin (New York :. Image Books (1967) De Lubac est généralement considéré comme la principale influence sur le document du Vatican II , L’Église dans le monde moderne (Gaudium et spes) De Lubac, lui-même censuré par le Pape Pie XII, fut nommé Cardinal par le Pape Jean-Paul II en 1983.

[iii] Pierre Teilhard de Chardin, Lettres à Léontine Zanta, trans. Bernard Wall (New York : Harper & Row, 1965), 114 (lettre du 26 janvier 1936).

[iv] Pierre Teilhard de Chardin, Le cœur de la matière (New York : Harcourt Brace Jahanovich, 1978), p. 54

[v] Pierre Teilhard de Chardin, de l’Énergie humaine (New York : Harcourt Brace Jahanovich, 1969), pp 57, 58, 162..

[vi] « Ce que nous appelons la matière inorganique est certainement animer à sa manière [.] … Atomes, des électrons, des particules élémentaires … doivent avoir une étincelle d’esprit » (Science et Christ, 1920 écrit, publié en anglais en 1968).

[vii] Pierre Teilhard de Chardin, Comment je vois, par. 29, Tr. p.39, cit. Jacques Maritain, Le paysan de la Garonne (New York : Holt, Reinhart et Winston, 1968), p. 265.

[viii] Le Coeur de la Matière, (1950), p. 30, cit. « Le Corps du Christ dans les écrits de Teilhard de Chardin SJ, » par Cristopher Moody SJ

[ix] Le Conseil de Latran IV en 1215 a parlé du pain et du vin comme « transsubstantié » dans le Corps et le Sang du Christ : « Son Corps et son Sang sont vraiment contenus dans le Sacrement de l’autel sous les formes de pain et du vin , le pain et le vin ayant été transsubstantiés, par la Puissance de Dieu, dans son Corps et Son Sang ».

[x] David L. Schindler, Cœur du Monde, Centre de l’Eglise (New York : William B. Erdmans, 1996), note 34 p. 22, expose la dépendance prudente mais fondamentale de von Balthasar envers Teilhard.

[xi] Discours aux employeurs et aux travailleurs d’une pharmacie Company, le 24 Février 1966, in Insegnamenti di Paolo VI, Polyglotte Vaticana, 1966, pp. 992-993.

[xii] Le Pape Jean-Paul II, Don et mystère, (New York : Image, 1996), p. 73

[xiii] Joseph Cardinal Ratzinger, les principes de la théologie Catholique (San Françoisco : Ignatius Press, 1987), p. 334.

[xiv] Joseph Cardinal Ratzinger, L’esprit de la liturgie (San Françoisco : Ignatius Press, 2000), p. 29.

[xv] Pierre Teilhard de Chardin, de l’Énergie humaine (New York Harcourt Brace Jovanovich, 1969), p. 37

[xvi] Voir Philip Trower, L’Eglise et la Contre Foi (Oxford : Publications à la famille, 2006) pour un résumé des courants intellectuels qui ont précédé Vatican II, ou ici pour un essai sur la formation Jésuite du Pape François.

[xvii] « L’Évêque, le prêtre ou le laïc Franc-Maçonnique abandonnera sa Foi en Dieu et en son Fils, Jésus-Christ. Cela peut se produire lentement mais c’est inévitable. Tôt ou tard, il sera confronté au dilemme posé par Mgr Dillon. S’il reste dans la Franc-Maçonnerir, cependant, il perdra complètement le contact avec l’élément Divin dans la religion qu’il a secrètement trahie et devient préoccupé par l’humain. Il peut réciter la prière du Jésuite Moderniste, Teilhard de Chardin, avec conviction :
«Que le Seigneur garde en moi un amour brûlant pour le monde, et une grande douceur et qu’il m’aide à persévérer jusqu’à la fin, dans la plénitude de mon humanité ».

L’apôtre de la nouvelle religion

Une crèche néo-pélagienne

Dimanche, 24 décembre 2017. Le problème de la crèche de la place Saint-Pierre du Vatican

Excellente analyse du Père Dwight Longenecker.

« Il n’est pas question pour moi me joindre au chœur des catholiques prudes qui ont, sur la crèche du Vatican, un jugement négatif. Les gens grommellent contre l’homme nu, vêtu par un acte de miséricorde. D’autres s’effraient du mort que l’on prépare pour l’enterrer parce que cela ressemble à une scène de film d’horreur.

Comme tant de choses dans l’Église catholique, nous avons déjà vu tout cela ! Les corps nus de la fresque de Michel-ange dans la chapelle Sixtine ne plaisaient pas au peuple. Et vous pouvez voir quantité de nudités partielles ou de scènes horribles dans beaucoup d’œuvres d’art catholiques : David qui tient la tête tranchée de Goliath ; Yaël qui cloue au sol, avec un piquet de tente, la tête de Sisera… Tout de même : l’image centrale de notre foi n’est-elle pas celle un homme nu torturé, exposé aux regards et cloué au gibet ?

Je ne m’offusque pas de la nudité ni du côté sordide. Je fais abstraction du fait que c’est du mauvais art – de fade et médiocre facture. Les personnages sont gauches et empruntés. Cela ressemble à une de ces scènes dans un musée de cire de troisième catégorie. Vous pourriez dire : « Allons ! C’est cela le catholicisme. Nous sommes habitués au kitsch ». D’accord, mais le Vatican pourrait faire mieux.

Il y a un autre problème encore : ils ont projeté, sur la scène de la Nativité, leur petite leçon habituelle. C’est typique de la conscience sociale de pacotille des années 70. Cela me rappelle les églises où on mettait du sable dans les bénitiers pendant le carême ou ces gens bien inspirés qui, pour Pâques, préparaient des montages avec des briques et du fil barbelé au lieu de fleurs, pour nous rappeler les prisonniers, ou encore ces dessins de Noël où Marie et Joseph sont représentés comme des hippies SDF.

Mais le véritable problème (que personne d’autre ne semble avoir perçu) n’est pas la nudité, le sordide ou l’art douteux – ni même le triste prêchi-prêcha. C’est la théologie.

Un des principaux problèmes dans l’Église d’aujourd’hui est ce que j’appelle le néo-pélagianisme.

Le pélagianisme est la conception selon laquelle on peut gagner son entrée au ciel par de bonnes œuvres. Le néo-pélagianisme est aussi appelé d’un autre nom : “l’évangile social”. Il réduit le message surnaturel chrétien à la formule : « Mettons-nous tous ensemble pour faire du monde un endroit meilleur, soyons gentils les uns pour les autres et donnons une chance à la paix ».

Certes, les œuvres de miséricorde corporelle sont importantes et, théologiquement, on peut dire qu’elles découlent naturellement de la nativité du Christ. Parce que le Christ a pris une forme corporelle, nous nous appliquons aux œuvres de miséricorde corporelle. Parce qu’il a pris un corps humain, nous prenons soin des corps humains autour de nous. Parce qu’il est entré dans ce monde fait de matière, la matière a de l’importance.

Je comprends tout cela ; mais une scène de la Nativité n’est pas un tableau des œuvres de miséricorde corporelle.

La Nativité du Vatican me dérange parce qu’elle donne la place centrale aux bonnes œuvres plutôt qu’à l’Incarnation. En fait, les bonnes œuvres dans la scène de la Nativité noient la Nativité elle-même, prennent le pas sur la Nativité et la relèguent au second plan.

Les bonnes œuvres sont littéralement à l’avant-plan. La Nativité du Christ, Fils de Dieu et fils de la Vierge Marie, est à l’arrière-plan.

La plus grande tentation dans le christianisme d’aujourd’hui est de rendre l’Église acceptable pour le monde en s’attachant aux bonnes œuvres plutôt qu’à l’Évangile de Jésus-Christ. Nous oublions tranquillement le message d’une humanité perdue et pécheresse, éloignée de Dieu et qui a besoin de rédemption. Nous lui substituons une religion d’entr’aide, une religion qui rend le monde meilleur. On pourrait penser que ce n’est qu’une question de marketing. Les gens pensent qu’il est plus attractif et facile de vendre une religion qui consiste à être gentil plutôt qu’une religion qui prêche la nécessité du repentir et de la foi.

C’est certes une partie du problème. Mais le véritable problème est encore plus grave.

Les hommes d’Église remplacent une religion de la grâce par une religion des œuvres, parce qu’ils ne croient plus que la rédemption et le salut soient nécessaires. Et ils ne croient plus que le repentir, la rédemption et le salut soient nécessaires parce qu’ils sont universalistes. Ils pensent qu’à la fin, tout le monde ira au ciel.

Ainsi, soyons logiques. Si tout le monde à la fin doit aller au ciel, à quoi peut donc encore servir de parler de péché, d’enfer, de repentir et de foi en Jésus-Christ ? Rien de tout cela n’a d’importance, si tout le monde va au ciel à la fin.

Et, par conséquent, ce qu’il subsiste de la religion chrétienne, c’est d’être gentil, de prêcher une sorte de message doucereux qui dit que chaque nuage a sa frange d’or, qu’il faut regarder le côté ensoleillé de la vie ! Résolvons le problème du changement climatique si nous le pouvons.

Et donc, tout cela me rappelle ce mauvais spectacle son et lumière qui fut projeté sur la façade de Saint-Pierre voici quelque temps et qui tournait exclusivement autour du climat et de l’écologie.

Tout cela est beau et bon. Loin de moi de vouloir jouer les trouble-fête et de m’opposer au sauvetage des pandas : mais quand donc allons-nous reconnaître ce faux Évangile pour ce qu’il est, le bannir, le condamner, nous rappeler la foi chrétienne ?

Quand commencerons-nous à prêcher la nécessité de nous repentir de nos péchés et de croire au Fils de Dieu incarné, mort pour racheter le monde ? »

Une crèche néo-pélagienne

La religion de la république

Ou comment l’imam devient un référent laïcité

Comme nous l’apprend France 3 – France Info, l’imam de Brest et l’archevêque de Rennes ont obtenu leur diplôme en religion. L’imam Abou Houdeyfa est encore jeune, mais pour Mgr d’Ornellas, 64 ans, il était temps…

Ces deux hommes ont donc reçu des mains d’Edmond Hervé (ancien maire socialiste de Rennes, ancien ministre condamné dans l’affaire du sang contaminé, auteur de La permanence de Jaurès) leur diplôme de la faculté de droit de l’université de Rennes 1 en « Religions, droit et vie sociale », avec 13 autres « étudiants ». Leur diplôme de religion laïque.

Ils vont donc désormais pouvoir être des « référents laïcité » dans les entreprises et les administrations…

On se demande quelle administration pourrait demander à un archevêque d’être son référent laïcité… Mais pour Mgr d’Ornellas c’est sans doute l’occasion de montrer qu’il est tout aussi laïque que les laïcistes et un vrai militant du vivre ensemble.

En ce qui concerne l’imam Abou Houdeyfa, en revanche, on comprend sans peine la manœuvre. Voilà cet islamiste pur et dur (disant par exemple aux enfants que s’ils écoutent de la musique ils seront transformés en singes ou en porcs) devenu par la magie de la République un expert en laïcité, ayant en poche le diplôme qui lui permet d’expliquer ce qu’est la laïcité et de la faire respecter. Rappelons qu’en avril 2016 François Hollande, parlant des prédicateurs islamistes, déclarait à son propos : « Celui-là est français, il ne peut pas être expulsé, mais son lieu de prière – je ne veux même pas ce mot, ce lieu de haine a été fermé. »

L’imam salafiste de Brest « référent laïcité » pour le « vivre ensemble », ce serait à hurler de rire si ce n’était une sinistre illustration de la tragédie en cours.

La religion de la république

Le courage de dire

Maeva Anissa ose critiquer l’avortement : elle est lynchée pour sa liberté d’expression

Maeva Anissa est notamment chroniqueuse sur NRJ12. Hier, sur son compte Twitter (suivi quand même par 228 000 abonnés), elle a jeté un pavé dans la mare :

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Évidemment, le lobby de l’avortement a avalé cela de travers et il s’en est suivi un lynchage en public, y compris par Gilles Clavreul, chargé de mission auprès du secrétaire général du ministère de l’intérieur. Maeva Anissa a notamment rétorqué :

« Hey j’ai le droit d’avoir un avis ? Une vie ? Une liberté sans que des matons du net viennent me casser la tête ???? MOI JE CONNAIS DES FILLES QUI AVORTENT 5 fois par mois !!!!! ».

Et non, pour les hystériques de l' »avortement, il est interdit d’avoir un avis critique sur l’avortement. Alors ils essaient de la faire virer de NRJ12. Réponse de Maeva :

Et elle a un courage certain que l’on aimerait voir plus souvent :

AVORTER TUE

Le courage de dire