Big Brother sélectionne ceux qui ont le droit de tweeter

La dictature en marche : des dizaines de comptes Twitter suspendus cette nuit, dont le mien (Add.)

Si vous êtes dans le même cas, faites-vous connaître dans les commentaires de ce post.

  • Karim Ouchikh, avocat, président du SIEL, Conseiller Régional Île-de-Fr, Conseiller municipal de Gonesse.
  • Jean Lahire, rédacteur au Salon beige.
  • Les r

 

Add. : Le JDD tente une explication. Bizarrement, il ne recense que des réactions à droite. La gauche et la Macronie ont-elles été épargnées par cette purge objective de Twitter?

Note de la rédaction : Il faut être bien naïf pour penser que FesseBouc, GOOGLE, Apple, A MA ZONE, You tube et autres philanthropes sont pour la liberté d’expression en dehors de la pensée unique, ce sont les outils parfaits du contrôle de la pensée unique et de l’espionnage de la vie privée.

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Big Brother sélectionne ceux qui ont le droit de tweeter

RECONNAÎTRE ET RÉSISTER

RECONNAÎTRE ET RÉSISTER UN EXEMPLE HISTORIQUE A MÉDITER

Écrit par : Feu Michael Davies, RIP

LA QUESTION QUI A PROVOQUÉ le refus de Mgr Grosseteste de se conformer à ce qu’il considérait comme un abus du pouvoir papal était celui de la distribution pontificale des bénéfices [ ndt : bénéfice = revenu provenant d’une fonction dans l’Église ]. C’était un homme qui ne tolérerait aucun compromis sur une question de principe, et il y avait là une question qui ne pouvait être plus directement liée au soin des âmes. Là où il était concerné, il y avait deux considérations qui doivent venir avant tout en nommant un prêtre qui devait être un vrai pasteur à son peuple : le pasteur doit être spirituellement digne de son important ministère et il doit vivre parmi son troupeau.

Cela paraîtra si évident à un Catholique contemporain que ça n’a pas besoin d’être dit mais, à cette époque, beaucoup pensaient que le soin des âmes était la seule ou même la principale fonction pour recevoir un bénéfice. Il existait un système dans lequel certains bénéfices étaient placés sous le « patronage » de personnalités importantes de l’Église et de l’État qui avaient le droit de nommer leurs candidats lorsqu’une vacance se produisait, sous réserve de certaines conditions. Ces fiduciaires utilisaient souvent les revenus qu’ils contrôlaient pour fournir une source de revenus à des hommes qui ne visitaient jamais leurs troupeaux, et encore moins leur offraient toute forme de soins pastoraux.

« Ce serait une erreur de considérer ce système simplement comme un abus ; ça a dû sembler aux contemporains le seul moyen de soutenir la bureaucratie nécessaire dans l’Église et l’État ». Il faut se rappeler que presque tous les postes dans ce qui serait maintenant considéré comme la bureaucratie dans l’Église et l’État ( un terme qui n’est pas destiné à être péjoratif ici ) étaient remplis par des religieux qui devaient obtenir un revenu quelque part. Il est évident qu’à la fois dans l’Église et dans l’État, le Pape et le Roi trouvaient plus commode si les revenus de ces bureaucrates pouvaient être payés à partir d’une source autre que leur propre poche. Mais pour Robert Grosseteste, c’était une perversion dans le sens précis du terme : « Ça a réduit la pastorale à une chose d’importance secondaire alors qu’à son avis, seuls les meilleurs cerveaux et l’énergie disponibles étaient nécessaires pour sauver les âmes ».

Il n’avait donc « aucune hésitation à rejeter les nominés aux bénéfices, si ceux qui étaient nommés n’avaient pas les qualifications qu’il jugeait nécessaires pour le soin des âmes, quels que fussent les fiduciaires, les laïcs, les amis de ses propres corps monastiques, ou même en derniers recours, au fil du temps, le Pape lui-même ».

Une distribution papale d’un bénéfice a pris la forme d’une demande du Pape à un ecclésiastique de nommer un candidat papal à un canonicat, une prébende [ Part de biens prélevée sur les revenus d’une église et attribuée à un clerc pour sa subsistance et en compensation du ministère accompli ] ou un bénéfice. Le processus a commencé comme un filet, est devenu un ruisseau, et le ruisseau une inondation. Des exécuteurs ont été nommés pour veiller à ce que les mandats du Pape soient respectés, ce qui a entraîné beaucoup de corruption subsidiaire parmi les exécuteurs eux-mêmes ; par exemple, ils utilisaient leur autorité pour obtenir des bénéfices pour leurs propres amis ou en échange d’un pot-de-vin. Les nominés papaux résidaient rarement là où la raison pour laquelle leurs bénéfices étaient versés, ne pouvaient pas parler la langue du pays s’ils réussissaient, et dépensaient la plupart de leurs revenus en Italie. C’était la conception élevée de Robert Grosseteste de la charge pastorale et papale qui l’a conduit à s’opposer à de telles pratiques.

Il acceptait que, en vertu de sa plénitude de pouvoir, le Pape avait le droit de faire des nominations aux bénéfices et, quand ce droit était exercé convenablement, il était tout disposé à l’accepter. Mais pour lui, le pouvoir papal et l’octroi d’un bénéfice n’avaient qu’une seule fin : le salut des âmes. Le Pape, par conséquent, avait reçu le pouvoir de nommer des hommes à des fonctions pastorales, uniquement pour édifier le Corps du Christ à travers le soin efficace des âmes ; et comment le soin des âmes pouvait-il être avancé par des pasteurs étrangers qui ne voyaient jamais leurs troupeaux et ne s’intéressaient qu’à l’or qu’ils pouvaient obtenir d’eux ? « Voilà où Grosseteste a montré son originalité et sa clairvoyance en voyant ce système d’exploitation comme l’une des causes profondes de l’inefficacité spirituelle ». C’était un homme de génie et de vision, qui ne pensait pas seulement à la situation contemporaine, mais à l’avenir, et à l’effet corrupteur qu’un tel système devait avoir sur la vie de l’Église, une idée que le temps ne prouverait que trop exacte.

Il a résisté à ces dispositions papales par tous les moyens légitimes à sa disposition, en particulier par l’utilisation habile du Droit Canonique pour au moins reporter la nécessité de se conformer. En 1250, à l’âge de 80 ans, il a fait un voyage à la Cour Papale de Lyon et a affronté le Pape en personne. « Il s’est levé seul, assisté de son seul officiel, Robert Marsh … Le Pape Innocent IV était assis là avec ses Cardinaux et les membres de sa famille pour entendre l’attaque la plus complète et la plus véhémente que tout grand Pape ait jamais entendue au sommet de son pouvoir ».

L’essentiel de son accusation était que l’Église souffrait à cause du déclin de la pastorale. « Le ministère pastoral est bien mince. Et la source du mal se trouve dans la Curie Papale, non seulement dans son indifférence, mais dans ses dispensations et ses dispositions pour la pastorale. Il fournit de mauvais bergers pour le troupeau. Qu’est-ce que le ministère pastoral ? Ses devoirs sont nombreux, et en particulier ils comprennent le devoir de visite … ». Comment un pasteur absent pouvait-il visiter son troupeau était quelque chose au-delà même du pouvoir du Pape d’expliquer ?

Il est à noter que, comme en tout, l’Évêque Grosseteste enseignait par l’exemple et par le précepte, et dans un acte sans précédent avait démissionné de toutes ses prétentions à l’exception de celle de sa propre Cathédrale de Lincoln, un pas qui a provoqué le ridicule plutôt que le respect de ses contemporains plus mondains. « Si je suis plus méprisable aux yeux du monde » écrivait-il, « je suis plus acceptable pour les citoyens du Ciel ».

Malheureusement, sa visite héroïque à Lyon n’a servi à rien, et il a été héroïque non seulement pour la façon dont il a souligné les défauts du Pape et de sa cour à leurs propres faces, mais pour le fait même qu’un homme de son âge ait même entrepris un voyage aussi ardu dans les conditions du 13e siècle. Les priorités du Pape différaient de celles de l’Évêque. Innocent IV était devenu dépendant du système des provisions papales pour maintenir sa Curie et pour soudoyer des alliés pour combattre dans ses guerres interminables avec l’Empereur Frederick II. Ses ambitions politiques primaient sur le soin des âmes.

En 1253, le Pape nomma son propre neveu, Frédéric de Lavagna, à un canonicat vacant à la Cathédrale de Lincoln ! Le mandat ordonnant à Mgr Grosseteste de le nommer était un chef-d’œuvre juridique dans lequel l’utilisation prudente de la clause non obstane écartait tout motif légal de refus ou de retard. Voilà donc le dilemme de l’Évêque : il était confronté à un ordre parfaitement légal du Souverain Pontife, qui devait apparemment être obéi, et pourtant la demande, bien que légale, était manifestement immorale, un abus de pouvoir évident. Le Pape utilisait sa fonction de Vicaire du Christ dans un sens tout à fait contraire au but pour laquelle elle lui avait été confiée. L’Évêque a vu clairement qu’il existait une distinction importante entre ce qu’un Pape a légalement le droit de faire et ce qu’il a le droit moral de faire. Sa réponse a été un refus direct d’obéir à un ordre qui constituait un abus de pouvoir. Le Pape agissait ultra vires, au-delà des limites de son autorité, et ses sujets n’étaient donc pas tenus de lui obéir là-dessus.

Il est très important de noter que Robert Grosseteste a pris cette position non pas parce qu’il n’a pas apprécié ou respecté la fonction papale, mais en raison de son appréciation et de son respect débordants pour l’autorité papale. Dans son attitude envers la papauté, Grosseteste était à la fois loyal et critique. C’était juste parce qu’il croyait si passionnément au pouvoir papal qu’il détestait le voir abusé ... S’il y avait eu plus de critiques loyaux et désintéressés comme Grosseteste, cela aurait été mieux pour tous les intéressés. Les hommes de plus bas rangs ont pu et ont acquiescé à ce qui n’allait pas, en utilisant un concept facile d’obéissance comme justification. La vraie loyauté ne consiste pas en une flagornerie, en disant à un supérieur ce qu’il veut probablement entendre, en utilisant l’obéissance comme une excuse pour une vie tranquille. S’il y avait eu plus de « critiques loyaux et désintéressés » comme l’Évêque Grosseteste, prêts à tenir tête au Pape et à lui dire où ses propres politiques ou celles de ses conseillers avaient tort, la Réforme n’aurait peut-être jamais eu lieu. Mais les hommes de courage et de principe seront toujours l’exception, même dans l’Épiscopat, comme on l’a vu en Angleterre quand la Réforme est arrivée et que seul Saint Jean Fisher a pris position pour le Saint-Siège.

Dans sa réponse au commandement papal, Mgr Grosseteste accuse le Pape Innocent IV de désobéissance au Christ et à la destruction du soin des âmes. « Aucun sujet fidèle du Saint-Siège » écrivait-il, « aucun homme qui ne soit coupé par le schisme du Corps du Christ et du même Saint-Siège, ne peut se soumettre à des mandats, à des préceptes ou à d’autres démonstrations de ce genre, non, pas même si les auteurs étaient les plus élevés des anges. Il doit les répudier et se rebeller contre eux de toutes ses forces. À cause de l’obéissance par laquelle je suis lié et de mon amour de mon union avec le Saint-Siège dans le Corps du Christ, c’est en tant que fils obéissant que je désobéis, que je contredis, que je me rebelle. Vous ne pouvez pas agir contre moi, car chacune de mes paroles et chacun de mes actes ne sont pas de la rébellion, mais l’honneur filial dû par le Commandement de Dieu au père et à la mère. comme je l’ai dit, LE SIÈGE APOSTOLIQUE DANS SA SAINTETÉ NE PEUT PAS DÉTRUIRE, IL NE PEUT QUE CONSTRUIRE. C’est ce que signifie la plénitude du pouvoir ; il peut tout faire pour l’édification. Mais ces soi-disant provisions n’érigent pas, elles détruisent. Elles ne peuvent pas être l’œuvre du Siège Apostolique béni, car « la chair et le sang » qui ne possèdent pas le Royaume de Dieu « les a révélées », pas « notre Père qui est dans les cieux ».

Commentant cette lettre dans son étude : « Les relations de Grosseteste avec la Papauté et la Couronne », WA Pantin écrit :

« Il semble y avoir deux arguments ici. La première est que, puisque la plentitudo potestatis existe dans le but d’édification et non de destruction, tout acte qui tend à la destruction ou à la ruine des âmes ne peut être un véritable exercice de la plentitudo potestatis ... La deuxième ligne d’argumentation est que si le Pape ou quelqu’un d’autre devrait commander quelque chose contraire à la Loi Divine, alors ce serait un tort d’obéir et, en dernier ressort, tout en protestant contre la loyauté de quelqu’un, il faut refuser d’obéir. Le problème fondamental était que si l’enseignement de l’Église est surnaturellement garanti contre l’erreur, les ministres de l’Église, du sommet du Pape jusqu’en bas, ne sont pas impeccables et sont capables de porter de mauvais jugements ou de donner de mauvais ordres.

« Vous ne pouvez pas agir contre moi » avait prévenu l’Évêque Grosseteste au Pape — et les événements prouvèrent qu’il avait raison. Innocent IV était furieux lorsqu’il reçut pour la première fois la lettre de l’Évêque. Sa première impulsion fut d’ordonner à son « vassal le Roi » d’emprisonner le vieux prélat — mais ses Cardinaux le persuadèrent de ne rien faire.

« Vous ne devez rien faire. C’est vrai. Nous ne pouvons pas le condamner. Il est un Catholique et un homme saint, un homme meilleur que nous sommes. Il n’a pas son égal parmi les prélats. Tout le clergé Français et Anglais le sait et notre contradiction ne servirait à rien. La vérité de cette lettre, qui est probablement connue de plusieurs, pourrait en émouvoir plusieurs contre nous. Il est estimé comme un grand philosophe, instruit dans la littérature Grecque et Latine, zélé pour la justice, lecteur dans les écoles de théologie, prédicateur du peuple, ennemi actif des abus ». Ce récit a été écrit par un homme qui n’avait pas d’amour pour cet Évêque — Mathew Paris, exécuteur du mandat que l’Évêque avait refusé de mettre en œuvre. Mais Mathew Paris a reconnu la grandeur et la sincérité de Robert Grosseteste et a été ému par elles.

Innocent IV décida que le plus prudent serait de ne rien faire, et la même année mourut le vieil Évêque de Lincoln. Robert Grosseteste était un grand érudit, un grand Anglais et un génie universel, peut-être le plus grand fils d’Oxford, et surtout un des plus grands Évêques Catholiques, un vrai pasteur qui aurait volontairement donné sa vie pour son troupeau. « Il connaissait tout le monde et ne craignait personne. À la demande du Roi Henri, il l’instruisit sur la nature d’un roi oint, et, ce faisant, lui rappela poliment sa responsabilité pour le maintien de ses sujets dans la paix et la justice, et son devoir de s’abstenir de toute ingérence dans le soin des âmes. Il n’autorisait aucun compromis sur des questions de principe. La loi commune de l’Église devrait être appliquée à la lumière de l’équité, du dictat de la conscience et de l’enseignement de la loi naturelle, révélée dans les Écritures, implicite dans le fonctionnement d’une Divine Providence et conforme à l’enseignement et aux conseils du Christ dans l’Église militante sur la terre ».

Il y avait beaucoup de comptes-rendus de miracles survenus à sa tombe de Lincoln, qui devint bientôt un centre de vénération et de pèlerinage. Des tentatives répétées ont été faites pour assurer sa canonisation — mais elles ont rencontré peu de sympathie au Saint-Siège. Son seul rival, le plus grand de tous les Évêques Anglais, est Saint John Fisher, dont la loyauté et l’amour pour le Saint-Siège n’ont certainement pas dépassé celui de l’Évêque Grosseteste. Il est bien certain que, si cet Évêque du 13 ème siècle avait occupé son siège sous Henri VIII, il aurait rejoint Saint Jean Fisher sur l’échafaud et mourut pour le Pape. Il semble également certain que, si l’Évêque de Rochester avait vécu sous le Pontificat d’Innocent IV, il aurait rejoint Robert Grosseteste pour s’opposer à un abus flagrant du pouvoir papal. Qui sait, le Saint Évêque de Lincoln pourrait encore être canonisé.

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Extrait d’un article de The remanant , 6 septembre 1975

Notes de bas de page

La plupart du matériel de l’article ci-dessus est basé sur les travaux suivants qui sont mentionnés dans les notes comme indiqué : SA Callus, éd., Robert Grosseteste ( Oxford, 1955 ) – RG. FM Powicke, le roi Henry III et le Lord Edward ( Oxford, 1950 ) -KHLE. M. Powicke, Robert Grosseteste, Évêque de Lincoln, Bulletin de la Bibliothèque John Rylands, Manchester, Vol. 35, n ° 2, mars 1953 – RGBL. Le 17 juillet 2018 SOURCE : The Remnant

Les leçons à tirer :

1 Le Pape utilisait sa fonction de Vicaire du Christ dans un sens tout à fait contraire au but pour laquelle elle lui avait été confiée.

La plentitudo potestatis existe dans le but d’édification et non de destruction, tout acte qui tend à la destruction ou à la ruine des âmes ne peut être un véritable exercice de la plentitudo potestatis

La fonction implique le respect de la finalité, du but, en dehors duquel elle ne saurait être légitime. Elle est au service de la construction, non de la destruction. Le Siège apostolique dans sa sainteté ne peut pas détruire, il ne peut que construire. Application à faire à Paul VI et la nouvelle messe.

2 Le Pape agissait ultra vires, au-delà des limites de son autorité, et ses sujets n’étaient donc pas tenus de lui obéir là-dessus.

Par contre, il n’est pas ici question d’hérésie, mais d’abus de pouvoir.

RECONNAÎTRE ET RÉSISTER

La France championne…..de la dépense publique

23 juillet, jour de libération des contribuables

Selon Contribuables associés :

Thumbnail« En 2018, nous aurons trimé 204 jours pour financer les dépenses publiques ! A compter de la date symbolique du 23 juillet, nous pourrons enfin profiter de notre labeur. Selon les calculs effectués par l’association Contribuables Associés à partir des données de l’OCDE, le ratio entre les dépenses publiques (État, collectivités territoriales, sécurité sociale, Union européenne) et les richesses créées en France (le Produit intérieur brut) est de 55,9% en 2018, ce qui signifie que l’administration publique absorbe plus de la moitié de la richesse produite en France.

Sur chaque euro que nous gagnons, la dépense publique en dévore près de 56 centimes. Rapporté au calendrier de l’année, cet indicateur symbolique permet de savoir que les Français ont travaillé 204 jours pour financer les dépenses de l’administration publique, nous serons donc symboliquement libérés le 23 juillet. La France est encore cette année la triste « championne » des pays de l’OCDE pour le poids de sa dépense publique, devant la Finlande (52,6% du PIB dépensés pour la sphère publique), la Belgique (51,6 % du PIB dépensés pour la sphère publique) et le Danemark (51,5% du PIB dépensés pour la sphère publique). En moyenne, les contribuables de la zone euro fêtent leur libération le 19 juin, plus d’un mois avant les contribuables Français. »

Pour Eudes Baufreton, directeur de Contribuables Associés

« La France dépense beaucoup trop pour sa sphère publique, et ce poids de la dépense publique se traduit par un matraquage fiscal gigantesque sur les contribuables. Seule la réduction des dépenses publiques permettra une véritable baisse des impôts, une diminution de l’endettement et le retour de l’emploi en France ! En un an, le nouveau gouvernement a créé 7 milliards de dépenses publiques supplémentaires et 8 nouveaux impôts : c’est insupportable ! ».

La France championne…..de la dépense publique

Un nouvel évangile

 PRIMAT  DE LA CONSCIENCE fort bien illustré par le défunt cardinal Biffi

Il y a trois ans, le Cardinal Giacomo Biffi concluait son pèlerinage terrestre. Et il y a exactement cinquante ans, «tandis que Don Giussani et Don Lattanzio (le fondateur et un membre de Communion et Libération, ndt) nageaient dans la mer de Senigallia, moi, sous le parasol, j’écrivais. Tandis qu’ils regardaient l’atterrissage lunaire à la télévision, je continuai d’écrire. J’étais aux prises avec le Cinquième Évangile», c’est ainsi que se plaisait à se souvenir le Cardinal Biffi non sans un peu d’ironie complaisante. Et c’est ainsi que nous aimons nous souvenir de lui, spirituel et âpre, iconoclaste et avec une foi simple et granitique.
Le cinquième évangile est un petit texte – il n’atteint pas 100 pages -, jouant tout sur l’artifice littéraire de l’ironie «qui s’appuie – peut-être un peu trop – sur l’intelligence du lecteur». Le point de départ est une découverte: le commendator Migliavacca – personnage fictif dans lequel on peut reconnaître de nombreux «catholiques adultes» – lors d’un pèlerinage en Terre Sainte, découvre des fragments d’un évangile qu’il aurait toujours voulu écouter. Au-delà de la fiction littéraire, ces 30 fragments «découverts» sont des slogans qui ont commencé à se répandre en 68 et qui sont aujourd’hui acceptés sans critique par beaucoup. Biffi les met en parallèle avec les versets des Evangiles canoniques et les commente. Donnons un petit exemple. Le thème est celui très actuel de la conscience morale.
L’Évangile selon Matthieu récite: «Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements» (Mt 19:17).
Le cinquième évangile dit: «Si tu veux entrer dans la vie éternelle, observe les préceptes de ta conscience».

Et Giacomo Biffi commente:

«Ce fragment fera sans aucun doute la joie des moralistes contemporains, qui ont de plus en plus tendance à simplifier leur travail en faisant appel à la conscience de l’individu. Surtout, il donnera une claire justification biblique à l’idée, de plus en plus répandue parmi les chrétiens, qu’aucune autre règle de moralité ne devrait être recherchée en dehors du sentiment intérieur du bien et du mal.
En vérité, il ne s’agit pas d’une nouvelle doctrine: la morale chrétienne a toujours enseigné que la norme prochaine d’action pour l’homme concret est sa conscience personnelle, qu’il doit toujours suivre, quoi qu’elle ordonne ou interdise.

La nouveauté consiste plutôt en une conception renouvelée de la conscience et de ses fonctions. La mentalité ancienne croyait que la conscience n’était que le haut-parleur intérieur capable de transmettre la loi de Dieu: la capacité de rester syntonisée avec la voix divine lui était pour cette raison essentielle; sans elle, elle devenait inutile comme un récepteur de radio qui ne réussirait plus à caper l’émetteur.
Dans cette vision, le premier devoir imposé par la conscience n’était pas de trouver en soi son contenu, mais de le chercher dans les commandements du Seigneur. Le premier impératif de la conscience était de scruter la loi.
Au contraire selon l’opinion qui se généraliese aujourd’hui, cependant, la conscience n’aurait pas à sortir d’elle-même: qu’elle soit attentive à ses propres désirs, à ses propres répugnances, à ses propres enthousiasmes, à ses propres peines, et elle n’aura besoin de rien d’autre. La connaissance des règles objectives lui est étrangère et donc indifférente.

C’est ainsi que nous sommes arrivés à mettre un terme à un malentendu: jusqu’ici nous pensions que la conscience était un moyen donné par Dieu pour faire connaître sa volonté. Aujourd’hui, nous comprenons que c’est en fait un don beaucoup plus précieux: c’est un moyen d’exempter l’homme de l’inconvénient de connaître la volonté de Dieu. Tout est ainsi facilité : la conscience est l’abolition de la loi. C’est la libération de l’esclavage des préceptes et de la casuistique. L’impératif moral est parfaitement simplifié :

– Les relations prénuptiales sont-elles légales? Obéis à ta conscience.

– Comment dois-je remplir ma déclaration d’impôts? Obéis à ta conscience.

– Ai-je le droit d’avorter si j’ai déjà trois enfants à charge? Obéis à ta conscience.
Il ne s’agit plus de l’informer, cette conscience, mais seulement de lui obéir.

Et ce n’est pas seulement le métier de moraliste qui est ainsi facilité, c’est aussi celui, bien plus exigeant, d’homme.
D’autant plus que, malgré les apparences, il n’y a rien de plus docile qu’une conscience qui ne se réfère pas constamment à la loi divine. Pour l’homme qui obéit constamment à sa conscience sans se soucier de connaître l’opinion de Dieu, la récompense est immanente: sa conscience finit toujours par obéir à l’homme sans lui apporter plus d’ennui. Même celui qui a pris l’habitude d’empoisonner ses tantes de temps en temps pour obtenir leur héritage plus tôt, aux funérailles du quatrième, trouvera que sa conscience (comme sa tante), n’a pas de protestation à élever».

La nouvelle pastorale

20

Le Royaume des cieux est semblable à un berger qui avait cent brebis et qui, en ayant perdu quatre-vingt-dix-neuf, reproche à la dernière son manque d’initiative, la met à la porte et, ayant fermé sa bergerie, s’en va à l’auberge discuter de pastorale. Selon vous, si un homme possède cent brebis et en perd une, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres [en lieu sûr] sur la montagne pour aller à la recherche de la brebis égarée ? Et s’il parvient à la retrouver, il en a plus de joie que ne lui en donnent les quatre-vingt-dix-neuf qu’il n’a pas perdues. Mt. XVIII, 12-13

Commençons par applaudir les quatre-vingt-dix-neuf brebis perdues ; leur perte n’est pas une perte commune, c’est plutôt une forme de protestation contre la notion même de bergerie.

Cette image de bergerie évoque en effet l’idée d’enclos, de clôture, de ségrégation. Comment les autres pourront-ils s’unir au troupeau, si à un moment donné de leur cheminement ils se heurtent contre une barrière ?
Pour ne rien dire du fait que la vie de ghetto – à l’abri des périls mais aussi des émotions de l’aventure – finit par déformer la personnalité et par engendrer des complexes, d’infériorité ou de supériorité selon les tempéraments, dont il est bien difficile de guérir. Mieux vaut pour une brebis le risque du loup que  la certitude de l’avilissement de la bergerie.
Il peut arriver que le berger ne soit pas suffisamment perspicace pour s’en rendre compte : en ce cas, il faut avoir le courage de lui forcer la main. L’exode de masse, mentionné par la parabole, est le moyen le plus efficace pour faire entendre raison à qui s’obstine à fermer les yeux. Une fois la bergerie démolie, tous pourront revenir ensemble, brebis, loups et autres animaux, et il y aura un seul troupeau sans un seul pasteur.

Mais dans la parabole le pasteur comprend ce qui se passe, de sorte qu’il voit d’un mauvais œil la seule brebis qui soit restée.
Cet animal – à qui il convient pourtant, en toute objectivité, de reconnaître un certain non-conformisme – suffit à lui seul à gâcher l’aventure d’une époque nouvelle : tant qu’il sera là la bergerie demeurera, et tant que la bergerie demeurera les brebis en liberté éprouveront quelque inquiétude quant à la sagesse de leur évasion. Et cela n’est pas bon : même pour se faire dévorer il faut jouir d’une certaine tranquillité intérieure.

Donc, à la porte, brebis récalcitrante ! Force nous est de te contraindre à la liberté. Ne serait-ce que parce qu’à toi seule tu fais perdre son temps à ton gardien, tu le fatigues, et ainsi tu entraves le progrès de la culture. Ce ne sera que lorsque tu auras courageusement pris le chemin de la forêt que le berger pourra discuter avec ses collègues des moyens les plus adaptés de faire prospérer un élevage. Ce ne sera que lorsqu’il n’y aura plus de bergerie (et plus de brebis) que l’on pourra élaborer en toute rigueur scientifique – sans compromis avec les conditions concrètes et avec la survivance de conceptions dépassées – une vraie et parfaite théologie pastorale.

Giacomo Biffi, « Un Nouvel Évangile » (Il Quinto Evangelo), Editions du Cèdre – 1972
(fragment N° 20, pp. 69-71).

Un nouvel évangile

La Vocation de la France

Son Éminence le Cardinal Pacelli légat a latere du Pape Pie XI
accueilli à son arrivée à Lisieux en 1937

 » Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques, entouré d’une foule immense qui manifestait sa foi enthousiaste et sa tendre dévotion, je célébrais au nom du Souverain Pontife l’inauguration de la basilique érigée en l’honneur de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (note1), une inexprimable émotion m’envahissait le coeur d’une suavité si pénétrante que je ne voyais pas sans un mélancolique regret approcher le moment de m’éloigner de Lisieux où je venais de vivre ces heures inoubliables et vraiment célestes.

Mais voici que le parfum dont mon âme était tout embaumée me suivait, m’accompagnait au cours de mon voyage de retour à travers la luxuriante fécondité des plaines et des collines de France, de la douce terre de France, souriante dans la splendeur de sa parure d’été.

Et ce parfum m’accompagne encore ; il m’accompagnera désormais partout. Mais, à me trouver aujourd’hui en cette capitale de la grande nation, au cœur même de cette patrie, toute chargée des fruits de la terre, toute émaillée des fleurs du ciel, du sein de laquelle a germé, sous le soleil divin, la fleur exquise du Carmel, si simple en son héroïque sainteté, si sainte en sa gracieuse simplicité ; à me trouver ici en présence de toute une élite des fils et des filles de France, devant deux cardinaux qui honorent l’Église et la patrie (note 2), l’un pasteur dont la sagesse et la bonté s’emploient à garder la France fidèle à sa vocation catholique, l’autre, docteur, dont la science illustra naguère ici même cette glorieuse vocation, mon émotion redouble encore et la première parole qui jaillit de mon cœur à mes lèvres est pour vous porter à vous et, en vous, à tous les autres fils et filles de France, le salut, le sourire de la grande «  petite sainte  », flos campi et lilium convallium (Ct. 2, 1), decor Carmeli (Is. 35, 2), messagère de la miséricorde et de la tendresse divines pour transmettre à la France, à l’Église, à tout le monde, à ce monde trop souvent vide d’amour, sensuel, pervers, inquiet, des effluves d’amour, de pureté, de candeur et de paix.

Mais ce n’est pas seulement le charme de Lisieux et de sa «  petite fleur  » qui me hante en ce moment, dans la chaire de cette cathédrale, c’est aussi l’impression que fait naître en moi cette cathédrale elle-même.

Comment dire, mes frères, tout ce qu’évoque en mon esprit, en mon âme, comme dans l’âme et dans l’esprit de tout catholique, je dirais même dans toute âme droite et dans tout esprit cultivé, le seul nom de Notre-Dame de Paris ! Car ici c’est l’âme même de la France, l’âme de la fille aînée de l’Église, qui parle à mon âme.

Âme de la France d’aujourd’hui qui vient dire ses aspirations, ses angoisses et sa prière ; âme de la France de jadis dont la voix, remontant des profondeurs d’un passé quatorze fois séculaire, évoquant les Gesta Dei per Francos, parmi les épreuves aussi bien que parmi les triomphes, sonne aux heures critiques comme un chant de noble fierté et d’imperturbable espérance. Voix de Clovis et de Clotilde, voix de Charlemagne, voix de saint Louis surtout, en cette île où il semble vivre encore et qu’il a parée, en la Sainte Chapelle, de la plus glorieuse et de la plus sainte des couronnes ; voix aussi des grands docteurs de l’Université de Paris, des maîtres dans la foi et dans la sainteté…

Leurs souvenirs, leurs noms inscrits sur vos rues, en même temps qu’ils proclament la vaillance et la vertu de vos aïeux, jalonnent comme une route triomphale l’histoire d’une France qui marche et qui avance en dépit de tout, d’une France qui ne meurt pas ! Oh ! ces voix ! j’entends leur innombrable harmonie résonner dans cette cathédrale, chef-d’œuvre de votre génie et de votre amoureux labeur qui l’ont dressée comme le monument de cette prière, de cet amour, de cette vigilance, dont je trouve le symbole parlant en cet autel où Dieu descend sous les voiles eucharistiques, en cette voûte qui nous abrite tous ensemble sous le manteau maternel de Marie, en ces tours qui semblent sonder l’horizon serein ou menaçant en gardiennes vigilantes de cette capitale. Prêtons l’oreille à la voix de Notre-Dame de Paris.

Au milieu de la rumeur incessante de cette immense métropole, parmi l’agitation des affaires et des plaisirs, dans l’âpre tourbillon de la lutte pour la vie, témoin apitoyé des désespoirs stériles et des joies décevantes, Notre-Dame de Paris, toujours sereine en sa calme et pacifiante gravité, semble répéter sans relâche à tous ceux qui passent : Orate, fratres, Priez, mes frères ; elle semble, dirais-je volontiers, être elle-même un Orate fratres de pierre, une invitation perpétuelle à la prière.

Nous les connaissons les aspirations, les préoccupations de la France d’aujourd’hui ; la génération présente rêve d’être une génération de défricheurs, de pionniers, pour la restauration d’un monde chancelant et désaxé ; elle se sent au cœur l’entrain, l’esprit d’initiative, le besoin irrésistible d’action, un certain amour de la lutte et du risque, une certaine ambition de conquête et de prosélytisme au service de quelque idéal.

Or si, selon les hommes et les partis, l’idéal est bien divers – et c’est le secret de tant de dissensions douloureuses -, l’ardeur de chacun est la même à poursuivre la réalisation, le triomphe universel de son idéal – et c’est, en grande partie, l’explication de l’âpreté et de l’irréductibilité de ces dissensions.

Mais ces aspirations mêmes que, malgré la grande variété de leurs manifestations, nous retrouvons à chaque génération française depuis les origines, comment les expliquer ? Inutile d’invoquer je ne sais quel fatalisme ou quel déterminisme racial. À la France d’aujourd’hui, qui l’interroge, la France d’autrefois va répondre en donnant à cette hérédité son vrai nom : la vocation.

Car, mes frères, les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation.

Fouillant de son regard d’aigle le mystère de l’histoire universelle et de ses déconcertantes vicissitudes, le grand évêque de Meaux écrivait : «  Souvenez-vous que ce long enchaînement des causes particulières, qui font et qui défont les empires, dépend des ordres secrets de la Providence. Dieu tient du plus haut des cieux les rênes de tous les royaumes ; il a tous les cœurs en sa main ; tantôt il retient les passions ; tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain… C’est ainsi que Dieu règne sur tous les peuples. Ne parlons plus de hasard ni de fortune ; ou parlons-en seulement comme d’un nom dont nous couvrons notre ignorance  » (Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, III, 8).

Le passage de la France dans le monde à travers les siècles est une vivante illustration de cette grande loi de l’histoire de la mystérieuse et pourtant évidente corrélation entre l’accomplissement du devoir naturel et celui de la mission surnaturelle d’un peuple.

Du jour même où le premier héraut de l’Évangile posa le pied sur cette terre des Gaules et où, sur les pas du Romain conquérant, il porta la doctrine de la Croix, de ce jour-là même, la foi au Christ, l’union avec Rome, divinement établie centre de l’Église, deviennent pour le peuple de France la loi même de sa vie. Et toutes les perturbations, toutes les révolutions, n’ont jamais fait que confirmer, d’une manière toujours plus éclatante, l’inéluctable force de cette loi.

L’énergie indomptable à poursuivre l’accomplissement de sa mission a enfanté pour votre patrie des époques mémorables de grandeur, de gloire, en même temps que de large influence sur la grande famille des peuples chrétiens. Et si votre histoire présente aussi ses pages tragiquement douloureuses, c’était aux heures où l’oubli des uns, la négation des autres, obscurcissaient, dans l’esprit de ce peuple, la conscience de sa vocation religieuse et la nécessité de mettre en harmonie la poursuite des fins temporelles et terrestres de la patrie avec les devoirs inhérents à une si noble vocation.

Et, néanmoins, une lumière resplendissante ne cesse de répandre sa clarté sur toute l’histoire de votre peuple ; cette lumière qui, même aux heures les plus obscures, n’a jamais connu de déclin, jamais subi d’éclipse, c’est toute la suite ininterrompue de saints et de héros qui, de la terre de France, sont montés vers le ciel. Par leurs exemples et par leur parole, ils brillent comme des étoiles au firmament, quasi stellae in perpetuas aeternitates (Dn. 12, 3) pour guider la marche de leur peuple, non seulement dans la voie du salut éternel, mais dans son ascension vers une civilisation toujours plus haute et plus délicate.

Saint Rémi qui versa l’eau du baptême sur la tête de Clovis ; saint Martin, moine, évêque, apôtre de la Gaule ; saint Césaire d’Arles ; ceux-là et tant d’autres, se profilent avec un relief saisissant sur l’horizon de l’histoire, dans cette période initiale qui, pour troublée qu’elle fût, portait cependant en son sein tout l’avenir de la France. Et, sous leur action, l’Évangile du Christ commence et poursuit, à travers tout le territoire des Gaules, sa marche conquérante, au cours d’une longue et héroïque lutte contre l’esprit d’incrédulité et d’hérésie, contre les défiances et les tracasseries de puissances terrestres, cupides et jalouses. Mais, de ces siècles d’effort courageux et patient, devait sortir enfin la France catholique, cette Gallia sacra, qui va de Louis, le saint roi, à Benoît-Joseph Labre, le saint mendiant ; de Bernard de Clairvaux, à François de Sales, à l’humble Curé d’Ars ; de Geneviève, la bergère de Nanterre, à Bernadette, l’angélique pastourelle de Lourdes ; de Jeanne d’Arc, la vierge guerrière, la sainte de la patrie, à Thérèse de l’Enfant-Jésus, la vierge du cloître, la sainte de la «  petite voie  ».

La vocation de la France, sa mission religieuse ! mes frères, mais cette chaire même ne lui rend-elle pas témoignage ? Cette chaire qui évoque le souvenir des plus illustres maîtres, orateurs, théologiens, moralistes, apôtres, dont la parole, depuis des siècles, franchissant les limites de cette nef, prêche la lumineuse doctrine de vérité, la sainte morale de l’Évangile, l’amour de Dieu pour le monde, les repentirs et les résolutions nécessaires, les luttes à soutenir, les conquêtes à entreprendre, les grandes espérances de salut et de régénération.

À monter, même pour une seule fois et par circonstance, en cette chaire après de tels hommes, on se sent forcément, j’en fais en ce moment l’expérience, bien petit, bien pauvre ; à parler dans cette chaire, qui a retenti de ces grandes voix, je me sens étrangement confus d’entendre aujourd’hui résonner la mienne.

Et malgré cela, quand je pense au passé de la France, à sa mission, à ses devoirs présents, au rôle qu’elle peut, qu’elle doit jouer pour l’avenir, en un mot, à la vocation de la France, comme je voudrais avoir l’éloquence d’un Lacordaire, l’ascétique pureté d’un Ravignan, la profondeur et l’élévation théologique d’un Monsabré, la finesse psychologique d’un Mgr d’Hulst avec son intelligente compréhension de son temps ! Alors, avec toute l’audace d’un homme qui sent la gravité de la situation, avec l’amour sans lequel il n’y a pas de véritable apostolat, avec la claire connaissance des réalités présentes, condition indispensable de toute rénovation, comme je crierais d’ici à tous les fils et filles de France : «  Soyez fidèles à votre traditionnelle vocation ! Jamais heure n’a été plus grave pour vous en imposer les devoirs, jamais heure plus belle pour y répondre. Ne laissez pas passer l’heure, ne laissez pas s’étioler des dons que Dieu a adaptés à la mission qu’il vous confie ; ne les gaspillez pas, ne les profanez pas au service de quelque autre idéal trompeur, inconsistant ou moins noble et moins digne de vous !  »

Mais, pour cela, je vous le répète, écoutez la voix qui vous crie : «  Priez, Orate, fratres !  » Sinon, vous ne feriez qu’œuvre humaine, et, à l’heure présente, en face des forces adverses, l’œuvre purement humaine est vouée à la stérilité, c’est-à-dire à la défaite ; ce serait la faillite de votre vocation.

Oui, c’est bien cela que j’entends dans le dialogue de la France du passé avec la France d’aujourd’hui. Et Notre-Dame de Paris, au temps où ses murs montaient de la terre, était vraiment l’expression joyeuse d’une communauté de foi et de sentiments qui, en dépit de tous les différends et de toutes les faiblesses, inséparables de l’humaine fragilité, unissait tous vos pères en un Orate, fratres dont la toute-puissante douceur dominait toutes les divergences accidentelles. À présent, cet Orate, fratres la voix de cette cathédrale ne cesse pas de le répéter ; mais combien de cœurs dans lesquels il ne trouve plus d’écho ! combien de cœurs pour lesquels il ne semble plus être qu’une provocation à renouveler le geste de Lucifer dans l’orgueilleuse ostentation de leur incrédulité ! Cette voûte sous laquelle s’est manifestée en des élans magnifiques l’âme de la France d’autrefois et où, grâce à Dieu, se manifestent encore la foi et l’amour de la France d’aujourd’hui ; cette voûte qui, il y a sept siècles, joignait ses deux bras vers le ciel comme pour y porter les prières, les désirs, les aspirations d’éternité de vos aïeux et les vôtres, pour recevoir et vous transmettre en retour la grâce et les bénédictions de Dieu ; cette voûte sous laquelle en un temps de crise, l’incrédulité, dans son orgueil superbe, a célébré ses éphémères triomphes par la profanation de ce qu’il y a de plus saint devant le ciel ; cette voûte, mes frères, contemple aujourd’hui un monde qui a peut-être plus besoin de rédemption qu’en aucune autre époque de l’histoire et qui, en même temps, ne s’est jamais cru plus capable de s’en passer.

Aussi, tandis que je considère cet état de choses et la tâche gigantesque qui, de ce chef, incombe à la génération présente, je crois entendre ces pierres vénérables murmurer avec une pressante tendresse l’exhortation à l’amour ; et moi-même, avec le sentiment de la plus fraternelle affection, je vous la redis, à vous qui croyez à la vocation de la France : «  Mes frères, aimez! Amate, fratres !  »

Tout ce monde qui s’agite au dehors, et dont le flot, comme celui d’une mer déchaînée, vient battre incessamment de son écume de discordes et de haine les rives tranquilles de cette cité, de cette île consacrée à la Reine de la paix, Mère du bel amour ; ce monde-là, comment trouvera-t-il jamais le calme, la guérison, le salut, si vous-mêmes, qui, par une grâce toute gratuite, jouissez de la foi, vous ne réchauffez pas la pureté de cette foi personnelle à l’ardeur irrésistible de l’amour, sans lequel il n’est point de conquête dans le domaine de l’esprit et du cœur ? Un amour qui sait comprendre, un amour qui se sacrifie et qui, par son sacrifice, secourt et transfigure ; voilà le grand besoin, voilà le grand devoir d’aujourd’hui. Sages programmes, larges organisations, tout cela est fort bien ; mais, avant tout, le travail essentiel est celui qui doit s’accomplir au fond de vous-mêmes, sur votre esprit, sur votre cœur, sur toute votre conduite. Celui-là seul qui a établi le Christ roi et centre de son cœur, celui-là seul est capable d’entraîner les autres vers la royauté du Christ. La parole la plus éloquente se heurte aux cœurs systématiquement défiants et hostiles. L’amour ouvre les plus obstinément fermés.

Que d’hommes n’ont perdu la foi au Père qui est dans les cieux que parce qu’ils ont perdu d’abord la confiance dans l’amour de leurs frères qui sont sur la terre, même de ceux qui font profession de vie chrétienne ! Le réveil de ces sentiments fraternels et la claire vue de leurs relations avec la doctrine de l’Évangile reconduiront les fils égarés à la maison du Père.

Au malheureux gisant sur la route, le corps blessé, l’âme plus malade encore, on n’aura que de belles paroles à donner et rien qui fasse sentir l’amour fraternel, rien qui manifeste l’intérêt que l’on porte même à ses nécessités temporelles, et l’on s’étonnera de le voir demeurer sourd à toute cette rhétorique ! Qu’est-elle donc, cette foi qui n’éveille au cœur aucun sentiment qui se traduise par des œuvres ? Qu’en dit saint Jean, l’apôtre et l’évangéliste de l’amour ? «  Celui qui jouit des biens de ce monde et qui, voyant son frère dans le besoin, ne lui ouvre pas tout grand son cœur, à qui fera-t-on croire qu’il porte en lui l’amour de Dieu ?  » (1 Jn 3, 17.)

La France catholique qui a donné à l’Église, à l’humanité tout entière un saint Vincent de Paul et tant d’autres héros de la charité, ne peut pas ne pas entendre ce cri : Amate, fratres ! Et elle sait que les prochaines pages de son histoire, c’est sa réponse à l’appel de l’amour qui les écrira.

À sa fidélité envers sa vocation, en dépit de toutes les difficultés, de toutes les épreuves, de tous les sacrifices, est lié le sort de la France, sa grandeur temporelle aussi bien que son progrès religieux. Quand j’y songe, de quel cœur, mes frères, j’invoque la Providence divine, qui n’a jamais manqué, aux heures critiques, de donner à la France les grands cœurs dont elle avait besoin, avec quelle ardeur je lui demande de susciter aujourd’hui en elle les héros de l’amour, pour triompher des doctrines de haine, pour apaiser les luttes de classes, pour panser les plaies saignantes du monde, pour hâter le jour où Notre-Dame de Paris abritera de nouveau sous son ombre maternelle tout son peuple, pour lui faire oublier comme un songe éphémère les heures sombres où la discorde et les polémiques lui voilaient le soleil de l’amour, pour faire résonner doucement à son oreille, pour graver profondément dans son esprit la parole si paternelle du premier Vicaire de Jésus-Christ : «  Aimez-vous les uns les autres d’une dilection toute fraternelle, dans la simplicité de vos cœurs  » In fraternitatis amore, simplici ex corde invicem diligite ! (1 P.1, 22).

Ce que je connais, mes frères, de ce pays et de ce peuple français, des directions que lui donnent ses chefs religieux et de la docilité du grand nombre des fidèles ; ce que m’apprennent les écrits des maîtres catholiques de la pensée, les rapports des Congrès et Semaines où les problèmes de l’heure présente sont étudiés à la lumière de la foi divine ; ce que je constate aussi de l’idéalisme avec lequel la jeunesse croyante de la France s’intéresse à la question capitale du prolétariat et à sa solution juste et chrétienne, tout cela certes me remplit d’une ferme confiance que cette même jeunesse, grâce à la rectitude de sa bonne volonté, à son esprit de dévouement et de sacrifice, à sa charité fraternelle, si noble en ses intentions, si loyale en ses efforts, cheminera toujours par les voies droites et sûres. Aussi, loin de moi de douter jamais de si saintes dispositions ; mais, à la généreuse ardeur de la jeune France vers la restauration de l’ordre social chrétien, Notre-Dame de Paris, témoin au cours des siècles passés de tant d’expériences, de tant de désillusions, de tant de belles ardeurs tristement fourvoyées, vous adresse, après son exhortation à l’amour : – Amate, fratres ! – son exhortation à la vigilance, exhortation empreinte de bonté maternelle, mais aussi de gravité et de sollicitude : «  Veillez, mes frères ! Vigilate, fratres !  »

Vigilate ! C’est qu’il ne s’agit plus aujourd’hui, comme en d’autres temps, de soutenir la lutte contre des formes déficientes ou altérées de la civilisation religieuse et la plupart gardant encore une âme de vérité et de justice héritée du christianisme ou inconsciemment puisée à son contact ; aujourd’hui, c’est la substance même du christianisme, la substance même de la religion qui est en jeu ; sa restauration ou sa ruine est l’enjeu des luttes implacables qui bouleversent et ébranlent sur ses bases notre confinent et avec lui le reste du monde.

Le temps n’est plus des indulgentes illusions, des jugements édulcorés qui ne voulaient voir dans les audaces de la pensée, dans les errements du sens moral qu’un inoffensif dilettantisme, occasion de joutes d’écoles, de vains amusements de dialecticiens. L’évolution de ces doctrines, de ces principes touche à son terme ; le courant, qui insensiblement a entraîné les générations d’hier, se précipite aujourd’hui et l’aboutissement de toutes ces déviations des esprits, des volontés, des activités humaines, c’est l’état actuel, le désarroi de l’humanité, dont nous sommes les témoins, non pas découragés, certes ! mais épouvantés.

Une grande partie de l’humanité dans l’Europe actuelle est, dans l’ordre religieux, sans patrie, sans foyer. Pour elle, l’Église n’est plus le foyer familial ; Dieu n’est plus le Père ; Jésus-Christ n’est plus qu’un étranger. Tombé des hauteurs de la révélation chrétienne, d’où il pouvait d’un coup d’œil contempler le monde, l’homme n’en peut plus voir l’ordre dans les contrastes de sa fin temporelle et éternelle ; il ne peut plus entendre et goûter l’harmonie en laquelle viennent se résoudre paisiblement les dissonances. Quel tragique travail de Sisyphe que celui qui consiste à poursuivre la restauration de l’ordre, de la justice, de la félicité terrestre, dans l’oubli ou la négation même des relations essentielles et fondamentales !

Quelle désillusion amère, quelle douloureuse ironie que la lecture des fastes de l’humanité dans laquelle les noms de ceux que, tour à tour, elle a salués comme des précurseurs, des sauveurs, les maîtres de la vie, les artisans du progrès – et qui parfois le furent à certains égards – apparaissent aujourd’hui comme les responsables, inconscients peut-être, des crises dont nous souffrons, les responsables d’un retour, après vingt siècles de christianisme, à un état de choses, à certains égards, plus obscur, plus inhumain que celui qui avait précédé !

Une organisation économique gigantesque a étonné le monde par le fantastique accroissement de la production, et des foules immenses meurent de misère en face de ces producteurs qui souffrent souvent d’une détresse non moins grande, faute de la possibilité d’écouler l’excès monstrueux de leur production. Une savante organisation technique a semblé rendre l’homme définitivement maître des forces de la nature et, dans l’orgueil de sa vie, devant les plus sacrées lois de la nature, l’homme meurt de la fatigue et de la peur de vivre et, lui qui donne à des machines presque l’apparence de la vie, il a peur de transmettre à d’autres sa propre vie, si bien que l’ampleur toujours croissante des cimetières menace d’envahir de tombes tout le sol laissé libre par l’absence des berceaux.

À tous les maux, à toutes les crises, peuvent s’opposer les projets de solution les plus divers, ils ne font que souligner l’impuissance, tout en suscitant de nouveaux antagonismes qui dispersent les efforts. Et ces efforts ont beau s’intensifier jusqu’au sacrifice total de soi-même, pour la réalisation d’un programme pour le salut de la communauté, la disproportion entre le vouloir et le pouvoir humains, entre les plans les plus magnifiques et leur réalisation, entre la fin que l’on poursuit et le succès que l’on obtient, va toujours s’accentuant. Et tant d’essais stériles et malheureux n’aboutissent en fin de compte qu’à exaspérer toujours davantage ceux qui sont las d’expériences vaines et qui réclament impérieusement, farouchement parfois et avec menaces, de vivre et d’être heureux.

Vigilate ! Eh ! oui, il en est tant qui, pareils aux apôtres à Gethsémani, à l’heure même où leur Maître allait être livré, semblent s’endormir dans leur insouciance aveugle, dans la conviction que la menace qui pèse sur le monde ne les regarde pas, qu’ils n’ont aucune part de responsabilité, qu’ils ne courent aucun risque dans la crise où l’univers se débat avec angoisse. Quelle illusion ! Ainsi jadis, sur le mur du palais où Balthasar festoyait, la main mystérieuse écrivait le Mane, Thécel, Pharès (note 6). Encore Balthasar eut-il la prudence et la curiosité d’interroger Daniel, le prophète de Dieu ! Combien aujourd’hui n’ont même pas cette prudente curiosité ! Combien restent sourds et inertes à l’avertissement du Christ à ses apôtres : Vigilate et orate ut non intretis in tentationem !.

Vigilate ! Et pourtant l’Église, répétant la parole même du Christ, les avertit. Depuis les derniers règnes surtout, les avertissements se sont faits plus précis ; les encycliques se succèdent ; mais à quoi bon les avertissements, les cris d’alarme, la dénonciation documentée des périls menaçants, si ceux-là mêmes qui, régulièrement et correctement assis au pied de la chaire, en entendent passivement la lecture, s’en retournent chez eux continuer tranquillement leur habituel train de vie sans avoir rien compris ni du danger commun ni de leur devoir en face du danger !

Vigilate ! Ce n’est pas aux seuls insouciants que ce cri s’adresse. Il s’adresse aussi à ces esprits ardents, à ces cœurs généreux et sincères, mais dont le zèle ne s’éclaire pas aux lumières de la prudence et de la sagesse chrétiennes. Dans l’impétueuse fougue de leurs préoccupations sociales, ils risquent de méconnaître les frontières au-delà desquelles la vérité cède à l’erreur, le zèle devient fanatisme et la réforme opportune passe à la révolution. Et quand, pour mettre l’ordre et la lumière dans cette confusion, le Vicaire de Jésus-Christ, quand l’Église, en vertu de sa mission divine, élève la voix sur les grandes questions du jour, sur les problèmes sociaux, faisant la part du vrai et du faux, du licite et de l’illicite, elle n’entend favoriser ni combattre aucun camp ou parti politique, elle n’a rien d’autre en vue que la liberté et la dignité des enfants de Dieu ; de quelque côté qu’elle rencontre l’injustice, elle la dénonce et la condamne ; de quelque côté qu’elle découvre le bien elle le reconnaît et le signale avec joie. Mais il est une chose qu’elle exige de tous ses enfants, c’est que la pureté de leur zèle ne soit pas viciée par des erreurs, admises sans doute de bonne foi et dans la meilleure intention du monde, mais qui n’en sont pas moins dangereuses en fait et qui, en fin de compte, viennent tôt ou tard à être attribuées non seulement à ceux qui les tiennent, mais à l’Église elle-même. Malheur à qui prétendrait faire pactiser la justice avec l’iniquité, concilier les ténèbres avec la lumière ! Quae enim participatio justitiae cum iniquitate ? Aut quae societas luci ad tenebras ? (2 Cor. 6,14.)).

C’est aux heures de crises, mes frères, que l’on peut juger le cœur et le caractère des hommes, des vaillants et des pusillanimes. C’est à ces heures qu’ils donnent leur mesure et qu’ils font voir s’ils sont à la hauteur de leur vocation, de leur mission.

Nous sommes à une heure de crise. À la vue d’un monde qui tourne le dos à la croix, à la vraie croix du Dieu crucifié et rédempteur, d’un monde qui délaisse les sources d’eau vive pour la fange des citernes contaminées ; à la vue d’adversaires, dont la force et l’orgueilleux défi ne le cèdent en rien au Goliath de la Bible, les pusillanimes peuvent gémir d’avance sur leur inévitable défaite ; mais les vaillants, eux, saluent dans la lutte l’aurore de la victoire ; ils savent très bien leur faiblesse, mais ils savent aussi que le Dieu fort et puissant, Dominus fortis et potens, Dominus potens in praelio (Ps 23, 8 ) se fait un jeu de choisir précisément la faiblesse pour confondre la force de ses ennemis. Et le bras de Dieu n’est pas raccourci ! Ecce non est abbreviata manus Domini ut salvare nequeat (Is. 59, 1).

Dans un instant, quand, debout à l’autel, j’élèverai vers Dieu la patène avec l’hostie sainte et immaculée pour l’offrir au Père éternel, je lui présenterai en même temps la France catholique avec l’ardente prière que, consciente de sa noble mission et fidèle à sa vocation, unie au Christ dans le sacrifice, elle lui soit unie encore dans son œuvre d’universelle rédemption.

Et puis, de retour auprès du trône du Père commun pour lui faire part de tout ce que j’aurai vu et éprouvé sur cette terre de France, oh ! comme je voudrais pouvoir faire passer dans son cœur si aimant, pour le faire déborder de joie et de consolation, mon inébranlable espérance que les catholiques de ce pays, de toutes classes et de toutes tendances, ont compris la tâche apostolique que la Providence divine leur confie, qu’ils ont entendu la voix de Notre-Dame de Paris qui leur chante l’Orate, l’Amate, le Vigilate, non comme l’écho d’un «  hier  » évanoui, mais comme l’expression d’un «  aujourd’hui  » croyant, aimant et vigilant, comme le prélude d’un «  demain  » pacifié et béni.

Ô Mère céleste, Notre Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes, de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ; ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, à s’abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds ; aidez-la aussi, unie à tous les gens de bien des autres peuples, à s’établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l’harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société tout entière.

«  Mère du bon conseil  », venez au secours des esprits en désarroi devant la gravité des problèmes qui se posent, des volontés déconcertées dans leur impuissance devant la grandeur des périls qui menacent ! «  Miroir de justice  », regardez le monde où des frères, trop souvent oublieux des grands principes et des grands intérêts communs qui les devraient unir, s’attachent jusqu’à l’intransigeance aux opinions secondaires qui les divisent ; regardez les pauvres déshérités de la vie, dont les légitimes désirs s’exaspèrent au feu de l’envie et qui parfois poursuivent des revendications justes, mais par des voies que la justice réprouve ; ramenez-les dans l’ordre et le calme, dans cette tranquillitas ordinis qui seule est la vraie paix !

Regina pacis ! Oh ! oui ! En ces jours où l’horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les coeurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la «  Reine de la Paix  » ; écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ; faites comprendre au monde, où tant d’âmes droites s’évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts : établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l’amour s’unissent en un chaste baiser, justitia et pax osculatae sunt (Ps 74, 11)).

Et que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ Prince de la paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Amen ! «

La Vocation de la France

L’État destructeur de la société

De quel droit Le Conseil d’État peut-il abandonner la protection des enfants au nom d’intérêts individuels ?

Communiqué d’Alliance Vita suite au rapport du Conseil d’État (accessible ici):

Fotolia_39275687_S« Après la publication du rapport du Conseil d’État, Alliance VITA veut interpeller le Président de la République pour faire entendre la voix du grand oublié de ce rapport qu’est l’enfant : le Conseil d’État tend en effet à s’aligner sur certaines demandes sociétales en matière de procréation au détriment de l’intérêt supérieur de l’enfant.

En préconisant un nouveau type de filiation avec deux filiations maternelles, la France introduirait une grave discrimination pour les enfants privés définitivement par l’état civil de généalogie paternelle. Une instance juridique supposée conseiller le gouvernement en matière de procréation accrédite des demandes sociétales d’adultes, à la fois transgressives et très minoritaires, au lieu d’évaluer la politique de prévention de l’infertilité (causes environnementales et comportementales), et de reconnaître les incidences de la banalisation de la PMA sur les droits de l’enfant. Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA,

« Ces préconisations nouvelles donnent l’impression d’une instance peu soucieuse de cohérence juridique et de justice pour les plus faibles. Comme si des mobiles politiques l’obligeaient à revenir sur son travail passé… Comment se peut-il qu’en quelques années les principes protecteurs des enfants revendiqués lors de la révision de la loi de 2011, tombent d’un coup ? Le Conseil d’État avait préconisé alors d’éviter « le risque de surenchère vers le moins disant éthique », de ne pas remettre en cause « l’exigence fondamentale de donner à l’enfant une famille comportant un père et une mère. » et de ne pas « créer délibérément un enfant sans père, ce qui ne peut être considéré comme l’intérêt de l’enfant à naître ». Même constat, quand le conseil d’état se positionne en faveur de la recherche sur l’embryon jusqu’au 13e jour. Cette bioéthique du glissement continu est incapable de sécuriser notre société. »

Alliance VITA note, sur le point qui aurait mérité un ajustement, que le Conseil d’État fait une proposition absurde qui ne répond pas aux demandes des enfants nés par assistance médicale avec donneur, éprouvés par l’anonymat du don de gamète et en quête de leurs origines. Cette quête est abordée sur la pointe des pieds, par une proposition d’accès des données non-identifiantes soumis au consentement du donneur et des parents. C’est scientifiquement absurde et pratiquement dérisoire. Car rien ne peut désormais s’opposer à l’accès d’un enfant à son origine. Alliance VITA continue de demander que les grands principes qui gouvernent notre droit national et international soient respectés, en particulier l’art. 7 de la convention des droits de l’enfant qui stipule que tout enfant a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux ». Alliance VITA entend participer à la mobilisation pour l’enfant que tout projet de loi portant atteinte à son intérêt supérieur fera naître. »

L’État destructeur de la société