ON VEUT VOUS VOLER VOS ÂMES

Sur le blog de L’Homme Nouveau, le père Daniel-Ange réagit contre la proposition de loi Claeys-Leonetti, dans un texte intitulé :

« HEUREUSE SÉDATION TERMINALE OU INSIDIEUSE EXÉCUTION CAPITALE ?« 

« […] « Abrutir » ainsi une personne, c’est la priver de ces derniers adieux aux siens, souvent seulement quelques mots, mais qui prennent une valeur de testament […] On risque bientôt de ne plus pouvoir recueillir ces merveilleuses ultimes paroles dont l’ensemble forme un trésor d’humanité et de sainteté. [Mais surtout la dernière confession, la réception du viatique, si importante pour traverser ce moment difficile]

Bien sûr, il faut par ailleurs aussi médicalement me soulager un maximum d’une trop forte souffrance physique, car elle aussi me déshumanise, m’enferme dans le biologique, m’obsède et par là porte atteinte à ma lucidité, trouble ma sérénité, affaiblit ma combativité. (C’est toute la question du dosage des analgésiques). Au mieux, on va minimiser, banaliser, relativiser un max. Oh ! mais ce n’est rien. Un simple petit mauvais moment à passer, qui passe très vite. Faut pas s’en faire !

Alors qu’en réalité, c’est le plus grand moment de toute ma vie ![C’est celui qu’il faut surtout ne pas rater, mon salut éternel en dépend]

Ces « disparitions » – comme le disent maladroitement des journaux dits cathos – mine de rien, faits divers parmi d’autres, mais c’est tragique !

Ces pauvres gens partent tels des bêtes ou des larves, complètement amorphes, dans l’ignorance de ce qui se passe : c’est un des plus grands drames d’aujourd’hui. Du même ordre que ces stérilisations forcées, imposées, non seulement sans le consentement de la femme mais sans même qu’elle en ait conscience (simple piqûre sous prétexte d’une grippe !)

Certaines personnes d’ailleurs préfèrent partir ainsi. Pourquoi ?

Pourquoi ? La plupart du temps, parce que personne n’a osé leur parler du sens profond et des enjeux de ce départ, encore moins les y préparer.

Déposséder une personne de sa mort, n’est ce pas l’amputer de quelque chose d’essentiel à sa vie ? […]

Demandons à nos prêtres de célébrer régulièrement cette si belle messe « pour la grâce d’une bonne (et donc : belle) mort ». C’est parce que je ne suis jamais sûr que je pourrai vivre cet Instant, en toute conscience et lucidité, que je puis dès maintenant, étant encore pleinement lucide, offrir mon passage, en faire le plus bel acte d’amour de ma vie. […]

Ma vie m’a été donnée. Je l’ai reçue. Tout au long de mon passage sur terre, je puis en faire ce que je veux : Dieu me l’a confiée, l’a remise aux mains de ma liberté. Mais la fin terrestre de cette vie reçue ne m’appartient pas non plus. Elle est à Celui qui me l’a donnée. C’est à Lui d’en choisir pour moi et le temps, et le lieu, et les circonstances, aussi déroutantes soient-elles. Comme Il a choisi celles de ma venue au monde, aussi déconcertantes puissent-elles être.

La conception comme la « disparition » de l’horizon terrestre, ma naissance sur terre comme ma naissance au Ciel sont les deux moments clefs qui n’appartiennent qu’à Dieu, ne relèvent que de Lui, ne dépendent que de Lui. Bien sûr à nous d’influer sur ce moment par notre manière de vivre, pour que ce soit le plus beau moment de ma vie, mais pour le reste : la balle est dans son camp. […]

Voici le péché originel actualisé : je refuse net de dépendre d’un autre. Je suis autonome. Je décide de la vie à sa conception. Je mets la main sur gènes, ovocytes, sperme. Logiquement, je décide, moi, de la fin : où, quand, et comment. On manipule les deux seuls moments où Dieu a tout à dire. On les lui arrache. Car il s’agit de « se rendre maître de la mort en la provoquant par anticipation »(Evangelium vitæ n. 64).

La mort est décidée, hâtée, accélérée, provoquée, donnée (mais le mot est trop beau), imposée plutôt.

Paradoxe : on abolit la peine de mort dans le social, et on la promeut à l’hôpital, lucidement voulue, décidée [Dans un but peu avouable]. On se lamente devant le plus déchirant des drames pour familles et proches qu’est un suicide, et on légalise tranquillement le suicide assisté. »

 ON PEUT GREFFER UN CŒUR QUI A CESSÉ DE BATTRE

Des chirurgiens ont « relancé » le cœur d’un donneur mort puis ont pu le transplanter. Une prouesse qui permettrait d’augmenter le nombre de greffons. [Nous voilà rassurés, mais donc jusqu’à maintenant les cœurs étaient, sont, prélevés vivants, et pourquoi si l’on sait faire « redémarrer » cet organe vital, ne le fait-on pas pour la personne chez qui il vient de s’arrêter ?]

Une innovation technologique testée une première fois sur l’homme en Australie il y a quelques mois, et plus récemment au Royaume-Uni, promet d’augmenter sensiblement le nombre de cœurs pouvant être transplantés. Un enjeu d’envergure puisque de nombreux malades décèdent chaque année faute de greffon. Le nombre d’organes disponibles pourrait bondir de 25 % grâce à cette technique, selon certains experts, qui saluent une grande avancée médicale.

Pendant longtemps, les organes greffés émanaient uniquement de patients décédés de mort encéphalique (absence totale et définitive d’activité cérébrale), limitant le nombre de donneurs potentiels. Mais depuis quelques années, les autorités de plusieurs pays ont autorisé le prélèvement sur des patients décédés d’un arrêt cardiaque. En France, l’Agence de la biomédecine a validé le principe en 2006, mais cela concerne pour l’instant essentiellement le prélèvement de reins et de foie (voir ci-dessous).

Bien plus que ces organes, le cœur présente la difficulté particulière de ne supporter que très peu de temps l’ischémie, c’est-à-dire l’arrêt de la circulation sanguine qui prive les cellules d’oxygène et entraîne leur nécrose. Au-delà, le cœur risque d’être endommagé. «Nos expériences réalisées sur l’animal puis sur des cœurs légués à la recherche nous ont convaincus que nous disposions tout de même d’une fenêtre d’une trentaine de minutes», explique au Figaro le Dr Stephen Large, à la tête de l’équipe britannique revendiquant la première greffe d’un cœur «arrêté» en Europe.

Incubateur

Ce court délai impose que le donneur décède d’un arrêt cardio-respiratoire en milieu hospitalier, sous la surveillance du personnel médical. C’est pourquoi les cœurs arrêtés greffés proviennent de malades hospitalisés en état de mort cérébrale, dont les proches décident d’arrêter les traitements actifs faute d’espoir. «Le décès est déclaré cinq minutes après l’arrêt des battements du cœur. À partir de là, le corps est transporté en salle d’opération, où il nous faut environ six minutes pour relancer le cœur», explique le Dr Large.

C’est là qu’intervient le prototype développé par la société américaine Transmedics, fruit d’un travail d’une douzaine d’années. Les chirurgiens australiens (St Vincent Hospital, Sydney) et britanniques (Papworth Hospital, Cambridge) l’utilisent de façon légèrement différente. Les premiers y placent directement le cœur prélevé pour le perfuser jusqu’à la greffe et vérifier, avant l’implantation, sa capacité à se contracter. Les Britanniques, eux, perfusent d’abord l’organe sans le retirer de la poitrine du donneur, et vérifient dans les mêmes conditions sa fonctionnalité. L’incubateur Transmedics où il est transvasé par la suite permet de le maintenir battant durant les quelques heures avant la transplantation.

Pas autorisée en France

Pour le Pr Jean-Noël Fabiani, chef du service de chirurgie cardiovasculaire à l’hôpital Georges-Pompidou (APHP/Paris), il s’agit d’une «formidable opportunité pour élargir le nombre de greffons». «Nous réalisons actuellement 400 greffes cardiaques en France chaque année mais, en recourant aux cœurs arrêtés, on pourra espérer dépasser la barre des 500», estime-t-il.

La législation française actuelle ne permet pas la transplantation de cœurs arrêtés. «À l’époque où le texte a été rédigé, nous n’en avions pas fait la demande car la sécurité du patient n’aurait pas pu pas être assurée», explique le Pr Olivier Bastien, directeur du prélèvement et de la greffe d’organes et de tissus à l’Agence de la biomédecine. Selon lui, le supplément de greffons qui pourrait ainsi être obtenu est bien moindre que les 25 % annoncés par certains. «Sur le principe, c’est intéressant, reconnaît-il. La France a d’ailleurs de bons résultats sur la restauration de fonctionnalité du rein après un arrêt cardiaque. Mais sur un organe aussi sensible et vital que le cœur, nous restons prudents

Une technique éprouvée pour le rein

Pratiquée depuis 2006 en France, la greffe de reins prélevés après un arrêt cardiaque représente entre 70 et 80 transplantations par an. Le nombre de donneurs prélevés est sensiblement plus important (entre 108 et 122) mais une part non négligeable de ces organes ne passe pas les tests de fonctionnalité réalisés grâce à un incubateur proche, sur le principe, du prototype de Transmedics. «On teste la résistance vasculaire pendant 6 à 12 heures. Si l’organe n’a pas complètement récupéréde l’arrêt circulatoire qui l’a privé d’oxygène, il n’est pas greffé», explique le Pr Olivier Bastien (Agence de la biomédecine). La France est le seul pays à avoir fait équiper tous ses CHU de ce type d’incubateurs, ajoute-t-il. Au total, 3 074 malades ont reçu un nouveau rein en France en 2013. La transplantation de foies issus de donneurs morts d’un arrêt cardiaque reste marginale: en 2013, 6 ont été prélevés et 2 greffés. Source Figaro- le 27/03/2015

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ON VEUT VOUS VOLER VOS ÂMES

Tous les pasteurs ne sont pas des bons pasteurs

Les dérives morales suivent obligatoirement les dérives doctrinales. Les suppôts d’Asmodée sont un vrai danger, une vraie plaie qu’il faut combattre sans pitié. La séduction sous apparence de bien est une spécialité de l’Ennemi du genre humain qui ne trouve plus les anciennes défenses et la prudence en cette nouvelle église conciliaire.

http://gloria.tv/media/aNU52NiPubM

http://gloria.tv/media/4PcxWKxKfuJ

Tous les pasteurs ne sont pas des bons pasteurs

Pour se rafraichir la mémoire

Puisqu’en cet entre-deux tours d' »élection » cantonale, aussi bien à droite (Sarkozy refuse de débattre avec Marine Le Pen) qu’à gauche (Valls choisit de « stigmatiser » pour « mobiliser ») le « débat politique » a complètement disparu dans l’anathème et la stigmatisation, et qu’il est vain d’attendre des media subventionnés qu’ils fassent leur travail d’éclairage et d’information, quel bilan de la présidence Sarkozy peut-on faire pour éclairer les « électeurs » qui souhaitent encore participer au cirque ?

– Introduction de la théorie du genre à l’école par Luc Chatel (film « le Baiser la Lune » imposé aux enfants de CM1 et CM2 en avril 2012)

– le « défi du métissage : une obligation« , et les « méthodes plus contraignantes encore » (sic) pour y parvenir

– la « discrimination positive » des Français ou la priorité donnée aux étrangers

– « on ira ensemble vers ce Nouvel Ordre mondial et personne ne pourra s’y opposer »

– explosion de l’immigration

– explosion de l’insécurité et perte du mode d’emploi du « karcher »

– explosion du chômage

– explosion de la dette : Sarkozy, président de la dette

explosion de l’impôt qui atteint 50% du PIB !

– dette grecque : « saut qualitatif dans la gouvernance de la zone euro« …

– vente de la France, vente de l’or de la France, France à vendre…

– création du CFCM (« Conseil français du Culte Muslman), par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur en 2003, c’est-à-dire l’organisation par l’état Léviathan de l’islamisation et de l' »islam de France » sous le prétexte de lutte contre l’islamisme. On a vu le résultat avec les attentats de Paris de janvier 2015.

Vol du siècle : 360 milliards d’euros alloués aux banques

– dépassement de 20 millions des frais de campagne 2012

Bygmalion

– vol du référendum de 2005 qui refusé par le peuple a quand même été voté par le parlement dit « national »

67 nouvelles taxes en 2011-2012 (Canard enchaîné du 11/09/13)

– Intervention militaire en Libye sur les instances de BHL : la charia, socle de la nouvelle démocratie libyenne …, création des islamistes dont il faudra bien que Sarkozy, Bhl et consorts rendent des comptes.

– etc., etc.

Quant au bilan de François Hollande à deux ans de la fin de son mandat présidentiel, c’est simple, tous les records sont battus  !

 – une délinquance et une insécurité qui gagnent et « frappent au coeur de nos territoires, dans la ruralité profonde » (Général Soubelet)

90 milliards de hausse d’impôts,

aucune baisse d’impôt prévue avant 2017,

record de chômage,

– record de dette à 2037,8 milliards d’euros, chaque français a une dette de 30.727 euros (la dette atteint 95% du PIB contre 92,3. fin 2013)

– … et… record de guerre !

L’UMPS ou l’explosion de tous les records en cours de mandats !

Pour se rafraichir la mémoire

UN COUP DE BARRE VERS LA VÉRITÉ

Déléguer certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage ou la famille aux conférences épiscopales « est une idée absolument anticatholique », affirme le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF).

Dans un entretien à paraître dans l’hebdomadaire français Famille chrétienne du 26 mars, le cardinal revient sur les débats houleux du Synode des évêques sur la famille en octobre dernier, et réaffirme l’indissolubilité du mariage chrétien.
À la question de savoir si certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient être déléguées aux conférences épiscopales, le cardinal allemand répond que « c’est une idée absolument anticatholique qui ne respecte pas la catholicité de l’Église ».

« Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, reconnaît-il, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques ».

Au mois de décembre, la Conférence épiscopale allemande avait adopté « à une large majorité », le rapport final de leur groupe de travail sur l’accompagnement des divorcés remariés prévoyant leur accès « sous conditions » aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation.

Les propos du cardinal Müller évoquent également la tentative du diocèse de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, avant le Synode d’octobre 2014, de prendre ses propres mesures concernant notamment l’accès à la communion des divorcés remariés. Le Vatican avait aussitôt demandé de ne pas lancer d’initiatives à même de créer la « confusion ». Rome n’est pas Bruxelles

Réagissant à la remarque récente d’un évêque allemand affirmant que sa conférence épiscopale n’était pas une « filiale de Rome », le cardinal prévient que « ce genre d’attitude risque de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II ».

Pour le cardinal Müller, le risque est « d’appliquer à l’Église des catégories politiques, au lieu d’utiliser l’ecclésiologie catholique véritable ». « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles, affirme-t-il encore. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués. »

Si le pape François, dans l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, a lui-même souligné « la nécessité de progresser dans une décentralisation salutaire concernant certaines problématiques rencontrées par les épiscopats locaux », le cardinal Müller rappelle de son côté que « l’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel ».

Indissolubilité du mariage

Dans les colonnes de Famille chrétienne, revenant sur la question du sacrement du mariage, le cardinal Müller déplore que « la valeur du don total d’un homme et d’une femme soit escamotée ».

Évoquant des paroles de saint Jean Chrysostome (347-407) estimant « que le divorce d’un mariage sacramentel était comme une amputation de la chair », le préfet de la CDF avertit alors : « Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. » Source : La Croix

Évidemment cela ne suffit pas à dédommager l’église conciliaire de ses erreurs modernistes, mais il faut se réjouir que la saine doctrine sur le mariage soit rappelée.

UN COUP DE BARRE VERS LA VÉRITÉ

UNE INSULTE AUX CATHOLIQUES FIDÈLES, ET À L’INTELLIGENCE

Dans son dernier Commentaire Eleison Mgr Williamson nie que l’on reconnaisse l’arbre à ses fruits, que l’agere sequitur l’esse et veut faire croire que la position du siège occupé ne relève que d’un trouble émotionnel :

Mgr Williamson – Initiative St Marcel – 21 mars 2015

Les sedevacs disent: «Vrais Papes, point n’en avons eu.»

Les sentiments sont bons. Le raisonnement est mauvais.[le vôtre encore pire vous nier l’adage agere sequitur esse]

Une comparaison d’hier a l’avantage d’être très claire : sur le dos d’une mule une lourde charge peut être difficile à équilibrer. Si elle se déplace sur la gauche, il faut la pousser vers la droite. Si elle s’incline à droite, elle doit être poussée à gauche. Mais cette double poussée n’est pas contradictoire – son unique but est de maintenir la charge en équilibre. D’une façon semblable, le fait que ces « Commentaires » présentent souvent des arguments contre le sédévacantisme ne signifie pas que l’on pousse vers le libéralisme, ni qu’on affirme que le sédévacantisme soit aussi mauvais que le libéralisme. Il s’agit simplement de reconnaître que les paroles et les actes outrageants de l’actuel occupant du Saint Siège tentent bon nombre de bons Catholiques à renoncer à l’usage de leur raison, et à juger de la réalité selon leurs émotions. C’est là un usage très répandu aujourd’hui, mais qui n’est pas catholique.

Par exemple, en examinant les arguments sédévacantistes, on constate qu’ils ne sont pas si forts qu’ils paraissent à première vue. Voyons les deux derniers à être passés sur mon bureau, provenant de deux Catholiques pieux et forts dans la Foi. Voici le premier : les Papes Conciliaires (en particulier, François) n’ont pas confirmé leur troupeau dans la Foi. Or, il appartient à l’essence d’un Pape de faire cela. Par conséquent les Papes Conciliaires n’ont pas été essentiellement Papes. Réponse : il faut distinguer entre le Pape dans son être et dans son agir. Un Pape devient essentiellement Pape dans son être par son élection dans un Conclave de Cardinaux, élection ou valide en elle-même, ou convalidée par l’acceptation ultérieure de l’élu comme Pape par l’Église Universelle (ce qui a pu être le cas pour plus d’un Pape Conciliaire, Dieu seul le sait). Par contre, pour un Pape de confirmer son troupeau dans la Foi relève de son action ou de son agir [de sa mission]. L’être de fond et l’agir sont différents, et peuvent être séparés [D’où le discernement on reconnait l’arbre à ses fruits ?]. Par conséquent un Pape peut faillir dans son action sans nécessairement cesser d’être selon son être un vrai Pape. C’est sûrement le cas de plusieurs, sinon de tous les Papes Conciliaires.

Et voici le second argument : Il est ridicule pour un simple catholique, individuel et faillible, de prétendre s’ériger en juge de l’erreur du Magistère infaillible de l’Église. Confronté alors à l’erreur nette (Conciliarisme, par exemple) de ce Magistère (des Papes Conciliaires, par exemple), on est acculé à conclure qu’ils n’ont pas été de vrais Papes. Réponse : le Pape n’est pas nécessairement le Magistère infaillible de l’Église. S’il n’engage pas toutes les quatre conditions strictes du Magistère Extraordinaire, ni n’enseigne en accord avec le Magistère Ordinaire de l’Église, alors il est faillible, et si de plus il contredit nettement ce Magistère, alors il est certainement dans l’erreur, et en tant que tel il peut être jugé par n’importe quel Catholique (ou non-catholique !) qui fasse droit usage de l’intelligence dont Dieu l’a doté. S’il n’en était pas ainsi, comment Notre Seigneur nous aurait-il prévenus tous de nous garder des faux prophètes et des loups déguisés en brebis (Mt. VII, 15–20) ?

 En fait ces deux arguments peuvent provenir d’un rejet émotionnel des Papes Conciliaires. « Ils ont à ce point maltraité l’Église qu’il m’est simplement impossible d’accepter qu’ils aient été Papes ! » Mais qu’en eût-il été si j’avais assisté comme spectateur au premier Chemin de la Croix ?—« C’est un si mauvais traitement de Jésus que dorénavant il m’est simplement impossible d’accepter qu’Il soit le Fils de Dieu ! » N’est-il pas vrai que mon rejet émotionnel de ce mauvais traitement eût été correct tandis que ma conclusion eût été néanmoins erronée ? Il y a un mystère impliqué dans les Papes Conciliaires dont les sédévacantistes ne tiennent pas compte.

 Ceci dit, il se peut que lorsque l’Église se sera rétablie, la seule autorité compétente en matière pourra déclarer que les Papes Conciliaires n’ont pas été de vrais Papes, mais pour l’instant les arguments jusqu’ici présentés pour prouver que le Siège de Rome est vacant ne sont pas si concluants que l’on peut les faire paraître.

 Kyrie eleison.

UNE INSULTE AUX CATHOLIQUES FIDÈLES, ET À L’INTELLIGENCE

UNE LEÇON DE FIDÉLITÉ

 Saint François Xavier est arrivé à Kagoshima le 15 août 1549 et, à son départ, après deux ans, il y avait 500 convertis. Même dans les textes officiels de l’Histoire du Japon on appelle le siècle suivant le « siècle chrétien » à cause des vagues de conversions et de l’épanouissement de la foi, surtout dans la partie sud du pays. On évalue à un million le nombre des convertis durant ce siècle. Par la suite les persécutions se succédèrent entre 1597 et 1640 de sorte qu’à la fin tous les prêtres avaient été massacrés.

 Ce fut alors la traversée du désert pendant 220 ans: plus de prêtres ni de sacrements, excepté le baptême et le mariage et des attaques continuelles contre la foi afin d’étouffer « la mèche qui fume encore » (Is 42, 3). Comment ont-ils survécu dans la foi? Les missionnaires prudents les avaient bien formés. Dans chacune des petites communautés de croyants trois personnes-clés avaient été chargées de maintenir la foi vivante : un catéchiste, un baptiseur et un homme du calendrier chargé de rappeler les jours de fêtes liturgiques.

 Imaginez votre situation si vous aviez à expliquer le Saint Sacrifice de la Messe à vos enfants si vous-mêmes, vos parents et vos grands parents, ne l’avaient jamais connu. C’était comme au temps de l’Ancien Testament, attendant la venue du Sauveur sous les espèces eucharistiques. Mais avec l’aide du Bon Dieu et de Notre-Dame beaucoup de familles ont gardé la foi.

 En 1840, le Japon a commencé à ouvrir ses portes au monde extérieur. Le 1er mai 1844, de son bateau en station dans le port d’Okinawa, le Père Forcade M.E.P. (Missions Étrangères de Paris) consacra les îles Ryukiu au sud du Japon, au Cœur Immaculé de Marie.

 En 1860, d’autres missionnaires M.E.P. entrèrent dans l’île de Kyushu afin de voir ce qu’étaient devenues la glorieuse église du 16e siècle et ses 1000 familles chrétiennes.

Le Père Petitjean obtint quelques conversions à Nagasaki mais il n’avait pas encore trouvé les « chrétiens cachés ». Son église confiée à Notre-Dame avait été bénite en 1864 quand, le 17 mars 1865, un évènement important se produisit.

 Est-ce que vous priez Santa Maria sama ? demanda Pierre, un brave Japonais, au Père Petitjean qui ouvrait la porte de son église à un petit groupe de 15 personnes qui venait d’arriver.

 -Certainement, regardez notre belle statue là-haut.

Êtes-vous avec le pape de Rome ? Quel est son nom?

-Mais oui, c’est le pape Pie IX.

 Et, avant de quitter le prêtre, il voulut vérifier s’il était bien un vrai successeur des missionnaires anciens.

 -Avez-vous des enfants ? demanda-t-il timidement.

-Ne savez vous pas que les prêtres ne se marient pas? Notre peuple sont nos enfants.

 En entendant cela, Pierre et son compagnon s’inclinèrent jusqu’à terre en s’exclamant : Ils sont vierges! Merci! Merci!

 Plus tard, en mai, tout un village chrétien demanda la visite des missionnaires suivi de 600 autres catholiques qui envoyèrent 20 délégués à Nagasaki. Le 8 juin, 25 villages (environ 10,000 personnes) avaient été identifiés par les missionnaires et 7 baptiseurs les rencontrèrent.

 Ainsi, dépourvus de toute aide extérieure, sans le soutien des sacrements, sauf le baptême et le mariage, mais avec la grâce de Dieu et la fidèle transmission par les familles de l’enseignement et des exemples des chrétiens et des martyrs du 16e et du 17e siècles, le feu sacré de la vraie foi, ou du moins une étincelle, fut maintenu dans un pays gouverné par des autorités très hostiles à la religion chrétienne. Il ne restait plus qu’à souffler sur cette mèche fumante pour rallumer la flamme. (Extrait des Missions Catholiques Françaises au XXe siècle, par J.B. Piolet, S.J. (vers 1900) vol. III, pp. 440-445).

« Nous serons fidèles jusqu’à la mort à la foi de nos pères. » Source Abbé Daniel Couture, fsspx – Lettre aux amis et bienfaiteurs – mars 2015

UNE LEÇON DE FIDÉLITÉ

LE SALUT VIENDRA-T-IL DE L’AFRIQUE ?

Le titre de cette pauvre recension ne lui plairait pas, ou du moins ne lui plairait qu’à moitié. Certes le cardinal guinéen Robert Sarah est un homme de foi, mais il lui déplairait qu’on rappelle qu’au moment du dernier conclave les journaux du monde entier le citaient parmi les papabili et qu’aujourd’hui encore le nom de ce saint cardinal (pour une fois le mot ne me semble pas trop fort), circule comme un possible pape, le premier d’Afrique noire, en cas de vacance inattendue [NOTE: Le geste accompli par Jean-Paul II en 1992 (p. 101) est peut être prophétique…]. Il n’aura que 70 ans en juin prochain [NOTE: Le cardinal Bergoglio devint le pape François à 76 ans ; le cardinal Ratzinger devint le pape Benoît XVI à 78 ans].

 Dans des entretiens très intelligemment menés par Nicolas Diat [NOTE: Cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien. Entretien sur la foi, entretiens avec Nicolas Diat, Fayard, 417 pages. Nicolas Diat est aussi l’auteur d’un bon livre sur Benoît XVI : L’Homme qui ne voulait pas être pape, Albin Michel, 2014.], le cardinal Sarah raconte son itinéraire et surtout exprime ses convictions sur la situation de l’Église et du monde.

 Il est né en 1945 à Ourous, un village au nord de la Guinée, dans une famille animiste (son père ne sera baptisé qu’en 1947). Avec une grande lucidité, et loin de se culpabiliser d’avoir renié la religion de ses ancêtres, le cardinal Sarah affirme aujourd’hui à propos des pratiques animistes dont le socle est l’initiation: « L’initiation pourrait paraître positive ; mais en réalité, le rite est une feinte, une dissimulation qui utilise le mensonge, la violence et la peur. […] On y cultive une soumission servile aux traditions par peur d’être éliminé en ne se conformant pas aux prescriptions. […] L’initiation nous rend esclaves de notre milieu, claquemurés dans le passé et la peur » (p. 25-26).

 Il reconnaît, à de très nombreuses reprises dans le livre, tout ce qu’il doit aux Spiritains qui avaient établi un poste missionnaire dans son village dès 1912. C’est un missionnaire spiritain qui l’a baptisé le 20 juillet 1947, à l’âge de deux ans, et c’est un autre spiritain, guinéen, Mgr Tchidimbo, qui l’a ordonné prêtre en 1969.

En avril 1978, Paul VI en fait le plus jeune évêque du monde – il n’a que 33 ans – mais il ne pourra être consacré que sous le pontificat de Jean-Paul II, après la libération de Mgr Tchidimbo qui aura passé près de 9 ans dans les prisons du dictateur Sékou Touré. Le gouvernement du diocèse de Conakry sous une telle dictature fut difficile. Mgr Sarah eut à livrer aussi des « combats intérieurs » qui lui révélaient, dit-il, « de manière toujours plus évidente mon incapacité objective à conduire l’Église de Conakry ». Les moyens spirituels – et ascétiques – employés pour faire face à ces difficultés sont impressionnants de détermination (p. 98-99).

 En octobre 2001, Mgr Sarah est nommé secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples. Les neuf ans passés dans cette Congrégation lui ont donné une vue universelle de l’Église qui l’a empêché de tomber dans des considérations forcément pessimistes : « En Europe, nous avons toujours l’impression que le catholicisme a entamé son agonie. Il suffit de rester une semaine à la Congrégation pour comprendre que l’Église possède au contraire une vitalité extraordinaire. Nous vivons un ”nouveau printemps du christianisme”, comme aimait à dire Jean-Paul II. En 1900, il y avait 2 millions de catholiques africains ; aujourd’hui, ils sont 185 millions. En Asie, le catholicisme, provoqué et stimulé par la tradition de différentes mystiques, incarne la modernité » (p. 105-106).

En 2010, Benoît XVI nomme Mgr Sarah président du Conseil pontifical Cor unum et le crée cardinal.

Puis en novembre 2014 le Pape François le nomme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Une liturgie « qui s’éloigne du divin »

Le cardinal Sarah, familier de Solesmes et du grégorien, a toujours accordé une grande attention au caractère sacré de la liturgie. Dans ce livre, il rapporte un souvenir douloureux qui remonte au début du concile, en 1962 ou 1963, alors que la constitution sur la liturgie (Sacrosanctum Concilium) n’était même pas encore promulguée. Déjà la révolution liturgique s’engageait de façon anarchique dans plusieurs pays [NOTE : Souvenir de la même époque, alors que le jeune Robert Sarah rejoint en septembre 1964 le Grand séminaire de Nancy pour poursuivre ses études cléricales, il constate : « L’habit ecclésiastique n’était plus forcément respecté – le col romain remplacé par un pull-over à col roulé – et c’est finalement l’identité sacerdotale qui perdait sa visibilité en disparaissant dans l’anonymat ; la soutane se transformait peu à peu en habit liturgique dont on se débarrassait aussitôt les célébrations terminées » (p. 54)], y compris en Afrique donc : « La cathédrale de Conakry avait un chœur élégant et ouvragé, raconte le cardinal Sarah, avec une belle réplique du baldaquin du Bernin, entourée de très beaux anges. Au moment des premières discussions sur la réforme liturgique, Mgr Tchidimbo est revenu à Conakry en ordonnant la destruction du baldaquin et du maître-autel. Nous étions en colère, incrédules devant cette décision précipitée. Avec une certaine violence, nous passions sans aucune préparation d’une liturgie à une autre » (p. 120-121).

 Plus loin, le nouveau préfet de la Congrégation pour le culte divin reconnaît qu’une fois la constitution conciliaire promulguée bien des errements se sont produits sans attendre les textes normatifs d’application en préparation: «Malheureusement, aussitôt après le concile, la Constitution sur la liturgie ne fut pas comprise à partir du primat fondamental de l’adoration, de l’agenouillement humble de l’Église devant la grandeur de Dieu, mais plutôt comme un livre de recettes… Nous avons vu toutes sortes de créateurs ou d’animateurs qui cherchaient davantage à trouver des astuces pour présenter la liturgie de manière attrayante, plus communicative, en impliquant toujours plus de gens, mais en oubliant que la liturgie est faite pour Dieu. Si Dieu devient le grand absent, toutes les dérives sont possibles, des plus banales aux plus abjectes. […]

Si nous faisons la liturgie pour nous-mêmes, elle s’éloigne du divin ; elle devient un jeu théâtral ridicule, vulgaire et ennuyeux. Nous aboutissons à des liturgies qui ressemblent à des opérettes, à une fête dominicale pour se divertir ou se réjouir ensemble après une semaine de travail et de soucis de toutes sortes. Dès lors, les fidèles repartent chez eux, après la célébration eucharistique, sans avoir rencontré personnellement Dieu ni l’avoir écouté au plus intime de leur cœur. Il manque ce face-à-face contemplatif et silencieux avec Dieu qui nous transforme et nous redonne des énergies qui permettent de le révéler à un monde de plus en plus indifférent aux questions spirituelles [Il manque la grâce reçue par des sacrements certainement valides et la préparation adéquate]. Le cœur du mystère eucharistique est la célébration de la Passion, de la mort tragique du Christ et de sa Résurrection [le sacrifice rédempteur du Calvaire, victoire sur le péché, la haine, le monde et le prince de ce monde]; si ce mystère est noyé dans de longues cérémonies bruyantes et chamarrées, le pire est à craindre. Certaines messes sont tellement agitées qu’elles ne sont pas différentes d’une kermesse populaire. Il nous faut redécouvrir que l’essence de la liturgie restera éternellement marquée par le souci de la recherche filiale de Dieu » [la liturgie n’est pas une recherche c’est la prière de l’Épouse du Christ, la Sainte Église] (p. 150-151).

 Le cardinal Sarah est un des cardinaux qui ont accueilli le motu proprio sur la liturgie traditionnelle Summorum pontificum (07/07/2007) « avec confiance, joie et action de grâce » (p. 400). Rappelons qu’un mois à peine avant d’être nommé Préfet de la Congrégation du Culte divin, il recevait, en octobre 2014, les représentants du 3e pèlerinage Summorum Pontificum à Rome [NOTE : Ce 3e pèlerinage international des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle a rassemblé plus de 300 prêtres et 2 000 pèlerins venus du monde entier].

 Dans ce livre d’entretiens, il dit ce qui fait la richesse de la messe traditionnelle [Il n’y en pas d’autre] : « Il est probable que dans la célébration de la messe selon l’ancien missel, nous comprenions davantage que la messe est un acte du Christ et non des hommes. De même, son caractère mystérieux et mystagogique est perceptible de façon plus immédiate » (p. 401).[Que nous le comprenions, ou pas, cela est]

 « L’Église d’Afrique s’opposera »

Sur les questions relatives au mariage, au divorce, à l’homosexualité, à l’admission à la communion des divorcés remariés et à la reconnaissance par l’Église des unions homosexuelles, le cardinal Sarah a des propos clairs. Il rappelle que le divorce, le remariage civil des divorcés ou leur concubinage « sont l’occasion d’un grand scandale » (p. 360). Certains – y compris des cardinaux et des évêques – pensent que « le divorce est tellement fréquent aujourd’hui que son scandale n’existe plus… Selon ce raisonnement, nous pourrions donc admettre les divorcés remariés à la sainte communion ». Le cardinal Sarah estime que la banalisation d’une situation ne change en rien, sur le fond, à la nature du scandale : « Ce type de raisonnement repose sur une mauvaise compréhension de la notion même de scandale. Ce dernier n’est pas un choc psychologique, mais une action qui entraîne délibérément autrui à pécher. En aucun cas, le pécheur ne doit tenter ni pousser l’autre à pécher. La tentation est un effet du péché lui-même. Or, la multiplicité des divorces et des remariages sont des péchés qui provoquent des situations sociales ou des institutions contraires à la bonté divine » (p. 361).

 Il contredit frontalement le cardinal Marx, président de la conférence des évêques allemands, qui affirmait en décembre dernier : « La recherche d’un accompagnement théologiquement responsable et pastoralement approprié des croyants divorcés ou divorcés et remariés civilement figure partout dans le monde parmi les défis urgents de la pastorale familiale et conjugale dans le contexte de l’évangélisation». Le cardinal Sarah lui répond : « J’ai beaucoup de respect pour le cardinal Reinhard Marx. Mais cette affirmation si générale me semble être l’expression d’une pure idéologie que l’on veut imposer à marche forcée à toute l’Église. Selon mon expérience, en particulier après vingt-trois années comme archevêque de Conakry et neuf années comme secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, la question des ”croyants divorcés ou divorcés et remariés civilement” n’est pas un défi urgent pour les Églises d’Afrique ou d’Asie. Au contraire, il s’agit d’une obsession de certaines Églises occidentales qui veulent imposer des solutions dites ”théologiquement responsables et pastoralement appropriées”, lesquelles contredisent radicalement l’enseignement de Jésus et du magistère de l’Église » (p. 403).

Le cardinal Sarah lance même une mise en garde : « J’affirme avec solennité que l’Église d’Afrique s’opposera fermement à toute rébellion contre l’enseignement de Jésus et du magistère » (p. 405).

 Auparavant dans le livre il avait souligné combien les divisions doctrinales représentent un danger:

«Désormais, l’unité de l’Église est menacée au plan de la doctrine révélée, car nombreux sont ceux qui considèrent leur propre opinion comme la véritable doctrine![Mais non, monsieur le cardinal, ceux qui considèrent leur propre opinion comme la véritable doctrine, perdent la foi et quittent l’Église, ils se détachent d’Elle, l’unité n’est en rien menacée, l’Église est Une]

 Une des plus grandes difficultés actuelles se trouve dans des ambiguïtés ou des déclarations personnelles sur des points doctrinaux importants qui peuvent conduire à des opinions erronées et dangereuses. Ces errements désorientent beaucoup de fidèles. Sur des questions très graves, il existe parfois des réponses contradictoires apportées par le clergé et des théologiens. Comment le peuple de Dieu ne put-il pas être perturbé par de tels comportements ? Comment les baptisés peuvent-ils être certains de ce qui est bon ou mauvais ? La confusion sur la véritable direction à prendre est la plus grande maladie de notre époque »[La confusion est fille du démon, c’est pour cela que saint Pie X préconisait comme remède au modernisme la philosophie et la théologie de saint Thomas d’Aquin] (p. 163-164).

 À l’encontre de suggestions ou de projets qui viseraient à donner plus d’autorité et de pouvoir aux conférences épiscopales, il affirme : « nous commettrions un grave péché contre l’unité du Corps du Christ et de la doctrine de l’Église en donnant aux conférences épiscopales une autorité ou une capacité de décision sur des questions doctrinales, disciplinaires, morales [C’est surtout que cela n’est pas catholique]» (p. 158). Sur ce thème, il cite longuement le discours de Pie XII aux évêques en novembre 1954 et il fait référence à la lettre apostolique de Jean-Paul II Apostolos suos (21 mai 1998).

Sans pouvoir faire un relevé exhaustif de tous les points saillants de ce livre d’entretiens, on notera encore les considérations sur la théorie du genre qualifiée de « supercherie immorale et démoniaque »[conséquence inéluctable de la révolution subjectiviste et idéaliste] (p. 229), sur le « féminisme idéologique qui peut être apparemment généreux dans ses intentions, et fallacieux dans ses visées profondes » (p. 169), sur le scandale de la vie du P. Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ (p. 316-319) qui illustre un mystérieux « combat entre le bien et le mal » : « cet homme a construit une œuvre de Dieu en même temps qu’il portait à travers sa propre personne les germes de la destruction. […] Dieu a beaucoup donné, tandis que des actions secrètes et malfaisantes ne cessaient de répandre leurs venins diaboliques. En même temps que Dieu construisait une œuvre magnifique, le démon s’est acharné de façon toujours plus hideuse pour ruiner l’œuvre jusque dans ses fondations».

 La fidélité du pape François

Le cardinal Sarah fait confiance au synode sur la famille qui connaîtra sa seconde phase en octobre prochain et à l’action du pape François : « Comment un synode pourrait-il revenir sur l’enseignement constant, unifié et approfondi du bienheureux Paul VI, de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI ? Je place ma confiance dans la fidélité de François » (p. 405).

 Cette fidélité du pape François à l’enseignement traditionnel de l’Église sur le mariage, on la constate une nouvelle fois dans une interview que le Pape vient d’accorder à une chaîne de télévision mexicaine et dont l’agence Zenit (14/03/2015) cite certains extraits :

« À une question sur le synode pour la famille, le pape reconnaît que la famille passe par une crise jamais vue auparavant.

Mais il ajoute, sans détour : “Je crois qu’il y a des attentes démesurées“, à propos de la possibilité de la communion pour les catholiques divorcés et remariés ou en matière d’homosexualité.

En donnant la communion aux personnes divorcées remariées “on ne résout rien“, explique le pape: “Ce que l’Église veut, dit-il, c’est que tu t’intègres à la vie de l’Église“. Pour ceux qui disent “non, moi je veux communier et c’est tout“ la communion n’est qu’une “cocarde“, qu’un “titre honorifique“, estime le pape. »

La Manif pour tous « une manifestation du génie du christianisme »

Dans le livre d’entretiens, le cardinal Sarah affirme : « Aujourd’hui en Europe, il existe des pouvoirs financiers et médiatiques qui cherchent à empêcher les catholiques d’user de leur liberté. En France, la ”Manif pour tous” donne un exemple d’initiatives nécessaires. Ce fut une manifestation du génie du christianisme » (p. 214).

Dans un entretien accordé au site Aleteia [NOTE : Site dirigé par Jesus Colina (un ancien de Zenit) et qui n’a aucun lien organique avec la modeste Aletheia], le 3 mars dernier, le cardinal Sarah a renouvelé ce soutien et a encouragé à poursuivre le combat : « Notre mission, en tant que chrétien, est de témoigner de notre foi. Nous savons que la famille est une réalité voulue par Dieu. Nous savons ce qu’elle représente pour l’Église et la société : sans elle, il n’y a pas d’avenir, ni pour l’une, ni pour l’autre. La Manif pour tous rentre donc dans le témoignage de foi des chrétiens, qui défendent cette réalité. Je n’hésite pas à l’affirmer : je soutiens parfaitement cette manifestation dans ses différentes éditions. Elles sont l’expression de la fidélité à l’Église et à la foi.

Pourtant, à première vue, elles ont échoué !

Le Christ aussi, apparemment, a échoué : après trois ans de vie publique, il a été tué, mis au tombeau et le tombeau a été scellé ! Mais il est ressuscité et a vaincu le mal. La Manif pour tous, dans ses différentes expressions, n’a pas pu empêcher les décisions des politiques. Mais elle a obtenu une grande victoire : elle a réussi à redonner de la vigueur aux familles. C’est sa grande victoire. À cause de cela, elle doit se poursuivre. Ce n’est pas un acte ponctuel. Il faut continuer à écrire, sortir, manifester ! Il faut aussi encourager des foyers solides qui se battent pour que l’amour continue et ne meure pas.

Que voulez-vous dire ?

L’amour est comme une fleur dans le désert, que l’on doit arroser et clôturer pour empêcher que les bêtes ne la mangent. Avec quoi clôture-t-on l’amour ? Avec l’attention quotidienne. Avec quoi l’arrose-t-on ? Avec le pardon. Il faut aussi veiller à ce que cette plante soit soignée, par la prière, la rencontre et le dialogue. Sans cela, la plante, l’amour meurent. Une plante ne peut pas survivre si elle n’est pas entretenue. Toutefois, le grand jardinier c’est Dieu. Si une famille Le rejette, elle ne dure pas. Manifester, c’est bien. Mais il faut soigner nos familles. Il faut veiller à ce que l’amour, don précieux, soit maintenu vif dans le coeur des conjoints et vécu en famille.» Yves Chiron – Aletheia – n°230 – 15 mars 2015

 

LE SALUT VIENDRA-T-IL DE L’AFRIQUE ?