L’État et la secte contre le bien commun

Les franc-maçons célèbrent la loi Neuwirth légalisant la contraception

Capture d’écran 2017-12-15 à 20.11.55Le 13 décembre, dans le Grand Temple de son siège national à Paris, la Grande Loge de France a célébré à la fois les 50 ans de la Loi Neuwirth libéralisant la vente de la pilule contraceptive et la mémoire de son ancien Grand Maître Pierre Simon, décédé en 2008, qui fut l’un des principaux artisans de cette loi. Ce gynécologue militant de la cause des femmes œuvra aussi à la rédaction de la Loi Veil de 1975.

Pour cette célébration, ont planché: la fille de Pierre Simon, Perrine Simon-Nahum, et deux frères de la loge La Nouvelle Jérusalem, où a été initié Pierre Simon en 1953.

Le blogueur franc-maçon de l’Express rappelle que les lois de 1967 et de 1975 sur la contraception et l’avortement sont les dernières réformes qualifiées de maçonniques. Les franc-maçons ont pris une part prépondérante dans cette évolution majeure de notre société. Au premier plan d’entre eux, le médecin et franc-maçon Pierre Simon.

Né en 1925 dans une famille juive bourgeoise de l’est de la France, il fonda en 1951 avec Charles Hernu le Club des jacobins, alors qu’il est initié à la Loge La Nouvelle Jérusalem de la GLDF en 1953. Son parcours politique le conduit ensuite au Parti radical-socialiste du franc-maçon Léon Bourgeois… et de Pierre Mendès France. Le jour de l’exclusion de ce dernier, il participe à la fondation du PSA (Parti socialiste autonome) d’Edouard Depreux, une des trois composantes qui se regrouperont pour la fondation du PSU (Parti socialiste Unifié) le 3 avril 1960… le parti de Michel Rocard. Il revient ensuite au Parti radical. Il sera même candidat à deux reprises, en 1967 et en 1968, aux élections législatives, sans être élu. Mendésiste, rocardien… et proche de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de L’Express en 1953 avec Françoise Giroud.

Pierre Simon a agi en politique au cœur du pouvoir d’État. Et ce en exploitant l’imbrication entre les pouvoirs politiques et maçonniques, grâce à sa position de frère puis de haut dignitaire d’une obédience. Simon a été Grand maître de la GLDF de 1969 à 1971 et de 1973 à 1975. En 1953, il se rend en Russie soviétique, à l’Institut Pavlov de Leningrad, et contribue à ramener en France des données techniques sur l’accouchement sans douleur.

Pierre Simon a mené son combat politique à travers la Fraternelle parlementaire, cette association qui rassemble des frères et sœurs parlementaires de tous bords politiques. En 1959, il contribue à lancer le Mouvement pour le planning familial. Et il y a cette rencontre avec le député gaulliste Lucien Neuwirth, convaincu par Simon d’aller convaincre l’épouse du Général de Gaulle. La loi Neuwirth est finalement votée en décembre 1967.

Au cœur de l’appareil d’État, comme membre du cabinet de deux ministres de la Santé, Robert Boulin puis Simone Veil, Pierre Simon a contribué à rédiger la loi sur l’avortement adoptée en 1975. Dans une vidéo diffusée dans le Grand temple de la GLDF, ce 14 décembre 2017 Rue Puteaux à Paris, Pierre Simon raconte ses souvenirs auprès du ministre Robert Boulin, dont il était très proche :

« J’ai fait initier la moitié du cabinet… et même Boulin m’a demandé d’entrer en maçonnerie, alors qu’il était catholique traditionaliste… je l’en ai dissuadé en raison de son statut de ministre ! »

Pierre Simon a aussi réussi à faire plancher au siège de son obédience un évêque, Mgr Pézéril.

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