Libérer Jérusalem

le pape Benoit XV Benoit XV

Pendant la Première Guerre mondiale, Nahum Sokolow, un des leaders sionistes de l’Organisation sioniste de Londres, fut reçu le 4 mai 1917 par le pape Benoît XV qui lui déclara :

« Le problème des Lieux saints est pour nous d’une extraordinaire importance. Leur sainteté doit être protégée. Nous allons régler cela entre l’Église et les Puissances. Il vous faudra y respecter pleinement les droits  »

« Ce serait une grande douleur, pour moi et pour la chrétienté, si des non-chrétiens jouissaient en Palestine de droits supérieurs aux nôtres, et si les lieux saints qui sont sacré pour le christianisme, étaient remis à des non-chrétiens » dixit Benoit XV devant le Sacré Collège, le 10 Mars 1919

« Le danger qui nous effraie le plus est la constitution d’un état hébreu en Palestine... Le Saint-Siège doit parler au et clair parce que la rumeur s’est répandue qu’il appuie les demandes sionistes » dixit le cardinal Gasparri, 1919.

Tout de suite après la Première Guerre mondiale, le Saint-Siège, exclu de la Conférence de la paix à Versailles aux termes de l’article 15 du Pacte de Londres, voulut faire en sorte qu’un État juif, qui aurait constitué une menace pour les Lieux saints et offensé les sentiments chrétiens, ne voit pas le jour. Comme s’en expliquait Benoît XV le 13 juin 1921, on craignait que « les Juifs ne viennent à se trouver en Palestine en position de prépondérance et de privilège » :

« … quand les chrétiens, grâce à l’intervention des troupes alliées, reprendront possession des Lieux Saints, c’est de bon cœur que nous nous joindrons à l’exultation générale des bons ; mais cette nôtre allégresse ne sera pas dépourvue de la crainte […] que, suite justement à un événement aussi magnifique et réjouissant, les israélites ne parviennent, en Palestine, à une position prépondérante et privilégiée. Si nous devons en juger sur la base de la situation actuelle, hélas, ce que nous craignions s’est vérifié. On sait, en effet, que la condition des chrétiens de Palestine non seulement ne s’est pas améliorée, mais qu’elle a encore empiré en raison des réglementations civiles qui y sont établies, lesquelles visent – même si ce n’était pas l’intention de ceux qui les ont édictées, mais sûrement dans les faits – à dépouiller la chrétienté des positions qu’elle a occupées jusqu’ici, pour lui substituer les juifs. En outre, Nous ne pouvons que déplorer l’action intense menée par beaucoup pour priver les Lieux Saints de leur caractère sacré, en les transformant en lieux de rencontres et de plaisir avec tous les attraits mondains […] Nous ne voulons certes pas qu’il soit fait du tort aux droits de l’élément juif, mais nous n’avons nullement l’intention [de permettre] qu’ils prévalent sur les justes droits chrétiens. » dixit le pape Benoit XV, le 13 Juin 1921

« …Le but du Sionisme, tel que le confessent les Sionistes eux-mêmes, est le rétablissement du peuple d’Israël sur la terre de leurs ancêtres et l’expulsion des autres nationalités qui s’y sont établies au cours des siècles. Donc, le but du Sionisme est la conquête de la Palestine. Pour y parvenir, les Sionistes ne reculent devant aucun moyen. Protégés par les autorités britanniques – on sait, en fait, que Sir Herbert Samuel et presque tous les fonctionnaires anglais sont des sionistes militants -, les dirigeants sionistes sont en réalité les maîtres de la Palestine : ils dictent la loi et imposent leur volonté à toute la population, catholique, musulmane, et jusqu’aux israélites orthodoxes, soumis à mille abus de pouvoir de la part de leurs coreligionnaires. Outre l’autorité, ils disposent de beaucoup d’argent envoyé par les comités sionistes de tous les pays, spécialement de ceux des États-Unis et de Grande-Bretagne, et avec cet argent, ils achètent les terres des pauvres musulmans ruinés par la guerre, ils fondent des écoles et quelquefois corrompent aussi les consciences. En bref, comme le prouvent des rapports fiables, le propos des Sionistes est d’exproprier peu à peu les Arabes et les chrétiens et de prendre leur place. Pour accroître le nombre de leurs coreligionnaires, on a autorisé l’immigration en Palestine des juifs russes, presque tous bolcheviques […] en fait on ne refuse le droit à l’immigration qu’à ceux qui ne sont pas juifs. L’action sioniste ne s’est pas révélée moins funeste sur le plan de l’immoralité, qui, à partir du moment où les Sionistes se sont érigés en maîtres de la Palestine, s’est terriblement étendue sur cette terre baignée par le sang de Jésus Christ. Des établissements de vice se sont ouverts à Jérusalem, à Jaffa, à Nazareth, et dans tous les centres importants : les femmes de mauvaise vie fourmillent partout, les maladies honteuses se répandent, c’est vraiment l’abomination de la désolation dans le Lieu saint » [cf. Mt 24, 15] […] » » s’exclame Mgr Barlassina, patriarche latin de Jérusalem qui donna au Collège Saint Joseph de Rome, une conférence exaltée, dont La Civiltà Cattolica, organe du Saint-Siège, relata l’essentiel.

Le patriarche de Jérusalem conclut la conférence en lançant un brûlant appel à tous les catholiques : « Il faut sauver la Palestine, menacée de tomber sous un joug mille fois pire que celui des Turcs ; une fois encore doit retentir le cri des Croisés : « Dieu le veut, Dieu le veut ! », une croisade pacifique mais forte … pour libérer la patrie du Sauveur […] »

Les porte-parole du Vatican informèrent les représentants du mouvement sioniste, en 1921 – que le Saint-Siège ne désirait pas aider « la race juive, pénétrée d’un esprit révolutionnaire et rebelle », à obtenir le gouvernement de la Terre Sainte. »

Conclusion négative de la guerre pour le Saint-Siège : un Haut-Commissaire de confession juive pour la Palestine, Herbert Samuel, est nommé en 1920. À la Conférence de San Remo, la France avait, la même année, abandonné son rôle de protectrice des catholiques du Levant. 1922 : le Conseil de la Société des Nations octroyait le mandat sur la Palestine à l’anglicane Grande-Bretagne.

Le cardinal Gasparri, secrétaire d’État, écrivit en vain une lettre datée du 15 mai 1922 à la SDN, demandant que soient retranchés les paragraphes « sionistes » du mandat parce que ces articles conféraient aux Juifs une prépondérance sur les catholiques.

« C’est votre université que je redoute » dixit le cardinal Gasparri a propos de l’université hébraïque de Jérusalem dont le sioniste Chaïm Weizmann avait posé la première pierre en 1918.

Le Saint-Siège allait exiger un contrôle international sur les Lieux saints et le principe fut retenu par la Grande-Bretagne qui introduisit l’article 14 dans la charte du mandat. Mais quand il s’avéra que les Britanniques avaient l’intention de placer un protestant américain à la tête de la commission des Lieux saints, il y renonça.

« Les catholiques du monde entier [… ] ne pourraient pas ne pas être blessés dans leurs sentiments religieux si les juifs se voyaient garantir une prépondérance en Palestine [… ]. Veut-on créer un « home juif » ? Il ne sera pas difficile de trouver d’autres territoires plus appropriés. La Palestine à prépondérance juive serait cause de graves problèmes internationaux ; elle ne satisfera pas les catholiques du monde entier, entraînera une plainte légitime du Saint-Siège, sans pour autant répondre au souci charitable et constant de celui-ci à l’endroit des non-aryens  » dixit le cardinal Luigi Maglione, secrétaire d’État, le 18 mai 1943, à Mgr Amleto Cicognani, délégué apostolique à Washington.

Saint Pie X

Entretien avec le Pape Saint Pie X rapporté par Théodore Herzl, père du sionisme, dans son journal le 25 janvier 1904 :

Je fus conduit chez le Pape en passant par un grand nombre de petits salons. Il me reçut debout et me tendit la main, que je ne baisai pas (…).

Je lui soumis brièvement mon affaire. Il répondit sur un ton sévère et catégorique (…) : « Nous ne pouvons pas soutenir ce mouvement [sioniste]. Nous ne pourrons pas empêcher les juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pouvons en aucun cas soutenir cela. Même si elle n’a pas toujours été sainte, la terre de Jérusalem a été sanctifiée par la vie de Jésus-Christ. En tant que chef de l’Église, je ne peux vous dire autre chose. Les juifs n’ont pas reconnu notre Seigneur, c’est pourquoi nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif. » (…)

Et voilà, pensai-je, le vieux conflit qui recommence entre Rome et Jérusalem ; lui représente Rome, moi Jérusalem. (…)

« – Mais que dites-vous, Saint-Père, de la situation actuelle ? demandai-je.

Je sais bien qu’il est désagréable de voir les Turcs en possession de nos Lieux saints, répondit-il. Nous sommes forcés de le supporter. Mais soutenir les juifs pour qu’ils obtiennent eux, les Lieux saints, c’est une chose que nous ne pouvons pas faire. »

Je soulignai que notre motivation était la détresse des juifs, et que nous entendions laisser de côté les questions religieuses.

« Oui, dit-il, mais nous, et plus spécialement moi en tant que chef de l’Église, ne le pouvons pas. Deux cas peuvent se présenter. Ou bien les juifs restent fidèles à leur croyance et continuent d’attendre le Messie, qui pour nous est déjà venu. Dans ce cas, ils nient la divinité de Jésus, et nous ne pouvons rien faire pour eux. Ou bien ils vont là-bas sans aucune religion, et dans ce cas-là nous pouvons encore moins les soutenir. La religion juive a été la base de la nôtre, mais elle a été remplacée par la doctrine du Christ, et dès lors nous ne pouvons plus reconnaître son existence. Les juifs, qui auraient dû être les premiers à reconnaître Jésus-Christ, ne l’ont pas fait jusqu’à ce jour. »

Je faillis dire : «  C’est ce qui arrive dans toutes les familles. Nul n’est prophète dans sa famille. » Au lieu de cela, je déclarai : « La terreur et les persécutions n’étaient peut-être pas les meilleurs moyens pour éclairer les juifs. »

Il répliqua cette fois avec une simplicité désarmante : « Notre Seigneur est arrivé sans disposer d’aucune puissance. Il était pauvre. Il est venu en paix. Il n’a persécuté personne, on l’a persécuté. Même les Apôtres l’ont abandonné. Ce n’est qu’ensuite qu’il a grandi. C’est seulement au bout de trois siècles que l’Église a été mise en place. Les juifs avaient donc le temps de reconnaître la divinité de Jésus-Christ sans aucune pression extérieure. Mais ils ne l’ont pas fait, ils ne le font toujours pas à l’heure qu’il est»

« Mais, Saint-Père, dis-je, la situation des juifs est épouvantable. Je ne sais si Votre Sainteté réalise toute l’ampleur de ce drame. Nous avons besoin d’un pays pour les persécutés.

– Mais cela doit-il être Jérusalem ? demanda-t-il.

Nous ne demandons pas Jérusalem, précisai-je, mais la Palestine, seulement le pays profane.

Il répéta : « Nous ne pouvons pas soutenir cela. »

«- Connaissez-vous, Saint-Père, la situation des juifs ? questionnai-je

Oui, je l’ai connue à Mantoue, répondit-il. Il y a des juifs là-bas. J’ai d’ailleurs toujours eu de bonnes relations avec les juifs. Tout récemment, un soir, j’ai eu la visite de deux juifs. Il est vrai qu’il existe des rapports qui se situent en dehors de la religion : des rapports de courtoisie et de charité. Nous ne refusons aux juifs ni l’une ni l’autre. Du reste, nous prions pour eux, afin que leur esprit s’éclaire. Précisément en ce jour, nous célébrons la fête d’un incroyant qui, sur le chemin de Damas, s’est converti de façon miraculeuse à la vraie croyance [Saint Paul]. Ainsi, si vous allez en Palestine et si vous y installez votre peuple, nous préparerons des églises et des prêtres pour les baptiser tous. » Source Blog Valentin Beziau

 

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