Le Pape et la plupart des Pères du Concile ont ignoré l’appel.

Les sites Rorate Caeli, Corrispondenza Romana, Le blog de Jeanne Smits et d’autres sources d’information catholiques, ont diffusé une importante intervention de Mgr Athanasius Schneider sur L’interprétation de Vatican II et son rapport avec la crise actuelle de l’Église (LIEN).

Selon l’Évêque auxiliaire d’Astana, Vatican II a été un Concile pastoral et ses textes devraient être lus et jugés à la lumière de l’enseignement pérenne de l’Église. En fait, « d’un point de vue objectif, les affirmations du Magistère (les papes et les conciles) qui ont un caractère définitif ont plus de valeur et de poids que les affirmations à caractère pastoral, dont la qualité est naturellement changeante et provisoire, sujette aux circonstances historiques ou apportant une réponse à des situations pastorales d’une période donnée, comme c’est le cas pour la plupart des affirmations de Vatican II ».

L’article de Mgr Schneider a été suivi, le 31 juillet, par un commentaire équilibré de l’abbé Angelo Citati de la FSSPX (LIEN), selon lequel la position de l’Évêque allemand rappelle très étroitement ce qui a été répété constamment par Mgr Marcel Lefebvre : « Pour moi, – pour nous, je pense – dire qu’on voit, qu’on juge les documents du Concile à la lumière de la Tradition, cela veut dire évidemment qu’on rejette ceux qui sont contraires à la Tradition, qu’on interprète selon la Tradition ceux qui sont ambigus et qu’on accepte ceux qui sont conformes à la Tradition » (Mgr M. Lefebvre, Conférence donnée à Ecône le 10 janvier 1983). Ayant été publié sur le site officiel du District Italien, l’article de Don Citati nous aide à comprendre ce qui pourrait être la base d’un accord pour régulariser la situation canonique de la Fraternité Saint Pie X.

Il faut ajouter qu’au niveau théologique, toutes les distinctions peuvent et doivent être faites pour interpréter les textes de Vatican II qui a été un Concile légitime : le vingt et unième de l’Église catholique. À fur et à mesure, ses documents peuvent être définis de manière pastorale ou dogmatique, provisoire ou définitive, respectant ou non la Tradition.

Mgr Brunero Gheradini, dans ses travaux récents, nous offre un exemple de la façon dont un jugement théologique peut être articulé s’il veut être précis (Concile œcuménique Vatican II : un débat à ouvrir, Casa Mariana Editrice, 2009 et Le Concile Vatican II : un débat qui n’a pas eu lieu, Ed. Courrier de Rome, 2011). Chaque texte, pour le théologien, a une qualité et un degré d’autorité et de force différents. Par conséquent, le débat est ouvert.

Au niveau historique, cependant, Vatican II constitue un bloc qui ne peut être décomposé : il a sa propre unité, son essence, sa nature. Considéré dans ses origines, sa mise en œuvre et ses conséquences, le Concile peut être définit comme une Révolution dans la mentalité et le langage, qui a profondément changé la vie de l’Église, initiant une crise morale et religieuse sans précédent.

Si le jugement théologique peut être nuancé et compréhensif, le jugement de l’histoire est sans merci et sans appel. Le Concile Vatican II n’a pas seulement échoué ou a été un échec : ce fut une catastrophe pour l’Église.

Vu que cette année marque le centenaire des Apparitions de Fatima, considérons seulement ce point. Lorsque Vatican II ouvrit ses portes en octobre 1962, les Catholiques du monde entier attendaient la révélation du troisième Secret de Fatima et la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. L’Armée bleue (The Blue Army) de John Haffert (1915-2001) menait depuis des années des grandes campagnes de sensibilisation à cet égard.

Quelle meilleure occasion pour Jean XXIII (décédé le 3 juin 1963), Paul VI et les 3 000 évêques environ, rassemblés autour d’eux, au cœur de la Chrétienté, de donner suite aux requêtes de la Sainte Vierge de manière unanime et solennelle ? Le 3 février 1964, Mgr Geraldo de Proença Sigaud remit personnellement à Paul VI une pétition signée par 510 prélats de 78 pays, qui imploraient le Pontife, en union avec tous les évêques, de consacrer le monde et, de manière explicite la Russie, au Cœur Immaculé de Marie. Le Pape et la plupart des Pères du Concile ont ignoré l’appel.

 Si la consécration requise aurait été faite, d’abondantes grâces se seraient répandues sur l’humanité. Un mouvement de retour à la loi naturelle et chrétienne aurait commencé. Le communisme serait tombé plusieurs années plus tôt, de manière non fictive mais authentique et réelle. La Russie se serait convertie et le monde aurait connu une époque de paix et d’ordre. La Sainte Vierge l’avait promis.

Le fait de n’avoir pas fait la consécration a permis à la Russie de continuer à répandre ses erreurs dans le monde entier, erreurs qui ont conquis les plus hauts rangs de l’Église en ouvrant les portes à un terrible châtiment pour toute l’humanité. Paul VI et la majorité des Pères du Concile prirent sur eux une responsabilité historique dont nous mesurons aujourd’hui toutes les conséquences. (Roberto de Mattei) Correspondance Européenne – 31 aout 2017

Note de la rédaction ; Il faut quand même lire Ralph Witgen Le Rhin se jette dans le Tibre pour comprendre que ce concile « légitime » fut un brigandage organisé par une minorité agissante, avec de grands moyens, et la complicité de deux papes….Si on lit la révolution à la lumière de la Tradition, il ne reste pas grand chose et il faut revenir impérativement à la doctrine immuable et à la Liturgie bimillénaire qui la véhicule.

On se souviendra aussi de l’Accord de Metz :

« Cet accord marque l’un des épisodes les moins glorieux de l’Histoire récente de l’Église catholique. L’Accord de Metz a été connu trop tard, et il reste encore bien des aspects inconnus à tirer au clair. Celui-ci est intervenu le 13 août 1962. On était à deux mois de l’inauguration du Concile Vatican II, lorsqu’a été stipulé dans cette ville française un accord entre le cardinal Tisserant et l’archevêque orthodoxe, Monseigneur Nicodème. On a découvert par la suite que ce dernier était un espion à la solde des Soviétiques. L’accord, en effet, prévoyait que le Kremlin permette d’envoyer au Concile quelques représentants de l’Église orthodoxe en échange de la promesse d’un silence total sur le communisme.

L’absence de condamnation du marxisme et des crimes perpétrés par les régimes qui lui étaient liés a entraîné des conséquences pernicieuses, tant dans l’Histoire du monde que dans l’Histoire de l’Église, contribuant à retarder la fin de la Guerre Froide, et délégitimant l’autorité du Catholicisme, car empêchant toute possibilité de condamnation de tout type d’aberration de la modernité dans les années futures.

L’accord de Metz a été révélé pour la première fois six mois seulement après sa signature, grâce aux enquêtes menées par la revue “Itinéraires”, dirigée par Jean Madiran. Cinquante ans plus tard presque, le livre de ce journaliste français a été traduit en italien sous le titre : “L’accordo di Metz” tra Cremlino e Vaticano, et a été publié par la maison d’édition Pagine, avec une Préface et une Postface du Professeur Roberto de Mattei. Sur l’initiative de la maison d’édition et de la   Fondazione Lepanto, l’ouvrage a été présenté au public à Rome, au Palais Ferrajoli, le 20 septembre dernier, en présence de l’auteur, de l’éditeur de Pagine, Luciano Lucarini, du journaliste, écrivain et parlementaire, Gennaro Malgieri, et du Professeur Roberto de Mattei.

Malgieri a défini Madiran comme étant l’«un des maîtres de notre génération» et comme un auteur à contre-courant, «une référence du Catholicisme traditionnel». L’accord de Metz, d’après Malgieri, a permis à la culture communiste de «pénétrer dans les murs du Vatican, conditionnant toute l’Église» et causant «de graves conséquences, y compris dans la société civile», de par le sécularisme de masse dont nous supportons aujourd’hui les conséquences au plus haut degré. Cet accord «mettait en circulation une fausse monnaie : l’idée que le communisme pouvait être domestiqué». Les hiérarchies ecclésiastiques des années conciliaires ont ensuite commis l’erreur de se compromettre avec l’ennemi, au lieu de mettre les fidèles en garde, comme a osé le faire courageusement le grand dissident Alexandre Soljenitsyne. Les Pères du Concile se sont illusionnés de pouvoir, par l’accord de Metz, «adoucir les persécution anti-chrétiennes qui se déroulaient derrière le Rideau de Fer, alors que le résultat fut qu’elles n’ont fait que s’accroître», comme l’a noté Malgieri.

Comment a-t-il été possible qu’au sein de l’Église catholique, tant de personnes aient ignoré le danger qui provenait de l’impérialisme communiste? D’après le Professeur de Mattei, les causes sont nombreuses et complexes, et elles trouvent leurs racines dans la théologie moderniste, qu’avait condamnée bien des années auparavant Pie X. L’Ostpolitik du Vatican des ces années-là «encourageait la docilité à l’égard de toutes les manifestations du monde moderne, dont le communisme représentait– comme l’a souligné de Mattei –  la plus nette expression». Au cours de ces années, certains souhaitaient directement mettre un «terme à l’ère de Constantin» au cours de laquelle l’Église, «au lieu de progresser dans Son Évangélisation, comme cela s’était passé à partir de la conversion de Constantin, cédait à l’esprit du monde, et s’y subordonnait». Or, en fin de compte, le Concile a péché par manque de vision à long terme, dans la mesure où, dans son ambition d’accueillir  – comme cela est manifesté de façon particulièrement claire dans Gaudium et Spes – l’«esprit de notre temps», «il n’a pas su voir venir la crise de la modernité qui devait, quelques années plus tard, engendrer Mai 68». Parmi les nombreuses conséquences doctrinales que l’Église a subies à la suite du Concile, figure (comme l’a fort bien rappelé Jean Madiran lui-même dans l’un de ses livres traduit en italien : L’eresia del XX secolo (L’Hérésie du XXème siècle), «cette hérésie d’omission», qui consiste à se taire sur les principales Vérités de Foi. Comme l’a rappelé De Mattei, par exemple, «en France, le mot “consubstantiel” a été supprimé, et dans de nombreux pays, les catéchismes sont à ce point dépourvus de toute contenu théologique, que les familles doivent commencer toutes seules leur cheminement de Foi».

En conclusion de cette rencontre, Jean Madiran a rappelé que l’accord de Metz a été découvert tardivement, du fait d’une volonté minutieuse de le dissimuler, de la part des media et des pouvoirs forts, tandis que par ailleurs «la presse des régimes communistes a accordé une vaste publicité à cet évènement». Parler à nouveau de l’accord de Metz, et faire la lumière sur cette page sombre de l’Histoire de l’Église, est une entreprise éminemment pertinente, d’autant qu’«il faut rappeler à ceux qui croient que le communisme n’existe plus, qu’à cause de cet Accord, l’Église s’est contrainte elle-même à ne plus condamner aucune aberration, et qu’aujourd’hui nous risquons d’assister à la fin de Son Magistère», pour reprendre les mots de conclusion de Jean Madiran. »

 

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