Le dilemme de la participation « démocratique »

Je me lance, tant pis pour les conséquences!
Il est le premier à se lancer; la liste,hélas, risque d’être longue jusqu’au second tour de l’élection présidentielle. Je veux parler de M. Daoudal qu s’exprime ainsi sur son blog:

 » Si on m’avait dit qu’un jour je voterais Fillon, j’aurais rigolé.

Mais là on ne rigole plus. Même si l’élection présidentielle est incroyablement surévaluée. En fait elle n’a pas grande importance, et l’élection législative non plus, puisque en gros les trois quarts des lois votées en France sont des transcriptions de textes de l’Union européenne. Ce qu’on appelle élection présidentielle est l’élection du gouverneur français de l’UE. On lui laisse les questions « sociétales », mais il ne reste plus grand-chose à inventer de ce côté-là.

L’enjeu est toutefois de tenter d’éviter le pire déshonneur pour la France. Car l’élu, qu’on le veuille ou non, représentera la France. La pire honte serait d’avoir comme représentant de la France la serpillière de l’euromondialisme Emmanuel Macron, paillasson de la finance, de l’immigration, de l’invasion islamique et de la culture de mort : la totale. Dans un monde où il y a Trump et Poutine…

Puisqu’il y aura manifestement au second tour Marine Le Pen et un autre candidat, et que cet autre candidat, quel qu’il soit, sera vraisemblablement élu, il faut tout faire pour que cet autre candidat ne soit pas Macron (ou, pire encore, Mélenchon). Donc voter et faire voter Fillon. Sans rire (d’autant que ce n’est vraiment pas drôle)… »

Oui, vous avez bien lu, il est question de l’honneur de la France, de celui qui représentera la France dans le Monde, de celui qui, dans les réunions des grands de ce monde, pourrait se tenir aux côtés de Poutine et de Trump. Cela s’appelle avoir le sens de la géo-politique… On avait déjà Hollande, on avait eu Chirac et Sarko, avouons qu’il serait difficile de tomber aussi bas. Remarquez que Macron à côté de Trump, cela ferait un clown de plus.

La France n’est plus rien dans l’Europe, le président français n’est plus qu’un gouverneur de l’UE. C’est le premier argument de M. Daoudal, un moment réaliste. Il n’est pas sûr que M. Fillon, le candidat auquel se résigne notre blogueur, inverse la tendance en refusant d’endosser le costard de commis de Bruxelles.Il est même à peu près certain qu’il continuera sur la lancée de ses illustres devanciers. C’est dire si de ce côté-là la cause est entendue; on peut même dire qu’avec Fillon les carottes sont cuites.

C’est ce qu’on appelle un vote de résignation, le vote utile, le vote par dépit. Et moi qui pensais qu’on pouvait faire de la politique par conviction et que la politique ce n’est pas un jeu de hasard, une rencontre fortuite, occasionnelle, d’un homme limité et de circonstances fuyantes; moi qui pensais qu’il était possible de soutenir un candidat parce qu’il aurait -on peut toujours rêver – un programme cohérent.

Disons-le tout net: on nous refait le coup à chaque élection, il se présente à chaque fois des idiots pour nous refaire le coup du vote utile et pour nous repasser le plat du moindre mal. Entre Marine le Pen et François Fillon, M. Daoudal estime utile, au nom de raisons futiles, d’écarter le candidat le moins mauvais – aux yeux de ceux qui votent – au profit de Fillon, un homme du système, qui a fait ses preuves et a donné des preuves au système pendant toutes les années où il fut aux affaires. Certes, madame le Pen est loin d’être parfaite, mais il faudrait prouver que M. Fillon lui est préférable sur le plan politique et moral. Et là, bon courage.

Moi, messieurs dames, je ne vous dis qu’une chose: ce système mortifère pour la civilisation, je refuse de le cautionner, je ne vote pas. Je ne voterai même pas pour un saint homme ou une sainte femme dans de telles circonstances. Ce qui est ici en cause, ce n’est pas les hommes ou les femmes, c’est le système démocratique qui fait de celui-ci ou de celle-là un pion dans un jeu dont il comprend à peine les règles, tant celles-ci sont subtiles. Un système dont la finalité est d’anéantir toute velléité, aussi minime soit-elle, de s’élever moralement, et d’inciter, sans aucune difficulté du côté des victimes ou des complices, à la bassesse morale. Oui, le mal, dans le cadre démocratie moderne, celle qui est a été finement élaborée par Jean-Jacques Rousseau, l’ennemi de la civilisation et de la société, en définitive un paranoïaque, le mal, pour ne pas dire la maladie s’insinue en chacun de ceux qui acceptent de faire un bout de chemin avec elle, au nom du réalisme. C’est le cas des membres de Sens Commun, qui prétendent réintroduire de la morale en politique en badigeonnant le programme de Fillon de principes frileux et avancés trop discrètement et honteusement…

Tel le droit à la vie; justement, c’est à cet endroit que le bât blesse. Car, justement, on ne pourra pas reconstruire une société digne de ce nom et faire reposer celle-ci, du moins la faire cohabiter, avec des principes a priori qui signent son arrêt de mort. Il n’y a pas de droit à la vie, sinon il faudra en reconnaître une multitude d’autres, le droit, par exemple, pour le criminel de rester en vie; dans cette affaire, il vaut mieux s’appuyer sur le Quatrième commandement et sa formulation: « Tu ne tueras pas ». Et il n’est pas sûr, répétons-le une fois encore, que Fillon donne satisfaction à ses soutiens inconditionnels de Sens Commun sur un seul des points que ceux-ci considèrent comme essentiels, car, voyez-vous, M. Fillon a des soutiens, ô combien plus précieux et influents sur sa gauche, les N.K.M. et autres Raffarin.

Oui, je l’avoue, je ne comprends pas quelles sont les motivations de M. Daoudal quand il appelle à voter Fillon au détriment de Marine le Pen, dont je n’ignore pas les limites et les insuffisances, une candidate qui m’horripile quand elle se réfère à la laïcité pour mieux nous défendre, paraît-il, contre les dangers de l’islam pour notre pays, pour ce qui reste de civilisation chrétienne. Elle ne voit pas qu’elle refuse par là-même une place visible et une quelconque influence au catholicisme empêchant ainsi les institutions de redevenir chrétiennes. L’islam est cohérent, et nous catholiques devrions avoir la même cohérence: la religion et la politique sont inséparables; je ne veux pas dire par là qu’elles sont confondues, mais comme le pape Gélase l’a montré, il y a plus de quinze siècles, que le pouvoir politique et l’autorité religieuse sont distincts: un même monde, une même communauté de chrétiens dans laquelle deux pouvoirs sont exercés.
C’est que ces pouvoirs s’exercent sur les mêmes individus: le pouvoir politique dirige, corrige les sujets, les incitant, du dehors, à faire le bien et à pratiquer la vertu; de son côté, le pouvoir spirituel, celui des prêtres, sanctifie, dispose les individus de l’intérieur; d’une part, les lois coercitives, d’autre part, la grâce qui transforme en profondeur et fait accéder l’homme à une nouvelle dimension, en faisant éclore en lui l’homme nouveau et lui permettant ainsi de mériter le bonheur dans la vie éternelle.

C’est parce que le système démocratique moderne refuse cette vision des choses et qu’il referme l’homme sur lui-même en lui laissant croire qu’il est un dieu à lui seul – le « tout parfait et solitaire » dont nous parle Rousseau quand il justifie l’homme à l’état de nature – et le sujet d’une foule de droits illimités – l’homme a droit à tout à quoi ses forces lui donnent de prétendre, c’est en examinant ces raisons essentielles, et non des considérations futiles, qu’un catholique soucieux de sa perfection morale et de son salut, ainsi que de sa responsabilité vis à vis de ceux qui lui sont confiés, doit d’abord s’interroger sur l’utilité et l’opportunité du vote dans le cadre de nos « institutions ». Le choix des candidats est ensuite vite vu, il doit s’avérer inutile…

La cité chrétienne a existé; soyons convaincus que la chrétienté n’est pas un rêve ou une utopie. La chrétienté a existé parce des rois, des empereurs et des hommes d’Église (le pape et les évêques) œuvraient dans le même sens: ainsi, en ce qui concerne la France, les rois mérovingiens, puis les empereurs carolingiens œuvraient avec les grands du royaume et les évêques pour élaborer lors de conciles des canons qui avaient force de loi. On se référera utilement aux deux volumes qui sont consacrés aux actes des conciles mérovingiens et publiés par Jean Gaudemet et Brigitte Badevant-Gaudemet (Sources chrétiennes, éd. du Cerf) et on mesurera à quel point nous sommes à des années-lumières de toute civilisation chrétienne. Cette union du trône et de l’autel, Isidore de Séville, Jonas d’Orléans (années 830) et plus tard saint Thomas en ont rendu compte; pourquoi refuser d’inclure leurs traités dans notre réflexion politique? Que d’avantages on se prive ainsi en refusant de brandir ces innombrables miroirs des princes et des évêques que le passé nous offre! C’est peut-être l’homme chrétien présent dans ce tableau du passé, avec ses exigences, son refus des compromissions avec le monde, dont certains qui, pourtant, se prétendent chrétiens craignent le retour.

Dis-moi qui tu fréquentes, dis-moi qui tu admires, je te dirai pour qui tu votes.

baudelairec2000 toujours aussi imperméable à toute forme de ralliement. Source le Forumcatholique

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