La décomposition de l’église qui est en France

L’Église en France : un état des lieux.
La majorité des diocèses français traversent depuis plusieurs décennies une crise d’une ampleur particulièrement inquiétante laissant deviner que plusieurs d’entre eux sont désormais en fin de vie : absence de vocations, effondrement de la pratique religieuse, enseignement catéchétique vidé de tout contenu, indifférence massive vis-à-vis de la foi, etc.
Ces symptômes sont ceux d’une pathologie qui comprend d’abord une crise spirituelle se manifestant à travers une complète décomposition de la vie liturgique, ensuite l’état d’abandon et de délabrement moral et humain d’une partie non négligeable du clergé et qui se répercute sur la vie chrétienne des fidèles.
Prenons d’abord la crise spirituelle.
Dans la quasi-totalité des diocèses français, la liturgie est proprement pulvérisée, défaite. En effet, malgré un unique Missel romain et l’interdiction faite aux célébrants de modifier les rites (cf. Vatican II et Missel romain), n’y a plus aujourd’hui deux messes célébrées de la même manière. Ici, le curé célèbre sans chasuble ; là, le célébrant remplace les rites constitutifs du sacrifice eucharistique par des pratiques sorties de son imagination ; alors que les églises servent de plus en plus de salles de concerts, on célèbre sous des chapiteaux de cirques, dans des salles de spectacle, dans des stands de fêtes foraines. Un peu partout, le mauvais goût, la désinvolture et l’indigence théologique règnent en maîtres dans les célébrations dont l’élaboration relève généralement des caprices et de l’arbitraire du célébrant ou d’une “équipe liturgique”. Quant aux chants qui ponctuent ces célébrations partout amputées, outre qu’ils n’ont aucun avenir et ne transmettent rien tellement leur pauvreté est évidente, ils n’ont généralement aucun rapport avec les textes sacrés du jour. Dans la plupart des paroisses, le chant grégorien est victime d’un ostracisme en totale contradiction avec les enseignements de la Constitution de Vatican II sur la liturgie dont on se réclame.
Comment justifier l’absence complète de réaction des autorités diocésaines face aux multiples abus, déformations et affadissements liturgiques qui ont cours à peu près partout ? Comment expliquer que des évêques “gardiens et promoteurs de la liturgie DE L’ÉGLISE” s’appliquent à célébrer eux-mêmes des messes totalement désordonnées ?
Il résulte de cette situation qui a été voulue et est entretenue que presque partout la liturgie est défigurée à un point tel qu’elle est complètement méconnaissable et vidée de son sens : les quelques fidèles qui n’ont pas encore abandonné toute pratique sont donc privés de la rencontre avec Dieu à travers l’expérience d’une liturgie digne, belle et pleinement conforme à ce que l’Église a établi.
Aujourd’hui, de très nombreux fidèles vivent un drame intérieur silencieux mais très profond : ils ont la foi et sont attachés à l’Église, mais souffrent de cette situation de décomposition liturgique dans laquelle sont irrémédiablement plongées les célébrations paroissiales. Beaucoup, qui ne savent même plus où aller à la messe le dimanche, ne souhaitent pas pour autant rejoindre les mouvements “traditionalistes” qui prônent un retour pur et simple à l’ancienne discipline liturgique ; ce qu’ils souhaitent, c’est de simplement pouvoir bénéficier, dans la sérénité, de la liturgie restaurée à la suite du Concile, célébrée dignement, dans un esprit de prière et un enracinement dans la grande Tradition spirituelle de l’Église.
Abordons maintenant la question de la situation morale du clergé et de ses répercussions sur la vie des fidèles.
On ne compte plus le nombre de prêtres qui sont moralement et psychiquement “au bout du rouleau”. Outre le fait que de nombreux prêtres sont laissés seuls sur le front de la sécularisation, ils sont à présent pris en otage par des équipes de “laïcs en responsabilité” qui leur imposent des orientations pastorales ne tenant aucunement compte des enseignements de l’Église. Abandonnés par leur hiérarchie, ces prêtres n’ont pas le soutien moral et humain dont ils auraient besoin pour assurer leur mission dans la sérénité qui réconforte.
Par ailleurs, si l’on en croit les témoignages de séminaristes ou de jeunes prêtres qui osent parler, il apparaît que la formation délivrée dans les séminaires en vue du sacerdoce soit souvent déficiente : on touche un peu à tout – même à ce qui est sans rapport direct avec le sacerdoce – sans jamais rien approfondir. Cet ensemble de signaux inquiétants conduit inévitablement dans un climat d’insécurité spirituelle dû à l’arbitraire doctrinal, liturgique et catéchétique qu’on constate dans la plupart des paroisses. Avec un clergé peu formé épaulé (ou entravé) par des “équipes d’animation pastorale” proprement incompétentes, il est fatiguant et déprimant pour les fidèles de se demander, quand ils envoient leurs enfants au catéchisme, si l’enseignement qui leur sera prodigué sera véritablement chrétien ou s’il ne sera pas qu’un salmigondis d’idées plus ou moins à la mode exprimées dans le cadre d’une séance de coloriage ; il est fatiguant et déprimant pour les fidèles de se demander, lorsqu’ils se rendent à la messe, s’ils ne vont pas perdre la foi au cours d’une célébration décousue parsemées de créations personnelles et de considérations verbeuses du célébrant ; il est fatiguant et déprimant pour les fidèles, lorsque l’un de leurs proches vient à décéder, d’avoir à se battre pour obtenir simplement la réconfortante liturgie des défunts telle qu’elle est reçue de l’Église, et non la célébration fade et morne habituellement proposée qui exprime tout… sauf la foi chrétienne touchant à la vie éternelle.
Face à cette situation créée par l’abandon que subissent les prêtres, l’attitude des fidèles est variable : à côté de ceux qui, souvent pour d’obscures, se complaisent dans la destruction de la vie ecclésiale, beaucoup d’entre eux, meurtris et spirituellement épuisés, cessent tout simplement de pratiquer ; d’autres – de moins en moins nombreux – persistent et supportent dans une sorte de résignation la désagrégation liturgique et spirituelle en cours en espérant des jours meilleurs qui tardent à venir ; d’autres enfin cherchent des solutions dans des communautés répondant à leurs goûts personnels, à leur sensibilité, à leurs choix de liturgie, ce qui comme le soulignait le Cardinal Ricard en 2006, ne saurait constituer l’Église du Christ.
Conclusion.
Si aucun effort de redressement pastoral, liturgique et catéchétique n’est très rapidement entrepris, alors dans 50 ans le catholicisme, réduit à quelques groupuscules, aura disparu du paysage français. [Mais cela fait déjà 50 ans que la destruction a commencé et par Paul VI le démolisseur principal de la Liturgie, ce qui reste désormais ce ne sont que des ruines et il ne faudra pas 50 autres années pour en venir à bout]
Face à cette situation d’une gravité inédite, les fidèles attendent de leurs évêques qu’ils n’apparaissent plus comme de simples “gestionnaires de crise” ou comme des créateurs de structures tournant à vide, mais qu’ils prennent des mesures courageuses et à la hauteur des enjeux de notre temps : des mesures qui, sans tomber dans aucun excès, rompent véritablement avec cinquante années de déconstruction méthodique de tous les aspects de la vie de l’Église.[Mais quelles mesures courageuses prendre quand on a apostasié la foi en renonçant au Règne Social du Chris-Roi, quand on se prostitue avec les fausses religions dans un œcuménisme pervers et que l’on est parfaitement soumis au dogme de la laïcité maçonnique obligatoire ?]

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