L’Alsace en pointe

Myfood. Une serre connectée à 8000 euros pour nourrir 4 personnes à l’année [interview]

14/03/2017 – 12h00 Gertwiller (Breizh-Info.com) –  C’est sans doute une révolution dans le domaine de la permaculture et de l’aquaponie. La société alsacienne Myfood commercialise depuis 2016 des serres connectées, capables de produire fruits, légumes et poissons toute l’année avec, pour une serre à 8000 euros, la capacité de nourrir une famille de 4 personnes.

Myfood a mis au point une serre connectée mêlant techniques de permaculture et d’aquaponie. Selon ses concepteurs, celle-ci est capable de produire sur 22 mètres carrés jusqu’à 400 kilos de fruits et légumes et 40 kilos de poisson par an.

La serre connectée a été présentée lors du salon de l’agriculture de Paris. Cerise sur le gâteau, il suffirait, selon les concepteurs, d’une heure par semaine consacrée à sa serre (une vingtaine de minutes chaque jour) pour pouvoir obtenir ces rendements.

 Le principe ?

Au milieu de la serre, un grand bassin abrite des poissons comestibles comme des carpes ou des tilapias, auxquels on peut ajouter des écrevisses. L’eau de ce bassin est pompée et dirigée dans des tours verticales en plastique qui le surplombent, où poussent fraises, salades, légumes et autres herbes aromatiques.

L’aquaponie fonctionne grâce à la symbiose entre les poissons, les plantes et les bactéries présentes naturellement: les déjections des poissons sont alors transformées en matières assimilables par les plantes qui, à leur tour, purifient l’eau. Dans ces conditions optimales les plantes poussent plus vite et sont naturellement plus belles.

Celle-ci peut intégrer des panneaux solaires sur son toit ou se connecter au réseau afin d’alimenter son système d’irrigation, sa ventilation et ses nombreux capteurs.

Ces derniers mesurent l’humidité, la température de l’air et de l’eau, ainsi que le pH des sols et transmettent ces informations à une application smartphone. Le tout  pour une consommation électrique équivalente à celle d’une ampoule de 60 watts, soit une facture de 60 euros par an.

« Grâce à ce système, il n’y a besoin d’aucun engrais chimique car les bactéries naturellement présentes autour des racines transforment les déjections des poissons en nutriments pour les plantes », assure Mickaël Gandecki, l’un des trois fondateurs du projet, au site wedemain.fr.

« Pour fabriquer nos tours, nous avons sélectionné un plastique alimentaire utilisé depuis plus de 10 ans par les professionnels et vierge de toutes substances nocives. »

Une serre de 22m2 coûtera 8 000 euros, livraison et installation incluse. Une somme qui n’inclut pas les panneaux solaires et le chauffage à granulé vendus en option. Pour les plus petites surfaces, Myfood commercialise également des versions de 14 et 3,5m2.

La demande se ferait croissante pour ce procédé, révolutionnaire, qui pourrait permettre à tout un chacun de faire un grand pas vers l’autonomie alimentaire sans que cela nécessite un temps trop important en terme d’entretien.

Plus d’informations sur la société ici

Nous avons interrogé Mickael Gandecki pour en savoir plus sur les produits proposés :

Breizh-info.com : Tout d’abord, pouvez vous présenter votre concept novateur de serres en aquaponie ?

Mickael Gandecki  : En 2010, avec un groupe d’amis, nous nous sommes demandés quelles pouvaient être les différentes pistes d’investissement utiles dans une société qui ne connaîtra plus le plein emploi. Naturellement notre réflexion n’a pas été vers l’acquisition d’actifs financiers douteux mais vers une tentative de réappropriation de moyens de production à une échelle locale et personnelle. A savoir, dans le cadre de myfood, la production de sa propre nourriture. A partir de là, nous avons commencé à expérimenter tout ce qui semblait faire consensus dans la galaxie des bricoleurs et inventeurs de l’internet.

Nous proposons depuis 2016 des solutions simples et clé en main pour permettre aux particuliers de produire dans leur jardin suffisamment pour nourrir jusqu’à une famille de 3 à 4 personnes toute l’année.

Pour réaliser ce petit miracle, nous combinons le meilleur de la permaculture pour régénérer le sol, associée à de l’aquaponie (symbiose entre des poissons et des végétaux avec des tours de culture verticales). De plus, pour minimiser la maintenance journalière de nos installations, nous avons intégré du matériel Open-Source qui va automatiser un maximum de tâches.

Breizh-info.com : Concrètement, pour une famille avec 2 ou 3 enfants, que peuvent-ils espérer une fois l’installation de la serre effectuée ?

Mickael Gandecki  : Après le cyclage du système aquaponique, des végétaux à racines courtes peuvent être plantés dans les tours verticales : salade, concombre, tomates, haricots, chou frisé, chou kale, fraise, oignon, basilic, fenouil, persil, ciboulette etc.

Pour les légumes racines, les buttes de permaculture sont là pour accueillir le poireaux, carottes, aubergines par exemple.

Breizh-info.com : Comment est il possible d’obtenir de telles récoltes en ne consacrant qu’une heure par semaine à sa serre ? 

Mickael Gandecki  : Notre serre irrigue les végétaux en permanence dans un circuit fermé. La température de l’ensemble est asservie de manière passive par des lucarnes automatiques.

Pas besoin d’intervention de ce côté-là.

De plus, pas de désherbage, ni de chasse aux nuisibles (limaces, escargot, rongeurs), puisque la serre dans sa conception est correctement isolée.

Dernier point, quelques capteurs sont là pour partager les informations critiques. Les utilisateurs reçoivent des notifications intelligentes lorsqu’il est temps de planter ou d’intervenir sur la serre.

Donc pas de besoin de rester auprès de sa serre, tout se passe à distance !

Breizh-info.com : Avec les différentes options que vous proposez, à quel tarif cela peut il monter ?

Mickael Gandecki  : Nous proposons en option des panneaux solaires semi-transparents pour rendre la serre totalement autonome en énergie.

Pour certaines régions, il est utile d’avoir un poêle à granules pour continuer à cultiver en hiver.

Comptez 2500€ pour chacune de ces options.

Breizh-info.com : Y’a t’il des graines spécifiques à utiliser ? Quelles sont les espèces de poisson qui peuvent être élevées ? 

Mickael Gandecki  : Nous utilisons préférablement des graines Sativa (bio, non-hybride, non-OGM) que nous avons testées préalablement. En fonction des climats, des carpes ou des tilapias peuvent être utilisés.

Breizh-info.com : Sur quels autres projets travaillez vous actuellement ? Combien de Français sont aujourd’hui équipés par ces serres ?

Mickael Gandecki  : Nous sommes en train de préparer un lancement européen pour nos solutions.
Nous avons installé près de 30 serres en Europe, de Courtrai à Tarragona en Espagne.

Cette communauté de pionniers nous aident jour après jour à perfectionner nos outils en partageant leur savoir et expertise.

Crédit Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017 Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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