Une secte peu connue l’anthroposophie de Rudolph Steiner

Un témoignage intéressant sur ces écoles, mais une critique superficielle.

Rudolf Steiner

Repères biographiques

      Rudolph Steiner naît en 1861, dans un village proche de la frontière austro-hongroise où son père est chef de gare. Ainsi, la modernité technique lui est un environnement familier. Il la retrouve et l’approfondit à L’École polytechnique de Vienne où il fait des études scientifiques brillantes. Il poursuivra ensuite également des études philosophiques de haut niveau.

Très jeune, il découvre que, seul dans son entourage, il a accès à un monde qu’il qualifiera plus tard de « suprasensible ». Il se trouve donc dans la situation de devoir acquérir simultanément la connaissance de deux mondes dont l’interdépendance obéit à des lois que, sa vie durant, il exploitera méthodiquement, pour proposer aux hommes une voie de connaissance scientifique d’un domaine qui n’est généralement pas considéré comme relevant de la science.

Ses études et travaux dans les sciences et la philosophie le font, très jeune, remarquer par les cercles savants de Vienne et d’Allemagne. On lui confie la publication commentée des œuvres scientifiques de Goethe, à Weimar, entre 1885 et 1890.

Rudolf Steiner soutient en 1891 une thèse de doctorat en philosophie : « Vérité et Science« , théorie de la connaissance qu’il élargira en 1894 dans une oeuvre majeure : « La Philosophie de la Liberté« .

A Berlin, grâce à ses travaux sur Goethe et sur Nietzsche, il occupe une place importante dans la vie culturelle,

 

il est conduit à s’intéresser aux besoins culturels et aux aspirations sociales du monde ouvrier. Il est appelé à enseigner à l’Université populaire, mais sa liberté d’esprit se heurte rapidement au dogmatisme des dirigeants de cette institution.

Si ces recherches, avant 1914, sont essentiellement consacrées à l’histoire du monde et de ses civilisations, et à l’homme lui-même dans sa triple nature physique, psychique et spirituelle, le drame de la première guerre mondiale oriente son activité vers une analyse très profonde des causes spirituelles et sociales qui y ont conduit. Causes qui ont aussi conduit à la révolution d’octobre 1917 et engendreront la deuxième guerre mondiale. Il élabore une sociologie pratique (une économie sociale) fondée sur sa connaissance de la nature humaine. Mais, entre 1919 et 1922, dans l’Allemagne vaincue, les forces morales et la liberté d’esprit nécessaires pour mettre en œuvre ses idées ne sont pas présentes. Avant que le nazisme ne submerge le monde allemand et l’Europe, il oriente toute sa capacité de renouvellement et d’élargissement des connaissances vers la pédagogie, et aussi la médecine, la pharmacologie, l’agriculture…, pour préparer l’avenir après le drame nouveau dont il pressent l’imminence.

 

Dans les premières années du siècle, il a créé à Dornach, près de Bâle, l’Université Libre de Science de l’Esprit, à laquelle il donne le nom de ¨ Goetheanum¨. Il s’y installe à partir de 1914 pour y poursuivre son enseignement, et y meurt en 1925. La voie méthodique de connaissance ouverte par Rudolf Steiner porte le nom qu’il a lui-même choisi : ¨Anthroposophie¨.

Des nombreuses voies de recherche, décrites par Steiner dans ses livres (une trentaine d’ouvrages) et ses conférences (environ six mille) sont issues, dès 1919, des institutions s’inspirant de l’Anthroposophie, dans des domaines aussi variés que la pédagogie, la pédagogie curative (institutions pour enfants et adultes handicapés), la sociothérapie (visant notamment à la réinsertion des toxicomanes), la médecine et la pharmacologie (associations de médecin, hôpitaux, cliniques, laboratoires dans une quinzaine de pays), la méthode d’agriculture biologique-dynamique, des instituts de recherche fondamentale (universités libres, laboratoires) et des institutions fiduciaires et bancaires.

Dans le domaine pédagogique, après la fondation de la première école en 1919, à Stuttgart, dans le cadre de la fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria, le mouvement s’étend en Allemagne et à l’étranger. Son interdiction par le régime nazi et les difficultés liées aux situations difficiles de la deuxième guerre mondiale stoppent ce développement jusqu’en 1945.

Après la guerre, la réouverture des établissements et le développement progressif du mouvement gagne toute l’Europe, et s’étend progressivement à tous les continents.

Steiner et la théosophie

En 1900, à la demande du Comte Brockdorff, Steiner donne une conférence sur Nietzsche à la Bibliothèque Théosophique. Une semaine plus tard il donne au même endroit une conférence sur Goethe, à caractère ésotérique cette fois. Durant l’hiver, c’est une conférence sur Gustav Theodor Fechner, à laquelle assiste Marie de Sivers. Il cesse alors ses activités à la rédaction du Magazin für Litteratur. L’année suivante, il donne deux cycles de conférences chez les théosophes : le premier portant sur la Mystique auquel assiste Marie de Sivers ; le second cycle a lieu chez les théosophes de Berlin : Le Christianisme, fait mystique.

En janvier 1902, il devient membre de la Société théosophique et secrétaire général pour l’Allemagne. En juillet, à Londres, il rencontre les responsables de la Société théosophique, dont sa présidente Annie Besant. En octobre, il participe à la fondation de la Section allemande de la Société théosophique dont il devient le secrétaire général. Marie de Sivers devient sa collaboratrice.

En 1903, c’est la première parution de la revue Luzifer, qui s’appelle à partir de 1904, Lucifer-Gnosis. À partir de 1904, son activité de conférencier prend de l’ampleur, notamment en dehors de Berlin. Il publie le petit livre Théosophie, et écrit des articles pour la revue Lucifer-Gnosis sur la « Chronique de l’Akasha ». Steiner fréquente Kafka et le peintre Kandinsky et publie le Drame d’Edouard Schuré Les Enfants de Lucifer dans Lucifer-Gnosis. Steiner se sépare de sa première épouse, Anna Eunike, et vit avec Marie von Sivers. Annie Besant le nomme responsable de l’École ésotérique de la Section allemande. En 1905, il cesse d’enseigner à l’université populaire de Berlin (École de formation ouvrière). Il donne de nombreuses conférences à Berlin. C’est un an après la création du Cercle intérieur de l’École ésotérique, en 1905, que le rite Yarker le sollicite mais « Ni ce rite, ni l’École ésotérique n’avait à exercer d’influence sur la moelle de son enseignement, …le présent doit reposer sur le passé. Certes, il apporte un message nouveau qui ne pouvait ni ne devait puiser ailleurs qu’à sa propre source : toutefois il cherchait encore à se rattacher par la forme aux traditions existantes ». Il rattache le germe nouveau au fait existant dans le respect de la tradition historique. Rudolf Steiner est donc sollicité par l’obédience maçonnique de l’Ordre Memphis-Misraïm, sous l’égide de John Yarker qui avait succédé à Garibaldi. Ce dernier avait réuni les deux Ordres séparés jusque là Memphis et Misraïm. Steiner œuvre avec Marie von Sivers durant une décennie à restaurer le cérémonial cultuel et symbolique basé sur la tradition de la sagesse ancienne.

En 1906 Steiner reçut de Theodor Reuss (de), qui représentait Yarker en Allemagne, une patente pour fonder à Berlin un chapitre et grand conseil de Memphis-Misraïm sous le titre distinctif de « Mystica Aeterna ». Steiner fut appointé député grand maître avec juridiction sur les membres qu’il avait reçu où qu’il recevrait dans le futur.  Steiner entra assez vite en conflit avec Reuss et reprit son indépendance. Puis à partir des éléments initiatiques qu’il avait rassemblés, il fonda son propre Rite la « Franc-maçonnerie ésotérique », à laquelle Edouard Schuré aurait probablement été initié. Ce rite se servait d’un rituel fort ancien, dont le texte se trouve partiellement dans l’ouvrage Dogme et Rituel de Haute Magie d’Éliphas Lévi. Dans son autobiographie, Steiner minimise les rapports qu’il a eu avec la maçonnerie et Reuss (qui était un ancien membre de la Société théosophique) en particulier, Yarker n’aurait fait que présenter un cadre à Steiner pour son propre enseignement : « Un bon nombre de participants, il est vrai parlèrent de notre institution comme s’il s’agissait d’un ordre… Il est vrai que nous avions Marie de Sivers et moi, signé des documents concernant nos rapports avec cette institution Yarker. D’aucuns s’en sont servis pour répandre sur notre compte des calomnies de toutes sortes. En fait, on avait attaché une grande importance à une affaire insignifiante. Nos signatures avaient été apposées au bas de certaines « formules ». Nous avions respecté les coutumes. Alors que nous signions, j’avais encore clairement insisté et dit : tout cela n’est que formalité et l’institution que je vais instaurer n’empruntera rien au courant Yarker… Mais j’aimerais faire remarquer en toute modestie qu’à cette époque je croyais encore à la droiture des gens à qui j’avais affaire » (Steiner, Autobiographie, tome II, p. 217-218). L’activité culturelle de l’école ésotérique s’y déroule, elle est ouverte à tous les Ordres ou Sociétés ésotériques. Nombreuses conférences à Berlin, Stuttgart, Cologne, Paris, Munich, Düsseldorf. À la fin de l’année, il voyage en Italie avec Marie von Sivers. Ils passent Noël et le Nouvel-An à Venise.

En 1907, il multiplie les conférences à Berlin, Karlsruhe, Leipzig, Munich, Kassel, Stuttgart, Vienne, Bâle, Nuremberg, Cologne. En mai, le Congrès théosophique européen a lieu à Munich. On y représente la pièce Le Drame sacré d’Eleusis d’Edouard Schuré. Annie Besant et Rudolf Steiner constatent qu’ils ont des conceptions différentes de ce que devrait être l’ésotérisme. Fin mai, avec le 100e membre affilié à « Mystica Aeterna », Steiner devient le dirigeant du Rite de Memphis-Misraïm en Allemagne, des loges sont installées à Berlin, Cologne, Leipzig, Stuttgart et Munich. Il voyage en Italie durant 4 semaines au cours de l’été : 2 semaines à Rome, puis Pise, Gêne, Milan, Lucerne, Berne et lors du retour, en septembre, séjourne quelques jours à Barr, en Alsace, invité par Édouard Schuré.

À noter que Steiner aurait aussi été initié dans l’Ordre de la Rose-Croix Ésotérique de Franz Hartmann, un autre théosophe et ami de Reuss, qui après l’affaire Judge, avait fondé une branche dissidente de la Société théosophique en Allemagne.

En 1908, Steiner continue ses conférences : Francfort, Heidelberg, Berlin, Munich, Hambourg, Cologne, Nuremberg, Stuttgart, Leipzig et effectue un nouveau voyage en Italie par mer sur l’Adriatique. Il visite Paestum et fait l’escalade du Vésuve.

En 1909, le drame de Schuré Les Enfants de Lucifer est joué au Congrès théosophique d’été de Munich. Au printemps, Steiner est invité à Rome par la princesse del Drago. Il donne des conférences dans la Ville. Il séjourne au Palazzo del Drago dans les pièces où Winckelmann avait vécu et développé ses idées sur l’art, qui avaient très fortement intéressé Goethe. Il fait un nouveau séjour de deux semaines en Italie au printemps 1910. La même année paraît l’ouvrage La Science de l’occulte dans ses grandes lignes. C’est aussi la représentation du premier drame-mystère. Il donne de nombreuses conférences à Berlin, Strasbourg, Karlsruhe, Heidelberg, Pforzheim, Kassel, Düsseldorf, Cologne, Vienne, Stuttgart, Munich, Rome, Palerme, Hanovre, Hambourg, Oslo, Berne.

En mars 1911, alors qu’il donne un cycle de conférences à Prague, « La Physiologie occulte », le 17 mars meurt Anna Steiner-Eunike. Au printemps, il fait un séjour de trois mois au bord de l’Adriatique, puis de deux semaines en Autriche, pour le rétablissement de Marie von Sivers. Il donne une conférence à Bologne à l’occasion du Congrès international de philosophie. Marie von Sivers traduit le livre de Schuré Les Sanctuaires d’Orient. En septembre, nouveau voyage en Italie et conférences en Suisse et à Milan. À l’automne, il entre en conflit avec Annie Besant à cause de l’affaire Alcyone-Krishnamurti qu’elle veut faire passer pour une réincarnation du Christ. Steiner poursuit ses conférences à Berlin, Stuttgart, Cologne, Coblence, Bâle, Munich, Copenhague, Lugano, Milan, Neuchâtel, Karlsruhe, Leipzig, Nuremberg, Hanovre.

En 1912, il fait un dernier voyage en Italie, visite Florence, Pérouse, Assise et donne deux conférences à Milan. Il donne ensuite des conférences à Hanovre, Berlin, Munich, Winterthur, Zürich, Kassel, Breslau, Vienne, Stuttgart, Helsinki, Helsingsfors, Stockholm, Düsseldorf, Copenhague, Norrkörping, Cologne, Hambourg, Bâle, Milan, Neuchâtel, Saint-Gall, Berne. À l’automne 1912, ce sont les premiers pas de l’eurythmie, art du mouvement. Fin 1912, il se sépare de la Société théosophique et à Noël, fonde la Société anthroposophique.

 

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