FRANÇOIS VEUT SE DÉBARRASSER DE LA CURIE

Le pape François dénonce les «résistances malveillantes» au sein de la curie romaine

Les vœux à la curie romaine avant Noël sont l’occasion pour le Pape d’adresser des remontrances sévères à ses collaborateurs : il a ainsi réaffirmé ce jeudi son autorité sur le Vatican tout en dénonçant les « «résistances cachées» et les «résistances malveillantes» qui s’opposent à sa réforme du gouvernement de l’Église catholique.

C’est devenu une tradition. Les vœux adressés chaque année par le Pape à tous ses collaborateurs de la curie romaine – le gouvernement central de l’Église catholique – ne sont pas un agréable moment d’autosatisfaction comme le voudrait la loi du genre, mais une véritable séance de recadrage, directe, sans ménagement.

En 2014, le pape François avait surpris, par un diagnostic sans concession des «maladies» de la curie. En 2015, il avait évoqué les «soins» nécessaires. Cette année, il tape du poing sur la table en dénonçant «les résistances cachées» et les «résistances malveillantes» internes à sa réforme de la curie.

Alors que beaucoup de voix se demandent où cette réforme va aboutir, le Pape prend également le temps de justifier ce qu’il a fait jusque-là en rappelant, point par point, ses axes de réformes.

Essentiellement: la création d’un comité de cardinaux, le C9, qui viennent de l’étranger deux fois par trimestre à Rome [çà c’est pour l’écologie] pour l’aider à gouverner l’Église; la mise en place d’un ministère de l’économie avec un contrôle de gestion; la mise en place d’un ministère de la communication; la fusion de plusieurs conseils pontificaux (de niveau secrétariat d’État en France) en deux grands dicastères (des ministères), l’un chargé des laïcs, l’autre des questions sociales.

Réduire le rôle de la secrétairerie d’État

Mais la pointe de son discours vise en fait la secrétairerie d’État, qui est «le Matignon» du Vatican. Et qui lui offre, il est vrai, beaucoup de résistances…

Le Pape veut en effet réduire le rôle que la secrétairerie d’État avait jusque-là: celui d’être l’intermédiaire entre les services du Vatican en lien avec les Églises locales et le Pape. Il confirme qu’il veut la réduire à n’être qu’un simple organisme de coordination de la curie ; le référent direct étant le Pape et non plus le secrétaire d’État, premier ministre de l’Église.

Le pape François veut que la circulation de l’information et du pouvoir se fasse directement entre les évêques et le Pape, et non plus à travers la curie romaine

LE TOUT DANS UN ESPRIT DE «SYNODALITÉ», où la circulation de l’information et du pouvoir se fait directement entre les évêques et le Pape, et non plus à travers une superstructure appelée curie romaine. D’où l’appel sous plusieurs formes dans le discours à «l’obéissance inconditionnelle» des collaborateurs de la curie au Pape. Et à la demande que toutes les réunions interministérielles soient «présidées par le pontife romain». Et que «tous les dicastères réfèrent directement au Pape».

Quant aux «résistances» au changement dénoncées par François, elles sont certes «meilleures que l’absence de réaction qui est un signe de mort» et «méritent d’être entendues» mais elles se forment dans des «cœurs appauvris et empierrées» qui «veulent que tout reste comme avant» . Ou dans des «mentalités déformées» poussées par «le démon qui inspire des mauvaises intentions, souvent sous des habits d’agneaux» et qui «se réfugie dans les traditions, dans les apparences du formalisme». Source Figaro 22/12/2016

Il faut aller de l’avant……dans l’inconnu avec le dieu des surprises

…..Comme dans tout parcours de soin, a-t-il ajouté dans son long discours, « il est normal, et même salutaire, de rencontrer des difficultés qui, dans le cas de la réforme, pourraient se présenter sous diverses typologies de résistances ».

Et le pape d’en énumérer trois : « les résistances ouvertes qui naissent souvent de la bonne volonté et du dialogue sincère ; les résistances cachées qui naissent des cœurs effrayés ou pétrifiés (…), de celui qui en paroles se dit prêt au changement, mais veut que tout reste comme avant » et « les résistances malveillantes » inspirées par le « démon », qui se réfugient « dans les traditions, dans les apparences, dans la formalité, dans le connu ».

Mais pour le pape, « les résistances bonnes – et même les moins bonnes – sont nécessaires et méritent d’être écoutées, accueillies et encouragées à s’exprimer, parce que c’est un signe que le corps est vivant ».

Bilan du pape François (Verbatim)

Je mentionne brièvement et de façon limitée certains pas réalisés en concrétisation des critères-guides, des recommandations expresses des Cardinaux durant les Réunions plénières avant le Conclave, de la COSEA, du Conseil des Cardinaux, ainsi que des Chefs de dicastère et d’autres personnes et experts :

Le 13 avril 2013 a été annoncé le Conseil des Cardinaux (Consilium Cardinalium Summo Pontifici) – le dit C8 devenu C9 à partir du 1er juillet 2014 – en premier lieu pour conseiller le Pape dans le gouvernement de l’Église universelle et sur d’autres thèmes relatifs, et aussi avec la tache spécifique de proposer la révision de la Constitution apostolique Pastor Bonus.

Avec le Chirographe du 24 juin 2013 a été érigée la Commission Référente sur l’Institut pour les Œuvres de Religion, pour connaître de manière plus approfondie la position juridique de l’IOR et permettre sa meilleure “harmonisation” avec “la mission universelle du Siège apostolique”. Le tout pour “permettre aux principes de l’Evangile d’imprégner aussi les activités de nature économique et financière” et pour arriver à une transparence complète et reconnue dans ses actes.

Avec le Motu Proprio du 11 juillet 2013, il s’est agi de préciser la juridiction des organes judiciaires de l’État de la Cité du Vatican en matière pénale.

Avec le Chirographe du 18 juillet 2013, a été instituée la COSEA (Commission pontificale référente d’étude et d’orientation sur l’organisation de la structure économico-administrative), avec le but d’étudier, d’analyser et de recueillir des informations, en coopération avec le Conseil des Cardinaux pour l’étude des problèmes organisationnels et économiques du Saint Siège.

Avec le Motu Proprio du 8 août 2013, a été institué le comité de Sécurité Financière du Saint-Siège, pour la prévention et l’opposition au blanchiment, au financement du terrorisme et à la prolifération des armes de destruction de masse. Le tout pour amener l’IOR et tout le système économique du Vatican à l’adoption régulière et à l’accomplissement complet, avec détermination et diligence, de toutes les lois standards internationales sur la transparence financière.

Avec le Motu proprio du 15 novembre 2013 a été consolidée l’Autorité d’Information Financière (A.I.F.), instituée par Benoît XVI, par le Motu Proprio du 30 décembre 2010, pour la prévention et l’opposition aux activités illégales dans le domaine financier et monétaire.

Avec le Motu proprio du 24 février 2014 (Fidelis Dispensator et Prudens), ont été érigés le Secrétariat pour l’Economie et le Conseil pour l’Economie, en remplacement du Conseil des 15 Cardinaux, avec la tâche d’harmoniser les politiques de contrôle concernant la gestion économique du Saint-Siège et de la Cité du Vatican.

Avec le même Motu proprio (Fidelis Dispensator et Prudens)- 24 février 2014 – a été érigé le Bureau du Réviseur général (URG), nouvel organisme du Saint-Siège chargé d’accomplir la révision (audit) des Dicastères de la Curie Romaine, des Institutions liées au Saint-Siège – ou qui font référence à lui – et des administrations du Gouvernoratorat de l’Etat de la Cité du Vatican.

Avec le Chirographe du 22 mars 2014 a été instituée la Commission Pontificale pour la protection des Mineurs pour “promouvoir la protection de la dignité des mineurs et des adultes vulnérables, à travers les formes et les modalités, conformes à la nature de l’Église, considérées les plus opportunes”.

Avec le Motu proprio du 8 juillet 2014 a été transférée la Section Ordinaire de l’Administration du Patrimoine du Siège apostolique au Secrétariat pour l’économie.

Le 22 février 2015 ont été approuvés les Statuts pour les nouveaux Organismes économiques.

Avec le Motu proprio du 27 juin 2015 a été érigé le Secrétariat pour la Communication avec la tâche de “répondre au contexte actuel de la communication, caractérisé par la présence et le développement des médias numériques, par les facteurs de la convergence et de l’interactivité”, et aussi de restructurer globalement, à travers un processus de réorganisation et de regroupement de “tous les organismes qui se sont occupés jusqu’à présent de diverses façons de la communication”, dans le but de “répondre toujours plus aux exigences de la mission de l’Eglise ».

Le 6 septembre 2016 a été promulgué le Statut du Secrétariat pour la communication, entré en vigueur en octobre dernier.

Avec les deux Motu proprio du 15 août 2015, on a pourvu à la réforme du procès canonique pour les causes de déclaration de nullité de mariage : Mitis et misericors Iesus, dans le Code des Canons des Eglises Orientales ; Mitis Iudex Dominus Iesus, dans le Code de Droit canonique.

Avec le Motu proprio du 4 juin 2016 (Come una madre amorevole), on a voulu prévenir la négligence des Évêques dans l’exercice de leur fonction, en particulier au sujet des cas d’abus sexuel accomplis sur des mineurs et des adultes vulnérables.

Avec le Motu proprio du 4 juillet 2016 (I beni temporali), suivant comme règle de très grande importance que les organismes de vigilance soient séparés de ceux qui sont surveillés, ont été mieux définis les domaines respectifs de compétence du Secrétariat pour l’économie et de l’Administration du Patrimoine du Saint-Siège.

Avec le Motu proprio du 15 août 2016 (Sedula Mater), a été constitué le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie rappelant surtout la finalité pastorale générale du ministère pétrinien : « Nous nous employons promptement à disposer toutes choses afin que les richesses du Christ Jésus se déversent de façon adéquate et avec profusion parmi les fidèles ».

Avec le Motu proprio du 17 août 2016 (Humanam progressionem), a été constitué le Dicastère pour le Service du développement humain intégral, afin que le développement se réalise “à travers le soin que l’on porte aux biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création”. Dans ce Dicastère se rejoindront, au premier janvier 2017, quatre Conseils Pontificaux : Justice et Paix, Cor Unum, la Pastorale des migrants et la Pastorale des Services de santé. Je m’occuperai directement “ad tempus” de la section pour la pastorale des migrants et des réfugiés de ce nouveau dicastère.

Le 18 octobre 2016 a été approuvé le statut de l’académie pontificale pour la Vie.

 

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