De Luther à Luther

On accuse ce pauvre François d’être philo-Luthérien mais il a eut des prédécesseurs que beaucoup semblent oublier

DE LA MESSE DE LUTHER À LA RÉHABILITATION DE LUTHER OU VERS L’APOSTASIE et le rôle des « experts »

 1 LA « MESSE DE LUTHER »

Pour rétablir la vérité sur la réforme liturgique…  la nouvelle messe injustement appelée « Messe Paul VI »   (Par Mgr J. Masson, le 1er octobre 2009)

Mgr Masson commence par le témoignage du Père Louis Bouyer…

Le Père Bouyer (1913–2004) fut pasteur luthérien jusqu’à la seconde guerre mondiale. Puis converti au catholicisme, il est devenu prêtre de l’Oratoire.

 Professeur à l’Institut catholique de Paris jusqu’en 1963, il a ensuite enseigné en Angleterre, en Espagne et aux USA.

Deux fois nommé par le pape à la Commission internationale de théologie, il a été consultant au concile de Vatican II pour la Liturgie, la Congrégation pour le Culte et le Secrétariat pour l’unité des chrétiens.

Le Père Louis Bouyer, de l’Oratoire a participé au concile Vatican II comme consulteur.

Personnalité marquante du Mouvement liturgique (Le Mystère pascal, 1945) et promoteur de la réforme, il en dénonce violemment les déviations et les malfaçons dans les dérives postconciliaires (La Décomposition du catholicisme, 1968 ; Religieux et clercs contre Dieu, 1975) :

« Ils ont alors en pratique substitué à la liturgie de l’Église et à la tradition vivante avec laquelle ils voulaient renouer une pseudo-liturgie quasiment fabriquée de toutes pièces…». II fustige la perte du sens des origines, du sens du sacré, et le mépris des clercs pour les fidèles :

« Même ce qu’il y avait de bon dans la réforme liturgique a été appliqué d’une manière qui ne l’était nullement. » « Jamais on n’a imposé aux laïcs d’une manière aussi impertinente la religion des prêtres ou leur absence de religion… ».

Les séminaristes sortis d’Ecône, et les séminaristes qui ne sont pas entrés dans les séminaires en France, et moi-même, avons eu l’occasion de rencontrer le Père Bouyer, qui nous témoignait son affection, et son approbation pour la maintien de la liturgie tridentine.

Lors d’une longue conversation, il nous raconta comment et pourquoi il avait donné sa démission de membre de la Commission chargée de la réforme liturgique :

Père Bouyer : «J’ai écrit au Saint-Père, le Pape Paul VI, pour lui présenter ma démission de membre de la commission chargée de la Réforme Liturgique. Le Saint-Père m’a convoqué immédiatement »

Paul VI : – « Mon Père, vous êtes une autorité incontestable et incontestée par votre connaissance profonde de la liturgie et de la Tradition de l’Église, et un spécialiste en ce domaine. Je ne comprends pas pourquoi vous me présentez votre démission, alors que votre présence, est plus que précieuse, indispensable ! »

Père Bouyer : – « Très Saint-Père, si je suis un spécialiste en ce domaine je vous dirai très simplement que je démissionne parce que je ne suis pas d’accord avec les réformes que vous nous imposez ! Pourquoi ne tenez-vous pas compte des remarques que nous présentons, et pourquoi faites-vous le contraire ? ».

Paul VI : « Mais je ne comprends pas : je n’impose rien, je n’ai jamais rien imposé dans ce domaine, je m’en remets entièrement à vos compétences et à vos propositions. C’est vous qui me présentez des propositions. Quand le Père Bugnini vient chez moi, il me déclare : Voici ce que demandent les experts. Et comme vous êtes des experts en cette matière, je m’en remets à vos jugements ».

Père Bouyer : – « Et pourtant, quand nous avons étudié une question, et avons choisi ce que nous pouvions vous proposer, en conscience, le Père Bugnini prenait notre texte, et, nous disait ensuite que, après Vous avoir consulté : Le Saint-Père désire que vous introduisiez ces changements dans la liturgie. Et comme je ne suis pas d’accord avec vos propositions, parce qu’elles sont en rupture avec la Tradition de l’Église, alors j’ai donné ma démission ».

Paul VI : – « Mais pas du tout, mon Père, croyez-moi , le Père Bugnini me dit exactement le contraire: jamais je n’ai refusé une seule de vos propositions. Le Père Bugnini venait me trouver et me disait : « Les experts de la Commission chargée de la Réforme Liturgique ont demandé cela et cela« . Et comme je ne suis pas spécialiste en Liturgie, je vous le répète, je m’en suis toujours remis à vous. Jamais je n’ai dit cela à Monseigneur Bugnini. J’ai été trompé, Le Père Bugnini m’a trompé et vous a trompés ». [Mais Paul VI a promulgué en se réclamant de la même autorité que Saint Pie V pour son Missel et en voulant clairement interdire la célébration de la vraie Messe]

Père Bouyer : « Voilà mes chers amis, comment s’est faite la réforme liturgique ! ».

Très peu de temps après cet entretien, Mgr Bugnini était nommé Pro-Nonce en Iran. Mais la Réforme de 1969 et le Novus Ordo étaient passéset la Messe de Saint Pie V « interdite », ainsi que le prétendaient notamment des Évêques de France ! Ce qui précise et complète les données sur le départ de Mgr Bugnini, faites par Son Excellence Mgr Piero Marini, ancien Maître des Cérémonies Pontificales, dans son ouvrage Cérémoniaires des Papes (Bayard, 2007, pages 40-42).

Témoignage de Mgr Thiandoum…

Vicaire général de Mgr Lefebvre alors Archevêque de Dakar, puis son successeur, à la demande même de ce dernier, Mgr Thiandoum vint en Suisse en 1971 pour se faire soigner. Il tint à venir passer deux jours au Séminaire Saint Pie X d’Ecône, où je le reçus, Mgr Lefebvre étant en voyage. Mgr Thiandoum n’était pas encore Cardinal. Mais il fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang, et à l’affection profonde qui liaient l’Archevêque de Dakar à son prédécesseur. Il donna une conférence aux séminaristes, et demanda de pouvoir célébrer la Messe de communauté, le lendemain dimanche. Je lui fis remarquer que nous célébrions selon le rite de Saint Pie V.

« Cela n’a aucune importance me répondit-il. J’ai été ordonné dans ce rite, j’ai célébré la Messe dans ce rite pendant des années, et des générations de prêtre se sont sanctifiés avec la Messe de Saint Pie V. D’ailleurs, la Messe de Saint Pie V n’est pas interdite, puisque le Concile lui-même a demandé que l’on conserve les rites centenaires ou immémoriaux, si je me souviens bien ».

Puis de me dire : « Je vais vous faire une confidence : je serai heureux de célébrer selon le rite de mon ordination, mais je vous demande simplement de m’assister à l’autel pour éviter que je ne me trompe. Personnellement, je considère qu’elle exprime mieux que le Nouvel Ordo, la plénitude du Saint Sacrifice de la Messe ».

« Vous ne savez certainement pas, poursuivit Monseigneur Thiandoum, que lorsque Monseigneur Bugnini a fait célébrer dans l’Aula du Synode des Évêques, « ad experimentum » son projet de Nouvelle Messe, le Nouvel Ordo, qu’il y a eu un rugissement de protestations de la part des Évêques présents. Et malgré cela, sans qu’il soit possible de comprendre comment il a pu s’y prendre, il parvint à faire prévaloir ses idées auprès du Pape Paul VI qui promulgua le NOVUS ORDO. Le Pape avait publié : Roma locuta est… Il ne nous restait plus qu’à obéir ! Mais personne n’en voulait de cette Messe RÉVOLUTIONNAIRE ». [Mais tout le monde l’a adoptée]

2 LE DIALOGUE

2-1 JEAN-PAUL II SE FÉLICITE DES PROGRÈS DANS LES RELATIONS ENTRE CATHOLIQUES ET LUTHÉRIENS

Il demande de relancer la pratique d’une spiritualité de communion

– Le pape Jean-Paul II a exprimé sa « reconnaissance pour le progrès œcuménique réalisé entre catholiques et luthériens » en ce deuxième jour de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, cinq ans après la signature historique de la Déclaration Commune de la Doctrine de la Justification.

Le pape recevait ce matin les membres de la délégation œcuménique de Finlande conduite par l’évêque luthérien de Helsinki, Eero Huovinen, à l’occasion de la fête de saint Henri, premier évêque et patron de l’Église luthérienne du pays. Les luthériens représentent actuellement 85,7% d’une population de cinq millions d’habitants.

« Je voudrais exprimer ma reconnaissance pour le progrès œcuménique réalisé entre catholiques et luthériens au cours des cinq années depuis la signature de la Déclaration Commune sur la Doctrine de la Justification », déclare le pape dans son message.

« L’établissement d’un nouveau groupe de dialogue entre luthériens et catholiques en Finlande et en Suède est un signe prometteur de ce progrès sur notre chemin vers l’unité pleine et visible », ajoute-t-il.

La Déclaration Commune de l’Église Catholique et de la Fédération Luthérienne Mondiale sur la doctrine de la justification a été signée le 31 octobre 1999 à Ausgburg, en Allemagne.

Le cardinal Cassidy, président du Conseil Pontifical pour l’Unité des Chrétiens avait déclaré avant la signature que cet accord avait « une signification importante non seulement pour les deux parties impliquées directement mais aussi pour tout le mouvement œcuménique, car la doctrine de la justification est au coeur de la foi chrétienne. Ce sont essentiellement les différentes interprétations de cet enseignement fondamental du christianisme qui ont provoqué les disputes qui ont amené la Réforme ».

Dans son message le pape exprime le souhaite « que les luthériens et les catholiques (pratiquent) de plus en plus une spiritualité de communion, basée sur les éléments de la vie ecclésiale qu’ils partagent déjà et qui renforcera leurs relations dans la prière et le témoignage de l’Évangile de Jésus-Christ ». CITE DU VATICAN, lundi 19 janvier 2004 ZENIT

 2-2 BENOÎT XVI FAIT SON « COMING OUT » LUTHÉRIEN

Source LaVie publié le 23/09/2011

Sans concession, le pape demande aux protestants de retrouver leur fidélité aux fondamentaux de Martin Luther.

C’est là qu’il a vécu, à Erfurt, dans le couvent des Augustins. C’est là qu’il s’est battu avec lui-même, avec ses scrupules, avec son amour de Dieu. Jusqu’à ce que les tâches d’enseignement, il y a tout juste 500 ans, en 1511 exactement, ne l’appellent plus loin, à Wittenberg, là où le moine inquiet deviendra le pamphlétaire très sûr de lui…. En 1511, également, Martin Luther était allé à Rome en pélerinage. Cinq siècles plus tard, c’est Rome qui vient à lui, en la personne d’un allemand qui avait rêvé de finir sa vie comme moine, justement, mais qui est devenu pape. Pour la première fois, un pontife foule les dalles du cloître où le catholique Luther a médité, entre dans la salle du chapître où il fit entendre sa voix, prie dans l’église où il fut ordonné prêtre, célébra la messe, confessa des pénitents par centaines…

Réuni avec les membres dirigeants de l’église Evangélique d’Allemagne dans l’intimité de la petite salle du chapitre du couvent, sans caméras ni photos, Benoît XVI a rendu un vibrant hommage à Luther et à son inquiétude intérieure : « Ce qui ne lui donnait pas la paix était la question de Dieu, qui fut la passion profonde et le ressort de sa vie et de son itinéraire tout entier. « Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ? » Cette question lui pénétrait le coeur et se trouvait derrière chacune de ses recherches théologiques et chaque lutte intérieure. Pour lui, la théologie n’était pas une question académique, mais une lutte par rapport à Dieu et avec Dieu. »

Les yeux dans les yeux avec les protestants – à huis clos -, le pape a ouvert son coeur. Franco de port, Benoît XVI a reposé la question de la fidélité du protestantisme à son origine. Il a réouvert la question du péché et de la grâce, une question que le protestantisme luthéro-réformé semble avoir soigneusement mis dans un tiroir. Alors qu’elle fut au démarrage de la Réforme et en constitua l’ADN jusqu’à l’émergence de la théologie libérale allemande, au cours du XIXe siècle.

Il vaut ici la peine de citer longuement les propos du pape : « Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ? Que cette question ait été la force motrice de tout son chemin, me touche toujours à nouveau. Qui en effet, se préoccupe de cela, même parmi les chrétiens ? Que signifie la question de Dieu dans notre vie ? Dans notre annonce ? La plus grande partie des gens, même des chrétiens, tient aujourd’hui pour acquis que Dieu, en dernière analyse, ne s’occupe plus de nos péchés et de nos vertus. Il sait, en effet, que nous ne sommes tous que des êtres de chair. Si aujourd’hui, on croit  encore en un au-delà et en un jugement de Dieu, alors, presque tous, nous supposons en pratique que Dieu doit être généreux, et qu’à la fin, dans sa miséricorde, il ignorera nos petites fautes. Mais nos fautes sont-elles vraiment si petites ? Le monde n’est-il pas dévasté à cause de la corruption des grands, mais aussi à cause de celle des petits, qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts ? (…) Non, le mal n’est pas une bagatelle. Et il ne pourrait être aussi puissant si nous mettions Dieu au centre de notre vie. La vraie question est : quelle est la position de Dieu à mon égard, comment je me situe, moi, devant Dieu. Cette question brûlante de Martin Luther doit devenir de nouveau, et certainement sous une forme nouvelle, également notre question. Je pense que c’est là le premier appel que nous devrions entendre dans la rencontre avec Martin Luther. »

Car le Luther qu’aime le pape est l’homme qui avait une relation passionnée avec Jésus : « La pensée de Luther est complètement christocentrique : ce qui promeut la cause du Christ était pour Luther le critère herméneutique décisif dans l’interprétation de la Sainte Écriture. Cela suppose toutefois que le Christ soit au centre de notre spiritualité et que l’amour que nous avons pour lui, la convivance avec lui orientent notre vie. »

Joseph Ratzinger est-il luthérien ? Oui, dans la mesure où il partage ce qui fut au cœur de la problématique luthérienne : la prise au sérieux d’un côté de la gravité du péché et l’incapacité de l’homme de répondre adéquatement à l’amour de Dieu. Joseph Ratzinger est évidemment luthérien car il est fondamentalement augustinien (disciple de Saint Augustin), lui-même paulinien (la théologie de Saint Paul). En lisant entre les lignes du discours, on voit que le pape rebranche donc les protestants sur la prise électrique luthéro-augustino-paulinienne. Son propos exigeant fait penser à ce que le célèbre pasteur protestant Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) écrivait sur la « grâce qui coûte ». Dans un livre essentiel, Nachfolge (Suivre le Christ), Bonhoeffer critiquait alors sur fond de nazisme triomphant les protestants qui ne se confrontaient pas à la question du mal et du péché mais se contentait d’une « grâce à bon marché », c’est-à-dire qui se reposaient sur une sorte d’idéologie consistant à croire que Dieu était si bon qu’il sauverait tous les hommes, quelles que soient leurs fautes, et sans qu’ils aient besoin de se convertir.

Cette interpellation de Benoit XVI à ses frères protestants de retrouver leurs racines s’inscrit dans une nouvelle manière de faire de l’œcuménisme. En décodant le pape, on peut affirmer qu’il estime que la démarche œcuménique serait plus facile si les protestants étaient vraiment luthériens. Dans la même veine, le pape a interpellé ses frères séparés devant la croissance des Eglises évangéliques. Cette croissance met le catholicisme sous pression, mais sans doute davantage les protestants historiques car ce néo-protestantisme insiste sur le péché et la grâce, sur la conversion, à savoir les « fondamentaux » de Luther. Il s’est notamment développé à mesure que le protestantisme historique choisissait les options libérales.

Par ailleurs, le pape a évoqué la question de la sécularisation, et la tentation qu’elle représente pour les chrétiens, parce qu’elle les pousse à édulcorer le message pour le rendre digérable par nos contemporains : «  Ce n’est pas l’édulcoration de la foi qui aide  ». Ici, le pape touche le talon d’Achille du protestantisme moderne, qui cherche à s’adapter au monde. Il y a un an, en Angleterre, le pape avait appelé les Anglicans à ne pas céder à l’inclusivisme, l’idéologie qui consiste à s’assurer que toutes les opinions et options sociétales soient bénies par les chrétiens: « Nous reconnaissons que l’Église est appelée à être inclusive, mais pourtant jamais au détriment de la vérité chrétienne. Là est le dilemme devant lequel se trouvent tous ceux qui s’engagent authentiquement sur le chemin de l’œcuménisme ».

DU CÔTÉ LUTHÉRIEN

Le 31 octobre 2016 à Lund pour la première fois en 500 ans, coup d’envoi à une commémoration commune de la Réforme

C’est à Lund et à Malmö en Suède que le Pape François, pour l’Église Catholique, l’évêque Munib Younan et le pasteur Martin Junge, représentant la communion mondiale des 145 Églises de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), donneront ensemble le coup d’envoi de la commémoration commune de la Réforme à l’occasion de son 500e anniversaire.

Le cri de ralliement de cette commémoration œcuménique et internationale commune sera «Du conflit à la Communion – ensemble dans l’espérance».

Au programme : une prière commune à la cathédrale de Lund ainsi qu’un rassemblement public à la Malmö Arena, pendant lequel sera signé un accord de coopération entre le Département d’entraide mondiale de la Fédération luthérienne mondiale, qui est actuellement au service de plus de 2,3 millions de réfugiés dans le monde, et Caritas Internationalis, présente dans 164 pays auprès des personnes dans le besoin.

« Du conflit à la communion » est également le titre d’un rapport réalisé par la Commission internationale luthéro-catholique romaine sur l’unité. Le rapport raconte l’histoire de la Réforme telle qu’elle est unanimement comprise par les deux traditions, analyse les points théologiques sujets à controverse et dresse la liste des différends qu’on peut aujourd’hui considérer comme résolus grâce au dialogue et à une compréhension mutuelle.

50 ans de dialogue théologique

Dans un article commun, son Éminence Kurt cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et le pasteur Martin Junge, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), déclarent que cette commémoration commune qui est appelée « à faire date, reflète les progrès réalisés en cinquante ans de dialogue international catholique-luthérien. ». Les deux responsables d’Églises soulignent le rôle décisif de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, signée par l’Église catholique et la FLM en 1999.  « Par cette déclaration, les catholiques et les luthériens sont parvenus à surmonter les clivages nés de la principale controverse du 16e siècle. Ce jalon dans l’histoire des relations œcuméniques catholiques-luthériennes constitue le fondement théologique de la commémoration commune, rendant possible l’engagement public à tourner le dos à un passé de conflit pour s’ouvrir à l’unité à laquelle l’Église est appelée. »

Une commémoration pour la paix à une échelle internationale

Pour souligner l’importance internationale de la commémoration commune de la Réforme, une croix peinte par l’artiste  Christian Chavarria Ayala symbolisera la paix et l’espérance. Victime de violence pendant la guerre civile, Ayala a fui son pays, le Salvador quand il était jeune et a été accueilli en Suède. Il vit aujourd’hui de nouveau à San Salvador. Sa croix est un fort rappel aux chrétiens de toutes les confessions que le témoignage commun s’inscrit aussi dans l’accueil concret des personnes.

Un œcuménisme qui s’élargit

« Être luthérien, c’est être œcuménique. » Le pasteur Martin Junge aime bien citer cette phrase de son prédécesseur comme secrétaire général à la FLM, le pasteur Ishmael Noko, qui de son temps a signé la Déclaration commune sur la doctrine de la justification. La commémoration commune de la Réforme entre catholiques et luthériens se tiendra en Suède, où l’Église luthérienne est, depuis 1994, en pleine communion avec les Églises anglicanes de Grande Bretagne et d’Irlande, avec l’accord de Porvoo. Axée autour du témoignage commun, fondée sur un dialogue théologique profond mais qui devra affronter les questions autour du ministère et de la communion, l’unité de l’Eglise se construit. Les 50 ans de dialogue luthéro-catholique continuent de porter ses fruits et nous encourage tous à devenir plus œcuménique  pour entrer « ensemble dans l’espérance ».

Faire écho localement de la commémoration commune

Le conseil pontifical pour la promotion de l’unité chrétienne et la Fédération Luthérienne mondiale ont préparé une Prière commune téléchargeable gratuitement en différentes langues, pour encourager Catholiques et Luthériens à commémorer localement ces 50 ans de dialogue dès le 31 octobre, coup d’envoi de la commémoration de la Réforme, si possible avec d’autres partenaires œcuméniques. Koch et Junge affirment : « il ne fait aucun doute que cette initiative importante et historique ne saurait avoir lieu isolément, sans tenir compte des nombreuses autres relations œcuméniques. »

La prière commune invite à l’action de grâce et à la repentance. Sous le signe de la lumière, elle reprend en forme liturgique cinq engagements œcuméniques du document « Du conflit à la communion ».  En France, plusieurs célébrations œcuméniques locales sont déjà annoncées pour faire écho à la commémoration commune lancée à Lund. C’est la ville de Strasbourg qui accueillera début décembre une prière commune au niveau national.

Dans le pays de Montbéliard, le groupe œcuménique d’Etueffont a écrit un Message à l’occasion des 500 ans de la Réforme à l’intention des communautés catholiques et protestantes de Belfort et environs dont on peut s’inspirer :

« Nous allons commémorer l’anniversaire de la Réforme protestante suscitée par Luther. En 2017 les chrétiens, catholiques et protestants, vont revisiter des événements vieux de 500 ans en plaçant l’Évangile de Jésus-Christ au centre de leurs échanges. Malgré nos divisions, l’Esprit Saint a travaillé les femmes et les hommes de nos Églises pour éveiller de nouveaux dialogues. Nous lui rendons grâce et nous lui demandons de nous aider à poursuivre la recherche de la communion entre tous les chrétiens. » Jane Stranz

Téléchargez la Prière commune

Téléchargez le texte du groupe œcuménique de Belfort

3 LE CHANGEMENT DE PARADIGME 

DU RETOUR À L’UNITÉ À L’ITINÉRAIRE COMMUN

«…Avant le Concile Vatican II (1962-1965) l’Église catholique entendait le rétablissement de l’unité des chrétiens exclusivement en termes d’un «retour de nos frères séparés à la véritable Église du Christ…, dont ils s’étaient une fois malheureusement séparés.» C’est l’expression employée par Pie XI dans son Encyclique Mortalium animos de 1928.» Le Concile Vatican II devait apporter un changement, radical. Il reconnaissait une responsabilité de l’Église catholique dans la division des chrétiens et soulignait que le rétablissement de l’unité supposait une conversion des uns et des autres au Seigneur. Au vieux concept de l’œcuménisme du retour a été substitué aujourd’hui celui d’un itinéraire commun, qui oriente les chrétiens vers le but de la communion ecclésiale, comprise comme une unité dans la diversité réconciliée..

 DE L’INCONCILIABLE AU COMPLÉMENTAIRE

«…En même temps il faut mettre en évidence que l’enseignement de Luther, s’il est compris dans le sens de la Déclaration commune, n’est plus une cause de conflit capable de diviser l’Église. Il ne s’agit pas de deux positions en soi inconciliables, mais de deux approches et de deux accentuations complémentaires..

 Quelques faits parmi tant d’autre pour illustrer le changement de paradigme qui aboutit ni plus ni moins à une apostasie de la foi catholique immuable, en utilisant le dialogue, la repentance, la prière, la praxis commune, et la recherche de l’unité.

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De Luther à Luther

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