Dictature numérique, pour votre sécurité

Désormais, nous serons fliqués jusqu’au fond de nos poches !

L’argument avancé est toujours le même et toujours aussi fallacieux : il s’agit de notre sécurité.

 Le Figaro nous parlait, en ce lundi matin, de la décision de la BCE, en date du 14 mai dernier, de supprimer dorénavant l’émission des billets de 500 euros. Cela en raison « des inquiétudes relatives aux activités illicites qu’elle [cette coupure] pourrait faciliter ». Chose de peu d’importance, nous dit-on, puisque ce billet a été surnommé « Ben Laden » (par les Espagnols), à savoir « celui dont on parle toujours, mais qu’on n’a jamais vu ».

Plus sérieusement, il semble que cette décision ne serait que le préambule à la suppression d’autres coupures : les billets de 100 et 200 euros pour commencer, en attendant carrément la fin du papier-monnaie pour privilégier le basculement vers le tout-numérique.

L’argument avancé est toujours le même et toujours aussi fallacieux : il s’agit de notre sécurité. Non qu’on risque de se faire détrousser ; c’est la sécurité de l’État et du fisc qui serait menacée par les trafics. La monnaie « fiduciaire » est anonyme, pas le télépaiement. Les billets circulent, les connections laissent des traces. Supprimer la monnaie-papier n’est qu’un pas de plus pour nous fliquer jusqu’au fond de nos poches.

Déjà, depuis septembre 2015, les paiements en espèces au-delà de 1.000 euros sont interdits en France, essentiellement « pour des raisons fiscales », nous assure-t-on. Au nom de la sacro-sainte « traçabilité » et de sa petite sœur la « transparence ». De même, la télédéclaration obligatoire de nos revenus se met en place. « Sous peine d’amende », seront tenus de télédéclarer :

– En 2017, les contribuables dont le revenu fiscal de référence de 2015 est supérieur à 28.000 € ;
– En 2018, les contribuables dont le revenu fiscal de référence de 2016 est supérieur à 16.000 € ;
– À compter de 2019, tous les contribuables devront déclarer leurs revenus en ligne.

Sinon, amende forfaitaire de 15 euros.

Dans le même temps, on veut imposer le télépaiement pour tous. Plus question d’envoyer un chèque ou même un TIP sous peine, là encore, d’une « majoration de 0,2 % ». Seraient concernés l’IRPP, la taxe d’habitation, les taxes foncières, la redevance audiovisuelle (quand plus personne, ou presque, ne regarde les chaînes publiques !), les prélèvements sociaux et l’ISF.

Ces mesures concernent déjà les auto-entrepreneurs, micro-entrepreneurs et autres TPE pour les déclarations de recettes, paiement des charges et autres taxes : obligation leur est faite, désormais, de créer un compte professionnel en ligne et d’oublier le papier sous peine d’une amende de 0,2 % du chiffre d’affaires.

Mais les administrations et services divers s’y mettent également, nous poussant inexorablement vers la dématérialisation totale. On note déjà dans le commerce de base des restrictions de plus en plus fréquentes : quand une grande enseigne comme Marks & Spencer Food, par exemple, prend la carte bancaire à partir de 1 euro, d’autres comme Franprix refusent les chèques et les billets supérieurs à 50 euros (ce qui, au passage est parfaitement illégal).

L’EDF aussi tente de nous faire basculer. Son slogan : « Fini l’attente de ma facture papier, avec la Facture Électronique je gagne du temps ! Je n’ai pas à me préoccuper du paiement : la Facture Électronique est liée au Prélèvement Automatique. » En majuscule, c’est plus chic. Comme le paiement des charges et impôts à la source, qualifié par l’URSSAF de « prélèvement libératoire ». C’est vrai, qu’est-ce qu’on se sent libéré !

Pour d’autres raisons, techniques celles-là, demain le téléphone fixe aura également disparu : box obligatoire et paradis virtuel pour tout le monde. Quoi, qu’entends-je ? Il y a des trous énormes dans la couverture numérique ? Pas le savoir, z’avez qu’à installer une dynamo dans la cave !

En prime, une petite histoire pour finir. À la BNF, la bibliothèque François-Mitterrand que le monde nous envie, il n’y a pas de Wi-Fi, pas le droit d’utiliser une clé USB, pas de possibilité de consulter ses mails sur deux postes différents : chacun son poste unique et chacun à sa place. Pour le personnel comme pour les chercheurs. À l’âge des tablettes et autres MacBook Air, c’est chouette, non ?

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