L’utopie financière et les méfaits de l’usure

1987-2016 : comment les Banques centrales nous ont conduit au bord du gouffre

    Aujourd’hui, les Banques centrales ne savent plus faire qu’une chose : alimenter des bulles spéculatives, les unes après les autres.

 Tout à démarré le lundi 19 octobre 1987, le jour où la Bourse de New York perdit 22,6 % en l’espace d’une séance, soit à peu près autant que le cumul des journées du 28 et 29 octobre 1929 (24,5 %). Le lendemain, Alan Greenspan, gouverneur de la Réserve Fédérale, fit une déclaration dont probablement il ne mesurait pas alors toutes les conséquences, déclaration destinée à entrer dans l’Histoire : dorénavant la FED injecterait autant de liquidités que nécessaire – sans limites — pour éviter une récession. 1987 ne fut pas le remake de 1929, mais la boîte de Pandore était ouverte, car de ce jour-là le marché ne cessa de tenir la FED et par la suite toutes les autres banques centrales comme des assureurs tous-risques.

Ainsi, en septembre 1998, le fonds d’investissement géant LTCM (80 milliards d’actifs) accusait des pertes colossales et menaçait de faire faillite avec le risque d’un effet domino. En toute bonne logique capitaliste, certains investisseurs privés (Warren Buffet) firent une offre de reprise pour un dollar symbolique. LTCM s’en moqua, il attendait le dernier moment. Au final, c’est la FED qui viendra au secours du fonds avec un plan qui prévoyait le maintien en place de l’équipe dirigeante, celle-ci conservant une fraction non négligeable de sa fortune.

Tout au long de l’année 1999, la FED va inonder le marché de liquidités. La raison ? La crainte du bug de l’an 2000. Après avoir constaté que ses craintes étaient infondées, la FED entreprit de retirer l’excédent de liquidités qu’elle avait provoqué. Or la Bourse qui était déjà en pleine euphorie sur les valeurs technologiques avait pris cette injection de liquidités comme un cadeau de Noël. L’opération inverse fit l’effet d’un sevrage brutal chez un toxico et ce fut la débâcle marquée par les faillites retentissantes d’Enron et de Worldcom et, pour les USA, le retour de la récession. Paniquée, la FED engagea alors la machine infernale de la baisse des taux, de 6,5 % à 1 % en l’espace de trois ans. La bulle technologique crevée, la bulle immobilière pouvait commencer à gonfler. La dette globale (public et privé) des USA qui était de 18 trillions en 2001 atteignit 30 trillions en 2007. La suite, nous la connaissons.

Depuis trente ans, les Banques centrales jouent aux apprentis-sorciers avec les taux d’intérêt et la planche à billets. Leur mission d’origine, le réglage fin de la monnaie en circulation s’est muté en des interventions brutales massives et intempestives dans le seul but de sauver le système. Ici, nous touchons à l’une des causes profondes de la crise, les Banques centrales n’ont pas laissé les forces du marché agir librement afin d’épargner aux établissements financiers d’avoir à subir les conséquences de leur gestion délétère. Cette faute majeure allait en entraîner une autre. En ramenant les taux d’intérêts à des niveaux jamais connus auparavant, les Banques centrales ont modifié le paradigme monnaie-inflation. Car c’est aujourd’hui une réalité incontestable, la baisse des taux/injection de monnaie n’a plus aucune influence ni sur la croissance ni même sur l’inflation. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise, le phénomène appelé trappe à liquidités est décrit dans tous les manuels d’économie depuis un demi-siècle.

Aujourd’hui, les Banques centrales ne savent plus faire qu’une chose : alimenter des bulles spéculatives, les unes après les autres. Cela fait penser aux médecins du Grand Siècle qui ne connaissaient que la saignée. C’est ainsi que le cardinal de Mazarin mourut exsangue. Les banquiers centraux eux, ne saignent pas le malade. Ils le gardent sous transfusion en permanence, ce qui n’est pas mieux.

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