Les chercheurs fous

Des chercheurs repoussent la limite de la fécondation in vitro

… et fabriquent artificiellement des embryons humains afin de les étudier comme des rats de laboratoire, en toute légalité. Lu ici :

« Des chercheurs sont parvenus à développer des embryons humains in vitro pendant une durée record, une avancée majeure qui pourrait améliorer les chances de réussite de fécondation assistée mais qui soulève des questionnements éthiques.

Dans la fécondation in vitro (FIV), les embryons, développés en éprouvette, doivent être implantés au plus tard le septième jour dans l’utérus de la femme pour pouvoir survivre.

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Une équipe internationale de chercheurs a réussi à cultiver des embryons humains pendant 13 jours avant d’arrêter l’expérience pour respecter la limite des 14 jours de recherche sur l’embryon actuellement en vigueur dans plusieurs pays. […]Les embryons développés pendant 13 jours l’ont été sans aucun contact avec des cellules maternelles, « ce qui montre la possibilité d’un auto-développement de l’embryon humain », ajoute-t-elle. […]

– Et après 14 jours ? –

A partir du 14e jour, l’embryon se transforme en une structure primitive de l’humain avec une tête et une queue, « ce qui marque le moment à partir duquel l’embryon peut être considéré comme un individu« , explique le Dr Peter Donovan de l’Université de Californie.

Pour leurs travaux, les chercheurs ont bénéficié d’embryons humains non utilisés dans les FIV.

Habituellement, plusieurs embryons sont développés pour une seule femme. Un ou deux sont réimplantés pour une tentative de grossesse. Les autres sont congelés pour être utilisés ultérieurement en cas d’échec de l’implantation précédente, de fausse-couche ou de volonté d’une nouvelle grossesse. Le surplus d’embryons peut être utilisé à des fins scientifiques.

Ces études relancent le débat sur la recherche sur l’embryon encore interdite dans certains pays comme l’Italie. D’autres comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie limitent la recherche à 14 jours.

En France, la recherche sur l’embryon est autorisée depuis 2013 mais strictement encadrée par l’agence de biomédecine.

La question de prolonger la limite des 14 jours est posée chez les scientifiques, a observé le Pr Zernicka-Goetz lors d’une audioconférence organisée depuis Londres.

Pour sa part, elle a suggéré la possibilité de prolonger de deux jours la limite fixée au développement de l’embryon in vitro (soit 16 jours) pour étudier la troisième étape de formation de l’embryon (dite « gastrulation »).

« Proposer de repousser la limite de 14 jours ouvrirait-il la boîte de Pandore ou serait-ce une mine d’informations ? », demande Robin Lovell-Badge de l’Institut britannique Francis Crick. » […]

Ce n’est pas la bonne question, car la FIV, quoiqu’on en veuille et quelles que soient les intentions, c’est ça :

 » L’extension de la pratique de la fécondation in vitro a nécessité d’innombrables fécondations et destructions d’embryons humains. Aujourd’hui encore, elle présuppose habituellement une surovulation de la femme : plusieurs ovules sont prélevés, fécondés et cultivés ensuite in vitro pendant quelques jours. Habituellement, tous ne sont pas transférés dans les organes génitaux de la femme ; certains embryons, appelés ordinairement « surnuméraires », sont détruits ou congelés. Parmi les embryons implantés, certains sont sacrifiés pour diverses raisons eugéniques, économiques ou psychologiques. Cette destruction volontaire d’êtres humains ou leur utilisation à diverses fins, au détriment de leur intégrité et de leur vie, est contraire à la doctrine déjà rappelée à propos de l’avortement provoqué. »

Dès lors, il est impératif d’être à l’écoute de ce que dit le Magistère de l’Église sur les pratiques de fécondation artificielle (Instruction Donum Vitae) :

 » Dieu seul est le Maître de la vie, de son commencement à son terme et personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent20. La procréation humaine demande une collaboration responsable des époux avec l’amour fécond de Dieu21; le don de la vie humaine doit se réaliser dans le mariage moyennant les actes spécifiques et exclusifs des époux, suivant les lois inscrites dans leurs personnes et dans leur union22. »[…]

« C’est pourquoi le fruit de la génération humaine dès le premier instant de son existence, c’est-a-dire à partir de la constitution du zygote, exige le respect inconditionnel moralement dû à l’être humain dans sa totalité corporelle et spirituelle. L’être humain doit être respecté et traité comme une personne dès sa conception, et donc dès ce moment on doit lui reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels en premier lieu le droit inviolable de tout humain innocent à la vie. »[…]

« Les embryons humains obtenus in vitro sont des êtres humains et des sujets de droits. Leur dignité et leur droit à la vie doivent être respectés dès le premier moment de leur existence. Il est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un «matériau biologique» disponible. »[…]

« Dans la pratique habituelle de la fécondation in vitro, les embryons ne sont pas transférés dans le corps de femme ; certains sont détruits. Aussi, comme elle condamne l’avortement provoqué, l’Église interdit également d’attenter à la vie de ces êtres humains. Il faut dénoncer la particulière gravité de la destruction volontaire des embryons humains obtenus « in vitro » par fécondation artificielle ou « fission gémellaire » à de seules fins de recherche. En agissant ainsi, le chercheur se substitue à Dieu et, même s’il n’en a pas conscience, se fait maître du destin d’autrui, puisqu’il choisit arbitrairement qui faire vivre et qui faire mourir, et qu’il supprime des êtres humains sans défense.« […]

« La congélation des embryons, même si elle est réalisée pour garantir une conservation de l’embryon en vie (« cryoconservation »), constitue une offense au respect dû aux êtres humains, car elle les expose à de graves risques de mort ou d’atteinte à leur intégrité physique ; elle les prive au moins temporairement de l’accueil et de la gestation maternelle, et les place dans une situation susceptible d’offenses et de manipulations ultérieures.[…]

« Dans la FIVETE et l’insémination artificielle hétérologue la conception humaine est obtenue par la rencontre des gamètes d’au moins un donneur autre que les époux unis dans le mariage. La fécondation artificielle hétérologue est contraire à l’unité du mariage, à la dignité des époux, à la vocation propre des parents et au droit de l’enfant à être conçu et mis au monde dans le mariage et par le mariage36.

Le respect de l’unité du mariage et de la fidélité conjugale exige que l’enfant soit conçu dans le mariage ; le lien entre les conjoints attribue aux époux, de manière objective et inaliénable, le droit exclusif à ne devenir père et mère que l’un par l’autre37. Le recours aux gamètes d’une tierce personne, pour disposer du sperme ou de l’ovule, constitue une violation de l’engagement réciproque des époux et un manquement grave à l’unité, propriété essentielle du mariage.[…]

« Ces raisons conduisent à un jugement moral négatif sur la fécondation artificielle hétérologue« […]

Le désir d’avoir un enfant, l’amour entre les époux qui souhaitent remédier à une stérilité autrement insurmontable, constituent des motivations compréhensibles ; mais les intentions subjectivement bonnes ne rendent la fécondation artificielle hétérologue ni conforme aux propriétés objectives et inaliénables du mariage, ni respectueuse des droits de l’enfant et des époux. »[…]

Sur le lien moralement requis entre procréation et acte conjugal (dans le cadre d’une fécondation artificielle « homologue » – entre époux) :

« C’est dans leur corps et par leur corps que les époux consomment leur mariage et peuvent devenir père et mère. Pour respecter le langage des corps et leur générosité naturelle, l’union conjugale doit s’accomplir dans le respect de l’ouverture à la procréation, et la procréation d’une personne humaine doit être le fruit et le terme de l’amour des époux. L’origine de l’être humain résulte ainsi d’une procréation « liée à l’union non seulement biologique mais aussi spirituelle des parents unis par le lien du mariage44». Une fécondation obtenue en dehors du corps des époux demeure par là même privée des significations et des valeurs qui s’expriment dans le langage du corps et l’union des personnes humaines.[…]

Le désir d’un enfant — où du moins la disponibilité à transmettre la vie — est une requête moralement nécessaire à une procréation humaine responsable. Mais cette intention bonne ne suffit pas pour donner une appréciation morale positive sur la fécondation in vitro entre époux. Le procédé de la FIVETE doit être jugé en lui- même, et ne peut emprunter sa qualification morale définitive ni à l’ensemble de la vie conjugale dans laquelle il s’inscrit, ni aux actes conjugaux qui peuvent le précéder ou le suivre48.[…]

La FIVETE homologue est opérée en dehors du corps des conjoints, par des gestes de tierces personnes dont la compétence et l’activité technique déterminent le succès de l’intervention ; elle remet la vie et l’identité de l’embryon au pouvoir des médecins et des biologistes, et instaure une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine. Une telle relation de domination est de soi contraire à la dignité et à l’égalité qui doivent être communes aux parents et aux enfants.

La conception in vitro est le résultat de l’action technique qui préside à la fécondation ; elle n’est ni effectivement obtenue, ni positivement voulue, comme l’expression et le fruit d’un acte spécifique de l’union conjugale. Donc dans la FIVETE homologue, même considérée dans le contexte des rapports conjugaux effectifs, la génération de la personne humaine est objectivement privée de sa perfection propre : celle d’être le terme et le fruit d’un acte conjugal, dans lequel les époux peuvent devenir «coopérateurs de Dieu pour le don de la vie à une autre nouvelle personne »50. »[…]

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