Le joker Rothschild ?

Emmanuel Macron est un sous Valéry Giscard d’Estaing. Il est vieux pour les jeunes, et jeune pour les vieux.

« En marche », lançait hier Emmanuel Macron à Amiens. Le ministre de l’Économie a annoncé la création d’un mouvement politique et citoyen, refusant pour l’instant d’assumer ses ambitions présidentielles. Ce mouvement « transpartisan » valide le concept représenté par l’acronyme « UMPS », puisque la double appartenance est autorisée, tant pour les adhérents socialistes que pour les adhérents du centre et de la droite molle.

La situation serait-elle à ce point désespérée pour que nos politiques n’aient plus que Bernadette Soubirous comme référence ? Le mouvement « En marche » rappelle le titre un peu pompeux du dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan : France, lève-toi et marche. À quels saints se vouer quand toutes les mesures publiques prises depuis quarante ans ont lamentablement échoué ? Qui sera l’homme providentiel ? Qui sera notre Vercingétorix contemporain, réussissant à réunir toutes les tribus gauloises derrière sa bannière, pour finalement perdre ? Nous n’avons plus de grands hommes, que des petits portant talonnettes et hauts-de-forme.

Emmanuel Macron est un sous-Valéry Giscard d’Estaing. Il est vieux pour les jeunes, et jeune pour les vieux. Il ne représente pas l’espoir d’un renouveau, mais l’espoir d’une «révolution conservatrice » qui n’aura rien de commun avec la doctrine des von Salomon et autres Jünger. Le grand bond en avant voulu par Emmanuel Macron représente la tentative désespérée de maintenir une France fictionnelle, dépouillée des trois pouvoirs fondamentaux définis par Montesquieu. Son pouvoir judiciaire bradé à la Cour européenne des droits de l’homme, son pouvoir législatif confié au Parlement européen et son pouvoir exécutif abandonné aux multinationales. Emmanuel Macron est le candidat des monopoles. Il n’est pas même vraiment libéral. Reste à déterminer s’il est plus fourbe qu’incompétent, ou l’inverse. À propos des comptes offshore de la banque Rothschild révélés par l’affaire (survendue) des Panama Papers, de laquelle il fut partenaire, Emmanuel Macron déclare n’avoir été au courant de rien. Comment est-ce donc possible ? Était-il chez Rothschild uniquement grâce à son carnet d’adresses ? Tout banquier sérieux connaît l’optimisation fiscale.

Le ministre de l’Économie se fait une haute idée de lui-même. Il pourrait, à la manière de Bruno Le Maire, affirmer être handicapé par sa trop grande intelligence. Je le crois plutôt frappé d’aveuglement idéologique et de naïveté. Pour lancer son mouvement, le gendre idéal a dû regarder la situation rationnellement : « Je suis plus jeune que Juppé, plus sexy que Hollande, je vais donc gagner. » Mais la politique ne marche pas comme ça. Il pense aussi, en partie à raison, que le jeu des partis conduit à la guerre civile permanente et que les Français souffrent de l’absence d’un « monarque » qui serait un point d’équilibre entre les différentes factions. Une analyse assez bateau dont le principal défaut tient dans la personnalité même de Macron. Au-delà de ses grandes ambitions personnelles, pourquoi veut-il à ce point le pouvoir ? Renforcer la mondialisation des échanges, humains et économiques. C’est-à-dire, très précisément, ce que ne veut plus la majorité des Français.

Emmanuel Macron pourrait paradoxalement trouver des soutiens dans cette jeunesse qui s’oppose aujourd’hui à ses ambitions politiques dans la rue. Passant près de la place du Capitole de Toulouse, occupée par quelques jeunes manifestants en lutte contre le projet de modification du Code du travail, j’ai entendu cette phrase, prononcée par un pitchoun d’à peine plus de 16 ans : « Je me bats pour ma retraite mais aussi pour l’ouverture à l’autre, aux “migrants”. » Triste. Est-ce l’âge auquel l’on se bat pour sa retraite ? Quant à l’accueil des « migrants », notre adolescent mesure-t-il que sa générosité infantile rendra probablement caduc son premier combat ?

Emmanuel Macron entend réunir tout les tenants de l’esprit « petit-bourgeois », oublieux de notre Histoire, derrière un projet de société uniquement mû par l’ambition court-termiste du confort individuel « pour tous ». Ces gens ne voient pas que notre civilisation est à la croisée des chemins. En toute bonne foi, ils croient à la fin de l’Histoire. Ils se trompent lourdement.

Publicités
Le joker Rothschild ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :