Nouvelles de Mammon ou la dictature du « Marché »

Vous croyez être dans une économie de marché, dans un système libéral ? Il n’en est rien

Dans L’Homme Nouveau, Maxence Hecquard analyse l’ouvrage d’Hubert Rodarie : La pente despotique de l’économie mondiale (Salvator, 380 p.). Extrait :

I-Moyenne-8931-la-pente-despotique-de-l-economie-mondiale.aspx« […] Huit ans après la crise des « subprimes » que constate le professionnel ? Le système ne s’est pas remis en cause. On a fustigé de simples erreurs humaines et répondu par l’alourdissement (massif… ) de la réglementation. Nous sommes à l’ère des robots. Les acteurs financiers sont désormais réduits à de pures machines dont chaque rouage est inspecté en permanence par la police du marché. L’Occident est en train de devenir soviétique. Mais une machine qui croule sous les contraintes s’use et se dérègle au risque de devenir inefficace. Prenant alors de la hauteur, Hubert Rodarie observe que le système financier international est lui-même figé, rigidifié. Dans une brillante et rare synthèse, il décrit l’organisation de l’économie mondiale. Vous croyez être dans une économie de marché, dans un système libéral ? Il n’en est rien. Le système consiste en effet à maintenir des déséquilibres, voire à les créer. Comment ? Par le maintien de taux de change officiellement libres mais en réalité (quasi) fixes. Par exemple la monnaie chinoise (yuan) est maintenue par les banques centrales à un niveau très faible. « Pour la bonne cause », nous explique-t-on : l’Occident bénéficie ainsi de multiples biens de consommation à des prix défiant toute concurrence et les usines chinoises tournent à plein régime permettant le développement économique du pays. De là l’auteur détaille ce que les politiques cachent : le coût véritable du système, c’est-à-dire la désindustrialisation générale et le chômage des pays développés et, dans les pays émergents, le sacrifice de plusieurs générations qui auront sué sang et eau pour nourrir l’insatiable consommation de l’Occident sans jamais bénéficier elles-mêmes du fruit légitime de leur travail. Résultat : les classes moyennes disparaissent en Occident quand elles naissent à peine dans les pays émergents.

Au-delà de ces aspects humains terribles mais jugés nécessaires au progrès de l’économie mondiale, ce système a un effet inattendu : il engendre mécaniquement de la dette dans les pays développés. Que peuvent faire en effet les pays émergents des excédents commerciaux colossaux issus de leur activité ? Consommer des produits des pays développés ? Cela les obligerait à vendre leurs réserves de dollars et d’euros et ferait baisser le cours de ces devises « fortes » contre celui des devises émergentes « faibles ». Cela détruirait le « déséquilibre stable » de la parité de change fixe et les avantages comparatifs de la production de ces pays émergents. Il ne leur reste donc qu’à financer la consommation de l’Occident. Ainsi les pays « consommateurs » vivent à crédit et les pays « producteurs » leur prêtent. Faire « bosser » les fourmis pour le compte des cigales : voilà qui renouvelle La Fontaine ! Et les montagnes de dettes ne cessent de grandir. Et les réglementations, qui bloquent les mécanismes de marché, se multiplient. Et la dette bon marché engendre des bulles spéculatives partout. Et en l’absence d’une croissance ou d’une inflation vigoureuse tous savent que ces dettes ne peuvent être remboursées… Or comment créer croissance ou inflation dans des pays vieillissants, au chômage élevé et drogués à la dette pour financer une consommation effrénée ? L’équation apparaît insoluble. Ces dettes donnent le vertige et les acteurs économiques sont tétanisés. Le système semble à bout de souffle. Que va-t-il se passer ? […] »

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