DE LA DIGNITÉ HUMAINE

Les hommes sont très désireux de connaitre la vérité, mais très peu enclins à l’accepter. Lorsque la vérité est là, dans son objectivité impérieuse, il reste ce qui est le plus difficile, il reste à s’incliner devant elle, il faut, en un mot, faire un acte d’humilité et se subordonner à elle.

La dignité de l’homme dont on nous rabâche les oreilles, sans jamais vraiment la définir mérite qu’on la précise.

Quelle est son origine ? La dignité de la personne humaine est issue du Créateur qui a fait l’homme à son image et à sa ressemblance : Puis Dieu dit:  » Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre. « 

Et Dieu créa l’homme à son image; il le créa à l’image de Dieu: il les créa mâle et femelle. Gn 1, 26-27. D’où il ressort qu’il n’est pas possible de revendiquer une quelconque dignité véritable pour ceux qui ne reconnaissent pas le Créateur, la Trinité Sainte. Cette ressemblance et cette image de Dieu est donc le fondement de la dignité de l’homme, en quoi consiste-t-elle ?

Iª q. 93 a. 7 ad 1 Ad primum ergo dicendum quod esse nostrum ad imaginem Dei pertinet, quod est nobis proprium supra alia animalia; quod quidem esse competit nobis inquantum mentem habemus. Et ideo eadem est haec Trinitas cum illa quam Augustinus ponit in IX de Trin., quae consistit in mente, notitia et amore.

Donc, selon saint Thomas d’Aquin et saint Augustin cette dignité réside essentiellement dans notre raison, note intelligence, dans cette aptitude, capax Dei, à connaître et aimer le seul vrai Dieu, notre Créateur.

En allant plus loin saint Thomas distingue trois images : l’imago creationis, commune à tout homme de par sa nature, l’imago recreationis de l’homme racheté par la grâce et l’imago similitudinis celle des bienheureux en paradis, auxquelles il faudrait pour être complet ajouter l’imago defigurationis de l’homme blessé par le péché originel.

Bien qu’en tout homme, en tant qu’être rationnel, on trouve configurée l’image de Dieu, l’intensité de cette image augmente lorsque les facultés typiquement humaines (intelligence et volonté) sont actuellement exercées. Elle augmente encore plus, pour atteindre leur plus haut niveau, lorsque l’objet des facultés est Dieu, que ce soit de manière directe, ou de manière indirecte, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’une connaissance de soi. En d’autres termes, l’âme est au plus haut degré image de Dieu lorsqu’elle connaît et aime Dieu directement, ou lorsque, se prenant elle-même pour objet de connaissance ou d’amour, elle revient à Dieu de manière indirecte.

Iª q. 93 a. 7 co. Respondeo dicendum quod, sicut supra dictum est, ad rationem imaginis pertinet aliqualis repraesentatio speciei. Si ergo imago Trinitatis divinae debet accipi in anima, oportet quod secundum illud principaliter attendatur, quod maxime accedit, prout possibile est, ad repraesentandum speciem divinarum personarum. Divinae autem personae distinguuntur secundum processionem verbi a dicente, et amoris connectentis utrumque. Verbum autem in anima nostra sine actuali cogitatione esse non potest, ut Augustinus dicit XIV de Trin. Et ideo primo et principaliter attenditur imago Trinitatis in mente secundum actus, prout scilicet ex notitia quam habemus, cogitando interius verbum formamus, et ex hoc in amorem prorumpimus. Sed quia principia actuum sunt habitus et potentiae; unumquodque autem virtualiter est in suo principio, secundario, et quasi ex consequenti, imago Trinitatis potest attendi in anima secundum potentias, et praecipue secundum habitus, prout in eis scilicet actus virtualiter existunt.

Ce qui permet de corriger le texte de Gaudium et spes : « La vraie liberté est en l’homme un signe privilégié de l’image divine. Car Dieu a voulu le « laisser  à son propre conseil » pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à Lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. La dignité de l’homme exige donc qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle, et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. L’homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s’en procurer réellement les moyens par son ingéniosité. » Gaudium et Spes 17

La raison est donnée à l’homme pour qu’il cherche la vérité, et il n’acquiert la liberté que par la soumission à la vérité, ce que nous dit saint Jean : Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. Jn 8, 32 et la Vérité c’est Notre Seigneur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné : Jésus le dit: Je suis le chemin, la vérité et la vie; nul ne vient au Père que par moi. Jn 14, 6. L’homme est libéré de l’esclavage de l’erreur et du péché seulement en adhérant au Seul vrai Dieu et cela par grâce et non de sa propre « ingéniosité ».

De même « « Image du Dieu invisible » (Col. 1, 15) Il est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en Lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni Lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, Il a pensé avec une intelligence d’homme, Il a agi avec une volonté d’homme, Il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, Il est vraiment l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché. » Gaudium et Spes 22,2 , il est vrai par le mystère de l’Incarnation la nature humaine a été élevée à une dignité sans égal mais cela seulement dans le Christ et en nous, à la condition que nous soyons entés en Lui par le baptême, il faut remplacer aussi le en quelque sorte par en puissance et le à tout homme par à ceux qui adhérent à Lui par la foi et la charité.

Et alors, nous pourrons dire avec saint Léon : « Chrétien, reconnais ta dignité. Puisque tu participes maintenant à la nature divine, ne dégénère pas en revenant à la déchéance de ta vie passée. Rappelle-toi à quel Chef tu appartiens et de quel Corps tu es membre. Souviens-toi que tu as été arraché au pouvoir des ténèbres pour être transféré dans la lumière et le Royaume de Dieu. » (Saint Léon le Grand Sermon de Noël, 7)

Pour conclure : « Si le Christ vous a libérés, c’est pour que vous soyez vraiment libres ! » Ga 5, 13 : « Vous en effet, mes frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. » Le Christ vient nous donner « la liberté des enfants de Dieu. » Rm 8, 21. Car « là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. » 2 Co 3, 17. Ce qui implique qu’il n’y a pas de liberté en dehors de la Sainte Église, en dehors de l’adhésion au Seul vrai Dieu, en dehors de la seule vraie religion, et que la dignité n’est qu’en puissance seulement à être pleinement.

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