L’INTRUS N’HÉSITE PAS À FALSIFIER LA SAINTE ÉCRITURE POUR FAIRE PASSER SES DÉLIRES

Le Pape François et le péché de Saül

Je suis un érudit, amateur (je souligne « amateur ») de l’Ancien testament; j’ai étudié les Écritures avec attention et enseigné les Saintes Écritures au niveau du secondaire pendant huit ans. Lorsque j’ai entendu l’homélie incohérente rapportée par Radio Vatican lundi 18 janvier, j’ai bondi car dans l’homélie du Pape il y a un grave détournement de l’Écriture.

Le Pape commentait les lectures de l’Ancien Testament (1 Samuel 15), où Saül désobéit à Dieu en conservant les brebis et les bœufs des armées vaincues d’Amalec pour les sacrifier. Dieu avait ordonné à Saül de détruire troupeaux et bétail des Amalékites comme choses vouées à Dieu pour être détruites. Mais Saül garde tout le bétail pour lui-même, affirmant qu’il entend le sacrifier plus tard. À cause de ce péché, Dieu s’oppose à ce que Saül devienne Roi d’Israël. Voici d’abord le commentaire du Pape à la lecture, et ses considérations concernant son application contemporaine:

Dans la première lecture, Saul est rejeté par Dieu comme roi d’Israël, parce qu’il préfère écouter le peuple plus que la volonté du Seigneur et Lui désobeit. Le peuple, après une victoire dans la bataille, voulait faire un sacrifice à Dieu avec son meilleur bétail, parce que, dit-il en substance, «on a toujours fait comme ça». Mais Dieu, cette fois, ne le voulait pas. Le prophète Samuel réprouvera Saul : «Le Seigneur aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à sa parole ?», lui demande-t-il.

(…)
C’est le péché de nombreux chrétiens qui se rattachent à ce qui a toujours été fait et ne laissent pas changer les outres. Et ils finissent avec un vie moitié-moitié, bricolée, sans sens.» Le péché, c’est avoir un «cœur fermé», qui «n’écoute pas la voix du Seigneur, qui n’est pas ouvert à la nouveauté du Seigneur, à l’Esprit qui toujours nous surprend». La rébellion, dit Samuel, est un «péché de divination», et l’obstination est une idolâtrie. »
Le texte est celui de Radio Vatican.

Remarquez que ce ne sont pas que des citations directes du pape; comme c’est l’habitude pour les homélies du pape, quelques phrases pertinentes sont citées verbatim, tandis que beaucoup est paraphrasé.

Notez la façon dont François interprète le passage. Saül a désobéi à Dieu et a perdu la royauté.
En quoi consistait sa désobéissance? D’après François, c’est que Saül a refusé d’obéir à Dieu, en faisant appel à la tradition. «On a toujours fait comme ça», est la façon dont le pape paraphrase Saül. «Mais Dieu, cette fois, ne le voulait pas». Saül est représenté comme s’accrochant obstinément à une tradition qui est en l’occurrence contraire à la volonté de Dieu. Dieu essaye d’innover avec une nouvelle instruction. Saül n’est pas ouvert à la «nouveauté du Seigneur». Il s’est fermé aux «surprises» de Dieu et s’est réfugié derrière le voile « sans sens » des coutumes.

D’après l’exégèse de François, Dieu est donc l’innovateur et Saül celui qui s’oppose obstinément au changement.

Le problème est que les Écritures indiquent que c’est l’exact contraire qui est vrai. En lisant 1 Samuel 15, nous voyons que Saül ne fait appel, même pas une fois, à une quelconque coutume traditionnelle pour justifier sa désobéissance. Il cherche juste des excuses. Il dit «Le peuple a épargné le meilleur des brebis et des boeufs pour les sacrifier au Seigneur ton Dieu; le reste, nous l’avons voué à l’anathème.»(1 Sm 15, 15); un peu plus loin il répète son excuse: «J’ai écouté la voix de Dieu, et j’ai marché dans le chemin où Dieu m’envoyait. J’ai amené Agag, roi d’Amalec, et j’ai voué Amalec à l’anathème. Mais le peuple a pris, sur le butin des brebis et des boeufs, les prémices de l’anathème, pour les sacrifier au Seigneur, ton Dieu, à Galgala.» (1 Sm 15, 20-21).

Ce sont les deux seules justifications de Saul à son comportement. Il ne fait pas appel à la tradition, aux coutumes, ni au fait qu’ «il a toujours été fait ainsi». La dichotomie que le pape essaye de créer entre Saül le traditionaliste et Dieu l’innovateur n’est pas appuyée par le texte.

Mais même si Saül ne fait pas appel à une coutume d’épargner les brebis et le bétail pour le sacrifice, cette coutume existait-elle réellement? Si nous revenons à l’instruction que Saül reçoit directement de Dieu, nous voyons ce que Samuel lui dit:

«Ainsi parle le Seigneur des armées: Je punirai ce qu’Amalec a fait à Israël, lorsqu’il s’est élevé contre lui sur le chemin, quand Israël montait d’Egypte. Va maintenant, frappe Amalec, et dévoue par anathème (c’est à dire: détruis) tout ce qui lui appartient; tu n’auras pas pitié de lui, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs et brebis, chameaux et ânes.» (1 Sm. 15, 2-3).

La question devient alors: cet ordre est-il quelque chose de nouveau? Est-ce une innovation? Une «surprise» de l’Esprit Saint?

François affirme que le commandement de Dieu concernant le bétail consacré était une nouveauté. Rappelez-vous, il met en regard Saül qui s’accroche obstinément à la tradition avec la phrase «Mais le Seigneur, cette fois, ne le voulait pas». Cela implique que l’ordre de Dieu «cette fois» dans 1 Sm 15, 2-3, de détruire tous les Amalécites avec leur bétail était quelque chose de fondamentalement nouveau – une action nouvelle de «l’Esprit qui toujours nous surprend».

À nouveau, cette implication ne peut pas être tirée des Écritures. Ce que Dieu a commandé ici n’était pas une innovation ou une «nouveauté». En réalité, l’ordre de Dieu de détruire les Amalécites ‘in totu‘ faisait partie d’une ancienne tradition Israëlite connue comme guerre ‘herem‘.

La guerre herem était la pratique de destruction totale d’un peuple ennemi avec tous ses biens matériels comme offrande au Seigneur. L’acte du sacrifice est un acte de destruction; lorsqu’une offrande est brûlée, l’animal est détruit. Dans la guerre herem le peuple entier et toutes ses possessions sont «vouées» au Seigneur – c’est-à-dire consacrées à la destruction. C’est un genre de guerre sainte dans le sens le plus littéral, où le peuple vaincu et son entière subsistance deviennent une offrande collective au Seigneur.

Ce n’est pas ici le lieu pour débattre de la moralité de la guerre herem; les modernes en sont très perturbés (..). Mon propos est d’affirmer qu’elle a un long pedigree biblique. Elle a été instituée par Dieu dans le Lévitique (Lv. 27, 28-29), expressément ordonnée contre les Cananéens dans le Deutéronome (Dt. 7, 1-6) et réaffirmée et pratiquée libéralement dans le Livre de Josué. Après la chute de Jérico, Achan est mis à mort pour avoir manqué à observer le herem et avoir volé un lingot de l’or babylonien (Js 7); le herem est mis en pratique dans le Livre des Juges (Jg 1, 8; 25 ); en réalité, dans le livre des Juges, l’Ange du Seigneur reproche même aux Israelites de ne pas pratiquer la guerre herem avec une sévérité suffisante; voir Jg 1, 28; 2, 1-5. Et, comme on l’a vu, le herem est à nouveau ordonné dans 1 Sm 15, 2-3.

Cela signifie que l’ordre du Seigneur de détruire complètement les Amalécites et de vouer leur bétail à la destruction n’était certainement pas quelque chose de «nouveau»; ce n’était pas la «surprise» de Dieu. Il s’agissait d’une tradition ancienne, remontant au temps de l’errance et de la Loi donnée à Moïse. Saül devait certainement en être conscient. Dieu ne commandait rien de nouveau en 1 Sm 15; Il donnait simplement instruction à Saül d’être fidèle à la tradition de la guerre herem telle qu’elle s’était transmise depuis les temps de Moïse.

Non seulement la guerre herem était une tradition en général, mais la destruction des Amalécites était prescrite en particulier.

Le Deutéronome (25, 17-19) énonce:

«Souviens-toi de ce que te fit Amalec pendant le voyage, lorsque tu sortis de l’Égypte, comment il te rencontra en route, et tomba sur toi par derrière, sur tous ceux qui étaient épuisés derrière toi, et toi tu étais fatigué et sans force, et il n’eut aucune crainte de Dieu. Quand le Seigneur, ton Dieu, t’aura donné du repos, t’ayant délivré de tous tes ennemis d’alentour, dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d’Amalec de dessous le ciel: ne l’oublie point.»

L’implication de tout cela est que le péché de Saül n’est pas de s’accrocher obstinément à la tradition, mais plutôt une innovation! Dieu a demandé suivant la tradition la destruction du bétail consacré; il l’a réitérée en 1 Sm 15, 2-3. Saül n’était pas un traditionaliste main un novateur. Il a désobéi à la tradition de la guerre herem en épargnant du bétail voué à la destruction. Samuel et Dieu reprochent Saül non pas de s’être obstiné à maintenir la tradition, mais d’avoir dévié d’elle. Cela veut dire qu’en réalité François l’a complètement comprise à l’envers.

Ainsi, la description faite par le Pape de Saül comme s’accrochant aveuglement aux coutumes n’a aucun sens. Une interprétation charitable de cette embarrassante erreur exégétique serait que le pape a innocemment confondu des histoires différentes; après tout, les Pères de l’Église et de nombreux saints citaient souvent l’Écriture par cœur et confondaient fréquemment les histoires ou les rapportaient incorrectement. Ce serait l’interprétation charitable. Source unamsanctamcatholicam.blogspot.fr

Pour mémoire

Concile Vatican I Pastor Aeternus chapitre 4

Car le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi.

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