Consécration à la Très Saint Vierge

 Par le P. Garrigou-Lagrange o.p.

dans La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, pp. 314-325

Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, le bienheureux Grignion de Montfort a justement distingué plusieurs degrés de la vraie dévotion à la Mère de Dieu. Il ne parle que rapidement, ch. 3, des formes de la fausse, qui est tout extérieure, présomptueuse, inconstante, hypocrite ou intéressée ; il ne considère guère que la vraie.
Ainsi que les autres vertus chrétiennes, elle grandit en nous avec la charité, qui est d’abord celle des commençants, puis des progressants et des parfaits.
Au premier degré la vraie dévotion à Marie consiste à la prier de temps en temps avec recueillement, par exemple à bien dire l’Angelus, quand il sonne. Au second degré, elle devient le principe de sentiments plus parfaits d’estime, de vénération, de confiance et d’amour, qui portent, par exemple, à bien dire le chapelet ou même le rosaire chaque jour. Au troisième degré, elle porte à se donner tout entier à la Sainte Vierge en se consacrant à elle, pour être tout entier par elle à Notre-Seigneur.

 En quoi consiste cette consécration ?

Elle consiste à promettre à Marie de recourir filialement et constamment à elle et de vivre dans une habituelle dépendance à son égard, pour arriver à une plus intime union avec Notre-Seigneur et par lui avec la Sainte Trinité présente en nous.
La raison en est, dit le Bienheureux (ibid., ch. 1, a. 1, N° 44), que Dieu veut se servir de Marie dans la sanctification des âmes, après s’être servi d’elle dans l’Incarnation, et il ajoute: « Je ne crois pas qu’une personne puisse acquérir une union intime avec Notre-Seigneur et une parfaite fidélité au Saint-Esprit, sans une très grande union avec la Très Sainte Vierge et une grande dépendance de son secours… Elle était pleine de grâce quand elle fut saluée par l’archange Gabriel, et elle fut surabondamment remplie de grâce par le Saint-Esprit quand il la couvrit de son ombre ineffable ; et elle a [tellement] augmenté de jour en jour et de moment en moment cette plénitude double, qu’elle est arrivée à un point de grâce immense et inconcevable ; en sorte que le Très-Haut l’a faite l’unique trésorière de ses trésors, et l’unique dispensatrice de ses grâces, pour anoblir, élever et enrichir qui elle veut, pour faire entrer qui elle veut dans la voie étroite du ciel… Jésus est partout et toujours le fruit et le Fils de Marie ; et Marie est partout l’arbre véritable qui porte le fruit de vie et la vraie mère qui le produit. »
Au même chapitre, un peu plus haut, n° 33, le bienheureux dit aussi : « On peut lui appliquer plus véritablement que saint Paul ne se les applique, ces paroles : « Quos iterum parturio, donec formetur Christus in vobis » (Ga. IV, 19) : J’enfante tous les jours les enfants de Dieu, jusqu’à ce que Jésus-Christ soit formé en eux dans la plénitude de son âge. Saint Augustin dit que tous les prédestinés, pour être conformes à l’image du Fils de Dieu, sont en ce monde cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne Mère, jusqu’à ce qu’elle les enfante à la gloire après la mort, qui est proprement le jour de leur naissance, comme l’Église appelle la mort des justes. Ô mystère de grâce inconnu aux réprouvés, et peu connu des prédestinés ! »
Marie est en effet leur Mère spirituelle, elle les enfante donc spirituellement, et leur naissance spirituelle définitive, est, après leur mort, leur entrée dans la gloire.
On conçoit dès lors, que ce serait un manque d’humilité de ne pas recourir fréquemment à la Médiatrice universelle que la Providence nous a donnée comme une vraie Mère spirituelle pour former le Christ en nous, ou pour nous former spirituellement à l’image du Fils de Dieu.
La théologie ne peut donc que reconnaître la parfaite légitimité de cette consécration, légitimité qui repose sur deux titres de Marie, celui de Mère de tous les hommes et de souveraine.
Cette forme élevée de la dévotion à la Sainte Vierge, qui est une reconnaissance pratique de sa médiation universelle, est un gage de sa particulière protection. Elle nous dispose à un perpétuel et filial recours à elle, à la contemplation et l’imitation de ses vertus et de sa parfaite union à Notre-Seigneur.
Dans la pratique de cette dépendance totale à l’égard de Marie, on peut comprendre, comme y invite le Bienheureux de Montfort, l’abandon fait à la Sainte Vierge de tout ce qu’il y a de communicable à d’autres âmes dans nos bonnes œuvres, pour qu’elle en dispose selon la volonté de son divin Fils et pour sa plus grande gloire. Il conseille, en effet, cette formule de consécration :

N-D Wilton House
« Je vous choisis aujourd’hui, ô Marie, en présence de toute la Cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre en qualité d’esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. »

Cet abandon est en réalité la pratique de ce qu’on a appelé l’acte héroïque, sans qu’il y ait ici un vœu mais seulement une promesse à la Sainte Vierge.
Il nous est ainsi conseillé de donner à Marie nos biens extérieurs, si nous en avons, pour qu’elle nous préserve de toute attache aux choses terrestres et nous inspire d’en faire le meilleur usage. Il convient de lui, consacrer notre corps, nos sens, pour qu’elle les conserve dans une parfaite pureté, de lui livrer aussi notre âme, nos facultés, nos biens spirituels, vertus et mérites, toutes nos bonnes œuvres passées, présentes et futures.
Comment donner nos mérites à la Sainte Vierge, pour qu’elle en fasse bénéficier d’autres âmes de la terre ou du purgatoire ? La théologie l’explique facilement en distinguant dans nos bonnes œuvres ce qu’il y a d’incommunicable aux autres et ce qui est communicable.

Qu’est-ce qu’il y a de communicable en nos bonnes œuvres ?

Tout d’abord ce qui, en elles, est incommunicable, c’est le mérite de condignité, de condigno, qui constitue un droit justice à une augmentation de grâce et à la vie éternelle. Ce mérite strictement personnel est incommunicable ; il diffère en cela de ceux de Notre-Seigneur, qui, en justice, nous a communiqué ses mérites parce qu’il était constitué tête de l’humanité.
Si donc nous offrons à Marie nos mérites de condignité, ce n’est pas pour qu’elle les communique à d’autres âmes, mais pour qu’elle nous les conserve, pour qu’elle nous aide à les faire fructifier, et, si nous avions le malheur de les perdre par un péché mortel, pour qu’elle nous obtienne la grâce d’une contrition vraiment fervente, qui nous fasse recouvrer, non pas seulement l’état de grâce, mais le degré de grâce perdu.
Mais dans nos bonnes œuvres il y a quelque chose de communicable aux autres âmes de la terre ou du purgatoire. C’est d’abord le mérite de convenance, de congruo propre, qui est encore, nous l’avons vu plus haut, un mérite proprement dit fondé in jure sur les droits de l’amitié qui I’unit à Dieu l’âme en état de grâce. Ainsi une mère chrétienne, par sa vie vertueuse, peut mériter d’un mérite de convenance, comme sainte Monique, la conversion de son fils. Dieu a égard aux intentions pures et aux bonnes œuvres de cette excellente mère qui lui est unie par la charité, et il accorde à cause de cela à son fils la grâce de la conversion.
De même nous pouvons et devons prier pour le prochain, pour sa conversion, son avancement, pour les agonisants, pour les âmes du purgatoire. Ici, la valeur impétratoire de la prière s’ajoute au mérite dont nous venons de parler.
Enfin nous pouvons satisfaire d’une satisfaction de convenance, de congruo, pour les autres, accepter les contrariétés quotidiennes, pour les aider à expier leurs fautes ; nous pouvons même, si nous en recevons l’inspiration, accepter volontairement la peine due à leurs péchés, comme Marie le fit pour nous au pied de la croix, et attirer ainsi sur eux, la miséricorde divine. Les saints l’ont fait souvent ; sainte Catherine de Sienne dit par exemple à un jeune Siennois qui avait le cœur plein de haine contre ses adversaires politiques : « Pierre, je prends sur moi tous tes péchés, je ferai pénitence à ta place, mais accorde-moi une grâce, confesse-toi. » – « Je viens de me confesser dernièrement », dit le Siennois. « Ce n’est pas vrai, répond la sainte, il y a sept ans que tu ne t’es pas confessé », et elle lui énumère toutes les fautes de sa vie. Stupéfait, il se repent et pardonne à ses ennemis. Sans avoir une si grande générosité qu’une sainte Catherine de Sienne, nous pouvons accepter les peines quotidiennes qui se présentent pour aider d’autres âmes à payer leurs dettes à la justice divine.
Nous pouvons aussi gagner des indulgences pour les âmes du purgatoire, leur ouvrir le trésor des mérites et de satisfactions du Christ et des saints, et hâter ainsi leur délivrance.
Il y a donc dans nos bonnes œuvres trois choses qui sont communicables à d’autres âmes 1 le mérite de convenance, la prière et la satisfaction. Il se peut du reste qu’un seul et même acte, comme une prière unie à l’austérité (telles l’adoration nocturne ou les matines la nuit, ou un chemin de croix), aient la triple valeur : méritoire, impétratoire, satisfactoire, sans parler des indulgences.
Si nous offrons ainsi à Marie tout ce qu’il y a de communicable dans nos bonnes œuvres, il ne faudra pas s’étonner qu’elle nous envoie des croix proportionnées à nos forces aidées de la grâce, pour nous faire travailler ainsi au salut des âmes.
À qui convient-il de conseiller cette consécration et cet abandon ? Il ne faudrait pas le conseiller à ceux qui le feraient par sentimentalité ou orgueil spirituel et n’en comprendraient pas la portée. Mais il convient de suggérer à des âmes vraiment pieuses et ferventes de le faire, d’abord pour quelques jours, puis pour une durée plus longue, et quand elles seront entrées dans cet esprit, pour toute la vie.
On objecte parfois : mais faire cet abandon, c’est nous dépouiller et ne pas payer notre propre dette, ce qui augmentera notre purgatoire. C’est l’objection que fit le démon à sainte Brigitte lorsqu’elle se disposait à faire cet acte. Notre-Seigneur lui fit comprendre que c’est l’objection de l’amour-propre, qui oublie la bonté de Marie ; elle ne se laissera pas vaincre en générosité, elle nous aidera beaucoup plus. En nous dépouillant ainsi, nous recevrons d’elle cent pour un. Et même l’amour dont témoigne cet acte généreux nous obtient déjà la remise d’une partie de notre purgatoire.
D’autres personnes objectent encore : comment prier ensuite pour nos parents, nos frères et sœurs, nos amis, si nous avons une fois pour toutes donné nos prières à Marie.
C’est oublier que la Sainte Vierge connaît mieux que nous nos devoirs de charité, et qu’elle sera la première à nous les rappeler. Mais parmi nos parents et amis sur la terre ou au purgatoire, il y a des âmes qui ont un besoin urgent de prière et de satisfaction, et nous ne savons pas quelles sont ces âmes, tandis que la Sainte Vierge les connaît ; elle pourra ainsi les faire bénéficier de ce qu’il y a de communicable dans nos bonnes œuvres, si nous le lui avons abandonné.
Ainsi conçue, cette consécration et cet abandon nous font entrer de plus en plus, sous la direction de Marie, dans le mystère de la communion des saints. C’est une parfaite rénovation des promesses du baptême.

Fruits de cette consécration

« Cette dévotion, dit le Bienheureux de Montfort, nous livre entièrement au service de Dieu, nous fait imiter l’exemple donné par Jésus-Christ, qui a voulu être « soumis » à l’égard de sa sainte Mère (Lc, II, 51). Elle nous procure la protection spéciale de Marie, qui purifie nos bonnes œuvres, les embellit en les présentant à son Fils. Elle nous conduit à l’union avec Notre-Seigneur ; elle est un chemin aisé, court, parfait et assuré. Elle donne une grande liberté intérieure, procure de grands biens au prochain et est un moyen admirable de persévérance. » Chacun de ces points est développé au même endroit de la façon la plus pratique.
Il est dit en particulier au ch. 5, a. 5 : « C’est un chemin aisé, que Jésus-Christ a frayé en venant à nous, et où il n’y a aucun obstacle pour arriver à lui. On peut, à la vérité, arriver à l’union divine par d’autres chemins ; mais ce sera par beaucoup plus de croix et de morts étranges, et avec beaucoup plus de difficultés, que nous ne vaincrons que difficilement. Il faudra passer par des nuits obscures, par des combats et des agonies étranges, par des montagnes escarpées, par des épines très piquantes et des déserts affreux. Mais par le chemin de Marie on passe plus doucement et plus tranquillement. »
« On y trouve, à la vérité, de rudes combats à donner et de grandes difficultés à vaincre; mais cette bonne Mère et Maîtresse se rend si proche et si présente à ses fidèles serviteurs, pour les éclairer dans leurs ténèbres, les affermir dans leurs craintes, les soutenir dans leurs combats, qu’en vérité ce chemin virginal pour trouver Jésus-Christ est un chemin de rose et de miel, à vue des autres chemins. » On le voit, ajoute le bienheureux, par les saints qui ont plus particulièrement suivi cette voie : saint Éphrem, saint Jean Damascène, saint Bernard, saint Bonaventure, saint Bernardin de Sienne, saint François de Sales, etc.
Le bienheureux reconnaît un peu plus loin que les serviteurs de Marie « reçoivent d’elle les plus grandes grâces et faveurs du ciel, qui sont les croix ; mais je soutiens, dit-il, que ce sont aussi les serviteurs de Marie qui portent ces croix avec plus de facilité, de mérite et de gloire ; ce qui arrêterait un autre, les fait avancer », parce qu’ils sont plus aidés par la Mère de Dieu, qui leur obtient dans leurs épreuves l’onction du pur amour. Chose étonnante, la Sainte Vierge rend la croix plus facile à porter et plus méritoire : plus facile, parce qu’elle nous soutient de sa mansuétude ; plus méritoire, parce qu’elle nous obtient une plus grande charité, qui est le principe du mérite.
On peut dire aussi que c’est un chemin qui, par l’humilité, qu’il demande, est contraire à celui de « l’arrivisme » et il comporte même un échec apparent, comme celui qui se remarque dans la vie de Notre-Seigneur. Mais il a de très grands avantages surnaturels.
« C’est un chemin court... car on avance plus, en peu de temps de soumission et de dépendance à l’égard de Marie, que dans des années entières de propre volonté et d’appui sur soi-même… On avancera à pas de géant en ce chemin par lequel Jésus est venu à nous… On parviendra en peu d’années jusqu’à la plénitude de l’âge parfait » (ibid.).
« C’est un chemin parfait, choisi par Dieu lui-même… Le Très-Haut est descendu par l’humble Marie jusqu’à nous, sans rien perdre de sa divinité ; et c’est par Marie que les très petits, doivent monter parfaitement et divinement au Très- Haut sans rien appréhender. » (ibid.)
C’est enfin un chemin assuré, car la Sainte Vierge préserve des illusions du démon, de celles de la rêverie, du sentimentalisme, elle calme et règle notre sensibilité, lui donne un objet très pur et très saint, et la subordonne pleinement à la volonté vivifiée par la charité, en vue de l’union à Dieu.
On y trouve une grande liberté intérieure, qui est la récompense de la dépendance complète où l’on se met. Les scrupules sont écartés, le cœur est élargi par la confiance, par un amour tendre et filial. Le bienheureux le confirme par ce qu’il a lu dans la vie de Mère Agnès de Langeac, dominicaine, « qui, souffrant de grandes peines d’esprit, entendit une voix qui lui dit que, si elle voulait être délivrée de toutes ses peines et être protégée contre tous ses ennemis, elle se fit au plus tôt esclave de Jésus et de sa sainte Mère… Après cette action, toutes ses peines et ses scrupules cessèrent, et elle se trouva dans une grande paix et dilatation de cœur, ce qui l’engagea à enseigner cette dévotion à plusieurs autres… entre autres à M. Olier, instituteur du séminaire de Saint-Sulpice, et à plusieurs prêtres du même séminaire » (ibid., a. 6, fin).
C’est en cette maison que le bienheureux fut formé.
« Enfin, dit-il (ibid., ch. 5, art. 8), cette dévotion qui procure de grands biens au prochain est pour celui qui en vit un moyen admirable de persévérance… parce qu’on confie à la Sainte Vierge, qui est fidèle, tout ce qu’on possède… C’est à sa fidélité qu’on se fie… afin qu’elle conserve et augmente nos mérites, malgré tout ce qui pourrait nous les faire perdre. On reconnaît qu’on est trop faible et trop misérable pour les conserver soi-même… Quoique vous m’entendiez, âmes prédestinées, je parle plus ouvertement. Ne confiez pas l’or de votre charité, l’argent de votre pureté, les eaux des grâces célestes, ni les vins de vos mérites et vertus à un sac percé, à un coffre vieux et brisé, à un vaisseau gâté et corrompu comme vous êtes : autrement, vous serez pillés par les voleurs, c’est-à-dire les démons, qui cherchent et épient, nuit et jour, le temps propre pour le faire ; autrement, vous gâterez, par votre mauvaise odeur d’amour de vous-même, de confiance en vous-même et de propre volonté, tout ce que Dieu vous donne de plus pur. Mettez, versez dans le sein et le cœur de Marie tous vos trésors, toutes vos grâces et vertus : c’est un vaisseau d’esprit, c’est un vaisseau d’honneur, c’est un vaisseau insigne de dévotion, vas spirituale, vas honorabile.
« Les âmes qui ne sont pas nées du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu et de Marie, me comprennent et me goûtent ; et c’est pour elles aussi que j’écris… Si une âme se donne à Marie sans réserve, elle se donne à cette âme sans réserve, elle aussi », et lui fait trouver le chemin qui conduit les prédestinés à la persévérance finale (ibid., ch. 5, art. 8).
Tels sont les fruits de cette consécration ; Marie aime ceux qui se confient à elle totalement ; elle les entretient, les conduit, les dirige, les défend, les protège, et intercède pour eux (ibid., ch. 6, a. 2). Il convient de nous offrir à elle pour qu’elle-même nous offre à son Fils selon la plénitude de sa prudence et de son zèle.

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