UN FRÉMISSEMENT

Un frémissement, une prise de conscience, vers un retour au réel ? Mgr Pozzo, bien que relativiste Summorum Pontificum (le mensonge des deux formes équivalentes du même rit romain), pointe du doigt quelques vérités fortes.
MGR POZZO: « RETROUVER LE COURAGE DE LA VÉRITÉ »

Le 3 mai 2015, Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, était à Turin pour fêter les 25 ans de la célébration de la messe traditionnelle pour l’archiconfrérie de la Miséricorde. Nous vous proposons notre traduction de l’essentiel de l’homélie prononcée en cette occasion, le quatrième dimanche après Pâques, par Mgr Pozzo.

Ce beau sermon porte sur la vérité défendue par le Saint-Esprit, contient des paroles très fortes sur la crise de la vérité, l’éclipse même de la vérité, que connaît notre époque, soumise à « la dictature du relativisme ». En outre, il s’ouvre par un utile rappel de ce que « la reprise de l’ancienne liturgie n’est pas un élément de trouble ou une menace pour l’unité mais un don qui participe à la construction du Corps du Christ qu’est l’Église ». La forme traditionnelle montre bien que la liturgie n’est pas un divertissement mais une mise en présence du mystère divin, sa sacralité permettant d’« avancer dans la contemplation du mystère du sacrifice unique du Christ », réitéré dans le sacrifice non sanglant de la messe.

On notera que le sermon s’achève sur une exhortation au courage de la vérité et sur l’affirmation que « l’efficacité de l’annonce de la vérité de la foi chrétienne dépendra grandement de notre capacité à ne céder à aucun compromis».

Je suis vraiment très heureux d’avoir accepté votre invitation à célébrer la Sainte Messe pour le 25ème anniversaire de la célébration du rite romain traditionnel en l’église de l’archiconfrérie de la Miséricorde. Votre confrérie a anticipé, de façon quasi prophétique, ce qu’a confirmé ensuite le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, c’est-à-dire la reprise de l’ancienne liturgie, qui n’est pas un élément de trouble ou une menace pour l’unité mais un don qui participe à la construction du corps du Christ qu’est l’Église.

La célébration de la Messe selon la forme extraordinaire met bien en évidence que la grandeur de la liturgie ne consiste pas à offrir un divertissement spirituel plus ou moins intéressant mais à permettre notre rencontre avec le mystère divin. La préservation de la dignité et de la sacralité de la liturgie est une dimension essentielle du rite qui nous aide à avancer dans la contemplation du mystère du sacrifice unique du Christ qui se représente à chaque eucharistie.

Merci pour cette invitation et voici maintenant quelques réflexions spirituelles sur l’Évangile que nous venons de proclamer. L’évangile de saint Jean de ce quatrième dimanche après Pâques nous propose un passage du discours de Jésus lors de la dernière Cène. À quatre reprises, notre Seigneur parle, avec une singulière insistance, de l’Esprit-Saint.
Et Jésus attribue à l’Esprit-Saint, eu égard au rôle qu’il joue dans l’Église, le qualificatif d’Esprit de vérité car c’est l’Esprit-Saint qui maintient et défend la vérité et la rend féconde dans la vie des hommes. Cela nous amène à quelques questions, mes biens chers frères.

1) Tout d’abord, de quelle vérité s’agit-il ? Certainement de celle dont nous parle tout le Nouveau Testament : l’Incarnation. La vérité est la Révélation divine au centre de laquelle se trouve l’Incarnation et dont la source est le mystère du Dieu trinitaire. La Vérité n’est pas un système philosophique ni une idéologie mais la Sagesse même de Dieu révélée en Jésus-Christ.

2) Ensuite, qu’est-ce-que cette vérité ? La question est grave car l’expression « Esprit de vérité » renvoie à quelque chose de mystérieux qui se trouve bien au-delà des choses dont nous pouvons faire l’expérience en ce monde et qui demeurent à notre portée de main. C’est la même demande que celle faite par Pilate à Jésus : qu’est-ce-que la vérité ?

L’esprit de Pilate, évidemment, était si obscurci par les philosophies et la culture païenne de son époque qu’il n’a pas compris que Jésus lui avait déjà répondu auparavant par la phrase « mon royaume n’est pas de ce monde ».
La vérité est quelque chose qui n’appartient pas à notre monde mais vient d’en haut, de ce que l’homme ne peut ni concevoir ni fabriquer avec son intelligence ou son énergie. Jésus est venu précisément pour révéler et rendre témoignage à la vérité qui est Dieu, qui est le mystère de Dieu. Jésus est venu pour apporter aux hommes la gloire de Dieu et cette vérité, que l’homme n’est en mesure ni de générer ni de créer, entre dans l’âme de l’homme en vertu du Saint-Esprit. C’est lui qui conduit l’homme à connaître la vérité et à y croire pour entrer ainsi dans le royaume de Dieu.

3) La troisième question qui se pose est pourquoi la première mission confiée à l’Esprit-Saint envers les hommes par la Sagesse de Dieu regarde-t-elle la vérité ? Ne sommes-nous pas aussi en droit d’appeler l’Esprit-Saint l’Éternel Amour ?
Quel est le rapport entre la vérité et l’amour ? La réponse à cette demande consiste à reconnaître que seule la vérité illumine l’esprit humain. L’erreur, la fantaisie, le sentiment sont susceptibles de troubler l’esprit humain, or un esprit confus n’est pas libre. Un esprit troublé par les fausses opinions et les hypothèses empêche l’homme d’agir pour le bien et d’atteindre le vrai but de son existence. C’est bien parce qu’il est Esprit de vérité que le Saint-Esprit est aussi Esprit d’amour. Un amour qui ne porte pas à la vérité n’est qu’une caricature de l’amour, un amour faux et trompeur.

Parce que l’Esprit est garant de la vérité, il guide l’Église vers la connaissance toujours plus parfaite du mystère de Dieu et la réchauffe de l’éternel amour de Dieu afin que nous puissions tous entrer en communion avec la vie intime de la Très Sainte Trinité.

Notre époque connaît une crise de la vérité ; nous pouvons même parler, sans crainte d’être démentis, d’éclipse de la vérité : la notion même de vérité a disparu des débats modernes, que ce soit dans les milieux culturels que dans l’opinion publique. Aujourd’hui, tout n’est qu’opinion et la religion catholique elle-même n’est plus considérée que comme une opinion parmi tant d’autres. C’est la dictature du relativisme qu’a si bien définie Benoît XVI et dont le pape François a parlé dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. [Mais qu’ils mettent si bien en pratique avec l’œcuménisme] L’Évangile de ce jour nous appelle tous, et l’Église entière, à retrouver le courage de la vérité, la passion de la vérité, qui réside avant tout dans le mystère du Christ révélateur du Père. Dans notre société fatiguée et désabusée, si facilement ivre de tant de fausses opinions et d’illusions trompeuses, l’efficacité de l’annonce de la vérité de la foi chrétienne dépendra grandement de notre capacité à ne céder à aucun compromis tout en faisant percevoir la nouveauté merveilleuse de l’Évangile, celle de la rencontre avec la personne du Christ, comme une découverte inédite.
Bien sûr, la vérité ne peut être imposée mais n’est-ce pas notre devoir de la proposer, en illustrant la beauté, la joie et la surprise que suscite la rencontre avec le Christ ? Cette rencontre avec le Seigneur nous conduit à comprendre la profondeur même de la joie et de la beauté de la vérité chrétienne. SOURCE – Paix Liturgique – lettre n°505 – 18 août 2015

 

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