LE PAPE FRANÇOIS SUR LES « FRANCS-MAÇONS, ANTI-CLÉRICAUX ENDURCIS ET SATANISTES »

Lors de sa récente visite au suaire de Turin le 21 juin, le pape François s’est également rendu à la grande maison-mère de l’ordre salésien au Valdocco. Dans la basilique Marie-Auxiliatrice de la maison-mère eut lieu une rencontre du pape avec les salésiens, qui célèbrent cette année le deuxième centenaire de la naissance de leur fondateur, saint Jean Bosco, enterré dans cette même basilique. Le soir de ce même jour, dans le centre de Turin, le pape rencontra les jeunes sur la Piazza Vittorio. Les propos que le pape leur tint alors –– il parla de « francs-maçons, anti-cléricaux endurcis et satanistes » –– n’ont pas trouvé d’écho dans la grande presse.
Aux jeunes, le pape parla aussi de l’époque où vécut le saint fondateur de l’ordre salésien. A ce propos, le chef de l’Église catholique expliqua qu’à la fin du XIXe siècle, Turin était un centre de la franc-maçonnerie et du satanisme. Voici ses propres termes :

LE PAPE FRANÇOIS PARLE DU RÉSEAU ÉSOTÉRIQUE DE LA FRANC-MAÇONNERIE
« Dans cette contrée, à la fin du XIXe siècle, les jeunes grandissaient dans les pires conditions : cette région d’Italie était pleine de francs-maçons, contre lesquels même l’Église ne pouvait rien, pleine d’anti-cléricaux endurcis et même de satanistes. Ce fut un des moments les plus horribles de l’Histoire de l’Italie. »

Une allusion claire au réseau ésotérique de la franc-maçonnerie. A ce sombre chapitre de l’Histoire, le pape opposa le nombre étonnant de saints actifs à la même période à Turin et dans le Piémont. François établit un rapport direct entre l’apparition des saints et la présence, massive, de la franc-maçonnerie, de l’anticléricalisme et du satanisme. Cette concentration de saints s’expliquerait comme une réponse directe à cet état de choses : « Si vous voulez faire un jour un beau devoir, cherchez combien de saints sont nés à cette époque ! Pourquoi ? Parce qu’ils avaient compris qu’ils devaient nager à contre-courant de cette culture, de cette manière de vivre… Pensez aux saints de cette terre et à ce qu’ils ont fait ! » Ce que le pape a dit aux jeunes, il l’avait déjà dit auparavant aux salésiens du Valdocco. Là il avait décrit Turin comme « le centre des satanistes. Et pourtant, combien de saints sont apparus ! » Cette phrase toutefois n’a pas été reprise dans le texte officiel de l’allocution prononcée par le chef de l’Église dans la basilique Marie-Auxiliatrice (w2.vatican.va).

LA RENCONTRE AVEC LES VAUDOIS

Dans ses discours, le pape François ne fit aucune allusion aux Vaudois. Il a rencontré le matin suivant, dans le temple vaudois de Turin, une partie des descendants de ces « francs-maçons et anti-cléricaux endurcis » en la personne des pasteurs vaudois Teofilo Gay, Carlo Alberto Tron et Matteo Prochet, pour n’en citer que quelques-uns. En s’adressant aux Vaudois, le pape François n’évoqua par contre ni le sombre chapitre de l’histoire italienne ni les saints, apparus en réponse. Même saint Jean Bosco n’eut pas, dans « sa » ville, l’honneur d’une mention.
Il y avait à cela une raison : au XIXe siècle, des francs-maçons et des anticléricaux baptisés étaient passés chez les Vaudois pour pouvoir manifester aussi en tant que « vrais chrétiens » leur opposition à l’Église catholique. Parmi les francs-maçons et anticléricaux de Turin, se trouvaient de nombreux Vaudois, qui cherchèrent même à attenter à la vie de saint Jean Bosco.Un ouvrage paru en 2007 (F. Pinotti, Fratelli d’Italia, p. 213) cite littéralement Antonio Panaino : « […] dans le Grand Orient, nous avons des protestants, des catholiques, quelques musulmans, beaucoup de Juifs, beaucoup de Vaudois (…) ».

Panaino n’est pas seulement professeur de philologie iranienne à l’Université de Bologne, mais aussi un représentant éminent du Grand Orient d’Italie (Grande Oriente d’Italia) et directeur scientifique de la revue maçonne Hiram.

Les relations entre Vaudois et francs-maçons sont à ce point étroites qu’en 2008, à l’occasion du centenaire de sa fondation, le Grand Orient organisa une conférence à l’université vaudoise de Rome ; cette conférence comptait, au nombre de ses orateurs, le doyen de la faculté vaudoise de théologie. Notons au passage que cette rencontre eut lieu symboliquement un 20 septembre, jour de la prise des États pontificaux.

VaudoisFM

Cette lutte ouverte des Vaudois, francs-maçons, anti-cléricaux et satanistes de cette région contre l’Église catholique appartient sans conteste à ce « sombre chapitre » évoqué par le pape François. Une série de saints se dressèrent contre eux ; parmi ces saints culmine la figure de saint Jean Bosco.

VAUDOIS ET FRANÇS MAÇONS : SUPPRESSION ET ÉTOUFFEMENT DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE
Depuis l’entrée des troupes révolutionnaires françaises en 1796 et jusqu’en 1870 où s’acheva, sous la conduite des francs-maçons et des libéraux, l’unification italienne, les Vaudois du Piémont prirent part à tous les troubles anti-catholiques.

Au point de vue strictement historique, le premier contact repérable entre Vaudois et francs-maçons date de l’année 1787, à Turin. Là se rencontrèrent le théologien et franc-maçon danois Friedrich Münter et le pasteur Vaudois Pietro Geymet. Geymet devint, suite à cette rencontre, fondateur d’une loge.

Des Vaudois de premier plan, parmi lesquels l’historien Giorgio Spini et son fils Valdo –– lequel ne portait pas par hasard le nom du fondateur du mouvement vaudois, Pierre Valdes –– furent aussi des représentants éminents de la gauche anticléricale et du laïcisme. Toute loi anticléricale comme, par exemple, la suppression de tous les ordres et la confiscation des couvents et des biens des ordres par le nouvel État, put compter sur leur soutien virulent. Plus d’un historien voit là une « vengeance» compréhensible. Si l’on considère toutefois le contexte historique général, on s’aperçoit que leurs intentions allaient beaucoup plus loin. L’attitude des Vaudois visait à une décatholicisation de l’Italie, allant jusqu’à la suppression et à l’étouffement de l’Église catholique.

UN PASTEUR VAUDOIS PRÉSENT EN 1870 LORS DE LA PRISE DE ROME – AVEC SON CHIEN PIONONO

Lorsque, le 20 septembre 1870, des troupes italiennes eurent fait une brèche dans les murailles de Rome, à la Porta Pia, et pénétrèrent dans la ville, un pasteur vaudois se trouvait en première ligne : si grande était la haine envers les États pontificaux, destinés à disparaître.

A son chien, que le pasteur Luigi Ciari avait emmené avec lui pour pénétrer dans la ville éternelle, il avait donné, comme marque de son mépris, le nom de Pionono, en référence au pape régnant Pie IX. Sur un chariot, il transportait, comme œuvre de la « libération », des bibles vaudoises, au moyen desquelles il voulait protestantiser les Romains ; selon ses propres termes, « les libérer de la millénaire et ténébreuse tyrannie papiste ». Les «exploits héroïques» du Risorgimento, les évêques et les prêtres emprisonnés en masse, déportés ou tués, les mille actes arbitraires contre les laïcs catholiques, le véritable racisme anticatholique avec lequel le nouveau royaume d’Italie traita sa population catholique, surtout dans le sud et à Venise, tout cela ne doit pas être traité en détail ici. La persécution des catholiques, conforme à la doctrine d’État d’inspiration franc-maçonne et anticléricale d’alors, fait encore sentir ses effets aujourd’hui dans la grande distance que prennent les Italiens vis-à-vis de leur État.

LE PAPE FRANÇOIS CONNAÎT L’HISTOIRE ET FAIT POURTANT LE PREMIER PAS
Le pape François, devant les salésiens et les jeunes, a montré qu’il connaissait bien le contexte historique de cette région d’où provient sa famille.

Il n’empêche : rien de tout cela ne fut mentionné lors de sa rencontre avec les Vaudois. Au contraire, le pape leur a tendu généreusement la main. Par son mea culpa, il a demandé pardon pour tout ce que, au cours de l’histoire, les catholiques avaient infligé aux Vaudois.
Que le pape ait, sans que cela lui fût demandé, embrassé la bible vaudoise qu’on lui tendait, est un acte qui s’inscrit dans une série de gestes pontificaux, spontanés et malheureux, envers des croyants d’autres religions et qui donnent, depuis des décennies, matière à discussion. De plus, les propos adressés aux salésiens et aux jeunes d’une part et aux Vaudois de l’autre, ne sont pas exempts d’une certaine incohérence.

Avec cela le pape a fait le premier pas ; un pas auquel les Vaudois n’ont pas répondu. Au contraire, le représentant vaudois a revendiqué, dans son discours devant le pape à Turin, la « communauté eucharistique» avec l’Église catholique «indépendamment de l’interprétation du sacrement par les uns et les autres ».

LE TRIOMPHALISME DE LA RÉPONSE VAUDOISE ET SES REVENDICATIONS INACCEPTABLES
L’humiliation que s’est imposée le pape lors de sa demande de pardon fait apparaître plus clairement l’arrogance vaudoise. Bien des choses dans l’Histoire semblent immuables. Si les Vaudois d’aujourd’hui font référence à Pierre Valdes, ils n’en sont pas moins, depuis le XVIe siècle, largement une secte calviniste. Selon leur interprétation, le miracle de la transsubstantiation dépend de la croyance fidéiste subjective et non pas de Dieu. Pour les catholiques, qui y croient, le miracle devient réalité et pour les vaudois, qui n’y croient pas, il ne devient pas réalité. Aux yeux de l’Église catholique, pour qui la transsubstantiation n’est soumise ni à la projection d’un désir ni à un subjectivisme fidéiste de l’individu, c’est là une position inacceptable. Pour l’Église, la transsubstantiation est une réalité objective, opérée par le Seigneur, l’éternel Grand-Prêtre selon l’ordre de Melchisédech et que chacun peut saisir avec ses sens et vérifier dans les différents miracles eucharistiques.

On est étonné dès lors de voir avec quelle légèreté et avec quel ton revendicateur les protestants violent les frontières de l’oecumène. La rencontre au temple vaudois de Turin en est un nouvel exemple.

Sur cet arrière-fond se comprend aussi ce que le célèbre écrivain catholique Messori a dit de sa Turin « bien-aimée », où il vécut si longtemps : selon lui, Turin montre la cicatrice jusque dans son plan qui remonterait à une organisation architecturale des francs-maçons, exprimant ainsi leur vénération pour la symbolique ésotérique et initiatique qui leur est familière. De même, le philosophe du droit et journaliste Luigi Copertino rappelle que Turin fut, à la fin du XIXe siècle, un « centre du satanisme ». Source www.katholisches.info 2 juillet 2015 Giuseppe Nardi

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