7MILLIONS DE MUSULMANS EN FRANCE 2200 MOSQUÉES ET ……

En s’appuyant sur de larges extraits du sermon de Mgr Marcel Lefebvre lors de la cérémonie du 30 juin 1988, l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur d’ecclésiologie au séminaire d’Ecône, rappelle pourquoi et comment le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X a posé cet acte important.

Dans une lettre datée du 8 juillet 1987, Mgr Lefebvre écrivait au cardinal Ratzinger : « Une volonté permanente d’anéantissement de la Tradition est une volonté suicidaire qui autorise, par le fait même, les vrais et fidèles catholiques à prendre toutes les initiatives nécessaires à la survie et au salut des âmes » [1]. Et le jour des sacres, 30 juin 1988, Monseigneur revenait sur ce constat, pour conclure à la légitimité des consécrations épiscopales : « Il est nécessaire que vous le compreniez bien, que nous ne voulons pour rien au monde que cette cérémonie soit un schisme. […] Bien au contraire, c’est pour manifester notre attachement à Rome que nous faisons cette cérémonie. C’est pour manifester notre attachement à l’Église de toujours, au pape et à tous ceux qui ont précédé ces papes qui, malheureusement, depuis le concile Vatican II ont cru devoir adhérer à des erreurs, des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église et de détruire le sacerdoce catholique. […] Nous nous trouvons dans un cas de nécessité. » [2]. [Si ces « papes » ont adhéré à des erreurs graves qui détruisent l’Église et le sacerdoce, c’est qu’ils sont hérétiques, qu’ils ont perdu la foi et ne remplissent pas la mission à eux confiée par Notre Seigneur Jésus-Christ et donc qu’ils cessent évidemment d’être papes]

Distinction est ici faite entre le principe même de l’autorité dans l’Église [Qui adhère à des erreurs graves] et son exercice dans des circonstances particulières [la démolition de l’Église et du sacerdoce catholique par la volonté permanente d’anéantissement de la Tradition]. Par définition, le pape a pour mission de donner aux âmes les moyens de se sauver, c’est-à-dire des évêques et des prêtres qui prêchent la vraie foi catholique et administrent les vrais sacrements selon le rite de l’Église. Mais par malheur [et par volonté, par modernisme, par libéralisme, par œcuménisme maçonnique], depuis le concile Vatican II, les papes qui ont succédé à Pie XII rendent sinon impossible du moins difficile le recours normal à ces moyens ordinaires du salut [ERGO ?]. Et l’on peut légitimement craindre [sauf pour Mgr Williamson et Mgr Faure ? ] que, faute de réagir, les fidèles de l’Église catholique ne puissent plus bénéficier de la prédication de la vraie doctrine ni recevoir la grâce des vrais sacrements. Il y a donc état de nécessité, qui non seulement rend légitime mais réclame [exige] la consécration épiscopale du 30 juin 1988, comme le moyen nécessaire au salut des âmes.[Et en 2015, tout va bien ? Trois évêques valides pour le monde entier cela suffit ?] Mgr Lefebvre l’explique fort bien : « Il me semble entendre, mes bien chers frères, il me semble entendre la voix de tous ces papes depuis Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, [il me semble que cela peut être un peu subjectif ? Et après Pie XII la voix des papes n’est plus entendue ? Les voix se taisent ?] nous dire : Mais de grâce, de grâce, qu’allez-vous faire de nos enseignements, de notre prédication, de la foi catholique, allez-vous l’abandonner, allez-vous la laisser disparaître de cette terre ? De grâce continuez à garder ce trésor que nous vous avons donné. N’abandonnez pas les fidèles, n’abandonnez pas l’Église, continuez l’Église. […][Il me semble que cela est la mission du Pape ?] Si vous ne faites pas quelque chose pour continuer cette tradition de l’Église que nous avons donnée, tout disparaîtra, l’Église disparaîtra [Il me semble que Notre Seigneur a dit que les portes de l’Enfer ne prévaudront pas ? Qu’Il serait avec nous jusqu’à la fin des siècles ? Il me semble alors qu’il fallait dénoncer ces intrus et ces démolisseurs pour ce qu’ils étaient et leur dénier l’autorité qu’ils avaient perdue et utilisaient pour la démolition]; les âmes seront toutes perdues » [3].

En effet, dans l’Église, toute la loi ecclésiastique est ordonnée au salut des âmes [Et le sacre de Mgr Faure n’y est pas ordonné ? Que cela soit clair, je n’ai pas de sympathie particulière pour Mgr Williamson, qui à mon avis ridiculise l’épiscopat catholique, mais je pense au besoin des fidèles, au salut des âmes qui est soi-disant la préoccupation première]. Si l’application habituelle de cette loi rend difficile, voire impossible, ce but essentiel de la loi, nous avons affaire à ce que le droit de l’Église appelle un état de nécessité. Celui-ci autorise tout membre de l’Église à agir pour le salut des âmes, selon ses capacités et selon les grâces qu’il reçoit, même en dépit de l’obstacle que représente l’application injuste de la loi ecclésiastique, faite par l’autorité. En effet, dit le Code de Droit Canonique, « les fidèles ont le droit de recevoir de la part des pasteurs sacrés l’aide provenant des biens spirituels de l’Église, surtout de la parole de Dieu et des sacrements »[certainement valides] [4]. Cela signifie en particulier que tout évêque est tenu d’user de son épiscopat en vue du salut des âmes et du bien commun de l’Église, ce qui peut impliquer la transmission du sacerdoce et de l’épiscopat, quand bien même l’autorité suprême de l’Église s’y opposerait de manière injuste.

 Ce qui explique l’attitude de Mgr Lefebvre et de la Fraternité Saint-Pie X n’est donc pas un attachement personnel au bien particulier d’une œuvre personnelle. C’est le souci du salut des âmes, de l’unité de la foi et du culte, qui correspondent au bien commun de l’Église [Et qui est du ressort du Souverain Pontife, d’où le problème de reconnaître, dans le même temps, Bergoglio, comme pape]. Il appartient normalement au successeur de Pierre d’assurer, avec les évêques, la sauvegarde ordinaire de ce bien commun. L’initiative du 30 juin 1988, pour être nécessaire au plus haut point, en assure seulement la survie extraordinaire [Et Benoit XVI va nous dire qu’il y a une « survie ordinaire » qui, en fait, est la même, dans l’unique sujet-Église ?] dans un contexte très particulier, où le successeur de Pierre n’agit plus en véritable successeur de Pierre [Or agere sequitur esse, ou non agere sequitur non esse]. Cela explique pourquoi, tout en accomplissant cet acte des consécrations épiscopales, apparemment contraire à la volonté du pape [apparemment pape], Mgr Lefebvre n’a jamais refusé de continuer à entrer en contact avec les représentants de la hiérarchie,[qui démolie l’Église ? ] afin de faire entendre à Rome la voix pure et intègre de la Tradition catholique [Cela est du ressort du pape], et pour que celle-ci puisse ainsi retrouver ses droits dans toute l’Église. « C’est pourquoi, j’ai envoyé une lettre au pape en lui disant très clairement : Nous ne pouvons pas, malgré tout le désir que nous avons d’être en pleine union avec vous,[mais sans faire schisme et pas en communion] étant donné cet esprit qui règne maintenant à Rome et que vous voulez nous communiquer. Nous préférons continuer dans la Tradition, [mais sans faire schisme] garder la Tradition en attendant que cette Tradition retrouve sa place à Rome, en attendant que cette Tradition retrouve sa place dans l’esprit des autorités romaines.[En attendant que les autorités romaines redeviennent catholiques et retournent à la Tradition, mais en attendant que sont elles ?] Cela durera ce que le Bon Dieu voudra. Ce n’est pas à moi de savoir quand la Tradition retrouvera ses droits à Rome. Mais je pense que c’est mon devoir de donner les moyens de faire ce que j’appellerai cette opération survie, opération survie de la Tradition. […][mais sans faire schisme] Dans quelques années, je ne sais pas, le Bon Dieu seul connaît le nombre des années qu’il faudra pour que le jour où la Tradition retrouvera ses droits à Rome, nous serons embrassés par les autorités romaines qui nous remercieront d’avoir maintenu la foi dans les séminaires, dans les familles, dans les cités et dans nos pays, dans nos couvents, dans nos maisons religieuses, pour la plus grande gloire du Bon Dieu et pour le salut des âmes » [5].

La consécration du 30 juin 1988 est donc un acte de prudence, un acte inspiré à la fois par la droite raison [la foi ?]et par le Saint Esprit. Refaire cet acte, en arguant du fait que la Fraternité Saint-Pie X a failli à son rôle providentiel suppose que cette dernière ne donne plus aux âmes les moyens de se sauver, en particulier parce qu’elle ne prêche plus la véritable doctrine, du simple fait qu’elle ne s’oppose plus aux non moins véritables erreurs du Concile. Concrètement, cela suppose que la Fraternité n’offre plus l’unique Sacrifice dans son rite inchangé, qu’elle a adopté la prédication moderniste et ne s’oppose plus aux réunions interreligieuses inspirées par un faux œcuménisme, qu’elle a adopté les nouveaux catéchismes, la nouvelle ecclésiologie et toutes les nouveautés conciliaires, qu’elle œuvre dans les faits – des faits avérés et non des faits supposés – à l’autodestruction de l’Église [L’acceptation de 95% du concile, le NOM légitimement promut, le GREC, « la prélature personnelle cela ne changera rien pour vous… », les bouquets spirituels, le remerciement pour la levée des « excommunications » ne concernant pas même le Fondateur…arrêtons là, une longue liste cruelle des errances de celui qui se veut le continuateur de l’Église]. Or pour ne pas être un procès d’intention, un tel raisonnement doit s’appuyer sur des preuves d’autant plus solides que le fait allégué est plus grave. Ce qui signifie que le simple doute et encore moins le soupçon ne sauraient suffire. Le simple doute ne peut motiver qu’une folle précipitation, et non une réelle prudence. Comme le disait Mgr Lefebvre, «si un argument est douteux, on n’a pas le droit d’en tirer de conséquences énormes!» [6]

(DICI n°313 du 03/04/15)

 [1] Mgr Lefebvre, « L’état de nécessité » dans Vu de haut n°13 (automne 2006), p. 62.

[2] Mgr Lefebvre, « Homélie à Ecône le 30 juin 1988 à l’occasion des consécrations épiscopales » dans Vu de haut n°13 (automne 2006), p. 64.

[3] Mgr Lefebvre, « Homélie à Ecône le 30 juin 1988 à l’occasion des consécrations épiscopales » dans Vu de haut n°13 (automne 2006), p. 64.

[4] Code de Droit canonique de 1917, canon 682 et Nouveau Code de 1983, canon 213.

[5] Mgr Lefebvre, « Homélie à Ecône le 30 juin 1988 à l’occasion des consécrations épiscopales » dans Vu de haut n°13 (automne 2006), p. 65.

[6] Mgr Lefebvre, Conférence à Ecône le 16 janvier 1979.

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